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        <title-info>
            <genre>antique</genre>
                <author><first-name>André</first-name><last-name>Gide</last-name></author>
            <book-title>Retour de l'U.R.S.S.</book-title>
            <coverpage><image xlink:href="#_0.jpg" /></coverpage>
            <lang>en</lang>
            <keywords>Travel</keywords>
            
        </title-info>
        <document-info>
            <author><first-name>André</first-name><last-name>Gide</last-name></author>
            <program-used>calibre 3.8.0</program-used>
            <date>11.4.2019</date>
            <id>f31f28ac-c770-4308-8a97-6f493cc5c507</id>
            <version>1.0</version>
        </document-info>
        <publish-info>
            <publisher>Distributed Proofreaders Canada</publisher>
            <year>1936</year>
            
        </publish-info>
    </description>
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<section>
<p>
<strong>* Livre électronique de Distributed Proofreaders Canada *</strong></p>

<p>
Le présent livre électronique est rendu accessible gratuitement
et avec quelques restrictions seulement. Ces restrictions ne
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<p>
Ce texte est dans le domaine public au Canada, mais pourrait
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le droit d'auteur dans votre pays, ne le téléchargez pas
et ne redistribuez pas ce fichier.</strong></p>

<p><emphasis>Titre:</emphasis></p>

<p> Retour de l'U.R.S.S.</p>

<p><emphasis>Auteur:</emphasis></p>

<p> André Gide (1869-1951)</p>

<p><emphasis>Date de la première publication:</emphasis></p>

<p> 1936</p>

<p><emphasis>Lieu et date de l'édition utilisée comme modèle
pour ce livre électronique:</emphasis></p>

<p>
Paris: Gallimard, 1936 (quarantième édition)</p>

<p><emphasis>Date de la première publication sur Distributed Proofreaders Canada:</emphasis></p>

<p>
7 avril 2008</p>

<p><emphasis>Date de la dernière mise à jour:</emphasis></p>

<p>
 October 14, 2014</p>

<p>Livre électronique de FadedPage.com
n</p>

<p><sup>o</sup></p>

<p> 20141060</p>

<p>
Ce livre électronique a été créé par: Mark Bear Akrigg</p><empty-line />
</section>

<section>
<p>
<strong>
RETOUR
</strong></p><empty-line /><p><strong>
DE L'U.R.S.S.
</strong></p><empty-line /><p>
<strong>
DU MÊME AUTEUR:
</strong></p>

<p>
<strong>
<emphasis>
aux Editions de la N.R.F.
</emphasis>
</strong></p><empty-line /><p>

LES NOURRITURES TERRESTRES.</p>

<p>
AMYNTAS.</p>

<p>
ISABELLE.</p>

<p>
LA SYMPHONIE PASTORALE.</p>

<p>
L'ÉCOLE DES FEMMES</p>

<p><emphasis>suivie de</emphasis></p>

<p> ROBERT.</p>

<p>
PALUDES.</p>

<p>
LES CAVES DU VATICAN.</p>

<p>
LE PROMÉTHÉE MAL ENCHAÎNÉ.</p>

<p>
LES FAUX-MONNAYEURS.</p>

<p>
LE VOYAGE D'URIEN.</p>

<p>
INCIDENCES.</p>

<p>
CORYDON.</p>

<p>
SI LE GRAIN NE MEURT.</p>

<p>
VOYAGE AU CONGO.</p>

<p>
MORCEAUX CHOISIS.</p>

<p>
LE RETOUR DE L'ENFANT PRODIGUE.</p>

<p>
SOUVENIRS DE LA COUR D'ASSISES (</p>

<p><emphasis>Coll. «Les Documents
Bleus»</emphasis></p>

<p>).</p>

<p>
JOURNAL DES FAUX-MONNAYEURS.</p>

<p>
LE RETOUR DU TCHAD.</p>

<p>
LA SÉQUESTRÉE DE POITIERS (</p>

<p><emphasis>Coll. «Ne Jugez pas»</emphasis></p>

<p>).</p>

<p>
L'AFFAIRE REDUREAU (</p>

<p><emphasis>Coll. «Ne Jugez pas»</emphasis></p>

<p>).</p>

<p>
DIVERS (</p>

<p><emphasis>Caractères, Un Esprit non prévenu, Dictées,
Lettres</emphasis></p>

<p>).</p>

<p>
PAGES DE JOURNAL (1929-1932).</p>

<p>
LES POÉSIES D'ANDRÉ WALTER (</p>

<p><emphasis>Une Oeuvre, un Portrait</emphasis></p>

<p>)
(épuisé).</p>

<p>
SAÜL.</p>

<p>
LE ROI CANDAULE.</p>

<p>
OEDIPE.</p>

<p>
PERSÉPHONE.</p>

<p>
LE VOYAGE AU CONGO</p>

<p><emphasis>suivi du</emphasis></p>

<p> RETOUR DU TCHAD,</p>

<p><emphasis>illustré de
64 photographies de Marc Allegret tirées en hélio bistre, et
complété de plusieurs cartes.</emphasis></p>

<p>
LES NOURRITURES TERRESTRES,</p>

<p><emphasis>édition monumentale illustrée
d'eaux-fortes par Galanis.</emphasis></p>

<p> Sur hollande.</p>

<p>
PALUDES,</p>

<p><emphasis>illustré d'eaux-fortes par Alexandra Grinevsky</emphasis></p>

<p>.</p>

<p>
EL HADJ, édition d'Ispahan,</p>

<p><emphasis>illustrée de 24 miniatures
persanes exécutées en 1930 spécialement pour cet ouvrage.</emphasis></p>

<p>
LES NOUVELLES NOURRITURES.</p>

<p>
NOUVELLES PAGES DE JOURNAL.</p>

<p>
GENEVIÈVE.</p>

<p>
OEUVRES COMPLÈTES (onze volumes parus).</p>

<p>
<strong>
<emphasis>
Chez d'autres éditeurs:
</emphasis>
</strong></p>

<p>

DOSTOÏEWSKY (Plon).</p>

<p>
ESSAI SUR MONTAIGNE (</p>

<p><emphasis>J. Schiffrin</emphasis></p>

<p>) (épuisé).</p>

<p>
NUMQUID ET TU? (</p>

<p><emphasis>J. Schiffrin</emphasis></p>

<p>) (épuisé).</p>

<p>
L'IMMORALISTE (</p>

<p><emphasis>Mercure de France</emphasis></p>

<p>).</p>

<p>
LA PORTE ÉTROITE (</p>

<p><emphasis>Mercure de France</emphasis></p>

<p>).</p>

<p>
PRÉTEXTES (</p>

<p><emphasis>Mercure de France</emphasis></p>

<p>).</p>

<p>
NOUVEAUX PRÉTEXTES (</p>

<p><emphasis>Mercure de France</emphasis></p>

<p>).</p>

<p>
OSCAR WILDE (</p>

<p><emphasis>In Memoriam</emphasis></p>

<p>) (</p>

<p><emphasis>Mercure de France</emphasis></p>

<p>).</p>

<p>
DE PROFUNDIS (</p>

<p><emphasis>Mercure de France</emphasis></p>

<p>).</p>

<p>
UN ESPRIT NON PRÉVENU (</p>

<p><emphasis>S. Kra</emphasis></p>

<p>).</p><empty-line />
</section>

<section>
<p>
<strong>
ANDRÉ GIDE
</strong></p>
</section>

<section>
<p>
<strong>
RETOUR
</strong></p>
</section>

<section>
<p>
<strong>
de l'
</strong></p>
</section>

<section>
<p>
<strong>

U.R.S.S.

</strong></p><empty-line /><p>
<emphasis>Quarantième édition</emphasis></p><empty-line /><p>
<strong>
GALLIMARD
</strong></p>

<p>
<strong>
Paris—43, rue de Beaune
</strong></p><empty-line /><p>
<emphasis>L'édition originale de cet ouvrage a été tirée à
</emphasis></p><empty-line /><p><emphasis>
deux cent quarante exemplaires sur velin pur fil
</emphasis></p><empty-line /><p><emphasis>
des Papeteries Lafuma Navarre, dont: deux
</emphasis></p><empty-line /><p><emphasis>
cent dix exemplaires numérotés de</emphasis> 1 <emphasis>à</emphasis> 210 <emphasis>et
</emphasis></p><empty-line /><p><emphasis>
trente exemplaires hors commerce numérotés de</emphasis></p><empty-line /><p>
211 <emphasis>à</emphasis> 240.</p><empty-line /><p>
Tous droits de reproduction et d'adaptation réservés</p><empty-line /><p>
pour tous pays, y compris la Russie.</p><empty-line /><p>
<emphasis>Copyright by Librairie Gallimard, 1936.</emphasis></p><empty-line /><p>
<strong>
A LA MÉMOIRE DE
</strong>

<strong>
EUGÈNE DABIT
</strong></p><empty-line /><p><strong>
JE DÉDIE CES PAGES,
</strong></p><empty-line /><p><strong>
REFLETS DE CE QUE J'AI VÉCU
</strong></p><empty-line /><p><strong>
ET PENSÉ PRÈS DE LUI,
</strong></p><empty-line /><p><strong>
AVEC LUI.
</strong></p><empty-line />
</section>

<section>
<p><strong>
<emphasis>TABLE</emphasis>
</strong></p><empty-line /><p><strong>

AVANT-PROPOS

</strong></p>

<p><strong>

RETOUR DE L'U.R.S.S.

</strong></p>

<p><strong>

APPENDICE

</strong></p>

<p><strong>
I. 
Discours sur Maxime Gorki

</strong></p>

<p><strong>
II. 
Discours aux Etudiants de Moscou

</strong></p>

<p><strong>
III.
Discours aux Gens de lettres de Léningrad

</strong></p>

<p><strong>
IV.
La lutte

</strong></p>

<p><strong>
V.
Ostrovski

</strong></p>

<p><strong>
VI.
Un Kolkhose

</strong></p>

<p><strong>
VII.
Bolchevo

</strong></p>

<p><strong>
VIII.
Les Besprizornis

</strong></p><empty-line /><p>
<emphasis>L'hymne homérique à Déméter raconte que la grande déesse,
dans sa course errante à la recherche de sa fille, vint à la
Cour de Kéléos. Là, nul ne reconnaissait, sous les traits
empruntés d'une niania, la déesse; la garde d'un enfant
dernier-né lui fut confiée par la reine Métaneire, du petit
Démophoôn qui devint plus tard Triptolème, l'initiateur des
travaux des champs.</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Toutes portes closes, le soir et tandis que la maison
dormait, Déméter prenait Démophoôn, l'enlevait de son
berceau douillet et, avec une apparente cruauté, mais en
réalité guidée par un immense amour et désireuse d'amener
jusqu'à la divinité l'enfant, l'étendait nu sur un ardent
lit de braises. J'imagine la grande Déméter penchée, comme
sur l'humanité future, sur ce nourrisson radieux. Il
supporte l'ardeur des charbons, et cette épreuve le
fortifie. En lui, je ne sais quoi de surhumain se prépare,
de robuste et d'inespérément glorieux. Ah! que ne put
Démeter poursuivre jusqu'au bout sa tentative hardie et
mener à bien son défi! Mais Métaneire inquiète, raconte la
légende, fit irruption dans la chambre de l'expérience,
faussement guidée par une maternelle crainte, repoussa la
déesse et tout le surhumain qui se forgeait, écarta les
braises et, pour sauver l'enfant, perdit le dieu.</emphasis></p><empty-line /><p>
<strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
<emphasis>AVANT-PROPOS</emphasis>

</strong></p><empty-line /><p>
J'ai déclaré, il y a trois ans, mon admiration pour
l'U.R.S.S., et mon amour. Là-bas une expérience sans
précédents était tentée qui nous gonflait le coeur
d'espérance et d'où nous attendions un immense progrès, un
élan capable d'entraîner l'humanité tout entière. Pour
assister à ce renouveau, certes il vaut la peine de vivre,
pensais-je, et de donner sa vie pour y aider. Dans nos
coeurs et dans nos esprits nous attachions résolument au
glorieux destin de l'U.R.S.S. l'avenir même de la culture;
nous l'avons maintes fois répété. Nous voudrions pouvoir le
dire encore.

Déjà, avant d'y aller voir, de récentes décisions qui
semblaient dénoter un changement d'orientation ne laissaient
pas de nous inquiéter.</p>

<p>
J'écrivais alors (Octobre 1935):</p>

<p>
«C'est aussi, c'est beaucoup la bêtise et la malhonnêteté
des attaques contre l'U.R.S.S. qui font qu'aujourd'hui nous
mettons quelque obstination à la défendre. Eux, les
aboyeurs, vont commencer à l'approuver lorsque précisément
nous cesserons de le faire; car ce qu'ils approuveront ce
seront ses compromissions, ses transigeances et qui feront
dire aux autres: «Vous voyez bien!» mais par où elle
s'écartera du but que d'abord elle poursuivait. Puisse notre
regard, en restant fixé sur ce but, ne point être amené, par
là même, à se détourner de l'U.R.S.S.»

(</p>

<p><emphasis>N. R. F.</emphasis></p>

<p> Mars 1936.)</p>

<p>
Pourtant, jusqu'à plus ample informé m'entêtant dans la
confiance et préférant douter de mon propre jugement, quatre
jours après mon arrivée à Moscou je déclarais encore dans
mon discours sur la Place Rouge, à l'occasion des
funérailles de Gorki: «Le sort de la culture est lié dans
nos esprits au destin même de l'U.R.S.S. Nous la
défendrons.»</p>

<p>
J'ai toujours professé que le désir de demeurer constant
avec soi-même comportait trop souvent un risque
d'insincérité; et j'estime que s'il importe d'être sincère
c'est bien lorsque la foi d'un grand nombre, avec la nôtre
propre, est engagée.</p>

<p>
Si je me suis trompé d'abord, le mieux est de reconnaître au
plus tôt mon erreur; car je suis responsable, ici, de ceux
que cette erreur entraîne. Il n'y a pas, en ce cas,
amour-propre qui tienne; et du reste j'en ai fort peu. Il y
a des choses plus importantes à mes yeux que moi-même; plus
importantes que l'U.R.S.S.: c'est l'humanité, c'est son
destin, c'est sa culture.</p>

<p>
Mais m'étais-je trompé tout d'abord? Ceux qui ont suivi
l'évolution de l'U.R.S.S. depuis à peine un peu plus d'un
an, diront si c'est moi qui ai changé ou si ce n'est pas
l'U.R.S.S. Et par: l'U.R.S.S. j'entends celui qui la dirige.</p>

<p>
D'autres plus compétents que moi, diront si ce changement
d'orientation n'est peut-être qu'apparent et si ce qui nous
apparaît comme une dérogation n'est pas une conséquence
fatale de certaines dispositions antérieures.</p>

<p>
L'U.R.S.S. est «en construction», il importe de se le redire
sans cesse. Et de là l'exceptionnel intérêt d'un séjour sur
cette immense terre en gésine: il semble qu'on y assiste à
la parturition du futur.</p>

<p>
Il y a là-bas du bon et du mauvais; je devrais dire: de
l'excellent et du pire. L'excellent fut obtenu au prix,
souvent, d'un immense effort. L'effort n'a pas toujours et
partout obtenu ce qu'il prétendait obtenir. Parfois l'on
peut penser: pas encore. Parfois le pire accompagne et
double le meilleur; on dirait presque qu'il en est la
conséquence. Et l'on passe du plus lumineux au plus sombre
avec une brusquerie déconcertante. Il arrive souvent que le
voyageur, selon des convictions préétablies, ne soit
sensible qu'à l'un ou qu'à l'autre. Il arrive trop souvent
que les amis de l'U.R.S.S. se refusent à voir le mauvais, ou
du moins à le reconnaître; de sorte que, trop souvent, la
vérité sur l'U.R.S.S. est dite avec haine, et le mensonge
avec amour.</p>

<p>
Or, mon esprit est ainsi fait que son plus de sévérité
s'adresse à ceux que je voudrais pouvoir approuver toujours.
C'est témoigner mal son amour que le borner à la louange et
je pense rendre plus grand service à l'U.R.S.S. même et à la
cause que pour nous elle représente, en parlant sans feinte
et sans ménagement. C'est en raison même de mon admiration
pour l'U.R.S.S. et pour les prodiges accomplis par elle
déjà, que vont s'élever mes critiques; en raison aussi de ce
que nous attendons encore d'elle; en raison surtout de ce
qu'elle nous permettait d'espérer.</p>

<p>
Qui dira ce que l'U.R.S.S. a été pour nous? Plus qu'une
patrie d'élection: un exemple, un guide. Ce que nous
rêvions, que nous osions à peine espérer mais à quoi
tendaient nos volontés, nos forces, avait eu lieu là-bas. Il
était donc une terre où l'utopie était en passe de devenir
réalité. D'immenses accomplissements déjà nous emplissaient
le coeur d'exigence. Le plus difficile était fait déjà,
semblait-il, et nous nous aventurions joyeusement dans cette
sorte d'engagement pris avec elle au nom de tous les peuples
souffrants.</p>

<p>
Jusqu'à quel point, dans une faillite, nous sentirions-nous
de même engagés? Mais la seule idée d'une faillite est
inadmissible.</p>

<p>
Si certaines promesses tacites n'étaient pas tenues que
fallait-il incriminer? En fallait-il tenir pour responsables
les premières directives, ou plutôt les écarts mêmes, les
infractions, les accommodements si motivés qu'ils
fussent?...</p>

<p>
Je livre ici mes réflexions personnelles sur ce que
l'U.R.S.S. prend plaisir et légitime orgueil à montrer et
sur ce que, à côté de cela, j'ai pu voir. Les réalisations
de l'U.R.S.S. sont, le plus souvent, admirables. Dans des
contrées entières elle présente l'aspect déjà riant du
bonheur. Ceux qui m'approuvaient de chercher, au Congo,
quittant l'auto des gouverneurs, à entrer avec tous et
n'importe qui en contact direct pour m'instruire, me
reprocheront-ils d'avoir apporté en U.R.S.S, un semblable,
souci et de ne me laisser point éblouir?</p>

<p>
Je ne me dissimule pas l'apparent avantage que les partis
ennemis—ceux pour qui «l'amour de l'ordre se confond avec
le goût des tyrans

