<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<FictionBook xmlns="http://www.gribuser.ru/xml/fictionbook/2.0" xmlns:l="http://www.w3.org/1999/xlink">
  <description>
    <title-info>
      <genre>det_crime</genre>
      <genre>det_hard</genre>
      <author>
        <first-name>Auguste</first-name>
        <last-name>Le Breton</last-name>
      </author>
      <book-title>Du rififi à New York</book-title>
      <annotation>
        <p>New-York, 1962. Tandis que Mike Coppolano mène un combat acharné contre le crime qui gangrène la grosse pomme, son propre père, Louis Coppolano, s'implique malgré lui dans ce qui restera comme le casse le plus audacieux de l'après-guerre. Qui du père ou du fils remportera la mise ?</p>
      </annotation>
      <date>1962</date>
      <coverpage>
        <image l:href="#cover.jpg"/>
      </coverpage>
      <lang>fr</lang>
      <src-lang>fr</src-lang>
      <sequence name="Rififi" number="02"/>
    </title-info>
    <document-info>
      <author>
        <nickname>papamuller</nickname>
      </author>
      <program-used>calibre 2.69.0, FictionBook Editor Release 2.6.6</program-used>
      <date value="2018-03-12">1.3.2018</date>
      <src-url>lib.rus.ec</src-url>
      <src-ocr>Scan &amp; OCR: Аноним</src-ocr>
      <id>4406d7f6-7b64-4a6c-90fc-9075361a6d0f</id>
      <version>1.0</version>
      <history>
        <p>1.0 — Создание fb2. Структура книги, форматирование текста, сноски, беглая вычитка. Обработка скриптами. Обложка, дескриптор. (papamuller, 4PDA; март 2018 г.)</p>
        <p>
          <strong>Не запускайте скрипт «Генеральная уборка». Это убьет форматирование текста по правилам французской пунктуации и синтаксиса.</strong>
        </p>
      </history>
    </document-info>
    <publish-info>
      <book-name>Du rififi à New York</book-name>
      <publisher>Éditions du Rocher</publisher>
      <city>Paris</city>
      <year>2001</year>
      <isbn>978-2268042800</isbn>
      <sequence name="Grands Romans"/>
    </publish-info>
  </description>
  <body>
    <title>
      <p>AUGUSTE LE BRETON</p>
      <p>Du rififi à New York</p>
    </title>
    <section>
      <image l:href="#i_001.jpg"/>
      <empty-line/>
    </section>
    <section>
      <title>
        <empty-line/>
      </title>
      <p>
        <emphasis>Aux Américains et aux Français de New York je dédie ce livre ; sans leur aide je n’aurais pu l’écrire.</emphasis>
      </p>
      <p>
        <emphasis>Mes remerciements vont en particulier à M. le Directeur des Douanes de l’État de New York, et à ses fameuses équipes d’agents du trésor, surtout à Jacques-L. Ch… d’origine française qui, de jour ou de nuit, m’a piloté, non sans risque, dans les bas-fonds et les endroits saugrenus que je désirais voir pour ma documentation.</emphasis>
      </p>
      <p>
        <emphasis>Je remercie également les services municipaux de New York, les polices-stations qui m’ont reçu, le Directeur de la Prison des Tombes et ses hommes, le grand champion Sugar Ray Robinson et Nypry Russel du Baby Grant dont les noms sont une sauvegarde dans Harlem, le consulat général de France à New York, et mes amis :</emphasis>
      </p>
      <p>
        <emphasis>Marcel Barockel, Jack Malinov, Maurice Konig, la comtesse Maya, Guy Quintana, et enfin mon éditeur Sven Nielsen qui ne m’a pas ménagé son appui.</emphasis>
      </p>
      <p>
        <emphasis>À tous merci.</emphasis>
      </p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>I</p>
      </title>
      <p>Une grande animation régnait au 201 Varick Street, dans ce vaste immeuble où se tiennent les services douaniers de l’État de New York.</p>
      <p>C’était une allée et venue d’inspecteurs, d’agents du trésor, de secrétaires, et de dactylos qui venaient d’attaquer leur journée.</p>
      <p>Les ascenseurs ne cessaient de grimper ou de descendre. Au 4<sup>e</sup> étage, le directeur des douanes sortit de l’un d’eux. Il prit à gauche là où sont les bureaux des spécialistes du trafic de l’or, des diams, des perles, des devises, des stups, etc. En un mot, de tout ce qui se fraude dans le monde. Et Dieu sait si honnêtes gens et malfrats sont friands à doubler la douane !</p>
      <p>Dans le long couloir un homme accoté au mur gris lisait le journal. Il était petit, ses yeux restaient planqués derrière des verres fumés et un chapeau sombre le coiffait. Un chapeau à bords ridiculement étroits, comme c’était la mode en ce moment à New York. Le directeur lui décocha un bref coup d’œil avant d’allonger le bras vers la porte 420. Il allait entrer quand il s’immobilisa. Émergeant des lavabos, Mike Coppolano s’avançait en baillant. Pas besoin d’être futé pour voir où qu’il avait passé la nuit. Sa cravate, dénouée, pendait de chaque côté de sa chemise froissée, au col déboutonné et sa barbe blonde, pas très fournie, faisait crasseux dans sa face bronzée au menton dur. Quant à son pli de pantalon et au brillant de ses chaussures… Il avait dû se fourrer le crâne sous un robinet car des gouttes d’eau scintillaient sur ses cheveux d’un blond foncé, coupés court.</p>
      <p>Son patron lui serra la main.</p>
      <p>— Alors Mike ?</p>
      <p>Le grand gars poussa un soupir de regret.</p>
      <p>— Rien à faire. Elle s’entête à nier.</p>
      <p>Il se frotta le visage d’un geste viril, précisa sans pouvoir cacher une sorte d’admiration :</p>
      <p>— … Quatorze heures que ça dure. Jamais vu tant de résistance chez une fille. Elle est du genre coriace…</p>
      <p>— Elle n’a pas varié au sujet de ce Muller ?</p>
      <p>Le jeune agent du trésor haussa les épaules.</p>
      <p>— Hélas, non. Elle prétend qu’elle le connaît que sous ce nom, qu’elle ignore son adresse, et qu’il lui a remis les paquets sans l’avertir que c’était de la dop<a l:href="#n_1" type="note">[1]</a>.</p>
      <p>— Incroyable, murmura le directeur. Une femme se fait prendre avec deux kilos d’héroïne sur elle et maintient qu’elle croyait que c’était de l’essence de parfum ! Incroyable !</p>
      <p>Il piocha deux Camel dans sa poche de veston, en tendit une à son subordonné, ajouta :</p>
      <p>— J’ai rendez-vous avec le consul de France tout à l’heure. Comme j’aimerais qu’il réussisse à la convaincre de parler ! Car sinon comment renouer la chaîne avec ceux qui attendaient la drogue ici ?</p>
      <p>Mike lui offrit une allumette enflammée.</p>
      <p>— Ça m’étonnerait qu’il y parvienne. Mais après tout on sait jamais… Peut-être qu’un type de son pays aura plus de chance que nous.</p>
      <p>Il poussa la porte 420, s’effaça devant son chef, lança vers l’homme au journal qui hochait la tête en sa direction :</p>
      <p>— Encore une minute, Fred, et je suis à toi.</p>
      <p>Rassuré, l’homme se replongea dans sa lecture.</p>
      <p>Mike entra et referma, pendant que le directeur toussotait, pris à la gorge par la fumée accumulée durant la nuit.</p>
      <p>— Bon Dieu, les gars, vous pourriez aérer ! reprocha le grand patron en observant la femme assise sur une chaise placée devant le bureau de Mike.</p>
      <p>Il ne l’apercevait que de trois quarts car le bureau de Mike tournait le dos à la fenêtre.</p>
      <p>Elle avait passé la trentaine. Ses joues étaient creusées par la fatigue, son teint plombé, mais elle se tenait droite, presque digne, dans son élégant tailleur d’hôtesse de l’air.</p>
      <p>Tom O’Bannion, l’équipier de Mike, se laissa glisser du bureau voisin qu’il écrasait d’une fesse, et alla ouvrir la fenêtre. Aussitôt l’air frais s’engouffra, faisant frémir les paperasses et frissonner la jeune femme. Se plantant dos à la porte, le directeur lâcha un jet de fumée :</p>
      <p>— Ainsi on ne veut pas parler ? Nous dire qui est ce Muller ?</p>
      <p>Elle se retourna et le fixa, soulagée d’échapper un instant à l’aveuglante lumière braquée sur elle.</p>
      <p>— Que pourrais-je vous dire ? Je ne sais rien.</p>
      <p>Les trois hommes échangèrent un regard. Puis Mike regagna son bureau en secouant une tête chagrine. Au passage, il éteignit la lampe. Tom reprit place sur le sien, un pied sur son fauteuil. Lui non plus n’avait pas dormi. Il était aussi salingue que Mike et baillait encore plus.</p>
      <p>On heurta à la porte. Mike aboya :</p>
      <p>— Entrez !</p>
      <p>Une secrétaire apparut. Elle portait des gobelets de carton qu’elle déposa devant Tom. Sur un signe de celui-ci elle ressortit non sans jeter sur la femme assise un coup d’œil apitoyé.</p>
      <p>Tom ôta un couvercle, tendit un gobelet de café chaud et sucré à la jeune femme.</p>
      <p>— Non ! le stoppa Mike se dressant vivement. Qu’elle parle d’abord !</p>
      <p>Une lueur farouche venait de jaillir de ses yeux d’un bleu acier. Ses lèvres étaient bloquées et ses mâchoires saillaient.</p>
      <p>— Mais enfin, Mike… s’étonna Tom.</p>
      <p>— Qu’est-ce qui vous prend, Mike ? s’inquiéta à son tour le directeur. Après tout, c’est une femme…</p>
      <p>Son doigt désignait l’hôtesse d’Air France qui demeurait bras en suspens, main allongée vers le gobelet. Le regard de Mike chercha celui de son chef, ses poings lentement se crispèrent.</p>
      <p>— Pour moi il n’y a ni homme ni femme, patron. Mais seulement un trafiquant de dop. De cette saloperie de came qui pourrit notre jeunesse et démolit des milliers de gens de chez nous. De cette saloperie de saloperie de came qui s’infiltre même dans nos écoles et arrive à rendre cinglés des gosses de douze, quatorze ans. Il hurla presque : « De douze, quatorze ans ! Vous comprenez patron ? De douze et quatorze ans. »</p>
      <p>La dernière phrase il l’avait martelée. Puis il se tut subitement, comme honteux. Son chef alla lui tapoter l’épaule. Sa voix se fit apaisante, paternelle.</p>
      <p>— Allons, allons, Mike… Je sais ce que vous ressentez. Mais à quoi bon se montrer plus durs que nécessaire. Un peu de café ne changera rien à l’affaire, vous savez.</p>
      <p>— O. K., patron, fit Mike en se rasseyant, c’est vous qui décidez.</p>
      <p>Et vers son copain, dans un claquement de doigts :</p>
      <p>— File-lui du jus, Tom.</p>
      <p>Tom s’exécuta. Tous regardèrent la femme boire avec avidité, à croire qu’elle espérait trouver dans le café de la force pour se bagarrer et nier encore.</p>
      <p>Mike se renversa en arrière, allongea ses jambes qui n’en finissaient pas, cala ses talons sur le tiroir du bas toujours ouvert pour cet usage. Puis, son œil bleu et dur de chasseur d’hommes, abandonnant sa proie, vint caresser le cadre qui ornait son bureau. Une sorte de tendresse adoucit ses traits rudes et légèrement cabossés de jeune athlète. Dans le cadre, Connie et Louise riaient aux éclats. La mère et la fille étaient en maillot de bain, et un beau soleil semblait être complice de leur gaieté. Pour être franc, seule Connie exhibait un maillot décent, car Louise, elle… nue jusqu’à la ceinture qu’elle était ! Il est vrai qu’à trois ans et des poussières on peut oublier son soutien-gorge sans que les ligues de vertu vous dégringolent sur le râble.</p>
      <p>Un soupçon de sourire joua sur la face de Mike. La vue de sa petite tribu lui faisait du bien. C’était comme si ça le décrassait des saletés de la nuit, comme s’il avalait un bol d’air pur après être resté le nez dans la fange. Mais dans la fange il fallait bien y replonger. Il dit, soulevant une gaine élastique de couleur blanche, qui voisinait avec des sachets de toile, longs et très plats :</p>
      <p>— Ainsi vous planquez deux kilos de dop dans cette gaine et vous prétendez ignorer que c’en était ?</p>
      <p>L’hôtesse qui avait rendu le gobelet à Tom opina dans un soupir las :</p>
      <p>— Je me tue à vous le dire. Je croyais que c’était de l’essence de parfum.</p>
      <p>— Sans blague ! ironisa Tom. Et ça ne vous étonnait pas de rien sentir ? Pourtant de l’essence de parfum…</p>
      <p>La femme eut un geste du bras, aussi las que son soupir.</p>
      <p>— Vous savez bien que les sachets étaient logés dans des sacs de matière plastique.</p>
      <p>Bien sûr que les agents du trésor le savaient, puisqu’ils les avaient là devant eux. Ils avaient posé ce genre de question cent fois dans la nuit. Ils les poseraient mille fois encore. C’était leur boulot.</p>
      <p>— Et vous maintenez que vous ne connaissez ce Muller que superficiellement ? Que vous n’avez pris ces sachets que pour lui rendre service ? Et que quelqu’un devait vous les reprendre à votre arrivée à l’aéroport ?</p>
      <p>Cette fois, c’était le directeur qui avait interrogé.</p>
      <p>— Exactement, répondit la femme de la même intonation fatiguée. Un homme devait me contacter. Mais j’ignore comment. Et j’ignore son nom.</p>
      <p>— Et vous croyez qu’on va gober ça ? grinça Tom, en balançant le gobelet vide dans une corbeille. Vous prenez les flics américains pour des demeurés ou quoi ?</p>
      <p>Elle eut un mouvement fataliste des épaules. Le grand patron s’approcha d’un pas.</p>
      <p>— Si vous persistez à nier, si vous ne nous dites pas qui est ce Muller, je dois vous avertir que vous encourez une peine sévère… très, très sévère. Peut-être dix ans.</p>
      <p>Tom enchaîna vivement.</p>
      <p>— Alors que si vous parlez… que si vous nous dites qui est ce type et où il se trouve…</p>
      <p>— Il vous en sera tenu compte, attaqua Mike à son tour. Dites-nous où est ce Muller et vous voyez le coup à l’œil. Ou presque. Mettons deux ans. On s’arrangera pour que ça dépasse pas ça. On peut pas promettre moins. Alors ?</p>
      <p>— Et avec les remises de peine, ces deux ans en feront même pas un, renchérit Tom en lui tendant un second gobelet de café.</p>
      <p>Elle le refusa d’un geste, s’obstina.</p>
      <p>— Je ne peux rien vous dire de plus que ce que vous savez.</p>
      <p>— C’est bon, fit Mike, se levant et repoussant le tiroir d’un geste rageur. C’est vous qui guidez votre destin. Mais je ne vous félicite pas.</p>
      <p>Il rafla un sachet de chnouf<a l:href="#n_2" type="note">[2]</a> sur le bureau, le lui présenta sous le nez dans son poing serré dur, et gronda d’une voix rauque, rageuse :</p>
      <p>— Il y a là-dedans de quoi abrutir, de quoi rendre dingues des centaines de personnes. Et de cette saleté les junkies<a l:href="#n_3" type="note">[3]</a> en prennent malheureusement l’habitude. Ils ne peuvent plus s’en passer. Et quand ils souffrent du manque vous savez de quoi ils sont capables ? Hein ? vous le savez ?</p>
      <p>Il avait hurlé les derniers mots. Tom qui venait d’avaler le café qu’elle avait refusé pointa le gobelet sur le sachet qu’étreignait son équipier.</p>
      <p>— Pour se procurer de cette cochonnerie quand ils n’ont pas de pognon, ils volent… trahissent leurs amis… se roulent par terre… supplient… mentent à leur mère…</p>
      <p>— … et lécheraient leur merde, assena Mike.</p>
      <p>— … et tueraient leur père s’il le fallait, laissa choir le directeur en regagnant la porte.</p>
      <p>— Voilà ce dont des gens comme vous sont responsables, reprit Mike, en la touchant presque du front. Des gens comme vous qui sont pas dignes de vivre. Des gens qui devraient crever comme des saligauds, dans le ruisseau, la gueule ouverte.</p>
      <p>Il agita le poing qui tenait le sachet. Ses articulations blanchirent. Il écuma.</p>
      <p>— Et je vous jure que je vais tenter l’impossible pour vous faire écoper du maximum. Car des gens comme vous… responsables de tant de misères… de tant de crimes…</p>
      <p>— Ça suffit, Mike, le stoppa son patron.</p>
      <p>Le grand type se redressa. Il essuya la sueur qui lui mouillait le front, murmura :</p>
      <p>— O. K., patron. O.K. Je m’excuse.</p>
      <p>Le directeur jeta un regard sur sa montre.</p>
      <p>— Il va être temps d’aller vous reposer, les gars. Dans dix minutes ramenez cette femme à mon bureau, puis vous pourrez partir.</p>
      <p>— Entendu patron, acquiesça Tom qui s’étirait avec soulagement.</p>
      <p>— Et que je ne vous revoie pas avant demain, ajouta le directeur en ouvrant la porte.</p>
      <p>— Si ça vous fait rien, j’ai encore une affaire à régler ce matin, lança Mike. Et j’aimerais bien que Tom m’accompagne.</p>
      <p>— T’es givré ! s’écria celui-ci, scrutant son équipier. Tu crois qu’on n’a pas assez bossé pour l’oncle Sam depuis hier ?</p>
      <p>Main sur la poignée, le directeur se retourna :</p>
      <p>— Vous dites, Mike ?</p>
      <p>Le grand gars le rejoignit, se pencha à son oreille.</p>
      <p>— J’ai un indic, dehors. Il m’apporte quelques tuyaux. Et d’après ce qu’il m’a raconté tout à l’heure dans le couloir, faut que j’opère à 11 heures… un revendeur de dop à situer.</p>
      <p>— Comme vous voudrez, Mike, approuva son chef. Mais peut-être que ça pourrait attendre… Vous êtes fatigué… ou bien mettons Chester ou un autre de vos collègues sur le coup.</p>
      <p>Mike refusa de la tête.</p>
      <p>— Pas question, patron. Mon indic travaillera jamais avec quelqu’un d’autre. Quant à moi je suis jamais fatigué lorsqu’il s’agit de ces salauds-là.</p>
      <p>Le patron scruta son jeune agent.</p>
      <p>— Vous ne leur faites pas de cadeau, hein Mike ?</p>
      <p>— Je les hais, lâcha Mike doucement. Je hais tous ces salauds.</p>
      <p>Le directeur piocha deux autres Camel dans son veston, en offrit une.</p>
      <p>— Je sais, Mike, je sais. C’est peut-être pourquoi vous êtes l’as de mon équipe et l’un des champions du Narcotic-bureau.</p>
      <p>Il présenta sa cigarette à la flamme que lui tendait son agent, en tira une goulée, remarqua rêveur :</p>
      <p>— Mais ce que je ne sais pas, c’est où vous puisez la haine que vous éprouvez pour ces trafiquants.</p>
      <p>— Disons que c’est une affaire personnelle, répliqua Mike qui suivait de l’œil la fumée s’élevant de sa Camel. Et sachez que je hais pas seulement les trafiquants de dop mais aussi tous les gangsters. Toute cette racaille…</p>
      <p>— C’est bon, Mike, sourit son chef en franchissant la porte. Vous avez carte blanche pour ce matin. Opérez comme vous l’entendez mais ensuite allez-vous coucher.</p>
      <p>— Merci patron, fit Mike qui l’avait suivi dans le couloir. Vous aurez un rapport demain sur votre bureau. Et pour cette femme… vous croyez qu’elle parlera ?</p>
      <p>Il désignait le dos de l’hôtesse de l’air, assise à plusieurs mètres d’eux.</p>
      <p>Le directeur fit la moue.</p>
      <p>— J’en doute, mais on ne sait jamais. Peut-être que son consul la décidera. Ou peut-être que la femme de ce consul, qui s’est proposée pour essayer de la convaincre, réussira mieux qu’aucun de nous. Qui sait ?</p>
      <p>— Dommage que son arrestation soit l’effet du hasard, regretta Mike. Si on avait eu le tuyau avant on l’aurait prise en filature et elle nous aurait conduit à son correspondant de New York, qu’il se nomme Muller ou pas.</p>
      <p>Le directeur sourit.</p>
      <p>— Il ne faut pas trop taper sur le hasard, Mike. Sans lui nous n’aurions pas découvert cette drogue<a l:href="#n_4" type="note">[4]</a> ni ce trafic qui dure peut-être depuis longtemps. Et puisque le hasard, dit-on, fait bien les choses, espérons qu’il nous aidera à conclure au mieux cette affaire.</p>
      <p>— Espérons-le, soupira Mike. C’est tout ce que nous pouvons faire pour le moment : espérer.</p>
      <p>Et comme son chef s’éloignait après un « À tout à l’heure, Mike, ramenez-moi la femme », le grand gars se dirigea vers son indic qui empocha son journal en le regardant s’avancer.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Il était 11 heures moins dix. Tom O’Bannion rangea en douceur la camionnette bleue, une Volkswagen, le long de la 7<sup>e</sup> Avenue, non loin du bar de Sugar Ray Robinson. Il serra le frein à main et murmura, se penchant vers la cloison qui empêchait complètement de voir à l’intérieur :</p>
      <p>— On y est, Mike. Je crois qu’on pouvait pas mieux tomber. On est juste en face du drugstore.</p>
      <p>La voix de son ami traversa la cloison.</p>
      <p>— Ça gaze, Tom. Je distingue tout comme si j’avais la patte dessus. Fais comme on a dit. Reste pas là. Va jusqu’au quart de la 123<sup>e</sup> Rue et demeure en contact avec l’état-major. Je les affranchirai quand tu pourras revenir.</p>
      <p>— Bien compris, renvoya Tom.</p>
      <p>Il se redressa, sauta sur l’avenue avec un gros colis à la main. Il était en blue-jeans, en blouson et chaussé de baskets. Il referma la portière à clef. On ne pouvait savoir. À Harlem les lascars étaient rapides pour faire une main tombée sur une bagnole qui leur bottait. Mais si jamais un fumé<a l:href="#n_5" type="note">[5]</a> s’avisait à ça ! Avec Mike et son 38 spécial à canon court de l’autre côté… Cette pensée fit glousser Tom. Et le colis sur l’épaule, il glissa une pièce dans l’appareil de stationnement planté au ras du trottoir, avant de descendre l’avenue.</p>
      <p>Les nombreux Noirs qui circulaient lui jetaient un regard hostile, puis se détournaient. Trois d’entre eux le suivirent un instant des yeux, et rassurés, reprirent leur discussion passionnée. Ils étaient accotés à la devanture du drugstore, se chauffant aux rayons de l’été indien qui, en novembre, transforme New York en la plus belle ville du monde.</p>
      <p>À l’abri de la voiture, Mike, complètement invisible, regardait son compagnon gagner la 123<sup>e</sup> Rue. Tom jurait au milieu des Noirs. Il n’y avait qu’eux. Partout. À gauche. À droite. Devant. Derrière. Partout où se portait la vue, il n’y avait que des boogies<a l:href="#n_6" type="note">[6]</a>. Ils étaient chez eux. Dans leur fief. Ici tout leur appartenait. La rue, les maisons carrées de trois, quatre étages, aux briques rouges noircies par la crasse, les magasins, les voitures aux couleurs vives, les églises, tout, tout, tout.</p>
      <p>À travers les glaces spéciales de la Volkswagen, Mike pouvait tout voir sans être repéré. C’était le même genre de glaces que l’on trouve dans certains hôtels et bordels, derrière lesquelles des vicelards lorgnent des couples assoiffés de câlineries.</p>
      <p>Mike se pencha sur le signalement que lui avait remis son indic. « Blanc entre deux âges, mais assez typique par son nez busqué, avait écrit le mouchard. Petit de taille, comme moi. Toujours nu-tête. Cheveux rares. Vêtements sombres. Grec de naissance. Adresse : 134 Albany Str. »</p>
      <p>Parbleu, l’indic aussi était grec ! Et il semblait être en train de balancer un de ses copains. Mike l’avait protégé dans une sale histoire et depuis, l’autre, pour éviter le placard, apportait des affaires au jeune agent. Si ceux qui l’entouraient avaient su ça ! Qu’il rencardait un flic ! Pas un quarter<a l:href="#n_7" type="note">[7]</a> qu’elle aurait valu sa peau d’ordure !</p>
      <p>Après avoir une fois de plus étudié le signalement, Mike prit sur une table basse des jumelles posées près d’un téléphone et d’un appareil photo. Puis il commença à inspecter les passants. Un Blanc ne pouvait lui échapper au milieu de tous ces Noirs. Il arrêta une seconde son attention sur un groupe qui jouait aux cartes en pleine rue. Debout, ils entouraient une de ces immenses corbeilles à papiers, grillagée, sur laquelle ils avaient placé un couvercle de bois. Ils ne flambaient pas des bigorneaux bien sûr. Mike pouvait voir les dollars changer de mains. Ils jouaient comme eux seuls savent le faire, en riant aux éclats ou en se donnant des airs mystérieux pour énerver l’adversaire.</p>
      <p>Sur la gauche, un fumé s’avançait à pas nerveux en boxant alternativement et rapidement le vide de ses deux poings. Il ne regardait personne. Certainement un champion déchu qui avait trop encaissé… mais des coups… pas de l’oseille, le pauvre. Derrière lui, s’amenaient des gosses déguisés, dont l’un s’était peint des balafres noires sur sa face noire. Mike sourit. Ces sacrés mômes de Harlem ! Pour trouver plus marlous et dynamiques qu’eux…</p>
      <p>Au coin de la 124<sup>e</sup> rue, un gamin de 8 à 10 ans en casquette rouge et chandail vert dansait un rock endiablé. Il claquait des doigts pour rythmer sa danse et ne s’occupait pas des passants qui ne s’en occupaient pas non plus. S’il fallait s’occuper de quelqu’un qui danse au pays du rythme et de la danse…</p>
      <p>À deux pas de chez Sugar, l’extraordinaire caïd du ring, un vieillard assis sur le trottoir exhibait des dents blanches et de maigres mollets que laissait nus son pantalon retroussé jusqu’aux genoux. Il était chaussé de lourds godillots de l’armée qui devaient peser une tonne à ses chevilles squelettiques. Et il n’avait pas dû sucer de la glace. Ses yeux étaient injectés de rouge, une bouteille vide restait calée entre ses cuisses et il chantait d’une voix fêlée en tendant une griffe décharnée. Les autres répondaient à l’aumône. Souvent en insultant ou en riant, mais ils donnaient au vieux briscard qui, avec son crâne dénudé cerclé de duvet blanc, rappelait un sorcier du pays des ancêtres.</p>
      <p>Soudain, derrière un lot de belles filles à la démarche nerveuse, un Blanc se montra. Vite, Mike le prit dans ses jumelles. Pas d’erreur. C’était son zèbre. Petit, nez busqué, vêtu de sombre, peu de cheveux.</p>
      <p>Il vit le gars enfler, enfler dans ses verres, devenir un gros plan, puis se présenter de dos, et s’effacer : le gars venait de pénétrer dans le drugstore. Mike le reprit à travers les glaces du magasin et ne le lâcha plus. Même les gens qui défilaient ne le gênaient pas. Il les dominait de par sa position, et son regard passait au-dessus des têtes noires.</p>
      <p>Le Grec fit lentement le tour des étalages, avant de stopper, comme machinalement, devant un distributeur de cigarettes. Aussitôt, un des trois Noirs accotés à la devanture, un grand sec, fringué de clair, entra lui aussi dans le drugstore. D’un pas nonchalant, il s’approcha du Grec. Celui-ci venait de glisser 35 cents dans l’appareil et d’appuyer sur un bouton, libérant ainsi un paquet de Lucky. Il allongea la main vers le berceau où étaient tombées les cigarettes, s’en empara et s’éloigna en déchirant la cellophane de protection.</p>
      <p>Mike émit un sifflement. À la place des Lucky ses jumelles lui montraient nettement un petit sachet de papier gris. Déjà à son tour le grand Noir glissait des pièces, appuyait sur un bouton et réceptionnait un paquet de Camel. Quand il s’éloigna, le sachet gris avait disparu du berceau.</p>
      <p><emphasis>Fissa</emphasis> Mike empoigna l’appareil photo. Le Grec apparaissait sur le seuil et, désinvolte, s’allumait une Lucky. Mike le coiffa dans le viseur et un déclic troubla le silence régnant dans la camionnette. Il allait redoubler, lorsque, à deux mètres derrière, le Noir se montra à son tour. Mike n’en espérait pas tant. Son doigt s’abaissa une seconde fois. À présent il avait les deux hommes sur le même cliché. Ça serait du sucre pour les confrontations futures.</p>
      <p>Le Grec, après avoir savouré une goulée de tabac sur le seuil, s’en alla d’un pas tranquille. Mike l’oublia. Il continua à cadrer le Noir et tira plusieurs clichés. Entre ses dents des jurons fusaient.</p>
      <p>— Bande de sagouins. Profitez-en bien. Racaille…</p>
      <p>Quand il reposa l’appareil, sa main, comme malgré lui, alla toucher le loquet intérieur qui commandait la porte arrière. Ça le démangeait de sauter et d’emballer le trafiquant. Mais il se dompta. Au milieu de Harlem, cravater un Noir était impensable. Les autres se rueraient. D’ailleurs si partout dans New York les flics opéraient leur ronde en solitaire, ici, chez les Fumés, ils ne draguent que par trois. C’est plus prudent. Et puis Mike savait que même s’il pouvait emballer le gars, il ne le devait pas. Ce dernier était un détaillant et il fallait d’abord connaître ses clients. Que pouvait bien contenir le sachet ? 50 ou 100 grammes de dop ? Autant laisser courir. Un jour le type serait marron. Sa photo allait être transmise à Chester, un Noir collègue de Mike qui s’occuperait de son cas aussitôt que possible. Chester allait trouver où il gîtait, connaîtrait ses habitudes, découvrirait ses clilles. Ce n’était qu’une question de temps. Et eux les poulets ont toujours le temps.</p>
      <p>Le Grec lui aussi passerait à la casserole. Et son cas était plus sérieux car il s’annonçait comme un demi-grossiste<a l:href="#n_8" type="note">[8]</a>. Il allait falloir le filer pour connaître ses détaillants et ses fournisseurs. Mais il n’échapperait pas. Son tour viendrait. Le fumier. Les fumiers.</p>
      <p>Mâchoires bloquées, Mike décrocha le téléphone et alerta l’état-major pour qu’on renvoie Tom rechercher la voiture.</p>
      <p>Puis il attendit, l’œil fixé sur les joueurs de cartes qui se feintaient en riant.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>II</p>
      </title>
      <p>— Quand tu auras fini, tu iras faire un gros dodo, n’est-ce pas, ma chérie ?</p>
      <p>— Non, non, non et non.</p>
      <p>L’énergique réponse fut ponctuée de petits bruits pas moins énergiques, comme on en fait lorsqu’on assène des coups de cuillère sur une table.</p>
      <p>De son lit, Mike Coppolano qui venait de s’éveiller pouffa, la tête dans l’oreiller. Dans l’autre pièce, la voix de Connie s’éleva de nouveau, mais fâchée cette fois.</p>
      <p>— Je vais t’apprendre à me répondre de la sorte. Tu veux une fessée ?</p>
      <p>— Non, pas fessée. Veux rester avec pépère.</p>
      <p>Un gros rire jaillit, puis une voix rauque, cassée, approuva.</p>
      <p>— Bien sûr mon ange que tu vas rester avec pépère. T’as bien le temps d’aller au dodo. Mais d’abord finis ta purée. Allons-y. Une cuillère pour maman…</p>
      <p>Mike roula sur le côté à la recherche de la table de nuit qui séparait les lits jumeaux. Sur celle-ci les aiguilles lumineuses de la pendulette marquaient 7 heures.</p>
      <p>Fichtre, il en avait plutôt écrasé. Depuis près de midi qu’il roupillait !… Il n’avait même pas eu la force de déjeuner à son retour de Harlem. Il s’était coulé dans les toiles et depuis…</p>
      <p>À côté, la voix cassée reprenait, cherchant à dominer une cascade de rires.</p>
      <p>— Allons, ma chatte… finissons-en. Une cuillère pour papa…</p>
      <p>— Non. Deux cuillères pour papa… répliqua la petite voix au ton autoritaire.</p>
      <p>Mike s’éjecta du lit dans un rugissement de joie. Torse nu, seulement vêtu de son pantalon de pyjama, il poussa la porte de la salle de séjour. Il ferma les yeux à la lumière, n’eut pas le temps de les rouvrir. Un ouragan lui atterrit dans les tibias.</p>
      <p>— Papa ! Papa !</p>
      <p>Mike courba sa grande carcasse et enleva sa fille du sol. Bile se colla contre la solide poitrine de son père et lui encercla le cou. Dans le mouvement elle lui cogna le dos de la cuillère qu’elle n’avait pas lâchée.</p>
      <p>— Ouille, fit Mike, remuant comiquement les omoplates. Ça fait froid. Enlève ta main.</p>
      <p>Au lieu d’obéir, elle plaqua la cuillère contre la chair nue, gloussa.</p>
      <p>— Pas bouger, papa. Pas bouger.</p>
      <p>Et elle l’embrassa. Il gloussa avec elle, se laissa barbouiller la joue de purée pendant que Connie gourmandait :</p>
      <p>— Voyons Mike !… Lâche-la, qu’elle achève sa purée. Entre toi et ton père, comment voulez-vous que j’en vienne à bout ?…</p>
      <p>Mike décocha une grimace à sa jeune femme.</p>
      <p>Connie était jolie sous la douce lumière de la pièce. Jolie et sévère. Sous ses cheveux noirs dont une frange lui mangeait le front, ses yeux sombres étaient fâchés. Et une moue alourdissait ses lèvres rouges, surtout celle du bas. Une robe saumon de soie sauvage plaquait à son corps souple. Et pour se protéger des dégâts de Louise, elle s’était noué autour de la taille un minuscule tablier blanc. Mike la lorgna en se passant une langue gourmande sur les lèvres.</p>
      <p>— Miam, miam, fit-il. Quelle jolie dame j’ai là… Qu’est-ce que t’en penses, p’pa ?</p>
      <p>Au-delà de la table de merisier qui luisait d’un tendre éclat, Louis Coppolano approuva avec force.</p>
      <p>— Complètement de ton avis, fiston. Et si t’avais pas été mon gars, je te l’aurais déjà soulevée. N’est-ce pas, Connie ?</p>
      <p>La jeune femme se retourna sur l’homme aux cheveux argentés, au teint mat. Sa moue était effacée. Elle souriait.</p>
      <p>— Allons, papa, ne dites pas de bêtises devant votre petite fille. Et toi, Mike, rends-nous-la, et va te raser. Tu es d’un sale…</p>
      <p>Sans lâcher sa fille, Mike s’approcha de la table, déclara :</p>
      <p>— Je me raserai plus tard. Pour l’instant j’ai faim. Et si on ne me donne rien je vais finir la purée de ma fille. Pas, ma chérie jolie ?</p>
      <p>La gosse s’agita dans ses bras.</p>
      <p>— Oh ! non, pas finir purée à tite fille. Non, non, non, non.</p>
      <p>— Si, si, si, si, s’esclaffa Mike en se laissant choir adroitement.</p>
      <p>Lui et sa fille roulèrent sur la moquette.</p>
      <p>— Voyons, Mike… reprocha Connie.</p>
      <p>Elle voulut se baisser pour récupérer sa fille. Déjà la fillette, brune et potelée, s’échappait, filait vers son grand-père.</p>
      <p>— Pépère ! pépère ! cria-t-elle, se jetant dans ses bras.</p>
      <p>Un rire général salua la mine déconfite de Connie. D’un bond Mike fut près d’elle et l’enlaça.</p>
      <p>— Allons, ma beauté, dit-il d’une voix tendre. Sois pas fâchée. Va vite nous préparer à dîner. Pendant ce temps on va s’occuper du petit démon. Allez, va.</p>
      <p>Mais il ne la lâchait pas. Il la tenait bloquée contre lui et picorait son visage à petits baisers rapides.</p>
      <p>— Tu es fou, fit-elle, le fixant avec amour. Fou et sale. Cochon, tu aurais pu te raser. Tu me piques avec ta barbe…</p>
      <p>Mike cligna de l’œil vers son père qui avait recommencé à faire manger la petite.</p>
      <p>— T’entends ça, p’pa ? Madame voudrait que je me rase avant le dîner… Comme les gandins de la 5<sup>e</sup> Avenue.</p>
      <p>Louis Coppolano releva son front sillonné de rides.</p>
      <p>— Elle a raison, Mike. Les jolies femmes ont toujours raison. Et à ta place, non seulement je me raserais, mais je m’habillerais pour l’embarquer au théâtre. Après tout, demain c’est samedi et tu te reposes.</p>
      <p>Il rattrapa à temps l’assiette que Louise repoussait d’un geste brusque, ajouta :</p>
      <p>— Vous frappez pas pour Louise. J’attendrai votre retour en regardant la télé.</p>
      <p>— Oh ! oui Mike ! s’exclama Connie. C’est une bonne idée. J’aimerais tant aller écouter Yves Montand.</p>
      <p>Mike releva un sourcil, faussement étonné.</p>
      <p>— Écouter ? Mais il chante en français ! Tu comprends le français maintenant ?</p>
      <p>Elle se serra contre lui, câline.</p>
      <p>— Il chante aussi en anglais. Dis, on y va Mike ? Ça me ferait tant plaisir.</p>
      <p>— C’est que… précisa-t-il, j’ai un rapport à préparer et je dois passer demain le déposer sur le bureau de mon patron. Et puis…</p>
      <p>— Et puis ?</p>
      <p>— Et puis ce soir je comptais aller rôder autour de chez un lascar, un saligaud de trafiquant que j’ai repéré ce matin.</p>
      <p>— Oh ! Mike, reprocha-t-elle, laisse un peu ton métier. Tu ne songes qu’à ça. Si tu réfléchis, ça fait bien deux mois que nous ne sommes pas sortis !</p>
      <p>Il capitula.</p>
      <p>— Bon, bon, on va y aller écouter ton Montand. À présent, file préparer à manger. Puis tu pourras…</p>
      <p>Il s’interrompit en entendant sa fille s’exclamer en riant :</p>
      <p>— Qu’est-ce que tu fais, pépère ? Tu laves encore tes mains ?</p>
      <p>Mike et Connie pâlirent. Ils se tournèrent vivement vers la table. Ne semblant plus rien voir, Louis Coppolano venait de se lever et se dirigeait vers la salle d’eau en se frottant les paumes, fillette avait raison. On aurait pu croire que l’homme aux cheveux argentés se savonnait les mains.</p>
      <p>— Oh ! Mike, souffla Connie à l’oreille de son mari. Voilà que ça le reprend. Pourtant rien ne l’a contrarié ! Il n’a pas eu d’émotion ! Je croyais que ça ne lui arrivait que dans ces cas-là.</p>
      <p>— En général oui, approuva Mike. Mais pas toujours. Les toubibs y perdent leur latin. Mais je sais que quand il reste trop longtemps sans crise ça se déclenche parfois tout d’un coup. C’est ce qui a dû se passer.</p>
      <p>Il se détacha d’elle.</p>
      <p>— J’y vais. Emmène la gosse se coucher.</p>
      <p>Connie récupéra sa fille de justesse.</p>
      <p>— Allez, ma chérie. Cette fois il est temps de faire dodo. Allez, viens. Pépère est fatigué et papa viendra t’embrasser dans ton lit en t’apportant des bonbons. Viens.</p>
      <p>Et sans écouter ses cris elle l’emporta dans la petite chambre qui donnait sur la leur.</p>
      <p>Mike s’était arrêté au seuil de la salle d’eau. Il contemplait son père en silence. Œil dans le vide, le vieux, les mains sous le robinet, se savonnait lentement, soigneusement. À croire qu’il cherchait à débarrasser sa peau de taches suspectes. Lèvres serrées, Mike attendait que ça se passe. Il savait que ça passerait. C’était une question de minutes. Même pas. Mais ça faisait mal de le regarder faire. Surtout lorsqu’on savait…</p>
      <p>Au bout d’un moment le vieux poussa un long soupir et cessa son manège. Il se rinça, s’essuya, sembla revenir à lui. Mike s’avança alors.</p>
      <p>— Ça va, p’pa ?</p>
      <p>Son père le fixa. Dans son regard une vision douloureuse parut fondre. Avec une rude tendresse, Mike passa un bras autour des épaules de son vieux et le ramena dans la salle de séjour. Il ne pouvait rien lui dire. Il n’y avait rien à dire. Avec les années ça se passerait peut-être. Quoique…</p>
      <p>Ça datait de 1945, époque où Louis, démobilisé, était revenu chez lui à Brooklyn. Une blessure récoltée devant Bastogne alors qu’il conduisait un camion l’avait ramené avant les autres au pays. Un tas de copains, Siciliens comme lui, et comme lui habitant le quartier populeux de Brownsville, l’avaient aidé à fêter son retour. Un peu trop. Et Louis, heureux de vivre, et heureux d’avoir passé à travers le casse-pipe, avait emprunté une bagnole pour emmener sa femme et son gosse casser la croûte à Long Island.</p>
      <p>Était-ce la boisson, la joie d’avoir retrouvé les siens, son unique famille ? En tout cas il s’était oublié et avait appuyé sur le champignon. À fond. Et ça en dépit des cris de terreur de sa femme. Et ç’avait été le coup dur. Le stupide coup dur. Par le côté droit, la voiture avait percuté et raboté le pilier d’un pont. Et il s’était retrouvé au bord de la route, sa femme tuée sur le coup et son gars dans les bras. Son gars de dix ans. Et il l’avait tenu comme ça, sans bouger, pleurant, dessaoulé, attendant les secours, sentant ses mains se poisser du sang de son fils. Et lorsque les secours étaient enfin arrivés… plus de femme, plus de garçon. Plus rien. Rien sauf sa peau inutile, sa peau de poivrot qui avait buté les siens. Et depuis… par périodes… comme pour chercher à effacer ce sang…</p>
      <p>— On va lessiver un petit scotch ensemble, hein p’pa ? proposa Mike. Je sais que tu bois pas mais un petit léger, ça te fera pas de mal pour une fois. Allez, arrive.</p>
      <p>Et il le conduisit doucement vers la longue table où il l’installa.</p>
      <p>Mike adorait son vieux. Certains disaient que ce dernier ressemblait à l’acteur Edward G. Robinson. Mais pas Mike. Pour lui, son vieux ressemblait à Louis Coppolano et c’était marre. À Louis Coppolano le grand bonhomme qui l’avait adopté lui, Mike, qui l’avait sorti de la mouise et des rues de Brownsville, et qui, sûr, l’avait ainsi empêché de devenir un malfrat.</p>
      <p>C’était un ami de Louis, un toubib de Brooklyn qui lui avait forcé la main pour l’adoption. « Prends un garçon, lui avait-il souvent répété en le voyant chercher dans la gnôle l’oubli du drame. Adopte un gosse. Un comme celui que tu as perdu. Ça te rattachera à la vie. Sinon tu vas finir aux fous. Ou pire… »</p>
      <p>Un soir, Louis avait cédé. Il s’était laissé entraîner et avait vu Mike qui avait alors près de dix ans, l’âge de son fils mort. Son père, gangster d’Ocean Hill, avait laissé ses os en 1939 dans une histoire de Rififi. Et sa mère, employée de night-club, qu’il avait vu succomber à la drogue jour après jour, venait à son tour d’en finir avec sa putain de vie, le laissant complètement orphelin.</p>
      <p>En attendant une décision, c’est une voisine qui avait recueilli le gosse. C’est chez elle que Louis Coppolano avait dit oui, un peu avant que le gars soit transféré dans un orphelinat. Le docteur avait appuyé la demande d’adoption, s’était occupé des formalités et depuis… Louis et Mike, Mike et Louis… deux sacrés copains qu’ils étaient devenus.</p>
      <p>Le cube de glace fit tinter le verre. Mike empoigna la bouteille de scotch. Son père leva la main.</p>
      <p>— Une larme seulement, Mike. Pas plus.</p>
      <p>— T’en fais pas. Tu sentiras même pas le goût. Je vais mettre beaucoup d’eau.</p>
      <p>Mike fit comme il avait dit et tendit le verre. La glace retinta.</p>
      <p>— Bois, p’pa. Puis nous allons manger, et au lieu d’aller à Broadway on va rester avec toi devant la télé.</p>
      <p>Louis, qui avait commencé à boire, reposa son verre.</p>
      <p>— Changez rien à votre programme. Maintenant je suis calme, tout va bien. Sortez. Fais plaisir à Connie. Je garderai la gosse.</p>
      <p>Il rit, ce qui rajeunit son visage dans lequel vivaient deux yeux sombres pleins d’expérience, et ajouta :</p>
      <p>— Ce qui me donnera pas trop de boulot, vu que le petit diable doit déjà être endormi.</p>
      <p>Il indiquait Connie qui venait de sortir de la chambre et s’en éloignait sur la pointe des pieds.</p>
      <p>— Alors d’accord, p’pa, accepta Mike. On va sortir. Mais à ta place pourquoi attendre notre retour ? Couche-toi. Car possible qu’on rentre tard. Une fois dehors tu sais ce que c’est… on aime tramer un peu.</p>
      <p>— Vous bilez pas pour moi, rassura Louis, je vous attendrai.</p>
      <p>Mike lorgna son verre.</p>
      <p>— Ce que je comprends pas, c’est que tu refuses toujours de coucher ici. Pourtant t’as une chambre ! Et si quelqu’un ici est chez lui, c’est bien toi. Surtout que sans toi…</p>
      <p>Il ne releva pas les yeux. Il semblait gêné. Sa voix était sourde, étranglée, lorsqu’il précisa :</p>
      <p>— Surtout que sans toi, nous n’aurions pas cet appartement. Toutes tes économies que tu m’as refilées pour qu’on puisse s’y installer avec Connie. Et toi… dans une chambre d’hôtel que tu vis ! Alors que…</p>
      <p>D’un mouvement circulaire, il désignait la pièce chaude, les meubles de prix.</p>
      <p>— Ça va, fiston, le coupa le vieux. Débloque pas. Et te fais pas de mousse pour moi. J’aime mon hôtel et l’ambiance de la petite Italie. Ça me rappelle le vieux pays.</p>
      <p>— C’est toi qui décides, p’pa, dit Mike. Mais le jour où tu voudras venir vivre avec nous…</p>
      <p>Le vieux leva la main, huma l’air d’une mine faussement écœurée, remarqua :</p>
      <p>— On verra plus tard. Pour l’instant je crois qu’on ferait mieux de surveiller Connie. Tu trouves pas que ça sent drôle ?</p>
      <p>Il blaguait. L’air commençait à charrier une bonne odeur de steak grillé.</p>
      <p>Mike imita son père, avant de bondir vers la cuisine.</p>
      <p>— T’as raison, p’pa ! Notre cuistot est en train de mettre le feu ! Je vais le noyer.</p>
      <p>Des mots de reproche, lancés par Connie s’évadèrent de la cuisine. Puis des bruits de baisers les étouffèrent.</p>
      <p>Un rire secoua le père de Mike. Sous son gilet de laine, son ventre qui commençait à prendre un petit rond s’agita contre le bois de la table.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>III</p>
      </title>
      <p>Le soleil donnait à fond sur les grandes baies vitrées du building où logeaient les services municipaux de New York. L’été indien semblait vouloir durer. Peut-être qu’il tiendrait jusqu’à la Noël. Ensuite évidemment… neige, froid, glace, et tout le toutim. Mais pour l’instant il faisait chaud et c’était autant de pris sur l’hiver qui s’approchait.</p>
      <p>Dans la vaste salle d’études où s’alignaient les unes derrière les autres de grandes tables à dessin, les hommes étaient en bras de chemise. Louis Coppolano jeta un regard sur sa montre. Midi bientôt. Il était temps de quitter. Laissant le plan qu’il étudiait il abandonna sa planche pour aller boire un gobelet d’eau glacée. Puis, rabaissant ses manches de chemise, il revint enfiler son veston.</p>
      <p>— Alors, Louis, qu’est-ce que tu fais tantôt ? Aux courses ?</p>
      <p>Le père de Mike se retourna sur Martin, l’homme qui occupait la table derrière lui.</p>
      <p>— Peut-être. Je sais pas encore. Mais j’ai bien envie de profiter du soleil puisqu’on a repos cet après-midi. Et toi ?</p>
      <p>— Oh ! moi !</p>
      <p>Martin décocha un clin d’œil lourd de sous-entendus.</p>
      <p>— Elle est jeune ? s’enquit Louis qui avait compris.</p>
      <p>Son camarade fit la moue.</p>
      <p>— Heu… dans les trente printemps.</p>
      <p>— Un printemps new yorkais, alors ! ironisa Louis, faisant allusion au climat de la grande cité qui ne connaît pas de période intermédiaire entre l’hiver et l’été.</p>
      <p>— Tu serais peut-être content de te réchauffer avec ! renvoya l’autre, furieux.</p>
      <p>Louis Coppolano sourit, amical.</p>
      <p>— Te fâche pas. J’ai pas voulu te vexer. Allez, à demain.</p>
      <p>Il hésita à décrocher son imperméable, puis s’y décida. On ne pouvait savoir… À New York le temps est aussi changeant qu’un caractère de femme. Après un au revoir général, il quitta la salle et prit l’ascenseur. Deux minutes plus tard il débouchait dans la rue. L’air était léger et tendre, et le soleil intense faisait miroiter les taxis aux couleurs vives et étinceler comme des diamants les façades de verre des buildings.</p>
      <p>Louis s’éloigna de son lieu de travail et contourna le block<a l:href="#n_9" type="note">[9]</a>. Il marchait de son pas tranquille, son imper sur le bras, le pouce accroché à la poche gauche de son gilet. Dire qu’il ressemblait à Edward G. Robinson était assez vrai. Un peu plus grand que le célèbre acteur peut-être, mais le reste collait assez au portrait.</p>
      <p>Après avoir contourné le block, il stoppa un taxi et se fit mener chez lui. Il demeurait dans le bas-Manhattan au-dessous de Greenwich Village, sur Thomson Street ou l’élément italien dominait.</p>
      <p>Là, les rues sentaient l’ail, le chianti, le poisson et l’olive. Tout rappelait le vieux pays : les <emphasis>plasticcerias</emphasis>, les épiceries richement fournies, les cafés <emphasis>expressos</emphasis>, les <emphasis>mamas</emphasis> aux seins lourds, les belles mômes à la fière démarche, les mâles élégants à l’allure de truands, les rires et les jurons, et, bien sûr, les discours enflammés que renforçait le jeu rapide des mains.</p>
      <p>Louis descendit devant son hôtel, non loin du My Gentlemen Bar que fréquentaient les jeunes gangsters du cru. Au lieu de monter à sa chambre, il poussa la porte du bureau et salua la grosse matrone qui s’y tenait :</p>
      <p>— Bonjour Marial. Personne n’est venu ?</p>
      <p>Elle leva le nez du chandail qu’elle tricotait ;</p>
      <p>— Non, Louis. Vous allez chez César ?</p>
      <p>— Oui. Si on me réclame, je suis là-bas.</p>
      <p>Et il ressortit, la laissant à ses aiguilles.</p>
      <p>Dehors il prit à gauche, descendit Thomson Street et bifurqua sur Spring Street où il s’arrêta au 402. Il descendit les marches qui menaient chez César, ouvrit la porte du fameux petit restaurant installé au sous-sol.</p>
      <p>À son entrée, une bouffée d’épices, de vins lourds, de palourdes, de riz, de pâtes et de sauce tomate lui sauta au visage.</p>
      <p>— Hum, fit-il vers César qui se décarcassait derrière son comptoir où luisait la verrerie. Ça sent l'<emphasis>ossobuco</emphasis> ici.</p>
      <p>— On t’en a mis de côté, rassura le patron, petit, court, rubicond. T’en veux ?</p>
      <p>— Et comment ! répliqua le père de Mike, en suspendant son imper. Personne pour moi ?</p>
      <p>Il regardait vers le fond, là où une cloison de bois à hauteur d’homme formait une sorte de box, qu’on devinait. Le doigt bagué de César s’y pointa.</p>
      <p>— Si. Et on attendra que tu fasses signe pour te servir.</p>
      <p>Louis approuva de la main, et d’un pas d’habitué il gagna l’allée étroite de la salle, parmi la rumeur des conversations, la plupart échangées en italien. Peu après il parvenait dans le box.</p>
      <p>— … lut Jack, dit-il à l’homme assis devant un apéritif et que la cloison dissimulait aux regards de la salle. Longtemps que vous êtes là ?</p>
      <p>— J’arrive, expliqua l’homme dont une légère balafre déparait la joue gauche.</p>
      <p>Louis prit place, repoussa son couvert déjà mis sur la nappe aux carreaux rouges et blancs, éleva des yeux interrogateurs. Aussi sec l’autre tendit une enveloppe, sur laquelle était inscrit le chiffre 1, et dans un coin 1020,50. Louis l’ouvrit et sortit des liasses, une pièce de 50 cents et une feuille remplie de chiffres placés devant des initiales. Après un coup d’œil rapide sur la feuille il compta les liasses, la plupart en petites coupures.</p>
      <p>— O. K., dit-il enfin.</p>
      <p>Il remit l’argent dans l’enveloppe qu’il empocha. Puis il en exhiba une autre ainsi qu’un carnet. Après avoir marqué 1020,50 en face du № 1, sur le carnet, il présenta son crayon.</p>
      <p>— Si vous voulez signer…</p>
      <p>L’homme à la balafre s’exécuta. Louis récupéra son carnet, le plaça près de l’assiette, ouvrit l’autre enveloppe. Il en extirpa une feuille, la parcourut, dit :</p>
      <p>— Ainsi que vous le savez ce sont le 66 et le 17 qui ont gagné hier. Vous avez un client d’un dollar sur le 66 et un de 4 sur le 17. C’est bien ça ?</p>
      <p>Le balafré approuva de la tête. Louis enchaîna, l’œil sur la feuille où tout était indiqué :</p>
      <p>— Ce qui nous fait, à 300 fois la mise, 300 dollars pour le 66 et 1 200 pour le 17. Ou 1 500 en tout. D’accord ?</p>
      <p>Le balafré fit signe que oui. Louis lui passa l’enveloppe après y avoir rédigé la feuille.</p>
      <p>— L’argent est là. Vérifiez, puis vous signerez ma décharge.</p>
      <p>Son vis-à-vis s’exécuta rapidement. Il compta les dollars contenus dans l’enveloppe, résigna sur le carnet, se leva en disant :</p>
      <p>— Tout est O.K. Je me sauve. Et pour demain ? Encore ici ?</p>
      <p>Le vieux acquiesça.</p>
      <p>— Oui. À la même heure. Si je change d’avis, je vous préviendrai par téléphone. Tchao.</p>
      <p>— Tchao, renvoya le balafré en s’éloignant.</p>
      <p>Louis se leva également, mais seulement pour lancer par-dessus la cloison :</p>
      <p>— César ! Fais servir.</p>
      <p>De loin le patron lui fit un signe rassurant et passa l’ordre à une serveuse.</p>
      <p>Louis attaquait une tranche de <emphasis>coppa</emphasis> quand un deuxième homme vint le débusquer dans son coin privilégié.</p>
      <p>— Hello, Walter, dit-il. Tout va bien ?</p>
      <p>— Plutôt chaudement, grogna le nouvel arrivant que la graisse noyait.</p>
      <p>Il s’épongea le front, s’assit en geignant.</p>
      <p>— On se croirait revenu au mois d’août. Quelle chaleur !</p>
      <p>Louis appela du doigt la serveuse, regarda le gros homme en sueur.</p>
      <p>— Vous prendrez quoi ?</p>
      <p>— Une bière, soupira l’homme. Et bien fraîche. Quelle chaleur !</p>
      <p>Il s’épongea de nouveau, dégrafa sa cravate, s’épongea encore.</p>
      <p>— Eh bien ? s’impatienta Louis en taillant dans son jambon.</p>
      <p>Walter soupira, geignit, fouilla dans sa veste trop étroite pour son gros corps, en ramena une enveloppe, la tendit.</p>
      <p>— Voilà.</p>
      <p>Louis reposa son couteau, et, tout en mastiquant, prit l’enveloppe sur laquelle étaient inscrits 1800 et le chiffre 3. Il l’ouvrit, en ramena une feuille et des liasses de dollars. Après avoir répété la même opération que pour l’homme à la balafre, il tendit son carnet à signer. Walter s’exécuta pendant que Louis cherchait parmi un lot d’enveloppes. Il prit celle marquée 3, en sortie une feuille, dit :</p>
      <p>— Vous avez juste un client de 1 dollar 50 sur le 17. Tous les autres sont perdants. Ce qui nous donne à 300 fois la mise, 450 dois. D’accord ?</p>
      <p>— D’accord, fit Walter qui s’épongeait toujours.</p>
      <p>En repérant par un trou de la cloison la serveuse s’approcher, Louis glissa l’enveloppe sous sa serviette. Il attendit qu’elle eut déposé la bière avant de reprendre en tendant l’enveloppe :</p>
      <p>— Voici l’argent. Signez-moi ma décharge.</p>
      <p>Le gros homme, qui s’était jeté voracement sur la bière, reposa son verre à regret.</p>
      <p>— Venez demain ici à la même heure, dit Louis en récupérant le carnet. S’il y a contrordre, je vous avertirai. Allez, à demain.</p>
      <p>Walter acheva de lamper sa bière, se leva en grimaçant, grommela, mécontent :</p>
      <p>— Quel métier ! Toujours à trotter de droite et de gauche. Et même pas le temps de déguster un demi tranquille. Quel métier… et quelle chaleur !</p>
      <p>Il gagna la sortie en bouchant l’allée de sa corpulence maladive.</p>
      <p>Par le trou, Louis le suivit du regard, puis se versa à boire et réattaqua son jambon. Il venait à peine de terminer que son œil découvrait un autre homme qui s’amenait vers lui. Un jeune celui-là. Et bien maigre. On voyait presque le jour à travers. Un feutre le coiffait et il devait se prendre pour un dur.</p>
      <p>— Salut, dit-il, portant un doigt négligent à son feutre à bord baissé. Je suis pas à la bourre ?</p>
      <p>Louis Coppolano pointa son couteau sur le siège vide de l’autre côté de la table.</p>
      <p>— Asseyez-vous. Et envoyez les comptes.</p>
      <p>L’autre s’assit, et au lieu de se décoiffer, il repoussa d’une chiquenaude son feutre en arrière, montrant sa tignasse noire et ondulée. Louis allongea une main impérieuse.</p>
      <p>— Allons.</p>
      <p>Le maigriot lui jeta une enveloppe sur laquelle se lisaient : 4, et plus loin 714,25.</p>
      <p>Louis chercha la feuille indiquant les paris, la lut, puis après avoir fait signer son carnet, déclara :</p>
      <p>— Aucun de vos clients n’a gagné hier. Donc vous pouvez filer. À demain à la même heure.</p>
      <p>Le jeune dur, qui avait avancé la main vers le verre de vin de Louis dans l’intention de le vider, freina son geste devant l’œil sombre qui le fixait.</p>
      <p>— C’est bon, dit-il. À demain.</p>
      <p>Et, sifflotant, désinvolte ou cherchant à le faire croire, il disparut.</p>
      <p>« Faudra que j’évite de le faire venir dans des endroits comme ça, songea Louis. Il est trop m’as-tu-vu. Demain je lui donnerai rendez-vous ailleurs. Quelle idée ils ont eue d’engager ce freluquet comme responsable d’un quartier aussi important des Nombres<a l:href="#n_10" type="note">[10]</a>. Faudra que j’en parle à Johnny tout à l’heure. »</p>
      <p>Il se leva, cria vers la serveuse qui attendait à l’angle du comptoir, un poing sur la hanche et une serviette blanche sur l’épaule :</p>
      <p>— Mon <emphasis>ossobuco</emphasis>, Rosa !</p>
      <p>— Voilà, voilà, répondit-elle, filant vers la cuisine.</p>
      <p>À la fin de son repas, deux autres responsables de quartier étaient venus rejoindre le vieux.</p>
      <p>Lorsqu’un joueur a gagné, son argent redescend par le même canal et c’est le cireur ou le coiffeur ayant accepté sa mise qui le paie. Intégralement.</p>
      <p>L’un, le ramasseur № 5, un vieil homme à l’aspect inoffensif, avait apporté 932 dollars et remporté, pour les gains de la veille, 1500 dollars.</p>
      <p>L’autre, le № 6, un Irlandais haut en couleur, avait apporté 2 627 dollars et juste emporté 300 dollars pour un enjeu d’un dollar sur le 66.</p>
      <p>Quant au № 2, Hans le Norvégien, il n’était pas encore arrivé. Louis s’en étonnait. Le type était du genre sérieux. Ni buveur, ni coureur, ni joueur. Rien. Un homme de tout repos. Pour la dixième fois Louis consulta la pendule à demi voilée par des poivrons qui séchaient aux solives depuis une éternité. 1 h 10 ? Il allait devoir partir. L’autre avait plus d’une demi-heure de retard à présent. C’était anormal. Louis venait de téléphoner chez le gars, mais rien ne répondait. Est-ce qu’il avait filé avec les paris du jour ? Impensable ! L’organisation ne plaisantait pas. Autant faire joujou avec une pile atomique que de chercher à blouser ceux qui menaient la barque des Nombres. Et pourtant comment expliquer l’absence du sobre Norvégien ? À moins d’un accident…</p>
      <p>Louis accorda encore 5 minutes au manquant, puis se leva. Après avoir réglé sa note et vidé une larme de <emphasis>grappa</emphasis> avec César il sortit dans le beau soleil. S’il voulait aller aux Courses fallait qu’il se magne. Il héla un taxi, y sauta, donna l’adresse de Johnny Vaccario, à qui il devait remettre les paris encaissés. Mais le responsable du district était absent. Appelé pour affaire urgente. Il faisait dire aux responsables de secteurs de revenir vers 6 heures pour régler les comptes. Et pas plus tard.</p>
      <p>Louis hésita à se renseigner près de la femme de Johnny, s’il pouvait laisser les enveloppes. Mais il se contint. Ce genre d’opérations ne se traitait qu’entre responsables. Alors, tant pis, il reviendrait à 6 heures.</p>
      <p>En bas, il se dépêcha pour attraper le subway de la 42<sup>e</sup> rue et de la 8<sup>e</sup> Avenue. Avec 50 cents, il ferrait le voyage jusqu’à l’Aqueduc, le célèbre Champ de courses situé à une quinzaine de bornes de New York.</p>
      <p>Ce métro spécial était bourré à craquer. Tous les métros et autres engins emmenant les gens perdre leur oseille aux courses sont toujours bourrés à craquer. Les gouvernements disent bien de ne pas boire, de ne pas jouer, de ne pas fumer, mais pardon ! quand c’est eux qui encaissent, alors… il vous ouvrent les bras comme à des enfants perdus… et font une discrète main tombée sur vos économies. Ah ! les brigands !</p>
      <p>Dans le wagon de Louis toutes les races s’écrasaient : Noirs, Porto-ricains, Cubains, Italiens, Chinois, Blancs, etc. Il se cala entre une nounou, genre « Autant en emporte le vent » et un graisseux<a l:href="#n_11" type="note">[11]</a> qui louchait. Puis comme tous il se plongea dans son journal de courses, qu’illustraient les dessins de Peb le caricaturiste français. Aucun des voyageurs ne leva la tête. Ils avaient tous le nez sur le papier, étudiant les performances, cherchant les gagnants du jour. Mais pour dégotter ceux-ci… Même Nostradamus s’y serait cassé les dents. Avec tous ces partants…</p>
      <p>Quand le sub s’arrêta, Louis n’eut pas l’impression de marcher ; la marée l’emporta vers le champ aux illusions.</p>
      <p>À l’Aqueduc, c’était la cohue des grandes réunions. Un grondement sourd et continu planait au-dessus de l’immense hall où se jouaient les millions. À l’affichage on annonçait les résultats de la 2<sup>e</sup> et les partants de la 3<sup>e</sup>. Les flambeurs qui venaient d’arriver se ruèrent vers les stands du Mutuel, sous l’œil impassible des flics du cru. Louis les imita. Il y alla de ses 10 dollars sur Blueville que montait Jack Yother, qu’il voyait arriver dans un fauteuil.</p>
      <p>À peine venait-il de lâcher ses dix thunes contre un ticket jaune que les regrets lui travaillèrent le foie. Et s’il s’était gouré ? Et si son carcan ne voulait pas gagner son avoine ? Et si… et si… Bah ! il était trop tard à présent pour regretter. Le bureau des pleurs avait fermé ses volets. Se logeant un havane entre les gencives, il se dirigea vers la tribune voisine de celle des propriétaires. Que de monde, que de monde ! Et quel coup d’œil ! Là-bas sur l’herbe verte le camion du <emphasis>starting-gate</emphasis> prenait position. Et plus loin, étincelants de toutes leurs couleurs, les jockeys s’offraient un galop d’essai. Dans les tribunes, beaucoup de mâles, genre truands de cinéma. Beaucoup de feutres à bords très étroits et rabattus, et peu de cravates. Costumes de prix, bagues aux doigts, linge de luxe, parfum de lavande. De la crème, quoi…</p>
      <p>Les dames elles, pas bégueules ou par manque de goût, se trimbalaient, la plupart en bigoudis. Manteau de vison ou de chinchilla, cigarette au bec, et diams aux doigts, mais bigoudis sur le crâne. C’était dommage, elles étaient si belles… et possédaient de si jolies jambes… les mieux galbées de la planète, sûr !</p>
      <p>Dans le dos des Tribunes, une sonnerie grelotta. Et devant, drivés par leurs cavaliers, les cracks se glissaient entre leur sorte de bat-flanc pour le départ. Dans le ciel, les avions qui atterrissaient et décollaient toutes les minutes de l’aérodrome de La Guardia bourdonnaient sous le soleil.</p>
      <p>Soudain un silence, lourd et palpable, s’abattit sur le champ : les chevaux venaient de s’élancer. Sans un mot, l’immense foule mâcheuse de chewing-gum braqua prunelles et jumelles sur les pattes des pur-sang qui emportaient leurs rêves.</p>
      <p>Un tour. Puis un demi-tour. Collé à la rambarde de fer, écrasé par ses voisins, Louis Coppolano ne quittait pas une toque bleue qui parfois se perdait dans des vagues multicolores.</p>
      <p>Tout à coup une rumeur, d’abord sourde, puis qui enflait, enflait… Les chevaux attaquaient la ligne droite. Le cœur de Louis, son cœur de vieux gambleur<a l:href="#n_12" type="note">[12]</a> se bloqua quelques instants. Puis ce fut la seconde de vérité : les chevaux passaient le poteau dans un martèlement de sabots. Des cris de joie chez certains, des insultes chez les autres, et un soupir de déception chez Louis : la toque bleue et Blueville étaient dans les betteraves.</p>
      <p>À la 4<sup>e</sup> le père de Mike laissa au guichet 20 pollars, le coup de la martingale. De l’infaillible martingale préparée pendant la semaine au bureau d’études.</p>