<sup>1</sup>

»—vont prétendre tirer de mon livre.
Et voici qui m'eût retenu de le publier, de l'écrire même,
si ma conviction ne restait intacte, inébranlée, que d'une
part l'U.R.S.S. finira bien par triompher des graves erreurs
que je signale; d'autre part, et ceci est plus important,
que les erreurs particulières d'un pays ne peuvent suffire à
compromettre la vérité d'une cause internationale,
universelle. Le mensonge, fût-ce celui du silence, peut
paraître opportun, et opportune la persévérance dans le
mensonge, mais il fait à l'ennemi trop beau jeu, et la
vérité, fût-elle douloureuse, ne peut blesser que pour
guérir.</p><empty-line /><p>
<strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
I

</strong></p><empty-line /><p>
En contact direct avec un peuple de travailleurs, sur les
chantiers, dans les usines ou dans les maisons de repos,
dans les jardins, les «parcs de culture», j'ai pu goûter des
instants de joie profonde. J'ai senti parmi ces camarades
nouveaux une fraternité subite s'établir, mon coeur se
dilater, s'épanouir. C'est aussi pourquoi les photographies
de moi que l'on a prises là-bas me montrent plus souriant,
plus riant même, que je ne puis l'être souvent en France. Et
que de fois, là-bas, les larmes me sont venues aux yeux, par
excès de joie, larmes de tendresse et d'amour: par exemple,
à cette maison de repos des ouvriers mineurs de Dombas aux
environs immédiats de Sotchi... Non, non! il n'y avait là
rien de convenu, d'apprêté; j'étais arrivé brusquement, un
soir, sans être annoncé; mais aussitôt j'avais senti près
d'eux la confiance.</p>

<p>
Et cette visite inopinée dans ce campement d'enfants, près
de Borjom, tout modeste, humble presque, mais où les
enfants, rayonnants de bonheur, de santé, semblaient vouloir
m'offrir leur joie. Que raconter? Les mots sont impuissants
à se saisir d'une émotion si profonde et si simple... Mais
pourquoi parler de ceux-ci plutôt que de tant d'autres?
Poètes de Géorgie, intellectuels, étudiants, ouvriers
surtout, je me suis épris pour nombre d'entre eux d'une
affection vive, et sans cesse je déplorais de ne connaître
point leur langue. Mais déjà se lisait tant d'éloquence
affectueuse dans les sourires, dans les regards, que je
doutais alors si des paroles y eussent pu beaucoup ajouter.
Il faut dire que j'étais présenté partout là-bas comme un
ami: ce qu'exprimaient encore les regards de tous, c'est une
sorte de reconnaissance. Je voudrais la mériter plus encore;
et cela aussi me pousse à parler.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Ce que l'on vous montre le plus volontiers, ce sont les plus
belles réussites; il va sans dire et cela est tout naturel;
mais il nous est arrivé maintes fois, d'entrer à
l'improviste dans des écoles de village, des jardins
d'enfants, des clubs, que l'on ne songeait point à nous
montrer et qui sans doute ne se distinguaient en rien de
beaucoup d'autres. Et ce sont ceux que j'ai le plus admirés,
précisément parce que rien n'y était préparé pour la montre.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Les enfants, dans tous les campements de pionniers que j'ai
vus, sont beaux, bien nourris (cinq repas par jour), bien
soignés, choyés même, joyeux. Leur regard est clair,
confiant; leurs rires sont sans malignité, sans malice; on
pourrait, en tant qu'étranger, leur paraître un peu
ridicule: pas un instant je n'ai surpris, chez aucun d'eux,
la moindre trace de moquerie.</p>

<p>
Cette même expression de bonheur épanoui, nous la
retrouverons souvent chez les aînés, également beaux,
vigoureux. Les «parcs de culture» où ils s'assemblent au
soir, la journée de travail achevée, sont d'incontestables
réussites; entre tous, celui de Moscou.</p>

<p>
J'y suis retourné souvent. C'est un endroit où l'on s'amuse;
comparable à un <emphasis>Luna-Park</emphasis> qui serait immense. Aussitôt la
porte franchie on se sent tout dépaysé. Dans cette foule de
jeunes gens, hommes et femmes, partout le sérieux, la
décence; pas le moindre soupçon de rigolade bête ou
vulgaire, de gaudriole, de grivoiserie, ni même de flirt. On
respire partout une sorte de ferveur joyeuse. Ici, des jeux
sont organisés; là, des danses; d'ordinaire un animateur ou
une animatrice y préside et les règle, et tout se passe avec
un ordre parfait. D'immenses rondes se forment où chacun
pourrait prendre part; mais les spectateurs sont toujours
beaucoup plus nombreux que les danseurs. Puis ce sont des
danses et des chants populaires, soutenus et accompagnés le
plus souvent par un simple accordéon. Ici, dans cet espace
enclos et pourtant d'accès libre, des amateurs s'exercent à
diverses acrobaties; un entraîneur surveille les «sauts
périlleux», conseille et guide; plus loin, des appareils de
gymnastique, des agrès; l'on attend patiemment son tour;
l'on s'entraîne. Un grand espace est réservé aux terrains de
<emphasis>volley ball;</emphasis> et je ne me lasse pas de contempler la
robustesse, la grâce et la beauté des joueurs. Plus loin ce
sont les jeux tranquilles: échecs, dames et quantité de
menus jeux d'adresse ou de patience, dont certains que je ne
connaissais pas, extrêmement ingénieux; comme aussi quantité
de jeux exerçant la force, la souplesse ou l'agilité, que je
n'avais vus nulle part et que je ne puis chercher à décrire,
mais dont quelques-uns auraient certainement grand succès
chez nous. De quoi vous occuper pendant des heures. Il y en
a pour les adultes, d'autres pour les enfants. Les tout
petits ont leur domaine à part, où ils trouvent de petites
maisons, de petits trains, de petits bateaux, de petites
automobiles et quantité de menus instruments à leur taille.
Dans une grande allée et faisant suite aux jeux tranquilles
(qui toujours ont tant d'amateurs qu'il faut parfois
attendre longtemps pour trouver, à son tour, une table
libre), sur des panneaux de bois, des tableaux proposent
rébus, énigmes et devinettes. Tout cela, je le répète, sans
la moindre vulgarité; et toute cette foule immense, d'une
tenue parfaite, respire l'honnêteté, la dignité, la décence;
sans contrainte aucune d'ailleurs et tout naturellement. Le
public, en plus des enfants, est presque uniquement composé
d'ouvriers qui viennent là s'entraîner aux sports, se
reposer, s'amuser ou s'instruire (car il y a aussi des
salles de lecture, de conférences, des cinémas, des
bibliothèques, etc...). Sur la Moskowa, des piscines. Et,
de-ci, de-là, dans cet immense parc, de minuscules estrades
où pérore un professeur improvisé; ce sont des leçons de
choses, d'histoire ou de géographie avec tableaux à l'appui;
ou même de médecine pratique, de physiologie, avec grand
renfort de planches anatomiques, etc. On écoute avec un
grand sérieux. Je l'ai dit, je n'ai surpris nulle part le
moindre essai de moquerie

<sup>2</sup>.</p>

<p>
Mais voici mieux : un petit théâtre en plein air; dans la
salle ouverte, quelque cinq cents auditeurs, entassés (pas
une place vide) écoutent, dans un silence religieux, un
acteur réciter du Pouchkine (un chant d'<emphasis>Eugène Onéguine</emphasis>).
Dans un coin du parc, près de l'entrée, le quartier des
parachutistes. C'est un sport fort goûté là-bas. Toutes les
deux minutes, un des trois parachutes, détaché du haut d'une
tour de quarante mètres, dépose un peu brutalement sur le
sol un nouvel amateur. Allons! qui s'y risque? On
s'empresse; on attend son tour; on fait queue. Et je ne
parle pas du grand théâtre de verdure où, pour certains
spectacles, s'assemblent près de vingt mille spectateurs.</p>

<p>
Le parc de culture de Moscou est le plus vaste et le mieux
fourni d'attractions diverses; celui de Léningrad, le plus
beau. Mais chaque ville en U.R.S.S., à présent, possède son
parc de culture, en plus de ses jardins d'enfants.</p>

<p>
J'ai également visité, il va sans dire, plusieurs usines. Je
sais et me répète que, de leur bon fonctionnement dépend
l'aisance générale et la joie. Mais je n'en pourrais parler
avec compétence. D'autres s'en sont chargés; je m'en
rapporte à leurs louanges. Les questions psychologiques
seules sont de mon ressort; c'est d'elles, surtout et
presque uniquement, que je veux ici m'occuper. Si j'aborde
de biais les questions sociales, c'est encore au point de
vue psychologique que je me placerai.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
L'âge venant, je me sens moins de curiosité pour les
paysages, beaucoup moins, et si beaux qu'ils soient; mais de
plus en plus pour les hommes. En U.R.S.S. le peuple est
admirable; celui de Géorgie, de Kakhétie, d'Abkhasie,
d'Ukraine (je ne parle que de ce que j'ai vu), et plus
encore, à mon goût, celui de Léningrad et de la Crimée.</p>

<p>
J'ai assisté aux fêtes de la jeunesse de Moscou, sur la
Place Rouge. Les bâtiments qui font face au Kremlin
dissimulaient leur laideur sous un masque de banderoles et
de verdure. Tout était splendide, et même (je me hâte de le
dire ici, car je ne pourrai le dire toujours), d'un goût
parfait. Venue du nord et du sud, de l'est et de l'ouest,
une jeunesse admirable paradait. Le défilé dura des heures.
Je n'imaginais pas un spectacle aussi magnifique.
Evidemment, ces êtres parfaits avaient été entraînés,
préparés, choisis entre tous; mais comment n'admirer point
un pays et un régime capables de les produire?</p>

<p>
J'avais vu la Place Rouge, quelques jours auparavant, lors
des funérailles de Gorki. J'avais vu ce même peuple, le même
peuple et pourtant tout différent, et ressemblant plutôt,
j'imagine, au peuple russe du temps des tzars, défiler
longuement, interminablement, dans la grande Salle des
Colonnes, devant le catafalque. Cette fois ce n'était pas
les plus beaux, les plus forts, les plus joyeux
représentants de ces peuples soviétiques, mais un «tout
venant» douloureux, comprenant femmes, enfants surtout,
vieillards parfois, presque tous mal vêtus et paraissant
parfois très misérables. Un défilé silencieux, morne,
recueilli, qui semblait venir du passé et qui, dans un ordre
parfait, dura certainement beaucoup plus longtemps que
l'autre, que le défilé glorieux. Je restai moi-même très
longtemps à le contempler. Qu'était Gorki pour tous ces
gens? Je ne sais trop: un maître? un camarade? un frère?...
C'était, en tout cas, quelqu'un de mort. Et sur tous les
visages, même ceux des plus jeunes enfants, se lisait une
sorte de stupeur attristée, mais aussi, mais surtout une
force de sympathie rayonnante. Il ne s'agissait plus ici de
beauté physique, mais un très grand nombre de pauvres gens
que je voyais passer offraient à mes regards quelque chose
de plus admirable encore que la beauté; et combien d'entre
eux j'eusse voulu presser sur mon coeur!</p>

<p>
Aussi bien nulle part autant qu'en U.R.S.S, le contact avec
tous et n'importe qui, ne s'établit plus aisément, immédiat,
profond, chaleureux. Il se tisse aussitôt—parfois un regard
y suffit—des liens de sympathie violente. Oui, je ne pense
pas que nulle part, autant qu'en U.R.S.S., l'on puisse
éprouver aussi profondément et aussi fort le sentiment de
l'humanité. En dépit des différences de langue, je ne
m'étais jamais encore et nulle part senti aussi abondamment
camarade et frère; et je donnerais les plus beaux paysages
du monde pour cela.</p>

<p>
Des paysages, je parlerai pourtant; mais je raconterai
d'abord notre premier contact avec une bande de
«Komsomols»

<sup>3</sup>.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
C'était dans le train qui nous menait de Moscou à
Ordjonékidzé (l'ancien Vladikaucase). Le trajet est long. Au
nom de l'Union des Ecrivains Soviétiques, Michel Koltzov,
avait mis à notre disposition un très confortable wagon
spécial. Nous y étions inespérément bien installés tous les
six : Jef Last, Guilloux, Herbart, Schiffrin, Dabit et moi;
avec notre interprète-compagne, la fidèle camarade Bola. En
plus de nos compartiments à couchettes, nous disposions d'un
salon où l'on nous servait nos repas. On ne peut mieux. Mais
ce qui ne nous plaisait guère, c'était de ne pouvoir
communiquer avec le reste du train. Aux premiers arrêts,
nous étions descendus sur le quai pour nous convaincre
qu'une compagnie particulièrement plaisante occupait le
wagon voisin. C'était une bande de Komsomols en vacances,
partis pour le Caucase avec l'espoir d'escalader le mont
Kasbeck. Nous obtînmes enfin que les portes de séparation
fussent ouvertes, et, sitôt après, nous prîmes contact avec
nos charmants voisins. J'avais emporté de Paris quantité de
petits jeux d'adresse, très différents de ceux que l'on
connaît en U.R.S.S.. Ils me servent occasionnellement à
entrer en relations avec ceux dont je ne comprends pas la
langue. Ces petits jeux passèrent de main en main. Jeunes
gens et jeunes filles s'y exercèrent et n'eurent de cesse
qu'ils n'eussent triomphé de toutes les difficultés
proposées. «Un Komsomol ne se tient jamais pour battu», nous
disaient-ils en riant. Leur wagon était fort étroit; il
faisait particulièrement chaud ce jour-là; tous entassés les
uns contre les autres, on étouffait; c'était charmant.</p>

<p>
Je dois ajouter que, pour nombre d'entre eux, je n'étais pas
un inconnu. Certains avaient lu de mes livres (le plus
souvent c'était <emphasis>le Voyage au Congo</emphasis>) et comme, à la suite
de mon discours sur la Place Rouge à l'occasion des
funérailles de Gorki, tous les journaux avaient publié mon
portrait, ils m'avaient aussitôt reconnu et se montraient
extrêmement sensibles à l'attention que je leur portais;
mais pas plus que je ne l'étais moi-même aux témoignages de
leur sympathie. Bientôt une grande discussion s'engagea. Jef
Last, qui comprend fort bien le russe et le parle, nous
expliqua que les petits jeux introduits par moi leur
paraissaient charmants, mais qu'ils se demandaient s'il
était bien séant qu'André Gide lui-même s'en amusât. Jef
Last dut arguer que ce petit divertissement servait à lui
reposer les méninges. Car un vrai Komsomol, toujours tendu
vers le service, juge tout d'après son utilité. Oh! sans
pédanterie, du reste, et cette discussion même, coupée de
rires, était un jeu. Mais, comme l'air respirable manquait
un peu dans leur wagon, nous invitâmes une dizaine d'entre
eux à passer dans le nôtre, où la soirée se prolongea dans
des chants et même des danses populaires que la dimension du
salon permettait. Cette soirée restera pour mes compagnons
et pour moi l'un des meilleurs souvenirs du voyage. Et nous
doutions si dans quelque autre pays on peut connaître une
aussi brusque et naturelle cordialité, si dans aucun autre
pays la jeunesse est aussi charmante

<sup>4</sup>.</p>

<p>
J'ai dit que je m'intéressais moins aux paysages... J'aurais
voulu raconter pourtant les admirables forêts du Caucase,
celle à l'entrée de la Kakhétie, celle des environs de
Batoum, celle surtout de Bakouriani au-dessus de Borjom; je
n'en connaissais pas, je n'en imagine pas, de plus belles:
aucun bois taillis n'y cache les fûts des grands arbres;
forêts coupées de clairières mystérieuses où le soir tombe
avant la fin du jour, et l'on imagine le petit Poucet s'y
perdant. Nous avions traversé cette forêt merveilleuse en
nous rendant à un lac de montagne et l'on nous fit l'honneur
de nous affirmer que jamais aucun étranger encore n'y était
venu. Point n'était besoin de cela pour me le faire trouver
admirable. Sur ses bords sans arbres, un étrange petit
village (Tabatzkouri) enseveli neuf mois de l'année sous la
neige et que j'aurais pris plaisir à décrire... Ah! que
n'étais-je venu simplement en touriste! ou en naturaliste
ravi de découvrir là-bas quantité de plantes nouvelles, de
reconnaître sur les hauts plateaux la «scabieuse du Caucase»
de mon jardin... Mais ce n'est point là ce que je suis venu
chercher en U.R.S.S.. Ce qui m'y importe c'est l'homme, les
hommes, et ce qu'on en peut faire, et ce qu'on en a fait. La
forêt qui m'y attire, affreusement touffue et où je me
perds, c'est celle des questions sociales. En U.R.S.S. elles
vous sollicitent, et vous pressent, et vous oppressent de
toutes parts.</p><empty-line /><p>
<strong>
II
</strong></p><empty-line /><p>
De Léningrad j'ai peu vu les quartiers nouveaux. Ce que
j'admire en Léningrad, c'est Saint-Pétersbourg. Je ne
connais pas de ville plus belle; pas de plus harmonieuses
fiançailles de la pierre, du métal

<sup>5</sup>

et de l'eau. On la
dirait rêvée par Pouchkine ou par Baudelaire. Parfois, aussi
elle rappelle des peintures de Chirico. Les monuments y sont
de proportions parfaites, comme les thèmes dans une
symphonie de Mozart. «Là tout n'est qu'ordre et beauté».
L'esprit s'y meut avec aisance et joie.</p>

<p>
Je ne suis guère en humeur de parler du prodigieux musée de
l'Ermitage; tout ce que j'en pourrais dire me paraîtrait
insuffisant. Pourtant, je voudrais louer en passant le zèle
intelligent qui, chaque fois qu'il se pouvait, groupe autour
d'un tableau tout ce qui, du même maître, peut nous
instruire: études, esquisses, croquis, ce qui explique la
lente formation de l'oeuvre.</p>

<p>
En revenant de Léningrad, la disgrâce de Moscou frappe plus
encore. Même elle exerce son action opprimante et déprimante
sur l'esprit. Les bâtiments, à quelques rares exceptions
près, sont laids (pas seulement les plus modernes), et ne
tiennent aucun compte les uns des autres. Je sais bien que
Moscou se transforme de mois en mois; c'est une ville en
formation; tout l'atteste et l'on y respire partout le
devenir. Mais je crains qu'on ne soit mal parti. On taille,
on défonce, on sape, on supprime, l'on reconstruit, et tout
cela comme au hasard. Et Moscou reste, malgré sa laideur,
une ville attachante entre toutes: elle vit puissamment.
Cessons de regarder les maisons: ce qui m'intéresse ici,
c'est la foule.</p>

<p>
Durant les mois d'été presque tout le monde est en blanc.
Chacun ressemble à tous. Nulle part, autant que dans les
rues de Moscou, n'est sensible le résultat du nivellement
social: une société sans classes, dont chaque membre paraît
avoir les mêmes besoins. J'exagère un peu; mais à peine. Une
extraordinaire uniformité règne dans les mises; sans doute
elle paraîtrait également dans les esprits, si seulement on
pouvait les voir. Et c'est aussi ce qui permet à chacun
d'être et de paraître joyeux. (On a si longuement manqué de
tout qu'on est content de peu de chose. Quand le voisin n'a
pas davantage on se contente de ce qu'on a.) Ce n'est
qu'après mûr examen qu'apparaissent les différences. A
première vue l'individu se fond ici dans la masse, est si
peu particularisé qu'il semble qu'on devrait, pour parler
des gens, user d'un partitif et dire non point: des hommes,
mais: de l'homme.</p>

<p>
Dans cette foule, je me plonge; je prends un bain
d'humanité.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Que font ces gens, devant ce magasin? Ils font la queue; une
queue qui s'étend jusqu'à la rue prochaine. Ils sont là de
deux à trois cents, très calmes, patients, qui attendent. Il
est encore tôt; le magasin n'a pas ouvert ses portes. Trois
quarts d'heure plus tard, je repasse: la même foule est
encore là. Je m'étonne: que sert d'arriver à l'avance? Qu'y
gagne-t-on?</p>

<p>
—Comment, ce qu'on y gagne?... Les premiers sont les seuls
servis.</p>

<p>
Et l'on m'explique que les journaux ont annoncé un grand
arrivage de... je ne sais quoi (je crois que ce jour-là,
c'étaient des coussins). Il y a peut-être quatre ou cinq
cents objets, pour lesquels se présenteront huit cents,
mille ou quinze cents amateurs. Bien avant le soir, il n'en
restera plus un seul. Les besoins sont si grands et le
public est si nombreux, que la demande, durant longtemps
encore, l'emportera sur l'offre, et l'emportera de beaucoup.
On ne parvient pas à suffire.</p>

<p>
Quelques heures plus tard, je pénètre dans le magasin. Il
est énorme. Dedans c'est une incroyable cohue. Les vendeurs,
du reste, ne s'affolent pas, car, autour d'eux, pas le
moindre signe d'impatience; chacun attend son tour, assis ou
debout, parfois avec un enfant sur les bras, sans numéro
d'ordre et pourtant sans aucun désordre. On passera là, s'il
le faut, sa matinée, sa journée; dans un air qui, pour celui
qui vient du dehors, paraît d'abord irrespirable; puis on
s'y fait, comme on se fait à tout. J'allais écrire: on se
résigne. Mais le Russe est bien mieux que résigné: il semble
prendre plaisir à attendre, et vous fait attendre à plaisir.</p>

<p>
Fendant la foule ou porté par elle, j'ai visité du haut en
bas, de long en large, le magasin. Les marchandises sont, à
bien peu près, rebutantes. On pourrait croire, même, que,
pour modérer les appétits, étoffes, objets, etc..., se
fassent inattrayants au possible, de sorte qu'on achèterait
par grand besoin mais non jamais par gourmandise. J'aurais
voulu rapporter quelques «souvenirs» à des amis; tout est
affreux. Pourtant, depuis quelques mois, me dit-on, un grand
effort a été tenté; un effort vers la qualité; et l'on
parvient, en cherchant bien et en y consacrant le temps
nécessaire, à découvrir de-ci, de-là, de récentes
fournitures fort plaisantes et rassurantes pour l'avenir.
Mais pour s'occuper de la qualité il faut d'abord que la
quantité suffise; et durant longtemps elle ne suffisait pas;
elle y parvient enfin, mais à peine. Du reste les peuples de
l'U.R.S.S. semblent s'éprendre de toutes les nouveautés
proposées, même de celles qui paraissent laides à nos yeux
d'Occidentaux. L'intensification de la production permettra
bientôt, je l'espère, la sélection, le choix, la persistance
du meilleur et la progressive élimination des produits de
qualité inférieure.</p>

<p>
Cet effort vers la qualité porte surtout sur la nourriture.
Il reste encore dans ce domaine fort à faire. Mais, lorsque
nous déplorons la mauvaise qualité de certaines denrées, Jef
Last qui en est à son quatrième voyage en U.R.S.S., et dont
le précédent séjour là-bas remonte à deux ans, s'émerveille
au contraire des prodigieux progrès récemment accomplis. Les
légumes et les fruits en particulier, sont encore, sinon
mauvais du moins médiocres à quelques rares exceptions près.
Ici, comme partout, l'exquis cède à l'ordinaire c'est-à-dire
au plus abondant. Une prodigieuse quantité de melons; mais
sans saveur. L'impertinent proverbe persan, que je n'ai
entendu citer, et ne veux citer, qu'en anglais : «<emphasis>Women for
duty, boys for pleasure, melons for delight</emphasis>», ici porte à
faux. Le vin est souvent bon (je me souviens en particulier,
des crus exquis de Tzinandali, en Kakhétie); la bière
passable. Certains poissons fumés (à Léningrad) sont
excellents, mais ne supportent pas le transport.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Tant que l'on n'avait pas le nécessaire, on ne pouvait
s'occuper raisonnablement du superflu. Si l'on n'a pas fait
plus, en U.R.S.S. pour la gourmandise, ou pas plus tôt,
c'est que trop d'appétits n'étaient pas encore rassassiés.</p>

<p>
Le goût du reste ne s'affine que si la comparaison est
permise; et il n'y. avait pas à choisir. Pas de «X habille
mieux». Force est ici de préférer ce que l'on vous offre;
c'est à prendre ou à laisser. Du moment que l'Etat est à la
fois fabricant, acheteur et vendeur, le progrès de la
qualité reste en raison du progrès de la culture.</p>

<p>
Alors, je pense (en dépit de mon anticapitalisme) à tous
ceux de chez nous qui, du grand industriel au petit
commerçant, se tourmentent et s'ingénient: qu'inventer qui
flatterait le goût du public? Avec quelle subtile astuce
chacun d'eux cherche à découvrir par quel raffinement il
pourra supplanter un rival! De tout cela, l'Etat n'a cure,
car l'Etat n'a pas de rival. La qualité?—«A quoi bon, s'il
n'y a pas de concurrence», nous a-t-on dit. Et c'est ainsi
que l'on explique trop aisément la mauvaise qualité de tout,
en U.R.S.S. et l'absence de goût du public. Eût-il «du goût»
il ne pourrait le satisfaire. Non; ce n'est plus d'une
rivalité mais bien d'une exigence à venir, développée
progressivement par la culture, que dépend ici le progrès.
En France, tout irait sans doute plus vite, car l'exigence
existe déjà.</p>

<p>
Pourtant, ceci encore: Chaque Etat soviétique avait son art
populaire; qu'est-il devenu? Une grande tendance égalitaire
refusa durant longtemps d'en tenir compte. Mais ces arts
régionaux reviennent en faveur et maintenant on les protège,
on les restaure, on semble comprendre leur irremplaçable
valeur. N'appartiendrait-il pas à une direction intelligente
de se ressaisir d'anciens modèles, pour l'impression de
tissus par exemple, et de les imposer, de les offrir du
moins, au public. Rien de plus bêtement bourgeois,
petit-bourgeois, que les productions d'aujourd'hui. Les
étalages aux devantures des magasins de Moscou sont
consternants. Tandis que les toiles d'autrefois, imprimées
au pochoir, étaient très belles. Et c'était de l'art
populaire; mais c'était de l'artisanat.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Je reviens au peuple de Moscou. Ce qui frappe d'abord c'est
son extraordinaire indolence. Paresse serait sans doute trop
dire... Mais le «stakhanovisme» a été merveilleusement
inventé pour secouer le non-chaloir (on avait le
knout autrefois). Le stakhanovisme serait inutile dans un
pays où tous les ouvriers travaillent. Mais là-bas, dès
qu'on les abandonne à eux-mêmes, les gens, pour la plupart,
se relâchent. Et c'est merveille que malgré cela tout se
fasse. Au prix de quel effort des dirigeants, c'est ce que
l'on ne saurait trop dire. Pour bien se rendre compte de
l'énormité de cet effort, il faut avoir pu d'abord apprécier
le peu de «rendement» naturel du peuple russe.</p>

<p>
Dans une des usines que nous visitons, qui fonctionne à
merveille (je n'y entends rien; j'admire de confiance les
machines; mais m'extasie sans arrière-pensée devant le
réfectoire, le club des ouvriers, leurs logements, tout ce
que l'on a fait pour leur bien-être, leur instruction, leur
plaisir), on me présente un stakhanoviste, dont j'avais vu
le portrait énorme affiché sur un mur. Il est parvenu, me
dit-on, à faire en cinq heures le travail de huit jours (à
moins que ce ne soit en huit heures, le travail de cinq
jours; je ne sais plus). Je me hasarde à demander si cela ne
revient pas à dire que, d'abord, il mettait huit jours à
faire le travail de cinq heures? Mais ma question est assez
mal prise et l'on préfère ne pas y répondre.</p>

<p>
Je me suis laissé raconter qu'une équipe de mineurs
français, voyageant en U.R.S.S. et visitant une mine, a
demandé, par camaraderie, à relayer une équipe de mineurs
soviétiques et qu'aussitôt, sans autrement se fouler, sans
s'en douter, ils ont fait du stakhanovisme.</p>

<p>
Et l'on en vient à se demander ce que, avec le tempérament
français, le zèle, la conscience et l'éducation de nos
travailleurs le régime soviétique n'arriverait pas à donner.</p>

<p>
Il n'est que juste d'ajouter, sur ce fond de grisaille, en
plus des stakhanovistes, toute une jeunesse fervente, <emphasis>keen
at work</emphasis>, levain joyeux et propre à faire lever la pâte.</p>

<p>
Cette inertie de la masse me paraît avoir été, être encore,
une des plus importantes, des plus graves données du
problème que Staline avait à résoudre. De là, les «ouvriers
de choc» (Udarniks); de là, le stakhanovisme. Le
rétablissement de l'inégalité des salaires y trouve
également son explication.</p>

<p>
Nous visitons aux environs de Soukhoum, un kolkhoze modèle.
Il est vieux de six ans. Après avoir péniblement végété les
premiers temps, c'est aujourd'hui l'un des plus prospères.
On l'appelle «le millionnaire». Tout y respire la félicité.
Ce kolkhoze s'étend sur un très vaste espace. Le climat
aidant, la végétation y est luxuriante. Chaque habitation,
construite en bois, montée sur échasses qui l'écartent du
sol, est pittoresque, charmante; un assez grand jardin
l'entoure, empli d'arbres fruitiers, de légumes, de fleurs.
Ce kolkhoze a pu réaliser, l'an dernier, des bénéfices
extraordinaires, lesquels ont permis d'importantes réserves;
ont permis d'élever à seize roubles cinquante le taux de la
journée de travail. Comment ce chiffre est-il fixé?
Exactement par le même calcul qui, si le kolkhoze était une
entreprise agricole capitaliste, dicterait le montant des
dividendes à distribuer aux actionnaires. Car ceci reste
acquis: il n'y a plus en U.R.S.S. l'exploitation d'un grand
nombre pour le profit de quelques-uns. C'est énorme. Ici
nous n'avons plus d'actionnaires; ce sont les ouvriers
eux-mêmes (ceux du kolkhoze il va sans dire) qui se
partagent les bénéfices, sans aucune redevance à l'Etat

<sup>6</sup>.

Cela serait parfait s'il n'y avait pas d'autres kolkhozes,
pauvres ceux-là, et qui ne parviennent pas à joindre les
deux bouts. Car, si j'ai bien compris, chaque kolkhoze a son
autonomie, et il n'est point question d'entr'aide. Je me
trompe peut-être? Je souhaite de m'être trompé

<sup>7</sup>.</p>

<p>
J'ai visité plusieurs des habitations de ce kolkhoze très
prospère

<sup>8</sup>...

Je voudrais exprimer la bizarre et
attristante impression qui se dégage de chacun de ces
«intérieurs»: celle d'une complète dépersonnalisation. Dans
chacun d'eux les mêmes vilains meubles, le même portrait de
Staline, et absolument rien d'autre; pas le moindre objet,
le moindre souvenir personnel. Chaque demeure est
interchangeable; au point que les kolkhoziens,
interchangeables eux-mêmes semble-t-il, déménageraient de
l'une à l'autre sans même s'en apercevoir

<sup>9</sup>.

Le bonheur est
ainsi plus facilement obtenu certes! C'est aussi, me
dira-t-on, que le kolkhosien prend tous ses plaisirs en
commun. Sa chambre n'est plus qu'un gîte pour y dormir; tout
l'intérêt de sa vie a passé dans le club, dans le parc de
culture, dans tous les lieux de réunion. Que peut-on
souhaiter de mieux? Le bonheur de tous ne s'obtient qu'en
désindividualisant chacun. Le bonheur de tous ne s'obtient
qu'aux dépens de chacun. Pour être heureux, soyez conformes.</p><empty-line /><p>
<strong>
III
</strong></p><empty-line /><p>
En U.R.S.S. il est admis d'avance et une fois pour toutes
que, sur tout et n'importe quoi, il ne saurait y avoir plus
d'une opinion. Du reste, les gens ont l'esprit ainsi façonné
que ce conformisme leur devient facile, naturel, insensible,
au point que je ne pense pas qu'il y entre de l'hypocrisie.
Sont-ce vraiment ces gens-là qui ont fait la révolution?
Non; ce sont ceux-là qui en profitent. Chaque matin, la
<emphasis>Pravda</emphasis> leur enseigne ce qu'il sied de savoir, de penser,
de croire. Et il ne fait pas bon sortir de là! De sorte que,
chaque fois que l'on converse avec un Russe, c'est comme si
l'on conversait avec tous. Non point que chacun obéisse
précisément à un mot d'ordre; mais tout est arrangé de
manière qu'il ne puisse pas dissembler. Songez que ce
façonnement de l'esprit commence dès la plus tendre
enfance... De là d'extraordinaires acceptations dont
parfois, étranger, tu t'étonnes, et certaines possibilités
de bonheur qui te surprennent plus encore.</p>

<p>
Tu plains ceux-ci de faire la queue durant des heures; mais
eux trouvent tout naturel d'attendre. Le pain, les légumes,
les fruits te paraissent mauvais; mais il n'y en a point
d'autres. Ces étoffes, ces objets que l'on te présente, tu
les trouves laids; mais il n'y a pas le choix. Tout point de
comparaison enlevé, sinon avec un passé peu regrettable, tu
te contenteras joyeusement de ce qu'on t'offre. L'important
ici, c'est de persuader aux gens qu'on est aussi heureux
que, en attendant mieux, on peut l'être; de persuader aux
gens qu'on est moins heureux qu'eux partout ailleurs. L'on
n'y peut arriver qu'en empêchant soigneusement toute
communication avec le dehors (j'entends le par delà les
frontières). Grâce à quoi, à conditions de vie égales, ou
même sensiblement inférieures, l'ouvrier russe s'estime
heureux, <emphasis>est</emphasis> plus heureux, beaucoup plus heureux que
l'ouvrier de France. Leur bonheur est fait d'espérance, de
confiance et d'ignorance.</p>

<p>
Il m'est extrêmement difficile d'apporter de l'ordre dans
ces réflexions, tant les problèmes, ici, s'entrecroisent et
se chevauchent. Je ne suis pas un technicien et c'est par
leur retentissement psychologique que les questions
économiques m'intéressent. Je m'explique fort bien,
psychologiquement, pourquoi il importe d'opérer en vase
clos, de rendre opaques les frontières: jusqu'à nouvel ordre
et tant que les choses n'iront pas mieux, il importe au
bonheur des habitants de l'U.R.S.S. que ce bonheur reste à
l'abri.</p>

<p>
Nous admirons en U.R.S.S. un extraordinaire élan vers
l'instruction, la culture; mais cette instruction ne
renseigne que sur ce qui peut amener l'esprit à se féliciter
de l'état de choses présent et à penser: <emphasis>O U.R.S.S... Ave!
Spes unica!</emphasis> Cette culture est toute aiguillée dans le même
sens; elle n'a rien de désintéressé; elle accumule et
l'esprit critique (en dépit du marxisme) y fait à peu près
complètement défaut. Je sais bien: on fait grand cas là-bas,
de ce qu'on appelle «l'auto-critique». Je l'admirais de loin
et pense qu'elle eût pu donner des résultats merveilleux, si
sérieusement et sincèrement appliquée. Mais j'ai vite dû
comprendre que, en plus des dénonciations et des
remontrances (la soupe du réfectoire est mal cuite ou la
salle de lecture du club mal balayée) cette critique ne
consiste qu'à demander si ceci ou cela est «dans la ligne»
ou ne l'est pas. Ce n'est pas elle, la ligne, que l'on
discute. Ce que l'on discute, c'est de savoir si telle
oeuvre, tel geste ou telle théorie est conforme à cette
ligne sacrée. Et malheur à celui qui chercherait à pousser
plus loin! Critique en deçà, tant qu'on voudra. La critique
au delà n'est pas permise. Il y a des exemples de cela dans
l'histoire.</p>

<p>
Et rien, plus que cet état d'esprit, ne met en péril la
culture. Je m'en expliquerai plus loin.</p>

<p>
Le citoyen soviétique reste dans une extraordinaire
ignorance de l'étranger

<sup>10</sup>.