      <p>À la 5<sup>e</sup>, il hésita entre le 3 et le 7, joua le 6 et c’est le 2 qui enleva le coquetier. Cette fois Louis y était de 35 dollars, presque son reste. Il retourna vers le hall, offrant un visage de marbre. Mais sous son gilet son cœur cognait et, au fond de ses poches, ses mains comptaient et recomptaient la monnaie. Avec le billet de cinq, qui crissait sous ses doigts, il lui restait en tout 6 dollars 75 cents. Il commença à s’insulter. Il aurait dû suivre sa première idée, ne pas miser sur le 2, mais sur le 6. Puis il se souvint qu’il n’avait jamais eu l’intention de jouer ce bon Dieu de 6, et il lâcha une bordée de jurons. Qu’allait-il faire ? Risquer les 6 dollars 75 dans la 6<sup>e</sup> sur Brume monté par Peter Anderson ? Ou bien… ou bien quoi ? Il savait de toute façon qu’il ne s’arrêterait pas. Est-ce que les joueurs peuvent s’arrêter ?</p>
      <p>Devant le tableau placé dans le hall, il hésita. Brume, Volcanite ? Volcanite ou Brume ? Et s’il perdait ? Et si… Brusquement il sursauta. En prenant un cigare, il venait de sentir les enveloppes contenant les paris des Nombres qu’il avait logées dans sa poche intérieure.</p>
      <p>Il les avait oubliées celles-là ! Pourtant 7 093 dollars 75… Il fallait vraiment qu’il soit mordu des courses pour avoir oublié, même un instant, la fortune qu’il trimbalait.</p>
      <p>Front levé vers le tableau lumineux, il mâchonna pensivement son havane. Et s’il prélevait une centaine de dois de ces enveloppes pour les jouer dans la 6<sup>e</sup>. Qui le saurait ? Après la course il n’aurait qu’à les replacer et tout serait dit. Car il ne pouvait pas perdre, Brume allait enlever ça, les doigts dans le nez. À moins que Volcanique… Mais non, c’était Brume. Au tableau sa cote descendait à 4 contre 1. Dans la poche. Il n’avait qu’à mettre dessus, même 300 dollars. Qu’est-ce qu’il risquait ? Il amorça un mouvement vers les enveloppes. Puis s’immobilisa. Le souvenir de ce qui était arrivé à certains le stoppait. Il ne fallait pas plaisanter avec les gars de l’Organisation. Surtout pas. Les doubler pouvait coûter cher. Après tout ils avaient raison. Les Nombres étaient une affaire commerciale, et sous tous les azimuts, quand on vole dans une affaire commerciale, on peut s’attendre au placard. La seule différence chez les Nombres, c’est que le placard pouvait être un cercueil. Mais puisque Louis avait voulu bosser avec eux, il devait prendre ses responsabilités et rester régulier. C’est pourquoi il chercha une allumette au lieu de toucher aux enveloppes. Il commençait à tirer des bouffées de son havane, quand un murmure grossi de plusieurs voix frappa son oreille.</p>
      <p>— Tiens, voilà Reggenti…</p>
      <p>— Reggenti… Reggenti…</p>
      <p>— Voilà Monsieur F… Reggenti… Monsieur F…</p>
      <p>— Reggenti…</p>
      <p>Louis, comme beaucoup de joueurs, tourna le cou vers l’homme désigné. Franck Reggenti venait d’apparaître en haut des marches du hall. Pas seul. Quatre citoyens grands et souples l’encadraient. Plutôt petit, rond et bedonnant, regard sous lunettes noires, l’un des ténors de la pègre s’avançait, indifférent sous la curiosité. Il était sobrement vêtu de bleu, coiffé d’un feutre gris aux bords relevés, et portant en sautoir des jumelles de prix.</p>
      <p>Un flic gigantesque dont la manche s’ornait du mot : Pinkerton, et qui tenait sa matraque à l’horizontale derrière son dos, s’inclina légèrement. Reggenti rendit la politesse. C’était pas plus gentil comme ça ?</p>
      <p>Louis avança d’un pas, puis se contint. Il ne voulait pas déranger son vieux copain de Brownsville. Surtout en public. C’est qu’à présent, un monde les séparait. Franck était toute-puissance, alors que lui, le fonctionnaire de la Municipalité… Mais derrière ses verres, Franck, qui balayait les alentours par un ancien réflexe d’homme des rues, avait repéré Louis au milieu de la foule. Au lieu de se rendre vers les guichets comme il en avait l’intention, il bifurqua brusquement, fit un signe.</p>
      <p>— Oh ! Luigi !</p>
      <p>Personne, à part Johnny Vaccario, n’appelait plus Louis de son prénom italien. Personne depuis qu’il avait quitté Brownsville avec Mike après l’avoir adopté. Il se dégagea des curieux, marcha à la rencontre du célèbre gangster, et en sicilien :</p>
      <p>— Alors Frankie ? Comment va ?</p>
      <p>Ce dernier lui présenta une main nette, manucurée, dénuée de bague, répliqua dans la même langue.</p>
      <p>— Ça va, ça va. Et toi ? Content de te voir. Comment se porte notre ennemi public n° 1 ?</p>
      <p>Louis se sentit rougir.</p>
      <p>— Mike va bien. Je te remercie.</p>
      <p>Son copain lui décocha une bourrade amicale. Sa face, mate comme celle de Louis, s’éclaira d’un sourire. Mais derrière les verres, le regard demeurait vigilant.</p>
      <p>— Allons, allons, sois pas honteux. Être flic n’est pas un déshonneur. Tout le monde peut pas être gangster. Est-ce que je peux quelque chose pour toi ?</p>
      <p>— Non, non, Frankie. Tout va bien. Ça tourne rond. Et je te remercierai jamais assez de m’avoir fait entrer aux Nombres dans le temps. Sans toi j’aurais pas pu pousser Mike aux études, et l’installer après son mariage. Vraiment je…</p>
      <p>Franck Reggenti leva la main.</p>
      <p>— Me remercie pas. C’était normal que j’aide un copain d’enfance et…</p>
      <p>Il parcourut les environs de ses yeux vifs. Mais personne, même ceux comprenant l’italien, ne pouvait entendre, ses quatre porte-flingue l’isolant mieux qu’un réseau électrifié. Il ajouta :</p>
      <p>— … et prononce pas ce mot-là. Les Nombres me concernent pas. Pour t’y faire entrer je me suis servi de mes relations, sans plus.</p>
      <p>Louis n’insista pas. Son vieux copain des rues pouilleuses de Brownsville, né comme lui à Catane en Sicile, ce copain avec qui il avait partagé les premiers coups durs, les premières bagarres, les premières joies, n’aimait pas la contradiction. Pourtant on racontait que M. F… était à la tête des Nombres. Des Nombres et d’un tas d’autres rackets. Mais puisqu’il disait que ça ne le concernait pas…</p>
      <p>Après un regard sur le tableau où les cotes se stabilisaient, Franck fit signe à un de ses gars.</p>
      <p>— Georgie.</p>
      <p>Celui-ci s’avança. Il était suprêmement élégant. Sa frime et ses yeux étaient durs.</p>
      <p>— Oui ? dit-il.</p>
      <p>Son patron qui, partout ailleurs, aurait pu passer pour un bourgeois tranquille et aisé, sortit négligemment une liasse de billets de 100 dollars. Il en détacha quelques-uns, les tendit.</p>
      <p>— Colle ça sur le 3. Il a une chance.</p>
      <p>Georgie se dirigea vers les guichets. Aussitôt des joueurs le suivirent. Franck Reggenti grimaça.</p>
      <p>— Gaffe-les, dit-il à son vieux copain. Ils veulent savoir ce que je joue pour en faire autant. Car pour eux, automatiquement je dois avoir un tuyau. Les cons. Ils peuvent pas me voir sans penser à une combine. Gaffe-les. Je te parie qu’ils vont écouter la prise de Georgie, et tous miser sur le 3. C’est que je les connais…</p>
      <p>Il prit le cigare que lui offrait Louis, soupira :</p>
      <p>— Les crétins. Comme si je pouvais pas tenter ma chance au hasard comme tout le monde. Mais non. Pour eux je ne flambe qu’à coup sûr. Et si je me mouche en public c’est pas normal non plus. C’est qu’il y a du louche là-dessous, et que je me prépare à faucher quelqu’un. Des cons je te dis.</p>
      <p>Il fit craquer le havane à son oreille, pour s’assurer de sa qualité, ajouta :</p>
      <p>— Mais à la longue tout ça me porte tort. Sans compter que les journalistes parlent trop de moi. Résultat, on envisage encore de me faire passer devant une commission d’enquête.</p>
      <p>Louis n’écoutait plus. Il lorgnait la piste où les jockeys poussaient une pointe. D’ici peu, ils iraient se ranger sous les ordres du starter. Il allait être temps de jouer. Il s’inquiéta, froissant au fond de sa poche, son misérable bifton de 5 dollars.</p>
      <p>— Tu penses vraiment que le 3 a une chance ?</p>
      <p>— Hé, hé, blagua son ami. Toi aussi, tu crois à mes combines, hein ? Mais pour cette fois, je t’assure que c’est du pur flan. Fais comme tu veux. Possible que le 3 arrive mais je peux rien te garantir.</p>
      <p>Voyant que Louis contrôlait mal son impatience de jouer, il reprit :</p>
      <p>— Allez, je te laisse. Va flamber. Moi je dois voir courir le 3, il m’intéresse pour l’avenir. C’est pour ça que je suis ici, et je repars aussitôt après. Va. Et si t’as besoin de moi, tu sais où me joindre. Tchao, Liugi. Et dis pas à Mike que tu m’as vu. D’après ce qu’on raconte, il a horreur des truands.</p>
      <p>Il gloussa, allait s’éloigner, se ravisa, baissa le ton :</p>
      <p>— Si tu veux une affaire sûre, mais alors du sûr, tu vois ce que je veux dire ? Eh bien, mets le paquet sur The Day dans la 8<sup>e</sup>. Du tout cuit. Allez, tchao.</p>
      <p>Et il gagna les tribunes des propriétaires, précédé et encadré de ses Siciliens gardes du corps.</p>
      <p>Louis se précipita aux guichets, lança son billet de 5 à l’employé.</p>
      <p>— Le 3.</p>
      <p>Puis comme l’homme allongeait le bras pour détacher du 3, il se rappela Brume, le cheval qu’il hésitait à jouer avant la venue de Frankie. Il cria presque :</p>
      <p>— Non, non pas le 3 ! Donnez-moi l’As.</p>
      <p>L’employé qui en avait vu d’autres obéit, et Louis suivit la foule qui se dépêchait vers les tribunes du public. Il était temps.</p>
      <p>Là-bas sous le soleil, les chevaux s’élançaient. Coincé en haut des marches qui menaient au ras de la pelouse, Louis tourna le cou et réussit à apercevoir Franck qui de ses jumelles suivait la progression. Si lui était intéressé par la course, menée à un train de démon, ses Siciliens, eux, ne s’occupaient que des voisins. Mains dans les poches de leurs légers pardessus, ils les balayaient sans cesse de leurs yeux durs et méfiants. Tout compte fait Louis préférait sa place à celle de son vieil ami. C’était pas une vie que d’être toujours sur le qui-vive… Oui, mais Frankie avait autre chose à mettre que 5 dollars sur un canasson.</p>
      <p>— Brume, Brume…</p>
      <p>— Volcanique, Volcanique…</p>
      <p>Louis revint à la course. Les gails débouchaient du virage, et enfilaient la ligne droite. Et ça y allait. Et le souffle de milliers de gambleurs commençait à enfler pour se transformer en grondement à mesure que les pur-sang se rapprochaient. Puis ce fut un gueulement qui escalada le ciel pur :</p>
      <p>— Brume, Brume…</p>
      <p>Les chevaux touchaient au poteau et botte à botte, quatre jockeys cravachaient à mort. Puis un cri de victoire éclata, poussé par ceux qui passeraient à la caisse.</p>
      <p>— Le 3, le 3, le 3 !</p>
      <p>— J’en étais sûr !</p>
      <p>— Les doigts dans le nez !</p>
      <p>— Affiché d’avance !</p>
      <p>— Il a gagné en pétant !</p>
      <p>Les remarques fusaient, se heurtaient, poussées par des lascars qui se croyaient les maîtres du monde. Dame, ils avaient joué le 3, eux.</p>
      <p>Livide, le cœur stoppé, Louis Coppolano s’adossa à la rambarde. Dans sa poche sa main moite étreignait son dernier dollar. Juste de quoi reprendre le Sub. Saleté de Brunie. Saleté de saleté de Brunie. Et il fallait que ce soit Franck qui touche… Franck qui n’en avait pas besoin, qui jonglait avec les millions. Il le chercha du regard, ne le vit pas. M. F., comme l’appelaient les journaux avait déjà disparu avec ses sbires.</p>
      <p>Désemparé, Louis se laissa pousser dans le hall par la foule. La vue de tous ces tickets perdants qui jonchaient le sol cimenté lui rappela le sien. Il l’envoya rejoindre les autres. Puis, comme malgré lui, son œil alla chercher le tableau d’affichage qui annonçait 5 partants dans la 7<sup>e</sup>. Louis haussa les épaules. Ça ne valait pas le coup. Pourtant, en y regardant de plus près, il y avait le 2, là, le White qui devait écraser un tel lot. Il compara la cote avec celle de son journal, relut les performances de White. Pas d’erreur. Le White allait s’envoyer cette course en douceur. De la vraie nougatine. D’un pas décidé, le père de Mike marcha vers les guichets. À quoi bon attendre que tous les hésitants se ruent et vous obligent à faire la queue. Sous son veston, sa main fouillait une enveloppe et en ramenait une liasse : des biftons de 100. Le destin parlait. Louis évita les guichets à 5, 10 et 50 avant de s’arrêter devant ceux de 100. Il détacha deux billets, puis trois des mille dollars qu’il avait ramenés de l’enveloppe.</p>
      <p>— Trois cents du 2 dit-il.</p>
      <p>Et vivement, voyant que d’autres flambeurs arrivaient derrière lui en se hâtant :</p>
      <p>— Non, six cents du 2. Six cents.</p>
      <p>Il piocha trois autres billets, les passa à l’homme, soupira lourdement quand on les lui ôta du doigt. Il eut un geste comme pour reprendre le tout, n’osa pas. Tant pis, les dés étaient jetés. Il essuya la goutte de sueur qui roulait sur sa joue, aspira une goulée d’air, décida d’aller boire. Ça le calmerait.</p>
      <p>Il se laissa tamponner le dos de la main<a l:href="#n_13" type="note">[13]</a> au barrage séparant le pesage de la pelouse et gagna la gigantesque cafétéria.</p>
      <p>Lorsqu’il revint, la course était commencée. Il ferma les yeux avant l’arrivée, retenant son souffle, guettant les cris lui annonçant la victoire de White, le № 2. Quand il entendit brailler le 4, il faillit se trouver mal. Le froid le saisit. Il enfila son imper et tête basse, désemparé, il regagna le hall. Ainsi ça y était, il avait amputé de 600 dois le pognon qui ne lui appartenait pas. Bien sûr, il trouverait sûrement à les emprunter… Six cents thunes c’était pas le bout du monde. Mais tout de même… Il soupira, et soudain son œil s’anima. Et The Day ? Le tuyau de Frankie ? Cette pensée le ragaillardit. Si Franck l’avait donné comme un coup sûr, c’est que ça l’était. Alors à quoi bon se cailler le lait ?</p>
      <p>Au tableau The Day, le № 6, cotait à 8 contre 1. Ça pouvait être doux.</p>
      <p>Cette fois, Louis patienta devant l’affichage. Le temps s’écoula. Sur onze partants, The Day était grimpé à 15 contre 1 puis était retombé à 9 et y restait. Louis hésita encore. Aux guichets les joueurs se faisaient plus rares. La plupart avaient rejoint les tribunes. Le tableau lumineux qui annonçait les délais minute par minute indiqua que la course se jouerait dans six. Tout à coup Louis se déchaîna. Comme pris de folie, il se rua en fouillant sous son veston. Tout le paquet avait dit Frankie, son vieux copain des rues de Brownsville ? Tout le paquet sur The Day dans la 8<sup>e</sup>. Eh bien, nom de Dieu, il allait le mettre le paquet ! Et un gros encore. Sous ses doigts fébriles les enveloppes se déchirèrent, des liasses apparurent. Il les compta rapidement, les jeta devant l’employé ahuri.</p>
      <p>— Six mille du 6, dit-il, époumoné par son excitation. Six mille sec.</p>
      <p>En tremblant il referma sa main sur un paquet de tickets, et alla se poster dans le dos des joueurs qui bouchaient la descente. Toutes les marches, tous les gradins, toutes les tribunes étaient occupés.</p>
      <p>Louis ne chercha pas à voir. Il n’en avait pas le courage. Après un discret signe de croix fait avec le pouce sur sa cravate, il priait pendant que, là-bas, les casaques de couleur se gonflaient au vent de la course. Il priait comme beaucoup de joueurs le font, quand l’instant est venu d’affronter leur chance, et qu’ils regrettent d’avoir joué, tout en sachant qu’ils joueront toujours, car c’est leur drogue, leur raison de vivre.</p>
      <p>Il n’osa regarder que lorsque devant lui une femme s’excita, œil collé à des jumelles.</p>
      <p>— Le 6 remonte, le 6 remonte.</p>
      <p>— Six, renchérit un voisin, lui aussi, jumelles braquées, vers là où se battaient les pur-sang.</p>
      <p>— Sûr que The Day va enlever ça. Pas de problème, ajouta un autre.</p>
      <p>Louis Coppolano cette fois écarquilla les yeux. Mais si sa vue était bonne, au point qu’à 51 ans il n’avait pas besoin de lunettes, les casaques et les toques là-bas se confondaient. Tout ce qu’il pouvait remarquer, c’est que le groupe compact du peloton arrivait au virage précédant la ligne droite. La femme aux jumelles trépigna soudain.</p>
      <p>— Le six commence à se détacher ! Le six se détache !…</p>
      <p>La joie submergea Louis Coppolano. Ses mains se joignirent, ses lèvres achevèrent la prière.</p>
      <p>— Sûr ! fit le voisin. Sûr ! que The Day se détache ! C’était couru d’avance.</p>
      <p>Une boule bloqua la gorge du père de Mike. Ses paumes se soudèrent, puis doucement il se mit à les frotter l’une contre l’autre. Le mouvement s’accéléra un peu. Les traits du vieux se crispèrent. Enfin, cédant à l’impulsion qui le dominait, contre laquelle il ne pouvait rien, il s’éloigna et on aurait pu croire qu’il se savonnait les mains.</p>
      <p>Il gagna les lavabos situés à droite dans l’immense hall, ne vit même pas le Noir en veste blanche qui le saluait. Pendant que là-bas une sourde rumeur se transformait en cris d’encouragement, il présenta ses mains poissées du sang de son fils sous un filet d’eau fraîche.</p>
      <p>La crise passée, quand il revint dans le hall qu’envahissaient les joueurs, son premier coup d’œil fut pour le tableau. Ses jambes fléchirent. Une giclée de sueur lui mouilla le dos et le ventre. La respiration lui manqua. Le 6 n’était pas à l’affichage. C’était, dans l’ordre, le 2, l’As et le 4 qui avaient franchi le poteau. Quant au 6… Quant à ce The Day de malheur… ce coup sûr, comme le lui avait dit son vieil ami des rues de Brownsville… son vieil ami Franck Reggenti, le grossium de la pègre… Louis resta foudroyé sur place. On le bousculait de tous côtés, mais il ne réagissait pas, ne voyait rien. Il ne voyait que son désespoir.</p>
      <p>Quand il récupéra un peu, ce fut pour sortir les enveloppes déchirées et compter ce qu’il restait dedans : 1 493 dollars 75. Les 75 cents eux, il ne les avait pas perdus. Mais le reste… Comment allait-il rembourser ? Où trouver ce pognon ? Mike évidemment ne les avait pas. Et de toute façon il ne pouvait rien lui dire. Ni surtout lui parler des Nombres. Mike se fâcherait à mort, s’il apprenait que son vieux travaillait pour l’Organisation. Pour cette racaille, comme il disait.</p>
      <p>Au tableau on annonçait la cote de la 9<sup>e</sup> et dernière course du jour. Louis se mit à calculer, à bâtir un autre rêve. S’il misait 1000 dollars sur Stop le n° 4 donné à 7 contre 1, il était refait, à condition que ce carcan arrive, bien sûr. Mais il le pouvait. Louis était passé à la caisse quelques mois avant avec ce Stop. Pourquoi pas aujourd’hui ? Surtout que d’après le papier…</p>
      <p>Louis se disait qu’il aurait tort de s’en aller maintenant. La chance pouvait tourner. Elle allait tourner. Il en était certain. Comme il était certain d’être tout à l’heure chez Johnny Vaccario et de lui tendre les 7 073 dollars 75 de paris. Certain.</p>
      <p>Il était repris par l’excitation des joueurs qui se font du cinéma. C’est d’un pas calme qu’il marcha vers les guichets, mais c’est d’une main tremblante qu’il allongea 1000 dollars, puis 1200 à l’employé. Les 200 de plus que prévu, c’était pour son bénéfice. Ça ne pouvait rater. Et ça rata.</p>
      <p>Comme toujours.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>IV</p>
      </title>
      <p>La femme de Johnny Vaccario referma sur Louis et le débarrassa de son imper.</p>
      <p>— Johnny vous attend au bar, dit-elle.</p>
      <p>Elle était brune, très belle, avait le type italien, dégageait un parfum qui troublait et semblait revenue de tout. Pendant qu’elle disparaissait par une autre porte, Louis pénétra dans un salon luxueux, dont un angle reproduisait un bar de style anglais.</p>
      <p>Des boiseries recouvraient les murs et sur elles se reflétait l’éclat des bouteilles et des verres taillés. À ces murs étaient suspendus des tableaux représentant des pur-sang célèbres. Une table basse en fer forgé, cernée par des fauteuils et un canapé de cuir, occupait un angle. Un poste de télé et des meubles rares, un autre. Et par endroits de coûteux tapis mettaient des couleurs chaudes sur le parquet luisant, entretenu.</p>
      <p>Des nuages de fumée rôdaient au plafond. Et l’air sentait le whisky.</p>
      <p>Johnny était assis derrière le comptoir d’acajou sombre où traînaient des verres vides et des cendriers pleins. Il releva le front à l’apparition de Louis, exhibant un visage sévère que trouait la petite vérole. Ses yeux, d’un marron clair, fixaient de façon gênante. Il lâcha des enveloppes et des liasses de dollars, constata :</p>
      <p>— T’es le dernier, Luigi. Et un peu à la bourre. Les autres sont tous passés. Je n’attendais plus que toi pour vérifier les comptes et les porter.</p>
      <p>Il rit sans gaieté, ajouta :</p>
      <p>— Durant un moment, j’ai cru que tu nous avais fait jongler et que t’étais barré avec la caisse.</p>
      <p>Louis se sentit pâlir pendant que Johnny enchaînait :</p>
      <p>— Enfin tout est bien puisque te voilà. Rien à signaler ?</p>
      <p>Louis ravala sa salive. Il voulait gagner du temps.</p>
      <p>— Si, le deux, Hans le Norvégien n’est pas venu. Quant au quatre, le jeune truand…</p>
      <p>Johnny le stoppa vivement. Sa voix marquait le doute.</p>
      <p>— Il n’est pas venu non plus ?</p>
      <p>— Si, mais il se fait trop remarquer. À votre place…</p>
      <p>Johnny refusa le conseil d’un geste sec.</p>
      <p>— Pour lui c’est pas grave. Et si quelque chose cloche c’est à toi de lui filer des rencards dans des coins où vous risquez pas d’attirer l’attention. Et puis n’y touche pas. C’est le jeune frangin d’un des grands manitous. Quant à ce Hans ?</p>
      <p>Il se mordilla les lèvres avant de jeter brusquement.</p>
      <p>— D’après toi il nous aurait fait jongler ?</p>
      <p>Le père de Mike eut un haussement d’épaules.</p>
      <p>— Il n’est pas venu. Tout ce que je peux dire… Après tout, peut-être qu’il s’est fait cravater !</p>
      <p>— On le saurait déjà, précisa Johnny. N’oublie pas qu’on a des antennes partout. Et puis dans notre job, y a que ceux qui ramassent les paris à la base qui se font emballer. Les autres rarement. Quant à ce qui lui est arrivé, je serai fixé ce soir. Et si jamais…</p>
      <p>Un éclair vite éteint jaillit de ses yeux. Il ajouta tendant la main :</p>
      <p>— Passe-moi toujours tes enveloppes. Il va être temps que je me barre les porter.</p>
      <p>Louis se racla la gorge.</p>
      <p>— Eh bien… c’est-à-dire…</p>
      <p>Il se tut. La face grêlée de Johnny se durcit insensiblement.</p>
      <p>— Eh bien ?</p>
      <p>Le regard de Louis chercha le parquet.</p>
      <p>— Eh bien… heu… Faut que je t’avoue…</p>
      <p>Johnny contourna le comptoir. Il vint se poster devant celui qu’il avait également connu à l’époque des rues et de la pouillerie de Brownsville. À l’époque où Frankie, Luigi et lui-même étaient trois doigts de la main. Il se contenta de poser sur Louis ses yeux marron clair, ses yeux qui ne cillaient jamais et donnaient froid au ventre.</p>
      <p>Mal à l’aise, Louis prit sa respiration, puis lâcha d’un coup.</p>
      <p>— Eh bien voilà, j’ai été aux courses tantôt et…</p>
      <p>Il s’arrêta brusquement. Ça ne voulait pas sortir.</p>
      <p>C’était dur à avouer. Surtout sous cet implacable regard.</p>
      <p>Le responsable du district avait compris mais il ne faisait rien pour aider son ancien copain.</p>
      <p>Non. Il se contentait de le fixer avec ses yeux marron clair. De le fixer, sans plus. Mais pour Louis c’était pis que des insultes, que des coups. Ce regard qu’il n’osait affronter le brûlait. Il en sentait la chaleur mortelle sur sa peau. Il éleva les mains, respira de nouveau. Fortement. Avant de se décider.</p>
      <p>— Faut me comprendre Johnny. J’ai pas pu résister. Toi qui n’es pas joueur, tu peux pas comprendre. Mais c’est comme ça. On croit qu’on va se refaire, on s’emballe, on s’excite puis…</p>
      <p>Johnny demeura de glace. Seule, sous sa chaussure, une lame de parquet avait craqué. Louis reprit, essayant de convaincre.</p>
      <p>— J’ai fait une connerie, je le sais. Mais je rembourserai. En deux ans je rembourserai tout. C’est juré. Tu sais que je le peux. Je gagne assez aux Nombres pour pouvoir le faire.</p>
      <p>— Combien ?</p>
      <p>La question était venue, brutale. Louis sortit son carnet, le consulta.</p>
      <p>— 7093 dollars… Heu… non. Il m’en reste 293 et 75 cents. J’ai pas tout flambé.</p>
      <p>Il se fouilla encore, sortit une enveloppe gonflée. Johnny tendit la main sans un mot. Il prit l’argent, l’envoya rejoindre les liasses et les enveloppes du comptoir, lâcha d’une voix dure :</p>
      <p>— Et alors ?</p>
      <p>Louis Coppolano écarta les bras.</p>
      <p>— Eh bien, je te l’ai dit, je vais rembourser. Vous avez ma parole. Tu sais bien que je la trahirai pas.</p>
      <p>Impitoyables, les yeux marron clair le fixèrent :</p>
      <p>— Qu’est-ce que tu veux que ça nous foute ta parole. Quant à rembourser, tu auras du mal. Tu bosses plus pour nous.</p>
      <p>Louis Coppolano se sentit mollir. Il leva des mains qui tremblaient, suppliaient presque.</p>
      <p>— Mais enfin, Johnny ! On est des vieux copains, toi et moi ! Avertis les manitous, dis-leur que je suis désolé et que je rembourserai !…</p>
      <p>Le pouce de Johnny indiqua la porte.</p>
      <p>— Barre-toi.</p>
      <p>Dans la gorge de Louis, les mots se bousculèrent.</p>
      <p>— Mais enfin, Johnny ! Laisse-moi avertir Frankie… Tiens, si tu veux, je vais lui emprunter le pognon et vous rembourser tout de suite. O. K. ?</p>
      <p>La face grêlée demeura inexpressive.</p>
      <p>— S’il veut te les avancer, ça le regarde. Mais même lui pourra plus t’imposer maintenant. Même s’il était le grand boss, et ça personne le sait, il pourra plus t’imposer. On n’a pas le droit d’encaisser ça. Car un mec qui s’est dérobé une fois, se dérobera encore. C’est clair ?</p>
      <p>Louis s’approcha à toucher son vieux copain d’enfance.</p>
      <p>— Et si tu leur disais rien ? Si tu me l’avançais, toi, ce pognon ? Hein ? Je sais que c’est une grosse somme, mais je te rembourserai. Tu sais que tu seras remboursé. Leur dis rien, va, Johnny. Fais-moi cet avantage, va.</p>
      <p>Ce dernier ne broncha pas. Ses yeux ne cillaient même pas. Ils restaient braqués sur Louis, dans une fixité gênante. Ils ne semblaient même pas le voir.</p>
      <p>— Dis, Johnny, supplia Louis. Fais-moi cet avantage, en souvenir de notre passé. Dis ? Fais-le… Je sais que tu peux me rendre ce grand service. Dis, Johnny.</p>
      <p>Johnny bougea la tête une fraction de seconde. Son regard sembla perdre un peu de son acuité.</p>
      <p>— Oui, je le peux. Quoique 7000 dois soient de l’oseille, je pourrais te les avancer à la rigueur. Mais je veux pas. Je veux pas couvrir ta saloperie.</p>
      <p>Son regard retrouva son implacable fixité.</p>
      <p>— Depuis tout môme, t’avais décidé de faire ta vie avec les caves. Et c’est ce que t’as fait jusqu’à ce que Frankie t’envoie parmi nous. Il a eu tort. Il aurait dû se gourer que tu te conduirais en ordure.</p>
      <p>Son pouce désigna de nouveau la porte.</p>
      <p>— Barre-toi.</p>
      <p>Louis avait blêmi sous l’insulte. Il serra les dents et les poings, eut un geste comme pour réagir, mais se retint dans un long soupir, un soupir qui faisait mal. Puis lentement il marcha vers la porte.</p>
      <p>Johnny Vaccario alla décrocher le téléphone.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>V</p>
      </title>
      <p>— Chéri ! il est bientôt 9 heures et tu as promis de me ramener à la maison. J’ai peur que mes parents s’inquiètent.</p>
      <p>— Mais oui, mon ange, je vais te ramener. Te fais pas de bile.</p>
      <p>L’homme qui venait de répondre était vautré sur le ventre, menton calé sur ses deux poings. Il était nu sur le lit-divan, complètement nu dans la grande pièce surchauffée, et suivait à la télé un drame policier. Son corps annonçant une bonne taille était d’un bronze clair, ses cheveux ondulés d’un noir brillant, et ses dents luisaient blanches, dans un continuel sourire… À portée de sa main, à même la moquette rouge était posé un cendrier, d’où grimpait la fumée d’une Marlboro à bout filtre. Un téléphone blanc, dont le long fil allait se perdre au loin sous un meuble, jouxtait le cendrier.</p>
      <p>Sans perdre de vue le toquard, qui sur l’écran s’assaisonnait avec les cops, Jean Baez remarqua :</p>
      <p>— Mon ange ! Gaffe là-bas, sur le bureau…</p>
      <p>Y a de la poussière.</p>
      <p>La fille qui lui tournait le dos obéit malgré elle.</p>
      <p>Elle se baissa, laissa couler son regard à ras du meuble. Le sourire de Jean Baez s’accusa. Le tableau était mignonnet. La fille, une belle blondinette, était nue comme lui, à part un tout petit tablier qui ceignait sa taille mince. Le tout faisait coquet et marrant, surtout qu’elle avait glissé ses petits pieds dans les grandes mules qu’il lui avait prêtées. Elle passa énergiquement le torchon qu’elle tenait sur le bureau, avant de se retourner brusquement, sourcils froncés.</p>
      <p>— Tu en as du culot, tu sais ! Oser me faire faire ton ménage ! Ah ! tu es bien un Français…</p>
      <p>Il rit, d’un rire franc, comme celui d’un enfant.</p>
      <p>— Allons, mon ange, te fâche pas. Tu peux bien me rendre ce service puisque la bonne vient que deux fois la semaine !</p>
      <p>Il se tut un instant car sur l’écran de télé le toquard brûlait ses dernières cartouches contre les flics. Et il reprit.</p>
      <p>— Et puis non, t’as raison, mon ange. Fâche-toi. Ça te va tellement bien.</p>
      <p>Elle le contempla, cherchant à comprendre s’il se moquait. Elle était merveilleusement excitante et impudique sous l’éclairage du bureau qui, la frappant de biais, soulignait ses formes de fille sportive. Pendant de son poing, le chiffon frôlait ses cuisses, caressait le haut d’une jambe superbe. Elle dit enfin, sans cesser de le sonder de ses yeux en amande :</p>
      <p>— Tu m’aurais séduite avec l’arrière-pensée de me faire faire ton ménage que ça ne m’étonnerait pas.</p>
      <p>Il abandonna la télé, lui présenta un visage innocent où vivaient protégés par de longs cils, deux yeux noirs qu’il savait rendre d’une douceur rare.</p>
      <p>— Oh ! fit-il, faussement choqué. Comment tu peux croire ça ?</p>
      <p>Elle l’étudia encore, cherchant à le deviner, déroutée par ce genre d’homme, puis se rua subitement, lui jetant son chiffon à la figure.</p>
      <p>— Démon ! Sale démon de Français !</p>
      <p>Il se redressa d’un mouvement vif et souple, la reçut contre lui, l’enlaça.</p>
      <p>— Allons, allons, mon ange. C’est pas l’heure de faire du judo.</p>
      <p>Mais il ne chercha pas à dénouer l’étreinte qu’il avait amorcée. Au contraire. Et elle commença à gémir. Il l’écrasait de sa force de 30 ans, de sa puissante virilité dont il aimait user pour essayer de trouver l’oubli de son pays, pour ne plus se rappeler les petits bistrots de la Bastille, les bars des Champs-Elysées, les copains du Bada-Club, et les Parisiennes aux cuisses nerveuses.</p>
      <p>À peine venait-il de la lâcher, inerte et comblée, que le téléphone grelotta. Il tourna le dos à la fille, présentant ses reins où sur la droite s’étoilait une ancienne cicatrice d’arme à feu. Il laissa tomber jusqu’à la moquette une main nonchalante, décrocha, lança d’une voix aussi nonchalante :</p>
      <p>— Oui ?</p>
      <p>On parla à l’autre bout. Il s’exclama.</p>
      <p>— C’est toi, mon ange ? Comment va ? Et comme un Oh ! scandalisé éclatait dans son dos, il poursuivit en français.</p>
      <p>— Je peux pas te recevoir pour l’instant. Mon voisin le docteur est là, et je dois l’accompagner jusqu’à Broadway. Mais puisque c’est ton jour de repos, si tu veux passer vers les une heure du matin, je serais de retour. Ça te va ? Oui ? Alors O.K. Au revoir mon ange.</p>
      <p>Il raccrocha.</p>
      <p>Pour lui, pas de complications. Toutes les femmes étaient ses anges. Il ne risquait pas la méningite à leur chercher d’autres noms. Et vu qu’il passait plusieurs filles à la casserole par semaine, ça faisait beaucoup d’anges à la fin de l’année. De quoi garnir le ciel s’il en manquait.</p>
      <p>Il se retourna pour se faire cueillir par un œil furieux.</p>
      <p>— Qui appelles-tu ton ange ? Une autre fille, hein ? Et une Française par-dessus le marché, puisque tu as continué dans ta langue pour ne pas que je comprenne.</p>
      <p>Il l’attira à lui. Elle chercha à se débattre, mais céda devant ses yeux de biche, sa face candide.</p>
      <p>— Voyons, mon ange ! dit-il doucement. Qu’est-ce que tu te fais comme idée ? C’est une copine. Une fille qui travaille chez un coiffeur de la 5<sup>e</sup> Avenue.</p>
      <p>Elle le scruta, sentit sa méfiance fondre sous son regard tendre.</p>
      <p>— C’est bien vrai ? Tu me le jures ?</p>
      <p>— Puisque je te le dis, mon ange… Allez, maintenant rhabillons-nous, faut que je te ramène…</p>
      <p>Après l’avoir embrassée sur les cheveux, il s’éjecta du lit d’un coup de reins nonchalant, et donna toute la lumière. Les lampes placées dans différents coins éclairèrent le lit défait, le bureau de chêne clair, les larges fauteuils de velours gris, ainsi que le poste de T.V. à grand écran, et la commode basse au style imprécis. On ne sentait aucune présence féminine dans les lieux. Jean Baez en recevait pourtant des conquêtes dans son logis ! Mais aucune n’y avait laissé son empreinte. Aucune n’aurait pu le faire. Il ne s’attachait pas, ne se livrait pas.</p>
      <p>Encore plus impudique que l’ange qui commençait à s’habiller, il s’étirait sous la lumière, montrant son ventre lisse et dur, qu’une large boursouflure verticale sillonnait. C’était là qu’une balle de 7,65 l’avait frappé à bout portant au cours d’un Rififi. Et c’était à cause de cette cicatrice s’il était ici, car celui qui la lui avait faite n’en ferait plus jamais… Il l’avait étranglé de ses mains sauvages et nues. De ses mains sauvages qu’il avait projetées en avant pour tenter d’arracher l’arme meurtrière, et dont une balle lui avait emporté le pouce gauche, après qu’une autre lui eut troué le ventre. Juif oranais, avec du sang espagnol et arabe dans les veines, mais ayant grandi dans les ruelles de Paris du quartier Saint-Paul et de la Bastille, il s’était enfui à Cuba. Pas question pour lui de plaider la légitime défense. Coté comme truand, soupçonné d’un autre meurtre par les poulets français, il n’avait aucune chance d’échapper à une condamnation au maxi. Après un an de la Havane, Castro commençant à poindre, il s’était rabattu sur le Pérou, puis sur New York où l’avait appelé une affaire. Mais celle-ci traînait. Il envisageait de repartir. Déjà plus de trois mois qu’il vivait là dans ce quartier de rupins de Park Avenue au 115 East de la 75<sup>e</sup> Rue, sous le nom de Baez alors qu’il était en réalité Jean Hernandez.</p>
      <p>— Oh ! fit-il en baillant longuement, quelle cosse que j’ai !</p>
      <p>Repérant la fumée qui s’élevait du cendrier, il alla écraser le mégot de sa Marlboro avant de lancer à l’ange qui enfilait une gaine par-dessus son petit slip de nylon rose :</p>
      <p>— Dis, mon ange, pourquoi que tu mets ce truc-là ?</p>
      <p>Elle écarquilla les yeux. Il avait de ces questions !</p>
      <p>— Et qui me tiendrait mes bas ?</p>
      <p>Il eut une moue écœurée.</p>
      <p>— Vous autres ricaines, avez les plus belles jambes du monde. Mais quelle manie de vous coller ces engins qui vous aplatissent les noix ! Ça casse tout le plaisir qu’on aurait à vous voir marcher.</p>
      <p>Et pour bien lui montrer ce qu’il voulait expliquer par-là, il gagna la salle de douches, située de l’autre côté de la cuisine minuscule, en essayant de faire onduler ses fesses plates. Elle rit, tordue en deux, sa gaine à demi glissée sur ses cuisses rondes.</p>
      <p>— Ah ! toi, hoqueta-t-elle. Quel numéro tu fais !</p>
      <p>Il revint vers elle, sérieux comme tout.</p>
      <p>— Sans blague, dit-il, vous avez tort. Vous gâchez votre ligne. Vous êtes pourtant drôlement balancées ! Vous ne comprenez pas que c’est joli une femme sans gaine ? Dont on devine la chair libre sous la robe ?</p>
      <p>Et des mains, il dessina sur son buste puissant des seins imaginaires, les laissa glisser à ses flancs étroits, avant d’achever son mouvement en des courbes voluptueuses, signées Marylin Monroe.</p>
      <p>— Ah ! les femmes, s’écria-t-il comiquement. Faut tout leur apprendre ! Et quand elles ont bien appris, elles vous mettent la main sur le grappin et vous empêchent d’aller en éduquer d’autres.</p>
      <p>Brusquement, il fonça vers le mur proche, et à une allure vertigineuse, tête baissée et jarrets ployés, il se mit à le frôler de ses poings nus et durs, donnant l’impression qu’il s’attaquait à un <emphasis>punching-ball</emphasis>. Déroutée par cette soudaine volte-face, l’ange le contemplait, bouche ouverte, les yeux ronds.</p>
      <p>Il acheva son <emphasis>forcing</emphasis> par une droite foudroyante, qui, elle, ne fit pas semblant. Le choc de la chair contre le mur résonna sèchement dans la pièce chaude qui sentait l’amour.</p>
      <p>— Mais tu es fou s’écria l’ange. Tu vas te faire mal !</p>
      <p>Il ne lui accorda aucune attention. En deux bonds il se rendit sous la douche, et ouvrit les jets croisés qui massèrent son corps fauve.</p>
      <p>Elle ne pouvait savoir qu’il avait la rixe dans le sang, qu’il n’était que contrastes : toute douceur et toute violence. Ni qu’il avait des sortes de crises occasionnées par des années de commandos en Indochine, et de nombreux combats pour les championnats de boxe militaires.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>— <emphasis>Buena sera, signor.</emphasis></p>
      <p>Louis Coppolano répondit à Rosa par un geste vague de la tête. Son esprit était loin. Alors qu’il mettait la main sur la poignée de la porte, César lui lança de son comptoir :</p>
      <p>— À demain, Louis.</p>
      <p>Celui-ci ne se retourna pas. Il sortit dans la nuit où tourbillonnaient quelques flocons.</p>
      <p>— Notre Louis n’est pas causant ce soir, remarqua César, vers sa serveuse. Qu’est-ce qu’il peut bien avoir depuis hier ? Car c’est depuis hier que quelque chose semble le travailler.</p>
      <p>— Et il n’a rien mangé… souligna la femme. Lui qui, d’habitude, raffole des <emphasis>Sabaglione</emphasis>… il n’y a même pas touché.</p>
      <p>Son patron haussa des épaules optimistes.</p>
      <p>— Ça se tassera. Ça se tasse toujours. Tiens, Rosa, occupe-toi du 12. Ils ont fini leur <emphasis>minestrone</emphasis>.</p>
      <p>Pendant qu’elle repartait vers la table indiquée il se replongea dans les calculs d’une addition.</p>
      <p>Dehors le père de Mike releva le col de son imper. Il faisait frisquet ce soir. Est-ce que les flocons annonçaient vraiment l’hiver ? Mais après tout, on ne pouvait savoir. Le temps change si souvent à New York. Hier aux courses, il faisait chaud et aujourd’hui… enfin ce soir…</p>
      <p>Parvenu en haut des marches, il esquissa un geste comme pour redescendre. Peut-être aurait-il dû essayer une fois de plus de contacter Frankie ? Depuis la veille qu’il était pendu au téléphone, il n’avait pu le joindre. À chaque fois on lui avait répondu que M. Reggenti était absent. Est-ce que c’était vrai ? Ou est-ce que son vieux copain, renseigné sur sa saloperie, ne voulait pas lui répondre ? Dans la journée, il avait même rôdé autour du Waldorf Astoria où Franck possédait un appartement avec piscine sur le toit, mais il ne l’avait pas aperçu. Pourtant il fallait qu’il lui parle ! Il fallait qu’il lui explique ! Qu’il obtienne qu’on le reprenne aux Nombres ! Sinon, comment pourrait-il rembourser ? Jamais il ne pourrait retrouver une telle somme ! En haut des marches, il enfouit frileusement les mains dans ses poches et prit à droite, vers Thomson Street. Il essaierait de téléphoner de son hôtel. Peut-être que Franck serait rentré.</p>
      <p>Il n’avait pas fait vingt mètres dans la rue quasi déserte qu’une ombre sortait de l’ombre et l’accostait, cigarette en main.</p>
      <p>— Vous n’auriez pas de feu s’il vous plaît ? Je retrouve pas mes allumettes.</p>
      <p>— Si, fit Louis en se fouillant.</p>
      <p>Il n’acheva pas son geste, ne put ressortir ses mains. Derrière lui, une deuxième ombre s’était glissée, et le ceinturait brutalement :</p>
      <p>— Mais… mais… bafouilla Louis Coppolano.</p>
      <p>Déjà la première ombre qui s’annonçait sous la lumière d’un lampadaire voisin comme étant un homme jeune à la gueule de boxeur, vêtu et coiffé de gris, levait la main et cognait du revers. En pleine face. Puis redoublait. Méthodiquement. Louis Coppolano chercha à se débattre, à ruer. Mais celui qui le ceinturait, était puissant. Les bras du père de Mike restèrent coincés dans leur étau.</p>
      <p>— Lâchez-moi, éructait-il, lâchez-moi. Que voulez-vous ?</p>
      <p>De ses poings gantés, l’homme en gris le frappa au foie, puis à l’estomac en un doublé fulgurant, pendant qu’une Chrysler noire d’un modèle ancien, glissant silencieusement, s’amenait à leur hauteur.</p>
      <p>— Hon ! gémit Louis Coppolano, le souffle coupé, courbant le buste en avant malgré lui. Hon… on… on… on !…</p>
      <p>Seule l’étreinte d’acier qui lui bloquait les avant-bras et l’obligeait à garder ses mains dans les poches l’empêcha de tomber. Sa face pendit vers le sol où voltigeait un prospectus souillé. D’un coup de genou, l’homme en gris lui renvoya le buste en arrière. Le père de Mike voulut crier, ameuter les environs. Trouant la nuit, un poing vint s’écraser sur ses gencives. Il sentit un flot de sang lui noyer la gorge. Vite il cracha, ouvrit la bouche à la recherche d’air frais. Sans y parvenir.</p>
      <p>— Ouille… cria-t-il aussitôt. Ouille…</p>
      <p>Un autre coup venait de le cueillir au creux de l’estomac. Ployé une fois de plus, toujours solidement maintenu, il cracha un jet rouge mélangé de bile.</p>
      <p>Un second coup de genou le renvoya en arrière. Et l’homme en gris à gueule de boxeur se remit à frapper. Mais plus lentement. Toujours méthodiquement. Comme un robot. Sans haine et sans passion.</p>
      <p>Abruti par les chocs répétés contre sa chair, le cerveau et les jambes vides, ne tenant plus que parce qu’on le tenait, Louis Coppolano ne résistait plus. Il ne savait plus où il était. Du sang coulait de ses lèvres fendues, de ses gencives, de son nez écrasé, de son oreille gauche éclatée.</p>
      <p>Il ne sentait plus rien, n’avait même pas pu achever la prière qu’il avait commencée au début. Et il ne vit pas une Chevrolet dépasser le feu rouge, deux blocks plus loin.</p>
      <p>C’était une Chevrolet Impala, de couleur bleu tendre. Au volant, Jean Baez sifflotait la marche de la 2<sup>e</sup> D.B., décontracté comme toujours. Il venait de déposer son ange au pied de chez elle, et après avoir avalé un <emphasis>Hamburger</emphasis> devant un comptoir, il remontait vers le centre de Manhattan.</p>
      <p>Apercevant une fille qui se hâtait sous le froid brusquement abattu sur la ville, il lui lança :</p>
      <p>— Alors, mon ange ! On va au dodo ? Mais on va se geler, toute seule dans un grand lit !</p>
      <p>La fille ne daigna répondre. C’est ce qui chagrinait le plus le Français, ce manque de réaction des filles américaines lorsqu’on les interpellait. Il les trouvait si belles…</p>
      <p>Nullement vexé, toujours sifflotant, accompagné dans sa marche militaire par le bruit des essuie-glaces, il passa devant César d’où filtrait une lumière rougeâtre, et, subitement, il aperçut le groupe vingt mètres plus loin. Son œil s’anima. Le sourire qui abandonnait rarement ses lèvres sensuelles s’amplifia : De quoi ? Une bagarre ? C’était trop beau. En un éclair, il avait compris ce qui se passait. Au lieu d’imiter les gens du pays qui ne se mêlent jamais de ce genre de choses, il se rangea doucement derrière la Chrysler noire où un homme attendait. Il le repéra, ne s’en inquiéta pas. Descendant sans se presser de son siège, il marcha vers le groupe, lança joyeux :</p>
      <p>— Hello, boys !</p>
      <p>Il avançait nonchalamment, ainsi qu’à son habitude, mains hors des poches, ses épaules de puncheur à peine courbées en avant. Il souriait. D’un sourire confiant, amical. Surpris l’homme en gris cessa son jeu de massacre. Il s’écarta un peu, demeura en position de cogner, tel qu’il était la seconde avant. Sous son feutre gris, son regard restait indécis, mais méfiant. Quant au colosse en chandail qui tenait Louis Coppolano, il guettait le nouveau venu d’un œil lourd.</p>
      <p>— Hello, boys ! répéta Jean Baez, de la même intonation.</p>
      <p>Il n’était plus qu’à trois mètres du groupe. Ses traits exprimaient la douceur et son sourire était encore plus putain, plus amical.</p>
      <p>— Qu’est-ce que vous voulez ? lui lança enfin l’homme en gris.</p>
      <p>Le bon sourire joua sur la figure de l’Oranais arrivé à portée.</p>
      <p>— Rien, dit-il, secouant la tête.</p>
      <p>Et aussitôt, son poing faucha l’air ; un coup sec, imparable, qui désarçonna l’homme en gris. Ce dernier voulut se ressaisir. Un crochet aussi brutal qu’un coup de marteau lui défonça une côte, vers la région du cœur. À son tour, comme le vieux tout à l’heure, il ouvrit la bouche à la recherche d’une goulée d’air. Jambes écartées et jarrets ployés comme sur un ring, l’Oranais catapulta son droit dans un han de bûcheron. Toute la sauce qu’il avait mis. Il sentait une douleur aiguë monter de son poing, gagner le bras, l’épaule, puis irradier son corps. Il ne cessa pas de sourire.</p>
      <p>L’homme en gris, lui, tournoyant sur lui-même, alla s’affaler contre une devanture. De l’œil, Baez, qui n’avait cessé de surveiller le colosse, repéra son geste. D’un bond de côté, il évita le corps de Coppolano que l’autre lui balançait dans les jambes et se rua. Comme la foudre. Le colosse n’avait pas encore achevé son geste qu’il encaissait une droite, suivie de deux gauches très courtes. Puis une grêle de coups s’abattit sur lui sans qu’il puisse se mettre en garde. Baez visait la face, les yeux surtout, pour aveugler. Il savait bien qu’il serait perdu si l’autre parvenait à l’étreindre. C’est pourquoi il cognait à une vitesse folle, qui ne laissait pas de répit. Il cognait comme sur un <emphasis>punching-ball</emphasis>. Comme trois heures avant dans son studio. Mais cette fois, il ne s’amusait pas à frôler un mur. Non. Il tapait dans de la viande et une pointe de sadisme retroussait ses lèvres sur ses dents blanches, où le sourire avait cédé à un rictus.</p>
      <p>Insensiblement, le colosse fléchit et amorça un agenouillement. Il n’en pouvait plus, n’y voyait plus. Lorsqu’il se protégeait la tête, c’est au ventre qu’il encaissait, ce ventre qu’il gavait de bière à longueur de nuit. Quand ses bras se rabaissaient vers le ventre pour le protéger, c’étaient ses paupières meurtries qui se faisaient marteler. Sa grosse frime n’était plus qu’un tas de chair d'où pissait le sang.</p>
      <p>Quand ses genoux touchèrent le sol, une portière claqua dans le dos de l’Oranais qui guettait ce bruit depuis le début, qui savait qu’il se produirait. Aussitôt, il projeta ses poings en l’air et les ouvrit dans le même mouvement. Puis rabaissant les mains dans un geste féroce, il trancha le cou du colosse, juste sous les deux oreilles. L’homme agenouillé se recroquevilla, son crâne pencha de côté. Il chercha bien à garder appui sur le trottoir en s’aidant de ses mains, mais il avait son compte. Son énorme corps boula sur la mince pellicule de neige.</p>
      <p>À la seconde, l’Oranais pirouetta sur lui-même. Il était temps. Le chauffeur, un type maigre et jeune, à face cadavérique, s’amenait sur lui, souplement et sans bruit. À part son visage de mort, il paraissait tout noir au milieu des flocons qui continuaient leur ronde au gré du vent frisquet. À son poing droit que venait de frapper la lumière du lampadaire étincelait une longue lame effilée. Cette vue ramena le sourire sur les lèvres de l’Oranais. La vue d’un couteau l’excitait. Rien ne l’excitait plus que ça. Peut-être bien qu’il était fou après tout. Peut-être bien que c’était pour se bigorner contre des lascars armés, pour libérer son trop plein de vitalité qu’il s’était engagé jadis dans les Commandos. Et s’il n’avait pu se réadapter après, il n’y pouvait rien. Il y en avait tant des comme lui de par le monde, de ces déclassés, qui errent à la recherche d’ils ne savent trop quoi.</p>
      <p>Il laissa l’autre s’approcher à trois mètres, puis le feinta. Il mima un saut vers la droite. Le chauffeur fut dupe. Il bifurqua, avant-bras gauche en avant pour se protéger, poing droit collé à la cuisse, prêt à éventrer. Déjà Jean Baez était revenu à gauche et cognait d’un coup sec et précis au menton. Et dans un éclair, il happait le poignet armé, le ramenait sauvagement en arrière, présentant sa main gauche en appui, au-dessus du coude. Un os craqua. Le couteau rebondit sur le ciment dans un son clair. L’homme poussa un gueulement de douleur. L’Oranais ne rengracia pas. Il donna un peu de mou et redoubla son geste, sèchement, avec cruauté. L’os craqua encore. Plus fort cette fois. Un second hurlement grimpa vers le ciel bouché. L’Oranais ouvrit les mains, sauta de côté, abattit de plein fouet sur la nuque offerte sans défense le tranchant de sa main droite. Le chauffeur s’affala en avant de tout son long, et sa face de mort donna contre le trottoir. Un ricanement accompagna sa chute. Puis Jean Baez se dirigea vers sa Chevrolet. Il allait y monter, quand il se rappela le type qu’on assommait lorsqu’il était intervenu. Il le chercha des yeux, l’aperçut accoté contre la première marche d’une maison de briques rouges. Il semblait plutôt mal en point le vieux. L’Oranais hésita une seconde. À quoi bon s’occuper de ce gonze. Ce n’était pas pour jouer les Chevalier Bayard qu’il était venu se mêler de cette salade ! Non. Seulement pour se battre un peu, pour se décharger du trop, plein de sa vitalité. Le reste il s’en foutait. Mais malgré lui il revint sur ses pas en entendant le vieux lâcher une plainte.</p>
      <p>— Ça ne va pas bien, hein pépère ? dit-il, se penchant sur Louis Coppolano.</p>
      <p>Une deuxième plainte lui répondit.</p>
      <p>— C’est bon, se décida-t-il soudain. Je vais m’occuper de vous. Vous pourrez marcher ?</p>
      <p>— Je vais essayer, murmura faiblement le père de Mike.</p>
      <p>Il le fit, mais ne réussit pas à se redresser sur ses jambes.</p>
      <p>— Je vais vous aider, rassura l’Oranais. Appuyez-vous sur moi.</p>
      <p>Et se baissant, il le souleva sous les aisselles et l’entraîna doucement vers la Chevrolet, non sans lorgner du coin de l’œil les corps étendus.</p>
      <p>Après avoir installé le vieux, il contournait le capot pour s’asseoir au volant quand il repéra un mouvement de l’homme en gris qui se fouillait. Pour prendre un flingue ? Une rapière ? L’Oranais n’attendit pas de réponse, il fonça. Trois bonds l’amenèrent sur l’homme qui tentait de dégainer. Sans ralentir son élan il le frappa en pleine gueule de la pointe de sa chaussure droite. Le choc se répercuta dans le calme de la nuit. Un deuxième choc fit écho au premier. C’était le crâne du gars qui rebondissait contre le sol.</p>
      <p>Rassuré, Jean Baez retourna à sa voiture, en massant son poing droit qui enflait.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Le petit ascenseur de la tranquille maison, genre hôtel particulier à 5 étages, stoppa au 4<sup>e</sup>. Jean Baez qui soutenait Louis Coppolano en ouvrit la porte. Il la cala du pied, aida le vieux à sortir.</p>
      <p>— Je vous dérange, fit celui-ci d’une voix faible.</p>
      <p>— Vous cassez pas la tête, pépère, rassura l’Oranais. Et puisque je me suis mêlé de ce qui me regardait pas, autant aller jusqu’au bout, pas vrai ?</p>
      <p>Le soutenant toujours, il lui fit fouler la moquette du palier, l’amena devant la porte du fond où il glissa sa clef. Sans lâcher le vieux il donna la lumière, acheva sa pensée.</p>
      <p>— Car je crois que vous préférez ne pas avoir à faire à n’importe quel toubib ? Autant éviter la curiosité des flics, non ?</p>
      <p>Il n’attendit pas la réponse. Il n’en espérait pas. Il reprit en refermant :</p>
      <p>— Moi, j’ai ce qu’il vous faut. Un chouette toubib et pas bavard. Laissez-moi faire.</p>
      <p>Le père de Mike eut un geste de protestation. Jean Baez lui sourit.</p>
      <p>— Puisque je vous dis de pas vous casser la nénette. Allongez-vous là, pendant que je vais chercher mon voisin.</p>
      <p>Louis Coppolano était trop vidé pour résister longtemps. Il se laissa ôter son imper souillé de sang, son veston déchiré, et ses souliers où le cuir noir était moucheté de taches brunes. Jean Baez l’aida à s’allonger sur le lit défait et le vieux poussa un soupir d’aise. Il en poussa un autre quand son sauveur lui dénoua sa cravate.</p>
      <p>— Ça va mieux, hein, pépère ? sourit l’Oranais.</p>
      <p>Le père de Mike battit des paupières, et dans l’effort le sang coagulé qui lui plaquait à la peau lui arracha une grimace.</p>
      <p>— Oui, dit-il dans un souffle. Mais j’ai mal là. Foutrement mal.</p>
      <p>De la main droite, il désignait son côté droit avec appréhension. La gauche, elle, s’était refermée sur une épingle à cheveux oubliée sur le drap par l’ange de tout à l’heure.</p>
      <p>Jean Baez rassura.</p>
      <p>— Mon toubib va vous arranger ça. Je vais le chercher.</p>
      <p>Les yeux du vieux s’éclairèrent de reconnaissance.</p>
      <p>— Merci, dit-il de la même voix faible. Merci beaucoup. Je crois que je vous dois gros, hein ? Je l’oublierai pas. Sans vous…</p>
      <p>L’Oranais, qui s’était remis à masser sa main enflée, haussa les épaules.</p>
      <p>— Vous me devez rien du tout. Et je crois pas que les lascars qui vous bosselaient avaient l’intention de vous buter. Sinon, ils s’y seraient pris autrement. Vous croyez pas ?</p>
      <p>Le vieux grimaça encore avant d’admettre :</p>
      <p>— Peut-être. Mais je pense que je serais mort de froid après. Et puis peut-être qu’ils m’auraient tout de même tué à force de cogner.</p>
      <p>Il retint un léger cri de douleur. Jean Baez gagna vivement la porte.</p>
      <p>— Une minute, pépère, jeta-t-il. Serrez les dents.</p>
      <p>Il n’eut que le palier à traverser pour sonner chez le D<sup>r</sup> Wolff. Mais il dut insister avant qu’on ne lui ouvre. Enfin le docteur parut en nouant sa robe de chambre. C’était un Juif alsacien, venu exercer aux États-Unis, après l’avènement de Hitler.</p>
      <p>— Qu’est-ce qui vous arrive ? s’enquit-il. Est-ce une de vos nombreuses petites amies qui se trouve mal ?</p>
      <p>Il y avait de la gaieté sur son visage usé et fatigué. Il aimait bien son jeune compatriote, qui souriait toujours, et que n’accompagnaient jamais les mêmes filles.</p>
      <p>— C’est pas pour moi, doc, expliqua l’Oranais. Mais pour un ami. Je m’excuse de vous déranger, mais si vous vouliez venir… le gars est chez moi.</p>
      <p>— Qu’a-t-il ? Grave ?</p>
      <p>Son jeune voisin fit la moue.</p>
      <p>— Tout ce que je peux dire c’est qu’on l’a farci de coups.</p>
      <p>— C’est bon, fit le docteur. Le temps de prendre ma trousse et je vous rejoins…</p>
      <p>Deux minutes plus tard, il se penchait sur le père de Mike. Après l’avoir aidé à se déshabiller, il l’ausculta soigneusement. Il était précis, rapide, connaissait son boulot. Il déclara enfin en se redressant :</p>
      <p>— Il n’y a rien de cassé à première vue. Peut-être une côte fêlée… et encore. En tout cas il lui faut du repos. Le choc émotionnel l’a secoué. Je vais le nettoyer, le panser, mais j’aimerais autant qu’il ne bouge pas pour l’instant.</p>
      <p>Son regard qui avait vu tant de choses chercha celui de son jeune voisin.</p>
      <p>— Est-ce que vous pouvez le garder trois, quatre jours, ou dois-je le faire transporter chez lui ?</p>
      <p>Louis Coppolano murmura en essayant de décoller la nuque de l’oreiller :</p>
      <p>— Il est préférable que je rentre chez moi. Je peux pas continuer à embêter monsieur.</p>
      <p>Ses doigts qui jouaient mollement avec l’épingle à cheveux étaient pointés sur Jean Baez.</p>
      <p>— Vous inquiétez pas de ça, lâcha ce dernier. Demain y fera jour. Pour l’instant, laissez-vous dorloter. Pas vrai, doc ?</p>
      <p>— Je crois que ce serait préférable, acquiesça celui-ci en contemplant le blessé. Je vais vous débarrasser de tout ce sang coagulé, bien vous panser et vous faire une piqûre. Ça vous aidera à dormir. Vous n’auriez pas un peu d’eau bouillante et une cuvette ? ajouta-t-il, tourné vers son voisin.</p>
      <p>— Si, si, répliqua l’Oranais. Tout de suite, doc.</p>
      <p>Il pénétra dans la minuscule cuisine, et fit couler l’eau chaude dans une cuvette. Il allait l’emporter quand retentit la sonnette de la rue. Il poussa sur l’un des boutons placés dans la cuisine, et qui ouvrait la porte de la rue, attendit un peu avant de pousser le second, étonné qu’on le dérange si tard<a l:href="#n_14" type="note">[14]</a>.</p>
      <p>— Oui ? lança-t-il. Qui c’est ?</p>
      <p>— Mais c’est moi, mon chou ! répondit une voix féminine dans la plaque grillagée placée au-dessus de la boîte aux lettres. Tu m’as dit de venir à l'heure !</p>
      <p>— Ah ! merde, laissa-t-il tomber contre la plaque intérieure, située au-dessus des deux boutons. Je t’avais oubliée, mon ange ! Mais monte ! Monte, mon ange.</p>
      <p>Et il revint dans le studio avec la cuvette d’où s’élevait une fine buée.</p>
      <p>— Voici, doc, dit-il. Et ça m’étonnerait pas que je vous aie dégotté une infirmière…</p>
      <p>Le docteur qui nettoyait délicatement une plaie releva le front :</p>
      <p>— Vous dites ?</p>
      <p>De son restant de pouce, l’Oranais désigna la porte et le palier d’où parvenait le claquement des portes d’ascenseur.</p>
      <p>— Même que la voici.</p>
      <p>Il alla ouvrir avant qu’on ne frappe, et s’inclina galant vers la jeune et jolie brune qui écarquilla les yeux au spectacle.</p>
      <p>— Entre, mon ange. Entre. T’es chez toi, tu le sais. Tu vois, tout à l’heure je t’ai parlé du docteur au téléphone. Eh bien il est là. Tu vois que je mens jamais ! Et si tu voulais l’aider…</p>
      <p>Et désinvolte, nonchalant, il la dépouilla de son manteau, la poussa, ahurie, vers le lit en déclarant :</p>
      <p>— N’ayez pas peur de la commander, doc. Elle pense qu’à rendre service. Pas mon ange ?</p>
      <p>Simone, l’ange du moment, qui travaillait dans un salon de coiffure, ouvrit la bouche pour décocher une réplique mais se contint. Elle s’informa.</p>
      <p>— C’est vrai, docteur, que je peux vous aider ?</p>
      <p>Le docteur avait reconnu l’accent français. Il sourit.</p>
      <p>— Mais j’en serai ravi. Si vous vouliez me préparer ce pansement…</p>
      <p>D’un coton taché de sang, il indiquait un paquet. La jeune femme s’en empara et en déchira l’enveloppement, tout en fixant son amant qui lui faisait ses yeux de velours.</p>
      <p>Dix minutes plus tard, Louis Coppolano, bandé, le visage couvert de sparadrap, dormait soulagé par une piqûre.</p>
      <p>— Je vais en faire autant, déclara le docteur en rangeant sa trousse. Demain je viendrai lui jeter un coup d’œil. Bonsoir. Et merci pour votre aide, mademoiselle. Désolé de vous laisser tout ça…</p>
      <p>Il indiquait la cuvette pleine d’eau rougie et les linges souillés.</p>
      <p>— Vous bilez pas, doc ! lança l’Oranais. Elle va tout nettoyer. Pas mon ange ?</p>
      <p>L’ange ne répondit pas. Elle se dirigeait vers la cuisine pour se préparer un café. Elle qui avait tant compté sur sa nuit d’amour ! Ça s’annonçait bien. D’autant mieux que le téléphone sonnait et que Jean revenu d’accompagner le docteur disait dans l’appareil :</p>
      <p>— Allô ? Ah ! c’est toi, Steve !… T’as déjà appelé ? Mais oui, j’étais sorti. Je viens de rentrer. Comment, tu voudrais qu’on se rencontre cette nuit si j’ai rien à faire ? Bien sûr. Où ?… Au Métropole à 2 heures ? D’accord.</p>
      <p>Simone sortit vivement de la cuisine. Il lui décocha son merveilleux sourire, tout en continuant pour son interlocuteur :</p>
      <p>— Mais non, j’ai rien à faire ! Et de toute façon, notre histoire d’abord. À tout à l’heure.</p>
      <p>Et il raccrocha, sous l’œil courroucé de la jeune femme qui se hérissait.</p>
      <p>— Qu’est-ce que tu viens de dire ? Que tu n’as rien à faire ? Et moi, alors !</p>
      <p>Il éteignit la lampe la plus proche du lit pour laisse le vieux dans l’ombre, éloigna le téléphone, ramena le cendrier qu’il avait laissé sur la moquette revint vers son ange.</p>
      <p>— Toi, je t’oublie pas. Mais comme tu le vois, on me réclame, et c’est sérieux. Un copain dans l’ennui. Donc pour cette nuit, pas question de cueillir la pâquerette tous deux. On va filer et je vais te ramener chez toi. Mais avant tu vas me défaire le canapé qui se trouve près du bureau. Il se transforme en plumard lui aussi. Et comme mon ami occupe le mien…</p>
      <p>Elle se colla à lui, bouda.</p>
      <p>— Méchant. Notre nuit est encore fichue. Avec toi, il y a toujours quelque chose. Ou tu vas jouer au poker, ou tu accompagnes des docteurs, ou tu pars en voyage ! Quand je pense que je suis amoureuse de toi ! Je suis folle de l’être.</p>
      <p>Il la bloqua contre lui.</p>
      <p>— Mais non, mon ange, t’es pas folle. C’est moi qui suis fou de toi, oui. Complètement fou.</p>
      <p>Et après l’avoir longuement embrassée en pensant à autre chose, il lui claqua la croupe, en l’expédiant défaire le canapé.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>VI</p>
      </title>
      <p>De temps à autre une voiture passait sous les fenêtres et en faisait trembler les carreaux. Mais c’était rare, car avec le froid les gens ne circulaient guère. Surtout dans ce coin de la 112<sup>e</sup> Rue qui donnait sur le marché porto-ricain. Ceux-ci s’étaient implantés dans le secteur dès leur émigration aux États. Ils grouillaient dans les sempiternelles maisons à trois, quatre étages, aux briques rouges noircies par les ans et aux escaliers de fer d’incendie, popularisés par les films. Les cafards<a l:href="#n_15" type="note">[15]</a> avaient apporté avec eux leur laisser-aller, leur faim de la vie, leur misère, et leurs vices. Leurs rues regorgeaient de détritus, de papiers gras, de putains à quelques dollars, de jeunes voyous faméliques, de poivrots effrénés et de camés. Il ne faisait pas bon se trouver seul, la nuit, dans le secteur. Pour 50 cents, un de ces fondus aux dents longues vous plantait sa rapière dans le dos.</p>
      <p>Les carreaux que voilait un rideau déchiré tremblèrent de nouveau au passage d’une voiture. Probablement un taxi qui rentrait…</p>
      <p>Steve Ryan bâilla, écrasa son mégot dans un cendrier déjà plein qui empoisonnait. Derrière sa chaise une voix féminine s’éleva, lourde de sommeil.</p>
      <p>— Tu reviens pas te coucher ? Qu’est-ce que tu fabriques encore ?</p>
      <p>Steve abandonna des yeux la page blanche coincée dans une machine portative, que cernait un cône de lumière provenant d’une vieille lampe de bureau.</p>
      <p>— Non, je ne viens pas me coucher, lança-t-il vers le lit de cuivre à peine visible dans l’ombre de la pièce enfumée. Je sors.</p>
      <p>Il repoussa sa chaise et se leva, écrasant de ses pantoufles avachies des feuilles roulées en boule, et qui avaient raté la corbeille à papiers. À quoi bon s’entêter devant la table de bois blanc à pondre un bon article ? Puisqu’il n’y arrivait pas, et que de toute façon on le lui refuserait.</p>
      <p>Cela datait du jour où on l’avait surpris les mains dans le veston d’un collègue, qui avait laissé son vêtement au dos d’une chaise. Et comme il y avait eu plusieurs vols auparavant… Il s’était retrouvé à la rue, méprisé, rejeté de la profession. Mais patience. Il aurait sa revanche. Il allait leur montrer, leur faire voir son envergure. Patience. Encore quelque temps, et il ferait même éditer à ses frais le manuscrit du roman qu’on lui avait refusé partout. Lui savait que les éditeurs se trompaient, qu’il avait l’étoffe d’un Steinbeck et d’un Hemingway. Lui le savait. Un jour il leur montrerait à tous, et leur jetterait sa gloire en pleine gueule. Et il y retournerait dans les journaux. Par la grande porte. Avec des millions plein les poches. En Amérique on pardonne à la réussite. Dans ce grand pays on peut même oublier que vous sortez de prison, si vous vous rachetez et faites vos preuves. Et il allait les faire, ses preuves. Patience.</p>
      <p>Sans se baisser, il rejeta ses pantoufles, glissa ses pieds dans des mocassins fatigués. Derrière lui le sommier grinça encore. Une forme blanche se dressa dans la pénombre.</p>
      <p>— Tu es complètement fou. Viens donc te coucher. Qu’est-ce que tu vas encore fabriquer dehors ?</p>
      <p>Il ne répondit pas. La forme bougea le bras. Un déclic suivit le geste, et une ampoule nue qui pendait au plafond éclaira la pièce. Le lit aux draps froissés et sales, les recoins non balayés, la cuisine minuscule d’où s’échappaient des relents d’oignons crus et de viande huileuse, l’armoire et la table en bois blanc, disaient le dégoût de vivre, la plus terrible des misères. La femme aurait pourtant mérité un autre décor. Elle était grande, blonde, avec de beaux yeux, une belle chair crémeuse. Mais la lassitude griffait le coin de ses paupières, de ses lèvres et vieillissait ses vingt-cinq ans.</p>
      <p>Elle drapa son corps aux lignes toujours pures dans un déshabillé aux couleurs passées, et fixa son mari.</p>
      <p>— Peut-on savoir où tu vas à cette heure de la nuit ?</p>
      <p>Il acheva d’endosser une veste avant d’allonger des mains sèches et nerveuses qui refusaient la discussion.</p>
      <p>— Me pose pas de questions. Fais-moi confiance. Je te couvrirai d’or…</p>
      <p>Elle rit, d’un rire qui se fêlait.</p>
      <p>— Toi et tes rêves… tes chimères… Ah ! mes parents avaient raison de vouloir m’empêcher de t’épouser. Ils avaient raison de dire que tu étais un instable, un raté. Et qu’es-tu d’autre ? Sans mon travail on ne mangerait même pas…</p>
      <p>La silhouette torturée de Steve disparut un instant derrière le manteau qu’il enfilait. Puis il posa sur sa femme ses yeux verdâtres aux pupilles rétrécies par la drogue.</p>
      <p>— Me critique pas trop, Margaret. Un jour tu le regretterais. Laisse-moi faire, je te dis. Bientôt New York sera à mes pieds et je te couvrirai d’or.</p>
      <p>Sous l’impitoyable éclat de la lampe, son visage s’offrait, tourmenté, intelligent, creusé par l’orgueil et l’ambition. Margaret rit, du même rire fêlé qui vrillait le tympan.</p>
      <p>— Me couvrir d’or ? Il t’en faudrait beaucoup trop, mon pauvre Steve. N’oublie pas que je mesure 1,70 m.</p>
      <p>Elle n’ironisait même pas, ne cherchait surtout pas à faire de l’esprit. Elle n’en avait ni l’envie, ni le courage. Elle le regarda enfoncer un feutre tyrolien sur ses cheveux châtains qui déjà s’éclaircissaient aux tempes, et, gagnant la cuisine, lâcha d’un ton las :</p>
      <p>— Je vais me faire du café. Et t’attendre… Comme toujours… t’attendre…</p>
      <p>Il eut vers elle comme un mouvement de tout son être, de toute son âme, mais il se retint en serrant les poings. Et au lieu de la rejoindre, de la prendre dans ses bras, ainsi qu’il en avait envie, il éteignit la lampe de bureau qui traçait un cercle pâle sur la feuille vierge. Puis il se dirigea vers la porte où étaient suspendues des hardes. Il l’ouvrit, se retourna.</p>
      <p>— Aie confiance, ma chérie.</p>
      <p>Et avant de franchir le seuil :</p>
      <p>— Je te couvrirai d’or.</p>
      <p>Il referma sur lui. Son pas décrût sur les marches. Elle resta immobile, une boîte de café à la main, l’œil braqué sur les hardes. Une larme roulait sur ses joues encore roses et rondes.</p>
      <p>Au-dehors Steve demeura quelques instants en haut des marches de la maison. La rue était plongée, sauf vers un lampadaire, où virevoltaient quelques flocons, dans un noir de coupe-gorge. Elle sentait le graillon, la saleté, la pisse, le meurtre. Aussi loin que portait la vue, tout était sombre, froid et laid. Laid comme la vie. Steve frissonna, releva le col de son manteau dont un bouton manquait. Puis, se baissant, il fouilla dans une petite cache aménagée dans le revers de sa jambe de pantalon. Il en ramena un sachet de papier gris plié tout menu. Il l’ouvrit avec précaution, avec un respect infini, et, nuque légèrement renversée, paupières closes, il prisa la dop avec volupté. Il avait l’air aussi extasié qu’un enfant avalant l’hostie le matin de sa première communion. Il était tout à son bonheur, ne sentait même pas la drogue qui insensiblement commençait à lui ronger la cloison nasale. Pourtant elle n’était pas très forte, car par mesure d’économie il la coupait avec du lactose. Et comme le Grec qui la lui fournissait la coupait également pour arrondir son bénéfice… Mais ça, Steve l’ignorait. Ce qui fait que, lorsqu’il le prisait, son gramme d’héroïne avait perdu le quart de son pouvoir destructeur. C’est pourquoi il n’était pas encore trop gravement intoxiqué. Mais ça viendrait. À la longue. Comme les autres.</p>
      <p>Il tressaillit au miaulement sinistre d’un chat qui enfilait la rue, se ressaisit, descendit les marches où la neige trop mince fondait à mesure.</p>
      <p>La came commençait à lui travailler le cerveau. Sous son crâne, les idées commençaient à affluer, toutes plus belles les unes que les autres. Il grimaça un sourire. Il allait leur montrer à tous. À tous ces cons. Il tourna l’angle de la rue, et marcha vers le métro d’un pas décidé, orgueilleux.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>VII</p>
      </title>
      <p>New York vivait ses heures nocturnes. Surtout dans la douzaine de blocks qui forment Times Squares. C’est là que sont concentrés les théâtres, cinémas et boîtes les plus huppés de la ville. Là dans le Serpent de Lumière de Broadway.</p>
      <p>Si les théâtres avaient éteint leurs façades, les cinémas, eux, continuaient à faire le plein. Et les annonces lumineuses de leurs auvents au carré qui surplombent les trottoirs ruisselaient horizontalement dans un scintillement sans fin. Les rouges, les jaunes, les verts, les bleus se heurtaient dans la nuit où dansaient les flocons et retombaient en étincelles multicolores. Les néons pleuraient sur les passants, leur donnant l’air de cadavres ambulants avant d’aller éclabousser de leurs tons les voitures de luxe, les taxis aux teintes vives. Les extraordinaires buildings de verre dressaient dans le noir leurs masses imposantes, tous dominés par l’Empire State Building dont la flèche éclairée perforait le ciel sombre.</p>
      <p>Quelques blocks plus haut, sur la 7<sup>e</sup> Avenue, entre la 46<sup>e</sup> et la 47<sup>e</sup> Rue, des Noirs en haillons se tenaient devant le Métropole. Ils ne quittaient pas des yeux le temple du jazz aux portes entrouvertes, d’où leur parvenait la musique, leur musique, celle de leurs frères.</p>
      <p>Les flics qui déambulaient en rois du pavé new yorkais ne leur portaient pas attention. Ils les laissaient à leur passion sacrée. Eux n’avaient de regard que pour les malfrats et entôleuses de tout poil qui sillonnent l’avenue à la recherche d’un cave à plumer.</p>
      <p>Vêtu d’une canadienne, Jean Baez pénétra dans la Mecque où, à longueur de nuit, les Cozy Cole, les Maynard Ferguson, les Dizzy Gillespie et autres Gene Krupa, grattent, pincent, soufflent, raclent, tirant de leurs instruments des notes qui ont flanqué la panique dans le monde entier.</p>
      <p>La salle était bourrée à craquer. À droite, plus une place aux petites tables plongées dans une pénombre rouge. À gauche, accoudée à l’interminable bar, la foule des mordus n’avait d’yeux que pour ses idoles. Celles-ci, debout sur une estrade qui dominait et touchait le bar, ne s’en occupaient pas. Les dieux du jazz jouaient pour eux-mêmes. Plus pour eux peut-être que pour les clients. Leurs smokings tranchaient sur la lourde tenture rouge qui courait le long d’un mur de trente mètres. Et tous les six vibraient, se donnaient à fond, entraînés par l’infatigable Cozy Cole qui officiait derrière la batterie. Il était en nage, la sueur coulait à flots de son front, de ses joues, mais l’étincelant sourire ne quittait pas ses yeux humains, sa figure intelligente. Il ne ralentissait pas son rythme endiablé, ne sentait pas la fatigue, ne perdait jamais son sourire. Il vivait sa musique, l’imposait aux fanatiques qui, fascinés, debout à ses pieds, le buvaient du regard.</p>
      <p>Tour à tour les caïds du jazz tiraient de leurs instruments des sonorités tendres comme une rosée de printemps, puis soudainement aussi sauvages qu’une ruée de guerriers à l’assaut d’un village regorgeant de filles à capturer, d’ennemis à éventrer.</p>
      <p>Mentons levés, les clients riches ou pauvres se mélangeaient au coude à coude, réunis par la même adoration. Femmes ou hommes, jeunes ou vieux, tous accomplissaient mécaniquement le même geste pour boire, l’esprit empli de l’envoûtante musique. Les barmen, eux, emplissaient leurs caisses. Avec une foule qui se pressait sur plusieurs rangs, ils ne chômaient pas. Eux aussi transpiraient.</p>
      <p>À son arrivée, un quart d’heure avant, Steve Ryan avait réussi une percée miraculeuse, et gagné une place contre le lourd comptoir au bois patiné.</p>
      <p>Fanatique parmi les fanatiques, c’était là qu’il passait, quand il le pouvait, le maximum de ses nuits. Surtout vers les 3 et 4 heures du matin lorsque les musiciens des autres boîtes viennent au Métropole pour jouer. Mais pour jouer à l’œil. Gratuitement. En copains. Entre copains.</p>
      <p>Mains dans les poches, comprimé par les mordus, Steve battait la mesure de son mocassin contre la traverse de cuivre qui décorait le bas du bar. Son feutre tyrolien rejeté en arrière, insensible à tout, il se gavait de jazz, mis en état de grâce par la prise de drogue. Tout juste s’il broncha quand une main se glissa dans sa poche gauche de manteau. Il réalisa pourtant, mais laissa faire. Ouvrant les doigts, il se laissa enlever l’argent qu’il avait préparé. Quand il les referma, il tenait dix petits sachets de dop. Le Grec qui venait d’opérer le changement attendit un peu, avant de s’écarter lentement, comme à la recherche d’une meilleure place.</p>
      <p>Ils n’avaient pas échangé un mot, un regard.</p>
      <p>Jean Baez qui venait enfin de découvrir Steve tenta d’arriver jusqu’à lui. Il croisa le Grec mais n’y fit pas attention, ne l’ayant jamais vu. Mike Coppolano, lui, aurait sursauté. C’était l’homme qu’il avait photographié dans Harlem, près du bar de Sugar Ray.</p>
      <p>Non sans peine, l’Oranais parvint à se frayer un chemin jusqu’au mari de Margaret.</p>
      <p>— Hé ! Steve, murmura-t-il doucement. Je suis là.</p>
      <p>Son copain ne réagit pas. Il était reparti dans son rêve éveillé.</p>
      <p>Jean Baez le cogna du coude, éleva le ton.</p>
      <p>— Hé ! reviens sur terre ! Je suis là.</p>
      <p>— Chut, chut, chut, firent autour d’eux des voix courroucées de ce crime de lèse-adoration.</p>
      <p>L’Oranais décocha à la ronde son sourire désarmant, puis recogna son copain dans les côtes. Sèchement cette fois.</p>
      <p>Steve sursauta, se retourna. Son regard était lointain.</p>
      <p>— Ah ! C’est toi ? dit-il enfin, comme à regret. Bon, on s’en va, viens.</p>
      <p>Mais il ne bougeait pas. Déjà ses prunelles de drogué repartaient à la recherche de Cozy Cole…</p>
      <p>— Ah ! non, se rebiffa Jean Baez en se marrant. Amène-toi.</p>
      <p>Et lui empoignant le bras, il l’attira hors du cercle enchanté.</p>
      <p>Le froid de l’avenue chassa les derniers lambeaux du rêve de Steve. Il se secoua, s’informa.</p>
      <p>— T’as ta bagnole ?</p>
      <p>La main au pouce manquant de l’Oranais indiqua la Chevrolet garée non loin.</p>
      <p>— Oui, pourquoi ? On la prend ?</p>
      <p>Steve fit un signe affirmatif.</p>
      <p>— Oui, on va chez le petit Sam. Je lui ai filé rencard chez lui. Ensuite on reviendra jeter un coup d’œil sur le block des diamantaires.</p>
      <p>Une étincelle s’alluma, fugace, dans l’œil tendre de l’Oranais.</p>
      <p>— Du nouveau ?</p>
      <p>— Oui et non. Mais faut encore discuter de tout ça sérieusement.</p>
      <p>Il ajouta, tandis qu’ils s’installaient dans l’auto :</p>
      <p>— Je préfère qu’on se réunisse la nuit, comme ça personne ne nous voit arriver ou repartir. À cette heure les gens roupillent.</p>
      <p>Jean Baez embraya, mit l’essuie-glace à cause des flocons qui se transformaient en eau sur le pare-brise. Puis, prenant un mouchoir Lotus dans la boîte à gants, il effaça la buée intérieure.</p>
      <p>— Et Bob ?</p>
      <p>— Il sera là-bas.</p>
      <p>Jean Baez doubla Time Square, lança la Chevrolet dans Broadway, la plus longue avenue du monde<a l:href="#n_16" type="note">[16]</a>, dont les feux venaient de se mettre au vert à perte de vue.</p>
      <p>— Tu crois qu’on va pouvoir attaquer bientôt ? s’informa-t-il, doublant un taxi conduit par un Noir flegmatique.</p>
      <p>Steve hocha la tête.</p>
      <p>— Je l’espère. Il serait temps, hein ?</p>
      <p>— Comme tu dis, soupira son voisin. Trois mois que je suis ici à poireauter. Trois mois que tu m’as fait venir du Pérou pour qu’on fasse craquer cette affaire. Et résultat…</p>
      <p>Steve Ryan s’alluma une Camel. Ses mains tremblaient légèrement.</p>
      <p>— Que veux-tu que j’y fasse ? C’est moi le premier emmerdé. Mais, à chaque fois, un pépin s’est présenté. À chaque fois Bob a obtenu de nouveaux tuyaux de son dabe qui remettaient tout en question. Et quand j’ai vu qu’on pouvait pas réussir avec un hold-up normal, j’ai préféré attendre.</p>
      <p>Il tira avec volupté sur sa Camel, poursuivit dans un jet de fumée.</p>
      <p>— Vaut mieux avoir remis l’opération que d’avoir tout raté, pas ? Pour une affaire pareille, on prend jamais assez de précautions. Et on peut perdre trois mois. Même un an. Ça en vaut la peine.</p>
      <p>— Bien sûr, approuva son compagnon, qui faisait jouer les doigts de sa main enflée. Mais c’est le pognon qui défile…</p>
      <p>Steve épousseta un peu de cendre tombée sur ses genoux, remarqua :</p>
      <p>— Te plains pas trop. Si t’étais pas venu ici, t’aurais pas eu l’occasion d’expédier des visons en fraude sur l’Europe. Dans le fond, t’as couvert tes frais. T’as rien à regretter.</p>
      <p>— Si, les filles du Sud, lâcha l’Oranais dans un sourire.</p>
      <p>— Toi et tes filles… soupira Steve, qui ajouta aussitôt : En parlant de pognon, tu pourrais pas m’avancer une centaine de dois ? Je suis de nouveau raide.</p>
      <p>Les feux rouges s’abattirent sur l’Avenue. L’Oranais stoppa à l’un d’eux, dit :</p>
      <p>— Bien sûr. Deux cents si tu veux.</p>
      <p>Ça c’était tout Jean Baez. Il n’était pas chien, pour rendre service. C’est ce qui avait séduit Steve lorsqu’il l’avait rencontré jadis à Cuba. Lui travaillait encore pour un journal à l’époque et faisait un reportage sur la vie nocturne de la ville. Quant à l’Oranais, Steve l’avait soupçonné de bricoler dans le trafic des armes. Tous deux avaient sympathisé ainsi que des hommes sympathisent parfois sans raison bien apparente. Pour Steve, l’Oranais en tout cas faisait mentir les défauts reprochés à ceux de sa race. On donne les Juifs pour avares : l’Oranais méprisait l’argent et le balançait à la grouille. On les donne pour froussards : le courage de l’Oranais frisait l’inconscience.</p>
      <p>Un soir que des concurrents l’avaient acculé dans une ruelle du port et avaient commencé à le mitrailler, certains de l’avoir, il avait eu la réaction contraire à celle d’un type normal. Un calibre dans chaque poing, il leur avait foncé dessus, au milieu d’une gerbe de balles. Et c’étaient les autres qui avaient fui devant ce cinglé que rien n’affolait. Un des leurs était resté sur le carreau et ils en avaient transporté un autre à l’hosto.</p>
      <p>Steve qui avait entendu conter l’histoire s’en était souvenu à New York. C’est pourquoi il avait fait signe à l’Oranais, car il avait besoin à ses côtés d’un type sûr, gonflé et sans scrupules.</p>
      <p>— Les deux cents m’arrangeraient bien, dit-il. Si tu le peux ça m’arrangerait drôlement, même.</p>
      <p>Les feux verts revinrent. L’Oranais rembraya, se fouilla, tendit une liasse.</p>
      <p>— Sers-toi.</p>
      <p>Steve le fit à la lumière du tableau de bord. Il prit deux billets de cent, rendit le reste, dit :</p>
      <p>— Merci.</p>
      <p>Son voisin repoussa la politesse d’un geste nonchalant.</p>
      <p>— Use pas ta salive. Toi et moi on est embarqués dans une drôle de galère. Alors deux cents ou mille thunes<a l:href="#n_17" type="note">[17]</a>, entre nous ça n’a pas d’importance.</p>
      <p>Après un long silence, tandis qu’ils commençaient à apercevoir le Bowery, le pays des clochards, il jeta soudainement.</p>
      <p>— T’as confiance dans Bob ?</p>
      <p>— En tant qu’homme, oui et non, renvoya Steve. Mais n’oublie pas que sans lui, jamais j’aurais songé à monter cette affaire. C’est en apprenant que son père était devenu l’un des gardes du SAFE<a l:href="#n_18" type="note">[18]</a> au 38 Ouest de la 47<sup>e</sup> Rue, que l’idée m’en est venue. Je savais que le vieux était flic, mais pas qu’il avait pris sa retraite et qu’Holmès, la Compagnie privée qui a la surveillance de tous les SAFE du block des diamantaires, l’avait embauché.</p>
      <p>Il s’alluma une autre Camel, enchaîna :</p>
      <p>— Ça m’a pris du temps pour baratiner Bob. Surtout qu’on s’étaient un peu paumés de vue. Mais à la longue, j’ai réussi à lui fourrer dans le crâne qu’on pouvait devenir millionnaires…</p>
      <p>La main de Steve alla chercher la Camel à ses lèvres. Il précisa avec de l’orgueil dans la voix :</p>
      <p>— Millionnaires en dois. C’est-à-dire milliardaires en monnaie de ton pays. Ça a excité Bob. Je lui ai dit qu’il n’avait qu’à tirer les vers du nez à son vieux et m’apporter les tuyaux. Et que je me chargeais du reste.</p>
      <p>La Camel rougeoya de nouveau aux lèvres de Steve.</p>
      <p>— Et c’est ce qu’il a fait. Pas trop mal, d’ailleurs, car à présent je connais le SAFE, comme si j’en étais l’un des gardiens.</p>
      <p>Il rit d’un petit rire sadique, cruel.</p>
      <p>— Et j’espère bien devenir le propriétaire de ce qu’il contient. Toi aussi, non ?</p>
      <p>— Moi aussi, sourit l’Oranais.</p>
      <p>Mais lui, son sourire était gai, détendu.</p>
      <p>— Nous arrivons constata Steve, repérant les Bowery-Follies, la boîte où les vieilles gloires des temps passés remontent sur les planches devant une clientèle de paumés et de rupins mélangés.</p>
      <p>L’Oranais vira peu après, stoppa devant une maison de briques qu’on avait repeinte d’un rouge sang de bœuf.</p>
      <p>L’ensemble ne faisait pas du tout romantique dans la nuit sous l’éclairage d’un miteux lampadaire.</p>
      <p>À peine eurent-ils mis pied à terre, qu’un clodo jaillit de l’ombre.</p>
      <p>— Pour que je puisse aller dormir, messeigneurs, supplia-t-il la main tendue.</p>
      <p>Il titubait. Et son haleine puait. À croire qu’il s’était gargarisé avec de l’alcool à brûler. Ce que Steve remarqua en voyant Jean Baez se fouiller.</p>
      <p>— Donne-lui du pognon si tu veux mais pas une allumette. Il serait foutu d’exploser.</p>
      <p>Le clochard s’inclina après avoir raflé le dollar que l’Oranais lui tendait.</p>
      <p>— Merci, mon prince. Que Dieu vous le rende.</p>
      <p>Et il s’en alla, balayant le trottoir de son pas d’alcoolique. Pas pour dormir. Non. Il évita l’hôtel proche où pour quelques cents on les hébergeait à plusieurs dans des chambres sans lits, mais avec paillasses sur le sol. Lui préféra se glisser dans un bar enfumé.</p>
      <p>Steve sonna au 12 de la rue, et le déclic commandant l’entrée s’éleva aussitôt. On devait les guetter.</p>
      <p>Sans donner leurs noms par l’acoustique intérieur ils grimpèrent un escalier usé dans une odeur de ménagerie, et atterrirent sur le palier du premier étage, où un carré de lumière les guida.</p>
      <p>Le petit Sam les attendait. Il s’effaça devant eux, referma sur la douce chaleur du logement.</p>
      <p>Celui-ci était spacieux, propre, bien aménagé. La bonne odeur de café qui régnait amplifiait encore l’impression de sécurité et de vie calme qu’il dégageait. C’était comme un havre au milieu de la tempête du Bowery, le quartier où ont atterri tous les déchets humains de l’Amérique.</p>
      <p>Sam débarrassa les nouveaux venus. L’Oranais lui passa sa canadienne, resta en pull-over échancré et chemise de sport. Steve donna son manteau et son feutre tyrolien. Mais il avait gardé quelque chose en main : les paquets de dop. Il se laissa devancer par les deux autres, glissa rapidement les minuscules sachets dans le revers de son pantalon. Juste comme il se relevait son regard croisa celui de l’Oranais. Celui-ci souriait. Du bout de ses lèvres sensuelles.</p>
      <p>Dans la pièce principale bien éclairée, Bob les attendait devant une table où fumait une tasse de café. Il était jeune : vingt-quatre ans à peine. Il était mal habillé et du cambouis maculait ses doigts aux ongles sales et rongés. Son aspect était insignifiant. Placé en pleine lumière, sur une estrade, devant des centaines de gens et retournant parmi eux peu après, aucun ne l’aurait reconnu tellement il frappait peu le regard.</p>
      <p>Le petit Sam désigna la table aux nouveaux venus, proposa :</p>
      <p>— Un peu de café ?</p>
      <p>Les hommes acquiescèrent. Sam se retourna sur une porte fermée, cria :</p>
      <p>— M’man ! Envoie deux tasses.</p>
      <p>Du bruit résonna à côté. Une porte de buffet claqua, et une femme parut avec un plateau où fumait une cafetière. Elle était énorme, le paraissait encore plus avec les carreaux verts et blancs de sa robe de chambre. Des bigoudis domptaient ses cheveux d’un blond clair et du rimmel soulignait trop le globuleux de ses yeux bleus. Elle avait la même taille que son fils, 1,60 m à tout casser. Mais beaucoup plus large, elle paraissait encore plus petite.</p>
      <p>— Bonsoir les gars, dit-elle, posant tasses et cafetière près d’un sucrier. Vous voulez que je vous grille quelques toasts ?</p>
      <p>Sam interrogea les autres du regard et, devant leur geste de refus, revint à sa mère.</p>
      <p>— Non, ça ira, M’man. Va te coucher si tu veux.</p>
      <p>Elle eut un geste de ses grasses épaules.</p>
      <p>— Tu sais bien que je dors peu. J’aime autant rester à côté à faire mes comptes. Si vous avez besoin de moi…</p>
      <p>Elle regagna sa cuisine après avoir raflé une boîte de chocolats sur un meuble, se retourna vers la table, sourit, encourageante.</p>
      <p>— Et faites du bon boulot. Si quelque chose vous emmerde, appelez-moi.</p>
      <p>— Vous bilez pas, M’man, rassura Steve. Ça va gazer.</p>
      <p>Elle disparut. Il soupira d’aise. Il avait plus confiance en la grosse femme qu’en n’importe qui. Il est vrai que M’man était pétrie d’expérience.</p>
      <p>Elle était au courant de tout ce qui se trame dans le Bowery. Veuve, elle dirigeait un petit magasin en forme de couloir, où les cloches du coin trouvaient de quoi se nipper. Ça ne paraissait pas croyable qu’elle puisse gagner son bœuf avec des zèbres qui ne songent qu’à se poivrer et pour qui l’alcool est le pain quotidien. Mais pour dire vrai, dans son arrière-boutique elle prêtait sur gages et sur parole. M’man était une dame qui savait garder son nez propre et éviter les flics. Parmi les traînes-patins de la ville, elle passait pour un blanc-bleu. À juste titre… Avec elle rien ne transpirait. Mais lorsqu’un lascar oubliait de régler sa dette ou bavassait un peu trop sur les activités de sa mère, alors Sam intervenait. Discrètement. Sans bruit. Sans parole. Efficacement. Et qu’une épave du Bowery finisse avec une balle dans le crâne ou le foie éclaté par l’abus du pousse-au-crime, qu’est-ce que ça y changeait ? Vu que de toute façon il était bon pour le Boulevard des Allongés de la fosse commune. À peine si les flics se donnaient le mal de rédiger un rapport, vu que la viande froide d’un clodo n’intéresse personne.</p>
      <p>Steve, qui connaissait bien M’man et pressentait les talents de son fils, avait engagé celui-ci pour qu’il assure la protection du coup en préparation. Dans l’opération il avait fait coup double, car M’man, accrochée par la combine, finançait, oh ! modestement, l’entreprise. Avec ce qu’elle avançait, Steve faisait patienter Bob, en lui refilant quelques dollars, de temps en temps, et commençait à acheter du matériel. Il avait bien essayé de carotter quelques thunes pour lui-même, mais il y avait vite renoncé.</p>
      <p>Avec M’man, c’était pas de la tarte. Elle avait une de ces manières d’éplucher les comptes… et ça en présence de Sam qui vous fixait comme sans vous voir de son regard incolore, aussi expressif qu’une pierre tombale.</p>
      <p>Steve laissa couler un sucre dans sa tasse, le remua, fixa son entourage, déclara.</p>
      <p>— Ce soir on va faire une mise au point complète. Presque définitive. Bob nous a apporté un tuyau. Et un sévère. Celui que j’attendais. Pas vrai, Bob ?</p>
      <p>L’interpellé inclina son front que balayait une mèche d’un brun terne.</p>
      <p>— Oui, mon dabe a enfin réussi à savoir sous quelle plaque de la rue se trouvait la connexion commandant les signaux d’alerte du 38.</p>
      <p>Jean Baez émit un sifflement.</p>
      <p>— C’est du bon boulot, ça, mec. Mais ton vieux se méfie pas que tu le questionnes tout le temps ? Surtout ce genre de questions ?</p>
      <p>Un ricanement plein de suffisance agita la carcasse efflanquée de Bob.</p>
      <p>— Je fais ça adroitement, dit-il, en se rengorgeant… le soir à table… un mot par-ci… un mot par-là… et ma frangine et ma mère me donnent un coup de main sans se douter…</p>
      <p>Il ricana de nouveau :</p>
      <p>— Elles aussi sont curieuses…</p>
      <p>— Oui, Bob a été très malin, complimenta Steve. Sans lui on serait pas à la veille de pouvoir attaquer ce <emphasis>coffiol</emphasis>.</p>
      <p>Bob se rengorgea encore plus. Steve porta la tasse à ses lèvres minces, but, la reposa.</p>
      <p>— Le tuyau qu’il nous apporte ce soir est le dernier truc qui nous empêchait d’attaquer. Maintenant je crois qu’on est parés.</p>
      <p>Il attira à lui une serviette que Sam venait de déposer sur la table, l’ouvrit, en sortit des plans, des notes, des dépliants publicitaires. Il prit l’un de ceux-ci. C’était la réclame d’une Manufacture, représentant la photo d’une chambre forte. Il précisa :</p>
      <p>— Ainsi que je vous l’ai conseillé vous avez tous pu voir l’original à la devanture de la 5<sup>e</sup> Avenue. Eh bien, d’après les tuyaux de Bob, et d’après ce que j’ai pu voir moi-même le jour où j’ai réussi à descendre au 38 Ouest de la 47<sup>e</sup> Rue, c’est le même genre d’engin qui nous attend. En plus moche peut-être.</p>
      <p>Les têtes se penchèrent sur le dépliant. Il reproduisait, vue de biais, une chambre forte installée. Rien qu’ainsi l’impression était à couper le souffle. Qu’est-ce que serait la réalité ? De quoi mouiller son caleçon pour celui qui pensait qu’un jour, ou plutôt une nuit, il serait face à face avec ce monument d’acier.</p>
      <p>La porte en était ouverte. Elle était circulaire, épaisse, énorme, présentait sa face interne avec ses pistons rentrés, ses écrous géants, son compteur électrique de blocage. Les deux charnières permettant de la manœuvrer étaient elles aussi à rendre cardiaque. Du compact. Du solide. De l’inattaquable.</p>
      <p>L’alvéole femelle chargée de recevoir la porte était haute de deux mètres. Aucun homme n’avait besoin de se pencher pour la franchir et atterrir dans la chambre proprement dite où s’étageaient au fond, à droite et à gauche, les coffrets d’acier des clients. Elle offrait quatre saignées à diamètre décroissant, et la porte usinée aussi en ce sens s’imbriquait en elle, à 1/100 de millimètre près, dans un ajustage extraordinairement étanche. La deuxième saignée en partant du fond était creusée de huit trous où s’enfonçaient électriquement les pistons mâles, une fois la porte close.</p>
      <p>Et ce n’était pas tout. Même ouverte, l’alvéole restait infranchissable. Une grille d’épais barreaux, scellée à l’intérieur de la chambre, et tombant juste à ras de l’alvéole, condamnait l’entrée menant aux coffrets des clients.</p>
      <p>— Ouf ! murmura l’Oranais. Ça va pas être du sucre, hein ?</p>
      <p>Une lueur d’orgueil passa dans l’œil de Steve Ryan.</p>
      <p>— C’est bien pour ça que j’ai monté cette affaire… Parce qu’elle est duraille. Et que personne n’a jamais eu l’estomac de s’y attaquer. Moi, si.</p>
      <p>Il rectifia devant le visage soudain assombri de Bob qu’il fallait ménager.</p>
      <p>— Nous, si.</p>
      <p>Les deux autres n’avaient pas bronché. L’Oranais parce que non susceptible, Sam parce que froid comme glace de tempérament. Steve abattit sa main sur le dépliant.</p>
      <p>— On pourra jamais l’avoir de face. M’man est de mon avis. Jour et nuit pendant des mois j’ai tout calculé avec elle au fur et à mesure que Bob m’apportait des renseignements. Au début, et vous le savez, j’avais envisagé un braquage. Je sais que Jean préférait ça, mais c’est pas possible d’opérer en plein jour. Il y a trop de flics dans la rue, trop de signaux d’alarme, trop de monde. On ferait pas dix mètres qu’on serait tous emballés ou transformés en passoires.</p>
      <p>— Tu veux donc opérer de nuit ?</p>
      <p>C’était Sam qui venait de questionner de sa voix sans timbre. Tous le contemplèrent. Il parlait rarement. Il se tenait, cravaté, veste boutonnée, digne, le buste droit comme pour ne pas perdre un centimètre de sa courte taille. Ses mains, grassouillettes et blanches comme celles qu’on accorde aux prélats, étaient posées devant lui, l’une sur l’autre. Son œil mort fixait Steve et ses cheveux d’un blond filasse, presque aussi incolores que son regard, luisaient de brillantine, séparés par une raie de milieu.</p>
      <p>Mal à l’aise comme toujours devant le regard de Sam, Steve détourna le sien.</p>
      <p>— Oui, répliqua-t-il. Mais pas de l’intérieur. De l’extérieur. De l’intérieur c’est pas possible non plus. L’os est trop dur à avaler. On n’est pas outillés pour en venir à bout.</p>
      <p>Il jeta les yeux sur une feuille, poursuivit ?</p>
      <p>— Rien que la porte fait un mètre d’épaisseur d’acier et pèse 24 tonnes. Aucun procédé connu, à part l’explosif, ne pourrait la faire péter. Et bien sûr, il n’est pas question d’explosif. On doit opérer sans bruit pour réussir. De toute façon il en faudrait trop, le building sauterait et nous avec.</p>
      <p>Il allongea la main vers le paquet de Marlboro que l’Oranais venait de sortir, en prit une, l’alluma, reprit sous l’œil attentif de Bob qui, selon son habitude, se rongeait les ongles.</p>
      <p>— Et même si on savait comment la réduire, on pourrait pas l’approcher. Des systèmes d’alerte ultra-perfectionnés empêchent de le faire.</p>
      <p>— Mais puisqu’à présent on sait comment neutraliser les signaux ! s’étonna l’Oranais.</p>
      <p>— Une partie des signaux, corrigea Steve. Seulement une partie. Ceux qui ont un rapport direct avec le SAFE, oui. Mais pour ce qui est des portes qui y conduisent, des murs, des escaliers, des portes intérieures donnant sur le Hall des ascenseurs, et des portes de verre donnant sur la rue, non. Là ce sont d’autres systèmes qui sont reliés aux postes de police de la 47<sup>e</sup> Rue et aux bureaux de l’agence Holmès.</p>
      <p>Sam bougea imperceptiblement.</p>
      <p>— Le père de Bob n’a pu le rencarder là-dessus ?</p>
      <p>Tous le regardèrent puis se détournèrent. Sauf Jean Baez qui lui souriait gentiment. Bob cessa un instant de se ronger les ongles :</p>
      <p>— Non, mais le vieux m’a expliqué que, pour ces signaux, personne savait de quel point on pouvait les neutraliser. Ça regarde les flics en priorité. Holmès, la compagnie où travaille mon vieux, a la priorité, elle, sur le SAFE qu’elle contrôle. C’est pourquoi j’ai ce tuyau mais pas l’autre.</p>
      <p>D’un battement de cils, Sam fit savoir qu’il comprenait et Steve reprit son exposé.</p>
      <p>— C’est pourquoi on va attaquer le SAFE de l’extérieur. C’est notre seule chance de réussir. J’y ai beaucoup réfléchi, faites-moi confiance. On arrivera à l’approcher sans déclencher ces bon Dieu de sonneries.</p>
      <p>— Par où ? s’intéressa l’Oranais.</p>
      <p>Steve poussa un croquis qu’il avait tracé de sa main.</p>
      <p>— Par ici.</p>
      <p>Son doigt était piqué sur un petit quadrillage rectangulaire décorant une feuille où se lisait un plan de rues, d’immeubles et de plaques d’égout.</p>
      <p>— Ce que vous voyez est une niche bétonnée de 6 mètres de profondeur sur 1 de large et 3 de longueur. C’est au fond de cette niche que se trouvent les câbles du transformateur alimentant le quartier en force motrice.</p>
      <p>Steve déplaça son doigt :</p>
      <p>— Et comme vous le voyez, elle est juste sur le trottoir à ras du 38 de la 47<sup>e</sup> Rue. Autrement dit, elle touche notre SAFE, ou presque d’après mes plans.</p>
      <p>Il jeta son mégot dans une tasse vide, se leva, se mit à arpenter la pièce.</p>
      <p>— En descendant au fond et en creusant du côté du building, on doit déboucher automatiquement sur l’enveloppe bétonné protégeant le SAFE.</p>
      <p>Bob abandonna un instant ses ongles sales.</p>
      <p>— Car ce que vous a pas encore dit Steve, c’est que le SAFE est entouré sur tous ses côtés et même sur son toit de 3 mètres de béton armé.</p>
      <p>— Merde, jura l’Oranais. Mais alors, on va jamais pouvoir y arriver !</p>
      <p>— Si, le rassura Steve. Par en dessous on l’aura. Car le SAFE repose en sa plus grande partie sur une portion du roc de Manhattan, et en sa plus petite, sur du béton armé. Mais à cet endroit il est moins épais qu’ailleurs.</p>
      <p>— 1,50 m seulement d’après mon père, confirma Bob.</p>
      <p>— Pourquoi ils n’ont pas coulé plus de béton à cet endroit ? s’informa Sam de sa voix dénuée de chaleur humaine.</p>
      <p>— Parce que le roc les rassure et qu’ils n’ont pas pu faire autrement, je suppose. Et qu’ils ont également pensé que jamais personne pourrait réussir à déboucher sous la chambre forte.</p>
      <p>Un rire sans gaieté le secoua. Il reprit :</p>
      <p>— Tous les fabricants et les entrepreneurs ont la même faiblesse. Dans un coffre, dans une chambre forte, ils soignent le toit, les côtés et la porte. Enfin tout ce qui risque de tomber sous l’œil. Mais ils prêtent moins d’intérêt au fond, puisqu’ils savent qu’il adhère au sol, ce qui fait qu’ils le croient mieux protégé.</p>
      <p>Un second rire l’agita.</p>
      <p>— On pourrait dire que c’est psychologique.</p>
      <p>L’Oranais qui jouait rêveusement avec ses Marlboro releva le front.</p>
      <p>— Et tu crois qu’on débouchera vraiment dessous ? Qu’on va pas se gourer ?</p>
      <p>— D’après mes prévisions et les tuyaux de Bob, oui, renvoya Steve. Ah ! bien sûr si j’avais un plan sur les sous-sols avoisinant le 38 ça nous arrangerait drôlement. Mais hélas, y en a pas.</p>
      <p>Il se tourna vers Bob comme pour attendre une confirmation. Celui-ci haussa les épaules.</p>
      <p>— Tout au moins mon vieux raconte que personne sait exactement comment c’est foutu en dessous.</p>
      <p>Jean Baez qui portait une cigarette à ses lèvres lorgna Steve.</p>
      <p>— Mais si on creuse d’où tu dis, comme c’est dans la rue ça va déclencher un boucan terrible !…</p>
      <p>Steve secoua la tête.</p>
      <p>— Non, car on va se servir du procédé créé pour démolir le mur de l’Atlantique. Il s’agit de chalumeaux spéciaux. Et comme Bob est mécano dans un garage, c’est lui qui s’occupe de tout ça.</p>
      <p>Bob regarda l’Oranais.</p>
      <p>— Avec ce procédé le béton se détache en plaques. Comme du beurre.</p>
      <p>— Et ça fait pas de bruit, renchérit Steve. Un seul ennui ; les lueurs sortant de la niche. Mais on voilera au-dessus de nos têtes. Et Sam sera planqué dans une camionnette à côté, pour faire le guet.</p>
      <p>L'Oranais le contempla avant de grimacer :</p>
      <p>— Turbiner comme ça en pleine rue, c’est plutôt risqué, non ? Même à 2,3 heures du matin c’est risqué. Décidément j’aimerais mieux un braquage. Ça serait plus vite enlevé.</p>
      <p>— Et plus vite loupé, critiqua Steve. Non, mon vieux, abandonne l’idée d’un hold-up, c’est pas faisable. Et fais-moi confiance. On va réussir comme j’ai dit.</p>
      <p>— Ah ! si seulement y avait des égouts dans votre bon Dieu de ville ! regretta l’Oranais.</p>
      <p>Bob le fixa.</p>
      <p>— C’est pas qu’il n’y en a pas. Mais on sait pas au juste où ils se trouvent. Et puis, ils sont pas comme ceux de Paris. On peut pas circuler dedans. Du moins d’après mon père.</p>
      <p>— Ce sont pourtant pas les plaques d’égouts qui vous manquent, remarqua l’Oranais. Vos rues en sont pleines.</p>
      <p>— C’est juste, opina Steve, se remettant à marcher. Mais en dessous y a que des câbles électriques, des jonctions téléphoniques, des conduites d’eau et de vapeur. Et comme à New York y a plusieurs compagnies privées de téléphone et autres trucs, tout ça fait un tas de plaques. Mais qui hélas ne vont pas très profond et ne mènent nulle part.</p>
      <p>L'Oranais craqua une allumette, la laissa brûler avant de lancer, songeur :</p>
      <p>— Ce que je pige pas c’est pourquoi on a besoin de déconnecter les signaux d’alerte vu qu’on n’attaque pas le SAFE de face, mais par en dessous. Et de l’extérieur encore.</p>
      <p>Steve vint se pencher devant lui, mais en appui sur la table.</p>
      <p>— Tout simplement parce que ces salauds, qui sont tout de même pas idiots, ont pensé à un truc génial. Quand on sera sous leur coffiot et qu’on aura réussi à le percer, il pénétrera un peu d’air à l’intérieur.</p>
      <p>D’un geste calme, Sam déplaça ses petites mains à la peau tendre.</p>
      <p>— Et alors ?</p>
      <p>Steve se retourna vers lui.</p>
      <p>— Et alors ? Eh bien, aussitôt que le moindre milligramme d’air pénètre dans ce putain de SAFE, il déclenche par un procédé extraordinaire une sirène d’alerte qui résonne dans le quartier.</p>
      <p>— Vain Dieu ! jura l’Oranais.</p>
      <p>— Comme tu dis, approuva Steve.</p>
      <p>— C’est qu’ils sont maries ! commenta Bob, en crachant un bout d’ongle. Drôlement même.</p>
      <p>Steve se redressa.</p>
      <p>— Tu le serais pas marie, toi, si t’avais trente ou trente-cinq millions de dois à protéger ?</p>
      <p>L’Oranais sursauta.</p>
      <p>— Trente millions ? Tu veux pas dire…</p>
      <p>Steve inclina son front dégarni.</p>
      <p>— Si. Trente ou trente-cinq millions de dois. Voilà ce qu’il y aurait grosso modo dans les coffrets des diamantaires. Trente, trente-cinq millions. Le plus gros casse jamais réalisé au monde. Le plus sensationnel cambriolage de tous les temps.</p>
      <p>De l’orgueil, de la haine illuminèrent ses traits creusés, firent palpiter ses narines de camé.</p>
      <p>— Et qui va le réaliser ? Nous. Nous quatre. Je vais leur faire voir, moi, à ces salauds. Je vais leur montrer, moi, à ces fumiers si je suis un raté.</p>
      <p>Son œil luisait, ses dents étincelaient dans un rictus. Il en oubliait les autres, ne songeait qu’à ses haines.</p>
      <p>— Plus de trente briques, murmurait, assommé, l’Oranais qui ne le regardait plus. Plus de quinze milliards en monnaie de mon pays… Merde ! Tu m’avais jamais dit le chiffre, reprocha-t-il, relevant soudain la tête sur Steve. T’aurais pu m’affranchir avant ! Tu te rends pas compte ? Trente briques… Merde !</p>
      <p>Steve indiqua Bob.</p>
      <p>— Je pouvais pas t’en parler, il l’a su qu’hier. Pas vrai Bob ?</p>
      <p>Le mécano lâcha l’ongle qu’il dévorait.</p>
      <p>— Si, j’ai appris le chiffre par l’autre gardien… le copain de mon vieux qui est venu croûter à la maison. Paraît que trente, trente-cinq briques, c’est à peu près ce que représentent tous les jours les dépôts des bijoutiers et diamantaires du 38.</p>
      <p>— C’est pourquoi faut pas louper ça, enchaîna Steve. Deux affaires comme celle-là, ça n’existe pas à New York. À nous de la faire craquer. Et en beauté. Mais pour y parvenir faut bien la préparer. C’est pourquoi, je veux encore repérer et encore repérer les lieux. Surtout de nuit. Je veux aussi prendre d’autres notes, descendre au fond du transfo, faire fabriquer les clefs qui ouvriront les petits coffrets. Enfin tout, quoi.</p>
      <p>— Comment tu vas faire pour ces clefs ? s’intéressa l’Oranais.</p>
      <p>De nouveau le doigt de Steve chercha Bob, fier d’être encore le point de mire.</p>
      <p>— C’est toujours grâce à Bob si nous aurons les clefs. En fouillant dans le bureau de son vieux, il a dégotté une brochure de chez Holmès où sont reproduites une partie des clefs ouvrant les coffrets du 38. Avec cotes et tout et tout. Et chacune a un numéro correspondant à celui d’un coffret.</p>
      <p>À nous de les faire faire et on paumera pas notre temps à ouvrir les coffrets au chalumeau. Ça sera toujours ça de gagné.</p>
      <p>Les petites mains blanches de Sam se déplacèrent doucement sous la lumière.</p>
      <p>— T’as dit une partie ? Vous les avez pas toutes ?</p>
      <p>Steve secoua négativement la tête.</p>
      <p>— Malheureusement, non. Celles qui ne fonctionnent qu’avec la clef jumelée du gardien sont pas décrites. Je veux dire celles qui ouvrent des coffrets à deux serrures. Mais tant pis, on s’en passera. Si on a le temps après avoir vidé les premiers, on s’occupera de ces coffrets-là au chalumeau. On verra sur place.</p>
      <p>Il se tut. Puis les fixa tous. Longuement. Tour à tour. Même Sam dont le regard pourtant le mettait mal à l’aise, et enfin reprit :</p>
      <p>— Nous allons réussir, les gars. On peut pas rater ce coup-là. Le plus beau du monde. On va le réussir et on sera jamais marrons. Et vous savez pourquoi ?</p>
      <p>Il n’attendit pas leur réponse. Il n’en attendait pas. Il enchaîna, content de lui, de ce qu’il préparait depuis si longtemps :</p>
      <p>— Parce que nous ne sommes pas de vrais truands. Parce que nous n’avons pas de contacts avec la pègre et que les flics ignorent jusqu’à notre existence.</p>
      <p>Ses yeux aux reflets verts se posèrent sur l’Oranais.</p>
      <p>— Toi, tu vis tranquille ici, sans connaître personne. Bob n’est qu’un petit mécano de garage…</p>
      <p>Il avança vivement la main pour devancer une réaction de ce dernier.</p>
      <p>— Te vexe pas. C’est un compliment.</p>
      <p>Sa main se détourna vers le petit Sam.</p>
      <p>— Quant à Sam… il ne voit que les clodos du Boweiy et turbine avec sa mère. Aucun poulet s’est jamais occupé de lui. Moi…</p>
      <p>Il se heurta la poitrine du pouce.</p>
      <p>— … Nul ne peut seulement s’imaginer que j’ai eu assez de cran pour monter un tel coup. Pour tous ceux qui me connaissent je suis un moins que rien, un zéro, un type flambé. Alors…</p>
      <p>Il éclata d’un rire bref.</p>
      <p>— Je vois d’ici la gueule des flics après le casse. Ils vont nager. Ils auront beau fouiller partout, alerter leurs indics, nous on sera peinards. Moi en Amérique du Sud avec ma femme en train de pondre un roman avant de revenir ici. Vous autres, là où vous aurez envie, là où vous serez bien.</p>
      <p>— Et qui va fourguer la camelote ? lança l’Oranais matérialiste.</p>
      <p>— M’man s’en occupe, expliqua Steve. Elle seule a les relations pour ça. Je crois qu’elle va traiter avec des gens du Canada. Vous frappez pas, tout sera paré en temps voulu. Maintenant si vous voulez on va se séparer. Jean et moi, on va filer jusqu’au 38 jeter un coup d’œil. Ça vous va ?</p>
      <p>Tous se levèrent. Sam proposa :</p>
      <p>— Encore un coup de jus avant de partir ?</p>
      <p>Steve refusa.</p>
      <p>— Non, mais appelle M’man qu’on lui dise au revoir.</p>
      <p>Sam se retourna en direction de la cuisine.</p>
      <p>— M’man ! Les gars s’en vont.</p>
      <p>La grosse femme apparut. Un cigarillo était coincé entre ses belles dents, fausses bien sûr, et elle tenait un crayon à la main.</p>
      <p>— Alors, les enfants, ça a marché ? s’intéressa-t-elle. C’est pour bientôt ?</p>
      <p>— On espère, M’man, répondit Steve. On fait tout pour ça. De votre côté, je pense que vous vous démenez aussi ?</p>
      <p>— Oui, oui, rassura la grosse femme qui se nettoyait l’oreille de son crayon. J’ai déjà pas mal de propositions. Et aussitôt que vous serez prêts, je ferai venir les gens de Montréal.</p>
      <p>— On vous fait confiance, M’man, renvoya Steve en allant vers Sam qui lui présentait son feutre et son manteau. Allez, bonsoir.</p>
      <p>La grosse femme agita son crayon où adhérait un peu de cérumen.</p>
      <p>— Bonsoir, les enfants. Prenez pas froid.</p>
      <p>Sam referma sur les hommes, revint vers sa mère.</p>
      <p>— Je crois que ça va gazer, M’man. Ça se présente plutôt bien. Quoique avec cette histoire de transfo, ça semble un peu duraille. Mais on y arrivera tout de même. J’ai confiance.</p>
      <p>M’man téta son cigarillo.</p>
      <p>— C’est toujours les choses qui paraissent les plus risquées, celles que les autres n’osent pas entreprendre, qui aboutissent. Malgré que ce maudit SAFE soit drôlement protégé, ce que des hommes ont créé, d’autres peuvent le défaire. Y a rien d’impossible. Moi aussi, j’ai confiance.</p>
      <p>Elle ôta son cigarillo, bâilla, lâcha un nuage de fumée qui dissimula ses yeux globuleux.</p>
      <p>— Il est temps que j’aille au lit. T’y vas pas, toi ?</p>
      <p>Il secoua la tête, tout en rangeant les papiers dans la serviette de cuir.</p>
      <p>— Non, il n’est que 3 heures, et il y a un film à la télé qui se déroule dans un cirque. Je veux pas louper ça.</p>
      <p>Au mot cirque, une lueur presque humaine avait animé ses yeux morts.</p>
      <p>— C’est bon, dit M’man. Amuse-toi et bonsoir.</p>
      <p>Il lui présenta son front qu’elle embrassa avant de gagner sa chambre surchauffée, bourrée de boîtes de chocolats et de poupées de toutes tailles.</p>
      <p>Aussitôt Sam alluma la T.V., chercha la 9<sup>e</sup> chaîne.</p>
      <p>Peu après sur l’écran une piste de cirque commença à se découper. Sam poussa un léger gloussement de joie. Il éteignit partout, ôta son veston, s’allongea sur un canapé d’angle. Le bonheur faisait luire ses yeux pâles.</p>
      <p>C’était sa joie au petit Sam, le cirque. Sa vraie joie. Il y allait très souvent avec sa mère, il n’y a que là qu’il se déridait. Il raffolait des dompteurs, des fauves, des acrobates, des jongleurs, mais surtout des clowns. Ah ! les clowns… eux seuls savaient le faire rire. Eux seuls et M’man trouvaient le chemin de son cœur. Il ne buvait pas, ne fumait pas. Quant aux femmes… en dépit de ses 28 ans… né impuissant qu’il était.</p>
      <p>Le film était commencé et sur l’écran, enfin net, un Auguste restait le nez levé vers une mignonne acrobate aux paillettes étincelantes. Et l’Auguste mimait les gestes de la fille, d’une manière gauche, ridicule, pendant qu’elle jouait avec la mort.</p>
      <p>Un rire clair monta du canapé. Un rire sans contrainte, un rire tout pur comme celui d’un enfant.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>La Chevrolet remontait Broadway dans un ronronnement monotone d’essuie-glace. À côté de Jean Baez qui pilotait en sifflotant, Steve semblait perdu dans ses pensées. Parfois une phrase lui échappait, toujours la même.</p>
      <p>— Je leur montrerai, à ces salauds ! Je leur montrerai…</p>
      <p>Chaque fois qu’il parlait ainsi, l’Oranais lui décochait un coup d’œil amusé. Lui n’était pas miné par ce genre de haine et d’orgueil. Pour lui tout était simple. Il y avait des risques, de l’aventure et un tas de pognon à récolter dans l’affaire. De la mort aussi, peut-être. Et tout cela lui bottait. Il conduisait décontracté, pianotant le volant de sa main où le pouce manquait. Comme ils parvenaient au croisement de Broadway et de la 6<sup>e</sup> Avenue ou Avenue O.F. America, Steve parut sortir de ses rêveries haineuses.</p>
      <p>— Remonte la 6<sup>e</sup>, dit-il, puis vire à la 46<sup>e</sup> Rue. On laissera la bagnole là. Et on fera le tour à pied. O. K. ?</p>
      <p>— O. K., bonhomme, renvoya l’Oranais en freinant devant un feu rouge.</p>
      <p>Aussi loin que portait la vue, ce n’étaient que des feux rouges qui semblaient suspendus dans la nuit floconneuse où ils mettaient comme des boules de sang.</p>
      <p>Peu après avoir redémarré, Jean Baez s’immobilisa dans la 46<sup>e</sup> Rue, au cul d’une camionnette jaune. À proximité la barricade d’un chantier cachait l’hôtel Wentworth.</p>
      <p>Les deux hommes descendirent et se dirigèrent vers la 5<sup>e</sup> Avenue, parallèle à la 6<sup>e</sup>.</p>
      <p>Il y avait des voitures garées dans la rue, mais pas tellement. De toute façon, à 8 heures du matin, il faudrait qu’elles dégagent les lieux, et cela jusqu’à 7 heures du soir. Rapport au sens unique, tous les capots regardaient vers la 5<sup>e</sup> Avenue. Quand ils débouchèrent dans celle-ci les deux hommes tournèrent à gauche, puis, une fois le block dépassé, ils bifurquèrent, toujours à gauche, dans la 47<sup>e</sup> Rue, également à sens unique, mais du sens opposé à la 46<sup>e</sup> Rue. Ce qui faisait qu’une voiture pouvait tourner cent fois autour du block comme sur un carrousel, si les feux de croisement l’y autorisaient.</p>
      <p>Il y avait aussi de la voiture dans la 47<sup>e</sup> Rue, mais pas plus que dans l’autre. Et pas plus que dans l’autre il n’y avait de passants. Il est vrai qu’il était tard. L’endroit était désert, peu éclairé. Beaucoup de vitrines, beaucoup de portes demeuraient dans l’ombre. Mais derrière les verres épais, on distinguait des centaines d’écrins vidés de leurs bagues, de leurs colliers, de leurs bracelets. Dans le jour c’était pour des milliards et des milliards de pierreries, de diamants, de perles, de topazes, d’émeraudes et de rubis qui s’offraient aux regards excités des gens. Mais la nuit toutes ces colossales fortunes dormaient enfouies loin sous terre, à l’abri de chambres fortes blindées que gardait la Cie de Sécurité Holmès.</p>
      <p>C’était là, dans toute cette rue, dans ce block compris entre la 5<sup>e</sup> et la 6<sup>e</sup> Avenue, que se tenait le plus grand marché de joaillerie de New York et du monde.</p>
      <p>Les deux hommes descendaient lentement le trottoir de droite, le côté impair. Les flocons, un peu plus denses par instants, venaient s’écraser mollement sur leurs visages rougis de froid. Une Camel dansa dans la bouche de Steve lorsqu’il constata :</p>
      <p>— À cette heure, c’est un peu moins animé que dans la journée. Et moins risqué. Le jour, d’après le père de Bob, y a une trentaine de poulets de tout poil qui se baladent autour du block. Même des F.B.I. qui viennent voir si y a pas une frime de leur connaissance à cravater.</p>
      <p>Il buta dans une caisse jetée là, faillit tomber, jura, poursuivit :</p>
      <p>— Dans le fond, avec un hold-up on pouvait pas échapper. J’aime mieux le casse. C’est plus sûr.</p>
      <p>— Mais plus long, remarqua son compagnon, qui était pour les gestes vifs et les décisions promptes. Moi, un braquage, ça m’aurait botté.</p>
      <p>— Moi aussi, mais à condition de pouvoir se tailler après. Or, ici… dans le jour… Avec tous ces flics et tous ces passants… toutes ces sonneries…</p>
      <p>— Évidemment, soupira Jean Baez. Et c’est dommage. Enfin n’en parlons plus. Tiens ! on est devant le 38.</p>
      <p>De l’autre côté, au-dessus d’une large et haute porte de verre, se lisait dans l’ombre en lettres énormes, à côté du nombre 38, FIFTH AVENUE JEWELLERS EXCHANGE.</p>
      <p>— Traversons, fit Steve, après avoir balayé la rue d’un regard rapide.</p>
      <p>Ils avaient commencé à le faire, quand Steve lâcha vivement, sans tourner la tête :</p>
      <p>— T’arrête pas. Continuons.</p>
      <p>Dans leur dos, débouchant de la 5<sup>e</sup> Avenue, une grosse Plymouth verte s’amenait lentement en rasant les voitures immobilisées. Sur son toit peint en blanc, un clignotant rouge fonctionnait doucement. À l’arrière une courte antenne dépassait, et sur ses flancs se lisait en lettres énormes : CITY OF NEW YORK, POLICE № 16. Sans bruit, elle doubla les deux équipiers qui marchaient en parlant haut. Deux paires d’yeux expérimentés, méfiants et durs, les jaugèrent au passage. Puis le clignotant coupa la 6<sup>e</sup> Avenue et s’enfonça au loin.</p>
      <p>Sans se consulter les deux hommes revinrent sur leurs pas et stoppèrent devant le 38.</p>
      <p>— Tu vois, c’est là, dit Steve, désignant sur le trottoir une sorte de grille aux barreaux très rapprochés, et que fermait un solide cadenas. C’est là le transfo en question.</p>
      <p>Il fit jaillir la lueur d’une lampe électrique au bout de son poing. Se baissant, et en voilant l’éclat de sa paume gauche, il en balafra le fond du transfo. L'Oranais se baissa à son tour. Six mètres plus bas, au-delà d’une seconde grille de protection, mais celle-ci à mailles fines, on distinguait une multitude de mégots, de bouts d’allumettes, de tickets et de petits papiers déchirés. Et sur un côté, d’énormes câbles qui se perdaient dans un robuste coffret de fer. Steve reprit en éteignant sa lampe :</p>
      <p>— T’as vu ? Eh bien, nous découperons le bas de la paroi droite au chalumeau et on arrivera à faire une trouée descendante jusqu’au-dessous du SAFE.</p>
      <p>L’Oranais balaya la rue d’un œil vif.</p>
      <p>— Va falloir étayer et ça va prendre du temps.</p>
      <p>— Peut-être pas tant que ça. Deux, trois nuits, pas plus. Le principal est qu’on laisse pas de trace en partant, pour que personne puisse rien frimer dans le jour. À ça, on y veillera.</p>
      <p>— Et pour les gravats ?</p>
      <p>L’Oranais s’était redressé. Steve l’imita.</p>
      <p>— Oh ! c’est simple. Sam restera au ras du trottoir, dans une fourgonnette que Bob a déjà fauchée et dont les numéros sont changés. Tu seras avec lui. Vous guetterez sans être vus. Bob et moi on sera en bas, et à mesure qu’on creusera on emplira des sacs vides. Quand y en aura plusieurs de prêts, disons toutes les deux heures, on éteindra notre lampe et on écartera la toile qui nous planquait. Alors toi tu relèveras vite un côté de la grille et tu remonteras les sacs que tu passeras à Sam. Ça prendra à peine quelques minutes.</p>
      <p>— T’as pas le trac d’attirer l’attention ?</p>
      <p>— Pas à cette époque de l’année. Surtout en pleine nuit. N’oublie pas que tout le block est composé de locaux commerciaux. Donc, inhabité ou presque. On a juste à faire gaffe aux rondes de flics et à celles des privés de chez Holmès. Mais avant d’opérer, on va passer deux nuits dans notre camionnette et noter les horaires des rondes.</p>
      <p>L’Oranais qui regardait machinalement vers le 33 dont l’auvent de toile, enjambant le trottoir, indiquait : Del Pezzo, restaurant — s’inquiéta encore :</p>
      <p>— J’ai peur que vous tombiez sur du roc ou du béton armé et que ça vous oblige à faire trop de barouf.</p>
      <p>— Non, non, rassura Steve. On fera ça en silence, te casse pas la tête. Pour le béton, pas de problème, comme je te disais chez Sam. Quant au roc, on l’évitera. Et puis à six, sept mètres, presque sûr qu’on va tomber sur les grosses canalisations de vidange. En général elles sont entourées de madriers et de terre friable, et possible qu’on trouve des espèces de niches où on pourra entasser une partie de nos gravats. T’as dû voir ce genre de madriers et de canalisations quand ils défoncent les rues pour mettre à jour des câbles ou des conduites d’eau ou de vidange, non ?</p>
      <p>— Sûr que j’ai repéré ça ! opina l’Oranais. Avoue que votre sous-sol est drôlement foutu ! Quand une canalisation pète, vous êtes obligés de défoncer la rue pour la réparer. Ah ! c’est pas comme à Paname ! Là-bas avec leurs égouts…</p>
      <p>Pensif, il ajouta d’un ton de regret :</p>
      <p>— S’il y en avait ici, ça serait du sucre, pour opérer. On n’aurait pas besoin de passer tout ce temps installés en pleine rue.</p>
      <p>— Hélas ! soupira Steve. Et pourtant comme tu dis ce sont pas les plaques qui manquent…</p>
      <p>Debout au bord du trottoir, il montrait en direction de la 6<sup>e</sup> Avenue la chaussée noire que la neige molle saupoudrait par endroits de taches blanchâtres. Sur 40 mètres à peine se distinguaient assez bien une douzaine de plaques rondes de tailles différentes. Certaines occupaient le centre de la rue, d’autres touchaient les trottoirs. Il y en avait même une au ras du 38. Toutes semblaient avoir été posées ou plutôt jetées comme par hasard sans aucun discernement.</p>
      <p>L’Oranais descendit sur la chaussée, tapota du pied celle rasant le 38.</p>
      <p>— Et là-dessous qu’est-ce qu’il y a ?</p>
      <p>— Des branchements téléphoniques d’après le père de Bob, renseigna Steve. Et pas la peine d’y penser. Ça descend pas assez profond pour qu’on puisse s’en servir. Rien ne vaut le transfo. Allez, viens, maintenant, ça suffit pour cette nuit.</p>
      <p>Jean Baez emboîta le pas à son compagnon qui repartait vers la 6<sup>e</sup> Avenue.</p>
      <p>En bout de rue, juste avant les feux du carrefour, il y avait encore deux autres plaques. L’une bien au milieu de la chaussée, l’autre sur la gauche près du métro de la 47<sup>e</sup> Rue. De ces deux plaques s’élevaient des jets de vapeur<a l:href="#n_19" type="note">[19]</a> qui tentaient d’escalader le ciel. Selon le vent, elles grimpaient tout droit, dans un jet mince, ou dans de lourdes spirales qui s’en allaient frôler les façades des buildings.</p>
      <p>C’était curieux de voir des colonnes jaillir, de jour comme de nuit, du sol new yorkais. La nuit, surtout dans la brume ou la pluie, l’effet était saisissant ; il faisait automatiquement songer à des histoires de fantômes, de violences et de morts.</p>
      <p>Seuls les pas des deux hommes résonnaient dans la rue silencieuse. Puis soudainement une voiture arriva dans leur dos. Sans bruit. Elle les doubla lentement, stoppa plus loin. Un homme en civil en descendit. Il alla à la porte de verre d’un building, y braqua une lampe, vérifia le système de fermeture. Trois fois il répéta le même geste au hasard de sa ronde, avant de regrimper dans la bagnole qui l’avait suivi au pas.</p>
      <p>— Ceux de Holmès, murmura Steve, en tournant dans la 6<sup>e</sup> Avenue.</p>
      <p>Peu après ils retrouvaient la Chevrolet dans la 46<sup>e</sup> Rue.</p>
      <p>— Faudra minuter soigneusement leur ronde, commenta Steve en s’asseyant. La leur et celle des flics.</p>
      <p>— On le fera, renvoya l’Oranais en démarrant.</p>
      <p>Steve se cala contre le dossier.</p>
      <p>— J’ai pas envie de dormir. Ramène-moi au Métropole, tu veux ? Et repars par la 47<sup>e</sup> Rue puisque c’est presque ton chemin. Après ça qu’est-ce que tu fais ? Tu rentres ?</p>
      <p>— Oui, le temps d’acheter deux, trois canards et je vais me coucher.</p>
      <p>Steve lui décocha un coup d’œil étonné.</p>
      <p>— Tu lis les journaux ricains maintenant ?</p>
      <p>— C’est pas pour moi, gloussa l’Oranais, mais pour mon voisin le toubib.</p>
      <p>En parlant, il souriait et faisait jouer son poing droit dont les jointures lui faisaient encore mal. Il ajouta, pensant au vieux à qui il destinait les journaux :</p>