Bien plus: on l'a persuadé que
tout, à l'étranger, et dans tous les domaines, allait
beaucoup moins bien qu'en U.R.S.S.. Cette illusion est
savamment entretenue; car il importe que chacun, même peu
satisfait, se félicite du régime qui le préserve de pires
maux.</p>

<p>
D'où certain <emphasis>complexe de supériorité</emphasis>, dont je donnerai
quelques exemples:</p>

<p>
Chaque étudiant est tenu d'apprendre une langue étrangère.
Le français est complètement délaissé. C'est l'anglais,
c'est l'allemand surtout, qu'ils sont censés connaître. Je
m'étonne de les entendre le parler si mal; un élève de
seconde année de chez nous en sait davantage.</p>

<p>
De l'un d'entre eux que nous interrogeons, nous recevons
cette explication (en russe, et Jef Last nous le traduit):</p>

<p>
—Il y a quelques années encore l'Allemagne et les
Etats-Unis pouvaient, sur quelques points, nous instruire.
Mais à présent, nous n'avons plus rien à apprendre des
étrangers. Donc à quoi bon parler leur langue

<sup>11</sup>?</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Du reste, s'ils s'inquiètent tout de même de ce qui se fait
à l'étranger, ils se soucient bien davantage de ce que
l'étranger pense d'eux. Ce qui leur importe c'est de savoir
si nous les admirons assez. Ce qu'ils craignent, c'est que
nous soyons insuffisamment renseignés sur leurs mérites. Ce
qu'ils souhaitent de nous, ce n'est point tant qu'on les
renseigne, mais qu'on les complimente.</p>

<p>
Les petites filles charmantes qui se pressent autour de moi
dans ce jardin d'enfants (où du reste tout est à louer,
comme tout ce qu'on fait ici pour la jeunesse) me harcèlent
de questions. Ce qu'elles voudraient savoir, ce n'est pas si
nous avons des jardins d'enfants en France; mais bien si
nous savons en France qu'ils ont en U.R.S.S. d'aussi beaux
jardins d'enfants.</p>

<p>
Les questions que l'on vous pose sont souvent si
ahurissantes que j'hésite à les rapporter. On va croire que
je les invente: —On sourit avec scepticisme lorsque je dis
que Paris a, lui aussi, son métro. Avons-nous seulement des
tramways? des omnibus?... L'un demande (et ce ne sont plus
des enfants, mais bien des ouvriers instruits) si nous avons
aussi des écoles, en France. Un autre, un peu mieux
renseigné, hausse les épaules; des écoles, oui, les Français
en ont; mais on y bat les enfants; il tient ce renseignement
de source sûre. Que tous les ouvriers, chez nous, soient
très malheureux, il va sans dire, puisque nous n'avons pas
encore «fait la révolution». Pour eux, hors de l'U.R.S.S.,
c'est la nuit. A part quelques capitalistes éhontés, tout le
reste du monde se débat dans les ténèbres.</p>

<p>
Des jeunes filles instruites et fort «distinguées» (au camp
d'Artek qui n'admet que les sujets hors ligne) s'étonnent
beaucoup lorsque, parlant des films russes, je leur dis que
<emphasis>Tchapaïev</emphasis>, et <emphasis>Nous de Cronstadt</emphasis>, ont eu à Paris grand
succès. On leur avait pourtant bien affirmé que tous les
films russes étaient interdits en France. Et, comme ceux qui
leur ont dit cela, ce sont leurs maîtres, je vois bien que
la parole que ces jeunes filles mettent en doute, c'est la
mienne. Les Français sont tellement blagueurs!</p>

<p>
Dans une société d'officiers de marine, à bord d'un cuirassé
que l'on vient de me faire admirer («complètement fait en
U.R.S.S., celui-là») je me risque à oser dire que je crains
qu'on ne soit moins bien renseigné en U.R.S.S. sur ce qui se
fait en France, qu'en France sur ce qui se fait en U.R.S.S.,
un murmure nettement désapprobateur s'élève: «<emphasis>La Pravda</emphasis>
renseigne sur tout suffisamment.» Et, brusquement,
quelqu'un, lyrique, se détachant du groupe, s'écrie: «Pour
raconter tout ce qui se fait en U.R.S.S. de neuf et de beau
et de grand, on ne trouverait pas assez de papier dans le
monde.»</p>

<p>
Dans ce même camp modèle d'Artek, paradis pour enfants
modèles, petits prodiges, médaillés, diplômés—ce qui fait
que je lui préfère de beaucoup d'autres camps de pionniers,
plus modestes, moins aristocrates—un enfant de treize ans
qui, si j'ai bien compris, vient d'Allemagne mais qu'a déjà
façonné l'Union, me guide à travers le parc dont il fait
valoir les beautés. Il récite:</p>

<p>
—Voyez: ici, il n'y avait rien dernièrement encore... Et,
tout à coup: cet escalier. Et c'est partout ainsi en
U.R.S.S.: hier rien; demain tout. Regardez ces ouvriers,
là-bas, comme ils travaillent! Et partout en U.R.S.S. des
écoles et des camps semblables. Naturellement, pas tout à
fait aussi beaux, parce que ce camp d'Artek n'a pas son
pareil au monde. Staline s'y intéresse tout
particulièrement. Tous les enfants qui viennent ici sont
remarquables.</p>

<p>
»Vous entendrez tout à l'heure, un enfant de treize ans, qui
sera le meilleur violoniste du monde. Son talent a déjà été
tellement apprécié chez nous qu'on lui a fait cadeau d'un
violon historique, d'un violon d'un fabricant de violons
d'autrefois très célèbre

<sup>12</sup>.</p>

<p>
»Et ici:—Regardez cette muraille! Dirait-on qu'elle a été
construite en dix jours?»</p>

<p>
L'enthousiasme de cet enfant paraît si sincère que je me
garde de lui faire remarquer que ce mur de soutènement, trop
hâtivement dressé, déjà se fissure. Il ne consent à voir, ne
peut voir que ce qui flatte son orgueil, et ajoute dans un
transport:</p>

<p>
—Les enfants même s'en étonnent

<sup>13</sup>!</p>

<p>
Ces propos enfants (propos dictés, appris peut-être) m'ont
paru si topiques que je les ai transcrits le soir même et
que je les rapporte ici tout au long.</p>

<p>
Je ne voudrais pourtant pas laisser croire que je n'ai pas
remporté d'Artek d'autres souvenirs. Il est vrai: ce camp
d'enfants est merveilleux. Dans un site admirable fort
ingénieusement aménagé, il s'étage en terrasses et s'achève
à la mer. Tout ce que l'on a pu imaginer pour le bien-être
des enfants, pour leur hygiène, leur entraînement sportif,
leur amusement, leur plaisir, est groupé et ordonné sur ces
paliers et le long de ces pentes. Tous les enfants respirent
la santé, le bonheur. Ils s'étaient montrés fort déçus
lorsque nous leur avons dit que nous ne pourrions rester
jusqu'à la nuit: ils avaient préparé le feu de camp
traditionnel, orné les arbres du jardin d'en bas de
banderoles en notre honneur. Les réjouissances diverses:
chants et danses qui devaient avoir lieu le soir, je
demandai que tout fût reporté avant cinq heures. La route du
retour était longue; j'insistai pour rentrer à Sébastopol
avant le soir. Et bien m'en prit, car c'est ce même soir
qu'Eugène Dabit, qui m'avait accompagné là-bas, tomba
malade. Rien n'annonçait cela pourtant et il put se réjouir
pleinement du spectacle que nous offrirent ces enfants; de
la danse surtout de l'exquise petite Tadjikstane, qui
s'appelle Tamar, je crois: celle même que l'on voyait
embrassée par Staline sur toutes les affiches énormes qui
couvraient les murs de Moscou. Rien ne dira le charme de
cette danse et la grâce de cette enfant. «Un des plus exquis
souvenirs de l'U.R.S.S.», me disait Dabit; et je le pensais
avec lui. Ce fut sa dernière journée de bonheur.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
L'hôtel de Sotchi est des plus plaisants; ses jardins sont
fort beaux; sa plage est des plus agréables, mais aussitôt
les baigneurs voudraient nous faire avouer que nous n'avons
rien de comparable en France. Par décence nous nous retenons
de leur dire qu'en France nous avons mieux, beaucoup mieux.</p>

<p>
Non: l'admirable ici, c'est que ce demi-luxe, ce confort,
soient mis à l'usage du peuple—si tant est pourtant que
ceux qui viennent habiter ici ne soient pas trop, de
nouveau, des privilégiés. En général, sont favorisés les
plus méritants, mais à condition toutefois qu'ils soient
conformes, bien «dans la ligne»; et ne bénéficient des
avantages que ceux-ci.</p>

<p>
L'admirable, à Sotchi, c'est cette quantité de sanatoriums,
de maisons de repos, autour de la ville, tous
merveilleusement installés. Et que tout cela soit construit
pour les travailleurs, c'est parfait. Mais, tout auprès,
l'on souffre d'autant plus de voir les ouvriers employés à
la construction du nouveau théâtre, si peu payés et parqués
dans les campements sordides.</p>

<p>
L'admirable, à Sotchi, c'est Ostrovski. (V. appendice.)</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Si déjà je louangeais l'hôtel de Sotchi, que dirai-je de
celui de Sinop, près de Soukhoum, bien supérieur et tel
qu'il supporte la comparaison des meilleurs, des plus beaux,
des plus confortables hôtels balnéaires étrangers. Son
admirable jardin date de l'ancien régime, mais le bâtiment
même de l'hôtel est tout récemment construit; très
intelligemment aménagé; de l'aspect extérieur et intérieur
le plus heureux; chaque chambre a sa salle de bains, sa
terrasse particulière. Les ameublements sont d'un goût
parfait; la cuisine y est excellente, une des meilleures que
nous ayons goûtée en U.R.S.S.. L'hôtel Sinop paraît un des
lieux de ce monde où l'homme se trouve le plus près du
bonheur.</p>

<p>
A côté de l'hôtel, un sovkhose a été créé en vue
d'approvisionner celui-ci. J'y admire une écurie modèle, une
étable modèle, une porcherie modèle, et surtout un
gigantesque pouailler dernier cri. Chaque poule porte à la
patte sa bague numérotée; sa ponte est soigneusement
enregistrée; chacune a pour y pondre, son petit box
particulier, où on l'enferme et d'où elle ne sort qu'après
avoir pondu. (Et je ne m'explique pas qu'avec tant de soins,
les oeufs que l'on nous sert à l'hôtel ne soient pas
meilleurs.) J'ajoute qu'on ne pénètre dans ces locaux
qu'après avoir posé ses pieds sur un tapis imprégné de
substance stérilisante pour désinfecter ses souliers. Le
bétail, lui, passe à côté; tant pis!</p>

<p>
Si l'on traverse un ruisseau qui délimite le sovkhose, un
alignement de taudis. On y loge à quatre, dans une pièce de
deux mètres cinquante sur deux mètres, louée a raison de
deux roubles par personne et par mois. Le repas, au
restaurant du sovkhose coûte deux roubles, luxe que ne
peuvent se permettre ceux dont le salaire n'est que de
soixante-quinze roubles par mois. Ils doivent se contenter,
en plus du pain, d'un poisson sec.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Je ne proteste pas contre l'inégalité des salaires;
j'accorde qu'elle était nécessaire. Mais il y a des moyens
de remédier aux différences de condition; or je crains que
ces différences, au lieu de s'atténuer, n'aillent en
s'accentuant. Je crains que ne se reforme bientôt une
nouvelle sorte de bourgeoisie ouvrière satisfaite (et,
partant, conservatrice, parbleu!) trop comparable à la
petite bourgeoisie de chez nous.</p>

<p>
J'en vois partout des symptômes annonciateurs

<sup>14</sup>.

Et comme
nous ne pouvons douter hélas! que les instincts bourgeois,
veules, jouisseurs, insoucieux d'autrui, sommeillent au
coeur de bien des hommes en dépit de toute révolution (car
la réforme de l'homme ne peut se faire uniquement par le
dehors), je m'inquiète beaucoup de voir, dans l'U.R.S.S.
d'aujourd'hui, ces instincts bourgeois indirectement
flattés, encouragés par de récentes décisions qui reçoivent
chez nous des approbations alarmantes. Avec la restauration
de la famille, (en tant que «cellule sociale») de
l'héritage, et du legs, le goût du lucre, de la possession
particulière, reprennent le pas sur le besoin de
camaraderie, de partage et de vie commune. Non chez tous,
sans doute; mais chez beaucoup. Et l'on voit se reformer des
couches de société sinon déjà des classes, une sorte
d'aristocratie; je ne parle pas ici de l'aristocratie du
mérite et de la valeur personnelle, mais bien de celle du
bien-penser, du conformisme, et qui, dans la génération
suivante, deviendra celle de l'argent.</p>

<p>
Mes craintes sont-elles exagérées? Je le souhaite. Du reste,
l'U.R.S.S. nous a montré qu'elle était capable de brusques
volte-face. Mais je crains bien que pour couper court à cet
embourgeoisement, qu'aujourd'hui les gouvernants approuvent
et favorisent, un brusque ressaisissement ne paraisse
bientôt nécessaire, qui risque d'être aussi brutal, que
celui qui mit fin à la Nep.</p>

<p>
Comment n'être pas choqué par le mépris, ou tout au moins
l'indifférence que ceux qui sont et qui se sentent «du bon
côté», marquent à l'égard des «inférieurs», des
domestiques

<sup>[15]</sup>,

des manoeuvres, des hommes et femmes «de
journée», et j'allais dire: des pauvres. Il n'y a plus de
classes, en U.R.S.S., c'est entendu. Mais il y a des
pauvres. Il y en a trop; beaucoup trop. J'espérais pourtant
bien ne plus en voir, ou même plus exactement: c'est pour ne
plus en voir que j'étais venu en U.R.S.S..</p>

<p>
Ajoutez que la philanthropie n'est plus de mise, ni plus la
simple charité

<sup>[16]</sup>.

L'Etat s'en charge. Il se charge de tout
et l'on n'a plus besoin, c'est entendu, de secourir. De là
certaine sécheresse dans les rapports, en dépit de toute
camaraderie. Et, naturellement, il ne s'agit pas ici des
rapports entre égaux; mais, à l'égard de ces «inférieurs»,
dont je parlais, le <emphasis>complexe de supériorité</emphasis> joue en
plein.</p>

<p>
Cet état d'esprit petit-bourgeois qui, je le crains, tend à
se développer là-bas, est, à mes yeux, profondément et
foncièrement contre-révolutionnaire.</p>

<p>
Mais ce qu'on appelle «contre-révolutionnaire» en U.R.S.S.
aujourd'hui, ce n'est pas du tout cela. C'est même à peu
près le contraire.</p>

<p>
L'esprit que l'on considère comme «contre-révolutionnaire»
aujourd'hui, c'est ce même esprit révolutionnaire, ce
ferment qui d'abord fit éclater les douves à demi-pourries
du vieux monde tzariste. On aimerait pouvoir penser qu'un
débordant amour des hommes, ou tout au moins un impérieux
besoin de justice, emplit les coeurs. Mais une fois la
révolution accomplie, triomphante, stabilisée, il n'est plus
question de cela, et de tels sentiments, qui d'abord
animaient les premiers révolutionnaires, deviennent
encombrants, gênants, comme ce qui a cessé de servir. Je les
compare, ces sentiments, à ces étais grâce auxquels on élève
une arche, mais qu'on enlève après que la clef de voûte est
posée. Maintenant que la révolution a triomphé, maintenant
qu'elle se stabilise, et s'apprivoise; qu'elle pactise, et
certains diront: s'assagit, ceux que ce ferment
révolutionnaire anime encore et qui considèrent comme
compromissions toutes ces concessions successives, ceux-là
gênent et sont honnis, supprimés. Alors ne vaudrait-il pas
mieux, plutôt que de jouer sur les mots, reconnaître que
l'esprit révolutionnaire (et même simplement: l'esprit
critique) n'est plus de mise, qu'il n'en faut plus? Ce que
l'on demande à présent, c'est l'acceptation, le conformisme.
Ce que l'on veut et exige, c'est une approbation de tout ce
qui se fait en U.R.S.S.; ce que l'on cherche à obtenir,
c'est que cette approbation ne soit pas résignée, mais
sincère, mais enthousiaste même. Le plus étonnant, c'est
qu'on y parvient. D'autre part, la moindre protestation, la
moindre critique est passible des pires peines, et du reste
aussitôt étouffée. Et je doute qu'en aucun autre pays
aujourd'hui, fût-ce sans l'Allemagne de Hitler, l'esprit
soit moins libre, plus courbé, plus craintif (terrorisé),
plus vassalisé.</p><empty-line /><p>
<strong>
IV
</strong></p><empty-line /><p>
Dans cette usine de raffinerie de pétrole, aux environs de
Soukhoum, où tout nous paraît si remarquable: le réfectoire,
les logements des ouvriers, leur club (quant à l'usine même,
je n'y entends rien et admire de confiance) nous nous
approchons du «Journal Mural», affiché selon l'usage dans
une salle de club. Nous n'avons pas le temps de lire tous
les articles, mais, à la rubrique «Secours rouge» où, en
principe, se trouvent les renseignements étrangers, nous
nous étonnons de ne voir aucune allusion à l'Espagne dont
les nouvelles depuis quelques jours ne laissent pas de nous
inquiéter. Nous ne cachons pas notre surprise un peu
attristée. Il s'ensuit une légère gêne. On nous remercie de
la remarque: il en sera certainement tenu compte.</p>

<p>
Le même soir, banquet. Toasts nombreux selon l'usage. Et
quand on a bu à la santé de tous et de chacun des convives,
Jef Last se lève et, en russe, propose de vider un verre au
triomphe du Front rouge espagnol. On applaudit
chaleureusement, encore qu'avec une certaine gêne, nous
semble-t-il; et aussitôt, comme en réponse: toast à Staline.
A mon tour, je lève mon verre pour les prisonniers
politiques d'Allemagne, de Yougoslavie, de Hongrie... On
applaudit, avec un enthousiasme franc cette fois; on
trinque, on boit. Puis, de nouveau, sitôt après: toast à
Staline. C'est aussi que sur les victimes du fascisme, en
Allemagne et ailleurs, l'on savait quelle attitude avoir.
Pour ce qui est des troubles et de la lutte en Espagne,
l'opinion générale et particulière attendait les directions
de <emphasis>la Pravda</emphasis> qui ne s'était pas encore prononcée. On
n'osait pas se risquer avant de savoir ce qu'il fallait
penser. Ce n'est que quelques jours plus tard (nous étions
arrivés à Sébastopol) qu'une immense vague de sympathie,
partie de la Place Rouge, vint déferler dans les journaux,
et que, partout, des souscriptions volontaires pour le
secours aux gouvernementaux s'organisèrent.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Dans le bureau de cette usine, un grand tableau symbolique
nous avait frappés; on y voyait, au centre, Staline en train
de parler; répartis à sa droite et à sa gauche, les membres
du gouvernement applaudir.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
L'effigie de Staline se rencontre partout, son nom est sur
toutes les bouches, sa louange revient immanquablement dans
tous les discours. Particulièrement en Géorgie, je n'ai pu
entrer dans une chambre habitée, fût-ce la plus humble, la
plus sordide, sans y remarquer un portrait de Staline
accroché au mur, à l'endroit sans doute où se trouvait
autrefois l'icone. Adoration, amour ou crainte, je ne sais;
toujours et partout il est là.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Sur la route de Tiflis à Batoum, nous traversons Gori, la
petite ville où naquit Staline. J'ai pensé qu'il serait sans
doute courtois de lui envoyer un message, en réponse à
l'accueil de l'U.R.S.S. où, partout, nous avons été
acclamés, festoyés, choyés. Je ne trouverai jamais meilleure
occasion. Je fais arrêter l'auto devant la poste et tends le
texte d'une dépêche. Elle dit à peu près: «En passant à Gori
au cours de notre merveilleux voyage, j'éprouve le besoin
cordial de vous adresser...» Mais ici, le traducteur
s'arrête: Je ne puis point parler ainsi. Le «vous» ne suffit
point, lorsque ce «vous», c'est Staline. Cela n'est point
décent. Il y faut ajouter quelque chose. Et comme je
manifeste certaine stupeur, on se consulte. On me propose:
«Vous, chef des travailleurs», ou «maître des peuples» ou...
je ne sais plus quoi

<sup>[17]</sup>.