      <p>— Remarque que ça me ferait peut-être du bien de perfectionner mon rosbif. Mais dans le fond, je m’en fous, je comprends tout ce que vous racontez. Et ça me suffit.</p>
      <p>— Oh ! tu te défends plutôt bien, reconnut Steve. On croirait pas que t’es là que depuis trois mois. Il est vrai que vous autres Juifs avez le génie des langues. Ça doit tenir à ce que vous êtes des errants.</p>
      <p>— Tu trouves ! sourit l’Oranais en bifurquant à gauche dans la 5<sup>e</sup> Avenue.</p>
      <p>Peu après il engageait la Chevrolet dans la 47<sup>e</sup> Rue. Tout était aussi calme. Tout était aussi sombre. Tout était aussi désert. Seul signe d’animation, les fumées de vapeur qui en bout s’élevaient dans l’air où se brassaient les flocons de neige.</p>
      <p>Jean Baez logea une Marlboro entre ses dents bien plantées, tendit son paquet.</p>
      <p>— Tu fumes ?</p>
      <p>Steve allongea la main, se ravisa soudain.</p>
      <p>— Pas maintenant.</p>
      <p>Et comme la Chevrolet franchissait le feu vert de la 6<sup>e</sup> Avenue, il laissa sa main glisser le long de son pantalon. Elle y resta quelques secondes et forma une tache blanche sous le refuge noir du tablier de l’auto. Puis elle réapparut et un léger froissement de papier s’éleva. Dans le rétro, l’Oranais lorgna son compagnon qui, d’un geste vif, entraîné, se camait dans un léger soupir. Il sourit.</p>
      <p>Doucement. Steve s’en aperçut. Il maugréa :</p>
      <p>— T’es contre ?</p>
      <p>— Contre quoi ?</p>
      <p>— Contre ceux qui se dopent ?</p>
      <p>Jean Baez eut un mouvement fataliste de ses puissantes épaules.</p>
      <p>— Je trouve que t’as tort ; mais ça te regarde. Le principal est que tu perdes pas le nord pour notre histoire. Pour le reste… Je m’occupe jamais des vices des autres. Et je ne suis contre rien. Ou plutôt si.</p>
      <p>Son sourire s’amplifia.</p>
      <p>— Je suis contre les gaines.</p>
      <p>Steve sursauta.</p>
      <p>— Hein ?</p>
      <p>Un rire secoua l’Oranais.</p>
      <p>— Oui, celles que portent tes compatriotes. Je suis contre. Et à bloc. Vos femmes sont si jolies ! Pourquoi faut-il qu’elles s’aplatissent le valseur avec ces trucs-là ? Ça leur esquinte la ligne ! Ça leur démolit leur chute de reins ! Vous devriez les empêcher, vous autres les mâles !…</p>
      <p>Une lueur égaya l’œil de Steve, dont les pupilles commençaient à se dilater sous l’effet de la dop. Il soupira, amical.</p>
      <p>— Ah ! toi et tes filles.</p>
      <p>Et comme le Métropole se montrait au loin, brillant de tous ses néons qui balafraient de rouge les Noirs désargentés, toujours perdus dans leurs rêves de jazz :</p>
      <p>— On arrive. Je t’appelle demain. Ou plutôt dans la journée, et on prendra rencard pour la nuit. Faut qu’on commence à vérifier les horaires des rondes. O.K. ?</p>
      <p>— Ça va, renvoya l’Oranais, stoppant devant la Mecque du jazz.</p>
      <p>Il voulut ajouter un mot, un au revoir, mais déjà Steve était descendu et marchait vers sa passion, vers l’oubli de sa vie ratée.</p>
      <p>L’Oranais rembraya, en sifflotant la marche de la 2<sup>e</sup> D.B.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>VIII</p>
      </title>
      <p>Le téléphone grelotta dans la pièce. Jean Baez laissa tomber la main sur l’appareil mais ne décrocha pas. Les lourdes tentures étaient toujours tirées, pourtant le jour se devinait, clair et ensoleillé, par les interstices. La sonnerie, qui avait cessé, reprit, impérative. La main aux phalanges enflées se referma sur l’appareil. L’Oranais le souleva, le nicha contre son oreille.</p>
      <p>— Allô ? laissa-t-il choir, sans ouvrir les yeux. Il était à plat ventre et nu, dans la pièce surchauffée. Dans la pénombre ses cheveux noirs tranchaient sur le blanc de l’oreiller.</p>
      <p>— Allô ? fit-il encore.</p>
      <p>À moitié endormi, il ne devait rien entendre de ce qu’on lui disait. Il répéta de nouveau :</p>
      <p>— Allô ?</p>
      <p>Puis dans un petit rire :</p>
      <p>— Ah ! c’est toi, Betty ? Comment va, mon ange ? Hein ?</p>
      <p>Il laissa parler, le menton dans l’oreiller, la bouche à demi étouffée par le tissu. Il souriait.</p>
      <p>— Bien sûr, mon ange, dit-il au bout d’un long moment… Mais non je dors pas. Je pensais justement à toi… Comment ? Tu voudrais venir maintenant ?</p>
      <p>Il regarda la forme qui occupait son lit, et bougeait dans un gémissement.</p>
      <p>— Ah ! non, mon ange, pas maintenant ! Je suis obligé de m’habiller et de filer… Un rendez-vous important.</p>
      <p>Il agita énergiquement sa main libre vers Louis Coppolano qui tentait de se dresser, poursuivit :</p>
      <p>— Que dis-tu ? Que c’est pas important ? Que c’est encore un rendez-vous de fille ? Oh ! mon ange…</p>
      <p>Il fit signe au père de Mike de ne pas bouger, acheva :</p>
      <p>— Entendu mon ange, entendu, je t’appellerai. Et on ira manger à la cambrousse, chez Maya, tu sais, la fameuse restauratrice française de Hartsdale ? Allez, entendu mon ange. Au revoir.</p>
      <p>Il raccrocha, sauta du lit dans une souple détente.</p>
      <p>— Alors, pépère ? fit-il en passant un short. Comment on se sent ?</p>
      <p>Et comme le vieux tentait encore de se dresser :</p>
      <p>— Bougez pas surtout, restez tranquille. Je vais vous faire un bon jus.</p>
      <p>Il alla aux fenêtres, fit coulisser les tentures : à flots le soleil s’engouffra dans la pièce.</p>
      <p>— Drôle de bled que New York, commenta-t-il. Cette nuit il neigeait et ce matin voilà qu’il fait beau. Drôle de bled. Mais dans le fond c’est chouette tous ces changements de temps.</p>
      <p>Il revint vers le père de Mike. Celui-ci s’était enfin adossé à l’oreiller et le fixait de ses yeux cernés, et enflés par les coups. Il ouvrit la bouche dans une grimace de douleur.</p>
      <p>— Je m’excuse. Je sais pas comment vous dire merci.</p>
      <p>— Eh bien, le dites pas, répliqua son hôte. Comment que vous vous sentez ? Bien roupillé ?</p>
      <p>Le père de Mike acquiesça.</p>
      <p>— Oui. Mais j’ai mal partout. Surtout quand je respire.</p>
      <p>— Oh ! mon toubib va arranger ça, dit l’Oranais, allant vers un fauteuil où étaient jetés ses vêtements. Le principal est que vous n’ayez rien de cassé.</p>
      <p>Il rapporta des journaux, les tendit.</p>
      <p>— Tenez, cette nuit je vous ai acheté <emphasis>Variety</emphasis> et le <emphasis>Morning Telegram.</emphasis></p>
      <p>— Vous êtes trop gentil, fit le père de Mike.</p>
      <p>— On voit bien que vous me connaissez pas, blagua l'Oranais qui se dirigeait vers la cuisine.</p>
      <p>Louis Coppolano parcourut rapidement <emphasis>Variety</emphasis>. Ses yeux le brûlaient, et il y voyait mal. Pour le <emphasis>Morning</emphasis>, il se tourna un peu pour mieux présenter le journal à la clarté venant des fenêtres. Soudain une secousse l’agita, et, sous son pansement, sa poitrine se crispa. En première page, une photo venait d’accrocher son regard. Il l’observa avec plus d’attention, mais pas d’erreur : c’était bien celle de Hans le Norvégien, celui qui n’était pas venu apporter les paris. Il était allongé au bas d’un escalier donnant sur la rue. Penchée sur le côté gauche, sa tête reposait sur la deuxième marche. Du sang avait séché sur sa joue et sur sa chemise que son gros ventre soulevait. Sa cravate était de travers, un carnet de cuir dépassait de la poche supérieure de son veston gris à rayures, et son coude gauche était en appui sur la première marche. Il donnait l’impression de quelqu’un qui se repose, car sa bouche était entrouverte comme pendant le sommeil, et ses paupières étaient closes.</p>
      <p>Et c’était bien ce qu’il faisait, le Norvégien. Il se reposait. Mais pour le compte. Pour une sieste perpétuelle.</p>
      <p>À ses pieds, dont on distinguait la semelle gauche, se tenait un cop en uniforme sombre. Il avait l’index droit levé comme pour avertir le photographe qu’il pouvait opérer.</p>
      <p>Louis se sentit pâlir. Sous les sparadraps, sa peau le tira. Ainsi ils avaient eu Hans. Ça n’avait pas traîné. Avec eux ça ne traînait jamais. Lui-même, la veille au soir, la raclée… la sauvage raclée… Et qu’est-ce qu’ils allaient lui faire maintenant ? Est-ce que comme à Hans…</p>
      <p>Un tremblement le parcourut de haut en bas, et le froid lui gela les os. La peur, la sale peur, le gagnait, le submergeait. Le journal lui échappa, il se perdit dans ses pensées.</p>
      <p>— Quelque chose qui cloche ? fit tout à coup une voix à ses côtés.</p>
      <p>Le vieux releva le front sur celui qui l’avait sauvé et qui laissait glisser une robe de chambre sur le lit.</p>
      <p>— Non, non, dit-il péniblement. Tout va bien.</p>
      <p>Son hôte lui tendit une tasse qui sentait bon le café.</p>
      <p>— Tenez, ça vous retapera. Je vous ai pas mis de lait, mais si vous y tenez…</p>
      <p>Le père de Mike s’empara de la tasse d’une main mal assurée.</p>
      <p>— Non, non, merci. J’aime autant le café noir.</p>
      <p>— Moi aussi, fit Jean en repartant vers la cuisine. Buvez et si vous en voulez d’autre…</p>
      <p>— Est-ce que je pourrais téléphoner ? lui lança le vieux. Je m’excuse de vous déranger mais…</p>
      <p>L’Oranais bifurqua vers le divan. Il ramena l’appareil au pied du lit, dit, le geste large, avant de s’en aller :</p>
      <p>— Vous êtes chez vous. Et au cas où vous voudriez vous lever un peu, vous avez une robe de chambre. Et même des chaussons. Ceux qui sont au pied du lit doivent vous aller.</p>
      <p>Louis Coppolano but lentement, l’esprit ailleurs, tandis que de la cuisine s’élevait le sifflotement d’une marche militaire française.</p>
      <p>Lorsqu’il eut fini, il posa sa tasse sur la moquette, empoigna l’appareil. Il fallait qu’il avertisse Frank de ce qui s’était passé. Lui seul pouvait intervenir. Sur un ordre de lui, les autres laisseraient tomber. Mieux, ils le réembaucheraient. Que Frank dirige les Nombres ou pas, s’il le voulait, tout s’aplanirait. Il n’avait qu’un mot à dire.</p>
      <p>Louis composa le numéro du Waldorf, demanda l’appartement de son vieil ami.</p>
      <p>Lorsqu’il s’entendit répondre « Monsieur Reggenti n’est pas encore rentré » il ressentit une douleur aiguë sous le pansement qui lui barrait le torse. Il insista nerveusement :</p>
      <p>— Mais je suis sûr qu’il est là ! Dites-lui que son ami a besoin de lui parler ! Son vieil ami Luigi de Brownsville. Dites-lui que c’est urgent. Il viendra. Dites-lui !…</p>
      <p>— Désolé, monsieur, lui répliqua la voix froide, impersonnelle. M. Reggenti est absent. Mais nous transmettons votre appel. Au revoir, monsieur.</p>
      <p>On raccrocha à l’autre bout. Louis demeura, tête basse, l’écouteur à la main, enregistrant distraitement une chanson en français qui a présent lui arrivait de la cuisine. Il en connaissait le titre : « Mylord », mais ignorait les paroles. Il serra brusquement les dents car une douleur fulgurante venait de lui labourer le flanc là où des pieds l’avaient cogné. Il attendit que ça se tasse tout en réfléchissant. Et il avait beau réfléchir il ne voyait qu’une seule solution : avertir Mike. Tant pis s’il se fâchait. Et il se fâcherait en apprenant que son père avait travaillé dans les Nombres, pour cette racaille comme il appelait les truands. Mais tant pis. Lui au moins prendrait une décision, ferait tout pour le sortir de là. Il ne laisserait pas assassiner son vieux. Louis commença à composer le numéro, s’arrêta soudainement. Il ne pouvait pas. Non, il ne pouvait pas dire à Mike qu’il était devenu un truand. Mike ne voudrait pas comprendre. Et Louis tenait plus que tout à son estime et à son affection. Il replaça l’écouteur et aussi soudainement le releva. Il allait contacter Johnny Vaccario, le supplier, lui demander qu’on le laisse en paix. Johnny lui devait tout de même bien ça ! En souvenir de leur enfance perdue. Son index fit tourner le disque numéroté pendant que du fond arrivaient maintenant les cris joyeux de son hôte qui prenait une douche. Louis faisait vite, ayant peur de trop réfléchir, de ne pas oser, car c’était dur pour son orgueil de supplier Johnny. Surtout après ce qui s’était passé. Mais…</p>
      <p>Il se racla la gorge. À l’autre bout on venait de décrocher et la voix au timbre glacé de Johnny lançait :</p>
      <p>— Allô ?</p>
      <p>Louis jeta vivement en sicilien :</p>
      <p>— Allô, Johnny ? Ici Luigi, Luigi Coppolano. Il faut que tu m’écoutes. Faut que tu saches que j’ai cherché à joindre Frankie. Lui vous dira de stopper les frais. Tu sais bien qu’il me laissera pas démolir. Quand il sera au courant, il va vous dire d’arrêter. Alors je t’en prie, passe la main. Tout au moins jusqu’à ce que j’arrive à le contacter. D’accord Johnny ?</p>
      <p>Le silence s’abattit entre eux. Un silence lourd, cruel, qui donnait à Louis envie de rendre. Tout à coup, n’en pouvant plus, il secoua frénétiquement l’appareil, hurla :</p>
      <p>— Réponds-moi, Johnny ! Réponds-moi ! D’accord ?</p>
      <p>Il entendit le souffle de son ancien copain. Nettement, comme s’il était tout près. Puis sa voix glacée impitoyable.</p>
      <p>— Frankie est au courant de tout.</p>
      <p>Et il raccrocha. Sèchement.</p>
      <p>Louis avait reculé le visage en arrière, comme pour se protéger d’un coup. Et c’était ce qu’il venait de recevoir : un coup. Et bien plus coriace à encaisser que ceux de la veille. Cent fois plus. Ainsi même Frankie le laissait choir. Frankie son vieil ami des rues. Il replaça doucement l’écouteur. Un brouillard humide voilait ses yeux gonflés. S’arrachant un soupir, il s’assit au bord du lit, enfila la robe de chambre en grimaçant de douleur. Il allait falloir qu’il se décide. Il ne pouvait rester là. Maintenant il n’avait qu’une seule ressource, la dernière : avertir Mike, lui demander qu’il vienne le chercher. Ensuite il lui dirait la vérité. Il reprit le téléphone, juste comme son hôte apparaissait, les cheveux mouillés, une serviette autour des reins.</p>
      <p>— Ça va, pépère ? lui lança l’Oranais. Attention de pas faire trop d’efforts, hein !</p>
      <p>Le père de Mike le rassura d’un signe et se courba sur le téléphone qu’il avait calé sur ses genoux.</p>
      <p>— Allô, Connie, dit-il en reconnaissant la voix de sa bru. Comment ça va, fillette ? Et Louise ? Bon, passe-moi Mike, tu veux… Quoi ? Parti ? Où ça ? À son bureau ?… Comment ?</p>
      <p>La stupéfaction, puis le désespoir se peignirent sur ses traits. Il balbutia :</p>
      <p>— Tu dis que Mike s’est envolé ce matin pour l’Europe ? Pour une grosse histoire de drogue ? Mais c’est pas possible ! C’est pas possible… j’ai besoin de lui, moi. Absolument besoin de lui… Tu dis ?</p>
      <p>Il écouta, tête penchée, décomposé, assommé par la nouvelle. Enfin il bredouilla :</p>
      <p>— Comment ? Vous m’avez cherché partout hier soir pour me prévenir ? Mais non j’étais pas à mon hôtel… Où je suis en ce moment ? Chez un ami. J’ai pas pu aller à mon travail… Quoi ? Ma voix est toute changée ?… Je parle du nez ? Non. Non je suis pas enrhumé… un léger accident… je t’expliquerai… une voiture qui m’a heurté… Mais quand Mike va-t-il rentrer ? Hein ? Tu sais pas ? Ça peut être long…</p>
      <p>Malgré lui, il commença à se masser le genou de sa main libre, tout en murmurant.</p>
      <p>— C’est bon, fillette… t’inquiète pas… embrasse la gosse… Oui, je passerai bientôt… Je t’embrasse aussi.</p>
      <p>Il allait raccrocher, mais Connie devait s’inquiéter, car il ajouta :</p>
      <p>— Oui, oui, ça va, Connie… Fais pas attention à ma voix… À bientôt.</p>
      <p>Il reposa l’écouteur et vite sa main gauche rejoignit la droite qui s’énervait. Et doucement il se mit à les frotter l’une contre l’autre, sous l’œil étonné de Jean Baez qui s’aspergeait de lavande.</p>
      <p>— Qu’est-ce qu’il y a, pépère ? fit celui-ci. Ça n’a pas l’air de gazer.</p>
      <p>Le vieux ne répondit pas. Il venait de se lever et, comme attiré par une force irrésistible, il marchait vers la salle d’eau.</p>
      <p>— Il a dû en prendre un coup sur le timbre, songea l’Oranais en le suivant. Y manquait plus que ça dans mes relations.</p>
      <p>De lui-même, le père de Mike trouva la salle d’eau. Il ouvrit un robinet, prit une savonnette, commença à la faire mousser. Il ne voyait plus rien, ne sentait plus rien. L’émotion, la contrariété, l’avaient replongé dans son drame passé.</p>
      <p>L’Oranais, qui le scrutait dans la glace, repéra son air triste, la souffrance qui marquait son regard. Il proposa, son sourire envolé :</p>
      <p>— Je peux pas vous aider, pépère ?</p>
      <p>Mais le vieux l’ignora. Il frottait dur, pour faire disparaître le sang de son fils qu’il croyait avoir tué. Une mousse parfumée recouvrait ses mains, et il frottait toujours plus fort, dents serrées, pour chasser tout ce sang. L’Oranais ne bougeait plus. Il attendait, prêt à épauler ce type qui semblait drôlement encaisser.</p>
      <p>Des minutes s’écoulèrent. La mousse fondit, un énorme soupir de soulagement s’évada de la poitrine de Louis Coppolano. Il laissa ses mains sous l’eau fraîche, les secoua, dit, découvrant son hôte dans la glace :</p>
      <p>— Ça va mieux maintenant. Je m’excuse. Mais je peux rien contre cette manie… cette maladie.</p>
      <p>Jean lui passa une serviette.</p>
      <p>— Je peux pas vous aider ?</p>
      <p>Le vieux écarta les bras.</p>
      <p>— Il n’y a rien à faire. J’ai ça depuis l’accident qui a coûté la vie aux miens… ma femme et mon fils.</p>
      <p>Son regard croisa celui de l’Oranais et il le détourna lentement.</p>
      <p>— C’est moi qui les ai tués… j’étais au volant… saoul comme une bourrique…</p>
      <p>L’Oranais l’étudia avec sympathie. Ainsi c’était ça. Ce vieux lui plaisait de plus en plus. Surtout qu’il ajoutait d’un ton rauque :</p>
      <p>— Je peux pas lutter contre ça. Quand ça me prend, c’est comme si je cherchais à me débarrasser du sang de mon gars qui avait séché sur mes mains.</p>
      <p>L’Oranais fit signe qu’il comprenait. Il allongea son bras nu aux muscles allongés de puncheur, en entoura le cou du vieux, l’entraîna vers la pièce.</p>
      <p>— Parlons plus de ça, dit-il. Ça doit vous faire mal. Moi je me mêle jamais des histoires des autres, mais je crois que vous avez tort…</p>
      <p>Il resserra son étreinte amicale.</p>
      <p>— Je crois que vous avez tort de vous croire responsable. C’est le destin. Ça peut pas être de votre faute, ça.</p>
      <p>Il le ramena jusqu’au lit, l’assit, reprit :</p>
      <p>— Je vais vous refaire un café et appeler mon pote le toubib. Il va revoir vos pansements. Et s’il décide que vous gardiez la chambre, vous êtes chez vous ici. Maintenant, si, vous avez de la famille et que vous préférez la rejoindre, je vous emmènerai. Sinon, mon gourbi est à vous. Ça vous va ?</p>
      <p>Son sourire était revenu. Mais il n’y avait pas, comme pour les filles, une pointe de crapulerie dedans. Il n’était qu’amitié.</p>
      <p>— D’accord, fit le vieux que cette sympathie réchauffait. Et je vous demanderai encore un autre service : me laisser appeler mon bureau pour prévenir que je suis malade.</p>
      <p>— Sûr ! fit l’Oranais, lui redonnant le téléphone. Sûr ! Dans quoi vous êtes ?</p>
      <p>— À la municipalité de New York. Je dresse des plans pour les travaux qui intéressent les sous-sols de la ville. On fournit ces plans aux entrepreneurs quand y a des réparations ou des constructions à faire.</p>
      <p>— Ah ! oui, fit l’Oranais. Vous êtes dans le dessin, en quelque sorte ?</p>
      <p>Il était indifférent, n’avait posé la question que par politesse. Puis, subitement, il sursauta.</p>
      <p>— Mais alors vous connaissez tous les sous-sols du patelin ?</p>
      <p>— Non, sourit le père de Mike. Il y en a trop. Mais si je voulais, je pourrais, car nous avons évidemment tous les plans à notre disposition. Même les plus vieux. Ceux qui datent de la création de Manhattan, par exemple.</p>
      <p>— Mais alors, vous pourriez peut-être me rendre un service ! s’écria l’Oranais. J’aimerais justement connaître les sous-sols d’une rue !</p>
      <p>Le vieux, qui empoignait l’écouteur, releva sa tête argentée.</p>
      <p>— Ah ! oui ? De laquelle ?</p>
      <p>— De la 47<sup>e</sup>. Dans la partie comprise entre la 5<sup>e</sup> et la 6<sup>e</sup> Avenue.</p>
      <p>Le vieux reposa l’écouteur.</p>
      <p>— Le block des diamantaires, je crois ?</p>
      <p>L’Oranais inclina son front où perlaient encore des gouttes d’eau. Le vieux s’étonna :</p>
      <p>— Pourquoi voulez-vous connaître ces sous-sols ? Vous êtes dans une entreprise de bâtiments ?</p>
      <p>Jean Baez secoua négativement la tête. Une goutte d’eau roula sur sa joue.</p>
      <p>— Non. Mais ça m’intéresse tout de même.</p>
      <p>— C’est qu’on peut pas confier ces plans sans l’accord de nos chefs, fit le vieux. Et encore il nous faut aussi une décharge signée par les entrepreneurs qui nous les réclament. Exemple, les compagnies de téléphone, d’électricité ou de chauffage.</p>
      <p>Il amena un sourire sur sa face bosselée.</p>
      <p>— Désolé, mais c’est impossible.</p>
      <p>— Tant pis, lâcha l’Oranais, désinvolte. N’en parlons plus.</p>
      <p>Puis brusquement !</p>
      <p>— Et si on vous payait ce renseignement ?</p>
      <p>Le vieux tressaillit, avant de répondre.</p>
      <p>— Ça n’y changerait rien.</p>
      <p>— Et si on vous le payait cher ? Très cher. N’importe quel prix.</p>
      <p>Le vieux tressaillit une seconde fois. Il hésita longuement avant de lancer :</p>
      <p>— Vous dites bien n’importe quel prix ?</p>
      <p>— N’importe quel prix, assura l’Oranais. 1000, 2000, 10 000 dollars même. Alors ? C’est toujours non ?</p>
      <p>Le vieux se dressa et dans son geste fit tomber le téléphone. Il allait se baisser, l’Oranais le devança. Il insista, reposant l’appareil sur le lit.</p>
      <p>— Alors ?</p>
      <p>Sous le sparadrap la face du vieux s’était figée. Il dit :</p>
      <p>— Si vous proposez une telle somme pour un simple renseignement, un malheureux dessin, c’est que vos buts sont pas clairs. Je m’excuse de vous dire ça, surtout après tout ce que vous venez de faire pour moi, mais comment penser autrement ? D’autant plus que vous parlez de la 47<sup>e</sup> Rue où se trouve le block des diamantaires.</p>
      <p>Il avança d’un pas.</p>
      <p>— Je me trompe ?</p>
      <p>L’Oranais lui sourit.</p>
      <p>— Moi, je vous ai pas posé de question sur ce qui vous est arrivé cette nuit.</p>
      <p>— C’est juste, fit le vieux. Je vous demande pardon. Et je vous demande même pardon deux fois de ne pas pouvoir vous rendre service. Maintenant faut que je parte.</p>
      <p>Il amorça un autre pas, en commençant à dénouer sa robe de chambre, mais une faiblesse le saisit, il retomba sur le lit, dans un gémissement.</p>
      <p>— Restez tranquille, lui ordonna l’Oranais, en l’installant un peu mieux. Je vais chercher mon toubib.</p>
      <p>Il rafla son short au passage, l’enfila, dit avant de sortir :</p>
      <p>— Oubliez ce que je viens de vous raconter. C’était une blague. Comme c’est une blague ce qui vous est arrivé cette nuit. Mais je maintiens ce que je vous ai dit avant : chez moi vous êtes chez vous.</p>
      <p>Et il ouvrit la porte.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>IX</p>
      </title>
      <p>La nuit était claire. Dans la journée un beau et chaud soleil avait chassé la neige de la veille. L’hiver qui s’avançait avait perdu une manche.</p>
      <p>Un couple enlacé s’amenait vers la fourgonnette trapue, rangée au-delà du restaurant El Pezzo. Ils étaient jeunes et pleins de vie. À la cheville, la fille portait sous son bas un bracelet d’or que lui avait offert son amoureux, ainsi que c’était la mode pour les amants de New York. D’après ce que laissait deviner le lampadaire, la fille était mignonne et ses jambes du tonnerre.</p>
      <p>À l’intérieur de la fourgonnette, une Dodge, Jean Baez s’exclama, l’œil rivé à l’un des trous pratiqués spécialement dans la carrosserie noire.</p>
      <p>— Ah ! ces Ricaines ! Quelles gambettes ! Dommage qu’elles s’entêtent à porter des gaines…</p>
      <p>— Gueule pas tant, lui souffla Steve qui, lui, épiait le fond de la rue. Tu vas finir par nous faire repérer.</p>
      <p>Tous deux étaient assis sur un matelas. À leur portée se trouvait une torche électrique, deux bouteilles thermos, et des sandwiches.</p>
      <p>Le couple parvint à leur hauteur, inconscient de la surveillance. Ils parlaient fort. La fille était en train de repousser une proposition qui sentait la partie de jambes en l’air.</p>
      <p>— Non, disait-elle, pas question, Bug. Plus tard, quand nous serons mariés, mais pas avant. De toute façon, il faut que je rentre, mes parents m’attendent.</p>
      <p>— Ah ! toi et ton éducation, soupirait le Casanova. Mais qu’est-ce qu’il faut pour te convaincre ?…</p>
      <p>Ceux de la camionnette ne sauraient jamais ce qu’il fallait pour convaincre la gosse, car elle s’éloignait dans un éclat de rire, couvée par son chevalier.</p>
      <p>L’Oranais quitta son poste. Il rampa vers l’avant, colla son œil à un autre trou pour voir marcher la jeune fille.</p>
      <p>— Quel galbe, sifflota-t-il. Quelle allure ! J’en ferais bien mon dimanche.</p>
      <p>— Oui, mais on est que mardi, lui rappela Steve. Et on a du boulot. D’ailleurs…</p>
      <p>Il n’acheva pas. Il lança un chut énergique, oublia l’Oranais. En deux reptations agiles, l’ancien des Commandos revint près de son copain.</p>
      <p>Un gros clignotant rouge débouchant de la 5<sup>e</sup> Avenue enfilait la 4<sup>e</sup> Rue. Il semblait suspendu dans la nuit.</p>
      <p>— Encore les cops, lâcha Steve.</p>
      <p>Il consulta le cadran lumineux de sa montre, ajouta :</p>
      <p>— 1 heure et demie. Ils ont l’air de passer de demi-heure en demi-heure.</p>
      <p>Maîtresse de la rue, la Plymouth verte à toit blanc avança sur eux, dans un doux ronronnement de moteur. Ses deux occupants de leurs yeux durs balayaient les recoins, fouillaient les trous d’ombre. Sur la carrosserie, était peint en lettres énormes : CITY OF NEW YORK — POLICE — № 16. Steve attendit que la voiture les eût doublés pour remarquer :</p>
      <p>— C’est toujours une numéro 16. Autrement dit, la Station de la 47<sup>e</sup> Rue, entre la 8<sup>e</sup> et la 9<sup>e</sup> Avenue. C’est eux qui ont l’air responsables du secteur, à ce qu’on dirait.</p>
      <p>Il sortit un calepin de la poche de son manteau où un bouton manquait.</p>
      <p>— Faudra faire gaffe. Leur poste est à trois blocks plus loin. En une minute, ils peuvent nous cerner et boucher la rue.</p>
      <p>À présent, la Plymouth présentait ses feux rouges arrière, sa courte antenne, et son éternel clignotant, qui mettait une couleur chaude dans la nuit. Un moment elle sembla se fondre dans les nuages de vapeur, qui sortaient des plaques de fonte. Puis elle réapparut au-delà de la 6<sup>e</sup> Avenue, où, peu après, elle se perdit.</p>
      <p>— Éclaire-moi, demanda Steve.</p>
      <p>L’Oranais s’exécuta. Planquant la torche sous un chiffon, il l’actionna au-dessus du calepin que Steve annota en constatant :</p>
      <p>— Sauf coïncidence, les flics passent toutes les demi-heures et les privés de l’Agence Holmès également. Mais à des heures différentes, ce qui fait moins notre beurre, car j’ai noté qu’Holmès était passé à 11 h 50, minuit 20, 1 heure moins 10.</p>
      <p>Il moucheta le calepin de chiffres, précisa :</p>
      <p>— Leurs rondes nous laissent donc un battement de 20 minutes toutes les heures pour charger les sacs. Ça devrait coller.</p>
      <p>— Bien sûr, renchérit l’Oranais. Surtout que tu disais qu’on chargerait que toutes les deux plombes.</p>
      <p>— Oui, approuva Steve, mais c’est pas seulement au chargement que je pense, mais au travail de percée. Il faudra nous arrêter pendant les passages. Ça nous fera paumer du temps. Enfin tant pis. On s’arrangera.</p>
      <p>L’Oranais éteignit la lampe. Steve reprit, changeant de position :</p>
      <p>— Ah ! si encore ton type, celui que t’as amené chez toi, avait accepté de te fournir les plans du sous-sol ! Peut-être qu’ils m’auraient donné une meilleure idée !</p>
      <p>— Que veux-tu que j’y fasse ? Il a dit non.</p>
      <p>— Je crois que j’aurais réussi à le convaincre, moi, regretta Steve. Car toi et la diplomatie… Et puis de lui proposer du pognon comme tu l’as fait, c’était maladroit. Et dangereux. Surtout dangereux de lui avoir parlé du block des diamantaires.</p>
      <p>— Pourquoi ça ?</p>
      <p>— Parce que, maintenant, un homme est au courant. Un homme qui peut te balancer s’il voit un jour sur les canards qu’un casse a eu lieu dans la 47<sup>e</sup> Rue. Il n’est pas fou. Il fera vite le rapprochement.</p>
      <p>Dans l’ombre, l’Oranais tâtonna à la recherche d’un thermos. Puis répliqua, sincère :</p>
      <p>— Non, le vieux s’allongera pas. J’en mets ma main au feu. N’oublie pas que je lui ai sauvé la mise.</p>
      <p>Un ricanement troubla l’obscurité.</p>
      <p>— Et alors ? Tu crois encore à la reconnaissance des hommes ?</p>
      <p>— Pour le vieux, oui.</p>
      <p>Un court instant, Steve qui changeait encore de position, présenta son profil que Jean devina dans le noir.</p>
      <p>— Laisse-moi me marrer, dit-il. Toi et tes bons sentiments…</p>
      <p>Puis, d’une voix rêveuse :</p>
      <p>— Depuis que tu m’as raconté ça, je me demande si je ferais pas mieux d’affranchir Sam pour qu’il s’occupe de ce type.</p>
      <p>Le genou de l’Oranais cogna nerveusement dans la tôle.</p>
      <p>— Hein ? Je t’interdis bien de faire ça, Steve.</p>
      <p>Sa voix avait claqué. Steve entendit un raclement et le faisceau brutal de la lampe lui brûla la vue.</p>
      <p>— Mais, qu’est-ce qui te prend ? dit-il, cherchant à se protéger les yeux.</p>
      <p>— Il y a que je veux pas qu’on touche à ce vieux, gronda l’Oranais. Fous-lui la paix. Il la bouclera, j’en réponds.</p>
      <p>— Mais t’engages notre liberté, se rebiffa Steve. T’en as pas le droit. T’es pas seul en cause. Qui prouve que ce vieux n’ira pas trouver les poulets s’il voit qu’il y a eu un casse dans la 47<sup>e</sup> Rue. Qui peut le jurer ?</p>
      <p>— Moi.</p>
      <p>— Oh ! toi…</p>
      <p>L’Oranais allongea le bras, crocheta le manteau de son copain. Il n’avait pas abandonné son sourire, mais son regard était inamical. Il jeta :</p>
      <p>— Si tu n’as pas confiance en ma parole, si tu crois pas ton ami qui va risquer sa liberté et sa vie à tes côtés, alors, autant se séparer. Autant que je retourne à Lima. Mais un conseil…</p>
      <p>Son poing vrilla dans le tissu du manteau.</p>
      <p>— … N’essaie pas de m’envoyer ton petit tueur. Ce serait peut-être pas de mon goût.</p>
      <p>Et d’un geste rude, il repoussa Steve dont le dos donna contre la tôle.</p>
      <p>— Mais t’es dingue ! fit Steve. Qu’est-ce qui te prend encore ?</p>
      <p>— Rien, dit l’Oranais, éteignant la lampe. Rien sinon que c’est terminé. Pas la peine que je me mouille avec un gars qu’a pas confiance en moi.</p>
      <p>Un silence gênant s’abattit, que Steve se décida à rompre.</p>
      <p>— Après tout, t’as peut-être raison, concéda-t-il. Et vu que le vieux ne connaît que toi, y a que toi de mouillé. Alors n’en parlons plus. O. K. ?</p>
      <p>Dans le noir sa main chercha celle de son équipier.</p>
      <p>— O. K., renvoya ce dernier, broyant la main offerte. Et je te répète, te fais pas de mouron pour le vieux. Il la bouclera.</p>
      <p>— N’en parlons plus, répéta Steve, qui retourna épier la rue. Ah ! vivement qu’on ait fini notre planque, ajouta-t-il peu après. J’ai une de ces envies de fumer…</p>
      <p>Jean Baez ne dit rien. Négligeant le gobelet, il venait de coller ses lèvres à la bouteille thermos, et avalait le café bouillant.</p>
      <p>Il ne broncha pas en entendant un léger froissement de papier. Pourtant il savait ce que c’était : Steve avait décidé de remplacer le tabac par une prise de came. Il but encore puis proposa en tendant le thermos :</p>
      <p>— Une gorgée de jus, Steve ?</p>
      <p>Mais son équipier ne se retourna même pas.</p>
      <p>L’œil plaqué à un trou, il était déjà plongé dans ses rêves de drogué.</p>
      <p>L’Oranais reboucha le thermos.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>X</p>
      </title>
      <p>— T’aurais pas un cigare, Louis ?</p>
      <p>Louis Coppolano abandonna du regard sa table à dessin. Il se fouilla, ramena un étui qu’il tendit, ouvert. Son collègue, Martin, se servit.</p>
      <p>— Merci, fit-il, en le faisant craquer à l’oreille. Tu fumes pas, toi ?</p>
      <p>Louis secoua la tête.</p>
      <p>— Pas envie.</p>
      <p>— Dis donc, ça doit te gêner ces lunettes pour bosser ?</p>
      <p>— On s’y fait, soupira Louis. Et puis ça durera pas toujours.</p>
      <p>Martin craqua une allumette.</p>
      <p>— C’est vrai. Mais c’est égal, la bagnole qui t’a esquinté de la sorte aurait pu te tuer.</p>
      <p>Louis lâcha un autre soupir, excédé cette fois.</p>
      <p>— J’ai eu de la veine. Mais laisse-moi, faut que je travaille… Un plan à vérifier avant la soupe.</p>
      <p>Martin eut un geste approbateur et retourna à sa table en s’enveloppant de fumée. Louis se replongea dans son étude.</p>
      <p>Il n’avait recommencé le travail que le matin même après quatre jours passés chez le Français. Il allait mieux, et en tout cas, il savait à présent qu’il n’avait rien de cassé. Mais il n’était pas joli à voir. Connie avait crié en le voyant. Il avait le visage cabossé, le nez de travers et dissimulait ses yeux au beurre noir sous des lunettes fumées. Mais dans l’ensemble, à part un peu de gêne en respirant, ça allait.</p>
      <p>Il actionnait sa planche pour la redresser quand on l’interpella de nouveau.</p>
      <p>— Louis !</p>
      <p>Il tourna le cou vers un collègue qui se tenait devant la cabine téléphonique réservée aux employés, et la lui désignait.</p>
      <p>— On te demande.</p>
      <p>Étonné, le père de Mike alla s’y enfermer.</p>
      <p>— Allô ? fit-il. Qui me réclame ? C’est toi, Connie ?</p>
      <p>Une voix lui parvint, rauque, râpeuse.</p>
      <p>— Non, c’est pas Connie, hé, corniaud ! Alors où tu en es depuis l’autre soir ? T’as digéré ta trempe, hé, ordure ?…</p>
      <p>Une boule bloqua la gorge de Louis Coppolano.</p>
      <p>— Mais… parvint-il à lâcher.</p>
      <p>— T’excite pas, reprit la voix. Je veux pas entendre ta sale gueule. Je veux juste t’affranchir qu’on va encore s’occuper de toi bientôt. T’entends, fumier ? On va s’occuper de toi jusqu’à ce que tu en chies dans ton froc de peur. Jusqu’à ce que tu te balances dans l’Hudson, plutôt que de nous rencontrer.</p>
      <p>Sur la main du vieux, les jointures blanchirent tellement il serrait l’ébonite. Il répéta, ne pouvant pas dire autre chose.</p>
      <p>— Mais… Mais…</p>
      <p>La voix ricana.</p>
      <p>— Au revoir, ordure. À bientôt.</p>
      <p>Louis ouvrit la bouche, la referma. L’autre venait de raccrocher.</p>
      <p>Le vieux était blême. Ainsi ils recommençaient. Ils ne le lâcheraient donc pas ! Il resta quelque temps prostré et poussait la porte pour sortir, lorsque le téléphone sonna de nouveau. Il décrocha machinalement.</p>
      <p>— Allô ?</p>
      <p>— Ah ! t’es toujours là, reprit la même voix râpeuse. Tant mieux. J’avais oublié de te faire une commission. Tu m’entends ?</p>
      <p>— Oui, balbutia le vieux. Mais je vous assure…</p>
      <p>— Ta gueule. Écoute.</p>
      <p>Le père de Mike se mordit les lèvres pendant que la voix poursuivait.</p>
      <p>— Un conseil. Parle pas des Nombres ou sinon… la femme et la môme de ton sacré putain de fils de flic… tu vois ce que je veux dire ?</p>
      <p>Un bruit sec frappa l’oreille de Louis : son interlocuteur avait coupé la communication.</p>
      <p>Il regagna sa place, les jambes tremblantes, la rage au ventre.</p>
      <p>Les salauds. Et dire que même si Mike était là, il ne pourrait rien lui raconter maintenant. La vie de Connie et de Louise étaient en jeu. Les autres ne plaisantaient pas. C’était pas leur genre. Les salauds. Ce salaud de Frankie. Comme s’il n’aurait pas pu arranger le coup ! Après tout, c’était de sa faute s’il avait tout perdu, s’il avait tout risqué ! Car si Frankie ne lui avait pas refilé ce tuyau… ce bon Dieu de tuyau qui… cet enfoiré de tuyau increvable que…</p>
      <p>Le père de Mike se chercha un cigare.</p>
      <p>Mais non, ce n’était pas la faute de Frankie et il le savait bien. C’était la sienne, oui. C’était lui l’ordure. Le type du téléphone avait raison. Il présenta le cigare à la flamme d’une allumette, la regarda s’éteindre. C’était lui qui avait fait une connerie, et c’était à lui de payer, de prendre ses responsabilités. Toutes ses responsabilités.</p>
      <p>Se redressant brusquement, il jeta l’allumette d’un geste rude, retourna au téléphone. Peu après il obtenait Johnny Vaccario.</p>
      <p>— Allô, Johnny ? fit-il vivement. Ici Luigi. Raccroche pas. Je t’en prie, raccroche pas.</p>
      <p>Il devait croire que l’autre allait le faire, car il enchaîna précipitamment.</p>
      <p>— Raccroche pas, Johnny, écoute-moi. Faut que tu m’écoutes.</p>
      <p>Et avec encore plus de précipitation :</p>
      <p>— Est-ce que tu peux ordonner de laisser tomber si je rembourse l’oseille ?</p>
      <p>— En totalité ?</p>
      <p>Louis poussa un soupir de soulagement. Enfin l’autre composait. Tant pis s’il avait laissé percer du mépris dans sa brève interrogation ?</p>
      <p>— Oui, dit-il, en totalité. Les 7000 thunes.</p>
      <p>— Quand ?</p>
      <p>Louis hésita.</p>
      <p>— Eh bien, je sais pas encore. Mais bientôt. Dans quelques jours peut-être.</p>
      <p>— Quand ?</p>
      <p>La voix de son ancien copain Johnny était toujours aussi froide, toujours aussi impitoyable.</p>
      <p>Louis se cramponna à l’appareil. Il fallait qu’il parvienne à convaincre. Il jeta :</p>
      <p>— Le plus vite possible. T’as ma parole. Le plus vite possible.</p>
      <p>— Quand ?</p>
      <p>De la sueur gicla du front de Louis. Il cria :</p>
      <p>— Je peux pas te le dire à un jour près. Mais t’as ma parole que je vais vous rembourser. Je t’en prie, laisse-moi un délai. Un petit délai.</p>
      <p>— De combien ?</p>
      <p>Johnny ne s’humanisait pas. Louis sentit la sueur contourner ses sourcils, mouiller ses lunettes. Il serra son poing libre.</p>
      <p>— Ben je sais pas. Mais au moins 15 jours. Peut-être un mois.</p>
      <p>— Tu les as.</p>
      <p>La poitrine de Louis se gonfla de joie.</p>
      <p>— Un mois ?</p>
      <p>— Non, 15 jours. Et comme nous sommes le 20 novembre, t’as jusqu’au 5 décembre. Tchao.</p>
      <p>Louis replaça l’écouteur. Il avait son sursis. Mais il ne pouvait plus reculer. Il devait aller jusqu’au bout de ses responsabilités. Il chercha de la monnaie, la glissa dans la fente, fit sur le cadran le numéro du Français. Pourvu qu’il soit là ! Sinon, s’il se mettait à trop réfléchir… Mais il y était. Il lui jeta en reconnaissant sa voix :</p>
      <p>— Allô ? Ici pépère… Oui, ça va très bien, merci. Juste une question. Est-ce que ça marche toujours votre proposition sur ce que vous savez ?</p>
      <p>Il prêta l’oreille à la réponse, renvoya :</p>
      <p>— Entendu. À 9 heures ce soir au Berry. Au revoir. Et merci encore pour tout.</p>
      <p>Un rire qu’il commençait à bien connaître résonnait dans l’appareil lorsqu’il le reposa. Il sortit, et c’est d’un pas ferme qu’il s’approcha de larges bahuts de couleur sombre, et d’une hauteur d’un mètre soixante environ. C’était là que se trouvaient les plans de fondations et des rues de New York. Après avoir parcouru des étiquettes, il se baissa devant l’un de ces bahuts, tira une poignée, amena à lui une sorte de tiroir de quinze centimètres de haut sur un mètre cinquante au carré. Il posa le tout sur le bahut, souleva quelques grandes feuilles numérotées, avant de s’arrêter à l’une d’elles. C’était, soigneusement reproduit, le sous-sol des blocks de la 46<sup>e</sup> et de la 47<sup>e</sup> Rue Ouest, situées entre la 5<sup>e</sup> et la 6<sup>e</sup> Avenue.</p>
      <p>Le père de Mike se retourna, faussement machinal. À travers ses verres fumés, il inspecta la salle. Mais nul ne s’occupait de lui. Même pas Martin, qui mâchonnait son cigare, l’œil perdu au-delà des vitres où le soleil jouait encore. Et après tout, il avait le droit de consulter ces plans. Ça faisait partie de son job. Il sortit un crayon et une feuille, commença à reproduire le plan du block des diamantaires.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Le Berry s’enfonçait au 321 West, entre deux escaliers de la 51<sup>e</sup> Rue. Il était presque 9 heures du soir, et le restaurant s’animait. L’ambiance était française, mais la clientèle mélangée.</p>
      <p>Derrière son bar, Jo, la taulière, une Bretonne coriace mais brave comme le pain blanc, surveillait les allées et venues des serveuses, et le coup de poignet de Jacques le barman qui avait le geste un peu large pour verser. Elle adorait l’Amérique où elle avait toujours vécu, et donnait ses ordres dans un charabia franco-breton-américain que les autres arrivaient quand même à comprendre.</p>
      <p>Devant le bar, Pierre, son jules, un joyeux lascar né en Indre, tafiatait avec les clients. C’était lui le meilleur nettoyeur de godets du secteur. À croire qu’il avait le foie aussi costaud que les blindés du général Patton.</p>
      <p>L’Oranais était accoudé non loin de lui, une Marlboro aux lèvres. Entre deux répliques avec Jacques, il restait pensif, mais toujours souriant, l’œil fixé sur la photo dédicacée de Marcel Cerdan. Langlois et Villemain, également en tenue de boxeurs, encadraient le grand champion. Tous trois ornaient le fond du bar, dominant les verres et les bouteilles d’apéros, qui par leurs étiquettes, leurs odeurs, obligeaient à penser au vieux pays.</p>
      <p>Un peu de cendre tomba devant l’Oranais. Il n’y prit pas attention. Il contemplait toujours Marcel Cerdan qu’il avait tant admiré et rêvé d’imiter. Ce rêve avait sombré en Indochine avec la dysenterie amibienne et autres saloperies…</p>
      <p>— Je te vois ce soir ? fit une voix près de lui.</p>
      <p>Il détourna le regard. Raymonde, l’une des serveuses, posait un plateau sur le comptoir et lançait au barman sous l’œil faussement endormi de la Bretonne :</p>
      <p>— Deux scotch pour le fond. Et un siphon.</p>
      <p>La Bretonne reporta son attention ailleurs. Rapide, Raymonde cogna l’Oranais du coude.</p>
      <p>— Alors, tu me réponds pas ? Je te vois ce soir ?…</p>
      <p>— Impossible, mon ange dit-il. Je suis occupé. Mais demain, oui.</p>
      <p>Il lui faisait ses yeux argentins et elle se sentit fondre. Elle supplia dans un souffle, surveillant la rusée taulière.</p>
      <p>— Viens au moins m’embrasser dans le couloir ! Une fois.</p>
      <p>Il prit son verre d’eau minérale, lâcha avant de boire :</p>
      <p>— Je te rejoins.</p>
      <p>Et, comme elle s’en allait avec sa commande, il la suivit d’un air détaché, accompagné d’un froncement de sourcils de la vieille Bretonne.</p>
      <p>Partant du bar, un long couloir invisible du comptoir débouchait dans la salle de restaurant située au fond.</p>
      <p>Raymonde y attendait l’Oranais, son plateau en équilibre sur le bras. Elle lui offrit sa bouche voracement, dit :</p>
      <p>— Embrasse-moi. Vite. Vite. J’en ai si envie. Depuis le temps…</p>
      <p>Il laissa choir son mégot, s’exécuta en l’aidant à maintenir son plateau. Pendant qu’il l’embrassait il fixait un plan du métro de Paris, accroché au mur de droite. Un vrai plan, grandeur nature, avec éclairage comme pour un Vlaminck de la grande époque.</p>
      <p>En tablier blanc et robe noire, une collègue de Raymonde passa devant eux, et alerta, complice, sans ralentir :</p>
      <p>— Magne-toi. Les clients réclament leurs verres.</p>
      <p>Dans un regret, Raymonde écarta ses lèvres, dit :</p>
      <p>— On se voit demain, hein ? Promis ?</p>
      <p>Il lui frotta les seins, dont les bouts aussitôt durcirent sous la robe noire.</p>
      <p>— Sûr, mon ange. Sûr. Tu sais bien que j’ai envie de toi.</p>
      <p>— Promis, hein ?</p>
      <p>Les yeux de la fille quémandaient et brillaient de sensualité.</p>
      <p>— Promis, fit-il. Allez, calte, tes patrons vont gueuler. Je mange ici, je te reverrai tout à l’heure.</p>
      <p>Elle s’enfuit, ondulant de la fesse, les jambes cambrées par les hauts talons. Il amorça un mouvement pour revenir au bar, quand son œil retomba sur le plan du métro. « NORD SUD » il y avait d’imprimé dans le coin du haut. Du regard, il parcourut les boulevards, la République, Voltaire, la Bastille puis redescendit, chercha la rue Saint-Paul, là où il avait poussé. Une bouffée de souvenirs le noya, fit reculer New York, l’Amérique, l’étranger, les coups durs. Son sourire se décrocha lentement. Ses poings se crispèrent au fond des poches de son costume bleu, croisé, de coupe française. Un pli marqua l’angle de ses lèvres.</p>
      <p>Paris, Paname, sa ville aux lumières et aux misères, aux rupins et aux crève-la-faim, aux grandes avenues et aux ruelles sales. C’est là, dans ce Paris, qu’il avait vécu le plus longtemps. En fait, il était parigot. Juif oranais il n’avait en réalité qu’une attache, là où on l’avait torché, là où il avait grandi.</p>
      <p>La collègue de Raymonde repassa devant lui, étonnée de le retrouver seul, adossé au mur gauche. Il ne la vit pas. Il ne voyait que le plan, que le mot Bastille, que son regard avait été rechercher malgré lui.</p>
      <p>Il ferma les yeux, crut sentir l’odeur humide et chaude du métro, du parfum des filles, des petits restaurants, et des bars à pastis. Il se revoyait rue de Lappe, croyait encore entendre les airs de danse rejaillir des bals sur les pavés ronds et mouillés. Une vision lui revint d’une fille rousse, aux dents blanches, à la peau crémeuse qui valsait dans ses bras au Balajo. Elle semblait flamber de partout sous les lumières colorées que renvoyait la boule à facettes, tournoyant au plafond. Elle lui en avait fait voir. Mais ils s’étaient aimés. Pas longtemps. Mais aimés.</p>
      <p>— T’es encore là ?</p>
      <p>Il rouvrit les yeux, se secoua. Tout disparut, s’effaça. Le plan du métro n’était plus qu’un plan de métro.</p>
      <p>Son plateau vide sous le bras, Raymonde elle aussi s’étonnait :</p>
      <p>— Qu’est-ce que tu fais ?</p>
      <p>— Rien, dit-il, son sourire revenu. Je rêvais.</p>
      <p>Elle jeta avidement :</p>
      <p>— À moi ?</p>
      <p>— Évidemment, mon ange, dit-il. À personne d’autre, voyons.</p>
      <p>Elle voulut se suspendre à son cou, il la repoussa.</p>
      <p>— Attention à la Bretonne. Sauve-toi mon ange. Je te reverrai tout à l’heure.</p>
      <p>Elle s’enfuit, il revint vers le bar. Il allait reprendre son verre, quand la porte s’ouvrit sur Louis Coppolano. Il marcha au-devant de lui.</p>
      <p>— Salut pépère ! Content de vous revoir.</p>
      <p>— Je suis en peu en retard, s’excusa le vieux. Mais impossible de trouver un taxi.</p>
      <p>Jean Baez repoussa l’excuse.</p>
      <p>— Le principal est que vous soyez là. Vous avez le bidule ?</p>
      <p>Le vieux eut un geste affirmatif. L’Oranais poursuivit :</p>
      <p>— Alors on va en discuter en cassant la croûte. Si vous voulez venir…</p>
      <p>Il entraîna son invité vers le fond, après l’avoir aidé à ôter son pardessus.</p>
      <p>La salle baignait dans une pénombre rouge qui donnait une ambiance à la Bruant. Les murs étaient peints en ocre, ainsi que le plafond qui formait une voûte au-dessus des dîneurs déjà nombreux. Des appliques diffusaient une lumière rougeâtre sur les nappes à carreaux rouges et blancs. Des bougies rouges, en torsade, fumaient sur les tables, plantées dans des bouteilles vides de beaujolais.</p>
      <p>L’Oranais désigna une table, celle qu’il avait retenue, située dans l’angle gauche, un peu à l’écart des autres.</p>
      <p>— Si vous voulez vous asseoir…</p>
      <p>Le vieux s’installa dos au mur, Jean en face de lui. En prenant place, il porta le regard sur la table proche où, solitaire, mangeait Steve Ryan. Puis il le ramena sur le vieux.</p>
      <p>— Ainsi vous vous êtes décidé ?</p>
      <p>— Oui, fit ce dernier. Et malgré tout ce que je vous dois, croyez bien que c’est pas de bon cœur. Mais ces 10 000 dollars sont pour moi une question de vie ou de mort. Je suis dans un piège et vous seul pouvez m’en sortir.</p>
      <p>Il mit la main à sa poche intérieure, en ramena des feuilles pliées, enchaîna :</p>
      <p>— C’est pourquoi j’ai ici vos renseignements. Vous avez les 10 000 dollars ?</p>
      <p>Et vivement, devant l’air soudain gêné de son interlocuteur :</p>
      <p>— Oh ! comme nous n’avions pas réellement fixé de prix, je suis prêt à traiter à 7000. C’est la somme dont j’ai absolument besoin. Vous pouvez me la donner ?</p>
      <p>L’Oranais hésita, se racla la gorge, sans cesser de sourire :</p>
      <p>— C’est que voilà. J’ai pas encore le pognon. Mais je l’aurai, ajouta-t-il, en voyant le vieux replier les feuilles. C’est une question de jours. Seulement faut que vous me fassiez confiance… que vous me donniez les plans avant.</p>
      <p>Il laissa couler son regard sur Steve qui, hypocritement, étudiait le vieux, poursuivit :</p>
      <p>— Ceux avec qui je marche n’ont pas de liquide en ce moment. Ça arrive, pas vrai ?</p>
      <p>— C’est que… hésita le vieux. Sans cet argent je suis foutu. Je peux pas vous raconter pourquoi, mais sans lui je suis flambé. Et à présent, vous, vous m’annoncez que…</p>
      <p>L’Oranais écarta les mains.</p>
      <p>— J’y peux rien, pépère ; On n’a pas pu réunir l’oseille.</p>
      <p>Il ne pouvait pas lui dire que même M’man n’avait pas de liquide, et qu’en plus elle se méfiait.</p>
      <p>Le père de Mike se mordilla les lèvres avant d’avouer :</p>
      <p>— Je sais pas comment vous refusez ça, après ce que vous avez fait pour moi. Mais si vous saviez dans quel pétrin vous me collez…</p>
      <p>Derrière ses lunettes fumées, il fixait les feuilles qui avaient représenté son dernier espoir. Il soupira :</p>
      <p>— Tant pis. Tant pis pour moi. Mais je peux pas faire autrement.</p>
      <p>Et jetant les feuilles devant l’Oranais :</p>
      <p>— Elles sont à vous. Vous me paierez si vous réussissez. Sinon… En tout cas je vous dois bien ça.</p>
      <p>Les dents de l’Oranais étincelèrent.</p>
      <p>— Merci, viejo. Votre geste me botte mais…</p>
      <p>En parlant, il avait regardé Steve qui lui avait décoché un signe convenu. Donc c’est que le vieux lui plaisait. Il enchaîna en repoussant les feuilles.</p>
      <p>— Si moi j’ai confiance en vous, et ce que vous venez de faire le prouve, les autres, ceux avec qui je marche, se la donnent. Ils disent que votre plan peut être du bidon, ou bien que, si vous êtes sincère, que ça vous intéresserait peut-être de vous mouiller avec nous.</p>
      <p>Le vieux sursauta. L’Oranais continua :</p>
      <p>— Ils pensent que la meilleure façon de nous protéger, c’est de vous avoir avec nous. Comme ça, ils seront sûrs que vous la bouclerez, et que votre plan est vrai.</p>
      <p>— Mais vous êtes fou, se rebiffa le vieux. Jamais je ne voudrai…</p>
      <p>— Même pas pour 200 000 dois ? le doucha l’Oranais.</p>
      <p>Le chiffre fit sauter le vieux. Il murmura, assommé :</p>
      <p>— 200 000 dollars… Vous avez bien dit…</p>
      <p>— 200 000, précisa son vis-à-vis. C’est ce que je suis chargé de vous offrir. Et je vous garantis que moi, je vous le ferai toucher ce pognon. Alors ?</p>
      <p>Les mains du père de Mike, comme malgré elles, commencèrent à se réunir. Jean y posa les siennes. Il dit, doucement :</p>
      <p>— Non, pépère, non. C’est pas une mauvaise nouvelle, ça. Serrez les dents. Ça va passer. Allons, pépère, serrez les dents.</p>
      <p>Le vieux prit sa respiration. Fortement. L’Oranais ne lui lâcha pas les mains. Il attendit.</p>
      <p>Longtemps. Enfin le vieux put lancer, calmé :</p>
      <p>— Qu’est-ce que je vais être obligé de faire pour toucher tout cet argent ?</p>
      <p>— Simplement de conduire une bagnole, le rassura l’Oranais après avoir chassé de la main Raymonde qui venait aux commandes. Pas autre chose que ça.</p>
      <p>— Ce sera vraiment tout ?</p>
      <p>L’Oranais souleva son autre main, libérant celles du vieux qui se dénouèrent.</p>
      <p>— Vraiment tout, pépère. C’est nous qui faisons le sale boulot. Mais bien sûr, il y a des risques aussi pour vous. Sinon on vous refilerait pas 200 000 thunes, vous devez vous en douter. D’autre part, si on en a besoin, faudra nous apporter d’autres plans des sous-sols et nous expliquer celui-là en détail.</p>
      <p>Il tapa sur les feuilles, chercha les yeux du vieux à travers les verres fumés.</p>
      <p>— Alors ?</p>
      <p>Louis Coppolano détourna la tête, murmura pensivement, pour lui-même :</p>
      <p>— 200 000 dollars… la fortune… la fin d’un tas d’emmerdements…</p>
      <p>Un sourire éclaira le bas de son visage.</p>
      <p>— … Une belle bagnole pour Mike, et une maison de campagne pour Connie… son rêve.</p>
      <p>Il releva le front, passa les doigts dans sa chevelure argentée, dit :</p>
      <p>— J’accepte. Et merci de votre confiance, car il faut en avoir pour me proposer ça.</p>
      <p>Jean Baez lui tapota le bras.</p>
      <p>— Mais j’ai confiance en vous, viejo ! La preuve c’est que je vais tout de suite vous présenter un des mes équipiers, et que nous allons déjà pouvoir jeter un coup d’œil sur vos papelards.</p>
      <p>— Maintenant ? s’étonna le vieux. Un des vôtres ? Et où ça ?</p>
      <p>— Bonsoir, dit Steve qui venait de quitter sa chaise sur un signe de Jean, et s’installait d’autorité près de Louis Coppolano.</p>
      <p>— Raymonde ! cria l’Oranais en claquant des doigts. Une Pommery 53 ! Dis à Pierre qu’il la mette lui-même dans la marmite.</p>
      <p>Et, du bout des doigts, il expédia un baiser à la fille qui le mangeait des yeux.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>XI</p>
      </title>
      <p>Il pleuvait depuis 9 heures du soir, une pluie fine, hachurée, qui transperçait. Les lampadaires en étaient voilés par un halo, et les fumées qui s’élevaient des plaques d’égout en s’effilochant faisaient plus que jamais songer à des histoires de fantômes.</p>
      <p>Peu de passants empruntaient la 47<sup>e</sup> Rue, dans la portion comprenant le block des Diamantaires. Ceux qui le faisaient se dépêchaient, tête dans les épaules, ignorant que sous leurs pieds, ou presque, dormaient dans les SAFE des fortunes colossales. Quelques lumières, oubliées par les équipes de nettoyage, brûlaient dans les buildings commerciaux vides depuis longtemps. Elles mettaient dans le noir rébarbatif de la rue un peu de vie, et donnaient aux rares passants le regret d’un abri bien chaud. Le building du 38, lui, était totalement plongé dans l’obscurité.</p>
      <p>À minuit pile, le clignotant rouge d’une voiture de police émergea dans la nuit. Puis la grosse Plymouth, dont le toit ruisselait, passa lentement dans une gerbe d’eau. Elle n’avait pas encore franchi la 6<sup>e</sup> Avenue, que M’man bifurquait dans la rue. La mère du petit Sam était bottée, chapeautée, vêtue de cuir. D’un pas assez rapide pour sa masse elle gagna sa Ford, rangée non loin du restaurant El Pezzo, déjà fermé. Elle mit le contact, et attendit, l’œil sur le rétro. Pas longtemps. Même pas trois secondes. Une fourgonnette noire, anonyme d’aspect y grossissait rapidement. M’man s’assura que rien ne s’intercalait entre eux, et dégagea du trottoir.</p>
      <p>Aussitôt la fourgonnette, une Dodge trapue, prit la place de la Ford que M’man avait amenée là à 7 heures du soir, juste à l’heure où le stationnement est permis.</p>
      <p>Au bout de la rue M’man dut attendre aux feux rouges avant de franchir la 6<sup>e</sup> Avenue. Elle en profita pour jeter un regard sur la gauche, sur la sortie de métro de la 47<sup>e</sup> Rue. Sam y était. Elle distinguait à travers les barreaux, et presque à ras du trottoir, une tête coiffée d’une casquette de montagne. Mais il ne s’occupait pas d’elle. Resté en bas des marches, il surveillait la Dodge, prêt à intervenir. Et dans les poches alourdies de son Burberry, ses petites mains grasses devaient étreindre les crosses de ses deux P38. M’man s’était toujours demandé comment il arrivait à porter, et pourquoi il aimait tant des armes si lourdes ! Évidemment, elles étaient efficaces, mais tout de même…</p>
      <p>Comme les feux passaient au vert, elle le chercha encore une fois des yeux, avant de démarrer. Un dixième de seconde, Sam suivit le départ de sa mère, puis reporta son attention sur la Dodge. Il était bien placé. Avec un temps pareil, personne ne s’étonnerait de voir un homme hésiter à quitter l’abri du métro. De toute façon, il pouvait faire semblant de monter ou de descendre, si des voyageurs se présentaient. Mais dans ce quartier, et à cette heure, il n’y avait pas grand risque. Et puis, ce ne serait pas long. Là-bas ça devait bouger. Et, effectivement, ça bougeait. Pour ne pas s’éloigner du volant, et rester invisible de la rue, Louis Coppolano s’était allongé sur la banquette et guettait les bruits. À l’intérieur, l’Oranais était à plat ventre, et son buste disparaissait par une grande ouverture découpée dans le plancher de la Dodge. De ses mains gantées, il s’activait à soulever une plaque d’égout en s’aidant d’une pince monseigneur, aux extrémités enveloppées de chatterton. Il opérait silencieusement, évitant de heurter la fonte. À ses côtés, Steve et Bob attendaient. Ce dernier avait une clef et des pinces universelles à manche caoutchouté à la main. Tous trois étaient gantés, vêtus de chandails épais, de canadiennes et chaussés de bottes de caoutchouc. Seul l’Oranais était nu-tête. Les autres étaient coiffés de passe-montagnes.</p>
      <p>Un léger bruit résonna dans le lourd silence, suivi d’un frottement de métal contre le macadam. Tous retinrent leur souffle. Puis l’Oranais redressa le buste, se laissa rouler sur le côté.</p>
      <p>— O.K. souffla-t-il.</p>
      <p>Bob se laissa glisser par l’ouverture et tomba au fond du trou. Celui-ci était d’un mètre cinquante, à peine. Un tas de câbles et de fils, bien protégés par des bandes de toile forte et de chatterton, se rejoignaient en son milieu. Ils semblaient littéralement jaillir de terre, et leurs extrémités se perdaient sous trois boîtes de métal. En tâtonnant, Bob en repéra une, la deuxième en partant de la gauche, et se mit à dévisser les écrous du couvercle. Il travaillait vite, adroitement. Peu après le couvercle céda. Avant d’éclairer les fils qu’il cherchait, Bob se releva, promena son regard dans la rue. Rien. Il se rebaissa, et d’un bref éclat de la lampe aussitôt éteinte, il repéra les fils qui l’intéressaient. Allons, ils étaient bien disposés ainsi que son père le lui avait dit ! En moins de deux, il empoigna sa pince et les débrancha. À présent, les sonneries d’alarme du SAFE 38 étaient neutralisées. Quelques secondes plus tard, sa tête inexpressive réapparut dans l’ouverture du plancher. Puis son corps suivit, et Steve lui donna un coup de main pour remonter. À peine l’ouverture dégagée, l’Oranais repencha son buste, et se remit à jouer de la pince monseigneur. Ça ne traîna pas. Des frottements. Un bruit sec, un peu trop sec et la plaque avait retrouvé son logement. Sans prendre le temps de récupérer de son effort, l’Oranais se laissa bouler sur le côté et claqua des doigts. Steve, déjà posté à l’avant, gratta aussitôt à la cloison qui les séparait du conducteur. Au signal Louis Coppolano se remit au volant et alluma les lanternes. À leur vue, le petit Sam abandonna le refuge du métro. Remontant les quelques marches, il tourna l’angle de la 6<sup>e</sup> Avenue, se dirigea vers la 46<sup>e</sup> Rue.</p>
      <p>Derrière lui, la Dodge s’ébranlait, coupait la 6<sup>e</sup> Avenue, allait jusqu’à la 7<sup>e</sup> puis s’en revenait par la 46<sup>e</sup> Rue. Au bout, sur la gauche, avant la 5<sup>e</sup> Avenue, le père de Mike repéra le petit Sam, en dépit des rideaux de pluie. Celui-ci était au-delà du milieu du block et s’arrêtait devant une Chevrolet Impala, celle de Jean Baez. Le fils de M’man l’ouvrit, y grimpa, démarra après avoir vérifié l’arrivée de la Dodge. La plaque d’égout sur laquelle la Chevrolet était garée depuis 7 heures du soir se trouva ainsi libérée. Pas pour longtemps. Déjà Louis Coppolano y rangeait la Dodge noire, dans une parfaite synchronisation de mouvements.</p>
      <p>À l’intérieur, les mêmes gestes que dans la 47<sup>e</sup> Rue se répétaient. Aussi rapidement exécutés. Aussi efficacement. Mais cette fois, la plaque enlevée ne découvrit ni fils, ni câbles, mais une descente d’égout.</p>
      <p>Steve, qui avait étudié les lieux trois jours avant avec l’Oranais, s’y engagea le premier. Il s’assit au bord de l’ouverture du plancher, se laissa glisser et, en tâtonnant, devina sous sa botte le premier crampon scellé dans le ciment. Il fit signe que tout allait bien, commença la descente. Autour de son passe-montagne était fixée, pas encore allumée, une lampe d’explorateur de sous-sol. À son cou pendait un masque à gaz, et sur le dos il portait un sac d’outils.</p>
      <p>Plus il progressait vers le fond, plus il sentait monter à ses narines une odeur de moisi et d’excréments. Les crampons rouillés et humides sur lesquels se cispaient ses mains gantées étaient espacés de 0,50 m. Il en compta 8, comme l’indiquait le plan. Arrivé au dernier, il se pencha, éclaira le fond, découvrant un sol cimenté. Il acheva sa descente, se laissa tomber dans une sorte de cuve aux parois beaucoup plus larges que celles du haut. À ses pieds s’ouvrait une niche de 1,30 m de hauteur, sur autant de large. Tracée perpendiculairement aux buildings, elle s’enfonçait en pente douce vers le centre de la rue et recevait d’énormes conduits de vidange, en provenance des buildings.</p>
      <p>Un peu de terre dégringola sur la tête de Steve qui releva le nez. L’Oranais descendait à son tour. Lui aussi avait une lampe autour du front et un masque à gaz autour du cou. À son épaule était suspendu un talkie-walkie<a l:href="#n_20" type="note">[20]</a>. Il avait à peine touché le sol, qu’un sac suspendu au bout d’une corde atterrit sur lui. Il décrocha le sac qui contenait des provisions, le passa à Steve pendant que la corde remontait. Puis dix bouteilles suivirent lentement. Cinq de propane, cinq à oxygène. Elles étaient d’une contenance de 2,5 m<sup>3</sup>, pesaient chacune 25 kgs, et mesuraient 0,70 m de long.</p>
      <p>Les deux hommes empilaient le tout sans un mot. Là-haut, Bob agissait vite, aidé par le vieux. Lorsque tout le matériel fut descendu, il les rejoignit à son tour. Il était équipé comme eux, mais portait, en plus, une poêle à frire<a l:href="#n_21" type="note">[21]</a> en sautoir.</p>
      <p>Sans plus attendre, Steve se courba, s’enfonça dans la niche, précédé par le puissant éclat de sa lampe ; les énormes conduits laissaient ce qu’il fallait de passage au milieu. L’Oranais suivit, une bouteille de propane sous le bras, et Bob chargé d’une bouteille à oxygène fermait la marche. À mesure de leur avance, l’infernale odeur les prenait à la gorge. Sept mètres plus loin, ils purent se redresser ; ils avaient atterri sous le centre de la rue, au bord des égouts proprement dits qui s’écoulaient à gauche et à droite. Tous trois portèrent le regard sur le liquide épais, limoneux, innommable, qui stagnait à leurs pieds. Dans une grimace écœurée, l’Oranais y cracha. Un violent sursaut agita le corps de Steve qui ferma les yeux. Un hoquet saisit Bob, qui courbé au-dessus de l’égout se mit à dégueuler.</p>
      <p>— Bon Dieu, grommela l’Oranais à Steve. Vous appelez ça des égouts !</p>
      <p>Steve se retourna avec peine à cause de l’exiguïté de l’endroit, et faillit se faire éborgner par l’antenne du talkie-walkie. Il grommela.</p>
      <p>— Nous plaignons pas trop. Dans le fond on est veinards qu’il y ait des égouts dans ce secteur. N’oubliez pas que beaucoup de rues n’en ont pas.</p>
      <p>Il disait vrai. À cause du roc sur lequel est bâti Manhattan, le système d’égouts n’est pas identique partout. Très souvent ce sont d’énormes conduits qui amènent les eaux sales quelques égouts plus loin, quand la conformation du sol a empêché d’en doter une rue.</p>
      <p>Mais par un coup de pot inouï, la 46<sup>e</sup> et la 47<sup>e</sup> en possédaient. Guère praticables d’ailleurs. Ils s’enfonçaient à 6,20 m sous terre et débouchaient bien sur une sortie tous les 33 mètres, mais avant d’arriver à ces 33 mètres il fallait avancer cassé en deux, car ils n’étaient hauts que de 1,32 m. Et ils ne possédaient pas de bas-côtés. Un homme y avait passage, mais sans plus. Et comme il n’y avait pas de bas-côtés pour y mettre les pieds… il fallait y aller carrément… dans la… jusqu’aux genoux.</p>
      <p>Bob s’essuya le menton d’un revers de manche. Ses yeux lui sortaient de la tête, et il en pleurait de s’être complètement vidé les boyaux. Steve, qui soulevait la lampe frontale, jeta à l’Oranais :</p>
      <p>— Mettons nos masques et allons-y. L’heure sonne.</p>
      <p>Tous trois le firent, remirent leurs lampes en place. Puis, après une hésitation, Steve descendit dans les excréments et s’enfonça dans la cavité de gauche. Au moment de le suivre Bob eut un recul. L'Oranais qui guettait ça lui tapota le dos, et le poussa doucement. Derrière le groin de son masque, son sourire avait fondu.</p>
      <p>Devant eux, Steve en dépit de sa charge avançait assez vite. Dans le balancement de la marche, sa lampe oscillait, éclairant alternativement les parois de briques humides ou bien l’infâme liquide, où ses bottes, cuissardes, enfonçaient. Soudain, il freina pile, et Bob lui cogna les reins de sa bouteille à oxygène ; une queue énorme, noire, visqueuse et sans poil, pendait à quelques pas de lui.</p>
      <p>C’était celle d’un rat qui venait de sauter dans le trou occasionné par deux briques tombées. Ramassé sur son corps musclé, aplati sur ses pattes de devant, il épiait les intrus comme prêt à bondir.</p>
      <p>Une sueur glacée coula dans le dos de Steve. Sous le passe-montagne et les courroies du masque, ses cheveux se dressèrent de dégoût. Il frissonna deux, trois coups, puis se ressaisit et avança, aveuglant le petit monstre du jet de sa lampe.</p>
      <p>Derrière, ses deux compagnons l’imitèrent. Mais l’Oranais au moment de doubler la bestiole, craignant qu’elle ne lui saute sur le dos, rabattit sa main libre dans un geste foudroyant. Cueilli de plein fouet, le gros gaspard roula le long du mur de briques dans un piaillement aigu qui glaça le sang aux hommes.</p>
      <p>Après avoir bifurqué à gauche, Steve remonta la 5<sup>e</sup> Avenue, d’après les plans. Et il ne pouvait se tromper car la nuit de l’inspection, lui et l’Oranais avaient tracé des points de repère qu’ils n’avaient plus qu’à suivre.</p>
      <p>Enfin ils débouchèrent sous la plaque de sortie de la 5<sup>e</sup> Avenue. Tous trois se redressèrent, soufflèrent un peu. Leur marche incommode, leur charge, et leurs vêtements, les avaient mis en nage. Et dire qu’au-dessus de leurs têtes, à plus de 6 mètres, c’était l’air libre. Oui, mais…</p>
      <p>Déjà Steve se recourbait et s’enfonçait dans les égouts de gauche, ceux de la 47<sup>e</sup> Rue.</p>
      <p>Et ils reprirent leur avance, étouffant sous le masque, glissant dans les excréments, le dos brûlant ou glacé, apercevant de plus en plus de rats logés dans des trous. Mais de ceux-ci, ils ne s’en occupaient plus. Il fallait agir vite. Et quand Bob fit un bond en arrière et se cogna la tête dans le plafond bas et mouillé, l’Oranais crut qu’il était devenu cinglé. Et c’est bien ce que le mécanicien avait cru devenir en sentant le long de sa botte un glissement rapide et en repérant un alligator d’une trentaine de centimètres.</p>
      <p>L'Oranais le distingua à son tour et serra les dents. Ainsi c’était vrai cette histoire disant que des gens balançaient par leurs W.C. les petits crocodiles qu’ils achetaient dans Broadway. On racontait même que les maudits bestiaux allaient grandir dans l’Hudson ou l’East River et atteignaient parfois deux mètres.</p>
      <p>Sous son masque l’Oranais jura.</p>
      <p>— Bon Dieu ! Faut avoir les tripes bien accrochées. Quand je pense qu’on aurait pu descendre par la plaque située juste au pied du 38 et éviter toute cette saloperie.</p>
      <p>Mais dans le fond il savait que Steve avait eu raison de leur faire faire tout ce chemin. Car en cas de coup dur les flics bloqueraient automatiquement la 5<sup>e</sup> et la 6<sup>e</sup> Avenue bouchant ainsi la 47<sup>e</sup> Rue, où se trouvait le SAFE.</p>
      <p>Mais eux, pendant ce temps, pourraient revenir par les égouts récupérer la Dodge dans la 46<sup>e</sup> Rue, et se tirer des pattes. Car avant que les pieds-plats découvrent que le casse avait lieu en partant des égouts…</p>
      <p>Les oreilles leur tintaient et ils respiraient mal lorsqu’ils purent se redresser 33 mètres plus loin. Mais ils ne traînèrent pas. Il leur restait encore sept mètres et… Ils se renfoncèrent de nouveau sous ces bon Dieu de voûtes basses et peu après ils débouchaient sous la sortie d’égout du 38 car la plaque à ras du trottoir commandait bien des égouts et non des connexions téléphoniques, comme le croyait le père de Bob.</p>
      <p>Les trois hommes posèrent le matériel à terre et ôtèrent leur masque. Ici l’eau était moins empuantie que d’où ils venaient. Ce qui ne signifiait pas qu’ils pouvaient se croire aux sports d’hiver ! Surtout que de leurs lourdes bottes, grimpait un de ces fumets… Mais baste, en essayant de se dominer… Et ils avaient au moins un peu de terrain sec. Oh ! à peine un couloir de quelques mètres, où ils pouvaient bouger à deux de front ! Sans plus.</p>
      <p>Sans perdre de temps, Bob déboucla le sac d’outils, et enfonça deux gros clous dans le ciment. Steve accrocha une lampe puissante à l’un d’eux qui, aussitôt, éclaira la surface lisse de bas où ils devaient opérer. À l’autre, l’Oranais suspendit le sac aux vivres. Puis il déroula des tuyaux de caoutchouc, munis d’un manomètre et d’un bec à acétylène. Bob s’en empara ensuite et les brancha sur les deux bouteilles. Steve s’agenouilla, commença à passer la poêle à frire sur la surface lisse.</p>
      <p>— Heureusement qu’on n’a pas attaqué par le transfo, comme tu le voulais, déclara Jean Baez, en déployant l’antenne du talkie-walkie. On aurait eu bonne mine.</p>
      <p>Steve ne se retourna pas, pris qu’il était par son boulot.</p>
      <p>— C’est juste, soupira-t-il. Mais je pouvais pas savoir que c’était ici l’endroit le plus proche du SAFE. Comme je pouvais pas savoir qu’il y avait des égouts dans cette rue.</p>
      <p>— Même mon père l’ignorait, renchérit Bob, s’agenouillant à son tour.</p>
      <p>Il avait allumé le bec, et une flamme bleutée dansait devant lui. À la craie, Steve finissait de tracer les lignes derrière lesquelles se trouvait l’armature de fer du béton, que lui avait détectée la poêle à frire. Bob abaissa sur ses yeux de grosses lunettes à souder, et Steve lui laissa la place. Bob commença à chauffer le ciment. Il employait le même procédé dont avaient usé les entrepreneurs chargés de démolir le mur de l’Atlantique. Procédé découvert à l’époque, justement dans le but d’accélérer ce gigantesque travail de destruction. La combinaison de propane et d’oxygène donnait un maximum de rendement thermique. Elle livrait une course contre la montre.</p>
      <p>Bob promenait la flamme sur les lignes de craie, chauffant le ciment, mais visant à travers lui l’armature métallique. Et sous la terrible chaleur, les tiges de fer fondaient et le béton, n’étant plus maintenu, s’écroulait. C’était la meilleure et la plus rapide façon d’en venir à bout. La plus silencieuse aussi. Ce qui était primordial. La première plaque tomba, se détachant comme du beurre, exhibant les nervures du bâti de fer. Bob alluma une cigarette au bec d’acétylène, et poursuivit son travail. Dans son dos, l’Oranais empoigna le talkie-walkie qui laissait entendre un grésillement. Il écouta, puis dit :</p>
      <p>— Oui, tout va bien, Sam. On a attaqué. Et toi ? Et le vieux ?</p>
      <p>Il se recula pour mieux entendre, ajouta :</p>
      <p>— Ah ! bon, il est déjà au-dessus de nous ? Ça va, je vais attendre son signe. À tout de suite, je retourne là-bas.</p>
      <p>Il reposa l’appareil, et se mit à grimper en s’aidant des crampons de fer. Il n’eut pas à aller jusqu’en haut. Trois petits coups de talon venaient de résonner sur la plaque de fonte, faisant savoir que le vieux était là, et que tout allait bien. Donc c’était que ni bruit, ni lueurs ne parvenaient jusqu’au trottoir. Il est vrai qu’ils étaient à près de 7 mètres de profondeur… Au-dessus, le pas du vieux s’éloigna. L’Oranais redescendit.</p>
      <p>— Je retourne chercher des bouteilles, dit-il, en remettant son masque.</p>
      <p>Et alors qu’une autre plaque cimentée s’écroulait, il s’enfonça sous la voûte, précédé de l’éclat de sa lampe.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Mains enfoncées dans ses poches de manteau, le père de Mike remonta jusqu’à la 5<sup>e</sup> Avenue. Parvenu là il prit à droite et, peu après, il redescendait la 46<sup>e</sup> Rue. La pluie lui cinglait la face, coulait dans son cou, pourtant protégé par un foulard, mais il ne se sentait pas mal. Et il n’avait plus peur non plus. Ces gamins rapides, décidés, le rassuraient. Et il ne voulait pas s’interroger sur ce qu’il faisait là ! Il était trop tard. Le moment était venu de prendre ses responsabilités. Sans quitter le trottoir, il stoppa au pied de la Dodge, d’où une voix lui parvint.</p>
      <p>— Tout va bien ?</p>
      <p>— Oui, fit le vieux, sans se baisser, tranquillisé par la rue déserte. On n’entend absolument rien.</p>
      <p>— Eh bien, vous pouvez grimper à l’arrière, conseilla la voix qui provenait de dessous la voiture.</p>
      <p>Restez pas sous la flotte. Toutes les heures l’un de nous ira faire un tour vers le 38.</p>
      <p>Le vieux allait monter quand la voix le stoppa.</p>
      <p>— Non, continuez, on vient.</p>
      <p>Le vieux repartit aussitôt et au-delà des bagnoles en stationnement il aperçut les phares d’une voiture qui s’amenait au pas. C’était une Oldsmobile bleue, celle de Holmès d’après ce qu’on lui avait raconté. Et comme il était 1 h 24 c’était sûrement les « privés ».</p>
      <p>Ils avaient dû passer par la 47<sup>e</sup>, et revenaient par la 46<sup>e</sup>, leur ronde terminée. Probablement qu’ils regagnaient leur proche quartier général jusqu’à la ronde suivante. Ses occupants jetèrent un coup d’œil sur lui, mais ils avaient dû tourner la tête par habitude car ils ne devaient pas distinguer grand-chose, avec toute cette grisaille pluvieuse…</p>
      <p>En voyant l’auto progresser le petit Sam se baissa calmement. S’il le faisait c’était plutôt par réflexe car il ne risquait pas d’être découvert. Il était debout dans la descente d’égout, les pieds calés sur le deuxième crampon, les mains sur le rebord de la chaussée. À son épaule pendait un talkie-walkie. En levant la tête, il pouvait deviner à travers l’ouverture du plancher le toit de la Dodge. Une odeur de cambouis chatouillait ses narines, et parfois, d’en dessous, lui parvenaient des relents d’égout.</p>
      <p>En dépit de son sang-froid, il eut un choc en voyant les roues de l’Oldsmobile arriver à la hauteur de son regard et freiner dans une gerbe d’eau… Une portière s’ouvrit et claqua, dominant de son bruit le pas du vieux qui s’éloignait calmement.</p>
      <p>Une voix enrouée tomba jusqu’au petit Sam.</p>
      <p>— J’en ai pour une minute. Le temps de téléphoner à ma bourgeoise… elle avait tellement de fièvre ce soir…</p>
      <p>Le petit Sam retint son souffle. Le ventre appuyé contre la paroi de l’égout, ses mains, dans le Burberry, allèrent chercher les P38.</p>
      <p>Des souliers à semelles épaisses lui passèrent près du nez. Il eut l’impression, mais il devait se tromper, d’avoir senti le cuir mouillé. Puis les souliers s’éloignèrent de quelques mètres et il les vit se lever, disparaître dans une cabine téléphonique située sur l’autre trottoir.</p>
      <p>Le petit Sam ne bougea plus. Son œil pâle ne quittait pas la cabine, enfin ce qu’il pouvait en voir.</p>
      <p>Quelques minutes s’écoulèrent, puis le bas de la cabine se rouvrit, les souliers réapparurent. La voix enrouée troubla le silence de la rue.</p>
      <p>— Elle dit qu’elle a une grippe carabinée et que je fasse attention de pas en récolter une aussi.</p>
      <p>L’homme rit, d’un rire gras et lourd, ajouta :</p>
      <p>— Par ce temps-là, c’est comme si c’était fait.</p>
      <p>Les souliers revinrent sur le petit Sam, et de nouveau il eut l’impression de sentir le cuir mouillé. Le bruit d’une portière qu’on ouvre troubla le silence. Un soulier se leva, disparaissant de la vue du petit Sam. Puis la voix jeta après un long reniflement :</p>
      <p>— Je trouve que ça sent drôle par ici. Jo. Pas toi ? On dirait que les égouts débordent. Pourtant il n’a pas tellement plu !</p>
      <p>— Tu dois te gourer, répliqua une autre voix. Moi je sens rien. Allez, monte.</p>
      <p>— On ferait peut-être bien de jeter un coup d’œil, s’entêta l’homme à la voix enrouée en ramenant son pied sur le sol. Surtout que j’ai l’idée que ça vient de tout près. Si on trouve quelque chose on affranchira le service des égouts. Je te dis que ça vient de là.</p>
      <p>Les souliers changèrent de face, et au lieu des talons présentèrent leurs pointes. L’homme s’était retourné et commençait à se baisser, car Sam voyait ses jambes qui se pliaient en avant. Vite il prit une légère inspiration pour garder le contrôle de ses nerfs, et rapide, dégaina de la gauche ; il tirait indifféremment des deux mains.</p>
      <p>— Mais laisse tomber ! s’emporta la deuxième voix. T'es dingue de t’occuper de ça ! On a autre chose à foutre, bon dieu ! Allez viens, quoi. Et puis moi je sens rien, je te dis !</p>
      <p>— Bon, bon capitula à regret le possesseur des souliers. Je remonte, mais gueule pas comme ça ! Et je t’assure que ça sentait la merde.</p>
      <p>Les pieds s’écartèrent de la Dodge, et s’élevèrent pendant que l’autre voix déclarait :</p>
      <p>— Merde ou pas, qu’est-ce que tu veux que ça nous foute ? Allons plutôt nous jeter une bonne bière derrière le col !</p>
      <p>La portière claqua, et les roues dans un chuintement s’éloignèrent de la vue du petit Sam. Il soupira doucement, lâcha l’air qu’il avait gardé dans ses poumons, et relogea le P38 dans le Burberry. Sa main gauche tremblait légèrement.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Jean Baez, après s’être fait raconter l’histoire par Sam, s’en revenait vers l’équipe. Courbé en avant, il essayait d’avancer vite en dépit de la bouteille de propane qu’il portait et des sacs vides qui lui ceignaient les reins. Il arrivait non loin du centre de la 47<sup>e</sup> Rue, là où il allait pouvoir se redresser et souffler un peu, lorsqu’un rat, affolé par sa venue, sauta dans un de ces trous laissés par des briques tombées. Sans ralentir, l’Oranais dirigea sur lui le faisceau de sa lampe frontale pour l’aveugler. Mais il n’eut pas le temps de passer ; le gaspard venait de lui sauter à la face. Heureusement qu’il avait son masque, sans quoi…</p>
      <p>À travers le mica, il voyait les petits yeux du monstre, ronds, noirs, luisants de méchanceté, et ses dents aiguës, rageuses, prêtes à mordre. Vif, il cala la bouteille debout dans la fange, et de sa main gantée il empoigna le monstre. Mâchoires serrées, pour ne pas gueuler, pour ne pas devenir fou, il crocheta dans le corps musclé, visqueux et froid. Il était temps car le petit fumier commençait à lacérer de ses griffes la toile du masque cherchant à mordre, à déchiqueter.</p>
      <p>Rapide l’Oranais lui bloqua le cou sous ses oreilles pointues et serra, serra. De toute sa fureur. Ça craqua de partout. Un piaillement lugubre glissa sous les voûtes humides et, déchaîné, l’Oranais abaissa le corps devant lui, et l’écartela dans une crise de folie. Puis après l’avoir achevé en l’écrasant contre le mur, il resta, deux, trois minutes, le dos courbé, une main en appui sur la bouteille fichée debout dans la merde. Enfin il reprit son chemin.</p>
      <p>Peu après il émergea de la voûte, mais ne s’arrêta pas. Il se renfonça pour faire les sept mètres qui menaient au bord du 38. Quand il y parvint, il posa la bouteille près des autres, dénoua les sacs qu’il jeta derrière Steve, ôta son masque. La sueur avait tracé des rigoles sur sa peau bronzée. Il respira un bon coup et, devant le fil qui pendait le long des crampons, son sourire lui revint. C’était un micro autonome, marchant sur pile, aux écouteurs branchés sur contrôle d’enregistrement, que Steve avait fixé là-haut, sous la plaque qui les séparait de la rue. Ce Steve… Il avait de ces idées ! Mais avec ces écouteurs le moindre des bruits éclatant autour du 38 les alerterait.</p>
      <p>Les autres n’avaient pas dormi pendant son absence. Bob avait fini de découper le ciment sur une vaste surface. Et aidé de Steve, il s’activait au déblaiement de terre et de graviers qui les conduirait à l’enveloppe de béton armé protégeant le SAFE. La question d’une petite heure<a l:href="#n_22" type="note">[22]</a> ! Et encore. L’Oranais ne leur parla pas du rat, ni de l’incident des types de chez Holmès. Les parlotes inutiles seraient pour plus tard. Il alla au sac de toile suspendu au clou, en tira un sandwich, commença à y mordre.</p>
      <p>Bob, qui avait ôté sa canadienne et l’avait jetée sur le dernier crampon, se retourna sur lui, une pelle à manche court au poing.</p>
      <p>— Donne-moi une bière, tu veux ?</p>
      <p>— Et tu videras les sacs de gravats, enchaîna Steve qui en emplissait un autre. Sinon on va plus pouvoir bouger.</p>
      <p>Jean Baez pécha une boîte de bière dans le sac de toile, la perça d’un couteau et la tendit à Bob. Goulûment, celui-ci y porta ses lèvres poussiéreuses. Puis il la passa à Steve qui refusa.</p>
      <p>— Pas maintenant.</p>
      <p>L’Oranais récupéra la boîte, la vida, et par hasard son œil découvrit sur le sol, à moitié enfoui, un mince morceau de papier gris, roulé en boule. Il comprit. Steve n’avait envie de rien. Sa dop l’aidait à tenir le choc. Il rejeta la boîte dans le sac de gravats, empoigna celui-ci, l’emporta sous la voûte de 7 mètres. Puis il ramena le sac vide, le jeta près de Steve qui en emplissait un autre. De Bob on ne voyait plus que les reins et la semelle des bottes. À quatre pattes, enfoncé dans le trou, il ressemblait à un fox-terrier déblayant devant lui. Et du temps s’écoula. Et ils ne cessèrent pas. Chacun relayant l’autre, ils creusaient, emportaient les gravats, étayaient le trou qui à présent devaient donner sous le trottoir du 38. Ils ralentissaient juste à chaque claquement de doigt de Steve qui leur indiquait ainsi que, là-haut, une ronde allait passer. Et par le micro ils entendaient effectivement rouler les voitures, et se représentaient sans mal les flics explorant la rue. Puis, l’alerte évanouie, ils reprenaient aussitôt. La sueur les inondait, leur gorge les brûlait, mais ils fonçaient, excités à mesure qu’ils approchaient du SAFE.</p>
      <p>Soudain un bruit clair et prolongé résonna dans l’égout ; la pelle de Bob venait de cogner dans l’enveloppe de béton. Reculant à quatre pattes, le mécano se retourna, présentant sa face terreuse.</p>
      <p>— On y est.</p>
      <p>Steve se fouilla, sortit le plan du père de Mike.</p>
      <p>— Faudra bifurquer un peu sur la droite, dit-il. Là où le béton est moins épais à cause du roc. On doit atterrir juste sous l’angle gauche du SAFE.</p>
      <p>Ses prunelles de camé étincelaient. Il ajouta :</p>
      <p>— À nous de jouer, les gars.</p>
      <p>Bob s’était levé et s’étirait. À ses côtés, l’Oranais s’ébrouait.</p>
      <p>— Faut que je retourne chercher des bouteilles, dit-il.</p>
      <p>Steve opina.</p>
      <p>— Oui, paume pas de temps, on va en avoir besoin.</p>
      <p>L’Oranais le rassura d’un signe, et, attrapant son masque il se glissa sous la cavité qui soufflait son haleine putride. Bob ralluma le chalumeau. Steve disparut dans le trou avec sa poêle à frire et son bâton de craie. Quand il ressortit, Bob abaissa ses lunettes de protection et le remplaça. Il recommença à chauffer sur les lignes de craie, et à faire tomber devant son nez des plaques de béton. Puis il rabaissait un peu la flamme, se reculait, laissait Steve dégager et redétecter les tiges métalliques. Et alternant leurs mouvements, se complétant, ils poursuivirent la brèche, tandis que, dans la fange jusqu’aux genoux, l’Oranais ahanait sous le poids d’une bouteille.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Au-dehors la pluie avait enfin cessé, mais le ciel restait bouché. Le petit Sam qui avait laissé le vieux dans la Dodge et était venu rôder autour du 38 se décida à repartir ; il était 3 h 27 et les flics n’allaient pas tarder. Avant de s’en aller, il donna du talon trois coups brefs sur la plaque d’égout pour rassurer ceux d’en bas. Puis il remonta vers la 5<sup>e</sup> Avenue. Il n’y était pas parvenu que des rires, venant de la 6<sup>e</sup> Avenue, roulèrent dans la rue calme.</p>
      <p>Le petit Sam se retourna. Au loin, il distinguait deux silhouettes qui s’engageaient dans la 47<sup>e</sup> Rue. Peut-être des musiciens d’une boîte quelconque qui rentraient ? Mais pas à jeun, d’après leurs rires. Sam allait tourner dans la 5<sup>e</sup> Avenue quand un aboiement enragé le cloua sur le trottoir. Il se retourna de nouveau. Devant les rieurs, un homme et une femme, d’après ce qu’il voyait maintenant, une silhouette beaucoup plus tassée était arrêtée devant le 38.</p>
      <p>— Bon Dieu jura Sam. Un cabot. Et il paraît gueuler après la plaque d’égout. Est-ce que le con aurait reniflé quelque chose ?</p>
      <p>Il hésita, fit brusquement demi-tour. Plus il avançait, plus il distinguait mieux le chien, un cocker, qui s’excitait devant la plaque d’égout, et au-delà de lui, ses maîtres qui s’amenaient en chantant.</p>
      <p>— Les maudits cons et le maudit cabot, pesta le petit Sam. Pourvu qu’ils le rappellent.</p>
      <p>Mais le couple ne prêtait pas attention au chien. Ils chantaient de plus belle. Faux. Et dans un duo à faire évanouir un professeur de bel canto.</p>
      <p>Au même instant, un clignotant rouge, comme projeté de la 5<sup>e</sup> Avenue, rayonna dans la nuit. La décision de Sam fut rapide. Voyant que le couple laissait le clebs s’époumoner après la plaque d’égout et continuait sa route, il fila vers le 38. Il croisa le couple qui l’ignora et en deux bonds arriva sur le chien. Déjà là-bas le clignotant grossissait. Promptement Sam, après un regard par-dessus son épaule, décrocha au cabot un coup de soulier de volée. Il avait mis le paquet, car le chien s’enfuit en hurlant. Mais celui-ci voyant l’homme qui l’avait frappé courir vers ses maîtres, le poursuivit, en cherchant à mordre.</p>
      <p>— Attachez votre chien ! cria Sam au couple. Voyez pas qu’il veut me mordre !</p>
      <p>Ahuri, le couple le fixa.</p>
      <p>— Vous dites ? fit l’homme. Guam mordre ? Mais il n’y a pas plus doux que lui.</p>
      <p>— Possible, grogna Sam, en surveillant le chien qui, apercevant son ennemi arrêté, n’osait plus approcher. Mais attachez-le tout de même.</p>
      <p>La femme agita une laisse.</p>
      <p>— Aux pieds, Guam. Aux pieds.</p>
      <p>Le chien recula en grondant, et la femme l’attacha.</p>
      <p>— Excusez-nous, monsieur, dit-elle. On ne sait pas ce qui lui a pris à crier comme ça !</p>
      <p>— On aurait dit qu’il avait reçu un coup, remarqua l’homme.</p>
      <p>— C’est surtout moi qui ai eu peur, déclara Sam, l’œil braqué sur les flics qui arrivaient. Et vous excusez pas, madame. Bonsoir.</p>
      <p>Et après avoir porté un doigt à sa casquette de montagne il remonta la rue, offrant aux pieds-plats de la Plymouth un profil noyé dans le col du Burberry.</p>
      <p>En bas, au fond du trou, Steve reposa les écouteurs dans un énorme soupir de soulagement. Il attendit un peu, puis de la tête, fit signe à Bob qu’il pouvait poursuivre.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>L’Oranais amenait l’avant-dernière bouteille. Il la cala contre les autres, ôta son masque, grimaça. Il avait beau être coriace, cela faisait la huitième fois qu’il s’appuyait ce footing sous les voûtes puantes. Ça commençait à compter. Se renversant en arrière, il écarta les bras, pour détendre ses muscles. Puis il alla vider sous la cavité deux sacs pleins de gravats qui l’attendaient. Au retour, il s’agenouilla derrière Steve dont n’apparaissaient plus que les semelles.</p>
      <p>— Ça gaze ? lança-t-il au milieu du sifflement berceur et monotone de la flamme à acétylène.</p>
      <p>Steve tourna le cou, et comme il ne pouvait bouger beaucoup plus, il posa sa joue sur la cuisse de Bob qui à plat ventre travaillait le béton armé.</p>
      <p>— Oui, fit-il. Dans quelques minutes, on va être sur la plaque sensible. Après on aura encore un quart d’heure de béton à tout casser. Puis ce sera le SAFE.</p>
      <p>Il jeta un regard sur sa montre.</p>
      <p>— Il n’est pas encore 4 heures. À 5 on sera dedans et à 6, on aura enlevé le morceau.</p>
      <p>Ses yeux luisaient et sa face souillée de poussière, de ciment et de terre, reflétait l’orgueil.</p>
      <p>— Le plus beau coup de tous les temps.</p>
      <p>Il grimaça un sourire, se heurta le front du doigt.</p>
      <p>— … sorti de ce cerveau-là.</p>
      <p>L'Oranais lui tapota amicalement les jarrets, que protégeaient les bottes, blagua :</p>
      <p>— Ces savants tout de même !</p>
      <p>Et pointant son index ganté sur le trou où disparaissait Bob :</p>
      <p>— Eux non plus sont pas si nature que ça. Car c’est plutôt marlou leur histoire de plaque sensible !</p>
      <p>Steve eut une moue méprisante.</p>
      <p>— Tu parles. Tout le monde sait que dans chaque enveloppe de béton qui entoure une chambre-forte, les constructeurs y fourrent des plaques et des fils qui déclenchent l’alarme aussitôt qu’on les frôle.</p>
      <p>Il ricana.</p>
      <p>— Ce procédé est enfantin et n’a plus rien de secret. Et il est inutile quand, comme nous, tu neutralises les signaux d’alarme. Alors tu vois qu’ils sont pas si futés que tu le dis !</p>
      <p>Le plouf d’un carré de béton qui se détachait le ramena à Bob.</p>
      <p>— Je repars chercher la dernière bouteille, lui lança l’Oranais. Après je finirai de déblayer.</p>
      <p>— Fais vinaigre, lui renvoya Steve sans se retourner. On va avoir besoin de toi et de cette bouteille. Surtout là-haut car il y a des coffrets qu’on va être obligés de découper au chalumeau. Et peut-être qu’on va manquer d’oxygène. En tout cas, magne-toi, et affranchis le petit Sam qu’il se tienne prêt à foutre le camp à partir de 6 heures.</p>
      <p>Jean Baez lui retapota les bottes pour le rassurer et se redressa. Puis décrochant son masque qu’il avait suspendu près du talkie-walkie, il se renfonça une fois de plus sous la voûte puante.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Louis Coppolano but une large rasade de café et reboucha le thermos. Et il murmura, penché par l’ouverture découpée dans le plancher de la Dodge :</p>
      <p>— Il serait peut-être temps que j’aille faire un tour là-bas ? Qu’en pensez-vous ?</p>
      <p>Le petit Sam qui avait repris son poste en haut de l’égout, talkie-walkie à l’épaule, releva le front.</p>
      <p>— Entendu. La prochaine fois, ce sera à moi.</p>
      <p>Le vieux passa par la petite porte ménagée à l’avant de la cloison, et ouvrant une portière il sauta dans la rue.</p>
      <p>Sam, de dessous la Dodge, le suivit dans sa marche vers la 5<sup>e</sup> Avenue. Puis il ne le vit plus. Il s’engonça dans son Burberry et, œil à ras de la chaussée, il balaya les environs. Il guettait, mais sa pensée était au Madison Square Garden où le lendemain des patineurs devaient s’exhiber dans un numéro comique. Il ne raterait pas ça. Et il y emmènerait M’man. Elle aussi aimait rire. Mais il sortit aussitôt de son rêve en percevant sous lui l’arrivée de l’Oranais.</p>
      <p>Il descendit quelques crampons, se pencha sur le noir car à chaque fois qu’il débouchait là, Jean Baez éteignait sa lampe.</p>
      <p>— Ça va ? souffla-t-il.</p>
      <p>En deux bonds l’Oranais arriva sous lui ; son masque se balançait à son cou.</p>
      <p>— Tout est O. K., dit-il dans un murmure. Dans deux plombes tout sera fini. Steve demande que tu fasses un peu chauffer le moteur vers les 6 heures.</p>
      <p>— Je le ferai, rassura le petit Sam. Vous bilez pas, le vieux et moi, on sera prêts.</p>
      <p>— Où il est ? s’informa l’Oranais. Il roupille ?</p>
      <p>— Non, il est parti faire une virée vers le 38.</p>
      <p>Dans l’ombre, les dents de l’Oranais étincelèrent.</p>
      <p>— Ce pauvre vieux ! On lui en fait faire des trucs.</p>
      <p>— Pour 200 000 thunes mon père à son âge aurait becté un flic tout cru, lâcha le petit Sam qui ne l’avait pas connu. Et sans sel ni poivre encore.</p>
      <p>Jean Baez gloussa.</p>
      <p>— J’avoue que moi aussi. Et j’aurais même bouffé l’uniforme avec.</p>
      <p>Soudain il se tut et blêmit. Son sourire se décrocha, ses sourcils se froncèrent, son sang se figea.</p>
      <p>Venant de loin, comme assourdi, un bruit commençait à enfler dans la nuit. Puis brutalement le ululement d’une sirène s’amplifia, s’amplifia, déchirant l’air de ses notes aiguës, dramatiques, qui râpaient les nerfs, donnaient envie de gueuler pour éviter au cerveau de craquer.</p>
      <p>— Bon Dieu ! sacra l’Oranais. Bon Dieu de bon Dieu !</p>
      <p>— Mais… lâcha le petit Sam. On dirait…</p>
      <p>Infernale, dominant tout, la sirène continuait de crever le calme des rues, dans son appel menaçant.</p>
      <p>— Bon Dieu ! jura encore l’Oranais, se laissant glisser en bas des crampons.</p>
      <p>— Où tu vas ? lui lança le petit Sam. Reviens !</p>
      <p>Mais l’Oranais s’était rué sous la voûte, tout en remettant son masque et en allumant sa lampe frontale. Vivement Sam manœuvra le talkie-walkie.</p>
      <p>— Allô ? lança-t-il ? Allo Steve ? Allô ? Allô ?</p>
      <p>Rien ne lui répondit. Les autres devaient foncer pour les rejoindre. Laissant choir l’appareil, il s’éleva, se glissa par l’ouverture et, vif et agile, il gagna le volant et il mit le contact. Puis, prêt à tout, étonnant de sang-froid, tandis que les sirènes gueulaient à la mort, il plaça un P38 sur la banquette à la portée de sa main.</p>
      <p>En bas, l’Oranais n’avait pas été bien loin. Il venait de se cogner dans Bob qui essoufflé, sans masque, les yeux lui jaillissant de la tête, lui bafouilla :</p>
      <p>— … la plaque sensible… la plaque sensible…</p>
      <p>Tout ce qu’il pouvait dire, le mécano. Jean Baez crocheta dans son chandail.</p>
      <p>— Et Steve ?</p>
      <p>La main tremblante de Bob indiqua les profondeurs empuantées.</p>
      <p>— Vient de tomber… là-bas… à quelques mètres…</p>
      <p>D’une bourrade l’Oranais le relança vers la sortie.</p>
      <p>— File, je te rejoins.</p>
      <p>Et, sans se soucier ni des rats ni de la puanteur qui pénétrait par son masque mal mis, ni de la fatigue, il se rua en soulevant des tas d’excréments.</p>
      <p>Quinze mètres plus loin, il tomba sur Steve : groggy, assis à même la boue immonde, la tête penchée, respirant mal. Lui non plus n’avait pas de masque. Non loin de là, de son trou, un rat énorme l’épiait méchamment.</p>
      <p>— Steve ! cria Jean Baez. Remets-toi, bon Dieu !</p>
      <p>Mais son équipier ne rouvrit pas les yeux. Il respirait et c’était tout. L’odeur, l’émotion, la fatigue, avaient eu raison de lui. L’Oranais ne perdit pas son temps. Il l’empoigna par sa canadienne et dans un ruissellement de fange, il le logea sous son bras, comme il l’aurait fait d’un paquet, d’une bouteille d’oxygène. Et donnant tout ce qu’il avait dans le ventre, il refonça vers la sortie de la 46<sup>e</sup> Rue.</p>
      <p>Quand il émergea de la voûte, le bruit de sirènes qui semblait s’engouffrer avec plus de violence dans l’étroit réduit s’abattit sur eux. Mais Steve ne réagit pas.</p>
      <p>L’Oranais le colla contre la paroi, aspira une longue goulée d’air après avoir balancé son masque et le gifla. Trois fois. Sauvagement. Trois aller et retour. À la vitesse d’une mitrailleuse.</p>
      <p>— Réveille-toi, fumier ! cria-t-il. Réveille-toi salaud !</p>
      <p>Sous les coups, Steve eut un sursaut brusque. Il ouvrit les yeux, soupira. L’Oranais le regifla de nouveau. Aussi vite. Aussi fort. Aussi vachement. Au-dessus les sirènes déchiraient toujours l’air de leur hurlement affolant.</p>
      <p>— Mon Dieu… gémit Steve, revenant complètement à lui.</p>
      <p>— Grimpe ! lui gueula l’Oranais. <emphasis>Fissa</emphasis>, bon Dieu !</p>
      <p>Et le soulevant, il le catapulta vers les premiers crampons de l’échelle. Deux secondes après ils débouchaient à l’intérieur de la Dodge. Au volant le petit Sam n’avait pas bronché. Il attendait, coriace et fidèle en dépit des sirènes qui semblaient maintenant jaillir de partout. Laissant Steve s’écrouler au côté de Bob qui ne récupérait pas, l’Oranais plongea vers la porte de séparation.</p>
      <p>— Ça y est, Sam ! Ils sont là. Et le vieux ?</p>
      <p>Sam, tout en embrayant, tourna vers lui ses yeux sans expression.</p>
      <p>— Pas revenu. On peut plus attendre. T’entends les poulets ?</p>
      <p>— Mais le vieux ! cria l’Oranais. Le vieux !</p>
      <p>Sam ne répondit pas. Il venait de dégager, et suivant un taxi, il virait à droite dans la 5<sup>e</sup> Avenue, alors que les sirènes des voitures de flics mélangeaient leurs hurlements à celles du 38 de la 47<sup>e</sup> Rue.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Le déclenchement de l’alerte avait surpris le père de Mike devant le 38. Il resta quelques instants comme paralysé. Il ne comprenait pas. Puis quand il réalisa, il remonta rapidement vers la 5<sup>e</sup> Avenue pour aller retrouver la Dodge. Mais comme il allait y parvenir, des clignotants rouges trouèrent la nuit, et, au lieu de descendre la rue, les poulets se mirent en travers dans un hurlement de freins et de sirènes. Vite le père de Mike se confondant avec l’obscurité fit demi-tour, cherchant à gagner la 6<sup>e</sup> Avenue. Les tympans crevés par le rugissement des sirènes, la frousse au ventre, il se mit à courir. Alors qu’il n’était plus qu’à une vingtaine de mètres de la 6<sup>e</sup> Avenue, des sirènes qui semblaient déchirer la nuit dans le lointain se rapprochèrent brusquement. Rasant les murs pour que ceux de la 5<sup>e</sup> Avenue ne voient pas qu’il fuyait, le vieux donna ce qu’il pouvait. Encore quelques pas et il était sauvé. Mais les sirènes ululèrent lugubrement, très près, très près et il fut forcer de s’arrêter en retenant un cri de rage ; dans une giclée d’eau et un brutal crissement de frein, une Plymouth venait de lui barrer le chemin. Et d’autres voitures suivirent à la seconde, des phares se braquèrent dans la rue, et des deux côtés les flics s’ébranlèrent arme au poing.</p>
      <p>Une torche arriva en pleine face de Louis Coppolano qui par réflexe avait sauté dans un coin d’ombre. Des mains le palpèrent, des questions crépitèrent.</p>
      <p>— Qui êtes-vous ?</p>
      <p>— Qu’est-ce que vous foutez là ?</p>
      <p>— D’où venez-vous ?</p>
      <p>— Votre nom ?</p>
      <p>— Votre adresse ?</p>
      <p>— Longtemps que vous êtes ici ?</p>
      <p>— Mais… Mais… fit faiblement le vieux, essayant de retrouver son souffle et dont les mains commençaient à se chercher.</p>
      <p>— Ça suffit, embarquez-le ! trancha une voix. On verra plus tard. Nous autres continuons.</p>
      <p>Des mains s’abattirent sur le vieux. Il voulut se débattre. Une matraque lui faucha les reins, une voix conseilla :</p>
      <p>— Du calme.</p>
      <p>Et ils l’entraînèrent vers les voitures, où une foule jaillie d’on ne savait où s’amassait.</p>
      <p>Lorsqu’ils le poussèrent dans une bagnole le vieux risqua de s’étaler, car ses mains ne pouvaient lui servir d’appui, il les frottait l’une contre l’autre, à croire qu’il se les lavait.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Depuis que la Dodge avait quitté la 46<sup>e</sup> Rue, tous la bouclaient, sauf Bob qui se lamentait.</p>
      <p>— … Mais comment que ça se fait… comment que ça se fait…</p>
      <p>Sam stoppa au coin de Lexington Avenue et de la 45<sup>e</sup> Rue, là où il avait été ranger la Chevrolet. Tous descendirent, et grimpèrent dans cette dernière, abandonnant la Dodge et ce qu’il restait d’outillage ainsi que leurs bottes et les pantalons souillés.</p>
      <p>— Ramenons Bob d’abord, jeta Steve à Jean Baez qui avait repris le volant. Puis ensuite Sam. Tous rendez-vous ce soir chez lui.</p>
      <p>L’Oranais démarra, Steve poursuivit :</p>
      <p>— Pour l’instant vaut mieux se séparer. À quoi bon se creuser le cigare pour savoir ce qui est arrivé.</p>
      <p>L’Oranais lança dans le rétro à Bob, toujours prostré, assis à l’arrière à côté de Sam :</p>
      <p>— Tes tuyaux ont crevé, mon pote. Ou ton père t’a charrié. C’était pas le bon trou où t’es descendu déconnecter les fils d’alarme… C’était un autre.</p>
      <p>— Mais si, je t’assure, soupira Bob qui s’étreignait les mains. Seulement je pige pas. Il a dû se passer quelque chose.</p>
      <p>— Ça, pour s’être passé quelque chose, il s’est passé quelque chose, grinça Steve. Mais ça sert à rien de pleurnicher.</p>
      <p>L'Oranais le lorgna du coin de l’œil. Pas d’erreur, ce Steve avait de l’estomac. Et si dans l’égout il avait flanché, c’était physique. Car moralement, il était en acier. Quant au petit Sam… Il l’admirait. C’est qu’il fallait en avoir pour rester à son volant, alors que les sirènes des pieds-plats s’approchaient en hurlant. Steve et lui étaient deux vrais durs. Deux ricains coriaces et gonflés. Deux lascars un peu givrés sur les bords comme l’Oranais les aimait. Bob, lui, ce n’était pas le même tabac. Mais dans l’égout, il avait abattu du bon boulot. Et s’il calait à présent, c’était la réaction des nerfs. Autrement dit, pas de sa faute. Tout le monde ne peut pas les avoir en acier.</p>
      <p>La Chevrolet filait dans la ville endormie, en direction de la 24<sup>e</sup> Rue où vivaient les parents de Bob. Les rues étaient désertes. Parfois une silhouette de flic apparaissait à l’angle d’un block, un couple traversait une avenue luisante de pluie, un taxi débouchait d’un croisement, mais c’était rare.</p>
      <p>Le silence s’était abattu dans l’auto et tous songeaient au coup manqué, lorsque, soudain, Steve se manifesta.</p>
      <p>— Jean, tu peux plus rentrer chez toi cette nuit.</p>
      <p>— Ah ! non ? s’étonna ce dernier. Et pourquoi ça ?</p>
      <p>— À cause du vieux. Probable qu’il est emballé à l’heure qu’il est.</p>
      <p>— Et alors ?</p>
      <p>— Et alors, n’oublie pas qu’il connaît ton adresse.</p>
      <p>L’Oranais ralentit, en voyant au loin des feux se mettre à l’orange.</p>
      <p>— Et puis après ?</p>
      <p>— Eh bien, s’il est entre les pattes des flics, il va s’allonger sur toi, Ça va pas faire un pli.</p>
      <p>— Non, répliqua Jean Baez, freinant devant le feu passé au rouge. Le vieux s’affalera pas. J’en suis sûr. Et puis rien ne dit qu’il est cravaté. Et même s’il l’est, rien ne prouve qu’il était dans le coup du casse. C’est pas écrit sur son dos.</p>
      <p>Steve allongea ses jambes sous le tablier et le mouvement libéra une odeur qui s’était imprégnée en lui.</p>
      <p>— Quelle puanteur ! dit-il, en abaissant la glace de son côté. Pour en revenir au vieux, c’est juste une mesure de précaution que je te propose. Tu ne dois pas rentrer chez toi avant d’être fixé. Si tu veux venir coucher à la maison… quoique ce soit plutôt minable… À moins que chez Sam…</p>
      <p>Élevant le ton :</p>
      <p>— Qu’est-ce que t’en penses, Sam ?</p>
      <p>— Y a un lit pour lui, répondit le petit Sam qui, adossé à la banquette, ne perdait pas un centimètre de sa courte taille.</p>
      <p>Les feux revinrent au vert. Jean Baez relança la Chevrolet.</p>
      <p>— C’est d’accord, dit-il. Merci Sam. Mais je crois que pour le vieux, vous vous gourez.</p>
      <p>— Possible, déclara Steve. Mais tu dois pas prendre de risque. T’es pas seul. Personne doit faire courir de risque aux autres. On s’était bien mis d’accord là-dessus avant.</p>
      <p>Il avait parlé un peu trop sèchement au goût de l’Oranais qui le chercha du regard.</p>
      <p>— T’as l’air de supposer que si le vieux me balançait que moi aussi je m’allongerais sur vous tous. C’est ça ?</p>
      <p>Steve ne détourna pas les yeux.</p>
      <p>— Crois ce que tu veux. Mais moi je crois qu’en une chose : si quelqu’un parle, il y a quelques années de Sing-Sing au bout du parcours.</p>
      <p>— O.K. sourit l’Oranais au bout d’un moment. Dans le fond t’as pas tort. On doit être méfiants. J’irai ronfler chez le petit Sam en attendant de savoir.</p>
      <p>Et comme il virait dans la 24<sup>e</sup> Rue :</p>
      <p>— Te voilà chez toi, Bob !</p>
      <p>Ce dernier ne broncha pas. Il restait tête dans les mains, coudes sur les genoux, totalement abattu. Sam le cogna au flanc, alors que la voiture stoppait non loin d’une plaque d’où s’élevait une colonne de vapeur.</p>
      <p>— T’es rendu, Bob.</p>
      <p>Le jeune mécano se secoua.</p>
      <p>— Mais comment que c’est arrivé ? murmura-t-il, toujours plongé dans son problème. Comment ?</p>
      <p>— Va donc te pager, grommela Steve en descendant pour lui laisser le passage. Qu’est-ce que ça peut nous foutre comment que c’est arrivé ? Ce qui compte c’est que c’est arrivé et non le pourquoi.</p>
      <p>Allez, descends.</p>
      <p>Bob obéit. Comme il mettait pied à terre, il frissonna, saisi par l’humidité de l’air. Et soudain, il s’affola en se passant les mains sur son chandail.</p>
      <p>— Et ma canadienne ? Ma canadienne ?</p>
      <p>— Quoi, ta canadienne ? fit Steve. Eh bien, y a longtemps que j’ai remarqué que tu l’avais plus. Et alors ? Tu l’as oubliée là-bas ? En voilà une perte ! Il n’y avait pas de marque après, puisqu’on les a toutes enlevées ! Alors calme-toi. Et va te coucher.</p>
      <p>— Mais c’est pas pour ça ! gémit Bob, s’étreignant nerveusement les mains. C’est pour la canadienne ! C’est que j’avais mes papiers dedans… mon permis de conduire… mon…</p>
      <p>Steve sentit son sang se glacer.</p>
      <p>— Quoi ? Tu veux dire ?…</p>
      <p>Il l’attrapa à la gorge. Bob aurait pu se dégager d’une pichenette, mais il ne sut que balbutier ;</p>
      <p>— Oui… J’avais mon permis dans ma poche… vu que j’avais pas de veston… et que le porte-cartes me gênait dans mon froc…</p>
      <p>— Bougre de connard ! s’emporta Steve en serrant plus fort. Bougre de sale connard ! Tu vas nous faire baiser.</p>
      <p>Jean Baez, qui avait jailli de la bagnole, lui happa les poignets.</p>
      <p>— Laisse, Steve. À quoi bon t’emballer ? Ça n’arrangera plus rien.</p>
      <p>Steve rabaissa les bras, scruta Bob d’un œil dur, laissa tomber.</p>
      <p>— Fous le camp.</p>
      <p>— Mais qu’est-ce que je vais devenir ? supplia le mécano. Les flics vont trouver mon permis et venir m’arrêter. Je peux pas rentrer chez moi.</p>
      <p>— Mais où veux-tu aller ? gronda Steve. Pas chez moi en tout cas. T’es une menace maintenant.</p>
      <p>L’Oranais désigna l’arrière de la Chevrolet.</p>
      <p>— Peut-être que Sam, lui, voudrait bien…</p>
      <p>Steve, qui ne quittait pas Bob du regard, et dont une ride barrait le front, sembla hésiter avant de lui conseiller :</p>
      <p>— Bon, on va essayer de te trouver une planque. Mais on est pas rupin. Alors si t’as des fringues et du pognon chez toi, file les chercher. T’en auras besoin.</p>
      <p>— Et les flics ? s’affola Bob, de nouveau. Ils peuvent rappliquer pendant que je serai là-haut !</p>
      <p>Steve haussa les épaules.</p>
      <p>— Pas avant une heure au moins. Laisse-leur le temps de penser aux égouts. Pour l’instant, je parie qu’ils fouillent tout le 38. Allez, va. Tu risques rien.</p>
      <p>Un peu de chaleur parut renaître dans le regard de Bob.</p>
      <p>— Bon, bon, j’y cours, dit-il vivement. Je vais faire attention de réveiller personne.</p>
      <p>Il fit demi-tour, traversa la rue, se dirigea rapidement vers la fumée qui sortait du sol. Il n’en était plus très loin, lorsqu’il revint aussi vite sur ses pas.</p>
      <p>— Vous m’attendez, hein, les gars ? supplia-t-il. Vous vous barrerez pas, hein ?</p>
      <p>— Mais non, le rassura Steve. Magne-toi. Tu perds du temps.</p>
      <p>Soulagé Bob repartit de nouveau. Aussitôt Steve jeta d’une voix subitement décidée :</p>
      <p>— Sain !</p>
      <p>Ce dernier sauta à bas de l’auto. Il devait vite comprendre, car un P38 étincelait dans sa petite main grassouillette.</p>
      <p>— Mais vous êtes dingues ! voulut s’interposer l’Oranais. Vous n’allez pas…</p>
      <p>Le canon d’un flingue le cogna au creux de la hanche. Steve avait agi vite et Jean Baez ne s’était pas méfié. Steve précisa :</p>
      <p>— C’est lui ou nous. On pourra pas le planquer tout le temps. Un jour ou l’autre il se fera emballer et se mettra à table. Avec lui c’est sûr.</p>
      <p>Et comme l’Oranais bougeait, il enfonça encore plus le canon de son calibre dans les côtes de son équipier.</p>
      <p>— Te mêle pas de ça. Si t’es trop con, laisse-nous faire.</p>
      <p>— Sam !</p>
      <p>Sans bruit, le petit homme s’élança sur les traces de Bob qui atteignit le nuage de vapeur.</p>
      <p>— Pas dans le dos au moins ! implora l’Oranais. C’est dégueulasse !</p>
      <p>— O.K. fit Steve, qui cria aussitôt : Bob !</p>
      <p>Le nom résonna dans la rue déserte et sombre. Le jeune mécano se retourna juste comme Sam levait son bras court. Trois éclairs orangés rayèrent l’obscurité. Trois détonations explosèrent dans le silence. Frappé en pleine poitrine, Bob tournoya sur lui-même, poussa un léger cri, et se cassa en deux avant de s’écrouler au milieu de la colonne de vapeur. À part ses pieds qui dépassaient, tout le reste de son corps paraissait déjà appartenir au néant.</p>
      <p>Pendant que les autres remontaient vivement en voiture, Sam courut et se perdit un instant dans la vapeur. Une quatrième détonation roula le long des maisons de la 24<sup>e</sup> Rue. Puis le petit tueur émergea de la vapeur et en courant revint vers la Chevrolet dont l’Oranais commençait à lancer le moteur.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Le ciel se dégageait au-dessus des buildings, et l’aube n’allait pas tarder à chasser la nuit.</p>
      <p>Un taxi jaune à toit rouge stoppa aux pieds de deux lanternes vertes : la station de police de la 47<sup>e</sup> Rue, située entre la 8<sup>e</sup> et la 9<sup>e</sup> Avenue. Après avoir jeté un billet au chauffeur, Tom O’Bannion en jaillit et s’engouffra dans le quart, en se heurtant à un photographe de presse qui en sortait. Les poulets de service qui se curaient les ongles, derrière leur barrière, levèrent les yeux sur lui. Tom alla à eux. Il était en trench-coat, nu-tête, les cheveux en broussailles, pas rasé, et du bas de son pantalon dépassait le tissu bleu d’un pyjama.</p>
      <p>— Bonsoir, lança-t-il, en abordant ses collègues en uniforme. Je viens pour Louis Coppolano.</p>
      <p>D’un geste dénotant l’habitude, il ouvrit d’une main un porte-cartes, le présenta au chef de poste qui put lire : « TOM O’BANNION » CUSTOMS AGENT US. TREASURY DEPARTEMENT ».</p>
      <p>Aussitôt le chef des archers hocha sa bouille rougeaude d’irlandais porté sur le bourbon.</p>
      <p>— O.K., fit-il. Il est là-haut.</p>
      <p>Tom remercia et se hâta vers le fond, où s’ouvrait un couloir. Il passa devant le corps de garde où des pieds-plats se préparaient à la relève de 6 heures. Tous avaient le torse moulé dans des pull-overs disparates, mais tous retrouveraient une ressemblance quand ils endosseraient leurs épaisses vestes de drap bleu. Tous avaient la gueule mâle et des muscles sous leur chandail de civil. À leur ceinturon-cartouchière étaient accrochées de puissantes torches électriques, et des étuis d’où émergeaient les crosses des 38 réglementaires.</p>
      <p>Sur un banc, près d’un calorifère, un clochard, un Noir, en écrasait en se grattant sous les bras. Il se marrait dans son sommeil. Peut-être qu’il rêvait qu’il se trouvait à l’Aldorf dans un plumard à oreiller de dentelle !</p>
      <p>Tom prit l’escalier après le poste, monta au premier, s’immobilisa au seuil de la salle des détectives. Ils étaient deux, face à face, séparés par leurs dossiers, leurs téléphones, leurs machines à écrire, leurs nécessaires de bureau. L’ensemble donnait une impression de lassitude. Les hommes semblaient aussi fatigués que les peintures et aussi tendres que la grille encastrée entre deux murs, derrière laquelle un Porto-Ricain cuvait sa marijuana en tripotant le devant de sa chemise ensanglantée.</p>
      <p>La pièce surchauffée avait obligé les deux flics à ôter leur veston, aussi leurs calibres à canon court apparaissaient-ils logés dans les étuis fixés à leur ceinture de pantalon.</p>
      <p>Assis devant eux, le père de Mike tournait le dos à l’entrée. Ni lui, ni les autres n’avaient aperçu Tom.</p>
      <p>— Ça fait cent fois que je vous répète la même chose, disait le vieux d’une voix qui ne cherchait même plus à convaincre. Je pouvais pas dormir et j’ai décidé d’aller traîner dans Broadway. Ça m’arrive parfois. À mon âge on dort mal. Quand vos collègues m’ont trouvé, je rentrais chez moi.</p>
      <p>— Drôle d’idée de passer par la 47<sup>e</sup> Rue pour rentrer chez vous qui demeurez au bas de la ville, ironisa un poulet, un chauve aux joues grises.</p>
      <p>Louis Coppolano haussa les épaules.</p>
      <p>— Que voulez-vous que je vous dise ! J’aime parfois marcher au hasard dans les rues. C’est mon droit. Et cette nuit j’avais décidé de prendre le métro de la 47<sup>e</sup> Rue. C’est aussi mon droit.</p>
      <p>— Sûr, fit le deuxième détective, un brun à l’air triste. De toute façon, nous ne demandons qu’à vous croire. Une fois qu’on aura confirmation que vous êtes bien le père de Mike Coppolano, vous pourrez partir.</p>
      <p>Tom se décida à intervenir. Il entra sans frapper.</p>
      <p>— Il l’est, dit-il. Je suis le collègue de Mike en mission à l’étranger pour l’instant. Bonsoir, les gars, ajouta-t-il, en leur présentant son porte-cartes.</p>
      <p>Puis tourné vers le vieux, il lui sourit, d’un sourire chaud, amical.</p>
      <p>— Qu’est-ce qui vous arrive, m’sieur Coppolano ? Au téléphone on m’a raconté qu’on vous avait coincé dans un barrage à la suite d’un casse ?</p>
      <p>Sa voix était aussi amicale que son sourire. C’est qu’il aimait bien le vieux, car il connaissait toute l’histoire de Mike.</p>
      <p>— C’est exact, expliqua le chauve, faisant signe à Tom qu’il pouvait ranger son porte-cartes. C’est le seul type que nous ayons trouvé sur le tas, quelques instants après le déclenchement de l’alerte.</p>
      <p>— Et où c’était ce casse ? s’intéressa Tom.</p>
      <p>— Dans le block des diamantaires, renseigna l’autre flic en bâillant.</p>
      <p>— Pas de chance, m’sieur Coppolano ! s’esclaffa Tom. Mais aussi, quelle idée de vous balader dans ce coin-là à cette heure !</p>
      <p>— C’est bien ce qui nous a également étonnés, renchérit le chauve en se levant. C’est pourquoi on l’a un peu secoué au début. Mais enfin, je pense qu’il nous excusera.</p>
      <p>Il contempla le vieux, ajouta à son intention !</p>
      <p>— Puisque vous êtes le père de l’un de nous, vous êtes comme qui dirait de la partie. Aussi vous devez nous comprendre.</p>
      <p>Louis inclina sa tête argentée, aux traits burinés par le manque de sommeil.</p>
      <p>— Je vous comprends et je vous en veux pas. Mais si c’est possible, je voudrais bien rentrer maintenant. Faut qu’à 9 heures je sois à mon boulot.</p>
      <p>— Bien sûr, approuva le brun triste, se levant à son tour. On va juste vous demander de signer votre déposition.</p>
      <p>Tirant sur une feuille coincée dans sa machine, il la posa devant le vieux, lui tendit son stylo.</p>
      <p>— Tenez, si vous voulez signer là…</p>
      <p>Son index montrait l’endroit. Louis s’exécuta avant de quitter sa chaise.</p>
      <p>— À présent je peux m’en aller ?</p>
      <p>— Oui, oui fit le chauve. Et encore une fois nos excuses.</p>
      <p>Le vieux amorça un geste pour s’éloigner, lorsque l’autre le retint par le bras.</p>
      <p>— Vraiment vous ne connaissez pas ce Robert Litchie ? Ni cette canadienne ?</p>
      <p>Il désignait une canadienne et un portefeuille ouvert jeté sur le coin de son bureau.</p>
      <p>— Je vous l’ai déjà dit, soupira Louis Coppolano. Pourquoi voudriez-vous que je connaisse ce garçon ?</p>
      <p>— Qu’est-ce que c’est donc ? s’informa Tom, montrant à son tour les objets en question.</p>
      <p>— Une canadienne et un permis de conduire oubliés sur les lieux du casse, expliqua le brun triste.</p>
      <p>— On les a ramassés dans un égout, enchaîna son collègue. On vient juste de nous les apporter.</p>
      <p>— Oh ! mais vous les tenez alors ! s’excita Tom repris par la passion du métier. C’est du gâteau.</p>
      <p>— On y compte, répliqua le brun triste. Une équipe vient de foncer à l’adresse du gars.</p>
      <p>— Et quand on le tiendra, on sera pas loin de cravater les autres, renchérit son collègue, qui ajouta en tendant la main au vieux :</p>
      <p>— Heureux d’avoir fait votre connaissance, monsieur Coppolano. Et encore une fois toutes nos excuses.</p>
      <p>L’autre flic allongea la main à son tour.</p>
      <p>— Je vous raccompagne, monsieur Coppolano. Venez, voulez-vous.</p>
      <p>Et, suivi de Tom, il entraîna le vieux vers la sortie, sous l’œil morne du Porto-Ricain qui s’était mis à sucer le pan de sa chemise ensanglantée.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>XII</p>
      </title>
      <p>Dans la journée le temps avait viré au beau et fait oublier la pluie de la veille. La nuit venait de tomber sur New York, et les buildings dressaient leurs longues formes cubiques dans un ciel dégagé de nuages ; illuminés par des milliers et des milliers de fenêtres, ils faisaient songer à une cité futuriste, à une ville d’un autre monde.</p>
      <p>Dans les rues et les avenues, c’était une coulée, un ruissellement de lumières, provoqués par les phares d’autos. Les vitrines brillaient de toutes leurs lumières. Des gens pleins de vie, débordants d’activité, engorgeaient les trottoirs.</p>
      <p>Le feu s’étant déclaré en haut de Manhattan, une sirène de pompier hurla impérativement non loin de la 112<sup>e</sup> Rue.</p>
      <p>Dans son taudis, Steve gémit sous les draps moites avant de crier, se croyant encore au fond des égouts, alors que les sonneries d’alarme lui déchiraient les tympans.</p>
      <p>— Vite, Bob ! Vite… Barrons-nous !</p>
      <p>Puis il s’éveilla en sursaut, le corps humide, la peau aux entrailles.</p>
      <p>Margaret, qui se faisait cuire des œufs, vint vers le lit.</p>
      <p>— Qu’est-ce que tu as ? Tu viens de crier comme si tu avais peur. Tu as parlé à un nommé Bob. Qu’est-ce qu’il t’arrive ?</p>
      <p>— Rien, rien, fit Steve en se passant la main sur les yeux. Rien… Un mauvais rêve, c’est tout.</p>
      <p>— Tu veux un peu de café ?</p>
      <p>Il contempla sa jeune femme, pathétique dans son déshabillé aux teintes passées. La vie l’avait déjà vaincue. Elle semblait déjà détachée de tout. Mais à qui la faute ? Il détourna son regard.</p>
      <p>— Oui, dit-il. S’il te plaît.</p>
      <p>— Et tu ne mangeras pas ?</p>
      <p>— Non, il faut que je sorte. J’ai un rendez-vous. De toute façon, j’ai pas faim.</p>
      <p>Elle eut un mouvement désabusé des épaules.</p>
      <p>— Comment aurais-tu faim avec la vie que tu mènes.</p>
      <p>Et elle retourna à la cuisine où les œufs commençaient à brûler. Il la suivit d’un regard, où il y avait beaucoup de tendresse, beaucoup de choses qu’il ne lui disait jamais, qu’il n’oserait jamais lui dire. Un raté ne parle pas de sentiments, il ne parle que de réussite. Il se laissa glisser du lit, la bouche amère, le cœur lourd de l’échec de la nuit. Il se sentait dégoûté de tout. Lui aussi en avait marre de la vie, de cette garce de vie qui venait encore de le doubler. Pourtant il croyait bien la tenir, la fortune, cette fois. Mais non ! Il avait fallu que les sirènes se mettent à gueuler… Saloperie de saloperie de vie.</p>
      <p>Margaret lui apporta son café. Il le but à la hâte et se rasa. Puis il s’habilla pendant que sa femme mangeait sans conviction, debout dans sa cuisine minuscule.</p>
      <p>Quand il fut prêt, il vint vers elle, l’embrassa, murmura d’une voix neutre où pourtant il aurait voulu mettre plein de tendresse :</p>
      <p>— Au revoir, chérie.</p>
      <p>Elle lui déroba ses yeux.</p>
      <p>— Au revoir.</p>
      <p>Il ouvrit la bouche mais la referma. À quoi bon parler ? Et que dire ? Pourtant il aurait tant voulu… tant voulu lui montrer qu’il n’était pas un raté.</p>
      <p>Il gagna la sortie. Avant de la franchir, il stoppa près de la table où une feuille vierge était coincée dans la machine à écrire. Il la fixa longuement, avança la main, hésita puis tapa d’un doigt nerveux. « Je te couvrirai d’or, ma chérie. J’en fais le serment. »</p>
      <p>Et sans oser regarder vers la silhouette figée dans la petite cuisine, il décrocha son chapeau tyrolien et sortit sur le palier où toutes les puanteurs se mélangeaient.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Louis Coppolano sortit de son hôtel et prit en direction de Spring Street pour se rendre chez César. Il était pensif, et à ses lèvres un cigare rougeoyait. Soudain il s’entendit interpeller d’une voiture.</p>
      <p>— Hé, pépère !</p>
      <p>Il tourna la tête vers la voix, reconnut la Chevrolet rangée le long du trottoir.</p>
      <p>— Ah ! c’est vous ? fit-il, heureux de revoir l’Oranais.</p>
      <p>Celui-ci se pencha pour ouvrir la portière côté rue.</p>
      <p>— Montez.</p>
      <p>Le vieux contourna le capot, pendant que, dans le rétro, Jean Baez épiait une fois de plus les passants. Mais il n’y avait rien de louche. Le vieux ne semblait pas être sous surveillance, et à bien réfléchir, pourquoi l’aurait-il été ?</p>
      <p>— J’ai appris par les journaux du soir que vous aviez été relâché, déclara l’Oranais. Ça m’a fait plaisir. Ils vous ont pas trop bousculé ?</p>
      <p>Le père de Mike secoua la tête.</p>
      <p>— Ils ont admis ce qui dans le fond est vrai, que n’importe qui pouvait se trouver là. Et puis quand ils ont su que…</p>
      <p>— … que votre fils était flic ?</p>
      <p>Les deux hommes se prirent aux yeux. Ce fut le vieux qui baissa les siens. Il les maintint sur le tableau de bord.</p>
      <p>— Je pouvais pas vous raconter ça ! Si vous aviez su que mon gars était flic, vous m’auriez jamais mis dans votre coup. Pas vrai ?</p>
      <p>L’Oranais eut un geste approbateur. Le vieux enchaîna :</p>
      <p>— Alors, j’ai préféré la boucler. Mais rassurez-vous et rassurez vos copains. Je parlerai jamais de notre histoire.</p>
      <p>L’Oranais s’alluma une Marlboro.</p>
      <p>— De ce côté-là, y a pas de problème pour moi, pépère. Mais les autres ? Eux aussi vont avoir lu les journaux de ce soir ! Et mieux que moi, car eux savent lire l’anglais.</p>