Je trouve cela absurde; proteste
que Staline est au-dessus de ces flagorneries. Je me débats
en vain. Rien à faire. On n'acceptera ma dépêche que si je
consens au rajout. Et, comme il s'agit d'une traduction que
je ne suis pas à même de contrôler, je me soumets de guerre
lasse, mais en déclinant toute responsabilité et songeant
avec tristesse que tout cela contribue à mettre entre
Staline et le peuple une effroyable, une infranchissable
distance. Et comme déjà j'avais pu constater de semblables
retouches et «mises au point» dans les traductions de
diverses allocutions

<sup>18</sup>

que j'avais été amené à prononcer
en U.R.S.S., je déclarai aussitôt que je ne reconnaîtrais
comme mien aucun texte de moi paru en russe durant mon
séjour

<sup>19</sup>

et que je le dirais. Voici qui est fait.</p>

<p>
Oh! parbleu, je ne veux voir dans ces menus
travestissements, le plus souvent involontaires, aucune
malignité: bien plutôt le désir d'aider quelqu'un qui n'est
pas au courant des usages et qui certainement ne peut
demander mieux que de s'y plier, d'y conformer ses
expressions et sa pensée.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Staline, dans l'établissement du premier et du second plan
quinquennal, fait preuve d'une telle sagesse, d'une si
intelligente souplesse dans les modifications successives
qu'il a cru devoir y apporter, que l'on en vient à se
demander si plus de constance était possible; si ce
progressif détachement de la première ligne, cet écartement
du Léninisme, n'était pas nécessaire; si plus d'entêtement
n'exigeait pas du peuple un effort surhumain. De toute
manière il y a déboire. Si ce n'est pas Staline, alors c'est
l'homme, l'être humain, qui déçoit. Ce qu'on tentait, que
l'on voulait, que l'on se croyait tout près d'obtenir, après
tant de luttes, tant de sang versé, tant de larmes, c'était
donc «au-dessus des forces humaines»? Faut-il attendre
encore, résigner, ou reporter à plus loin ses espoirs? Voilà
ce qu'en U.R.S.S. on se demande avec angoisse. Et que cette
question vous effleure, c'est déjà trop.</p>

<p>
Après tant de mois d'efforts, tant d'années, on était en
droit de se demander: vont-ils enfin pouvoir relever un peu
la tête? —Les fronts n'ont jamais été plus courbés.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Qu'il y ait divergence de l'idéal premier, voici qui ne peut
être mis en doute. Mais devrons-nous mettre en doute, du
même coup, que ce que l'on voulait d'abord fût aussitôt
possible. Y a-t-il faillite? ou opportune et indiscutable
accommodation à d'imprévues difficultés?</p>

<p>
Ce passage de la «mystique» à la «politique» entraîne-t-il
fatalement une <emphasis>dégradation?</emphasis> Car il ne s'agit plus ici de
théorie; on est dans le domaine pratique; il faut compter
avec le <emphasis>menschliches</emphasis>, <emphasis>allzumenschliches</emphasis>— et compter
avec l'ennemi.</p>

<p>
Quantité de résolutions de Staline sont prises, et ces
derniers temps presque toutes, en fonction de l'Allemagne et
dictées par la peur qu'on en a. Cette restauration
progressive de la famille, de la propriété privée, de
l'héritage trouvent une valable explication: il importe de
donner au citoyen soviétique le sentiment qu'il a quelque
bien personnel à défendre. Mais c'est ainsi que,
progressivement, l'impulsion première s'engourdit, se perd,
que le regard cesse de se diriger à l'avant. Et l'on me dira
que cela est nécessaire, urgent, car une attaque de flanc
risque de ruiner l'entreprise. Mais d'accommodement en
accommodement, l'entreprise se compromet.</p>

<p>
Une autre crainte, celle du « trotzkisme» et de ce qu'on
appelle aujourd'hui là-bas: <emphasis>l'esprit de
contre-révolution</emphasis>. Car certains se refusent à penser que
cette transigeance fût nécessaire; tous ces accommodements
leur paraissent autant de défaites. Que la déviation des
directives premières trouve des explications, des excuses,
il se peut: cette déviation seule importe à leurs yeux.
Mais, aujourd'hui c'est l'esprit de soumission, le
conformisme, qu'on exige. Seront considérés comme
«trotzkistes» tous ceux qui ne se déclarent pas satisfaits.
De sorte que l'on vient à se demander si Lénine lui-même
reviendrait-il sur la terre aujourd'hui?...</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Que Staline ait toujours raison, cela revient à dire : que
Staline a raison de tout.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
<emphasis>Dictature de prolétariat</emphasis> nous promettait-on. Nous sommes
loin de compte. Oui: dictature, évidemment; mais celle d'un
homme, non plus celle des prolétaires unis, des Soviets. Il
importe de ne point se leurrer, et force est de reconnaitre
tout net: ce n'est point là ce qu'on voulait. Un pas de plus
et nous dirons même: c'est exactement ceci que l'on ne
voulait pas.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Supprimer l'opposition dans un Etat, ou même simplement
l'empêcher de se prononcer, de se produire, c'est chose
extrêmement grave: l'invitation au terrorisme. Si tous les
citoyens d'un Etat pensaient de même, ce serait sans aucun
doute plus commode pour les gouvernants. Mais, devant cet
appauvrissement, qui donc oserait encore parler de
«culture»? Sans contrepoids, comment l'esprit ne
verserait-il pas tout dans un sens? C'est, je pense, une
grande sagesse d'écouter les partis adverses; de les soigner
même au besoin, tout en les empêchant de nuire: les
combattre, mais non les supprimer. Supprimer l'opposition...
il est sans doute heureux que Staline y parvienne si mal.</p>

<p>
«L'humanité n'est pas simple, il faut en prendre son parti;
et toute tentative de simplification, d'unification, de
réduction par le dehors sera toujours odieuse, ruineuse et
sinistrement bouffonne. Car l'embêtement pour Athalie, c'est
que c'est toujours Eliacin, l'embêtant pour Hérode, c'est
que c'est toujours la Sainte Famille qui échappe»,—
écrivais-je en 1910

<sup>20</sup>.</p><empty-line /><p>
<strong>
V
</strong></p><empty-line /><p>
J'écrivais avant d'aller en U.R.S.S.:</p>

<p>
Je crois que la valeur d'un écrivain est liée à la force
révolutionnaire qui l'anime, ou plus exactement (car je ne
suis pas si fou que de ne reconnaître de valeur artistique
qu'aux écrivains de gauche): à sa force d'opposition. Cette
force existe aussi bien chez Bossuet, Chateaubriand, ou, de
nos jours, Claudel, que chez Molière, Voltaire, Hugo et tant
d'autres. Dans notre forme de société, un grand écrivain, un
grand artiste, est essentiellement anticonformiste. Il
navigue à contre courant. Cela était vrai pour Dante, pour
Cervantes, pour Ibsen, pour Gogol... Cela cesse d'être vrai,
semble-t-il pour Shakespeare et ses contemporains, dont John
Addington Symonds dit excellement: <emphasis>What made the
playwrights of that epoch so great... was that they (the
authors) lived and wrote in fullest sympathy with the whole
people</emphasis>

<sup>21</sup>.

Cela n'était sans doute pas vrai pour Sophocle
et certainement pas pour Homère, par qui la Grèce même, nous
semble-t-il, chantait. Cela cesserait peut-être d'être vrai,
du jour où... Mais c'est précisément là ce qui dirige nos
regards vers l'U.R.S.S. avec une interrogation si anxieuse:
le triomphe de la révolution permettra-t-elle à ses artistes
d'être portés par le courant? Car la question se pose:
qu'adviendra-t-il si l'Etat social transformé enlève à
l'artiste tout motif de protestation? Que fera l'artiste
s'il n'a plus à s'élever contre, plus qu'à se laisser
porter? Sans doute, tant qu'il y a lutte encore et que la
victoire n'est pas parfaitement assurée, il pourra peindre
cette lutte et, combattant lui-même, aider au triomphe. Mais
ensuite...</p>

<p>
Voilà ce que je me demandais avant d'aller en U.R.S.S..</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
—«Vous comprenez, m'expliqua X..., ce n'était plus du tout
cela que le public réclamait; plus du tout cela que nous
voulons aujourd'hui. Il avait donné précédemment un ballet
très remarquable et très remarqué. («Il», c'était
Chestakovitch, dont certains me parlaient avec cette sorte
d'éloges que l'on n'accorde qu'aux génies.) Mais que
voulez-vous que le peuple fasse d'un opéra dont, en sortant,
il ne peut fredonner aucun air?» (Quoi! c'est donc là qu'ils
en étaient! Et pourtant X..., artiste lui-même, et fort
cultivé, ne m'avait tenu jusqu'alors que des propos
intelligents.)</p>

<p>
»Ce qu'il nous faut aujourd'hui, ce sont des oeuvres que
tout le monde puisse comprendre, et tout de suite. Si
Chestakovitch ne le sent pas de lui-même, on le lui fera
bien sentir en ne l'écoutant même plus.»</p>

<p>
Je protestai que les oeuvres parfois les plus belles, et
même celles qui sont appelées à devenir les plus populaires,
ont pu n'être goûtées d'abord que par un très petit nombre
de gens; que Beethoven lui-même... Et, lui tendant un livre
que précisément j'avais sur moi: Tenez, lisez ceci:</p>

<p>
«<emphasis>In Berlin gab ich auch</emphasis> (c'est Beethoven qui parle), <emphasis>vor
mehreren Jahren ein Konzert, ich griff mich an und glaubte,
was Reicht's zu leisten, und hoffte auf einen tüchtigen
Beifall; aber siehe da, als ich meine höchste Begeisterung
ausgesprochen hatte, kein geringstes Zeichen des Beifalls
ertönte</emphasis>

<sup>22</sup>.»</p>

<p>
X... m'accorda qu'en U.R.S.S. un Beethoven aurait eu bien du
mal à se relever d'un tel insuccès. «Voyez-vous,
continua-t-il, un artiste, chez nous, a d'abord à être dans
la ligne. Les plus beaux dons, sinon, seront considérés
comme du «formalisme». Oui, c'est le mot que nous avons
trouvé pour désigner tout ce que nous ne nous soucions pas
de voir ou d'entendre. Nous voulons créer un art nouveau,
digne du grand peuple que nous sommes. L'art, aujourd'hui,
doit être populaire, ou n'être pas.»</p>

<p>
—Vous contraindrez tous vos artistes au conformisme, lui
dis-je, et les meilleurs, ceux qui ne consentiront pas à
avilir leur art ou seulement à le courber, vous les réduirez
au silence. La culture que vous prétendez servir, illustrer,
défendre, vous honnira.</p>

<p>
Alors, il protesta que je raisonnais en bourgeois. Que, pour
sa part, il était bien convaincu que le marxisme qui, dans
tant d'autres domaines, avait déjà produit de si grandes
choses, saurait aussi produire des oeuvres d'art. Il ajouta
que ce qui retenait ces nouvelles oeuvres de surgir, c'est
l'importance qu'on accordait encore aux oeuvres d'un passé
révolu.</p>

<p>
Il parlait à voix de plus en plus haute; il semblait faire
un cours ou réciter une leçon. Ceci se passait dans le hall
de l'hôtel de Sotchi. Je le quittai sans plus lui répondre.
Mais, quelques instants plus tard, il vint me retrouver dans
ma chambre et, à voix basse cette fois:</p>

<p>
- Oh! parbleu! je sais bien... Mais on nous écoutait tout à
l'heure et... mon exposition doit ouvrir bientôt.</p>

<p>
X... est peintre, et devait présenter au public ses
dernières toiles.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Quand nous arrivâmes en U.R.S.S., l'opinion était mal
ressuyée de la grande querelle du Formalisme. Je cherchai à
comprendre ce que l'on entendait par ce mot et voici ce
qu'il me sembla: tombait sous l'accusation de formalisme,
tout artiste coupable d'accorder moins d'intérêt au <emphasis>fond</emphasis>
qu'à la <emphasis>forme</emphasis>. Ajoutons aussitôt que n'est jugé digne
d'intérêt (ou plus exactement n'est toléré) le <emphasis>fond</emphasis> que
lorsque incliné dans un certain sens. L'oeuvre d'art sera
jugée formaliste, dès que pas inclinée du tout et n'ayant
par conséquent plus de «sens» (et je joue ici sur le mot).
Je ne puis, je l'avoue, écrire ces mots «forme» et «fond»
sans sourire. Mais il sied plutôt de pleurer lorsqu'on voit
que cette absurde distinction va déterminer la critique. Que
cela fût politiquement utile, il se peut; mais ne parlez
plus ici de culture. Celle-ci se trouve en péril dès que la
critique n'est plus librement exercée.</p>

<p>
En U.R.S.S., pour belle que puisse être une oeuvre, si elle
n'est pas dans la ligne, elle est honnie. La beauté est
considérée comme une valeur bourgeoise. Pour génial que
puisse être un artiste, s'il ne travaille pas dans la ligne
l'attention se détourne, est détournée de lui: ce que l'on
demande à l'artiste, à l'écrivain, c'est d'être conforme; et
tout le reste lui sera donné par-dessus.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
J'ai pu voir à Tiflis une exposition de peintures modernes,
dont il serait peut-être charitable de ne point parler.
Mais, après tout, ces artistes avaient atteint leur but, qui
est d'édifier (ici par l'image), de convaincre, de rallier
(des épisodes de la vie de Staline servant de thème à ces
illustrations). Ah! certes, ceux-là n'étaient pas des
«formalistes»! Le malheur, c'est qu'ils n'étaient pas des
peintres non plus. Ils me faisaient souvenir qu'Apollon,
pour servir Admète, avait dû éteindre tous ses rayons, et du
coup n'avait plus rien fait qui vaille—ou du moins qui nous
importât. Mais, comme l'U.R.S.S., non plus avant qu'après la
révolution, n'a jamais excellé dans les arts plastiques,
mieux vaut s'en tenir à la littérature.</p>

<p>
«Dans le temps de ma jeunesse, me disait X..., l'on nous
recommandait tels livres, l'on nous déconseillait tels
autres; et naturellement c'est vers ces derniers que notre
attention se portait. La grande différence, aujourd'hui,
c'est que les jeunes ne lisent plus que ce qu'on leur
recommande de lire, qu'ils ne désirent même plus lire autre
chose.»</p>

<p>
C'est ainsi que Dostoïewski, par exemple, ne trouve guère
plus de lecteurs, sans qu'on puisse exactement dire si la
jeunesse se détourne de lui, ou si l'on a détourné de lui la
jeunesse—tant les cerveaux sont façonnés.</p>

<p>
S'il doit répondre à un mot d'ordre, l'esprit peut bien
sentir du moins qu'il n'est pas libre. Mais s'il est ainsi
préformé qu'il n'attende même plus le mot d'ordre pour y
répondre, l'esprit perd jusqu'à la conscience de son
asservissement. Je crois que l'on étonnerait beaucoup de
jeunes soviétiques, et qu'ils protesteraient, si l'on venait
leur dire qu'ils ne pensent pas librement.</p>

<p>
Et comme il advient toujours que nous ne reconnaissons
qu'après les avoir perdus, la valeur de certains avantages,
rien de tel qu'un séjour en U.R.S.S. (ou en Allemagne, il va
sans dire) pour nous aider à apprécier l'inappréciable
liberté de pensée dont nous jouissons encore en France, et
dont nous abusons parfois.</p>

<p>
A Léningrad, l'on m'avait demandé de préparer un petit
discours à l'usage d'une assemblée de littérateurs et
d'étudiants. Je n'étais en U.R.S.S. que depuis huit jours et
cherchais à prendre le <emphasis>la</emphasis>. Je soumis donc à X... et à
Y... mon texte. L'on me fit aussitôt comprendre que ce texte
n'était ni dans la ligne, ni dans la note et que ce que je
m'apprêtais à dire paraîtrait fort malséant. Eh parbleu! je
m'en rendis nettement compte moi-même, par la suite. Du
reste, ce discours, je n'eus pas l'occasion de le prononcer.
Le voici :</p>

<p>
«L'on m'a souvent demandé mon opinion sur la littérature
actuelle de l'U.R.S.S. Je voudrais expliquer pourquoi j'ai
refusé de me prononcer. Cela me permettra, du même coup, de
préciser certain point du discours que j'ai lu sur la Place
Rouge, au jour solennel des funérailles de Gorki. J'y
parlais de «nouveaux problèmes» soulevés par le triomphe
même des républiques soviétiques, problèmes dont je disais
que ce ne serait pas une des moindres gloires de l'U.R.S.S.
de les avoir fait naître à l'histoire et proposés à notre
méditation. Comme l'avenir de la culture me semble
étroitement lié à la solution qui pourra leur être donnée,
il ne me parait pas inutile d'y revenir et d'apporter ici
quelques précisions.</p><empty-line /><p>