      <p>— Dites-leur que je parlerai jamais, répéta le vieux.</p>
      <p>Un filet de fumée s’échappa des lèvres de l’Oranais.</p>
      <p>— C’est bien ce que je vais faire tout à l’heure pépère. Et puis dans le fond vous êtes mouillé avec nous. Ça les rassurera.</p>
      <p>Le vieux ôta son cigare de sa bouche et se racla la gorge.</p>
      <p>— J’ai vu pour Bob… également sur les journaux de ce soir. C’est dur pour ce petit.</p>
      <p>Jean Baez lorgna le profil du vieux puis regarda devant lui…</p>
      <p>— J’étais contre. Mais dans le fond, on a fait qu’appliquer ce qu’on avait décidé avant : lessiver celui d’entre nous qui risquerait de faire emballer les autres. Et Bob nous aurait tous fait emballer. Il n’aurait pas pu nier, lui. Il avait signé son passage en oubliant ses frusques sur le tas. Et il n’aurait pas su résister aux flics.</p>
      <p>Il fixa sa Marlboro.</p>
      <p>— Et vous, moi et les autres… on se serait retrouvés au placard… Pour le compte. Alors…</p>
      <p>Le souvenir de Bob tomba entre eux. Ils fumèrent en silence. Enfin l’Oranais le rompit.</p>
      <p>— Et pour ce pognon dont vous avez tant besoin ? Comment que vous allez faire maintenant ?</p>
      <p>Le vieux émergea de ses pensées.</p>
      <p>— Je ne sais pas. Mais si je trouve pas 7000 dollars pour le 5 du mois prochain au plus tard…</p>
      <p>— Qu’est-ce qui se passera ?</p>
      <p>Un peu de cendre tomba du cigare du vieux.</p>
      <p>— Eh bien, probable que ceux qui m’ont assaisonné devant vous recommenceront… Et vous serez plus là cette fois.</p>
      <p>— C’est pas que j’aime les poulets, mais… après tout, c’est votre fils ! Vous pouvez pas lui en parler ?</p>
      <p>— Il n’est pas là. Et même s’il l’était je pourrais pas. C’est personnel.</p>
      <p>Allongeant la main, Jean Baez en tapota le bras du vieux.</p>
      <p>— Je voudrais bien vous aider pépère. Mais comment ? Comment faire pour dégoter vos 7000 thunes ? C’est de l’oseille, ça.</p>
      <p>— Pourquoi que vous voulez me rendre ce service ? s’étonna le vieux. On se connaît à peine. Et vous avez déjà tellement fait pour moi. Je comprends pas.</p>
      <p>L’Oranais fit la moue.</p>
      <p>— Moi non plus. Et si vous me demandez pourquoi je suis capable de buter un mec, ou pourquoi je le prends à la bonne, j’en sais rien. Et je m’en fous de le savoir. Je me pose pas de questions.</p>
      <p>Il abaissa la glace, balança la Marlboro sur le bitume, ajouta en rigolant :</p>
      <p>— Peut-être que je suis complètement givré. Ça doit-être l’Indochine, les fièvres et tout le bordel.</p>
      <p>Son rire monta.</p>
      <p>— Avouez que c’est dommage qu’on ait loupé l’affaire. On formait une si belle équipe. Un cinglé des commandos, un camé, un petit tueur impuissant, un pauvre connard de mécano et un…</p>
      <p>Il se tut subitement, son sourire décroché.</p>
      <p>— … et un type de 50 ans, au cerveau fêlé à la suite d’un accident, acheva le vieux d’une voix ferme.</p>
      <p>L’Oranais lui tapota le bras.</p>
      <p>— Je voulais pas vous faire dire ça, pépère. Excusez-moi. Quant à vos 7000 thunes, là on va voir… je vais essayer. Dommage que vous tombiez dans une mauvaise passe. Des fois, j’ai du pognon plein les fouilles et je le fous en l’air. Mais en ce moment…</p>
      <p>Son sourire lui revint.</p>
      <p>— … je suis aussi raide qu’un ministre des Finances.</p>
      <p>Il embraya.</p>
      <p>— Où je vous dépose ?</p>
      <p>— Non loin d’ici, dans un restaurant, répondit le vieux. Et même que si vous voulez dîner avec moi…</p>
      <p>— Hélas non, pépère, regretta l’Oranais. Les autres m’attendent. Déjà qu’ils s’inquiétaient de me voir sortir cet après-midi… Mais un de ces soirs on cassera la graine ensemble. Promis.</p>
      <p>Et se faufilant entre deux voitures, il fila vers Spring Street.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Ceux du Bowery attaquaient une autre nuit, une de plus, une qui les rapprocherait de la bonne, de la dernière, de celle où ils culbuteraient dans la mort, dans l’oubli de leurs existences perdues. Ils ne se pressaient pas de se trouver une tanière pour la nuit. Non. Ils étaient par groupes, adossés aux murs sales ou bien étalés sur les trottoirs qu’ils barraient de leurs loques, de leurs corps démolis par la gnôle.</p>
      <p>Ils s’étalaient ainsi des deux côtés de l’Avenue, déchets écœurants, mais hommes libres dans le pays qui est peut-être le seul de la vraie liberté. Dans ce pays où un homme a le droit de circuler sans papiers d’identité et de rouler au ruisseau s’il le juge bon. Dans ce puissant et colossal pays où tout est à son échelle : ses misères et ses richesses, ses clochards et ses milliardaires, ses talents et ses gangsters, ses génies et ses ratés.</p>
      <p>Jean Baez doubla les Bowery-Follies et prit aussitôt à droite. Peu après il sonnait chez M’man. C’est elle qui vint lui ouvrir.</p>
      <p>— T’en as mis du temps.</p>
      <p>Il sourit, de son sourire désarmant, blagua :</p>
      <p>— Pourtant j’avais hâte de vous revoir !</p>
      <p>Elle le débarrassa de l’imper qu’il portait, lui rendit son sourire.</p>
      <p>— T’as des nerfs d’acier, hein ? Oser retourner chez toi dans l’après-midi pour te changer !</p>
      <p>Il haussa les épaules.</p>
      <p>— J’avais confiance dans le vieux. Steve est là ?</p>
      <p>Elle se contenta de braquer son gros doigt sur la porte d’où parvenaient des bruits de voix. Il se rendit dans la grande pièce, chaude, bien meublée, accueillante où il avait passé la nuit sur un divan. Steve et Sam entouraient la table où traînaient des tasses et des journaux, dont l’un exhibait la photo du vieux. L'Oranais jeta devant eux ceux qu’il apportait.</p>
      <p>— Je vois que vous êtes au parfum.</p>
      <p>Steve le dévisagea.</p>
      <p>— Toi aussi ? T’as réussi à les lire ?</p>
      <p>— À peu près. Enfin j’ai quand même tout compris.</p>
      <p>— T’as même compris que ton protégé était le père d’un poulet ?</p>
      <p>C’était le petit Sam qui venait d’intervenir. Son regard mort ne quittait pas l’Oranais qui lui sourit.</p>
      <p>— J’ai même compris ça. Et alors ? Qu’est-ce que j’y peux ? Qu’est-ce que ça y change ?</p>
      <p>— Rien, s’il la boucle, fit M’man en se laissant choir dans un fauteuil. Mais est-ce qu’il va la boucler ? Tout est là.</p>
      <p>— Peut-être qu’il vaudrait mieux le…</p>
      <p>Et Steve ponctua sa phrase par un geste qui expédiait le vieux dans un monde qu’on dit meilleur et où personne ne veut aller.</p>
      <p>— Vous êtes dingues, lâcha l’Oranais. Le vieux la fermera, j’en réponds. Jamais il s’allongera. Je viens de le voir et de lui parler. Vous cassez pas le bonnet à son sujet. Et puis n’oubliez pas qu’il est mouillé comme nous. Plus même. Car le père d’un flic, les juges lui fileraient le maxi s’il était emballé.</p>
      <p>— T’as sûrement raison, admit M’man, piochant un chocolat dans une boîte au couvercle doré. S’il avait voulu nous balancer, il l’aurait fait ce matin au quart. Et quand t’as été chez toi tantôt, tu serais tombé sur un plat de perdreaux.</p>
      <p>— C’est bien mon idée, répliqua l’Oranais en prenant place à la table. Il poursuivait, indiquant le tas de journaux :</p>
      <p>— D’après ce que j’ai réussi à lire, ils expliquent pourquoi les sirènes ont gueulé, non ?</p>
      <p>Steve attira l’un des journaux à lui.</p>
      <p>— Et comment qu’ils l’expliquent ! Et en se foutant de notre gueule encore. Ils racontent que ces fumiers de chez Holmès avaient branché une génératrice de secours trois jours avant. Et que personne n’était au coup.</p>
      <p>— Même pas les gardiens du SAFE ? s’étonna l’Oranais. Même pas le père de Bob ? Pourtant il est de chez Holmès, lui !</p>
      <p>Steve haussa rageusement les épaules.</p>
      <p>— Peut-être qu’il savait, oui. Mais il a oublié d’en parler à son fils. Et comme Bob forcément lui a rien demandé là-dessus…</p>
      <p>— Et quand vous avez coupé le courant dans la rue, automatiquement la génératrice de secours s’est mise en marche, expliqua M’man.</p>
      <p>— Ce qui fait que les signaux étaient rétablis, enchaîna Steve, abattant le poing sur le journal.</p>
      <p>— Et qu’on s’est fait avoir comme des caves, conclut le petit Sam.</p>
      <p>— Comme des mômes, renchérit Steve hargneux. Et lorsqu’on est arrivé à la plaque sensible on croyait que c’était gagné alors que…</p>
      <p>Il froissa le journal, le tortilla, ajouta subitement songeur.</p>
      <p>— … alors que tout était perdu. Je vois encore Bob se marrer en découvrant la plaque dans le béton et dire en la caressant : « On va te découper ma belle, et après à nous la belle vie : les filles, le soleil, les grosses bagnoles. »</p>
      <p>D’un geste brusque Steve rejeta le journal au bout de la table.</p>
      <p>— Et aussitôt qu’il a porté la flamme de chalumeau sur cette putain de plaque, ça s’est mis à gueuler en haut, mais à gueuler…</p>
      <p>— À quoi bon remuer tout ça ? reprocha M’man de son fauteuil. Parlons plutôt de ce qu’on discutait avant l’arrivée de Jean.</p>
      <p>Ce dernier lui décocha un coup d’œil tandis qu’elle poursuivait en repiochant dans la boîte aux chocolats.</p>
      <p>— C’est-à-dire de la façon de venir à bout de ce SAFE.</p>
      <p>L’Oranais sursauta en dépit de son sang-froid.</p>
      <p>— Vous avez l’intention de remettre ça ? Après ce qui s’est passé ?</p>
      <p>La grosse femme lui désigna Steve.</p>
      <p>— C’est lui qui propose de recommencer.</p>
      <p>L’Oranais fronça les sourcils, scruta Steve.</p>
      <p>— Mais t’es marteau ! Après ce qu’on a fait cette nuit, le coffiot va être gardé comme jamais ! Et le béton renforcé ! Un môme de trois piges le dirait, ça ! T’es cinglé, on y arrivera pas. Autant aller trouver les flics tout de suite pour qu’ils nous foutent en cabane.</p>
      <p>Steve leva lentement la main.</p>
      <p>— Tu sais à quoi j’ai pensé ? À refaire ce qu’on voulait faire au début.</p>
      <p>— Un braquage ? Mais…</p>
      <p>Steve le calma d’un geste. Une lueur d’excitation faisait luire ses yeux de drogué.</p>
      <p>— Oui, un braquage. Après tout, c’est peut-être toi qui avais raison. C’est peut-être la seule façon de réussir. Bien mis au point, ça peut dire oui.</p>
      <p>Il serra les mâchoires, s’étreignit les mains, lança entre ses dents :</p>
      <p>— Et ça doit réussir. Il le faut. J’ai besoin que ça réussisse. Sam est d’accord. Pas vrai, Sam ?</p>
      <p>Le petit tueur posa sur l’Oranais son regard sans vie.</p>
      <p>— Je suis d’accord. Je veux être rupin. Je veux que M’man et moi on soient rupins.</p>
      <p>— Pour nous acheter un cirque, précisa M’man. Un beau cirque qui nous emmènera loin du Bowery.</p>
      <p>L'Oranais se tourna vers Steve.</p>
      <p>— Et tu veux qu’on opère encore au 38 ? Mais c’est dangereux !</p>
      <p>— Pas plus que dans un autre SAFE de la rue, répondit Steve. Moins même car sur le 38 on a tous les tuyaux.</p>
      <p>— Et aussi les clefs qui ouvrent les petits coffrets enfermés dans le SAFE, renchérit M’man. Et ça, ça compte. Car sans elles personne peut réussir l’affaire. Dans un hold-up vous n’avez pas le temps de vous servir du chalumeau pour ouvrir ces coffrets. Donc faut les clefs. Nous on les a.</p>
      <p>— C’est juste, approuva Jean Baez. Mais est-ce qu’on a tous les tuyaux ? Je veux dire de quoi foncer sans risquer le coup dur ?</p>
      <p>— Pas tout à fait, reconnut Steve. Mais on va s’y atteler. M’man dit qu’elle peut nous donner un coup de main.</p>
      <p>— Oui, fit la grosse femme qui s’allumait un cigarillo. Mais pour ça faut que je visite ce 38. Et comme tout le monde a le droit d’y entrer, ça va gazer. C’est pour descendre jusqu’au SAFE que ça va être plus durai lie. Mais…</p>
      <p>Elle s’enveloppa de fumée, reprit :</p>
      <p>— Mais y a deux, trois salesman<a l:href="#n_23" type="note">[23]</a> qui opèrent dans la 47<sup>e</sup> Rue et à qui j’ai revendu des diams. Et autant que je m’en souvienne, l’un d’eux range sa camelote dans le SAFE du 38. Je vais m’arranger pour l’accompagner en bas.</p>
      <p>Steve attrapa le paquet de Marlboro que l’Oranais avait jeté devant lui, regarda son équipier.</p>
      <p>— Qu’est-ce que t’en dis de tout ça ?</p>
      <p>Nonchalamment l’Oranais lui lança une boîte d’allumettes et lui sourit.</p>
      <p>— Tu sais bien que j’aime les trucs rapides. Je préfère le braquage au casse. Je te l’ai toujours dit. Donc c’est oui. Mais je voudrais connaître la date.</p>
      <p>— Ça… hésita Steve. Faut d’abord tout mettre au point.</p>
      <p>— Tu crois qu’on peut opérer avant le 5 ?</p>
      <p>Steve fit un signe de dénégation.</p>
      <p>— Trop court comme délai. Vers la fin décembre, oui. Mais avant… N’oublie pas qu’on a un tas de détails à régler, car on va opérer presque en plein jour. Il faut bien minuter tout et assurer notre fuite. Ça va demander du temps.</p>
      <p>— C’est que j’ai besoin d’oseille avant le 5, déclara l’Oranais têtu.</p>
      <p>— Combien ? s’informa M’man.</p>
      <p>— 7000 thunes. Vous pourriez pas me les prêter, M’man, des fois ?</p>
      <p>La grosse femme s’agita dans son fauteuil.</p>
      <p>— Je voudrais bien, garçon. Mais impossible. J’ai déjà paumé plus de 2 000 dois avec le matériel acheté pour le casse et les avances faites à Bob. Vraiment je ne peux pas.</p>
      <p>— Pourquoi que tu veux ce pognon et à cette date ? s’inquiéta Steve. Je parie que c’est pour le vieux.</p>
      <p>L'Oranais se mit à jouer avec ses allumettes qu’il avait récupérées.</p>
      <p>— Oui, il doit régler une dette ce jour-là. Et c’est sérieux pour lui.</p>
      <p>Puis, les fixant l’un après l’autre.</p>
      <p>— En parlant de lui, est-ce qu’on le garde dans-le coup ?</p>
      <p>— Pourquoi ? fit Steve. Tu crois qu’il accepterait de se mouiller ? Dans un braquage ? Ça m’étonnerait.</p>
      <p>— Je ne sais pas, remarqua l’Oranais. Et à vrai dire je tiens pas à ce qu’il se remette dans le bain. Sans compter qu’un flingue au poing c’est sûrement pas son genre. Seulement… Il porta son attention sur M’man.</p>
      <p>— … j’ai pensé qu’on lui devait sa part, celle qu’on lui avait promise. Après tout si ça a craqué ce matin, c’est pas de sa faute. Lui a fait son boulot jusqu’au bout. Qu’est-ce que vous en dites, M’man ?</p>
      <p>La grosse femme n’eut pas le temps de répondre. Steve la devança en balayant la table d’un geste sec.</p>
      <p>— Moi, je suis contre. Qu’on lui refile 7000 thunes après le braquage, d’accord. 10 000 même. Mais pour les 200 000, pas bon. C’est pas la même affaire. Celle dans laquelle il était a foiré. Votre avis ?</p>
      <p>Il regardait alternativement Sam et sa mère. Celle-ci hésita, se gratta la nuque, puis lâcha :</p>
      <p>— Moi, je suis pour. Le vieux a été champion sur le boulot. Il a surtout gardé son nez propre devant les flics. Je suis pour. Et puis peut-être que dans le braquage, y aura du travail pour lui.</p>
      <p>Steve se tourna vers Sam.</p>
      <p>— Et toi, Sam ?</p>
      <p>— Moi, je suis pour, M’man, laissa tomber le petit tueur de sa voix sans timbre.</p>
      <p>Steve refit face à son équipier.</p>
      <p>— C’est bon, Jean. Ton vieux aura ses 200 000 dois. Tu peux l’affranchir.</p>
      <p>— Mais tu sais pas pour quand ? s’entêta l’Oranais. C’est qu’il en a besoin !</p>
      <p>Steve écarta les bras.</p>
      <p>— Ça mon vieux… il fera comme nous. Il attendra.</p>
      <p>— J’espère qu’il pourra faire patienter ceux à qui il doit cet oseille, soupira l’Oranais.</p>
      <p>Steve se dressa en haussant les épaules.</p>
      <p>— Qu’il se démerde. Ça le regarde.</p>
      <p>Et vers Sam :</p>
      <p>— Tu vas me refiler la serviette avec les papiers et les plans sur le SAFE. Je vais étudier ça de plus près.</p>
      <p>— Je vais te la chercher, dit le petit tueur, se levant à son tour.</p>
      <p>Et comme il arrivait devant la porte de sa chambre il se retourna, excité sur sa mère.</p>
      <p>— Hé, M’man ! N’oublie pas qu’il y a des clowns sur patins à glace au Garden ce soir !</p>
      <p>— J’y pense, le rassura la grosse femme, s’arrachant de son fauteuil. On va y aller, t’en fais pas. Peut-être que tu peux nous conduire jusque là-bas, Jean ? ajouta-t-elle vers l’Oranais. Ça m’évitera de trimbaler ma voiture.</p>
      <p>— Sûr, acquiesça l’Oranais. Je peux jamais rien refuser aux jolies femmes, M’man. Vous le savez bien.</p>
      <p>La grosse femme gloussa pendant que Steve, l’esprit ailleurs, murmurait, dents serrées, un éclair d’orgueil dans son œil verdâtre.</p>
      <p>— Faut que ça réussisse cette fois. Et ça réussira… ou je crèverai.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>XIII</p>
      </title>
      <p>Louis Coppolano était en bras de chemise, et ses cheveux lui retombaient sur le front. Il avançait à quatre pattes, avec Louise sur le dos. La gosse se servait des bretelles de son grand-père en guise de rênes. Et elle riait ! Et entre deux éclats de rire elle criait, lui talonnant les flancs avec conviction.</p>
      <p>— J’suis Ben-Hur, hein pépère ? J’suis Ben-Hur. Vite. Plus vite.</p>
      <p>Docile, riant aussi, le vieux accélérait, passant entre les meubles, franchissant les portes, risquant à chaque instant de tout casser.</p>
      <p>De la cuisine où elle préparait le souper, Connie lui lançait ;</p>
      <p>— Ne lui cédez pas tout, papa ! Elle vous fait tourner en bourrique ! Vous me la perdez, voyons…</p>
      <p>Puis quelques secondes après, d’un ton furieux :</p>
      <p>— Louise ! Arrête, ou je ma fâche.</p>
      <p>Mais la gosse n’écoutait pas. Le vieux non plus. Riant et pouffant, continuant à déplacer de l’air, ils avalaient de la poussière, cognaient dans les meubles, rayaient les parquets.</p>
      <p>Soudain le téléphone grelotta. Connie se précipita. Est-ce que Mike ? Mais pourtant non, il lui disait dans sa dernière lettre, datée d’Italie, qu’il en avait encore pour une quinzaine. Il est vrai que, dans son métier, on ne pouvait savoir. Peut-être qu’il venait de débarquer à l’aéroport. Elle décrocha, anxieuse, espérant quand même. Mais c’était hélas une voix inconnue qui réclamait Louis Coppolano. Elle soupira, cria, pour dominer le bruit infernal que faisait Louise.</p>
      <p>— Papa ! Au téléphone !</p>
      <p>Le vieux s’arrêta pile, étonné. Qui pouvait savoir qu’il était chez son fils ? Il voulut se débarrasser de sa petite fille, mais elle se cramponna en hurlant. Lui cédant il la porta jusqu’au téléphone, où il se rendit à quatre pattes. Connie voulut la lui enlever, il l’arrêta.</p>
      <p>— Laisse, elle ne me dérange pas.</p>
      <p>Et dans l’appareil, posé sur une table basse :</p>
      <p>— Allô ? Qui me réclame ?</p>
      <p>Aussitôt il blêmit. Il venait de reconnaître la voix rauque, râpeuse qui l’avait déjà menacé, et qui lui jetait :</p>
      <p>— Alors, monsieur a oublié que c’était aujourd’hui le 5 ? Qu’est-ce que tu crois donc, ordure ? Qu’on va passer la main ? Est-ce que tu nous prends pour des cons, ou quoi ?</p>
      <p>— Mais… mais non, fit Louis qui ne sentait même pas que la gamine lui tirait les cheveux. J’allais avertir pour m’excuser.</p>
      <p>— Ah ! oui, ironisa la voix. Sans blague. Et quand allais-tu le faire ? Il est près de 8 plombes, et t’as pas encore bougé. Est-ce que tu t’imagines que tu vas nous charrier longtemps, toi, ordure ?</p>
      <p>— Mais, mais non… balbutia le vieux. Je vous assure…</p>
      <p>— Ta gueule ! l’arrêta la voix. On va s’occuper de toi. Tu sais ? Comme l’autre fois.</p>
      <p>— Mais, attendez que je vous explique ! cria Louis dans l’ébonite.</p>
      <p>Il ne put rien expliquer. À l’autre bout, on venait brutalement de raccrocher.</p>
      <p>— Allez, pépère, s’époumona Louise lui tiraillant les cheveux de plus belle. On recommence, dis ! Allez, hue dada. Hue. Allez, pépère !</p>
      <p>Et se redressant, s’agrippant à ses bretelles, elle se remit à lui talonner les flancs.</p>
      <p>— Non, ma chérie, dit-il, non. C’est fini.</p>
      <p>Comme elle ne voulait rien savoir, il parvint à l’attraper, répéta :</p>
      <p>— Non, ma jolie. C’est fini pour ce soir. Faut être sage. Il est temps d’aller souper, puis au dodo.</p>
      <p>Elle trépigna.</p>
      <p>— Pas dodo ! J’veux encore faire Ben-Hur ! J’veux enco-faire Ben-Hur ! J'veux…</p>
      <p>Un glapissement aigu grimpa soudainement à l’assaut du plafond ; sa mère venait de la soulever et l’emportait dans la chambre en menaçant :</p>
      <p>— Si tu embêtes encore pépère, je te mets au lit sans souper. Avec une bonne fessée, par-dessus le marché. Tu as compris ?</p>
      <p>Au pied du téléphone, Louis hésita longuement, puis dans un grand soupir, il décrocha, composa le numéro de Johnny Vaccario.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Ce fut Johnny lui-même qui vint ouvrir à son ancien copain des rues de Brownsville.</p>
      <p>— Eh bien ! lança-t-il, je vois que t’es de parole, ça me fait plaisir.</p>
      <p>Il referma, précéda Louis dans le luxueux salon-bar. Derrière, le père de Mike grommela :</p>
      <p>— Arrête de te foutre de moi. Tu sais bien que j’ai pas le pognon. Comme tu sais qu’un de tes gars vient de me menacer.</p>
      <p>Johnny se retourna lentement. Son œil marron clair à l’éclat inquiétant scruta son ancien copain.</p>
      <p>— T’as pas le pognon ? Et tu crois que ça va s’arranger comme ça ?</p>
      <p>Quoique calme la voix était aussi menaçante que le regard.</p>
      <p>Louis secoua la tête.</p>
      <p>— Je sais bien que ça peut pas s’arranger. À moins que tu m’accordes un autre délai. C’est pourquoi je suis ici.</p>
      <p>La réponse lui arriva à la seconde.</p>
      <p>— Pas question. T’as déjà eu ton délai.</p>
      <p>Le père de Mike serra les poings et les agita devant lui.</p>
      <p>— Mais comprends-moi. Je demande qu’à vous payer. Je vais pouvoir le faire. Mais pas maintenant, pas avant le 30. Mais le 30, c’est sûr.</p>
      <p>— Qui me le prouve ?</p>
      <p>Louis agita frénétiquement ses poings.</p>
      <p>— Ma parole. Je peux te donner que ça comme preuve. Mais vous serez payés le 30, au plus tard. Dernier délai. Je te le jure.</p>
      <p>— Tu m’as déjà chanté ça l’autre fois.</p>
      <p>Louis Coppolano agita ses poings avec encore plus de frénésie. Il voulait convaincre à tout prix.</p>
      <p>— Mais ce coup-ci c’est certain. Ça peut pas louper, Johnny. Je te paierai le 30. Ma parole.</p>
      <p>Ce dernier le fixa cruellement.</p>
      <p>— Qu’est-ce qui peut pas louper ? À t’entendre, on croirait presque que t’es sur une affaire extraordinaire !</p>
      <p>Et dans un ricanement méprisant :</p>
      <p>— On croirait presque que t’es de taille à faire remonter une fortune.</p>
      <p>Son ricanement s’accentua.</p>
      <p>— On croirait presque que c’était toi qu’as essayé de faire péter le SAFE de la 47<sup>e</sup> Rue.</p>
      <p>Il cessa de ricaner, mais sa voix se fit cinglante.</p>
      <p>— C’est ce que j’ai dit à Frankie, quand on a lu sur les journaux que t’avais été emballé. Si tu savais comme il s’est marré quand je lui ai dit qu’après tout t’étais peut-être dans le coup ! Il m’a répondu que ça ne risquait pas, que t’étais bien trop froussard, que t’en avais pas assez dans le ventre.</p>
      <p>Lentement, le père de Mike rabaissa ses poings. Mais il ne les ouvrit pas. Au contraire. Sous l’insulte, il les crispait à s’en faire entrer les ongles dans les paumes. Il murmura, la gorge nouée par une violence ravalée :</p>
      <p>— Depuis tout môme, et tu le sais, j’ai eu une autre conception de la vie que vous autres. J’ai voulu être honnête. Même si je me suis gouré, ça veut pas dire que je suis plus lâche que toi et Frankie. Et ça aussi tu le sais.</p>
      <p>Il avança d’un pas. Son regard où brûlait une rage de meurtre poignarda celui de Johnny.</p>
      <p>— J’ai fait une connerie, et c’est à moi de l’avaler. Mais c’est tout. Ça te permet pas de m’insulter. Jamais un Sicilien n’a permis qu’on lui parle sur ce ton. Jamais. Ça fait la deuxième fois que tu t’offres ça, Johnny. T’entends ?</p>
      <p>Il empoigna les revers du veston de ce dernier, gronda, une mousse blanchâtre aux lèvres.</p>
      <p>— T’entends, Johnny ? Dis ?</p>
      <p>Celui-ci se dégagea lentement. Son regard ne cilla pas, mais les traits perdirent un peu de leur dureté. Il fixa son ancien copain en silence, avant de lâcher brusquement :</p>
      <p>— Je prends sur moi de te donner jusqu’au 30. D’ici là on te foutra la paix. Mais après… si t’as pas casqué… je pourrai plus rien pour toi.</p>
      <p>Et désignant la porte qui menait à l’entrée :</p>
      <p>— Tu connais le chemin ? Alors dégage. Louis Coppolano remit ses lunettes fumées pour dissimuler ses yeux toujours cernés d’un bleu noirâtre, et gagna la sortie. Avant de la franchir, il jeta sans se retourner :</p>
      <p>— Je préférerais crever que de manquer ton rendez-vous du 30. J’y serai.</p>
      <p>Et il sortit, se tenant plus droit qu’à son arrivée.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>XIV</p>
      </title>
      <p>De jour, l’animation ne cessait pas dans la 47<sup>e</sup> Rue, côté du block des diamantaires. Même pas à l’heure des repas. Sur les trottoirs c’était une allée et venue de curieux, de citoyens aux dents longues, de belles filles, d’experts en diams, de flics de tout poil, etc.</p>
      <p>Des deux côtés de la rue, les vitrines exhibaient pour des milliards de joyaux. De quoi en perdre le souffle ? Des diams de tout calibre, avec leurs prix affichés, étincelaient fixés sur des cartons blancs, qui les mettaient en valeur. Des perles magnifiques montées en colliers, bracelets, boucles d’oreilles, luisaient sur des écrins de velours noir, où elles tranchaient de leur blancheur nacrée.</p>
      <p>Des filles, nez écrasé aux vitres, admiraient topazes, rubis, émeraudes, qui les laissaient rêveuses. Plus d’une aurait bien voulu d’un papa gâteau au chèque facile, pour leur tenir compagnie devant toutes ces splendeurs. Plus d’une aurait bien tourné mal, oui, à condition de pouvoir faire tourner autour de son doigt un cabochon de plusieurs milliers de dois. Et perdu dans la foule, plus d’un arsouillé devait calculer le moyen de faire une main tombée sur quelques-unes de ces babioles rutilantes.</p>
      <p>Hélas, les SAFE, la rue, les boutiques, les buildings où on travaillait l’or et les pierres, étaient mieux gardés que le Fort Knox<a l:href="#n_24" type="note">[24]</a>.</p>
      <p>Deux agents en tenue, toujours les mêmes, un long, maigre, et un petit gros, surveillaient les lieux, et faisaient circuler les bagnoles, ne laissant pas stationner longtemps, même pour décharger.</p>
      <p>Une flopée d’agents en civil, dont quelques F.B.I., faisaient la navette, reluquant hypocritement les passants. Et par là-dessus, pour faire bon compte, un tas de privés, de chez Holmès, qui dans les sous-sols, ne quittaient pas leurs SAFE des yeux.</p>
      <p>Si tous ces lascars avaient dégainé leurs pétoires en même temps, et commencé à tirer en l’air, ç’aurait fait une drôle de batterie antiaérienne ! D’ailleurs, ça leur arrivait parfois de tirer. Et pas en l’air. Quelque temps avant, le long maigre en uniforme avait descendu un jeune malfrat qui s’enfuyait avec quelques milliers de dois de pierreries qu’il venait d’étouffer, vite fait, à un broker<a l:href="#n_25" type="note">[25]</a>, au 4<sup>e</sup> étage d’un building. En pleine foule qu’il avait allumé le perdreau ! Et de 20 mètres. Et en plein front qu’il avait dégusté le jeune arsouillé. Heureusement pour les passants que le long maigre avait la gâchette heureuse, sans ça… Un vrai coup de Buffalo Bill, qu’il s’était offert là, le pied-plat.</p>
      <p>M’man remontait la rue avec un salesman, à qui elle refilait parfois des pierres volées.</p>
      <p>C’était un gros garçon de 30 ans, pas aussi gros que M’man tout de même, et qui postillonnait en parlant. Il avançait, une main sur sa petite poussette, où étaient ses bijoux. Tout en parlant, ils arrivèrent devant le 38, où, lui, devait mettre sa marchandise à l’abri de la chambre forte. Ils croisèrent Louis Coppolano qui en ressortait, avec ses lunettes fumées, et son allure de brave homme. Le vieux et M’man s’ignorèrent. Louis était venu prendre la température des lieux pour se faire une idée. La veille ç’avait été le tour de Steve. Demain, ce serait celui de l’Oranais. Chacun d’eux, en flânant, et en faisant mine de s’intéresser aux bijoux, devait s’imprégner de l’endroit, de ses habitudes, donner ensuite son avis et ses idées sur la façon de réussir le hold-up.</p>
      <p>Le père de Mike s’éloigna, se heurtant à la cohue, où, passants, flics, salesmen, et brokers, se mélangeaient. Au bout de la rue, il descendit tranquillement dans le métro.</p>
      <p>Après avoir franchi une porte à double battant, M’man pénétra dans le 38, à la suite du gros.</p>
      <p>— Vous en avez pour longtemps ? feignit-elle de s’informer.</p>
      <p>Il secoua négativement sa tête rusée.</p>
      <p>— Non. Je dois voir un gars au stand 27, puis je descends ranger ma camelote, car j’ai un rendez-vous en ville. Si vous voulez m’attendre là.</p>
      <p>— J’aime autant vous suivre, fit M’man, à moins que ça vous dérange ?</p>
      <p>— Pas du tout, renvoya-t-il. Venez, j’en ai pour quelques minutes. Ensuite, nous pourrons parler de nos affaires.</p>
      <p>Ils s’enfoncèrent dans la pièce immense, haute de plafond, très éclairée, où bourdonnaient des voix, où régnait une activité débordante, mais presque silencieuse.</p>
      <p>À gauche et à droite, accotés aux murs blancs, couraient des stands minuscules, séparés par des cloisons de bois n’atteignant pas 1,30 m de hauteur, ce qui permettait de voir les voisins, et même au-delà.</p>
      <p>Au centre de la pièce, il y avait encore de ces stands sur deux rangées, mais ils se tournaient le dos, et une très haute cloison les séparait sur la longueur. Entre eux et les stands des murs existaient deux larges allées parallèles, qui permettaient de gagner le fond, de contourner les stands ou de s’y arrêter. Des petites vitrines d’exposition, ou des comptoirs de bois sur lesquels on pouvait s’appuyer, clôturaient les stands sur les allées. Pour en sortir chacun d’eux était doté d’une petite barrière basse à ressort qui claquait doucement à la fermeture.</p>
      <p>Derrière ces fragiles barrières, les dealers<a l:href="#n_26" type="note">[26]</a>, à la vue de tous, travaillaient les pierres et les perles, sertissaient les diamants, façonnaient l’or, réparaient des bijoux. D’autres discutaient avec des brokers, des salesmen et des acheteurs éventuels.</p>
      <p>Tous avaient leur nom gravé sur des plaques fixées dans leur stand. Et tous ces noms avaient des consonances Israélites.</p>
      <p>Chacun des stands était muni d’un téléphone, ainsi que d’un bouton dissimulé, qui, à la seconde, pouvait déclencher la ruée des privés de chez Holmès, responsables des lieux, et des flics rôdant au-dehors.</p>
      <p>Beaucoup de brokers, leur curieux chapeau rond de rabbin repoussé en arrière, étudiaient au ras d’ampoules puissantes des diamants à la loupe. Souvent leur étude durait des heures, ils étaient les as des as de la profession.</p>
      <p>Tous avaient le type sémite très prononcé. Et leurs vêtements, leur allure, le soulignaient encore plus. Ils portaient chapeaux ronds, noirs, à larges bords, chemises sans cravate, vestons de lustrine, et déboutonnés, manteaux de drap noir, ou lévites verdâtres.</p>
      <p>La majorité avait les tempes dégarnies, une barbe très fournie, la peau malsaine, des yeux vifs et intelligents sous des verres cerclés d’or, et des pellicules sur le col de leur manteau.</p>
      <p>Tous avaient de vastes portefeuilles de cuir, reliés à leur ceinture par des chaînettes aux maillons solides. Ces portefeuilles contenaient des petits sachets dont le format et les pliures rappelaient ceux où Steve prisait sa chnouf. Mais si le papier en était blanc et non gris, il ne recelait pas de la dop, mais des diams. De toutes dimensions. De toute eau. Et il n’était pas rare qu’un broker en trimbale sur lui pour 500 000 dollars.</p>
      <p>Après avoir donné un bracelet à réparer et une bague à ressertir au Stand 27, le compagnon de M’man l’entraîna vers le sous-sol.</p>
      <p>Ils firent le tour par le fond, revinrent par l’allée de droite où régnait la même ambiance que dans celle de gauche. Là aussi, brokers, salesman, dealers, debout ou assis, discutaient, évaluaient pesaient les diams dans les minuscules balances logées dans des caisses de verre.</p>
      <p>Les pas de M’man et de son compagnon, les ramenèrent près de la grande porte à double battant. Mais au lieu de sortir, ils empruntèrent l’escalier qui tout de suite, au centre de la largeur, et tournant le dos à la rue, s’enfonçait sous la pièce, comme vers une station de métro.</p>
      <p>En haut des marches, un homme lui décocha un coup d’œil rapide ; c’était l’un des deux gardes du SAFE. L’autre était en bas. Ils se relayaient ainsi toute la journée. L’un à l’intérieur du SAFE, l’autre en haut à surveiller les gens.</p>
      <p>M’man enregistra sa présence au passage. Il paraissait la cinquantaine, était bien planté, devait être coriace. Ses cheveux étaient blancs, et une moustache courte surmontait ses lèvres minces. Une arme se devinait sous le côté droit de son veston, là il s’enflait anormalement. M’man savait que ce n’était pas le père de Bob, car ce dernier avait démissionné le lendemain du casse.</p>
      <p>Arrivé en bas, le compagnon de M’man laissa reposer les roues caoutchoutées de sa poussette et postillonna :</p>
      <p>— Vous m’excuserez… une minute.</p>
      <p>M’man le rassura d’un sourire. Il prit à gauche.</p>
      <p>La grosse femme photographia rapidement les sous-sols du regard. Là aussi, il y avait quelques boxes, où des dealers travaillaient. Mais peu. Sur les murs et les portes assez nombreuses couraient des fils mystérieux, qui allaient se perdre sous de petites boîtes, non moins mystérieuses. Sur la droite, un couloir étroit et court donnait sur les lavabos. Mais ceux-ci ne s’ouvraient qu’avec une clef spéciale que possédait chaque propriétaire de stand.</p>
      <p>M’man franchit une porte qui restait ouverte tout le jour, et rejoignit son compagnon. Elle savait que cette porte, et le mur qui la prolongeait, déclenchaient un signal si on tentait de les percer. Ici, tous les murs, les planchers, les plafonds, les portes étaient piégés. Mais le dispositif ne fonctionnait qu’à la fermeture du SAFE, lorsque le dispositif de sécurité était électriquement mis en place.</p>
      <p>Le salesmen était arrêté sur la gauche devant une grille aux épais barreaux, et lançait, joyeux :</p>
      <p>— Hello ! Bill !</p>
      <p>Le garde assis à l’intérieur de la grille leva les yeux du journal qu’il lisait. Il reconnut l’arrivant, appuya sur un bouton ; sur-le-champ un passage s’ouvrit dans la grille. Le salesmen se retourna sur M’man lui fit signe de patienter. Elle inclina le front. Lui souleva sa petite poussette, pénétra dans la sorte de cage de six mètres sur quatre. Aussitôt la grille se referma sur lui. Traversant la cage, il passa devant le garde qui indifférent était reparti dans sa lecture.</p>
      <p>M’man d’un air dégagé lorgna derrière elle pour apercevoir la porte dont Steve lui avait parlé. Elle était bien là. Et en acier. Et bien fermée. Mais le jour venu ça n’aurait pas d’importance. Steve avait fait faire une clef d’après les empreintes prises par Bob, bien avant le casse. Cette porte donnait sur un escalier de fer, qui remontait jusqu’à une autre porte, laquelle débouchait dans le hall où étaient les trois ascenseurs du building.</p>
      <p>Tout aussi dégagée, M’man ramena son regard sur la cage. Le garde lisait toujours, et il souriait. Peut-être que ce qu’il lisait était marrant ! Lui avait les cheveux bruns, des épaules trapues, et malgré son sourire, il ne devait pas être du genre fleur bleue. Ça se voyait à sa lourde mâchoire, à son front qui ne contenait sûrement pas les équations permettant d’atteindre la planète Mars.</p>
      <p>Derrière lui, la porte cylindrique du SAFE qui restait ouverte dans la journée luisait doucement de toutes ses 24 tonnes d’acier. Et à gauche et à droite de cette colossale porte d’acier, ce n’était que de l’acier. Et au-delà, à travers l’ouverture ronde, se dressait une deuxième grille d’acier dont la porte demeurait également ouverte dans la journée. Et après cette deuxième grille, M’man distingua encore de l’acier : les murs, le plafond, le plancher, les côtés, les petits coffrets individuels, tout n’était qu’acier, tout luisait d’une féroce douceur sous la crudité des lampes logées sous des grillages d’acier.</p>
      <p>M’man se mordilla les lèvres. Cette énorme masse d’acier, cette débauche de métal faisait peur. Pas étonnant que jamais personne n’ait osé s’y attaquer. Pourtant il y a de drôles de truands à New York ! Mais l’os que M’man étudiait était de taille. Un os à rester à la gorge du plus marlou des marlous. Pourtant Steve croyait qu’il pouvait l’avaler. Et M’man elle-même commençait à y croire. Le plus dur serait de pénétrer derrière cette garce de première grille et d’assurer la fuite. Mais s’ils trouvaient le joint, alors… toutes ces pierres, ces diams, ces perlouzes qui, le soir venu, dormaient dans ces jolis coffrets d’acier, seraient à eux. Le tout était d’aller les chercher.</p>
      <p>Et M’man sentait que les gars étaient assez cinglés pour y aller. Et elle les y aiderait. Elle les y aidait déjà en étant là.</p>
      <p>Elle décocha son plus beau sourire au salesman qui réemjambait l’ouverture du SAFE, et récupérait sa poussette à la malle débarrassée de ses bijoux. Lui aussi les aidait. Mais il n’en savait rien.</p>
      <p>Le garde lui rendit le passage et il revint vers M’man en postillonnant.</p>
      <p>— Quel travail pour mettre ses bijoux à l’abri ! Ça pourrait être plus simple…</p>
      <p>— Mais moins sûr, sourit M’man qui enregistrait l’endroit où le garde venait d’appuyer pour libérer la grille.</p>
      <p>Et emboîtant le pas à son compagnon, elle remonta pesamment les marches en haut desquelles veillait le deuxième garde.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>XV</p>
      </title>
      <p>Toutes les lampes brillaient dans la pièce où régnait une fumée épaisse. M’man tirait sur un cigarillo, Louis sur un havane, et Steve sur une Camel. Seul Sam ne fumait pas. Il se tenait très droit, entre M’man et Steve, ses petites mains grasses croisées devant lui.</p>
      <p>Tous quatre avaient les yeux fixés sur un grand plan maintenu sur la table par des punaises, C’était la reproduction du SAFE et de ses abords, dans le sous-sol du 38 ; une reproduction faite par M’man que Steve félicitait.</p>
      <p>— C’est au poil, M’man. C’est bien comme ça que je me le rappelle et tel que Bob l’avait dessiné la première fois. C’est vraiment ça.</p>
      <p>Il piqua son index sur des hachures représentant la première grille.</p>
      <p>— C’est pour franchir cette saloperie que ça va pas être du nougat. Car le garde, qui nous connaît pas, n’ouvrira pas. Et je vois pas comment faire. Va falloir trouver.</p>
      <p>— Je me suis cassé la tête là-dessus, déclara le vieux. Je crois avoir une idée, mais je ne sais pas si…</p>
      <p>La sonnerie de la porte du bas lui coupa la parole. Sam alla actionner le bouton de la porte puis celui du parlophone, revint en annonçant :</p>
      <p>— C’est Jean.</p>
      <p>Il alla aussitôt ouvrir la porte donnant sur le palier et peu après l’Oranais s’y encadra.</p>
      <p>— Salut tout le monde ! lança-t-il. Excusez mon retard.</p>
      <p>Il souriait, tenait une bouteille sous chaque bras et avait des traces de rouge à lèvres sur les joues. Un costume et un pardessus bleu le vêtaient. Il expliqua :</p>
      <p>— J’étais chez Maya, le restaurant français de Hartsdace. J’en ai profité pour vous ramener deux roteuses.</p>
      <p>Il posa les bouteilles sur la table, à côté du plan et précisa.</p>
      <p>— Pommery Greno, 1955. Une des merveilles du monde. Le temple d’Angkor c’est de la merde à côté.</p>
      <p>La main de M’man désigna ses joues.</p>
      <p>— Et ça ? C’est de quelle année ?</p>
      <p>L’Oranais lui décocha un clin d’œil en ôtant son pardessus.</p>
      <p>— Du vingt ans à peine. Du pétillant.</p>
      <p>Puis allongeant la main vers le vieux :</p>
      <p>— Comment ça gaze, pépère ?</p>
      <p>Le vieux lui rendit son étreinte.</p>
      <p>— Bien fiston, bien. T’inquiète pas.</p>
      <p>Depuis quelque temps, il s’était mis à tutoyer le gars qui lui avait montré tant de sympathie. Et depuis les insultes de Johnny Vaccario, il avait plongé à fond avec l’équipe. Il fallait en finir de sa dette.</p>
      <p>Steve indiqua une chaise libre à l’Oranais et se tourna vers le vieux.</p>
      <p>— Vous disiez que vous aviez une idée pour endormir les soupçons du garde ?</p>
      <p>— Oui, fit le vieux. Mais je ne sais si…</p>
      <p>— Allez-y toujours, l’encouragea M’man.</p>
      <p>— Peut-être que c’est ce qu’on cherche, renchérit Steve.</p>
      <p>— Eh bien, se décida le vieux, ce garde est habitué à voir beaucoup de rabbins… ou enfin beaucoup de brokers descendre au coffre. Alors j’ai pensé…</p>
      <p>Il s’arrêta comme n’osant poursuivre. Ce fut l’Oranais qui l’y poussa.</p>
      <p>— Allez-y pépère, quoi ?</p>
      <p>— Eh bien, reprit le vieux, si deux d’entre vous se déguisaient en rabbin…</p>
      <p>L'Oranais éclata de rire. Mais Steve, qui avait froncé les sourcils, le calma d’un geste sec.</p>
      <p>— Te marre pas. C’est pas con du tout cette idée. Je vois déjà ce que ça peut donner.</p>
      <p>Il revint au vieux, lui sourit.</p>
      <p>— Félicitations. C’est bon votre truc. Personne ne fera attention à nous si on est fringués comme la centaine de types qui défilent là-bas à longueur de journée. Ça devrait nous permettre de descendre au SAFE sans que quelqu’un se mette à gueuler au voleur.</p>
      <p>Son regard se posa sur la grosse femme.</p>
      <p>— M’man ?</p>
      <p>Elle inclina son front que barrait une frange de cheveux blonds.</p>
      <p>— Du tonnerre. Pas vrai, Sam ?</p>
      <p>— De ton avis, M’man, répliqua le petit tueur. Steve se tourna vers l’Oranais.</p>
      <p>— Et toi ?</p>
      <p>Jean Baez salua le vieux de la main.</p>
      <p>— Pépère est champion. Jamais j’aurais songé à ça ! Et comme je descends en bas son idée est encore meilleure, car je parle yiddish, l’oubliez pas. Possible que ça nous serve.</p>
      <p>Steve se frotta le nez. Son œil étincela.</p>
      <p>— Je crois que vous avez bien mérité de la patrie, pépère.</p>
      <p>— Maintenant y a plus que pour votre fuite que je m’inquiète, remarqua M’man. Là aussi faudrait trouver du costaud. Quelque chose qui risque pas de craquer. Car n’oubliez pas qu’il est interdit de stationner dans la rue, sauf si vous appartenez à un service quelconque. Et encore les flics vous laissent pas longtemps. Or ce qui compte, c’est que vous puissiez sauter vite fait dans une bagnole en décarrant du 38.</p>
      <p>— Le chauffeur pourrait peut-être lui aussi se déguiser, suggéra l’Oranais en souriant, qui ajouta aussitôt tourné vers Sam : — Colle donc les rouilles dans la glace. Elles s’ennuient au chaud.</p>
      <p>— Se déguiser ! Oui mais comment ? interrogea pensivement Steve, pendant que Sam s’éloignait avec les bouteilles.</p>
      <p>D’un coup de pouce, l’Oranais fit sauter une Marlboro que sa bouche récupéra au vol et dit :</p>
      <p>— Pourquoi pas en perdreaux ? En France je me souviens qu’une équipe a opéré en faux gendarmes et ça a marché au poil. Les gars courent toujours. Pourquoi qu’on maquillerait pas une Plymouth en voiture de police et qu’on y collerait pas Sam derrière le volant ? Si on veut enlever le morceau, faut faire vite et avoir beaucoup d’estom. C’est en prenant les gens à la surprise que les braquages réussissent.</p>
      <p>Steve avait tressailli.</p>
      <p>— Ton idée non plus n’est pas con. Il y a à creuser là-dessous. Et d’accord avec toi, y a que l’esbroufe qui paye. Mais pour Sam, pas question, il est trop petit. Chez nous, les flics sont grands. Et pour monter l’opération, comme tu la vois, on est pas assez nombreux. Faudrait deux ou trois gars de plus.</p>
      <p>Il regarda le petit Sam qui ramenait une des bouteilles logées dans un seau à glace, poursuivit ;</p>
      <p>— Et je suis pas très chaud pour mettre d’autres types dans le coup.</p>
      <p>— Personne l’est, remarqua l’Oranais. Mais faut pourtant être sûr qu’on pourra se barrer après le braquage. Sinon, vaut mieux laisser tomber. On se fera emballer ou buter en sortant. C’est pas votre avis, M’man ?</p>
      <p>La grosse femme qui s’octroyait un chocolat approuva.</p>
      <p>— Si. Et tant pis si on doit être plusieurs à partager. Vaut mieux moins toucher que de jongler complètement. Et les hommes qu’il nous faut, peut-être que je peux te les trouver, ajouta-t-elle vers Steve.</p>
      <p>Celui-ci grimaça.</p>
      <p>— Des gars du coin ?</p>
      <p>— Non, du Canada. Des Canadiens français qui ont vécu pas mal ici.</p>
      <p>— Ils sont gonflés ?</p>
      <p>M’man haussa ses larges épaules.</p>
      <p>— Ce sont les frères Laventure de Montréal. Des durs. Je suis sûre qu’ils accepteront de marcher au forfait… disons de 500 000 thunes.</p>
      <p>Steve grimaça encore.</p>
      <p>— Ce sont de vrais truands ?</p>
      <p>— Tu crois qu’on trouvera des enfants de Marie pour ce genre de job ? repartit M’man.</p>
      <p>Steve se mordilla les ongles, puis lâcha :</p>
      <p>— Si on peut pas faire autrement, c’est à voir.</p>
      <p>Mais j’aimerais autant trouver autre chose.</p>
      <p>— Ça sera peut-être pas facile, dit M’man.</p>
      <p>— Et pour la date, jeta le vieux qui songeait à son délai du 30 décembre. Toujours pour la veille de Noël ?</p>
      <p>— Ça oui ! s’écria Steve. Pour nous, c’est le meilleur jour. Jamais on en trouvera un pareil dans l’année !…</p>
      <p>Oubliant qu’il avait des Camel, il claqua des doigts pour que l’Oranais lui lance une Marlboro, reprit après l’avoir allumée :</p>
      <p>— Vous savez que le SAFE ferme électriquement tous les soirs à 6 heures. Sauf les jeudis et veilles de fête où il ferme à 7.</p>
      <p>Il se saoula profondément d’une goulée de tabac, avant d’enchaîner, convaincu :</p>
      <p>— Pour nous 7 plombes c’est l’heure rêvée. Il fera complètement nuit, beaucoup de gens seront partis et tous ceux du 38 ou presque auront déposé leurs diams dans leurs coffrets. En plus, comme c’est la veille de Noël, les flics et les gardes qui auront pas mal picolé seront plus coulants. En un mot tous seront beaucoup moins méfiants que les autres jours. Donc, pas de question. On opère ce soir-là, à 6 h 50. Pile.</p>
      <p>Il retira sur la Marlboro avant de reprendre :</p>
      <p>— Surtout qu’il neigera et que les gens n’ont pas la même réaction lorsqu’il neige ou qu’il pleut. Ils cherchent à rentrer plus vite pour se mettre au chaud.</p>
      <p>— Et s’il neige pas ? sourît l’Oranais.</p>
      <p>Tous le regardèrent, même le vieux, comme s’il avait dit une énormité.</p>
      <p>— Il neige toujours à New York pour Christmas, laissa tomber M’man d’un ton orgueilleux, inhabituel chez elle.</p>
      <p>— Toujours, fit le petit Sam dont les yeux brillaient comme si déjà il voyait clowns et acrobates évoluer sur une piste de lumière.</p>
      <p>— Toujours, renchérit Louis Coppolano, faisant un imperceptible signe de croix près de sa cravate. Il neige toujours pour la Noël, à croire que c’est un miracle.</p>
      <p>L’Oranais s’accota soudainement à son dossier, leva les bras comme s’il se rendait à l’ennemi, lança en rigolant :</p>
      <p>— Bon, bon. Je veux pas vous contrarier. Sam, verse donc à boire, qu’on trinque à ce joyeux Noël sous la neige.</p>
      <p>De ses petites mains grasses, Sam empoigna le goulot, fit sauter le bouchon. Du champagne rejaillit en tous sens, une longue traînée se répandit sur le plan du SAFE.</p>
      <p>Par superstition récoltée dans les boîtes de nuit de Paris, l’Oranais y trempa les doigts, s’en frotta le cou.</p>
      <p>— Que ce Pommery nous porte bonheur ! jeta-t-il.</p>
      <p>Tous acquiescèrent de la tête. Tous étaient graves, sauf l’Oranais dont les dents étincelaient dans son perpétuel sourire.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>XVI</p>
      </title>
      <p>Steve, M’man et les autres avaient eu raison. New York allait entrer dans sa nuit de Noël, et il neigeait. Et pas qu’un peu. Une fois de plus » le miracle avait eu lieu. Et les vitrines illuminées, les néons de toutes couleurs, les passants chargés de paquets, les gosses rois du jour, tout criait la joie dans ce pays, où nulle part ailleurs on ne fête Noël avec tant de passion.</p>
      <p>La misère des bas quartiers de Brooklyn disparaissait sous une couche blanche qui la poétisait, et en avait chassé les laideurs. De ce Brooklyn d’où ont jailli tant de vedettes du ring, de la scène, de l’écran, et aussi du crime.</p>
      <p>Dans des coins comme Sacket Street et Heck Street, où, l’été, le linge rapiécé sèche aux fenêtres, comme dans les ports méditerranéens, les sempiternelles maisons de brique rouge prenaient un air coquet sous la neige. Et les fils des anciens trolleybus qui surplombent les rues ne faisaient plus songer à d’horribles toiles d’araignée, mais, par leurs longues tiges immaculées, à des kilomètres de sucre d’orge pour enfants sages.</p>
      <p>À l’angle de Court Street, et de Bryant Street, la laideur, elle, demeurait. La faute en était aux tas de ferraille, aux vieux pneus, aux pièces rouillées qui s’empilaient dans le passage au sol défoncé. Au fond du passage, au-delà des grilles de protection, l’eau des docks miroitait sous les flocons, et, dans l’obscurité, des navires dressaient leurs silhouettes imposantes. Parfois des sirènes de remorqueurs trouaient l’air de rugissements puissants, qui martelaient le tympan.</p>
      <p>Les frères Laventure, qui s’étaient fait déposer par un taxi beaucoup plus loin, s’engouffrèrent dans le passage non éclairé. À droite, 20 mètres avant la guérite du gardien de ce coin des docks, ils pénétrèrent dans une vieille remise soigneusement close. Ils refermèrent, donnèrent la lumière. L’ampoule poussiéreuse qui tombait d’un fil éclaira mal la voiture garée là : une Plymouth verte à toit blanc avec peint sur ses flancs : « CITY OF NEW YORK-POLICE. № 20 ». Telle qu’elle était maquillée, cette bagnole pouvait supporter la comparaison avec une vraie. Rien n’y manquait, surtout pas la courte antenne à l’arrière, et le clignotant rouge du toit.</p>
      <p>Les frères Laventure étaient trois. L’aîné, Hector, 30 ans, solide, haut, ressemblant à un Irlandais. Le second, Honoré, 28 ans, du même gabarit que l’autre. Et enfin Hubert, plus tassé, mais non moins rapide dans les coups durs. Un trio qui faisait la loi à Montréal, où, à côté, Chicago est une nursery pour bébés joufflus.</p>
      <p>Sans s’occuper de l’auto, ils allèrent dans le fond, et ouvrirent des valises posées sur un établi graisseux, surchargé d’outils de toutes sortes, de pots de peinture et de fausses plaques d’immatriculation. Ils en sortirent deux uniformes de flics, avec l’artillerie adéquate, négligeant des fringues de fripier qui auraient fait le bonheur d’un rabbin, retour de déportation.</p>
      <p>Tandis qu’Hubert se mettait à dégainer les armes aux numéros brûlés à l’acide, les autres, sans un mot, enfilaient leur tenue.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>La sonnerie du réveil tinta joyeusement dans la pièce surchauffée, plongée dans le noir. Jean Baez gémit, se tourna sur le ventre. La sonnerie persista. Il gémit encore, laissa pendre sa main, sentit la mule qu’il cherchait. Aussitôt, sans ouvrir l’œil il la balança avec force, mais il rata son but, car la sonnerie ne s’arrêta pas.</p>
      <p>— Qu’est-ce que tu fabriques ? murmura une voix à son côté. Arrête de bouger, voyons.</p>
      <p>Puis dans une plainte :</p>
      <p>— Oh ! fais taire ce réveil, c’est énervant…</p>
      <p>Le son de la voix fit récupérer l’Oranais. Vite il donna la lumière, se dressa d’un bond.</p>
      <p>— Va falloir les mettre, mon ange, dit-il. Moi j’ai à faire. Allez, debout… <emphasis>Fissa</emphasis>.</p>
      <p>Il souriait à l’ange, allongée nue sur le lit qu’il venait de quitter. C’était une nouvelle, une de plus, qu’il avait levée cinq jours avant. Elle était jolie, blonde, bien en chair, comme il les aimait. Et avec des jambes ! De ces jambes…</p>
      <p>— Tu ne m’avais pas dit qu’on se lèverait si tôt ! se rebiffa l’ange en se recouvrant du drap.</p>
      <p>Tu m’avais parlé d’un réveillon ensemble…</p>
      <p>Il la caressa de ses yeux câlins, la chauffa de son sourire.</p>
      <p>— Mais y a rien de changé au programme, mon ange. Seulement je dois partir. Et toi, faut bien que t’ailles chez toi te changer et passer une robe du soir !</p>
      <p>Elle lui décrocha un sourire ensorceleur, qui en avait fait basculer d’autres. Mais il était blindé et pressé. Il reprit :</p>
      <p>— Allez, mon ange, hop, debout ! <emphasis>Fissa</emphasis>.</p>
      <p>— Mais il est à peine 5 heures ! gémit-elle. Que veux-tu que j’aille faire chez moi à 5 heures de l’après-midi ?</p>
      <p>Il se laissa choir à genoux sur la moquette rouge et se courba sur elle.</p>
      <p>— Mais te faire belle pour moi, mon ange ! Que veux-tu faire d’autre ? Fais-toi bien belle, et pendant ce temps j’irai te chercher un cadeau. Un beau cadeau.</p>
      <p>— Sûr ? fit-elle en l’enlaçant. Un cadeau pour moi ?</p>
      <p>Il l’embrassa, dénoua l’étreinte, se redressa.</p>
      <p>— Pour toi tous les cadeaux de la terre, mon ange. Les plus beaux. Beaux comme tes beaux yeux. Beaux comme ton joli sourire. Allez debout, ou sinon je te laisse là, et je file. Tu t’arrangeras toute seule.</p>
      <p>— J’aime autant m’en aller dit-elle, en étirant son corps de chatte qui sentait l’amour. Je t’attendrai chez moi… toute belle comme tu me le demandes. Mais tu n’oublieras pas de venir me chercher, hein mon chéri ?</p>
      <p>Il fonçait vers la salle d’eau, mais se retournant à la dernière phrase, il lui lança :</p>
      <p>— Pour passer la nuit de Noël avec toi, je ferais cent kilomètres, pieds nus dans la neige, mon ange. Même cul-de-jatte, je viendrais te chercher.</p>
      <p>Et après lui avoir expédié un baiser du bout des doigts, il courut se jeter sous la douche, pendant qu’elle éclatait de rire.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Steve Ryan était adossé à la porte de son logement miteux, et sentait derrière lui la bosse faite par les vieux vêtements accrochés au portemanteau. Il était coiffé de son feutre tyrolien et avait une main dans la poche de son pardessus où le bouton manquait. Son autre main pendait le long de son corps, et d’elle, s’élevait la fumée d’une Camel.</p>
      <p>— Encore un peu de patience, chérie, disait-il. Demain sera le plus beau Noël de ta vie. Aie confiance. Le soleil va briller pour toi, comme il n’a jamais brillé pour aucune femme. Je vais te couvrir d’or, chérie. T’offrir tout ce que t’as envie, tout ce que j’ai rêvé de t’offrir. Tout ce que t’as rêvé d’avoir.</p>
      <p>Elle le contempla un instant, lui montrant son visage creusé par les soucis et le chagrin, puis détourna les yeux. Elle les reporta sur ses pieds nus qu’elle massait d’une main lasse. À côté sur le lit pas fait, il y avait ses bas, et par terre, près d’un mégot tombé, ses souliers aux talons fatigués. Il poursuivit :</p>
      <p>— Je serai très pris ce soir, m’attends pas. Je peux pas t’expliquer, mais je serai très pris. Aussi pourquoi que t’irais pas un peu chez tes parents ? Ça te changerait les idées !</p>
      <p>Elle releva le front.</p>
      <p>— Leur montrer que je suis encore seule un soir de Noël ! Tu y tiens ?</p>
      <p>— Mais…</p>
      <p>Elle soupira en rabaissant les yeux.</p>
      <p>— Laisse-moi… Je t’en prie.</p>
      <p>Il eut un geste comme pour courir à elle, la prendre dans ses bras, l’embrasser, lui demander pardon, lui… Mais il se contint. Elle ne le croirait pas. Elle ne croyait plus en lui. Elle ne croyait plus en rien. Il tendit la main derrière lui, la posa sur le bouton de la porte.</p>
      <p>— Bonsoir, chérie.</p>
      <p>— Bonsoir.</p>
      <p>— Joyeux Noël, ajouta-t-il avant d’ouvrir.</p>
      <p>Elle lui offrit de nouveau son visage.</p>
      <p>— Joyeux Noël, Steve.</p>
      <p>— Aie confiance, dit-il encore. Laisse-moi jusqu’à demain et je te prouverai que…</p>
      <p>Puis, sans achever, il sortit, et Margaret continua à masser ses pieds enflés par les heures de magasin.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Le téléphone retentit dans la pièce tiède au calme familial. En l’entendant, M’man reposa dans la boîte placée sur ses genoux la crotte de chocolat qu’elle allait avaler. Elle décrocha, fit signe à Sam de baisser un peu la télé, murmura :</p>
      <p>— Allô ? Ah ! c’est vous, Ted ? Vous êtes arrivé tout à l’heure ? Bien. Vous avez l’argent ? Oui. Les 300 000 d’option que vous nous verserez si… Bien, bien, Ted. Alors c’est que votre groupe s’est mis d’accord ? 40 % de la valeur réelle ? Oui ? Parfait. Appelez vers neuf heures, vous saurez si on peut traiter.</p>
      <p>Brusquement elle fronça les sourcils, tressaillit, et son imposante poitrine s’agita sous le blouson à carreaux verts qui la sanglait.</p>
      <p>— Quoi ? Vous me dites merde ?</p>
      <p>Et soulagée, après avoir écouté :</p>
      <p>— Ah ! c’est pour nous porter chance ! Mais vous savez même pas quand on opère, ni où. Enfin, merci tout de même, Ted. On aura en effet besoin de pas mal de chance. Bonsoir.</p>
      <p>Elle raccrocha, reprit la crotte, la lécha d’une langue gourmande en fermant les paupières, avant de la croquer dans de petits bruits satisfaits.</p>
      <p>Ensuite, elle tâtonna, paupières toujours closes, à la recherche d’un autre chocolat.</p>
      <p>Du temps s’écoula, et la boîte se vidait progressivement. Ce fut un rire de Sam qui fit émerger M’man de sa gourmandise. Elle rouvrit les yeux, les posa sur son garçon qui ne s’occupait que du petit écran. Celui-ci reproduisait en direct le programme d’un cirque de province. Sur la piste des écuyères virevoltaient, sautaient à travers des cercles de papier, et se recevaient en équilibre sur les reins de chevaux enrubannés. Un clown, déguisé en clochard, faussement lourdaud, tentait de les imiter, applaudi, encouragé par l’assistance où dominaient les enfants.</p>
      <p>M’man consulta sa montre, lança de son fauteuil :</p>
      <p>— C’est l’heure, Sam. Faut nous préparer.</p>
      <p>Mais le petit tueur n’entendit pas. Il était si loin. Il riait, applaudissait lui aussi aux exploits du clown.</p>
      <p>M’man se leva dans un gros soupir, alla taper sur l’épaule de son garçon.</p>
      <p>— Sam, c’est l’heure.</p>
      <p>Il eut du mal à s’arracher à son bonheur.</p>
      <p>— Oui M’man ? fit-il, tournant la tête, offrant son regard qu’animait une joie pure.</p>
      <p>— C’est l’heure, Sam, répéta la grosse femme. Faut se préparer.</p>
      <p>— Ah ! oui, M’man, fit-il dans un soupir qui n’en finissait pas.</p>
      <p>Et il abandonna son siège, laissant sa mère arrêter la télé.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Louis Coppolano se releva et prit du champ pour inspecter le sapin qu’il venait de décorer. Puis, croyant qu’un fil électrique dépassait, il revint déplacer un minuscule bonhomme Noël, dans lequel était logée une petite ampoule rouge.</p>
      <p>Connie, qui sortait de sa cuisine, sourit de le voir si méticuleux.</p>
      <p>— Ça vous plaît de faire ça, hein papa ?</p>
      <p>Il lui rendit son sourire.</p>
      <p>— Oui. Depuis toujours j’ai aimé m’occuper des arbres de Noël. Ça date de loin. Même bien avant que…</p>
      <p>Il s’interrompit brusquement, essaya de chasser le souvenir de son fils mort, bifurqua :</p>
      <p>— Quand Mike était petit il voulait m’aider, mais je le laissais pas faire. Il était tellement remuant qu’il fichait tout par terre.</p>
      <p>Il se réagenouilla pour redresser une étoile argentée piquée dans une branche basse, ajouta :</p>
      <p>— C’est qu’il faut du doigté !… C’est fragile ces babioles.</p>
      <p>Il consolida encore une crèche calée entre deux branches, fit retomber un peu de fausse neige dessus, et se remit debout en s’époussetant les genoux.</p>
      <p>— Si on éteignait pour voir ce que ça donne ? proposa-t-il.</p>
      <p>Connie abaissa l’interrupteur. Aussitôt l’arbre se dressa dans le noir paré de toutes ses boules lumineuses, illuminé par tous ces petits bonshommes Noël en couleur, scintillant de tous ses fils d’argent, éblouissant de féerie.</p>
      <p>L’émotion bloqua la gorge du vieux. Comme tous les arbres de Noël, ce sapin dégageait une telle impression de paix, de vie tranquille, et de bonheur familial ! Durant quelques heures, ces petits arbres allaient, dans le monde entier, faire oublier à tous la saloperie des hommes, effacer pour quelques instants la lutte de la course à l’atome, de la course à la mort.</p>
      <p>— Dommage que Mike soit pas là pour le voir, regretta le vieux. Lui aussi aime bien les arbres de Noël. Et ce qui m’étonne bien, c’est qu’il t’a pas envoyé de télégramme… Et surtout qu’il ait oublié d’envoyer des jouets pour la gosse.</p>
      <p>— Je ne m’inquiète pas, dit Connie, rendant la lumière. Cela va sûrement arriver dans la soirée.</p>
      <p>Le vieux abaissa ses manches de chemise.</p>
      <p>— Ça sera la première fois que je passe un Noël sans Mike. Ça va me faire tout drôle. Heureusement que je vous ai, toi et Louise.</p>
      <p>Il retourna au sapin pour mieux dissimuler un des nombreux paquets qu’il avait apportés, s’informa :</p>
      <p>— Au fait, à quelle heure ta mère va-t-elle ramener la gosse ?</p>
      <p>— Vers les 10 heures. On les fera passer par derrière, et elle ne verra pas l’arbre.</p>
      <p>Le vieux rit doucement.</p>
      <p>— Méfie-toi quand même. Elle est si futée qu’elle se doute bien pourquoi tu l’as expédiée chez sa grand-mère.</p>
      <p>— Ne vous inquiétez pas, elle dormira à moitié, et ne pensera qu’à son lit, rassura Connie. Heureusement d’ailleurs. Sinon elle m’aurait fait une comédie pour essayer de voir l’arbre.</p>
      <p>Le vieux alla récupérer sa veste, jetée sur un fauteuil.</p>
      <p>— Je m’en vais, mais demain je viendrai déjeuner avec vous. Sûrement qu’on aura des nouvelles de Mike.</p>
      <p>Connie lui tendit son foulard.</p>
      <p>— Vous ne voulez vraiment pas rester ce soir avec nous ? Mes parents seraient si contents de vous voir !</p>
      <p>Il hocha la tête, tout en se passant le foulard au cou.</p>
      <p>— Moi aussi, fillette. Malheureusement c’est impossible. Mon copain de bureau m’a invité en ville. Mais demain, compte sur moi sans faute. Allez, donne-moi mon pardessus que je me sauve.</p>
      <p>Connie alla lui chercher le vêtement, l’aida à l’enfiler, et lui tendit un chapeau sombre qu’il posa sur ses cheveux argentés.</p>
      <p>— Alors je n’insiste pas, papa, dit-elle, bonsoir. Et bon Noël.</p>
      <p>— Bon Noël pour toi aussi, répliqua le vieux, gravement, en l’embrassant.</p>
      <p>Et sans qu’elle le remarque, il fit du pouce, un imperceptible signe de croix sur sa cravate, et ajouta pendant qu’elle lui ouvrait :</p>
      <p>— Mais je te le souhaiterai mieux demain. Bonsoir fillette.</p>
      <p>Elle resta sur le palier, écouta décroître son pas de brave homme, et referma doucement, l’œil accroché par l’arbre qui, là-bas, dans la pièce, semblait attendre le retour de tous.</p>
      <p>Le vieux n’avait pas disparu depuis dix minutes qu’on sonna en bas. Connie appuya sur le bouton commandant la porte de la rue, attendit un peu, appuya sur celui qui déclenchait l’audition.</p>
      <p>— Qui est là ? demanda-t-elle, la bouche collée près du parlophone.</p>
      <p>— Un livreur, madame, répondit une voix d’homme.</p>
      <p>— C’est bon, montez, autorisa Connie.</p>
      <p>Elle lâcha le bouton, entrebâilla la porte d’entrée, regagna la cuisine. Mike n’avait rien oublié ! car ce ne pouvait être que lui qui envoyait ce livreur ! Il avait dû passer des ordres à un magasin, et choisir des cadeaux pour les siens. Connie savait que Mike n’aurait pas oublié le jour de Noël. Son Mike.</p>
      <p>— Entrez ! cria-t-elle, entendant peu après qu’on grattait à la porte entrouverte.</p>
      <p>— Bonsoir, madame, fit la voix. J’apporte des paquets de la part de…</p>
      <p>Le son de la voix fit sortir vivement Connie de sa cuisine. Elle leva les yeux, bafouilla les jambes molles :</p>
      <p>— Mike… Hello ! Mike !</p>
      <p>— Hello Connie ! renvoya le grand gars dont les yeux bleus riaient.</p>
      <p>Il se tenait sur le seuil, une serviette de cuir à la main, et chargé de paquets dans les bras. Un peu de neige recouvrait les épaules de son trench-coat, ainsi qu’un feutre de forme étrangère, qu’elle ne lui connaissait pas.</p>
      <p>Elle restait là, saisie, à le contempler bêtement. Il dit doucement.</p>
      <p>— Je peux entrer, madame Coppolano ?</p>
      <p>Elle se secoua, se rua vers lui :</p>
      <p>— Oh ! Mike !…</p>
      <p>Et dans un cri d’amour, se jetant à son cou, en dépit des paquets :</p>
      <p>— Espèce de vieux machin ! Espèce de sale vieux machin !</p>
      <p>Et pleurant de bonheur, elle lui écrasa les lèvres sous les siennes ; deux des paquets tombèrent et le feutre inconnu bascula en arrière.</p>
      <p>— Eh bien, eh bien, madame Coppolano, gourmanda Mike, se détachant lentement. En voilà des façons. Comme ça… sur le palier… au risque d’être vu.</p>
      <p>Elle le mangea de ses yeux humides.</p>
      <p>— Oh Mike. Quelle surprise ! Si je m’attendais…</p>
      <p>Elle l’aida à ramasser les objets tombés, referma la porte, pendant qu’il disait, d’un ton de reproche :</p>
      <p>— T’as cru que je pourrais passer un Noël loin de vous ? T’as pu croire ça ?</p>
      <p>Elle le débarrassa de son trench-coat, agita ses boucles brunes.</p>
      <p>— Non, mais j’étais persuadée que tu resterais encore en Europe pour ton travail. À quelle heure es-tu arrivé ?</p>
      <p>— À 8 heures ce matin.</p>
      <p>— Hein ? Qu’est-ce que tu racontes ? Et tu t’amènes seulement ? Et tu n’as même pas téléphoné en arrivant ?</p>
      <p>Elle le fixait, narines palpitantes, l’air fâché.</p>
      <p>Il lui prit la taille, l’entraîna vers le sapin aux lumières accueillantes.</p>
      <p>— Te fâche pas, ma douce. Mais on n’a pas eu une minute depuis mon débarquement. Notre équipe vient de réussir la plus grosse affaire jamais réalisée dans le pays. Vingt-trois kilos d’héroïne pure saisis… près de quatre millions de dollars… une affaire colossale… un trafic immense.</p>
      <p>Il se laissa choir dans un fauteuil, attira sa jeune femme sur ses genoux, lui caressa la nuque sous ses boucles brunes.</p>
      <p>— Tous les journaux vont en parler… un scandale inouï… la chnouf pénétrait chez nous sous le couvert de la valise diplomatique d’un ambassadeur sud-américain.</p>
      <p>Elle l’écoutait parler, remarquait ses yeux cernés par la fatigue, son air las. Il n’avait pas dû dormir beaucoup depuis son départ. Elle se serra fort contre lui, tandis qu’il poursuivait :</p>
      <p>— Le début de cette fameuse enquête a été comme bien souvent une chose très simple. Un soir que Tom et moi étions de surveillance à l’aéroport, comme ça nous arrive souvent, on a vu débarquer de France un Marseillais fiché à nos services et soupçonné d’être un fournisseur de drogue. On l’a filé pendant deux jours et on l’a vu prendre des contacts dans le Bronx avec un type qu’on savait être un des gros pontes de la came. On a laissé courir et quand le surlendemain ce Marseillais a retenu une place d’avion…</p>
      <p>— Cette histoire n’a aucun rapport avec celle de ton hôtesse de l’air ? le coupa Connie. Pourtant, lorsque tu es parti j’ai pensé que si.</p>
      <p>Mike secoua la tête.</p>
      <p>— Non, aucun. L’hôtesse n’a pas parlé. Et on ne croit plus qu’elle parlera. L’histoire du diplomate est totalement indépendante. Et si nous l’avons découverte c’est un peu grâce au hasard et à notre organisation en Europe. Quand le patron a appris que ce Marseillais reprenait l’avion, il m’a fait retenir une place pour voyager avec lui et voilà la conclusion. Le reste ? De la routine. Des filatures avec ceux du Narcotic détachés à Paris… des contacts avec la brigade mondaine de là-bas… des rendez-vous avec Interpol… des voyages… pas mal de nuits blanches… Et puis voilà…</p>
      <p>La main de Mike massa avec amour la nuque de Connie.</p>
      <p>— … Je suis revenu dans le même avion que ce diplomate et nous l’avons sauté, lui et son Marseillais, cet après-midi ainsi que trois autres trafiquants dont le gros ponte du Bronx.</p>
      <p>Il étendit ses longues jambes, soupira.</p>
      <p>— À présent nous cherchons à connaître qui est à la tête de ce réseau.</p>
      <p>Une moue sceptique lui retroussa les lèvres.</p>
      <p>— Et comme toujours c’est pas facile. Pour pas dire impossible. Car ça peut-être n’importe qui. Un Italien, un Français, un Américain. Qui sait ? Un homme politique haut placé ? Un milliardaire connu ? Qui sait ? Nos collègues français pensent que ça pourrait être l’un des leurs, un très célèbre organisateur de spectacles. Mais on en doute…</p>
      <p>Connie lui mordilla l’oreille.</p>
      <p>— Ne parle plus de ça, dis ! Détends-toi un peu. Tu veux que je te prépare un bain ?</p>
      <p>— Ma foi… dit-il, en faisant sauter ses chaussures loin de lui. Et bien chaud, hein ma douce ! J’ai tellement de crasse à enlever. Toute cette saleté de drogue dans laquelle je suis plongé… toute cette saloperie de dop qui démolit les plus forts, qui souille tout ce qu’elle touche.</p>
      <p>Connie l’embrassa encore avant de quitter ses genoux d’un bond souple.</p>
      <p>— Ne parle plus de ça, Mike ! N’oublie pas que c’est Noël ce soir.</p>
      <p>Il la suivit d’un œil gourmand alors qu’elle s’éloignait, lui lança :</p>
      <p>— Et où est ma fille ? Chez sa grand-mère ?</p>
      <p>Connie se retourna, excitante dans le mouvement de sa robe noire.</p>
      <p>— Oui, elle l’a emmenée pour que je puisse préparer l’arbre sans être dérangée. Elle nous la ramènera vers 10 heures.</p>
      <p>— Ah ! bon. Et p’pa ? Comment que ça se fait qu’il n’est pas encore là, lui ? C’est la première fois qu’il s’occupe pas de l’arbre de Noël !</p>
      <p>De l’index, Connie indiqua le sapin.</p>
      <p>— C’est lui qui l’a préparé. Il était là, il y a juste un quart d’heure.</p>
      <p>— Ah oui ? Et il revient quand ?</p>
      <p>— Pas avant demain.</p>
      <p>— Oh ! lâcha Mike déçu. Ainsi je le verrai pas ce soir ? T’es sûre qu’il reviendra pas ?</p>
      <p>Elle haussa les épaules tandis qu’il sautait du fauteuil et s’amenait sur elle, l’œil luisant de désir.</p>
      <p>— C’est ce qu’il m’a dit. Il a un dîner avec des copains du bureau.</p>
      <p>— Tant pis, regretta Mike. Il va me manquer ce soir. Mais au moins, toi, tu m’échapperas pas.</p>
      <p>Il l’attira à lui. Elle chercha à se débattre, mais trichait, puisqu’elle murmurait, déjà consentante :</p>
      <p>— Et ton bain, Mike ?</p>
      <p>Leurs yeux s’empoignèrent, leurs corps se soudèrent, Connie, balbutia trichant encore :</p>
      <p>— Ton bain, Mike…</p>
      <p>Sans répondre, le grand gars la souleva du sol, et bouche plaquée à la sienne, il l’entraîna vers la chambre.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>XVII</p>
      </title>
      <p>La neige tombait en gros flocons qui s’aplatissaient au sol, sur les dais qui enjambaient les trottoirs, ou sur les ailes des voitures. Celles-ci étaient relativement peu nombreuses dans la 47<sup>e</sup> Rue Ouest. Il était 18 h 45, et c’était justement le quart d’heure qui manquait aux autos pour avoir le droit au stationnement.</p>
      <p>La rue n’était pas loin de retrouver son visage de nuit. Plongées dans le noir, beaucoup de vitrines exhibaient des écrins vides et au-delà leurs salles désertes où jouaient des ombres. Des voitures et des taxis chargeaient dealers, salesmens, et brokers au passage, et les emmenaient après une journée qui avait rapporté gros. Des camions et des camionnettes, parfois en double file, déchargeaient à la hâte les dernières livraisons du jour. Les deux flics du coin talonnaient les chauffeurs pour qu’ils dégagent la chaussée qu’ils obstruaient à moitié. Mais tout ça se passait en pépère, sans engueulade, car c’était l’approche de Noël.</p>
      <p>Sur le trottoir, pas mal de foule circulait encore. Il y avait de tout : des citoyens qui avaient hésité, et hésitaient toujours à acheter le cadeau de leur belle ; des lascars qui n’avaient même pas de quoi s’offrir un caramel, et qui restaient en extase devant les dernières vitrines, encore illuminées ; quelques salesmens encore attardés avec leurs curieuses poussettes ; des brokers avec leurs drôles de fringues de rabbins ; et des dealers qui couraient d’un building à l’autre, se hâtant avant les fermetures. Au milieu de ce va-et-vient, un flot de voitures s’écoulait en direction de la 6<sup>e</sup> Avenue. Parmi elles, se repérait le clignotant rouge d’une Plymouth de flics, et ce rougeoiement intermittent faisait poétique, sous les tourbillons de neige.</p>
      <p>En passant, les poulets de cette bagnole scrutaient les trottoirs et les vitrines. Mais plus par réflexe professionnel que par conviction, eux aussi commençaient à ressentir l’euphorie de l’approche de la fête. L’un d’eux posa son regard sur un petit salesman qui se tenait à l’abri d’une voûte, sur le trottoir, en face du 38, puis le détourna. S’il avait su…</p>
      <p>Le petit Sam avait senti le regard du flic, mais n’avait pas bronché. Comme toujours au moment de l’action il était sans nerfs. Il avait un bonnet de loutre sur la tête, un chaud manteau à col d’astrakan sur le dos, et près de lui, une petite poussette, sur laquelle était fixée une mallette noire. Au fond de ses poches, ses mains caressaient la crosse des P38. Son œil mort ne quittait pas deux brokers qui, venant du métro, remontaient la rue. Ceux-ci stoppèrent devant la vitrine illuminée du 38. C’étaient Jean Baez, et Steve Ryan. Seul Sam pouvait les reconnaître. Et encore, parce qu’il savait qu’ils devaient venir. Tous deux étaient coiffés par de larges chapeaux ronds de velours noir, et l’Oranais portait un pantalon à rayures, une veste de lustrine, et une lévite au col couvert de pellicules. Des lunettes à monture d’or dissimulaient l’éclat de ses yeux noirs. Comme chaque fois à l’approche du danger, un petit sourire retroussait ses lèvres d’amateur de femmes. Il était décontracté, avait ses mains gantées hors de ses poches, et il inspectait à travers les vitres l’intérieur du 38, où quelques stands étaient encore allumés.</p>
      <p>Steve avait un pantalon noir qui tire-bouchonnait sur des chaussures boueuses, une veste de drap bleu, et une houppelande qui flottait autour de son corps tourmenté. Tous deux étaient sans cravate, et aucun foulard ne cachait leur chemise de coton au col soigneusement boutonné. Des barbes longues et fournies leur mangeaient la figure. Brune chez l’Oranais, d’un châtain clair chez Steve.</p>
      <p>Le déguisement était plus vrai que nature. Surtout chez l’Oranais qui, à son insu, avait dû retrouver un vieil atavisme oublié.</p>
      <p>Un autre point commun les réunissait : aucun n’avait de papiers d’identité, ni de marque susceptible de le faire reconnaître. C’était une idée de Steve qui se rappelait trop la bêtise de Bob. Tous ceux qui marchaient dans le braquage devaient laisser leurs fafs chez eux. De cette façon, si l’un se faisait buter, ce serait aux flics de jouer pour l’identification. Et le temps qu’ils y passeraient servirait aux autres.</p>
      <p>Des gens bousculaient les deux hommes et d’autres, à l’abri de l’entrée du building dont dépendait le 38, les regardaient par instants. Tout en inspectant les lieux, l’Oranais parlait haut en yiddish. Et Steve, qui n’y comprenait goutte, lui répondait par des grognements convaincus. Soudain, celui-ci qui surveillait la rue vers la 5<sup>e</sup> Avenue, laissa choir.</p>
      <p>— Les voilà !</p>
      <p>Lentement, l’Oranais tourna le cou. Un deuxième clignotant rouge, dominant les toits des autres voitures, descendait la rue. Puis une plymouth verte à toit blanc émergea du lot, rasa les voitures à l’arrêt, stoppa devant le building du 38 mais en double file, car deux voitures et une camionnette occupaient déjà le bord du trottoir à cet endroit.</p>
      <p>— Ils sont dingues, murmura l’Oranais. J’espère qu’ils vont pas rester là ! Qu’ils aillent plus loin, bon Dieu !</p>
      <p>— Au contraire, répliqua Steve entre ses dents. C’est eux qui ont raison. Ils font exactement ce que font les vrais poulets. Ils montrent que la rue est à eux. Bravo. Ils sont gonflés les mecs. M’man nous a pas charriés sur leur compte.</p>
      <p>Dans la Plymouth, Hector coupa le contact, éteignit les lanternes. Aussitôt l’essuie-glace cessa de balayer la neige du pare-brise. Puis lui et Honoré descendirent sous l’œil des passants.</p>
      <p>Les deux frères étaient calmes, et bombaient le torse comme de vrais flics. Ils étaient en uniforme, et rien ne manquait à leur attirail de tombeurs de truands : plaques de cuivre, casquettes plates, épaisses godasses noires, matraques de même teinte, et les uniformes de gros drap-bleu. Fendues de chaque côté, les vestes de ceux-ci laissaient apparaître les crosses des 38 réglementaires. Hector regarda Steve, puis, suivi de son frère, il entra dans le building. Les gens qui attendaient devant les ascenceurs s’écartèrent devant les moulinets qu’Honoré s’offrait avec sa matraque. À croire qu’il avait des dispositions pour être pied-plat le voyou canadien ! Hector ouvrit la porte du fond avec une clef remise par Steve, et tous deux, hauts, solides, rassurants par leur calme, disparurent aux yeux des gens du Hall, et refermèrent soigneusement.</p>
      <p>— Qu’est-ce qu’ils vont faire là ? jeta l’un des types du hall.</p>
      <p>— Oh ! sûrement une vérification, renvoya un autre.</p>
      <p>— Rien de sérieux en tout cas, constata un troisième, sinon ils seraient arrivés dans un hurlement de sirène…</p>
      <p>Les gens approuvèrent gravement.</p>
      <p>Au-dehors, Steve lâcha à son équipier :</p>
      <p>— À nous de jouer, Jean.</p>
      <p>Aussitôt, tous deux pénétrèrent dans la vaste salle des bijoutiers, plongée dans une demi-pénombre. Seules l’éclairaient les veilleuses du plafond et les lampes individuelles des stands encore occupés. Quelques clients, et des brokers attardés, discutaient devant les stands. Mais s’ils voulaient garer leur argenterie, il ne fallait pas qu’ils traînent longtemps, car à 7 heures pile, le SAFE se fermait électriquement, et le mouvement enclenchait sur le champ les signaux d’alarme de l’endroit.</p>
      <p>L’un de ces brokers, après un regard sur sa montre, serra la main d’un dealer, et se dirigea vers l’escalier conduisant au SAFE. En haut des marches se tenait le gardien signalé par M’man, celui à cheveux blancs et à moustaches courtes. Résolument l’Oranais suivit le broker, passa devant le gardien, non sans lancer en yiddish vers Steve :</p>
      <p>— Il faut nous hâter, Samuel !</p>
      <p>Et il commença à descendre derrière le broker. Il ne s’occupa plus ni de Steve, ni-du garde qui, sourcils froncés, intrigué, comme s’interrogeant, le suivait des yeux.</p>
      <p>Steve rappela le garde à la réalité.</p>
      <p>— Monsieur, s’il vous plaît.</p>
      <p>Le garde lui fit face, sa bouche s’arrondit, ses yeux aussi. Steve venait de plonger sa main gantée dans un vaste portefeuille contrôlé par une longue chaîne, et ce qu’il tenait n’était pas le collier de la Reine, mais un colt 45. Le garde se tâta machinalement, comme s’il croyait à une blague, comme s’il croyait que l’autre lui avait engourdi son flingue qui était pourtant un spécial 38. Mais Steve lui coupa ses espérances.</p>
      <p>— Un cri, un geste, un souffle et… Allez, demi-tour. On descend. Vite.</p>
      <p>— Mais… balbutia le défenseur des propriétés privées. Jamais je…</p>
      <p>Le canon du colt dissimulé aux passants de la rue le cogna hypocritement en pleine bedaine.</p>
      <p>— Encore un mot, et vous êtes truffé comme une dinde de Noël.</p>
      <p>Vaincu, jambes en pâté de foie, le garde se mit à descendre. Au bout de quelques marches, Steve, sachant qu’ils étaient à présent invisibles du dehors, lui ordonna :</p>
      <p>— Stop.</p>
      <p>L’autre obéit. Le braquant aux reins, Steve, après un rapide tâtonnement de sa main gauche, s’empara de l’arme du privé.</p>
      <p>— En route, reprit-il, en empochant le calibre.</p>
      <p>Deux secondes après, ils débouchaient dans le sous-sol, vide d’occupants et aux lumières éteintes. Ils bifurquèrent à gauche, là où se découpait la lumière de la sorte de couloir précédant le SAFE. Avant d’y parvenir, Steve répéta encore :</p>
      <p>— Stop.</p>
      <p>Son poing armé ne quittait pas les reins du gardien et son œil allait au-delà de la porte où l’Oranais attendait derrière le broker. Tous deux étaient devant la première grille de sécurité, dont Steve apercevait les barreaux de droite. En yiddish, l’Oranais lançait au broker qui sortait un énorme portefeuille maintenu à sa ceinture par une chaînette d’acier :</p>
      <p>— On n’a plus de temps à perdre, hein ?</p>
      <p>Lui aussi avait extrait un grand portefeuille de la poche de sa lévite. Le broker lui sourit, jeta à travers la grille :</p>
      <p>— Oh ! Bill…</p>
      <p>Le gardien, confortablement assis derrière son bureau et qui avait le nez collé sur son illustré, le releva. Il aperçut le broker, repartit dans son illustré, non sans avoir appuyé nonchalamment sur un bouton. Un déclic. Et la grille s’entrouvrit. Le broker la franchit, l’Oranais sur les talons. La grille se referma dans le même claquement huilé. Déjà l’Oranais avait rentré son portefeuille, et bondissait. Dans sa main étincelait l’acier bruni d’un Smith et Wesson, à canon long. Surpris, les yeux hagards, le garde eut néanmoins le réflexe de tendre la main vers le flingue posé devant lui. L’Oranais cogna. Vite. Durement.</p>
      <p>De la crosse du Smith. Sans un ouf, le gardien se retrouva le nez sur son illustré où s’exhibaient de belles pépées en bikini. Puis en deux bonds, l’Oranais fut sur le broker, qui demeurait bouche ouverte, comme prêt à pousser un cocorico.</p>
      <p>— La ferme, citoyen, ordonna-t-il, sinon…</p>
      <p>Sous la main menaçante, la bouche du broker se referma doucement. L’Oranais siffla, deux coups brefs, refonça vers le bureau, appuya sur le bouton de la grille. Comme elle s’ouvrait, Steve apparut, poussant le garde devant lui. Il lui indiqua l’ouverture dans la grille.</p>
      <p>— Allez ! Entre.</p>
      <p>L’autre obéit. Sans plus s’en occuper, Steve pirouetta, gagna rapidement la porte d’acier du fond, donnant sur l’escalier et le hall du 38. Pendant ce temps, l’Oranais réceptionnait le garde.</p>
      <p>— Colle-toi là-bas, disait-il, lui indiquant la paroi de droite, à quelques pas de la porte cylindrique du SAFE. Et nez au mur.</p>
      <p>Le garde obéit dans un regard de rage.</p>
      <p>— Et à genoux, ordonna encore l’Oranais.</p>
      <p>Le garde ne put s’empêcher de lui décocher un coup d’œil hargneux.</p>
      <p>— Ça vous coûtera cher !</p>
      <p>Les dents de Jean Baez étincelèrent dans sa barbe noire.</p>
      <p>— Cause toujours, mon lapin.</p>
      <p>Et avançant d’un pas, le Smith pointé :</p>
      <p>— J’ai dit à genoux. Et mains sur la tête pour t’apprendre à répondre. <emphasis>Fissa</emphasis>.</p>
      <p>Le garde s’agenouilla dans un grognement, et se croisa les doigts sur le crâne.</p>
      <p>Alors que l’Oranais opérait, Steve avait gratté à la porte du fond, et à leur tour, les frères Laventure entraient dans la danse. Vite. Sans un mot. Et méconnaissables. Des masques de carnaval leur planquaient la figure. Hector avait choisi celui de Charlie Chaplin, Honoré celui de Groucho Marx.</p>
      <p>Hector alla se poster près de la porte qui menait à l’escalier, et attendit, prêt à cueillir ceux qui descendraient au SAFE. Honoré suivit Steve à l’intérieur de la grille qui se referma dans son doux claquement. Puis Steve et l’Oranais foncèrent vers la chambre forte. Ce dernier dépliait un grand sac de toile qu’il avait sorti de sous sa lévite. Honoré alla empoigner le premier garde toujours dans les pommes et le laissa choir près de son confrère. Puis, avisant le broker qui le fixait ahuri, n’en croyant pas ses yeux, il lui ordonna, sortant un sac de toile à son tour mais bien plus petit que celui de l’Oranais.</p>
      <p>— Ton morlingue.</p>
      <p>— Hein ? balbutia l’autre. Mon quoi ?…</p>
      <p>Honoré lui arracha son portefeuille auquel il se cramponnait, en vida le contenu dans son sac. Des petits papiers s’ouvrirent, et en cascadant des diamants de toutes tailles jetèrent mille feux.</p>
      <p>— Va te mettre avec les autres, commanda Honoré au broker, en lui jetant son portefeuille vide, toujours fixé à la chaînette. Et à genoux, toi aussi.</p>
      <p>Le type fit un pas en direction des gardes, et brusquement, s’écroula, évanoui. Du pied, Honoré le repoussa vers les gardes, et se retourna à un sifflotement. C’était son aîné qui émergeait du noir avec deux hommes au bout de son spécial 38. En un éclair Honoré libéra la grille fit signe aux hommes de la franchir. Ils obéirent en tremblant. L’un d’eux avait tellement les foies qu’il faillit s’étaler. Honoré le saisit au vol, le remit sur pieds, tout en jetant :</p>
      <p>— Vos portefeuilles. Votre pognon. Et vite.</p>
      <p>Le premier, un broker, exhiba son portefeuille, le vida docilement dans le sac tendu. Mais le second, un dealer, voulut dissimuler un petit sachet de diams. Honoré s’en aperçut. Et cogna. D’un revers et du dos de sa main gantée. Sèchement. Aussitôt le petit sachet atterrit dans le sac de toile. Et Honoré leur désigna les gardes agenouillés.</p>
      <p>— Filez là-bas. Même position. Exécution. Allons !</p>
      <p>Sûr d’être obéi, il alla jeter un regard dans le fond de la chambre forte, où Steve et l’Oranais opéraient. Juché sur la petite échelle d’acier, l’Oranais ouvrait les coffrets du haut de la paroi centrale. Lui et son équipier ne perdaient pas de temps. On sentait qu’ils connaissaient les lieux, à force d’en avoir vu les plans, et qu’ils avaient souvent dû répéter leurs mouvements. Ils étaient nets, précis, rapides, sachant qu’ils livraient une course contre la montre. L’Oranais se servait de clefs dont les numéros cadraient avec ceux gravés sur les coffrets. Il amenait les tiroirs à lui, les faisait basculer sur le sac de toile que Steve maintenait ouvert. Ils ne triaient rien. Tout dégringolait en vrac : petites sacoches, portefeuilles et leurs chaînettes, papiers de famille, sachets de papier pliés menu, écrins de toutes sortes, etc.</p>
      <p>Parfois des pierres, des topazes, des rubis, des diams, crevaient les papiers fins, et c’était un enchantement pour les yeux de Steve, qui murmurait repris par sa haine :</p>
      <p>— Je vous ferai voir, tas de salaud ! Je vais vous faire voir, moi, si je suis un raté.</p>
      <p>Les mouvements des deux hommes rappelaient un ballet bien réglé. Jean Baez vérifiait les numéros des coffrets, les ouvrait, vidait les tiroirs, passait ceux-ci à Steve qui les posait sur le plancher d’acier. Ils ne pensaient plus au danger. Ils ne pensaient qu’à entasser, entasser et entasser encore, sachant que chacun de leurs gestes représentait une fortune. Les prunelles de drogué de Steve luisaient fixement, et le sourire de l’Oranais restait accroché comme une pancarte à une devanture. La sueur leur mouillait le dos, le ventre, les aisselles, mais ils ne sentaient rien. Ils fonçaient.</p>
      <p>D’au-delà la grille, un rire fit se retourner Honoré, et une voix joyeuse fit écho au rire.</p>
      <p>— Ah ! ben vrai. Bile est bien bonne celle-là ! Se déguiser en flic, et se coller la frime de Charlot ! Ah ! ben vrai… On voit que c’est Noël !</p>
      <p>Un autre rire suivit la tirade. Puis un ordre bref retentit :</p>
      <p>— Ta gueule. Avance.</p>
      <p>Et l’aîné des Laventure parut poussant un dealer obèse devant lui. En apercevant Honoré à travers la grille, le dealer que le whisky avait dû chauffer s’esclaffa encore.</p>
      <p>— Quoi ? Groucho Marx ? On aura tout vu ! Allez les gars, ça suffit. J’ai failli marcher. Maintenant, ouvrez-moi, faut que je dépose mes bijoux.</p>
      <p>Honoré appuya sur le bouton, invita :</p>
      <p>— Si vous voulez entrer…</p>
      <p>Le gros dealer obtempéra en se marrant plus fort. Soudain son rire lui resta à la gorge. Il venait d’apercevoir les gardes et ses confrères agenouillés devant le mur d’acier. Honoré lui lança tandis que son aîné repartait vers son poste :</p>
      <p>— Allez, donne tes bijoux, on pourrait te les voler.</p>
      <p>L’homme ne réagit pas. Il n’avait plus envie de rire. Il se laissa dépouiller d’un petit sac de peau, et docilement, n’en revenant pas, il alla s’agenouiller près des autres en murmurant.</p>
      <p>— Ça alors… ben ça alors…</p>
      <p>Rassuré, Honoré reporta son regard à travers l’ouverture cylindrique au-delà de laquelle Steve et l’Oranais s’affairaient toujours. Ils étaient moins visibles à présent car ils s’attaquaient à la paroi droite. Quant à celle du centre qu’ils venaient de lâcher, elle montrait parmi sa surface brillante les trous noirs des coffrets qu’ils avaient enlevés.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>L’un des deux flics chargés de la surveillance de ce coin de la 47<sup>e</sup> Rue, repassa une seconde fois devant la Plymouth à l’arrêt. C’était le long maigre, celui à la gâchette heureuse. Sa casquette était couverte de neige ainsi que le lourd manteau de drap bleu qui le protégeait du froid. Il consulta sa montre, reporta un œil étonné sur la voiture de ses collègues où s’étalait le № 20, songea à mi-voix :</p>
      <p>— Qu’est-ce qu’ils peuvent bien foutre là ? C’est pas leur secteur !</p>
      <p>Il rôda autour, hésita et enfin curieux de nature il pénétra dans le building du 38.</p>
      <p>Mais personne dans le hall ni devant les ascenseurs. Il leva une tête indécise sur les portes closes menant aux appareils, repéra par les voyants lumineux que ceux-ci étaient haut dans les étages, alors, dans un haussement d’épaules, il ressortit.</p>
      <p>Après tout ce n’était pas un appel d’urgence, sinon ses collègues seraient arrivés dans le hurlement de leur sirène. Bah ! il avait tort de se biler. Probable que les gars avaient de la famille ou des copains travaillant dans le building. Ou bien peut-être qu’ils étaient venu chercher un petit bijou commandé pour les fêtes !</p>
      <p>Avant de réaffronter la neige, il consulta de nouveau sa montre : 7 heures moins 6 qu’elle indiquait. Allons la journée se tassait. Encore six minutes et… Vivement la relève, lui aussi voulait rentrer pour aider aux préparatifs de Noël.</p>
      <p>Là-bas, à la maison dans la bonne chaleur, il y avait la femme et les deux gamins qui…</p>
      <p>En souriant, il tâta dans sa poche, à travers l’épaisseur du manteau, le cadeau qu’il destinait à la bourgeoise : une bague qu’un broker lui avait obtenue à bon prix. Toutes ses économies qu’il avait fourrées là-dedans. Dans le fond, de surveiller ce secteur à longueur d’année, ça avait ses avantages ! On s’y faisait des relations.</p>
      <p>Il remonta vers la 5<sup>e</sup> Avenue, regarda machinalement vers un petit salesman qui sur l’autre trottoir se tenait à l’abri, sa poussette près de lui, puis il houspilla un livreur qui tardait à déguerpir. Le futé ! Il savait bien que dans six minutes il aurait le droit au stationnement jusqu’au lendemain matin 8 heures. Mais le long maigre ne fut pas dupe. La loi était la loi. Il fallait que l’autre dégage. Il donna un léger coup de matraque sur l’aile.</p>
      <p>— Allez, barre… Une demi-heure que t’es là.</p>
      <p>En bougonnant le chauffeur remonta dans son carrosse et démarra pour faire le tour du block et revenir se garer à 7 heures pile.</p>
      <p>Le long maigre reprit sa route, et juste à ce moment un bruit de sirène commença à déchirer l’air, mais très loin. Puis se transformant en un hurlement lugubre et impérieux, le bruit s’engouffra dans la 47<sup>e</sup> Rue, précédant de peu un clignotant rouge qui émergea dans les tourbillons de neige. Rapide, le long maigre vint à la rescousse. Il donna du sifflet pour dégager pendant que la voiture de ses collègues se faisait une trouée à coups de sirène.</p>
      <p>Sous son abri, le petit Sam avait blêmi. Il s’interrogeait, s’étonnant de ne pas voir les copains jaillir du building. Mais qu’est-ce qu’ils foutaient donc ? Ils n’entendaient donc pas ? Il soupira et dans ses poches ses petites mains grassouillettes étreignirent solidement les P38. Il s’éloigna légèrement de sa poussette et attendit, prêt à tuer.</p>
      <p>Devant le hurlement autoritaire de la loi, les chauffeurs s’écartaient au mieux pour livrer passage. Mais ce n’était pas toujours facile, avec tous ces carrosses qui roulaient vers la 6<sup>e</sup> Avenue.</p>
      <p>À présent la sirène déchirait les tympans, transperçait les flocons, roulait le long des immenses buildings presque déserts. La Plymouth n’était plus qu’à dix mètres du petit Sam et son conducteur s’impatientait. Un lourd camion qui avançait mal, précédé lui-même de plusieurs voitures, le gênait.</p>
      <p>Le petit Sam porta ses yeux morts sur le 38. Mais, bon Dieu, que faisaient donc les gars ? Ils n’entendaient donc pas ? Comme des rats qu’ils allaient se faire coincer !</p>
      <p>Enfin le gros camion parvint à se serrer sur la droite, dans un espace dégarni, et la Plymouth le doubla dans un miaulement rageur de sirène. Livide mais décidé, le petit Sam avança jusqu’au ras du trottoir ; dans ses poches, ses poings venaient de basculer, mettant ainsi les canons des flingues à l’horizontale. Les pieds-plats parvenaient devant le 38. Ils étaient quatre. Le conducteur sembla ralentir, et l’un de ses compagnons se colla à la vitre pour mieux voir l’autre Plymouth arrêtée en double file. Puis un imperceptible soupir échappa au petit Sam, le sang rafflua à ses joues ; profitant d’un trou, la Plymouth fonçait vers la 6<sup>e</sup> Avenue, et la coupait, précédée de son hurlement, alors que les feux s’abattaient au rouge. Juste après elle, dans les poches du manteau à col d’astrakan, les poings du petit Sam se détendirent. Une lueur anima un bref instant ses yeux sans vie. Il recula, regagna son abri et sa poussette, tout en se secouant pour faire tomber la neige de son bonnet de loutre.</p>
      <p>Au coin de la rue et de la 6<sup>e</sup> Avenue, Hubert Laventure qui attendait derrière la descente du métro depuis quelques instants se décontracta à son tour. Lui était en civil, engoncé dans une grosse canadienne à col de mouton, chaussé de mi-bottes de cuir. Il regarda sa montre, grogna.</p>
      <p>— 7 heures moins 3. Mais qu’est-ce qu’ils fabriquent ? Qu’ils se magnent bon Dieu ! Qu’ils se magnent !</p>
      <p>Il reprit sa faction, grommela dans un soupir :</p>
      <p>— Ouf ! J’ai bien cru que c’était pour eux.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Hubert et Sam avaient tort de se biler. En bas dans le SAFE, la séance s’achevait. Rien n’avait freiné le rythme des équipiers. Même pas le hurlement assourdi de la sirène quand il était parvenu jusqu’à eux. Pris par l’excitation, Steve et l’Oranais s’étaient contentés d’accélérer le mouvement. Seuls, les Laventure avaient tendu l’oreille, prêts à agir, à faire face. Tout avait été prévu. Même la fuite par les petites portes d’acier menant au hall du building. Dans ce cas, les Laventure devaient protéger les autres qui fileraient les premiers avec la camelote. C’était un accord. Et tous le respecteraient. Les Canadiens touchaient 500 000 thunes pour ça : le forfait qu’ils avaient accepté.</p>
      <p>À présent il y avait derrière la grille cinq clients de plus qu’Hector avait amenés à son frangin. Celui-ci les avait soulagés vite fait de leurs portefeuilles et de leurs liasses de dollars. Et tous s’étaient retrouvés à genoux et pas contents. Dame !</p>
      <p>Honoré abandonna un instant leur surveillance pour consulter la pendule électrique de précision qui se trouvait logée dans une niche d’acier creusée dans la formidable porte du SAFE. 7 heures moins 3, elle indiquait.</p>
      <p>Honoré alerta l’Oranais et Steve d’un coup de sifflet. Ceux-ci se retournèrent, lui faisant signe qu’ils avaient terminé.</p>
      <p>Le garde brun, qui était revenu à lui, échangea un long regard avec son confrère à cheveux blancs, comme lui agenouillé, nez contre le mur d’acier.</p>
      <p>Ils se comprenaient. Impossible de saisir un nom, un surnom. Rien. Les types semblaient drôlement organisés. Depuis qu’ils opéraient aucun n’avait gaffé. Aucun à part celui qui avait dit : Samuel, n’en avait appelé un autre autrement que par un coup de sifflet. Et des coups de sifflets seraient de maigres indices pour les enquêteurs.</p>
      <p>Un ordre brutal lancé par l’homme masqué en Groucho Marx les fit tressaillir.</p>
      <p>— Allez tout le monde debout. Et tout le monde dans le fond. Exécution.</p>
      <p>Ils n’étaient pas tous debout que Steve et l’Oranais apparaissaient chargés d’un lourd sac. L'un d’eux appuya sur le bouton libérant l’entrée de la grille derrière laquelle se tenait Hector, arme au poing, masque de Charlot sur la figure.</p>
      <p>En même pas une minute son cadet fit s’engouffrer les gardes et les autres dans le fond du SAFE et referma la lourde porte sur eux, sans écouter leurs gémissements et leurs supplications, ainsi que leurs « On va mourir étouffés ! » Seuls les deux gardes ne se plaignirent pas. Ils savaient, eux. Car à peine le truand à masque de Groucho Marx eut-il donné un coup de volant sur la porte ronde, qu’instantanément les sirènes d’alarme se déclenchèrent. Il était 7 heures moins une.</p>
      <p>Or, le SAFE devait boucler à 7 heures. À 7 heures tapant. Pile. Si on ne respectait pas cet horaire, tout se mettait automatiquement en branle et alertait, chez eux, flics et « privés » de Holmès, sans compter les signaux d’alarme. Et ceux-ci libérés y allaient joyeusement. Ça fusait de partout : sonneries grêles, hurlements lugubres, sirènes prolongées.</p>
      <p>À la seconde l’équipe se rua, armes au poing, dans le petit escalier donnant sur le hall. Débarrassé de son masque, Hector, plus vif que les autres, déboucha le premier dans la rue où ululaient les sirènes. Un passant voulut l’arrêter.</p>
      <p>— Qu’est-ce qu’il y a, monsieur l’agent ?</p>
      <p>L’aîné des Canadiens l’envoya dinguer dans la neige d’un coup de coude et sauta au volant de la Plymouth. Il mit le contact, jeta deux brefs appels de phares, actionna l’essuie-glace pour dégager le pare-brise de la neige qui le bouchait.</p>
      <p>Déjà au loin, des sirènes de flics, reconnaissables à leurs notes aiguës, se mélangeaient à celles alertant la 47<sup>e</sup> Rue.</p>
      <p>En courant la foule convergea vers le 38, imitée par le long maigre et son collègue, qui se trouvaient vers la 5<sup>e</sup> Avenue.</p>
      <p>La Plymouth commença à être cernée et ni Steve, ni l’Oranais, ni Honoré qui les couvrait du côté du SAFE n’était encore là. Alors le petit tueur entra en action. Il souleva le couvercle de la mallette fixée sur la poussette, en sortit une mèche, alluma celle-ci, s’écarta rapidement. Il n’avait pas fait trois pas vers la Plymouth que des lueurs multicolores jaillirent de la mallette. Puis des éclatements secs suivirent et une gerbe de feu s’éleva vers le ciel, et ce fut l’enchantement d’un feu de bengale.</p>
      <p>— Oh ! cria-t-on dans la foule.</p>
      <p>— Vise le feu d’artifice ! lança une voix joyeuse, vite étouffée par le bruit des sirènes.</p>
      <p>Toutes les têtes se tournèrent vers le spectacle offert. Tous admiraient les façades de verre des buildings brusquement illuminées par les couleurs de l’arc-en-ciel. Sam en profita pour bondir vers la Plymouth. Il l’atteignit juste comme ses équipiers s’y engouffraient à leur tour. Sans attendre qu’ils aient refermé les portières, Hector démarra brutalement, en klaxonnant pour faire s’écarter les curieux qui ne comprenaient pas encore ce qu’il se passait. L’un d’eux, trop lent à se garer, fut fauché par l’aile droite de la Plymouth, et se retrouva dans la neige. Des gens lancèrent des insultes, d’autres crièrent, d’autres agitèrent des bras menaçants, pendant que le feu de bengale les éclairait de ses magnifiques couleurs. Faisant écho à celles du 38, les sirènes lointaines se rapprochèrent dangereusement. Toutes semblaient se diriger vers ce coin de la 47<sup>e</sup> Rue.</p>
      <p>L’aîné des Canadiens évita d’un revers un taxi qui se rabattait, et faisant lui aussi hurler sa sirène, il fonça vers la 6<sup>e</sup> Avenue, dont les feux par miracle se mettaient au vert.</p>
      <p>Derrière, à l’autre extrémité de la rue, deux clignotants rouges jaillis de la nuit floconneuse apparurent, et deux Plymouth se ruèrent vers le 38 dans le mugissement de leurs sirènes.</p>
      <p>Au coin de la 6<sup>e</sup> Avenue, le plus jeune des Laventure guettait l’arrivée de la fausse Plymouth. Quand elle ne fut plus qu’à deux mètres des feux de croisement, il abaissa le bras, et sans attendre, il fonça vers une voiture rangée derrière une camionnette où était attelée une remorque à deux roues.</p>
      <p>Aussitôt, Louis Coppolano qui attendait au volant de cette camionnette, appuya sur l’accélérateur. Tout juste s’il ne heurta pas l’arrière de la fausse Plymouth, tellement il avait été rapide pour amener camionnette et remorque en travers de la 47<sup>e</sup> Rue, qui se trouva bouchée en un éclair.</p>
      <p>À présent remorque et camionnette sur les flancs de laquelle se lisait : « Edison C° » bloquaient le chemin aux poursuivants éventuels, provenant de la 47<sup>e</sup> Rue Ouest.</p>
      <p>Un taxi, qui arrivait au même moment, freina trop tard, et dans un bruit de ferraille défonça le côté de la camionnette. Derrière, des klaxons puissants mêlèrent leur rage aux sirènes des flics, et à celles du 38. Au-dessus de ce vacarme infernal, les dernières lueurs du feu d’artifice s’éteignirent, dans des milliers d’étincelles rouge et or.</p>
      <p>Ainsi que convenu, Hubert qui devait recueillir le vieux avait déjà dépassé la camionnette et après avoir freiné brutalement, attendait portière ouverte, prêt à refoncer. Le tout n’avait pas pris trois secondes. D’une semelle impatiente il caressa l’accélérateur de la Buick qu’il avait volée une heure avant. Mais que faisait donc le vieux ? Mains crispées sur le volant, il se retourna, l’aperçut qui descendait enfin de la camionnette. Un juron jaillit des lèvres du jeune Canadien. Au lieu de venir sur lui, le vieux passait derrière la Buick, continuait tout droit, comme sans voir personne. Le Canadien jura encore :</p>
      <p>— Merde. Mais où il va ? Il est dingue !</p>
      <p>Lui ne pouvait pas savoir. Sous le choc nerveux, l’émotion, le père de Mike venait de perdre les pédales. Indifférent à tous, il traversait la 6<sup>e</sup> Avenue, sous l’œil des automobilistes bloqués par les feux rouges. Et déganté il se frictionnait les mains, avançant lentement sous la neige en direction de la 47<sup>e</sup> Rue, mais du côté où leur Plymouth venait juste de disparaître. Heureusement pour lui, l’Oranais et Sam qui guettaient par la glace arrière le déroulement des opérations, l’aperçurent.</p>
      <p>— Stop ! cria l’Oranais qui, lui, avait compris, et ajoutait rageur : Je l’avais bien dit de pas employer le vieux pour ce boulot ! Je savais bien qu’il craquerait !</p>
      <p>Par réflexe, Hector avait freiné.</p>
      <p>— En arrière ! lui jeta l’Oranais assis entre Steve et Sam.</p>
      <p>— Mais vous êtes cinglés ! se rebella l’aîné des Laventure.</p>
      <p>— Qu’est-ce qui te prend ? s’inquiéta Honoré, assis à l’avant à côté de son frère.</p>
      <p>— Stève ! lança l’Oranais. C’est le vieux. Il déconne.</p>
      <p>Steve n’avait pas besoin de dessin. Il avait vu, lui aussi. Et il était solidaire de l’Oranais.</p>
      <p>Et du vieux. Sa main armée décrivit un demi-cercle par-dessus le dossier. Sa voix tomba sèchement durant que le canon de son 45 cognait la nuque d’Hector.</p>
      <p>— Recule.</p>
      <p>Honoré amorça un mouvement. Un P38 lui heurta les omoplates.</p>
      <p>— Du calme, conseilla la voix froide du petit Sam.</p>
      <p>Dans un grincement de vitesses et des éclaboussures de neige, la Plymouth fit un brusque saut en arrière. L’Oranais se débarrassa de son chapeau rond, de ses lunettes, descendit en vol, cria :</p>
      <p>— Sam ! Couvre-moi.</p>
      <p>Et il bondit vers le vieux qui ne le reconnaissait pas.</p>
      <p>— <emphasis>Fissa, viejo !</emphasis> hurla-t-il. <emphasis>Fissa !</emphasis> Restez pas là.</p>
      <p>Au même instant une balle, puis une autre sifflèrent au-dessus de leurs têtes. Sam sauta au sol à son tour et l’un des P38 aboya. Le long maigre qui venait d’ouvrir le feu à travers la 6<sup>e</sup> Avenue se jeta sur le côté en tirant de nouveau avant de se mettre à l’abri. La balle souleva une fine gerbe de neige aux pieds du vieux.</p>
      <p>— Faites gaffe, pépère ! cria encore l’Oranais.</p>
      <p>Mais à quoi bon discuter ? Il cogna. Durement.</p>
      <p>Un sourire désolé retroussait ses lèvres sensuelles. Le vieux tomba nez en avant, l’esprit ailleurs, bras ballants, et son feutre roula dans la neige. Il n’avait pas même vu venir le coup. L’Oranais le rattrapa sur son épaule, rafla le chapeau et se rua vers la Plymouth, où il le fourra aidé par Steve.</p>
      <p>Derrière eux, le long maigre s’enhardit. Il entendait les cris d’encouragement de ses collègues qui, descendus de leurs voitures bloquées par la camionnette, arrivaient à la rescousse. Il refit un bond en sens inverse, revint dans la ligne de tir, releva son calibre ; les lumières du croisement l’éclairaient en plein. Sam en profita. Un P38 tonna dans la rue. Le long maigre chancela mais n’abaissa pas le bras. Deux éclairs orangés jaillirent de sa main et l’Oranais, qui se redressait après avoir fourré le vieux dans l’auto, eut un brusque sursaut, comme si on venait de le poignarder dans le dos. Il chercha à s’agripper à la Plymouth mais bascula dans la neige et son front heurta la roue arrière.</p>
      <p>— Jean ! cria Steve, quittant d’un bond l’abri de l’auto. Jean !</p>
      <p>— Fais vite ! lui jeta Honoré, faisant voler la glace arrière d’un coup de crosse. Les flics arrivent.</p>
      <p>Il disait vrai. Contournant la camionnette, ceux-ci se ruaient au secours de leur camarade qui titubait. Jambes écartées, bien d’aplomb, le petit Sam balança la sauce. À travers la glace cassée, Honoré l’imita. Les pieds-plats s’éparpillèrent et foncèrent à l’abri des bagnoles. Au centre du croisement le corps du long maigre mettait à présent une note sombre sous la neige qui tombait plus fort.</p>
      <p>D’autres pruneaux sifflèrent. Des mitraillettes crépitèrent. Un couple s’élança sous un auvent. Derrière une devanture de jouets, une grosse femme cria. Soudain les sirènes du 38 cessèrent de hurler, un silence de mort s’abattit sur les lieux.</p>
      <p>— Jean, murmurait Steve agenouillé près de son équipier.</p>
      <p>Celui-ci releva la tête. Du sang lui coulait de la bouche et allait se perdre dans la fausse barbe noire.</p>
      <p>— Jean, répéta Steve, essayant de le soulever.</p>
      <p>L’Oranais chercha à le repousser, hoqueta :</p>
      <p>— … suis rôti… barre…</p>
      <p>Steve le prit sous les aisselles. Un flic se montra une seconde à l’angle de la rue, et en miaulant une balle s’enfonça dans la carrosserie de la Plymouth, ratant Steve d’un rien. Sam retourna son bras gauche et le P38 dansa dans sa petite main. Mais le flic avait déjà disparu, et la dragée ne fit voler qu’un éclat de pierre.</p>
      <p>Dans un effort Steve amena son copain près de la portière ouverte, mais celui-ci dans un dernier sursaut lui échappa et retomba à terre.</p>
      <p>— Jean, supplia Steve. Laisse-toi faire. On va te sortir de là.</p>
      <p>L’Oranais lui montra son regard noir qui se voilait, parvint à lâcher dans une grimace de douleur :</p>
      <p>— … barrez-vous… bar…</p>
      <p>Puis ses yeux se fermèrent. Il hoqueta entre ses dents serrées.</p>
      <p>— … rue Saint-Paul… Paris… ma… ma mère… Hernandez ma… ma… ma part…</p>
      <p>Un flot de sang lui jaillit de la bouche. Il crispa sa main droite sur le poignet de son équipier, dit encore dans un souffle, sa pensée envolée vers de vieux souvenirs ;</p>
      <p>— … deuxième commando…</p>
      <p>Puis dans une sorte de sourire taquin :</p>
      <p>— Oui mon ange, oui…</p>
      <p>Et brusquement son corps s’arqua dans un geste violent, avant de s’immobiliser doucement.</p>
      <p>— Sam ! cria Steve, lâchant son copain qui vivait toujours car il respirait comme si on lui serrait les poumons dans un étau.</p>
      <p>Le petit tueur recula vers la portière. Mais voyant que quelques pieds-plats s’enhardissaient il les arrosa de nouveau épaulé par Honoré qui veillait au grain.</p>
      <p>Steve, lui, sauta dans la bagnole. Sam qui ne quittait pas les poulets de l’œil se préparait à l’imiter, quand Steve lui désigna l’Oranais dont le souffle d’agonie se précipitait.</p>
      <p>— O.K. fit le petit Sam.</p>
      <p>Il avait pigé. Il ne fallait pas que leur équipier souffre plus longtemps. Il ne fallait surtout pas que les flics et les toubibs réussissent à entendre ce qu’il pourrait débloquer dans ses dernières minutes.</p>
      <p>Un P38 claqua. L’Oranais eut un sursaut. Le dernier, Sam bondit dans la voiture, et boula sur le corps du père de Mike. Steve n’avait pas refermé la portière derrière Sam que Hector lançait la Plymouth à fond, tandis que derrière les flics se ruaient à nouveau.</p>
      <p>Une nuée de balles salua la fuite de la grosse voiture.</p>
      <p>Au volant de cette dernière l’aîné des Canadiens pas un instant n’avait perdu le nord. Il drivait vite et bien, sans s’affoler des sirènes qui au loin avaient repris leurs hurlements stridents ; sûrement que d’autres voitures, alertées, se lançaient à la recherche du gibier.</p>
      <p>Quelques minutes plus tard, Hector déboucha dans la 51<sup>e</sup> Rue, non loin de la 2<sup>e</sup> Avenue et s’immobilisa derrière une voiture arrêtée dans l’ombre. Tous descendirent sans un mot. Tous avaient repris une allure un peu plus civile et laissé dans la Plymouth, vestes d’uniforme, matraques, casquettes, houppelandes et chapeaux de rabbin.</p>
      <p>Honoré et Hector portaient les sacs aux diams et Steve soutenait le vieux qui venait seulement de récupérer.</p>
      <p>Tous montèrent dans la voiture qui les attendait et M’man embraya.</p>
      <p>Elle ne posa pas de questions, ne demanda pas où était l’Oranais. Tout viendrait en son temps.</p>
      <p>Elle fonça dans la nuit neigeuse.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>XVIII</p>
      </title>
      <p>La présentateur de la 4<sup>e</sup> chaîne interrompit son programme. Il lut la feuille qu’on venait de lui passer, releva le front, énonça d’une voix neutre :</p>
      <cite>
        <p>
          <emphasis>« On nous communique à l’instant que notre ville vient d’être le témoin du plus audacieux hold-up de l’histoire des États-Unis. Il s’est déroulé dans la 47<sup>e</sup> Rue Ouest, là où se trouve le fameux quartier des diamantaires, là où justement il y a peu de temps une équipe, la même pense-t-on, a tenté d’arriver jusqu’au SAFE du 38. Mais cette fois les gangsters ont réussi. Le vol serait considérable. L’agent O’Brien figure bien connue de la 47<sup>e</sup> Rue, est grièvement blessé. L’un des gangsters a trouvé la mort. Aucun indice ne permet de l’identifier pour l’instant. À notre édition de 21 heures nous pensons être en mesure de vous fournir d’autres détails sur cette extraordinaire affaire. »</emphasis>
        </p>
      </cite>
      <p>M’man coupa le contact, se tourna vers la table :</p>
      <p>— Ils n’ont pas perdu de temps.</p>
      <p>Honoré et Steve qui étaient assis autour de la table approuvèrent d’un signe. Tous deux avaient retrouvé leurs habits que M’man avait ramenés de la remise de Brooklyn aussitôt après leur départ pour le vol. Les deux sacs qu’ils avaient apportés étaient calés à leurs pieds. Celui de Steve était énorme, gonflé à craquer.</p>
      <p>M’man puisa dans une boîte de chocolats, soupira :</p>
      <p>— Dommage pour l’Oranais.</p>
      <p>Louis Coppolano qui, assis dans un fauteuil, tête dans ses mains, n’avait encore rien dit, lâcha enfin :</p>
      <p>— C’est de ma faute s’il est mort.</p>
      <p>— Ça, on peut dire qu’il vous a sauvé la mise, constata Sam qui sortait de sa chambre où il venait de se changer. Car sans lui…</p>
      <p>— C’est juste, acquiesça Steve, vers le vieux. Mais pour sa mort, c’est la faute à personne. C’est le destin. Pas vrai M’man ?</p>
      <p>La grosse femme, qui avait la bouche pleine, eut un geste approbateur, puis regarda vers le téléphone qui sonnait. Sam décrocha, écouta, montra l’appareil à sa mère :</p>
      <p>— Ted.</p>
      <p>Elle vint s’emparer de l’engin, et après avoir avalé sa bouchée, s’étonna :</p>
      <p>— Déjà, Ted ? Il n’est pas encore 9 heures !</p>
      <p>Elle prêta l’oreille, fronça les sourcils avant de reprendre :</p>
      <p>— Ah ! Vous venez d’entendre la télé ! Tout le monde dans New York ne parle que de ça ! Vous nous félicitez ?</p>
      <p>M’man eut un mince sourire.</p>
      <p>— Mais vous ignorez si c’est nous qui… et moi aussi j’ignore. Mais passez quand même… disons dans une heure. Ça vous va, Ted ? Alors à tout à l’heure.</p>
      <p>Elle reposa l’écouteur. À cet instant on sonna en bas. Sam alla appuyer sur les boutons, prêta l’oreille dans le parlophone. Peu après Hector entra dans la pièce.</p>
      <p>Pour éviter une irruption trop nombreuse chez elle, M’man avait préféré fractionner les arrivées. Il ne manquait plus qu’Hubert, et tous seraient réunis. Hector était nu-tête, en chandail et en pantalon de flic. De la neige le recouvrait.</p>
      <p>Sam lui désigna sa chambre.</p>
      <p>— Tes fringues, ta montre, ton passeport, ton portefeuille, tout est là.</p>
      <p>Hector remercia de la main, et alla s’enfermer. Il n’était pas ressorti qu’Hubert sonnait à son tour. Ses premiers mots furent pour le vieux.</p>
      <p>— Qu’est-ce qui vous a pris ? J’ai failli me faire poisser à vous attendre !</p>
      <p>Son ton était hargneux, Honoré se tourna vers lui :</p>
      <p>— On t’expliquera plus tard. Leur équipier l’Oranais est mort.</p>
      <p>— Ah ! c’est donc ça tous ces coups de flingue que j’ai entendus en fuyant ! remarqua Hubert qui se débarrassait de sa canadienne.</p>
      <p>Puis soudain inquiet, d’un cri qui venait du cœur :</p>
      <p>— Et Hector ?</p>
      <p>— Là, rassura son frère, indiquant la chambre du petit Sam.</p>
      <p>Le jeune Laventure poussa un long soupir. Allons, son aîné était là, tant mieux. Lui s’en foutait de l’Oranais. C’était pas son ami. Un inconnu sans plus. Et dans la vie, on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs. Le principal était que ce soit pas un Laventure qui serve d’œuf. Le reste…</p>
      <p>Il regarda le petit Sam.</p>
      <p>— Mes fafs ?</p>
      <p>Ce dernier lui désigna la chambre.</p>
      <p>— Avec ceux de ton frère. Ta montre. Tes cigarettes. Tout.</p>
      <p>Après un regard de curiosité sur le père de Mike, Hubert alla rejoindre son aîné. Sur le parquet, ses mi-bottes avaient laissé des traces humides. Le petit Sam hocha une tête chagrine. Lui et M’man aimaient le calme et la propreté.</p>
      <p>— On fera le ménage demain, le tranquillisa sa mère qui ajouta pour les autres : À présent, je crois qu’on peut ouvrir les sacs.</p>
      <p>Honoré et Steve que ça démangeait s’exécutèrent sur-le-champ. Ils se levèrent, renversèrent les sacs sur la table. Aussitôt un tas de billets de banque, de lourds portefeuilles avec leurs chaînettes, des papiers d’affaires, des carnets d’adresses, des sachets de cuir, de toile, de peau etc., s’empilèrent, glissèrent, roulèrent en tous sens.</p>
      <p>— Allez-y mollo, les enfants, avertit M’man, montrant de son gros index des diamants qui, crevant les papiers qui les enveloppaient, cascadaient jusqu’au sol.</p>
      <p>En hâte et adroitement, Sam les récupéra, et Hector qui venait d’apparaître avec son jeune frère, poussa un sifflement admiratif devant l’amoncellement de la table.</p>
      <p>— Oh ! mon hostie<a l:href="#n_27" type="note">[27]</a> ! Quelle fortune !</p>
      <p>— Oh ! mon tabernacle ! s’extasia Hubert, assommé par la vue des rubis et des perles que Steve venait de faire glisser d’un portefeuille usagé. Quand on pense qu’on a dit oui pour un forfait de 500 000 dois, alors que là, y en a peut-être pour…</p>
      <p>Son aîné le ramena à la réalité d’un coup de coude.</p>
      <p>— Ta gueule, tu pleureras demain. Ce qui est convenu est convenu. Et 500 000 thunes c’est du gros pognon. Et remercions M’man de nous avoir mis dans ce coup.</p>
      <p>Cette dernière lui sourit, et lui montra la table.</p>
      <p>— Si vous nous aidiez à ranger et à compter le liquide…</p>
      <p>Tous se mirent au boulot. Sauf le vieux qui les contemplait, comme sans les voir.</p>
      <p>Une fois vidés, les portefeuilles allaient rejoindre dans les sacs de toile les papiers et les carnets inutiles. Et sous la lumière, les diams, les perlouzes, les colliers, les bagouzes de prix, les rubis, les topazes, les diadèmes, les bracelets, tout ce qui se fabrique en orfèvrerie, en joaillerie, en bijouterie, étincelait en milliers et milliers de feux, en milliers et milliers d’éclats fascinants, dans le logis de M’man du Bowery.</p>
      <p>Les yeux des hommes luisaient, leurs gorges étaient sèches, leurs mains tremblaient en maniant les joyaux.</p>
      <p>Steve et Hubert, eux, s’occupaient des billets. Et il y en avait ! Les deux hommes comptaient les dollars, les liaient par paquets de mille et de dix mille, puis les empilaient en bout de table.</p>
      <p>Quand les bijoux furent rangés par catégorie, les billets comptés, M’man alluma un de ses longs cigarillos et jeta :</p>
      <p>— Combien ?</p>
      <p>Steve, releva le nez du carnet où il crayonnait :</p>
      <p>— 792 000.</p>
      <p>M’man fixa l’aîné des Laventure.</p>
      <p>— Avec les 300 000 qu’on nous apporte tout à l’heure, ça fait plus d’un million de dois en liquide. Donc je vais pouvoir vous payer cash toi et tes frères. D’accord Steve ?</p>
      <p>Celui-ci inclina le front. M’man reprit à l’intention des Canadiens :</p>
      <p>— Je suis contente d’avoir fait appel à vous, les gars.</p>
      <p>Hector la remercia d’un sourire.</p>
      <p>— Nous aussi, M’man, on est contents d’avoir turbiné pour vous. Et puisque vous pouvez nous payez cash, tant mieux. Mais s’il l’avait fallu, on aurait patienté. On a confiance en vous, M’man.</p>
      <p>Les deux autres Laventure approuvèrent de la tête.</p>
      <p>M’man, d’un œil expert, soupesa les énormes tas de pierreries, d’or, de platine, et remarqua pour Steve :</p>
      <p>— Y aurait là pour 15 ou 20 millions de dois que ça m’étonnerait pas.</p>
      <p>— Qu’est-ce que ça aurait été si on avait pu ouvrir tous les coffrets, regretta Steve.</p>
      <p>M’man poursuivit, comme si elle n’avait rien entendu :</p>
      <p>— Même avec la perte de 60 % que ça va nous coûter au fourgue, il va bien nous rester dans les 8 millions de thunes. Aussi comme les Canadiens et le vieux sont au forfait, et qu’il n’y a plus que toi, Sam et moi dans le coup, je voudrais vous faire une proposition à tous les deux, et voir si vous êtes d’accord.</p>
      <p>— Faites-la toujours, dit Steve.</p>
      <p>— Avec toi je suis toujours d’accord M’man, déclara le petit Sam qui essayait une bague enrichie d’un diamant à son petit doigt.</p>
      <p>— Eh bien, reprit M’man, j’aimerais qu’on fasse une fleur de 200 000 thunes aux Canadiens. Une sorte de prime, quoi. Et autant au vieux qui s’est mouillé deux fois avec nous.</p>
      <p>Steve fixa les liasses de dollars alignées devant lui, puis contempla Sam.</p>
      <p>— Sam ?</p>
      <p>Le petit tueur cessa de faire miroiter le diamant sous la lumière.</p>
      <p>— Pour moi, M’man a déjà décidé.</p>
      <p>— Alors c’est d’accord aussi, lâcha Steve. Faites comme vous proposez M’man.</p>
      <p>L’aîné des Laventure tapota amicalement l’épaule de la grosse femme.</p>
      <p>— Merci, M’man. Je savais que vous étiez régule, mais là, c’est champion. Merci pour nous tous.</p>
      <p>Les frères donnèrent leur approbation en silence. Louis Coppolano lança à son tour :</p>
      <p>— Merci aussi M’man. Merci beaucoup. Mais… je m’excuse…</p>
      <p>Il toussota, hésita, enchaîna :</p>
      <p>— … pour Jean… pour sa famille… vous me répondrez que ça me regarde pas mais… l’argent qui lui revient…</p>
      <p>La grosse femme leva une main compréhensive.</p>
      <p>— Vous excusez pas. J’y ai pensé aussi. Et je voulais t’en causer, Steve.</p>
      <p>Ce dernier haussa les épaules.</p>
      <p>— Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? On sait même pas s’il en a vraiment une de famille !</p>
      <p>— Mais il m’a souvent assuré que sa mère vivait, remarqua le vieux.</p>
      <p>— À moi, il m’en avait touché un mot aussi, fit Sam.</p>
      <p>La grosse femme contempla Steve.</p>
      <p>— Alors ?</p>
      <p>Steve haussa de nouveau les épaules, se décida à admettre d’un ton maussade :</p>
      <p>— Tout à l’heure avant de la glisser Jean m’a donné le nom de sa mère… et la rue où elle vit à Paris. Mais…</p>
      <p>Il regarda le vieux. Sam, puis M’man, avant de s’emporter avec une violence soudaine :</p>
      <p>— Mais on va tout de même par lui refiler tout ce pognon ? Ça serait un comble !</p>
      <p>Son doigt désignait l’amas étincelant des joyaux. M’man se mordilla les lèvres.</p>
      <p>— T’es contre, alors ?</p>
      <p>— Absolument.</p>
      <p>La réponse de Steve était tombée, brutale. Les Laventure se reculèrent. Ça ne les concernait pas. Le père de Mike, lui, se rapprocha au contraire. Il scruta Steve.</p>
      <p>— Pourquoi ?</p>
      <p>Steve abandonna la table, s’emporta de nouveau :</p>
      <p>— Parce que je ne suis pas un sentimental ! Que l’Oranais soit canné, c’est peut-être moi qui le regrette le plus ici, car je sais pas pourquoi mais ce type me réconciliait avec la vie. Seulement, bon Dieu, j’ai pas l’intention de partager cet argent avec une vieille femme qui saura pas quoi en foutre ! Même si Jean m’avait demandé de le faire, je le ferais pas.</p>
      <p>Puis il se tut brusquement. Sa pensée avait rejoint son équipier quand il lui murmurait, « Rue St Paul… Paris… ma mère… ma part ».</p>
      <p>— Même s’il te l’avait demandé, tu dirais encore non ?</p>