**
     **
     **
     **
     **</p><empty-line /><p>
»Le grand nombre, et même composé des éléments les
meilleurs, n'applaudit jamais à ce qu'il y a de neuf, de
virtuel, de déconcerté et de déconcertant, dans une oeuvre;
mais seulement à ce qu'il y peut déjà <emphasis>reconnaître</emphasis>,
c'est-à-dire la banalité. Tout comme il y avait des
banalités bourgeoises, il y a des banalités
révolutionnaires; il importe de s'en convaincre. Il importe
de se persuader que ce qu'elle apporte de conforme à une
doctrine, fût-elle la plus saine et la mieux établie, n'est
jamais ce qui fait la valeur profonde d'une oeuvre d'art, ni
ce qui lui permettra de durer; mais bien ce qu'elle
apportera d'interrogations nouvelles, prévenant celles de
l'avenir; et de réponses à des questions non encore posées.
Je crains fort que quantité d'oeuvres, toutes imprégnées
d'un pur esprit marxiste, à quoi elles doivent leur succès
d'aujourd'hui, ne dégagent bientôt, au nez de ceux qui
viendront, une insupportable odeur de clinique; et je crois
que les oeuvres les plus valeureuses seront celles seules
qui auront su se délivrer dé ces préoccupations-là.</p>

<p>
»Du moment que la révolution triomphe, et s'instaure, et
s'établit, l'art court un terrible danger, un danger presque
aussi grand que celui que lui font courir les pires
oppressions des fascismes: celui d'une orthodoxie. L'art qui
se soumet à une orthodoxie, fût-elle celle de la plus saine
des doctrines, est perdu. Il sombre dans le conformisme. Ce
que la révolution triomphante peut et doit offrir à
l'artiste, c'est avant tout la liberté. Sans elle, l'art
perd signification et valeur.</p>

<p>
»Walt Whitman à l'occasion de la mort du président Lincoln,
écrivit un de ses plus beaux chants. Mais si ce libre chant
eût été contraint, si Whitman avait été forcé de l'écrire
par ordre et conformément à un canon admis, ce <emphasis>thrène</emphasis>
aurait perdu sa vertu, sa beauté; ou plutôt Whitman n'aurait
pas pu l'écrire.</p>

<p>
»Et comme, tout naturellement, l'assentiment du plus grand
nombre, les applaudissements, le succès, les faveurs, vont à
ce que le public peut aussitôt reconnaître et approuver,
c'est-à-dire au conformisme, je me demande avec inquiétude
si, peut-être, dans l'U.R.S.S. glorieuse d'aujourd'hui, ne
végète pas, ignoré de la foule, quelque Baudelaire, quelque
Keats ou quelque Rimbaud qui, en raison même de sa valeur, a
du mal à se faire entendre. Et c'est pourtant celui-là entre
tous qui m'importe, car ce sont les dédaignés de d'abord,
les Rimbaud, les Keats, les Baudelaire les Stendhal même,
qui paraîtront demain les plus grands

<sup>23</sup>.</p><empty-line /><p>
<strong>
VI
</strong></p><empty-line /><p>
Sébastopol, dernière étape de notre voyage. Sans doute, il
est en U.R.S.S. des villes plus intéressantes ou plus
belles, mais nulle part encore je n'avais aussi bien senti
combien je resterais épris. Je retrouvais à Sébastopol,
moins préservée, moins choisie qu'à Soukhoum ou Sotchi, la
société, la vie russe entière, avec ses manques, ses
défauts, ses souffrances, hélas! à côté de ses triomphes, de
ses réussites qui permettent ou promettent à l'homme plus de
bonheur. Et, suivant les jours, la lumière adoucissait
l'ombre, ou au contraire l'épaississait. Mais, autant que le
plus lumineux, ce que je pouvais voir ici de plus sombre,
tout m'attachait, et douloureusement parfois, à cette terre,
à ces peuples unis, à ce climat nouveau qui favorisait
l'avenir et où l'inespéré pouvait éclore... C'est tout cela
que je devais quitter.</p>

<p>
Et déjà commençait à m'étreindre une angoisse encore
inconnue: de retour à Paris que saurais-je dire? Comment
répondre aux questions que je pressentais ? L'on attendait
de moi certainement des jugements tout d'une pièce. Comment
expliquer que, tour à tour, en U.R.S.S., j'avais eu
(moralement) si chaud, et si froid? En déclarant à nouveau
mon amour allais-je devoir cacher mes réserves et mentir en
approuvant tout? Non; je sens trop qu'en agissant ainsi je
desservirais à la fois l'U.R.S.S. même et la cause qu'elle
représente à nos yeux. Mais ce serait une très grave erreur
d'attacher l'une à l'autre trop étroitement de sorte que la
cause puisse être tenue pour responsable de ce qu'en
U.R.S.S. nous déplorons.</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
L'aide que l'U.R.S.S. vient d'apporter à l'Espagne nous
montre de quels heureux rétablissements elle demeure
capable.</p>

<p>
L'U.R.S.S. n'a pas fini de nous instruire et de nous
étonner.</p><empty-line />
</section>

<section>
<p>
<strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
<emphasis>APPENDICE</emphasis>

</strong></p><empty-line /><p>
<strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
I

</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
<emphasis>DISCOURS</emphasis>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
PRONONCÉ SUR LA PLACE ROUGE A MOSCOU
</strong></p><empty-line /><p><strong>
POUR LES FUNÉRAILLES DE MAXIME GORKI
</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
(<emphasis>20 juin 1936</emphasis>)
</strong></p><empty-line /><p>
La mort de Maxime Gorki n'assombrit pas seulement les Etats
Soviétiques, mais le monde entier. Cette grande voix du
peuple russe, que Gorki nous faisait entendre, a trouvé des
échos dans les pays les plus lointains. Aussi n'ai-je pas à
exprimer ici seulement ma douleur personnelle, mais celle
des lettres françaises, celle de la culture européenne, de
la culture de tout l'univers.</p>

<p>
La culture est demeurée longtemps l'apanage d'une classe
privilégiée. Pour être cultivé, il fallait des loisirs: une
classe de gens peinait pour permettre à un très petit nombre
de jouir de la vie, de s'instruire, et le jardin de la
culture, des belles-lettres et des arts, restait une
propriété privée où seuls pouvaient avoir accès non les plus
intelligents, les plus aptes, mais ceux qui, depuis leur
enfance, s'étaient trouvés à l'abri du besoin. Sans doute
pouvait-on constater que l'intelligence n'accompagnait pas
nécessairement la richesse: dans la littérature française,
un Molière, un Diderot, un Rousseau sortaient du peuple;
mais leurs lecteurs restaient des gens de loisir.</p>

<p>
Lorsque la Grande Révolution d'Octobre a soulevé les masses
profondes des peuples russes, on a dit en Occident, on a
répété, et même l'on a cru que cette grande vague de fond
allait submerger la culture. Dès qu'elle cessait d'être un
privilège, la culture n'était-elle pas en danger?</p>

<p>
C'est en réponse à cette question que des écrivains de tous
les pays se sont groupés dans le sentiment très net d'un
devoir urgent: oui la culture est menacée; mais le péril
pour elle n'est nullement du côté des forces
révolutionnaires et libératrices; il vient au contraire des
partis qui tentent de subjuguer ces forces, de les briser,
de mettre l'esprit même sous le boisseau. Ce qui menace la
culture ce sont les fascismes, les nationalismes étroits et
artificiels qui n'ont rien de commun avec le vrai
patriotisme, l'amour profond de son pays. Ce qui menace la
culture c'est la guerre à laquelle fatalement,
nécessairement, ces nationalismes haineux conduisent.</p>

<p>
Je devais présider la conférence internationale pour la
défense de la culture qui se tient présentement à Londres.
Les fâcheuses nouvelles de la santé de Maxime Gorki m'ont
appelé précipitamment à Moscou. Sur cette Place Rouge qui
déjà put voir tant d'événements glorieux et tragiques,
devant ce mausolée de Lénine vers qui tant de regards sont
fixés, je tiens à déclarer hautement, au nom des écrivains
assemblés à Londres et en mon nom: c'est aux grandes forces
internationales révolutionnaires qu'incombent le soin, le
devoir de défendre, de protéger et d'illustrer à neuf la
culture. Le sort de la culture est lié dans nos esprits au
destin même de l'U.R.S.S.. Nous la défendrons.</p>

<p>
De même que, par-dessus les intérêts particuliers de chaque
peuple, un grand besoin commun fait communier entre elles
les classes prolétariennes de tous les pays, par-dessus
chaque littérature nationale s'épanouit une culture faite de
ce qu'il y a de vraiment vivant et d'humain dans les
littératures particulières de chaque pays: «Nationale dans
la forme, socialiste dans le fond» ainsi que le disait
Staline.</p>

<p>
J'ai souvent écrit que c'est en étant le plus particulier
qu'un écrivain atteint l'intérêt le plus général, parce que
c'est en se montrant le plus personnel qu'il se révèle, par
là même, le plus humain. Aucun écrivain russe n'a été plus
russe que Maxime Gorki. Aucun écrivain russe n'a été plus
universellement écouté.</p>

<p>
J'ai assisté hier au défilé du peuple devant le catafalque
de Gorki. Je ne pouvais me lasser de contempler cette
quantité de femmes, d'enfants, de travailleurs de toute
sorte, dont Maxime Gorki avait été le porte-parole et l'ami.
Je songeais avec tristesse que ces mêmes gens, dans tout
autre pays que l'U.R.S.S., étaient de ceux à qui l'on aurait
interdit l'accès de cette salle; ceux qui précisément,
devant les jardins de la culture, se heurtent à un terrible:
«Défense d'entrer, propriété privée.» Et les larmes me
montaient aux yeux en songeant que ce qui leur paraissait, à
eux, si naturel déjà, me paraissait, à moi l'Occidental,
encore si extraordinaire.</p>

<p>
Et je pensais qu'il y avait là, en U.R.S.S., une nouveauté
très surprenante: jusqu'à présent, dans tous les pays du
monde, l'écrivain de valeur a presque toujours été, plus ou
moins, un révolutionnaire, un combattant. D'une manière plus
ou moins consciente et plus ou moins voilée, il pensait, il
écrivait, à l'encontre de quelque chose. Il se refusait
d'approuver. Il apportait dans les esprits et dans les
coeurs un ferment d'insubordination, de révolte. Les gens
assis, les pouvoirs, les autorités, la tradition, s'ils
eussent été plus clairvoyants, n'auraient pas hésité à le
désigner comme l'ennemi.</p>

<p>
Aujourd'hui, en U.R.S.S., pour la première fois, la question
se pose d'une façon très différente: en étant
révolutionnaire l'écrivain n'est plus un opposant

<sup>24</sup>.

Tout
au contraire, il répond au voeu du grand nombre, du peuple
entier, et, ce qui est le plus admirable: de ses dirigeants.
De sorte qu'il y a comme un évanouissement de ce problème,
ou plutôt une transposition si nouvelle que l'esprit en
reste d'abord déconcerté. Et ce ne sera pas une des moindres
gloires de l'U.R.S.S. et de ces journées prodigieuses qui
continuent d'ébranler notre vieux monde—que d'avoir, dans
un ciel neuf, fait lever, avec des étoiles nouvelles, de
nouveaux problèmes, jusqu'à ce jour insoupçonnés.</p>

<p>
Maxime Gorki aura eu cette destinée singulière et glorieuse
de rattacher au passé ce nouveau monde et de le lier à
l'avenir. Il a connu l'oppression d'avant-hier, la lutte
tragique d'hier; il a puissamment aidé au triomphe calme et
rayonnant d'aujourd'hui. Il a prêté sa voix à ceux qui
n'avaient pas encore pu se faire entendre; à ceux qui, grâce
à lui, seront désormais écoutés. Désormais Maxime Gorki
appartient à l'histoire. Il prend sa place auprès des plus
grands.</p><empty-line /><p>
<strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
II

</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
<emphasis>DISCOURS</emphasis>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
AUX ÉTUDIANTS DE MOSCOU
</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
(<emphasis>27 juin 1936</emphasis>)
</strong></p><empty-line /><p>
Camarades, — représentants de la jeunesse soviétique je
voudrais que vous compreniez pourquoi mon émotion est si
vive de me trouver aujourd'hui parmi vous. Il est nécessaire
pour cela, que je vous parle un peu de moi. La sympathie que
vous me témoignez m'y engage. Cette sympathie, je crois que
je la mérite un peu; et je crois qu'il n'est pas trop
outrecuidant de le penser et de le dire. Mon mérite est
d'avoir su vous attendre. J'ai attendu longtemps, mais avec
confiance, avec cette certitude que vous viendriez un jour.
A présent vous êtes là et votre accueil compense amplement
le long silence, la solitude et l'incompréhension parmi
laquelle j'ai vécu d'abord. Oui, vraiment, je considère
votre sympathie comme la vraie récompense.</p>

<p>
Lorsque, à Paris, prit naissance la <emphasis>Revue Commune</emphasis> sous la
direction et grâce à l'initiative hardie du camarade Louis
Aragon, celui-ci eut l'idée d'ouvrir une enquête. Il
demandait à chaque écrivain de France: Pour qui
écrivez-vous? Je n'ai pas répondu à cette enquête et j'ai
expliqué à Aragon pourquoi je n'y répondais pas. C'est que
je ne pouvais, sans quelque apparence de prétention, dire,
ce qui pourtant était la vérité: j'ai toujours écrit pour
ceux qui viendront.</p>

<p>
Les applaudissements, je ne m'en souciais guère; ils
n'eussent pu me venir que de cette classe bourgeoise dont
j'étais sorti moi-même et dont, il est vrai, je faisais
encore partie, mais que je tenais en grand mépris,
précisément parce que je la connaissais bien, et contre
laquelle tout ce que je sentais en moi de meilleur se
soulevait. Comme j'étais de mauvaise santé et ne pouvais
espérer vivre longtemps, j'acceptais de quitter cette terre
sans avoir connu le succès. Je me considérais volontiers
comme un auteur posthume, un de ceux dont j'enviais la pure
gloire, qui sont morts à peu près ignorés, qui n'ont écrit
que pour l'avenir, comme avaient fait Stendhal, Baudelaire,
Keats, ou Rimbaud. J'allais me répétant: ceux à qui mes
livres s'adressent ne sont pas encore nés, et j'avais cette
impression douloureuse mais exaltante de parler dans le
désert. On parle fort bien dans le désert, alors qu'aucun
écho ne risque de déformer le son de la voix; alors qu'on
n'a pas à se préoccuper du retentissement de ses paroles et
que rien d'autre ne les incline qu'un souci de sincérité. Et
il est à remarquer que, lorsque le goût du public est
faussé, lorsque la convention a pris le pas sur la vérité,
cette sincérité même passe pour de l'affectation. Oui, je
passais pour un auteur affecté. On me le faisait sentir en
ne me lisant pas.</p>

<p>
L'exemple des grands écrivains que j'ai cités, que
j'admirais entre tous, me rassurait. J'acceptais de n'avoir
de mon vivant aucun succès, fermement convaincu que l'avenir
me réservait une revanche. J'ai conservé, comme d'autres
gardent un palmarès, la feuille de vente de mes <emphasis>Nourritures
Terrestres</emphasis>. En vingt ans, (1897-1917), il y avait eu
exactement cinq cents acheteurs. Le livre avait passé
inaperçu du public et de la critique. On n'avait écrit sur
lui aucun article; ou, plus exactement, il n'avait paru rien
que deux articles d'amis. Ce que j'en dis n'a du reste de
l'intérêt qu'en raison de l'extraordinaire succès que devait
connaître ce livre plus tard et de l'influence qu'il exerce
sur la jeune génération d'aujourd'hui.</p>

<p>
Et ce ne fut pas seulement là l'histoire de mes <emphasis>Nourritures
Terrestres</emphasis>. En général, l'insuccès premier de chacun de
mes livres fut en raison directe de sa valeur et de sa
nouveauté.</p>

<p>
Je ne veux point tirer de ceci cette conclusion qui serait
nettement paradoxale: que seuls des livres médiocres peuvent
espérer un triomphe immédiat. Non; là n'est certes pas ma
pensée. Je veux simplement dire que la valeur profonde d'un
livre, d'une oeuvre d'art, n'est pas toujours aussitôt
reconnue. Aussi bien, l'oeuvre d'art ne s'adresse-t-elle pas
seulement au présent. Les seules oeuvres vraiment
valeureuses sont des messages qui souvent ne sont bien
compris que plus tard, et l'oeuvre qui répond uniquement et
trop parfaitement à un besoin immédiat risque de paraître
bientôt totalement insignifiante.</p>

<p>
Jeunes gens de la Russie nouvelle, vous comprenez maintenant
pourquoi je vous adressais si joyeusement mes <emphasis>Nouvelles
Nourritures</emphasis>; c'est que vous portez en vous l'avenir.
L'avenir ne viendra pas du dehors; l'avenir est en vous. Et
non point seulement l'avenir de l'U.R.S.S., car de l'avenir
de l'U.R.S.S. dépendront les destins du reste du monde.
L'avenir, c'est vous qui le ferez.</p>

<p>
Prenez garde. Restez vigilants. Sur vous pèsent des
responsabilités redoutables. Ne vous reposez pas sur les
triomphes que vos camarades aînés ont généreusement payé de
leurs efforts et de leur sang. Le ciel a été débarrassé par
eux d'un amoncellement de nuées qui assombrissent encore
bien des pays de ce monde. Ne demeurez pas inactifs.
N'oubliez pas que nos regards, du fond de l'Occident,
restent fixés sur vous, pleins d'amour, d'attente et
d'immense espoir.</p><empty-line /><p>
<strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
III

</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
<emphasis>DISCOURS</emphasis>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
AUX GENS DE LETTRES DE LÉNINGRAD
</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
(<emphasis>2 juillet 1936</emphasis>)
</strong></p><empty-line /><p>

**
     **
     **
     **
     **</p><empty-line /><p>
Le charme, la beauté, l'éloquence historique de Léningrad
m'ont aussitôt séduit. Certes, Moscou présentait pour mon
coeur et pour mon esprit un intérêt extrême et l'avenir
(glorieux)

<sup>25</sup>

de l'U.R.S.S. s'y dessine avec puissance.
Mais tandis qu'à Moscou je ne voyais se lever d'autres
souvenirs historiques que de conquête napoléonnienne, vain
effort suivi tout aussitôt de désastre, à Léningrad maints
édifices me rappellent ce qu'ont pu avoir de plus cordial et
de plus fécondant les relations intellectuelles entre la
Russie et la France. Je me plais à voir, dans ces relations
du passé, dans cette émulation spirituelle de tout ce que la
culture présentait alors de plus généreux, de plus
universel, de plus neuf et de plus hardi, une sorte
d'annonce, de préparation et d'inconsciente promesse; oui,
promesse de ce que doit réaliser de nos jours
l'internationalisme révolutionnaire.</p>

<p>
Ce qu'il y a pourtant lieu de remarquer c'est que les
relations du passé restaient personnelles, de grand esprit à
(grand) monarque

<sup>26</sup>,

ou de grands esprits entre eux.
Aujourd'hui les relations qui s'établissent et auxquelles
nous travaillons sont bien autrement profondes; elles
entraînent l'assentiment des peuples mêmes et confondent
dans un même embrassement et indistinctement les
intellectuels et les ouvriers de tous genres, ce qui ne
s'était, jusqu'à présent, jamais vu. De sorte que ce n'est
pas en mon nom propre que je parle, mais qu'en vous redisant
ici mon amour pour l'U.R.S.S. j'exprime aussi le sentiment
d'une immense masse laborieuse française.</p>

<p>
Si ma présence parmi vous, et celle de mes compagnons, vient
apporter de nouvelles possibilités de commerce intellectuel,
je m'en réjouis de tout coeur. Je me suis toujours élévé
contre cette barrière de races que certains nationalistes
prétendent infranchissable et qui, à les en croire,
empêcherait à tout jamais les divers peuples de s'entendre,
qui tout à la fois rendrait incommunicable leur esprit,
impénétrable cet esprit à l'esprit d'autrui. J'ai plaisir à
vous dire ici que, depuis mon adolescence, je me suis senti
à l'égard de ce que l'on nous signalait alors comme les
mystères incompréhensibles de l'âme slave, dans des
dispositions particulièrement fraternelles, au point de me
sentir en communion étroite avec les grands auteurs de votre
littérature que j'ai appris à connaître et à aimer dès le
sortir des bancs du lycée. Gogol, Tourgueniev, Dostoïewski,
Pouchkine, Tolstoï, puis, plus tard Sologoub, Chtchédrine,
Tchékov, Gorki, pour ne nommer ici que des morts, avec
quelle passion je les ai lus et je puis dire: avec quelle
reconnaissance, car ils m'apportaient, avec un art des plus
particuliers, les plus surprenantes révélations sur l'homme
en général, et sur moi-même, prospectant des régions de
l'âme que les autres littératures avaient laissées
inexplorées, me semblait-il, et s'emparant tout d'un coup,
avec délicatesse, avec force et avec cette indiscrétion que
permet l'amour, du plus profond de l'être, dans ce qu'il a
de plus spécial et de plus authentiquement humain à la fois.
J'ai travaillé de mon mieux et constamment à faire connaître
en France et à faire aimer la littérature russe du passé et
celle de l'U.R.S.S. actuelle. Nous sommes souvent mal
renseignés et, d'un peuple à l'autre, nous pouvons commettre
de graves erreurs, des omissions très regrettables; mais
notre curiosité est ardente, celle des camarades qui sont
venus nous rejoindre Pierre Herbart et moi, celle de Jef
Last, celle de Schiffrin, de Dabit et de Guilloux, dont deux
sont membres du parti, et qui, tout autant que moi,
souhaitent que notre voyage en U.R.S.S. nous éclaire et nous
permette d'éclairer mieux à notre retour le public français,
extraordinairement avide et curieux aujourd'hui de tout ce
que l'U.R.S.S. doit apporter de neuf à notre vieux monde. La
sympathie que vous voulez bien nous témoigner ici m'y
encourage et j'ai plaisir à vous en exprimer, au nom de
beaucoup de ceux qui sont restés en France, notre cordiale
reconnaissance.</p><empty-line /><p>
<strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
IV

</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
<emphasis>LA LUTTE ANTI-RELIGIEUSE</emphasis>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p>
Je n'ai pas vu les musées anti-religieux de Moscou; mais
j'ai visité celui de Léningrad, dans la cathédrale de
Saint-Isaac, dont le dôme d'or reluit exquisement sur la
cité. L'aspect extérieur de la cathédrale, est très beau;
l'intérieur est affreux. Les grandes peintures pieuses qui y
ont été conservées peuvent servir de tremplin au blasphème:
elles sont hideuses vraiment. Le musée lui-même est beaucoup
moins impertinent que je n'aurais pu craindre. Il s'agissait
d'y opposer au mythe religieux, la science. Des cicerones se
chargent d'aider les esprits paresseux que les divers
instruments d'optique, les tableaux astronomiques, ou
d'histoire naturelle, ou anatomiques, ou de statistique, ne
suffiraient pas à convaincre. Cela reste décent et pas trop
attentatoire. C'est du Reclus et du Flammarion plutôt que du
Léo Taxil. Les popes par exemple en prennent un bon coup.
Mais il m'était arrivé, quelques jours auparavant, de
rencontrer, aux environs de Léningrad, sur la route qui mène
à Péterhof, un pope, un vrai. Sa vue seule était plus
éloquente que tous les musées anti-religieux de l'U.R.S.S..
Je ne me chargerai pas de le décrire. Monstrueux, abject et
ridicule, il semblait inventé par le bolchevisme comme un
épouvantail pour mettre en fuite à jamais les sentiments
pieux des villages.</p>

<p>
Par contre je ne puis oublier l'admirable figure du moine
gardien de la très belle église que nous visitâmes peu avant
d'arriver à X... Quelle dignité dans son allure! Quelle
noblesse dans les traits de son visage! Quelle fierté triste
et résignée! Pas une parole, pas un signe de lui à nous; pas
un échange de regards. Et je songeais, en le contemplant
sans qu'il s'en doutât, au «tradebat autem» de l'Evangile,
où Bossuet prenait élan pour un magnifique essor oratoire.</p>

<p>
Le musée archéologique de Chersonèse, aux environs de
Sébastopol est, lui aussi, installé dans une église

<sup>27</sup>.

Les
peintures murales y ont été respectées, sans doute en raison
de leur provocante laideur. Des pancartes explicatives y
sont jointes. Au-dessous d'une effigie du Christ, on peut
lire: «Personnage légendaire qui n'a jamais existé».</p><empty-line /><p>

*
     *
     *
     *
     *</p><empty-line /><p>
Je doute que l'U.R.S.S. ait été bien habile dans la conduite
de cette guerre d'anti-religion. Il était loisible aux
marxistes de ne s'attacher ici qu'à l'histoire, et, niant la
divinité du Christ et jusqu'à son existence si l'on veut,
rejetant les dogmes de l'Eglise, discréditant la Révélation,
de considérer tout humainement et critiquement un
enseignement qui, tout de même, apportait au monde une
espérance nouvelle et le plus extraordinaire ferment
révolutionnaire qui se pût alors. Il était loisible de dire
en quoi l'Eglise même l'avait trahi; en quoi cette doctrine
émancipatrice de l'Evangile pouvait, avec la connivence de
l'Eglise hélas! prêter aux pires abus du pouvoir. Tout
valait mieux que de passer sous silence, de nier. L'on ne
peut faire que ceci n'ait point été, et l'ignorance où l'on
maintient à ce sujet les peuples de l'U.R.S.S. les laisse
sans défense critique et non vaccinés contre une épidémie
mystique toujours à craindre.</p>

<p>
Il y a plus, et j'ai présenté d'abord ma critique par son
côté le plus étroit, le pratique. L'ignorance, le déni de
l'Evangile et de tout ce qui en a découlé, ne va point sans
appauvrir l'humanité, la culture, d'une très lamentable
façon. Je ne voudrais point que l'on me suspectât ici et
flairât quelque relent d'une éducation et d'une conviction
premières. Je parlerais de même à l'égard des mythes grecs
que je crois, eux aussi, d'un enseignement profond,
permanent. Il me paraît absurde de <emphasis>croire</emphasis> à eux; mais
également absurde de ne point reconnaître la part de vérité
qui s'y joue et de penser que l'on peut s'acquitter envers
eux avec un sourire et un haussement d'épaules. Quant à
l'arrêt que la religion peut apporter au développement de
l'esprit, quant au pli qu'y peut imprimer la croyance, je
les connais de reste et pense qu'il était bon de libérer de
tout cela l'homme nouveau. J'admets aussi que la
superstition, le pope aidant, entretint dans les campagnes
et partout (j'ai visité les appartements de la Tzarine), une
crasse morale effroyable, et comprends qu'on ait éprouvé le
besoin de vidanger une bonne fois tout cela; mais... Les
Allemands usent d'une image excellente et dont je cherche
vainement un équivalent en français pour exprimer ce que
j'ai quelque mal à dire: <emphasis>on a jeté l'enfant avec l'eau du
bain</emphasis>. Effet du non-discernement et aussi d'une hâte trop
grande. Et que l'eau du bain fût sale et puante, il se peut
et je n'ai aucun mal à m'en convaincre; tellement sale même
que l'on n'a plus tenu compte de l'enfant; l'on a tout jeté
d'un coup sans contrôle.</p>

<p>
Et si maintenant j'entends dire que, par esprit
d'accommodement, par tolérance, l'on refond des cloches,
j'ai grand peur que ceci ne soit un commencement, que la
baignoire ne s'emplisse à nouveau d'eau sale... l'enfant
absent.</p><empty-line /><p>
<strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
V

</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
<emphasis>OSTROVSKI</emphasis>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p>
Je ne puis parler d'Ostrovski qu'avec le plus profond
respect. Si nous n'étions en U.R.S.S. je dirais: c'est un
saint. La religion n'a pas formé de figures plus belles.
Qu'elle ne soit point seule à en façonner de pareilles,
voici la preuve. Une ardente conviction y suffit et sans
espoir de récompense future; sans autre récompense que cette
satisfaction d'un austère devoir accompli.</p>

<p>
A la suite d'un accident, Ostrovsky est resté aveugle et
complètement paralysé... Il semble que, privée de presque
tout contact avec le monde extérieur et ne pouvant trouver
base où s'étendre, l'âme d'Ostrovski se soit développée
toute en hauteur.</p>

<p>
Nous nous empressons près du lit qu'il n'a pas quitté depuis
longtemps. Je m'assieds à son chevet, lui tends une main,
qu'il saisit, je devrais dire: dont il s'empare comme d'un
rattachement à la vie; et, durant toute l'heure que durera
notre visite, ses maigres doigts ne cesseront point de
caresser les miens, de se nouer à eux, de me transmettre les
effluves d'une sympathie frémissante.</p>

<p>
Ostrovski n'y voit plus, mais il parle, il entend. Sa pensée
est d'autant plus active et tendue que rien ne vient jamais
la distraire, sinon peut-être la douleur physique. Mais il
ne se plaint pas, et son beau visage émacié trouve encore le
moyen de sourire, malgré cette lente agonie.</p>

<p>
La chambre où il repose est claire. Par les fenêtres
ouvertes entrent le chant des oiseaux, le parfum des fleurs
du jardin. Que tout est calme ici! Sa mère, sa soeur, ses
amis, des visiteurs, restent discrètement assis non loin du
lit; certains prennent note de nos paroles. Je dis à
Ostrovski l'extraordinaire réconfort que je puise dans le
spectacle de sa constance; mais la louange semble le gêner:
ce qu'il faut admirer, c'est l'U.R.S.S., c'est l'énorme
effort accompli; il ne s'intéresse qu'à cela, pas à
lui-même. Par trois fois je lui dis adieu, craignant de le
fatiguer, car je ne puis supposer qu'usante une si constante
ardeur; mais il me prie de rester encore; on sent qu'il a
besoin de parler. Il continuera de parler après que nous
serons partis; et parler, pour lui, c'est dicter. C'est
ainsi qu'il a pu écrire (faire écrire) ce livre où il a
raconté sa vie. Il en dicte un autre à présent, me dit-il.
Du matin au soir, et fort avant dans la nuit, il travaille.
Il dicte sans cesse.</p>

<p>
Je me lève enfin pour partir. Il me demande de l'embrasser.
En posant mes lèvres sur son front, j'ai peine à retenir mes
larmes; il me semble soudain que je le connais depuis
longtemps, que c'est un ami que je quitte; il me semble
aussi que c'est lui qui nous quitte et que je prends congé
d'un mourant... Mais il y a des mois et des mois, me dit-on,
qu'il semble ainsi près de mourir et que seule la ferveur
entretient dans ce corps débile cette flamme près de
s'éteindre.</p><empty-line /><p>
<strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
VI

</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
<emphasis>UN KOLKHOSE</emphasis>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p>
Donc 16 r. 50, taux de la journée. Ce qui ne serait pas
énorme. Mais le chef de brigade du kolkhose, avec qui je
m'entretiens longuement tandis que mes camarades ont été se
baigner (car ce kolkhose est au bord de la mer), m'explique
que ce que l'on appelle «journée de travail» est une mesure
conventionnelle et qu'un bon ouvrier peut obtenir double, ou
même parfois triple, «journée» en un jour

<sup>28</sup>.

Il me montre
les carnets individuels et les feuilles de règlement, qui
tous et toutes passent entre ses mains. On y tient compte
non seulement de la quantité, mais aussi de la qualité du
travail. Des chefs d'équipe le renseignent à ce sujet, et
c'est d'après ces renseignements qu'il établit les feuilles
de paie. Cela nécessite une comptabilité assez compliquée et
il ne cache pas qu'il est un peu surmené; mais très
satisfait néanmoins car il peut déjà compter à son actif
personnel (l'équivalent de) 300 journées de travail depuis
le début de l'année (nous sommes au 3 août). Ce chef de
brigade, lui, dirige 56 hommes; entre eux et lui, des chefs
d'équipe. Donc, une hiérarchie; mais le taux de base de la
«journée» reste le même pour tous. De plus, chacun bénéficie
personnellement des produits de son jardin, qu'il cultive
après s'être acquitté de son travail au kolkhose.</p>

<p>
Pour ce travail-ci, pas d'heures fixes et réglementaires:
chacun, lorsqu'il n'y a pas urgence, travaille quand il
veut.</p>

<p>
Ce qui m'amène à demander s'il n'en est pas qui fournissent
moins que la «journée» étalon. Mais non, cela n'arrive pas,
m'est-il répondu. Sans doute cette «journée» n'est-elle pas
une moyenne, mais un minimum assez facilement obtenu. Au
surplus, les paresseux fieffés seraient vite éliminés du
kolkhose, dont les avantages sont si grands qu'on cherche au
contraire à y entrer, à en faire partie. Mais en vain: le
nombre des kolkhosiens est limité.</p>

<p>
Ces kolkhosiens privilégiés se feraient donc des mois
d'environ 600 roubles. Les ouvriers «qualifiés», reçoivent
parfois bien davantage. Pour les non qualifiés, qui sont
l'immense majorité, le salaire journalier est de 5 à 6
roubles

<sup>29</sup>.

Le simple manoeuvre gagne encore moins.</p>

<p>
L'état pourrait, il semble, les rétribuer davantage. Mais,
tant qu'il n'y aura pas plus de denrées livrées à la
consommation, une hausse des salaires n'amènerait qu'une
hausse des prix. C'est du moins ce que l'on objecte.</p>

<p>
En attendant, les différences de salaires invitent à la
qualification. Les manoeuvres surabondent; ce qui manque, ce
sont les spécialistes, les cadres. On fait tout pour les
obtenir; et je n'admire peut-être rien tant, en U.R.S.S. que
les moyens d'instruction mis, presque partout déjà, à portée
des plus humbles travailleurs pour leur permettre (il ne
tient qu'à eux), de s'élever au-dessus de leur état
précaire.</p><empty-line /><p>
<strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
VII

</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
<emphasis>BOLCHEVO</emphasis>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p>
J'ai visité Bolchevo. Ce n'était qu'un village d'abord,
brusquement né du sol sur commande, il y a quelque six ans
je crois, sur l'initiative de Gorki. Aujourd'hui, c'est une
ville assez importante.</p>

<p>
Elle a ceci de très particulier: tous ses habitants sont
d'anciens criminels: voleurs, assassins même... Cette idée
présida à la formation et à la constitution de la cité: que
les criminels sont des victimes, des dévoyés, et qu'une
rééducation rationnelle peut faire d'eux d'excellents sujets
soviétiques. Ce que Bolchevo prouve. La ville prospère. Des
usines y furent créées qui devinrent vite des usines
modèles.</p>

<p>
Tous les habitants de Bolchevo, amendés, sans aucune autre
direction que la leur propre, sont désormais des
travailleurs zélés, ordonnés, tranquilles, particulièrement
soucieux des bonnes moeurs et désireux de s'instruire; ce
pourquoi tous les moyens sont mis à leur disposition. Et ce
n'est pas seulement leurs usines qu'ils m'invitent à
admirer, mais leurs lieux de réunions, leur club, leur
bibliothèque, toutes leurs installations qui, en effet, ne
laissent rien à souhaiter. L'on chercherait en vain sur le
visage de ces ex-criminels, dans leur aspect, dans leur
langage, quelque trace de leur vie passée. Rien de plus
édifiant, de plus rassurant et encourageant que cette
visite. Elle laisserait penser que tous les crimes sont
imputables, non à l'homme même qui les commet, mais à la
société que le poussait à les commettre. On invita l'un
d'eux, puis un autre, à parler, à confesser ses crimes
d'antan, à raconter comment il s'est converti, comment il en
est venu à reconnaître l'excellence du nouveau régime et la
satisfaction personnelle qu'il éprouve à s'y être
subordonné. Et cela me rappelle étrangement ces suites de
confessions édifiantes que j'entendis à Thoun, il y a deux
ans, lors d'une grande réunion des adeptes du mouvement
d'Oxford. «J'étais pêcheur et malheureux; je faisais le mal;
mais maintenant, j'ai compris; je suis sauvé; je suis
heureux.» Tout cela un peu gros, un peu simpliste, et
laissant le psychologue sur sa soif. N'empêche que la cité
de Bolchevo reste une des plus extraordinaires réussites
dont puisse se targuer le nouvel Etat soviétique. Je ne sais
si dans d'autres pays, l'homme serait aussi malléable.</p><empty-line /><p>
<strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
VIII

</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
<emphasis>LES BESPRIZORNIS</emphasis>
</strong></p><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p>
J'espérais bien ne plus voir de <emphasis>besprizornis</emphasis>

<sup>30</sup>.

A
Sébastopol, ils abondent. Et l'on en voit encore plus à
Odessa, me dit-on. Ce ne sont plus tout à fait les mêmes que
dans les premiers temps. Ceux d'aujourd'hui, leurs parents
vivent encore, peut-être; ces enfants ont fui leur village
natal, parfois par désir d'aventure; plus souvent parce
qu'ils n'imaginaient pas qu'on pût être, nulle part
ailleurs, aussi misérable et affamé que chez eux. Certains
ont moins de dix ans. On les distingue à ceci qu'ils sont
beaucoup plus vêtus (je n'ai pas dit mieux) que les autres
enfants. Ceci s'explique: ils portent sur eux tout leur
avoir. Les autres enfants, très souvent, ne portent qu'un
simple caleçon de bain. (Nous sommes en été, la chaleur est
torride.) Ils circulent dans les rues, le torse nu, pieds
nus. Et il ne faut pas voir là toujours un signe de
pauvreté. Ils sortent du bain, y retournent. Ils ont un chez
soi où pouvoir laisser d'autres vêtements, pour les jours de
pluie, pour l'hiver. Quant au besprizorni, il est sans
domicile. En plus du caleçon de bain, il porte d'ordinaire
un chandail en loques.</p>

<p>
De quoi vivent les besprizornis: Je ne sais. Mais ce que je
sais, c'est que, s'ils ont de quoi s'acheter un morceau de
pain, ils le dévorent. La plupart sont joyeux malgré tout;
mais certains semblent près de défaillir. Nous causons avec
plusieurs d'entre eux; nous gagnons leur confiance. Ils
finissent par nous montrer l'endroit où souvent ils dorment
quand le temps n'est pas assez beau pour coucher dehors:
c'est près de la place où se dresse une statue de Lénine,
sous le beau portique qui domine le quai d'embarquement. A
gauche, lorsque l'on descend vers la mer, dans une sorte de
renfoncement du portique, une petite porte de bois, que l'on
ne pousse pas, mais que l'on tire à soi—comme je fais
certain matin, alors qu'il ne passe pas trop de monde, car
je crains de révéler leur cachette et de les en faire
déloger—et je suis devant un réduit, grand comme une
alcôve, sans autre ouverture, où, pelotonné comme un chat,
sur un sac, je vois un petit être famélique dormir. Je
referme la porte sur son sommeil.</p>

<p>
Un matin, les besprizornis que nous connaissons sont
invisibles (d'ordinaire ils rôdent à l'entour du grand
jardin public). Puis l'un d'eux, que nous retrouvons
pourtant, m'apprend que la police a fait une rafle et que
tous les autres sont coffrés. Deux de mes compagnons ont du
reste assisté à la rafle. Le milicien qu'ils interrogent
leur dit qu'on va les confier à une institution d'Etat. Le
lendemain, tous sont de nouveau là. Que s'est-il passé? «On
n'a pas voulu de nous», disent les gosses. Ne serait-ce pas
plutôt eux qui ne veulent pas se soumettre au peu de
discipline imposée? Se sont-ils enfuis de nouveau? Il serait
facile à la police de les reprendre. Il semble qu'ils
devraient être heureux de se voir tirés de misère.
Préfèrent-ils à ce qu'on leur offre, la misère avec la
liberté?</p>

<p>
J'en vis un tout petit, de 8 ans à peine, qu'emmenaient deux
agents en civil. Ils s'étaient mis à deux, car le petit se
débattait comme un gibier; il sanglotait, hurlait,
trépignait, cherchait à mordre... Près d'une heure après,
repassant presque au même endroit, j'ai revu le même enfant,
calmé. Il était assis sur le trottoir. Un seul des deux
agents restait debout près de lui et lui parlait. Le petit
ne cherchait plus à fuir. II souriait à l'agent. Un grand
camion vint, s'arrêta; l'agent aida l'enfant à y monter,
pour l'emmener où? Je ne sais. Et si je raconte ce menu
fait, c'est que peu de choses en U.R.S.S. m'ont ému comme le
comportement de cet homme envers cet enfant: la douceur
persuasive de sa voix (ah! que j'aurais voulu comprendre ce
qu'il lui disait) tout ce qu'il savait mettre d'affection
dans son sourire, la caressante tendresse de son étreinte
lorsqu'il le souleva dans ses bras... Je songeais au <emphasis>Moujik
Mareï</emphasis>

<sup>31</sup>

de Dostoïewsky—et qu'il valait la peine de
venir en U.R.S.S. pour voir cela.</p><empty-line /><p>
Imp. CHANTENAY, 15, rue de l'Abbé-Grégoire, Paris-VI<sup>e</sup> —
11-36</p><empty-line /><p>
<strong>[Note 1]</strong>
Tocqueville, <emphasis>De la Démocratie en Amérique</emphasis>.
(Introduction.)</p>

<p>
<strong>[Note 2]</strong>
«Et vous trouvez que c'est un bien?» s'écrie mon
ami X.., à qui je disais cela. «Moquerie, ironie, critique,
tout se tient. L'enfant incapable de moquerie fera
l'adolescent crédule et soumis, dont plus tard vous,
moqueur, critiquerez le «conformisme». J'en tiens pour la
gouaille française, dût-elle s'exercer à mes dépens.</p>

<p>
<strong>[Note 3]</strong>
Jeunesse communiste.</p>

<p>
<strong>[Note 4]</strong>
Ce qui me plaît aussi en U.R.S.S., c'est
l'extraordinaire prolongement de la jeunesse; ce à quoi,
particulièrement en France (mais je crois bien: dans tous
nos pays latins), nous sommes si peu habitués. La jeunesse
est riche de promesses; un adolescent de chez nous cesse
vite de promettre pour tenir. Dès quatorze ans déjà tout se
fige. L'étonnement devant la vie ne se lit plus sur le
visage, ni plus la moindre naïveté. L'enfant devient presque
aussitôt Jeune Homme. Les jeux sont faits.</p>

<p>
<strong>[Note 5]</strong>
Coupoles de cuivre et flèches d'or.</p>

<p>
<strong>[Note 6]</strong>
C'est du moins ce qui m'a été plusieurs fois
affirmé. Mais je tiens tous les «renseignements», tant que
non contrôlés, pour suspects, comme ceux qu'on obtient dans
les colonies. J'ai peine à croire que ce kolkhose soit
privilégié au point d'échapper à la redevance de 7% sur la
production brute qui pèse sur les autres kolkhoses; sans
compter de 35 à 39 roubles de capitation.</p>

<p>
<strong>[Note 7]</strong>
Je relègue en appendice quelques renseignements
plus précis. J'en avais pris bien d'autres. Mais les
chiffres ne sont point ma partie, et les questions
proprement économiques échappent à ma compétence. De plus,
si ces renseignements sont très précisément ceux que l'on
m'a donnés, je ne puis pourtant pas en garantir
l'exactitude. L'habitude des colonies m'a appris à me méfier
des «renseignements». Enfin, et surtout, ces questions ont
été déjà suffisamment traitées par des spécialistes; je n'ai
pas à y revenir.</p>

<p>
<strong>[Note 8]</strong>
Dans nombre d'autres, il n'est point question de
demeures particulières; les gens couchent dans des dortoirs,
des «chambrées».</p>

<p>
<strong>[Note 9]</strong>
Cette impersonnalité de chacun me permet de
supposer aussi que ceux qui couchent dans des dortoirs
souffrent de la promiscuité et de l'absence de recueillement
possible beaucoup moins que s'ils étaient capables
d'individualisation. Mais cette dépersonnalisation, à quoi
tout, en U.R.S.S., semble tendre, peut-elle être considérée
comme un progrès? Pour ma part, je ne puis le croire.</p>

<p>
<strong>[Note 10]</strong>
Ou du moins n'en connaît que ce qui l'encouragera
dans son sens.</p>

<p>
<strong>[Note 11]</strong>
Devant notre stupeur non dissimulée, l'étudiant
ajoutait il est vrai: «Je comprends et nous comprenons
aujourd'hui que c'est un raisonnement absurde. La langue
étrangère, quand elle ne sert plus à instruire, peut bien
servir encore à enseigner.»</p>

<p>
<strong>[Note 12]</strong>
J'entendis, peu après ce petit prodige exécuter
sur son Stradivarius du Paganini, puis un <emphasis>pot-pourri</emphasis> de
Gounod—et dois reconnaître qu'il est stupéfiant.</p>

<p>
<strong>[Note 13]</strong>
Eugène Dabit avec qui je parlais de ce complexe de
supériorité, auquel son extrême modestie le rendait
particulièrement sensible, me tendit le second volume des
<emphasis>Ames Mortes</emphasis> (édition N. R. F.) qu'il était en train de
relire. Au début figure une lettre de Gogol où Dabit me
signale ce passage : «Beaucoup d'entre nous, surtout parmi
les jeunes gens, exaltent outre mesure les vertus russes; au
lieu de développer en eux ces vertus, ils ne songent qu'à
les étaler et à crier à l'Europe: «Regardez, étrangers, nous
sommes meilleurs que vous!»—Cette jactance est affreusement
pernicieuse. Tout en irritant les autres, elle nuit à qui en
fait preuve. La vantardise avilit la plus belle action du
monde... Pour moi, je préfère à la suffisance un
découragement passager.»—Cette «jactance» russe que Gogol
déplore, l'éducation d'aujourd'hui la développe et
l'enhardit.</p>

<p>
<strong>[Note 14]</strong>
La loi récente contre l'avortement a consterné
tous ceux que des salaires insuffisants rendaient incapables
de fonder un foyer, d'élever une famille. Elle a consterné
également d'autres personnes, et pour de tout autres
raisons: N'avait-on pas promis, au sujet de cette loi, une
sorte de plébiscite, de consultation populaire qui devait
décider de son acceptation et de se mise en vigueur? Une
immense majorité s'est déclarée (plus ou moins ouvertement,
il est vrai) contre cette loi. Il n'a pas été tenu compte de
l'opinion et la loi a passé tout de même, à la stupeur
quasi-générale. Les journaux, il va sans dire, n'ont guère
publié que des approbations. Dans les conversations
particulières que j'ai pu avoir avec maints ouvriers, à ce
sujet, je n'ai entendu que des récriminations timorées, une
résignation plaintive.</p>

<p>
Encore cette loi, dans un certain sens, se justifie-t-elle?
Elle répond à de très déplorables abus. Mais que penser, au
point de vue marxiste, de celle, plus ancienne, contre les
homosexuels? qui, les assimilant à des
contre-révolutionnaires (car le <emphasis>non-conformisme</emphasis> est
poursuivi jusque dans les questions sexuelles), les condamne
à la déportation pour cinq ans avec renouvellement de peine
s'ils ne se trouvent pas amendés par l'exil.</p>

<p>
<strong>[Note 15]</strong>
Et, comme en reflet de ceci, quelle servilité,
quelle obséquiosité, chez les domestiques; non point ceux
des hôtels, qui sont le plus souvent d'une dignité
parfaite—très cordiaux néanmoins; mais bien chez ceux qui
ont affaire aux dirigeants, aux «responsibles».</p>

<p>
<strong>[Note 16]</strong>
Je me hâte pourtant d'ajouter ceci: dans le jardin
public de Sébastopol, un enfant estropié, qui ne peut se
mouvoir qu'avec des béquilles, passe devant les bancs où des
promeneurs sont assis. Je l'observe, longuement, qui fait la
quête. Sur vingt personnes à qui il s'adresse, dix-huit ont
donné; mais qui sans doute ne se sont laissés émouvoir qu'en
raison de son infirmité.</p>

<p>
<strong>[Note 17]</strong>
J'ai l'air d'inventer, n'est-ce pas? Non, hélas!
Et que l'on ne vienne pas trop me dire que nous avions
affaire en l'occurrence à quelque subalterne stupide et zélé
maladroitement. Non, nous avions avec nous, prenant part à
la discussion, plusieurs personnages suffisamment haut
placés et, en tout cas, parfaitement au courant des
«usages».</p>

<p>
<strong>[Note 18]</strong>
1. X... m'explique qu'il est de bon usage de faire
suivre d'une épithète le mot «destin» dont je me servais,
lorsqu'il s'agit du destin de l'U.R.S.S.. Je finis par
proposer «glorieux» que X... me dit propre à rallier tous
les suffrages. Par contre, il me demande de bien vouloir
supprimer le mot «grand» que j'avais mis devant «monarque».
Un monarque ne peut être grand. (V. Appendice. III.)</p>

<p>
<strong>[Note 19]</strong>
Ne m'a-t-on pas fait déclarer que je n'étais ni
compris, ni aimé par la jeunesse française; que je prenais
l'engagement de ne plus rien écrire désormais que pour le
peuple! etc...</p>

<p>
<strong>[Note 20]</strong>
<emphasis>Nouveaux prétextes</emphasis>, p. 189.</p>

<p>
<strong>[Note 21]</strong>
«Ce qui fit que l'art dramatique de cette époque
s'éleva si haut... c'est que les auteurs vivaient alors et
écrivaient en complète sympathie avec tout le peuple.»
(<emphasis>General introduction to the Mermaid Series.</emphasis>)</p>

<p>
<strong>[Note 22]</strong>
Moi aussi, il y a plusieurs années, j'ai donné un
concert à Berlin. Je m'y suis livré tout entier, et je
pensais être arrivé vraiment à quelque chose ; j'escomptais
donc un réel succès. Mais voyez: lorsque j'avais réalisé le
meilleur de mon inspiration—pas le plus léger signe
d'approbation. (<emphasis>Goethes Briefe mit lebensgeschichtlichen
Verbindungen</emphasis>, t. II, p. 287.)</p>

<p>
<strong>Note 23]</strong>
Mais, diront-ils, qu'avons-nous affaire
aujourd'hui des Keats, des Baudelaire, des Rimbaud, et même
des Stendhal? Ceux-ci ne gardent de valeur, à nos yeux, que
dans la mesure où ils reflètent la société moribonde et
corrompue dont ils sont les tristes produits. S'ils ne
peuvent se produire dans la nouvelle société d'aujourd'hui,
tant pis pour eux, tant mieux pour nous qui n'avons plus
rien à apprendre d'eux, ni de leurs pareils. L'écrivain qui
peut nous instruire aujourd'hui c'est celui qui, dans cette
nouvelle forme de la société, se trouve parfaitement à
l'aise et que ce qui gênerait les premiers saura tout au
contraire exalter. Autrement dit celui qui approuve, se
félicite et applaudit.</p>

<p>
—Eh bien, précisément, je crois que les écrits de ces
applaudisseurs sont de très faible valeur instructive et que
pour développer sa culture le peuple n'a que faire de les
écouter. Rien ne vaut, pour se cultiver, que ce qui force à
réfléchir.</p>

<p>
Quant à ce que l'on pourrait appeler la littérature-miroir,
c'est-à-dire celle qui se restreint à ne plus être qu'un
reflet (d'une société, d'un événement, d'un époque), j'ai
dit déjà ce que j'en pense.</p>

<p>
Se contempler (et s'admirer) peut bien être le premier souci
d'une société encore très jeune; mais il serait fort
regrettable que ce premier souci fût aussi bien le seul, le
dernier.</p>

<p>
<strong>[Note 24]</strong>
C'est ici que je me blousais; je dus bientôt,
hélas! le reconnaitre.</p>

<p>
<strong>[Note 25]</strong>
On m'a fait comprendre qu'il convenait d'ajouter
ici «glorieux».</p>

<p>
<strong>[Note 26]</strong>
On m'a demandé de supprimer «grand», comme ne
convenant point à «monarque».</p>

<p>
<strong>[Note 27]</strong>
Dans telle autre, aux environs de Sotchi, nous
assistons à un cours de danse. A la place du maître autel,
des couples tournent aux sons d'un fox-trott ou d'un tango.</p>

<p>
<strong>[Note 28]</strong>
Les calculs comportent un fractionnement des
«journées» en divisions décimales.</p>

<p>
<strong>[Note 29]</strong>
Dois-je rappeler que, théoriquement, le rouble
vaut 3 francs français, c'est-à-dire que l'étranger,
arrivant en U.R.S.S. achète 3 francs chaque billet d'un
rouble. Mais la puissance d'achat du rouble n'excède guère
celle du franc; de plus, maintes denrées, et des plus
nécessaires, sont encore d'un prix fort élevé (oeufs, lait,
viande, beurre surtout; etc...). Quant aux vêtements...!</p>

<p>
<strong>[Note 30]</strong>
Enfants abandonnés.</p>

<p>
<strong>[Note 31]</strong>
<emphasis>Journal d'un Ecrivain</emphasis>.</p><empty-line /><p><strong>Note du transcripteur:</strong></p><empty-line /><p>
L'édition utilisée comme modèle contenait
quelques erreurs, que nous avons corrigées.</p>

<p>
Page 55: dit cela, se sont leurs maîtres</p><empty-line /><p>=&gt; dit cela, ce sont leurs maîtres</p>

<p>
Page 65: ne se sont laissé émouvoir</p><empty-line /><p>=&gt; ne se sont laissés émouvoir</p>

<p>
Page 73: je declairai aussitôt que je ne reconnaîtrais</p><empty-line /><p>=&gt; je déclarai aussitôt que je ne reconnaîtrais</p>

<p>
Page 75: accomodation à d'imprévues difficultés</p><empty-line /><p>=&gt;accommodation à d'imprévues difficultés</p>

<p>
Page 80: Vous comprenez, m'expliqua X.</p><empty-line /><p>=&gt; Vous comprenez, m'expliqua X...,</p>

<p>
Page 90: nouvelle société d'ajourd'hui</p><empty-line /><p>=&gt; nouvelle société d'aujourd'hui</p>

<p>
Page 90: regrettable que ce premier souci fut</p><empty-line /><p>=&gt; regrettable que ce premier souci fût</p>

<p>
Page 101: prit naissance la Revue <emphasis>Commune</emphasis></p><empty-line /><p>=&gt; prit naissance la <emphasis>Revue Commune</emphasis></p>

<p>
Page 122:
la satisfaction personnelle qu'il éprouve à s'y être surbordonné.</p><empty-line /><p>=&gt; la satisfaction personnelle qu'il éprouve à s'y être subordonné.</p><empty-line /><p>
[Fin de <emphasis>Retour de l'U.R.S.S.</emphasis> par André Gide]</p>
</section>

</body><binary id="_0.jpg" content-type="image/jpeg">/9j/4AAQSkZJRgABAQEAeAB4AAD/2wBDAAYEBQYFBAYGBQYHBwYIChAKCgkJChQODwwQFxQ
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