      <p>C’était M’man qui venait de jeter la question. Steve releva le front, la regarda longuement avant de grommeler à contrecœur :</p>
      <p>— Il l’a fait. Il me l’a demandé.</p>
      <p>— Et tu refuses quand même ?</p>
      <p>C’était toujours M’man qui intervenait. Steve hésita avant de répliquer avec hargne :</p>
      <p>— Oui ! Pourquoi allez balancer tout ce pognon à cette vieille ? On s’en servira mieux qu’elle, non ?</p>
      <p>M’man le fixa en silence. Longuement. Puis écrasant son cigarillo dans une soucoupe, elle déclara, d’une voix dure.</p>
      <p>— Écoute. Je suis pas plus sentimentale que toi. Et de la mère de l’Oranais, je m’en fous moi aussi. Mais au moins, si on vaut pas plus cher qu’un vieux crachat séché sur un trottoir du Bowery, je tiens quand même pas à ressembler à tous ces requins de la finance et d’ailleurs, qui mangeraient leur merde pour 10 cents. T’entends, Steve ? Je veux pas me comparer à ces gens-là. À ces gens qui crèvent avec leur sale fric et leur mentalité pourrie. T’entends, Steve ?</p>
      <p>Et, sans le quitter de ses gros yeux globuleux où dansait une lueur sauvage :</p>
      <p>— Sam ?</p>
      <p>— D’accord avec toi, M’man, renvoya son fils qui, à présent, laissait glisser entre ses doigt un collier de perles rares.</p>
      <p>Louis Coppolano sourit à M’man. Et à lui dans ses yeux sombres, c’était une lueur tendre, admirative qui dansait.</p>
      <p>Steve les contempla tous, les uns après les autres, même les Canadiens qui pourtant, par leur attitude, montraient qu’ils étaient neutres.</p>
      <p>Enfin il lâcha dans un long soupir :</p>
      <p>— O.K. vous avez gagné. Eh bien je crois que j’irai en France. Il y a longtemps que ça me démange de voir Paris. J’en connais une qui va être heureuse…</p>
      <p>On sonna en bas. Il acheva pendant que Sam allait appuyer sur les boutons.</p>
      <p>— … c’est ma femme. Depuis le temps que je lui promets tant de choses…</p>
      <p>Et tous regardèrent vers Sam qui se retournait, avertissant sa mère.</p>
      <p>— C’est Ted. Je fais monter ?</p>
      <p>Elle approuva.</p>
      <p>— Oui. Et vous autres allez tous vous planquer dans la chambre de Sam. Ted n’a pas besoin de voir vos frimes. Sam et moi allons le recevoir. Vous partez quand ?</p>
      <p>Elle interrogeait les Canadiens du regard.</p>
      <p>— Tout à l’heure, renseigna l’aîné. Moi je prends un avion. Eux la route. On préfère se séparer.</p>
      <p>— Et votre pognon ?</p>
      <p>M’man montrait les liasses.</p>
      <p>— On le confie à quelqu’un d’ici, rassura Hector. Vous bilez pas, M’man. On est parés.</p>
      <p>La grosse femme leur sourit :</p>
      <p>— J’aime les gens adroits. Et méfiants. Allez, ajouta-t-elle, les poussant vers la porte de la chambre de son fils. Restez pas là, l’autre va monter. Et peut-être qu’il vous connaît de Montréal !</p>
      <p>Tous disparurent, Sam alla ouvrir à Ted qui cognait à la porte d’entrée.</p>
      <p>Le représentant des receleurs avait dans les soixante hivers. Il était enjoué, maigriot, son regard était plein de ruse. Mais M’man savait qu’avec lui on pouvait traiter, sans risque. Aussitôt qu’il aperçut la table où scintillaient les joyaux, il se figea, immobile. On aurait cru un vieux clebs à l’arrêt le matin de l’ouverture de la chasse. Puis il avança lentement vers la table. Il en oubliait de dire bonjour, ne semblait voir personne.</p>
      <p>— Bonté divine ! laissa-t-il tomber au bout d’un long moment, soupesant le tout de ses yeux avides. Bonté divine ! Jamais vu ça.</p>
      <p>Se retournant enfin sur M’man, main tendue :</p>
      <p>— Félicitations, M’man. Du magnifique boulot. Du sensationnel. Mais moi aussi je vais en avoir du boulot à expertiser tout ça. Ça va prendre du temps.</p>
      <p>— Ça fait rien, dit M’man. Sam et moi, on vous tiendra compagnie jusqu’au bout. Et s’il le faut, vous réveillonnerez ici cette nuit.</p>
      <p>Ted désigna l’amas de joyaux, et les liasses de dollars.</p>
      <p>— Voilà le plus beau réveillon de ma vie. Et si vous le permettez je vais ajouter 300 000 dollars à ces liasses pour régler mon addition.</p>
      <p>Les fausses dents de M’man luirent dans sa figure ronde.</p>
      <p>— Vous avez ma permission et ma bénédiction avec.</p>
      <p>Le fourgue exhiba une énorme enveloppe, l’ouvrit, en sortit des billets qu’il se mit à compter.</p>
      <p>— J’ai toujours eu un faible pour la couleur verte de ces billets ! s’exclama M’man, puisant dans sa boîte de chocolats. À croire qu’ils vont bien aux blondes.</p>
      <p>— Qui n’aurait pas un faible pour eux ! répliqua Ted qui comptait avec dextérité. Je crois même qu’ils vont bien aux chauves.</p>
      <p>Quand il eut fini, M’man, aidée de Sam, vérifia à son tour, puis dit :</p>
      <p>— J’ai ici des gens pressés. Si vous voulez accepter d’aller dans ma chambre pendant qu’ils sortent… Inutile qu’ils vous voient.</p>
      <p>— Mais comment donc, s’empressa Ted, qui avait déjà sorti une loupe de son gilet. Tout de suite.</p>
      <p>Sam alla l’enfermer dans la chambre de sa mère et revint ouvrir aux autres.</p>
      <p>— Voilà vos 700 000 dois, dit M’man aux Canadiens, poussant des liasses vers eux. Si vous tenez à vérifier… C’est normal.</p>
      <p>Hector indiqua les liasses à son jeune frère.</p>
      <p>— Emporte. Vous savez à qui le confier.</p>
      <p>Et, vers M’man, en allongeant sa main puissante :</p>
      <p>— Je m’en voudrais de recompter derrière vous, M’man. Au revoir et merci.</p>
      <p>— Si vous avez un autre travail dans le genre la semaine prochaine… blagua Honoré, lui serrant la main à son tour.</p>
      <p>— N’y prenez pas goût, sourit M’man en les raccompagnant. Ça pourrait devenir indigeste. Allez, au revoir les gars. Et bonne route, ajouta-t-elle en leur ouvrant.</p>
      <p>Les trois Canadiens franchirent le seuil, se retournèrent dans un salut amical et disparurent. M’man referma doucement, revint vers la table, l’indiqua.</p>
      <p>— Il reste 392 000 dois de liquide à nous partager. Je propose qu’on en touche 100 000 chacun. Enfin, je veux dire pour vous. Moi, je prendrais les 92 000. Ça vous va ? On réglera tout définitivement quand Ted aura achevé l’expertise et nous aura apporté le fric. D’accord ?</p>
      <p>Elle se tourna vers le vieux. Celui-ci inclina sa tête argentée.</p>
      <p>— Comme vous ferez, ça sera bien, M’man.</p>
      <p>— Alors voilà déjà vos cent mille thunes, reprit-elle, lui allouant des liasses de 1000 et 10 000 dollars. Prenez-les et venez déjeuner demain matin à midi si vous voulez. Peut-être que Ted et son groupe auront réussi à réunir le pognon même un jour de Noël. Ils sont assez puissants pour ça. De toute façon venez, on trinquera à notre réussite.</p>
      <p>— J’aimerais mieux un peu plus tard, fit le vieux. Demain midi, je suis en famille.</p>
      <p>— Moi aussi, déclara Steve, empochant à mesure les liasses que M’man poussait vers lui.</p>
      <p>Ses yeux étincelèrent d’orgueil et de joie quand il ajouta :</p>
      <p>— Margaret va enfin savoir ce que c’est qu’un vrai Noël. Je file la chercher et je l’emmène dévaliser les magasins. Puis après, hop ! à nous la fiesta toute la nuit.</p>
      <p>— Fais pas d’imprudence quand même, conseilla M’man. Inutile d’attirer l’attention sur toi.</p>
      <p>Steve lui sourit.</p>
      <p>— Vous bilez pas, M’man. Je ferai gaffe à pas me faire remarquer. Surtout dans mon quartier. Alors pour demain, voulez-vous vers quatre, cinq heures ?</p>
      <p>M’man consulta le vieux du regard.</p>
      <p>— Cinq heures, ça m’irait si vous êtes d’accord, fit celui-ci en récupérant son feutre sombre.</p>
      <p>— Alors entendu pour 5 heures, accepta M’man en les reconduisant. Mais pas avant. J’ouvrirai à personne de la journée.</p>
      <p>Son pouce se pointa vers la table.</p>
      <p>— C’est plus prudent, si je suis pas encore débarrassée de ça. Donc à 5 heures pile. Et avant de monter, donnez vos noms dans le parlophone, sinon j’ouvrirai pas. Excusez-moi mais je dois être méfiante.</p>
      <p>Les deux hommes acquiescèrent. Elle ajouta :</p>
      <p>— Joyeux Noël à vous et aux autres.</p>
      <p>— Merci, renvoyèrent les deux hommes. Joyeux Noël pour vous et Sam, M’man.</p>
      <p>Le petit tueur, qui se dirigeait vers la chambre pour en libérer Ted, les remercia d’un geste du bras.</p>
      <p>Parvenue à la porte, M’man dit à Steve en tirant le verrou :</p>
      <p>— Je te chasse pas, Steve. Si tu préfères rester pour participer à l’inventaire c’est ton droit. Je me vexerai pas.</p>
      <p>Avant de franchir le seuil, Steve se retourna sur elle :</p>
      <p>— Vous salissez pas, M’man. Bonsoir. Et bon Noël.</p>
      <p>Et il rejoignit le père de Mike qui l’attendait en haut des marches.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>XIX</p>
      </title>
      <p>Louis et Steve s’étaient séparés peu après leur départ de chez M’man. Col du pardessus relevé, feutre sur les yeux, le vieux qui avait décidé d’aller dîner chez César avançait sous la neige qui tombait toujours. Marcher du Bowery à Spring Street lui ferait du bien. Et au moins sa solitude lui permettrait de songer à l’Oranais, et à tout cet argent qu’à présent il possédait. D’ici demain il serait à la tête de 400 000 dois. De quoi rêver. Enfin il allait pouvoir offrir à Mike et à Connie cette fameuse maison de campagne ! Pour justifier tout ce pognon, il trouverait bien. Il raconterait une fantastique histoire de gain aux courses, ou encore aux Nombres. Aux Nombres ? À cette idée, il se rappela Johnny Vaccario et sa dette. Il allait la lui rembourser, oui. Et avant longtemps encore. Il n’attendrait pas le 30. Demain matin au plus tard… Ce fumier de Johnny. Le fumier.</p>
      <p>Apercevant une boutique, il y entra pour acheter des havanes, se cogna dans un couple qui en sortait.</p>
      <p>— C’est pas toi qui serais capable de réussir une affaire pareille ! lançait la femme avec aigreur.</p>
      <p>— Mais je ne suis pas un bandit ! se rebella l’homme. Tu en as de bonnes, toi. Tu me vois attaquer un SAFE arme au poing ?</p>
      <p>Le vieux n’entendit pas ce que répondait la femme car ils s’éloignaient. Il sourit en s’emparant de la boîte de havanes. Mais son sourire s’effaça, lorsqu’il en alluma un, car dans la flamme de l’allumette venait d’apparaître le visage de l’Oranais.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Steve descendit du taxi en bas de chez lui.</p>
      <p>La crasse et la misère de la 112<sup>e</sup> Rue s’étaient comme volatilisées sous le matelas de neige qui recouvrait le tout.</p>
      <p>Ici aussi les Cafards préparaient Noël. Malgré le froid, la rue était animée par un va-et-vient joyeux, et des éclats de rire fusaient, nombreux sous les mauvaises lumières.</p>
      <p>Steve grimpa lentement les marches. Son cœur lui cognait. De joie. Enfin, il la tenait la fortune. C’est lui qui avait eu raison. Et tout ce qu’il avait prédit arriverait : le roman édité, le pardon des collègues journalistes, la gloire, les voyages, le bonheur pour Margaret. Sa Margaret. À présent il allait pouvoir la gâter, se faire tout pardonner. Sa Margaret. Elle ne le traiterait plus de raté maintenant ! Un reflet d’orgueil éclaira ses traits tourmentés quand il glissa la clef dans la serrure. Il entra sans bruit et sourit de voir la pièce dans le noir. Margaret s’était endormie ; il distinguait le lit dans la pénombre et les formes de sa femme sous les draps. Il referma doucement, allongea la main vers le commutateur, puis se retint. Son sourire s’accusa. Il avait une meilleure idée. Tout en se fouillant il avança lentement vers le lit. Parvenu tout près, il sortit les mains de ses poches et commença à laisser choir d’un geste tendre des coupures de 10, 50, 100 et 1000 dollars, sur la forme étendue.</p>
      <p>— Je t’avais promis de te couvrir d’or, ma chérie, murmura-t-il d’une voix sourde. Maintenant tu me croiras.</p>
      <p>Ses mains repartirent vers ses poches et d’autres billets s’éparpillèrent sur le lit.</p>
      <p>Dans un rire muet, Steve poursuivit son cadeau. Ses mains disparaissaient dans le manteau où le bouton manquait et revenaient au-dessus de Margaret, dans un geste d’amour et de générosité. Puis il les laissa se poser doucement sur le corps enfoui, dit tendrement en la secouant un peu :</p>
      <p>— Chérie, réveille-toi. Et regarde. Je t’ai couverte d’or. J’ai tenu mon serment.</p>
      <p>Et tâtonnant vers la vieille lampe de chevet a la soie déchirée, il donna la lumière, cria joyeusement :</p>
      <p>— Chérie ! Joyeux Noël !</p>
      <p>Sur le lit rien ne bougea. Nul souffle, nul geste. Rien. Margaret était étendue sur le dos, ses cheveux blonds épars sur l’oreiller et son bras gauche pendait jusqu’au sol à la carpette usée. Et le mol abandon de ce bras nu bloqua la joie dans la poitrine de Steve. Il essaya de lancer à travers sa gorge obstruée :</p>
      <p>— Margaret !</p>
      <p>Mais sa jeune femme ne pouvait rien lui répondre. Elle ne se plaindrait plus jamais. Elle avait sauté la barrière. Sur la table de nuit était posé un verre contenant encore un peu d’eau. Et sur la carpette, non loin de la main aux longs doigts qui ne remueraient plus, avait roulé un tube de véronal.</p>
      <p>Il était vide.</p>
      <p>— Margaret, supplia encore Steve dans un gémissement.</p>
      <p>Il toucha le bras nu et glacé et à son tour sa chair se glaça. Il gémit plus fort, comme une bête qui se traîne :</p>
      <p>— Pourquoi as-tu fait ça, dis ? Pourquoi ? Dis ? J’avais réussi… Dis ?</p>
      <p>Puis lentement il se recula du lit que recouvraient les billets et il alla s’adosser à la table supportant la machine à écrire dont il n’avait jamais rien pu sortir de bon.</p>
      <p>Il resta ainsi longtemps, l’œil braqué sur celle qu’il avait si mal aimée.</p>
      <p>Enfin il soupira et, lentement, souleva son pied droit. Sous le revers du pantalon ses doigts soudain impatients trouvèrent la cache aux sachets de dop. Il en ramena deux, les prisa, songeant machinalement. « Demain faudra que j’avertisse le Grec qu’il m’en apporte d’autres. »</p>
      <p>Il attendit que la drogue fasse son effet, puis après un long regard sur la forme étendue, ne voyant même pas les billets qui la recouvraient, il éteignit et sortit, ridicule sous son petit feutre tyrolien.</p>
      <p>— Joyeux Noël, monsieur, lui lança le chauffeur de taxi dans lequel il monta.</p>
      <p>— Joyeux Noël, renvoya Steve dont les joues étaient sillonnées de larmes. Au Métropole s’il vous plaît.</p>
      <p>Et il se rencogna dans le fond de la voiture pour ne pas montrer qu’il chialait.</p>
    </section>
    <section>
      <title>
        <p>XX</p>
      </title>
      <p>Le soleil tapait sur les vitres et inondait une partie de la pièce de séjour, là où justement se dressait l’arbre de Noël qui brillait de toutes ses lumières.</p>
      <p>Mike était vautré dans un fauteuil, ses jambes jetées par-dessus l’accoudoir. Il était en blue-jeans, avait les pieds nus, et les manches courtes de son maillot de corps soulignaient les muscles de ses bras. Une pipe trapue était coincée entre ses dents et il la suçotait voluptueusement, l’œil fixé sur la T.V. qui donnait des reportages de Noël.</p>
      <p>Des recoins de l’appartement provenaient des bruits familiers : Connie qui achevait de taper les lits ou Béa, la femme de ménage noire, qui passait l’aspirateur.</p>
      <p>Après son voyage éreintant et le réveillon avec les parents de Connie, Mike aurait bien traîné au plumard jusqu’à des midis. Mais avec Louise et son arbre de Noël… À 9 heures il avait fallu qu’il se sorte des toiles pour partager la joie des siens. Et après les souhaits échangés et les cadeaux découverts, il s’était logé dans un fauteuil et n’en bougeait plus, heureux de sentir vivre autour de lui sa petite famille.</p>
      <p>Il fit semblant d’ignorer sa fille lorsqu’elle s’amena pour la millième fois sur lui, alors qu’en dedans, son cœur gloussait de bonheur. Louise était toujours en pyjama et l’un de ses solides mollets apparaissait sous le bas du pantalon retroussé. Connie avait bien essayé de l’habiller ! Mais autant tenter un autre débarquement à Guadalcanal. Louise était le caïd du jour et le savait. Après tout c’était Noël, la fête des gosses. Elle s’approcha contre l’accoudoir, ordonna :</p>
      <p>— Papa, ouvre.</p>
      <p>Mike fit le sourd. Elle redressa son petit buste, brandit une main autoritaire, éleva le ton :</p>
      <p>— Papa, ouvre.</p>
      <p>Il ne broncha toujours pas. Au contraire il fit mine de s’intéresser encore plus à la T.V. Cela mit la gosse en fureur. Elle tapa de ses deux poings qui tenaient des marrons glacés sur l’accoudoir et cria :</p>
      <p>— Pa-pa. Ou-vre.</p>
      <p>Mike tressaillit, parut revenir de très loin.</p>
      <p>— Oh ! pardon ma chérie ! se désola-t-il, faussement, en ôtant sa pipe. Je t’avais pas entendue.</p>
      <p>Louise, lèvres boudeuses, le sonda d’un œil réfléchi. Enfin convaincue de la bonne foi de son père, elle leva ses bras potelés. Docile, Mike ouvrit la bouche, s’y laissa enfourner un marron glacé, puis un second. Aussitôt Louise se dérida. Elle rit à son père, offrant sa petite bouille barbouillée de chocolat et de traces de sucre.</p>
      <p>— C’est bon, hein, papa ? affirma-t-elle.</p>
      <p>Elle n’attendit pas de réponse. D’ailleurs Mike n’aurait pu lui en donner, avec les marrons glacés qui lui bloquaient le gosier. Le plantant là, elle s’éloigna droite et digne, ses cheveux retombant en arrière dans une queue de cheval que maintenait un ruban du même rose que son pyjama.</p>
      <p>Elle retourna s’asseoir au pied de l’arbre de Noël au milieu d’un tas de jouets et d’une ribambelle de boîtes et de paquets qu’elle ouvrait, éventrait à sa guise.</p>
      <p>Mike allait se replonger dans son programme lorsqu’on sonna en bas. Il consulta sa montre, 11 heures ? Ça ne pouvait être que son père, les parents de Connie qui devaient revenir pour le déjeuner ne devant pas être là avant une heure. Il se tassa un peu plus dans le vaste fauteuil et, dans un soupir d’aise, resuçota sa pipe, content à l’idée de revoir son vieux.</p>
      <p>Des bruits de pas, de portes et de baisers retentirent derrière son dos et une voix lui lança :</p>
      <p>— Hello Mike ! Joyeux Noël !</p>
      <p>Le grand gars se retourna étonné sur Tom O’Bannion qui s’avançait guidé par Connie. Celle-ci avait une gerbe de roses dans les bras et s’exclamait :</p>
      <p>— Regarde ce qu’il m’a apporté, Mike ! Elles sont magnifiques !… Vous avez fait des folies, Tom.</p>
      <p>En guise de salut Mike tendit son pied nu à son équipier.</p>
      <p>— Qu’est-ce que tu fabriques là, vieille branche ? Tu t’invites ?</p>
      <p>Et clignant de l’œil vers Connie :</p>
      <p>— Tous les mêmes ces célibataires. Ils se foutent des jeunes mariés, mais les jours de fête, comme ils s’emmerdent ils viennent les voir.</p>
      <p>Connie sourit à Tom.</p>
      <p>— Ne l’écoutez pas, Tom. Vous êtes le bienvenu, et mes parents seront contents de vous voir.</p>
      <p>Tom écarta les bras dans un geste navré.</p>
      <p>— C’est que je reste pas, Connie. Je viens juste causer à Mike. Et c’est sérieux.</p>
      <p>Il regarda son équipier.</p>
      <p>— Faut que tu te fringues, Mike. On les met. Et en vitesse. C’est le patron qui m’envoie. Il a préféré que je vienne plutôt que de te téléphoner.</p>
      <p>Connie le scruta, vit qu’il ne plaisantait pas, se rebiffa.</p>
      <p>— Oh ! non Tom ! Oh ! non ce n’est pas possible. Pas un jour de Noël !… Mike vient à peine de rentrer de voyage. Oh ! non Tom. Dites-moi que c’est une blague ! Dites-moi que ce n’est pas vrai !</p>
      <p>Tom la regarda d’un air ennuyé.</p>
      <p>— Désolé, Connie. Mais il faut que Mike m’accompagne.</p>
      <p>— Mais lui, pourquoi toujours lui ? s’emporta Connie. Il en fait plus que son compte. On ne peut pas le laisser chez lui un jour de Noël ? Comme tout le monde.</p>
      <p>— Nous n’exerçons pas le métier de tout le monde, Connie, soupira Tom. Et ce métier, c’est nous qui l’avons choisi. Pas vrai Mike ?</p>
      <p>Le grand gars le rassura d’un signe et se levant enlaça sa jeune femme.</p>
      <p>— Laisse-nous, ma douce. Faut que tu comprennes que c’est mon job. Et puis peut-être que ce sera pas long.</p>
      <p>Son regard interrogeait son copain. Mais celui-ci, en cachette de Connie, lui renvoya une grimace sceptique. Mike ajouta :</p>
      <p>— Tu ne vas pas être seule. Tu vas avoir tes parents… mon père… Allons, tu vas tout de même passer un bon déjeuner. Et je te promets de faire très vite.</p>
      <p>Il l’embrassa sur les cheveux. Tendrement. Et reprit, la repoussant doucement :</p>
      <p>— À présent, laisse-nous, que Tom m’explique. Va, ma douce.</p>
      <p>Elle le contempla quelques secondes, puis s’efforçant à lui sourire, elle repartit vers la cuisine.</p>
      <p>— Alors Tom ? jeta Mike aussitôt. Raconte pendant que je me sape.</p>
      <p>Il gagnait sa chambre, suivit de Tom quand ils butèrent dans Louise qui tenait un marron glacé dans chaque main.</p>
      <p>— Tom ! lança-t-elle. Ouvre.</p>
      <p>Le jeune agent du trésor écarquilla les yeux. Mike lui fit signe de se baisser. Tom obéit, s’accroupit devant le petit tyran qui répéta :</p>
      <p>— Ouvre.</p>
      <p>Ahuri, Tom regarda Mike. Dans une mimique expressive ce dernier lui fit comprendre qu’il devait ouvrir la bouche en grand. Tom s’exécuta, écarta un four à y loger un pain de quatre livres. La gamine y jeta deux marrons glacés et dit, autoritaire, affirmative :</p>
      <p>— C’est bon, hein, Tom ?</p>
      <p>Et sans attendre la réponse qu’il ne pouvait lui donner, elle retourna à son arbre de Noël.</p>
      <p>Sans plus attendre, Mike entraîna son copain dans sa chambre.</p>
      <p>— Vas-y, raconte, invita-t-il en commençant à ôter son blue-jeans. D’abord quel temps fait-il ?</p>
      <p>Tom se dépêcha d’avaler ses marrons.</p>
      <p>— Beau et froid.</p>
      <p>Mike enfila un pantalon de velours pendant que Tom expliquait :</p>
      <p>— C’est au sujet du hold-up d’hier soir. Tu sais ce fameux braquage de la 47<sup>e</sup> Rue Ouest ?</p>
      <p>Mike haussa un sourcil.</p>
      <p>— Je ne vois pas le rapport.</p>
      <p>— Pourtant y en a un, poursuivit Tom. Durant ton absence on a tenté d’avoir ce SAFE d’une autre façon.</p>
      <p>Mike boucla sa ceinture après y avoir suspendu l’étui de son 38 à barillet, dit :</p>
      <p>— J’ai lu ça sur les canards en France. Mais je vois toujours pas le rapport.</p>
      <p>— Eh bien, fit Tom, les enquêteurs qui se sont collés sur l’affaire ont trouvé un papier roulé en boule au fond de l’égout. Un minuscule papier gris noirâtre ayant contenu de la dop.</p>
      <p>La face de Mike émergea d’un épais chandail à col roulé. Un éclair jaillit de ses yeux bleus.</p>
      <p>— Un des casseurs se camait alors ?</p>
      <p>Tom, qui se décidait enfin à dénouer la ceinture de son trench-coat, approuva.</p>
      <p>— D’après ce papelard on le suppose. Mais par précaution aucun journaliste n’a été affranchi. Seul le Narcotic-bureau et nous les spécialistes des douanes en ont été avisés avec ordre de rechercher à tout prix quels détaillants employaient ce papier pour fournir leurs clients.</p>
      <p>Tom avisa un paquet de Camel qui traînait sur un meuble, il en prit une, se la logea dans la bouche, continua :</p>
      <p>— Or tu sais comme moi que chaque détaillant emploie le papier qu’il veut. Le principal pour eux n’est pas l’emballage, mais le maximum de paquets qu’ils tirent en mélangeant la dop à du lactose. De l’emballage ils s’en foutent.</p>
      <p>Mike fit signe qu’il savait tout ça. Il jeta un coup d’œil sur les solides brodequins de Tom, fit coulisser la porte à glissière d’une penderie où il se pencha.</p>
      <p>— Et vous avez trouvé une piste ? dit-il, se retournant des mi-bottes de chasse à la main.</p>
      <p>— Oui, opina Tom. Chester qui l’a trouvée. Cette nuit. Et tu sais en cravatant qui ?</p>
      <p>Mike ne dit mot. Il passait de grosses chaussettes tricotées à la maison par sa belle-mère. Tom enchaîna.</p>
      <p>— Tu te souviens du Noir que t’as photographié dans Harlem avec le Grec ? Tu sais, non loin du bar de Sugar Ray ?</p>
      <p>Mike s’immobilisa. Ses yeux de chasseur d’homme étincelaient. Il avait pigé. Il dit :</p>
      <p>— Chester a fait marron ce Noir avec de la chnouf contenue dans le même genre de papier que celui trouvé dans l’égout ? C’est ça que tu veux dire, hein Tom ?</p>
      <p>Ce dernier fit signe que c’était ça avant d’allumer sa Camel.</p>
      <p>— Donc c’est peut-être bien ce Grec qui fournit aussi ce casseur, remarqua pensivement Mike.</p>
      <p>Tom lâcha dans un jet de fumée :</p>
      <p>— Et comment que c’est lui ! Ça fait pas un pli. Le Noir s’est allongé tout à l’heure. Chester l’a pas lâché de la nuit. C’est bien le Grec qui le fournit et personne d’autre. Et c’est bien le Grec qui emploie ce papier. Aussi…</p>
      <p>— Mais alors faut sauter ce Grec, coupa Mike. Et sans paumer de temps encore.</p>
      <p>— C’est bien pour ça que je suis là, sourit Tom. C’est ce que le patron a décidé : emballer le Grec, le faire parler, l’obliger à nous filer l’adresse et les noms de ses clients.</p>
      <p>Mike se redressa, décrocha une canadienne.</p>
      <p>— Ça va prendre du temps, mais ça vaut le coup.</p>
      <p>Tom haussa les épaules.</p>
      <p>— Peut-être que ça sera pas si long que ça. N’oublie pas que le Grec est donné comme un demi-grossiste. Il ne doit détailler que pour quelques clients sûrs.</p>
      <p>— Comment que ça se fait que vous l’avez lâché après mon départ ? s’inquiéta Mike en sortant de la chambre.</p>
      <p>— On le perdait pas de vue, rassura Tom. Mais on avait trop à faire pour bien s’en occuper et essayer de trouver le grossiste qui le fournit. Aujourd’hui c’est pas le cas. On va pouvoir lui dire deux mots et savoir quoi lui dire.</p>
      <p>— Et comment, jubila Mike, en soulevant Louise et l’entraînant jusqu’à la porte. Et comment qu’on va savoir quoi lui dire à cette racaille !</p>
      <p>Sans lâcher sa fille, il décrocha un feutre taupé suspendu dans l’entrée, lança à Connie qui apparaissait :</p>
      <p>— Souhaite-nous bonne chance, ma douce. Je crois qu’on va faire du bon boulot. Embrasse p’pa et tes parents et te frappe pas. Je tâcherai d’être là de bonne heure.</p>
      <p>Connie lui tendit ses lèvres.</p>
      <p>— Essaie de revenir vite, Mike, N’oublie pas que c’est Noël. Et vous non plus, Tom. N’oubliez pas.</p>
      <p>— Vous bilez pas, Connie, tranquillisa Tom. On va foncer et revenir à fond de train. À tout à l’heure.</p>
      <p>Et il sortit.</p>
      <p>Après avoir mordillé le nez de sa fille, Mike la rendit à Connie et rattrapa Tom qui déjà dévalait l’escalier.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>La pendule de la fleuriste indiquait midi. Louis Coppolano le nota, s’inquiéta près de la jeune employée.</p>
      <p>— Vous pourrez livrer avant une heure ? C’est que je déjeune chez ma fille et que j’aimerais que les fleurs arrivent avant moi.</p>
      <p>— Mais oui, monsieur, rassura la jeune vendeuse dont les yeux étaient cernés par la nuit du réveillon. Ce sera fait.</p>
      <p>Il inscrivit l’adresse, tendit la carte où il avait inscrit « À tout à l’heure Connie. Ne laisse pas brûler la dinde. Papa. »</p>
      <p>Il hésita à expédier une seconde corbeille, mais à M’man cette fois. Seulement il ne se souvenait pas bien de son nom à consonance polonaise : Rejeski ou Poreski ? Et il avait également oublié sa rue. Il se rappelait juste que la maison de M’man était au 12 de la première rue à droite après avoir dépassé les Bowery-Follies. Sans plus.</p>
      <p>Il haussa les épaules. Bah ! il lui apporterait des fleurs lorsqu’il viendrait à 5 heures. Et à bien réfléchir, la faire déranger par un livreur n’était peut-être pas indiqué. Surtout qu’elle avait bien précisé qu’elle n’ouvrirait à personne de la journée. Donc…</p>
      <p>Après avoir réglé, il sortit et deux minutes plus tard, il sonnait chez Johnny Vaccario avec qui il avait pris rendez-vous.</p>
      <p>Ce fut Johnny qui, à croire qu’il n’avait pas de bonne, vint encore lui ouvrir.</p>
      <p>Sa face grêlée était rasée de près et ses cheveux humides indiquaient une douche récente. Il avait endossé une veste d’intérieur, de couleur grenat, sur sa chemise de soie blanche. Et un foulard de soie bleu, de même teinte que son pantalon bien coupé, se perdait dans le col de sa chemise. À ses pieds, luisaient des mocassins noirs.</p>
      <p>Il referma, et sans un mot d’accueil, gagna son salon-bar qui plus que jamais empestait le whisky et la fumée refroidie.</p>
      <p>Le père de Mike enregistra le désordre de la pièce luxueuse, aux boiseries chaudes : un smoking était jeté sur un fauteuil à côté d’une robe du soir, un soutien-gorge coiffait une lampe basse, des confettis mouchetaient le parquet. Sur le comptoir et la table basse, des bouteilles de champagne et de whisky vides avaient roulé près de cendriers pleins, de jeux de cartes et de paires de dés.</p>
      <p>Johnny désigna le tout d’un geste ample.</p>
      <p>— Excuse le désordre mais on a fini la nuit ici avec quelques potes. Et comme la bonne vient pas aujourd’hui et que ma femme vient de filer chez sa vieille…</p>
      <p>Il alla s’adosser à son bar, jeta :</p>
      <p>— Alors ?</p>
      <p>Louis dégrafa son manteau, chercha les 7000 thunes préparées. Dans le mouvement il sentit crisser la grosse enveloppe cachetée où il avait enfermée les 90 000 dollars, qu’il comptait déposer à l’abri chez Mike.</p>
      <p>— Voilà, dit-il, avançant vers Johnny. Les 7000 y sont.</p>
      <p>Il présenta une liasse réunie par un caoutchouc. Johnny la prit négligemment, et aussi négligemment il se mit à la compter.</p>
      <p>— Ça va, dit-il peu après, empochant le tout.</p>
      <p>Ses lèvres souriaient, mais son regard d’un marron clair restait froid. Il ajouta :</p>
      <p>— Félicitations. Cette fois t’as fait vinaigre pour rembourser. T’as même pas attendu le 30 !</p>
      <p>Son sourire s’accusa.</p>
      <p>— Bravo !</p>
      <p>Et, contournant son comptoir :</p>
      <p>— Un verre ?</p>
      <p>Louis Coppolano secoua la tête.</p>
      <p>— Merci, mais je me sauve. Je tenais juste à casquer le plus vite possible, et c’est tout. Maintenant que c’est fait, au revoir et mes excuses pour la connerie que j’ai commise.</p>
      <p>Johnny posa une bouteille de scotch sur le comptoir.</p>
      <p>— Accepte un léger verre tout de même ! C’est Noël ! On peut trinquer…</p>
      <p>— Non, refusa Louis d’une voix rude, en se dirigeant vers la porte. Et quand je serai sorti de chez toi, oublie-moi comme je t’aurai oublié.</p>
      <p>Il allait franchir le seuil quand Johnny le rappela.</p>
      <p>— Hé ! Luigi !</p>
      <p>Le père de Mike se retourna sourcils froncés.</p>
      <p>— Pourquoi que tu te mets en boule ? lui lança Johnny en s’avançant. Après tout c’est pas moi qui ai flambé les 7000 thunes, mais toi. Alors ?</p>
      <p>— C’est juste, concéda Louis. Et j’en prends la responsabilité. Mais j’ai pas aimé la façon dont vous m’avez traité. Aussi maintenant pour moi, c’est terminé. Je vous ai remboursé. On est quittes. Tchao.</p>
      <p>Et il se retourna brusquement pour pénétrer dans l’antichambre, mais s’immobilisa sur-le-champ. Devant lui se dressait le jeune type en gris, celui à la gueule de boxeur, celui qui l’avait assaisonné la nuit où l’Oranais était intervenu.</p>
      <p>— Qu’est-ce que ça veut dire, dit-il, se retournant de nouveau sur Johnny.</p>
      <p>Celui-ci sourit du bout des lèvres.</p>
      <p>— Rien. Rien, sinon qu’il m’est venu une idée après ton coup de fil quand tu m’as annoncé que tu voulais m’apporter l’oseille.</p>
      <p>Son sourire se gomma. Une lueur cruelle anima son œil clair.</p>
      <p>— J’en ai parlé à Frankie au téléphone et il va venir. Et voilà ce que j’ai gambergé…</p>
      <p>Son index se pointa sur son ancien copain.</p>
      <p>— … pour moi, toi t’es dans le coup du braquage d’hier soir. Comme t’étais dans le coup du casse l’autre fois. Tout concorde mon pote. L’autre nuit, les poulets t’ont cravaté près du SAFE, et aujourd’hui, tu viens m’aligner 7000 dollars le lendemain du braquage. Tu t’es un peu trop pressé, Luigi. Je prends le pari à mille contre un que t’es dans ce coup-là. Pas vrai ?</p>
      <p>Le sang s’était retiré de la face de Louis Coppolano.</p>
      <p>— Mais t’es cinglé ! Où que t’as péché ça ?</p>
      <p>Johnny se tapota le front de l’index.</p>
      <p>— Là-dedans.</p>
      <p>Et le pointant sur son ancien copain :</p>
      <p>— Et je vais savoir si j’ai raison. Aussi va falloir t’allonger, mon pote. Si tu le fais pas, on va employer les grands moyens. Tu dois voir ce que je veux dire ?</p>
      <p>— Mais t’es cinglé, ne put que répéter Louis. T’es cinglé.</p>
      <p>Sans le quitter du regard, Johnny fit claquer ses doigts. Mis en alerte, Louis voulut réagir, mais déjà deux bras puissants l’enserraient. Il n’eut pas besoin de tourner le cou. Il reconnaissait la force du colosse qui l’avait maintenu pendant que le type en gris le frictionnait, le soir où il avait connu l’Oranais. Et, près du type en gris à gueule de boxeur, venait de surgir le plus jeune, celui à face de cadavre, celui qui drivait la vieille Chrysler noire, cette nuit-là.</p>
      <p>Johnny leur décocha un signe. Aussitôt tous deux se mirent à palper et à fouiller le père de Mike. Quand le boxeur allongea la main dans la poche où était l’enveloppe cachetée, Louis chercha à se débattre. Mais le colosse serra plus fort. Souffle coupé, Louis dut laisser faire. Le jeune truand au nez aplati lança l’enveloppe à Johnny, qui sifflota après l’avoir ouverte.</p>
      <p>— Bravo, bravo. Y a l’air d’avoir le pacson. T’as affuré aux courses peut-être ?</p>
      <p>Il fixait Louis de son œil impitoyable, et un rictus retroussait ses lèvres minces.</p>
      <p>— Qu’est-ce que ça peut te foutre ? s’emporta Louis. Toi t’es payé, non ?</p>
      <p>— Sûr ! ricana Johnny. Mais à présent, ça me suffit pas. Ou plutôt, ça ne nous suffit pas, rectifia-t-il. Car tu dois bien te gourer que c’est pas pour moi que j’opère.</p>
      <p>Il fit signe au colosse.</p>
      <p>— Lâche-le.</p>
      <p>Puis, balançant l’enveloppe au type à gueule de boxeur :</p>
      <p>— Compte ça.</p>
      <p>— Pas la peine qui se fatigue, ragea Louis en se frictionnant les bras. Y a 90 000 thunes.</p>
      <p>— C’est bien ce que je disais, sifflota Johnny, récupérant l’enveloppe. Y a le pacson. Eh bien, va falloir que tu nous dises d’où ça sort, Luigi. Sinon…</p>
      <p>— Sinon ?</p>
      <p>— Sinon, on kidnappe la môme et la gonzesse à ton fils. Et tu sais ce qu’on leur fera, hein ? Devant toi… Jusqu’à ce que tu t’allonges…</p>
      <p>La rage submergea Louis Coppolano. Il amorça un geste de violence, comme pour plonger sur Johnny. Aussitôt la gueule de boxeur le cogna au foie. Un coup brutal et sec que Louis ne vit même pas arriver. Il se plia en deux, se mordant les lèvres pour ne pas crier, tandis que Johnny poursuivait d’un ton neutre, mortel :</p>
      <p>— C’est toi qui décides. Ou tu t’allonges, ou on cueille la môme et sa dabe.</p>
      <p>Louis se redressa péniblement.</p>
      <p>— Vous oubliez le métier de mon fils ! Si vous kidnappez les siens, vous allez avoir tout le F.B.I. et tous les flics de ce pays au cul. Ils vous trouveront. Ils y mettront peut-être le temps mais ils vous trouveront.</p>
      <p>— Pas officiel, fit Johnny. On s’arrangera pour qu’il ne reste pas un témoin de vivant.</p>
      <p>Son œil inhumain qui ne cillait jamais restait vrillé dans celui de son ancien copain des rues.</p>
      <p>— Et même si je te disais d’où vient ce pognon, en quoi ça t’avancerait ? remarqua Louis qui se massait le foie dans une grimace douloureuse.</p>
      <p>Un ricanement monta à l’assaut du plafond où demeuraient les fumées de la nuit.</p>
      <p>— C’est que maintenant, je tiens pas seulement à savoir d’où vient ce pognon, précisa Johnny. Mais je veux aussi savoir où se trouve le reste… les diams… le jonc… les perles… enfin tous ces vingt millions que la télé annonce comme ayant été engourdis pendant le braquage. Et c’est un chiffre approximatif d’après ce qu’ils racontent, car beaucoup de gniards sont pas encore venus déposer avec les fêtes.</p>
      <p>Une sonnerie l’interrompit. Il devait l’attendre, car du geste il ordonna au chauffeur à face de cadavre d’aller ouvrir. Ce dernier obéit.</p>
      <p>Peu après, Georgie, l’un des porte-flingues de M.F. s’encadra dans l’entrée du salon-bar. Il souriait, mais, sous le Borsalino clair, les yeux restaient en alerte. Ses mains étaient glissées dans les poches d’un pardessus gris, luxueusement coupé. Après avoir balayé la pièce du regard, il s’effaça devant son patron.</p>
      <p>— Salut Luigi ! jeta Frank Reggenti, pénétrant dans le salon, suivi de ses trois autres Siciliens, tout aussi élégamment fringués que Georgie, et non moins vigilants.</p>
      <p>Lui était, comme toujours, sobrement vêtu. Et ses habits ternes, son air débonnaire, sa taille rondouillarde, lui donnaient plus que jamais l’allure d’un citoyen sans histoire. Il se tourna vers Johnny, le questionna d’un hochement de tête.</p>
      <p>— Je suis de plus en plus sûr d’avoir raison, déclara ce dernier, brandissant la grosse enveloppe. Y a là 90 000 thunes. Sans compter les 7000 qu’il m’a rendues en arrivant.</p>
      <p>M.F. reporta son attention sur son vieux copain de Brownsville. Sous les lunettes aux verres fumés qu’il ne quittait jamais, ses yeux pétillaient.</p>
      <p>— Félicitations, Luigi, dit-il. Jamais je t’aurais cru capable de faire remonter dix cents. Bravo. Tu peux te vanter de m’en boucher un coin.</p>
      <p>Il esquissa un sourire.</p>
      <p>— Ainsi c’est donc vrai ? T’étais vraiment dans ce coup ? Eh bien, je vois que Johnny a eu le nez creux. Moi j’avoue que quand il m’a touché un mot de ça au téléphone, que j’y croyais pas. Tu comprends je te connais trop, Luigi. Oui je croyais trop te connaître. Mais je crois que je me suis gouré sur ton compte.</p>
      <p>Il se tut, scruta longuement son vieux copain, demanda soudain :</p>
      <p>— Où sont les vingt briques, Luigi ?</p>
      <p>Il venait de parler en Sicilien. Et sans élever le ton. À vrai dire M. F. n’élevait jamais le ton. Même quand ils étaient gosses, même aux pires moments, Louis ne se rappelait pas avoir vu Frankie s’énerver. Il lui répliqua par un haussement d’épaules :</p>
      <p>— Comment veux-tu que je le sache ? Je t’assure que vous vous foutez dedans. Je suis pas au courant de ce que vous racontez.</p>
      <p>M.F. chercha les yeux de Johnny.</p>
      <p>— T’as pas un coin de libre par-là ?</p>
      <p>Johnny inclina le front, indiqua une porte qui se découpait dans la boiserie du fond.</p>
      <p>— Si là-bas. Le boudoir de ma femme. Ou alors de l’autre côté…</p>
      <p>M.F. n’écoutait plus. Il se tournait vers Georgie.</p>
      <p>— Emmène tout le monde dans ce boudoir. Je vous rappellerai.</p>
      <p>Il attendit que Georgie eût refermé sur ses hommes de barre et sur les gorilles à Johnny, pour revenir à Louis.</p>
      <p>— Écoute, Luigi, dit-il. Perdons plus de temps. Indique à Johnny où il peut retrouver ce pognon, et ces diams, et fais vite.</p>
      <p>— Mais je t’assure… tenta encore le père de Mike.</p>
      <p>— Tstt, tstt, s’impatienta doucement son vieux copain. À quoi bon t’entêter, puisque tôt ou tard faudra que tu cèdes.</p>
      <p>— À moins qu’il s’en foute de sa famille, glissa Johnny qui attrapait un verre d’eau.</p>
      <p>Louis serra les poings.</p>
      <p>— Vous bluffez. Je suis certain que vous n’oserez jamais faire ça. Vous auriez trop peur d’avoir tous les flics sur le poil. Et c’est ce qui vous arriverait si vous touchiez à la famille de mon gars.</p>
      <p>Frankie s’approcha de son vieux copain.</p>
      <p>— Si, Luigi, on osera. Et tu le sais. Alors si tu veux éviter un tas d’emmerdements à tout le monde, mets-toi à table, autrement…</p>
      <p>— Mais pourquoi que tu veux mettre la main sur ce pognon ? ragea Louis. T’en as donc pas assez ?</p>
      <p>Frankie repéra quelques havanes qui dépassaient de la poche du manteau de son copain. Il allongea son bras court, en prit un.</p>
      <p>— Tu permets ?</p>
      <p>Et aussitôt :</p>
      <p>— Nous écartons pas. Qui te dit que je veux cette oseille pour moi ? Faisons une supposition. Admettons que des gens, puisque l’occasion s’en présente, s’intéressent à ce que ces diams soient rendus à leurs propriétaires.</p>
      <p>Louis sursauta.</p>
      <p>— Tu veux pas dire…</p>
      <p>Frankie haussa les épaules.</p>
      <p>— Qu’est-ce que tu crois que les gens dont je parle ont à foutre de 20 ou 30 millions de dois ? hein ? Suppose qu’ils en remuent autant tous les jours ou presque. Et ça à longueur d’année. Alors ?</p>
      <p>— C’est pourtant une somme énorme, laissa tomber Louis, prenant machinalement, lui aussi, un cigare dans sa poche.</p>
      <p>Frank Reggenti contempla le sien avant de reprendre :</p>
      <p>— Pour toi, oui. Pour Johnny, oui. Pour moi, oui. Mais pas pour les gens dont on suppose l’existence.</p>
      <p>Louis Coppolano avait envie de lui crier : « Tu fais partie de ces gens ! » Mais il s’abstint. À quoi bon… Il n’était pas de taille. M.F. avait noté son mouvement de révolte, car un mince sourire erra sur ses lèvres lorsqu’il reprit :</p>
      <p>— Donc, pas la peine de t’entêter, Luigi. Il faut cette camelote… Et vite. Pour qu’elle puisse être rendue. Car je vais te dire… les gens dont je parle ont besoin d’avoir la paix pour leurs affaires. Or, avec cette histoire, les flics vont bouger. Et pas qu’un peu. Ils vont fourrer leur grand nez partout, emmerder tout le monde, coller la panique dans tous les bars, les boîtes. Partout. Ils vont tout foutre en l’air, car ils doivent l’avoir mauvaise d’avoir encaissé le plus grand braquage des États-Unis.</p>
      <p>— Sans compter qu’un des leurs est mort ce matin à l’hosto, par suite de ses blessures, ajouta Johnny, en reposant son verre vide.</p>
      <p>— Et que, s’ils se mettent à fouiner dans tous les coins, ça va coûter bien plus cher aux gens dont je parle, que ces millions de dois, enchaîna M.F.</p>
      <p>— Et si vous vous étiez gourés et que je sache pas où est cette camelote ! coupa Louis.</p>
      <p>— Alors tant pis pour toi, renvoya son vieux copain, faisant craquer le havane près de son oreille.</p>
      <p>— Et tant pis pour les tiens, renchérit Johnny d’une voix brutale.</p>
      <p>Louis les fixa alternativement. Dire que jadis… tous les trois… dans les rues froides et pouilleuses… Il eut vers eux un geste comme pour supplier. Mais Frankie n’était qu’indifférence, Johnny cruauté impitoyable. La règle de toute leur vie était inscrite sur leurs faces qui en avaient vu de rudes : la fin justifie les moyens. Dans un soupir, Louis ramena sa main droite qui allait s’abaisser à implorer, et chercha le regard de Frankie.</p>
      <p>— Et les gars qui sont dans cette affaire, qu’est-ce qu’ils vont devenir ? Vous n’allez tout de même pas les faire emballer ? s’inquiéta-t-il, livrant ainsi la vérité.</p>
      <p>M. F., qui flambait une allumette, éluda la question.</p>
      <p>— Combien que tu devais toucher ?</p>
      <p>— 400 000 dols.</p>
      <p>M.F. se tourna vers Johnny.</p>
      <p>— Tu les lui fileras.</p>
      <p>Puis, dans un jet de fumée qui frappa Louis à la figure :</p>
      <p>— T’es trop sentimental, Luigi. Tu l’as toujours été. C’est ce qui t’a perdu.</p>
      <p>Le père de Mike s’étreignit les mains.</p>
      <p>— Mais ces types-là ont été bien pour moi ! J’ai pas le droit de les trahir !</p>
      <p>M.F. tira une autre bouffée de son havane, l’ôta de sa bouche, dit, de sa voix posée :</p>
      <p>— Ça c’est toi que ça regarde. Mais maintenant t’as pu le choix. Ou eux, ou ta famille.</p>
      <p>Il chassa d’un geste calme la fumée qui l’enveloppait, ajouta :</p>
      <p>— Moi, je m’en vais. Je te laisse à Johnny. À présent c’est lui que ça regarde.</p>
      <p>En attirant ce dernier à l’écart :</p>
      <p>— Prends tout en mains, et réussis. À n’importe quel prix.</p>
      <p>— Et s’il veut pas s’allonger ?</p>
      <p>— Je t’ai dit, à n’importe quel prix. Maintenant, appelle mes gars.</p>
      <p>Johnny allait s’éloigner. Frankie le retint par la manche de sa veste d’intérieur.</p>
      <p>— Le bouscule pas trop tout de même. Je préférerais qu’il parle sous la menace plutôt que sous les coups.</p>
      <p>L’œil froid de Johnny croisa celui du grand caïd.</p>
      <p>— Le principal est que je réussisse, pas vrai ?</p>
      <p>Et dégageant sa manche, il se dirigea vers le fond. Alors Frankie se retourna pour jeter un dernier regard sur son vieux copain des rues de Brownsville. Il le fixa en silence. Longuement. Avant de laisser choir de sa voix douce :</p>
      <p>— Bien trop sentimental, Luigi. Bien trop.</p>
      <p>Puis, cigare aux lèvres, il gagna la porte donnant sur l’antichambre. Comme il allait la franchir derrière Georgie qui l’avait rejoint, la voix de Louis le rattrapa :</p>
      <p>— Frankie ? Est-ce que je peux savoir pourquoi ton tuyau a crevé l’autre fois aux courses ? Tu sais, <emphasis>The Day</emphasis> dans la 8<sup>e</sup> ?</p>
      <p>M.F. se retourna, mâchonna son cigare, répliqua :</p>
      <p>— Un incident comme on en voit jamais. Son jockey a doublé des gens que je connaissais.</p>
      <p>— Ah ! celui qu’on a retrouvé quelque temps après, criblé de balles dans sa voiture ?</p>
      <p>M.F. cracha un brin de tabac.</p>
      <p>— Je voix que tu lis les journaux.</p>
      <p>Et il disparut, encadré de ses gardes du corps.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Tom avait dit vrai. Il faisait beau dehors. Beau et froid. Et sous les rayons l’épaisse neige qui recouvrait les toits, les autos en stationnement, les arbres et certains trottoirs non souillés par les pas, étincelait dans une blancheur de rêve.</p>
      <p>Pour un temps New York la puissante, New York l’extraordinaire, vivait au ralenti dans la joie de Noël. Pour quelques heures, ses rudes habitants oubliaient leur course aux dollars. C’était Noël.</p>
      <p>Mais pas au 201 Varick Street. Là c’étaient les larmes, l’angoisse, la peur.</p>
      <p>Douze personnes attendaient assises sur des bancs dans le long couloir du 4<sup>e</sup> étage. Deux flics en tenue les surveillaient. Il y avait de tout parmi ces douze personnes : une lycéenne de 17 printemps qui se camait et en revendait ; un ancien héros de Birmanie ; deux Noirs de Harlem, dont celui photographié par Mike avant son départ pour l’Europe ; une starlette et son papa gâteau, un vieux bourré de fric mais sans scrupules ; une goualeuse de Broadway ; un acteur sans rôle et complètement cuit ; plus une dame à face-à-main, et trois mirontons démolis par la dop.</p>
      <p>Au bout du couloir, les pas du grand patron des douanes retentirent dans l’immense building vide. Lui aussi avait laissé sa famille et sa journée de fête. Le boulot d’abord. Il passa devant les bancs, soupesa les drogués d’un œil exercé, avant de pousser la porte du bureau de ses spécialistes en stups.</p>
      <p>Ceux-ci étaient quatre dans la pièce.</p>
      <p>Mike et Tom, bien sûr, plus Chester un agent noir, celui qui avait emballé le nègre à la photo, et son équipier George, un Blanc qui débutait. Tous quatre entouraient un type petit assis sur une chaise. Il avait peu de cheveux, le nez busqué, du sombre l’habillait. Son regard était mobile, apeuré, comme celui d’un lapin.</p>
      <p>— Toujours rien de neuf ? lança le grand patron, s’adossant à la porte refermée.</p>
      <p>Mike se retourna.</p>
      <p>— Non. Il dit qu’il n’a jamais livré à personne d’autre qu’à ceux que nous avons cravatés sur ses indications.</p>
      <p>Chester découvrit ses belles dents blanches dans un sourire.</p>
      <p>— Il tient à sa situation de demi-grossiste. Il affirme qu’il est rare qu’il se mouille dans le détail.</p>
      <p>Tom, qui puisait dans le paquet de Camel de Mike, renchérit.</p>
      <p>— Il jure qu’il dit la vérité, qu’il ne cherche à planquer personne. Tous ceux à qui il a fourgué de la dop enveloppée dans le papier en question sont à côté. Tout au moins, c’est ce qu’il dit.</p>
      <p>Le Grec écarta les bras.</p>
      <p>— Puisque je vous le jure…</p>
      <p>Mike lui décocha un sale regard.</p>
      <p>— Si tu fouilles pas un peu mieux dans ton foutu crâne de crapule, je te jure une chose, moi : c’est de te faire attraper le maximum.</p>
      <p>— Au moins vingt piges, laissa choir Chester d’un ton détaché.</p>
      <p>— Sinon trente, remarqua Tom du même ton.</p>
      <p>Un peu de sueur perla au front du trafiquant.</p>
      <p>— Mais puisque je vous jure que je dis vrai ! Après tout, c’est peut-être un de mes revendeurs qui a fourni le gars que vous recherchez !</p>
      <p>Le grand patron soupira.</p>
      <p>— Il a peut-être raison, car aucun d’à côté ne répond au signalement des braqueurs de la 47<sup>e</sup> Rue.</p>
      <p>Le Grec sauta sur l’occasion.</p>
      <p>— Bien sûr voyons ! Ça peut être que ça !</p>
      <p>Son index désignait le mur derrière lequel se trouvaient le couloir et les bancs.</p>
      <p>— C’est sûrement l’un d’eux qu’a revendu la came à votre gars… Faut les faire parler ! Ah ! si je pouvais vous aider !</p>
      <p>Mike qui épluchait un carnet trouvé en sa possession lui jeta :</p>
      <p>— Ta gueule.</p>
      <p>Et vers son patron :</p>
      <p>— Si c’est ça, on n’est pas à la veille d’être quittes. Car avant de savoir la vérité avec ces cinglés de chnoufés ça va nous prendre du temps.</p>
      <p>— On a le temps pour nous, Mike, renvoya le patron en se détachant de la porte.</p>
      <p>Mike acquiesça sans lever le nez du carnet.</p>
      <p>— Bien sûr, patron. Mais peut-être pas pour cette affaire. Car faut agir vite. Les diams peuvent être lessivés ou franchir la frontière dans les jours qui viennent. Et après, pour les récupérer…</p>
      <p>Puis brusquement, et d’un ton hargneux, vers le Grec en désignant une page du carnet :</p>
      <p>— Qu’est ce que c’est que ce Steve ? 4 h 30 aujourd’hui dans le téléphone face à l’hôtel Victoria ? Au coin de la 51<sup>e</sup> Rue Ouest et de la 7<sup>e</sup> Avenue ? Hein, qu’est-ce que c’est ? Tu vas répondre ? Qui c’est ce type ?</p>
      <p>Tom, sans bien savoir ce que venait de lire Mike, vint à la rescousse. Il se pencha sur le Grec, gronda :</p>
      <p>— Oui, qu’est-ce que c’est ? Qui est ce mec ?</p>
      <p>— Allons, réponds ! jeta Chester.</p>
      <p>— Fais vinaigre, menaça George.</p>
      <p>— Qu’est-ce que tu attends pour le dire ? hurla Mike, empoignant le Grec d’une main rude.</p>
      <p>Le Grec lança autour de lui des yeux de bête traquée.</p>
      <p>— Alors, t’accouches ? cria Tom, avançant une gueule menaçante sur le Grec qui s’affolait de plus en plus.</p>
      <p>Ce dernier se recula un peu, déroba son regard apeuré, parvint à bafouiller.</p>
      <p>— … Mais… mais… c’est pas grave. C’est… c’est un… client que je dois livrer à cette heure-là, et… et… que j’ai oublié de vous signaler.</p>
      <p>Mike leva les bras. La gifle résonna comme une lanière de fouet fauchant un mur de pierre.</p>
      <p>— Voyons Mike, reprocha le grand patron.</p>
      <p>Mais Mike n’écoutait pas. Il poursuivait, fouillant le Grec de son regard aux reflets d’acier.</p>
      <p>— Je t’ai prévenu qu’il fallait pas mentir. Où habite ce type ? Pourquoi que tu le livres pas chez lui ?</p>
      <p>— Oui, pourquoi dans ce téléphone ? enchaîna Tom.</p>
      <p>— Oui, pourquoi ? jeta Chester.</p>
      <p>— Allons, réponds, bougre de salaud ! se fâcha George qui en voulait lui aussi.</p>
      <p>Le trafiquant porta la main à sa joue qui virait au rouge, et ses prunelles de lapin allèrent de l’un à l’autre.</p>
      <p>— C’est parce que je connais pas son adresse. Quand il a besoin de came, c’est lui qui me téléphone et me dit où livrer. Parfois c’est au Métropole, parfois ailleurs.</p>
      <p>Le directeur s’avança d’un pas.</p>
      <p>— Quand vous a-t-il téléphoné pour vous fixer ce rendez-vous ?</p>
      <p>— Ce matin. Il voulait que je vienne à midi, mais…</p>
      <p>Il tenta un sourire, vite effacé devant la face dure et impitoyable de Mike.</p>
      <p>— … vous savez ce que c’est. J’ai réveillonné et…</p>
      <p>— Son signalement ? le stoppa Mike.</p>
      <p>Le Grec fit la moue, parut chercher en lui, avant de répondre.</p>
      <p>— Plutôt petit… maigre… le front dégagé comme moi… avec plus de cheveux tout de même… les yeux ? Bleus… Non, non, plutôt verdâtres… très souvent un chapeau tyrolien, et…</p>
      <p>Mike leva la main pour le faire taire, et fit signe à Tom de se pencher sur la feuille où s’étalait le signalement des braqueurs décrits par les témoins du hold-up.</p>
      <p>Après l’avoir épluché sérieusement, Tom la passa au directeur, pendant que Mike qui la connaissait par cœur, murmurait rêveusement :</p>
      <p>— Ça peut-être ça… Comme ça peut être autre chose… Qu’en pensez-vous, patron ?</p>
      <p>Celui-ci haussa les épaules.</p>
      <p>— On ne sait jamais. En tout cas ce signalement colle par la taille et la description avec l’un de ceux-ci.</p>
      <p>Son doigt pianotait la feuille.</p>
      <p>— De toute façon, faut bien emballer ce camé, remarqua Chester. Alors…</p>
      <p>— C’est ce que vous allez faire, décréta le grand patron. Mais vous avez intérêt à y aller mollo, et essayer d’abord de situer où il habite. Même s’il n’est pas dans le coup du hold-up ça servira toujours. Et s’il l’est, probable qu’il va vous conduire tôt ou tard à ses complices. Alors, opérez en douceur, garçons. Compris ?</p>
      <p>Tous eurent un geste approbateur. Puis Mike consulta sa montre, posa machinalement le regard sur la photo des siens qui ornait son bureau, soupira.</p>
      <p>— Il est 3 heures. On a plus d’une heure devant nous. Je propose qu’on prépare ça soigneusement.</p>
      <p>Ses sourcils se froncèrent lorsqu’il revint au Grec.</p>
      <p>— Tu vas livrer comme si de rien n’était. Et pour que tu puisses le faire, on va te rendre quelques paquets de dop. Quand tu remonteras la 51<sup>e</sup> Rue, l’agent que voilà te suivra. Et c’est aussi lui qui te récupérera.</p>
      <p>Son menton indiquait le jeune George, et il poursuivit :</p>
      <p>— Et n’essaie pas de te défiler. George est champion de tir et serait trop content d’essayer son 38 tout neuf.</p>
      <p>Le Grec le rassura de ses deux mains hâtivement brandies.</p>
      <p>— Vous inquiétez pas. J’ai pas envie de lui faire brûler ses cartouches.</p>
      <p>Et retournant ses mains pour présenter les paumes, il implora :</p>
      <p>— Si ce Steve est bien le gars que vous cherchez, vous me ferez une fleur, hein ? Car c’est une fameuse affaire ce braquage ! Si je vous aide à la réussir, vous m’assaisonnerez pas trop dans votre rapport, hein, monsieur le détective ?</p>
      <p>Mike se tourna vers ses compagnons dans une grimace écœurée.</p>
      <p>— Vous l’entendez comme il dit ça ? Monsieur le détective !</p>
      <p>Revenant au Grec.</p>
      <p>— Je t’en foutrai moi, des monsieur le détective, espèce de saligaud.</p>
      <p>Tom, qui ne voulait pas que le Grec se bute car ils avaient besoin de lui, s’interposa et conseilla au trafiquant :</p>
      <p>— Fais ce qu’on te demande et on verra après. Mais pour l’instant boucle-la.</p>
      <p>Mike, qui lorgnait de nouveau la photo des siens, soupira à l’intention de Tom :</p>
      <p>— Quand je pense que Connie doit encore avoir remis notre morceau de dinde au four et que…</p>
      <p>Tom lui montra le téléphone.</p>
      <p>— Appelle-la et dis lui qu’on viendra plus. Inutile de la faire poireauter. En même temps, elle te dira si ton père est enfin arrivé. Elle semblait drôlement inquiète tout à l’heure lorsqu’elle t’a téléphoné !</p>
      <p>Le grand gars haussa les épaules.</p>
      <p>— Pourquoi l’appeler ? Pour lui coller le cafard ? Elle l’a bien assez comme ça. Quant à mon vieux, il a dû rester coucher chez un de ses copains.</p>
      <p>Le grand patron sourit.</p>
      <p>— Cette histoire de dinde me fait songer que je vous ai commandé quelques sandwiches. Je vais pousser jusqu’à mon bureau et je reviendrai les dévorer avec vous.</p>
      <p>Il sortit. Chester proposa :</p>
      <p>— Si on commençait à s’occuper des dopés qui attendent dans le couloir ?</p>
      <p>— Ça déblaiera toujours, approuva Mike, qui ajouta vers Tom :</p>
      <p>— Tu devrais emmener le Grec à côté et préparer l’opération de tout à l’heure.</p>
      <p>— D’accord, fit Tom, faisant signe au Grec de le suivre.</p>
      <p>— Si on a besoin de lui pour une confrontation, on le rappellera, déclara Mike.</p>
      <p>Une fois Tom et le Grec disparus dans le bureau voisin, Mike se tourna vers George.</p>
      <p>— Fais donc entrer la starlette et le vieux vicelard que t’as cueillis ce matin chez eux. On va leur souhaiter un bon Noël.</p>
      <p>Peu après le couple pénétrait dans le bureau. Lui pas mal voûté, elle encore belle, mais déjà marquée par le vice de la drogue. Chester leur désigna des sièges. En s’asseyant, le regard du vieux accrocha la photo sur le bureau de Mike, et s’y maintint avec curiosité. Le grand gars s’en aperçut. Il tonna :</p>
      <p>— Vous pouvez pas lorgner ailleurs, non ?</p>
      <p>Allant à la photo, il en tourna le cadre, présentant ainsi Connie et la gosse au soleil qui traversait les vitres, et les dissimula aux yeux du vieux.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Au-dessus du bar, une pendulette indiquait 4 h 30. Johnny Vaccario ouvrit un tiroir de son comptoir et en ramena un lourd 45. Il logea une balle dans le canon, glissa l’arme dans la poche de son pardessus bleu croisé. Costume, pardessus, chapeau et jusqu’aux gants de peau souple, il était tout en bleu, et possédait l’élégance des Italo-Américains.</p>
      <p>Contournant le comptoir, il vint jeter un coup d’œil sur Louis Coppolano. Son ancien copain était lié sur une chaise, et n’avait plus sur lui que son pantalon et sa chemise. L’un de ses pieds était déchaussé et la jambe de pantalon du côté de ce pied était retroussée jusqu’au mollet. Sa tête argentée pendait sur sa poitrine, dont l’échancrure de la chemise laissait voir des poils sombres. Du sang lui souillait le menton. Il était évanoui.</p>
      <p>Non loin du père de Mike, le colosse occupait un canapé de cuir. La face à demi dissimulée par une revue, il était plongé dans un problème de mots croisés. Mais à voir son front dont les cheveux plantés bas rejoignaient presque les sourcils, les gens iraient twister dans la lune qu’il n’aurait pas encore résolu son problème, sûr ! Ses genoux touchaient la table basse sur laquelle voisinaient des verres, une bouteille de scotch, un nerf de bœuf, et un fer à repasser dont le fil traînait à terre.</p>
      <p>Après avoir inspecté le tout de son œil froid, Johnny prit des lunettes dans la poche supérieure de son pardessus et les chaussa. Puis, d’un pas décidé, il gagna l’antichambre où l’attendaient le jeune chauffeur à tête de mort, et le type en gris à gueule de boxeur.</p>
      <p>Tous trois sortirent.</p>
      <p>La porte claqua doucement sur eux. Sur son canapé, le colosse poussa un soupir d’aise et suçota son crayon d’un air inspiré.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Le téléphone public se dressait solitaire, bien en vue, au coin de la 51<sup>e</sup> Rue Ouest et de la 7<sup>e</sup> Avenue. Il était situé juste à l’angle d’une place, dont le large terrain découvert laissait voir au loin. Tôlée à partir du sol, la cabine qui le composait se terminait par du verre ce qui permettait de voir le buste des gens qui en usaient. En réalité il y avait deux cabines se faisant face, séparées par une cloison de verre, possédant chacune son téléphone et sa porte indépendante.</p>
      <p>À 4 h 30 pile, le Grec pénétra dans l’une d’elles. À quelques pas, George le surveillait. Mais hypocritement. Il enlaçait comme un amoureux la secrétaire personnelle du grand patron, que celui-ci avait prêtée après l’avoir arrachée aux joies familiales de Noël. La fille était jolie. Mais le jeune agent du trésor ne se laissait pas troubler. Par-dessus l'épaule parfumée, il guettait son gibier.</p>
      <p>De l’autre côté de la rue qui commençait à s’allumer car d’ici peu le jour allait tomber, Chester se tenait au volant de la camionnette Volkswagen bleue. Il avait passé une blouse, coiffé une casquette plate de livreur de grande maison. Dans son dos, Tom et Mike épiaient les passants qui ne pouvaient les voir derrière leurs glaces spéciales.</p>
      <p>Soudain, Tom cogna les flancs de son copain.</p>
      <p>— Je crois que c’est ça.</p>
      <p>Tous deux fixèrent leur attention. Au-delà de la rue un type venait de pénétrer dans la cabine faisant face à celle du Grec.</p>
      <p>C’était bien Steve Ryan. Il était pâle, pas rasé, les yeux injectés de rouge. Il avait passé la nuit à boire et à se droguer de came et de jazz. Son petit chapeau tyrolien, rejeté en arrière, découvrait son front intelligent. Son manteau où manquait le bouton flottait plus que jamais autour de son corps mince.</p>
      <p>Ignorant le Grec qui à quelques centimètres de lui faisait semblant de téléphoner, il logea des pièces dans la fente, décrocha son appareil. Puis il abaissa les yeux sur le petit accoudoir qui se poursuivait comme un jumeau, dans l’autre cabine. Sous l’interstice laissé par le verre et le bois qui se rejoignaient mal, une enveloppe de carte de visite glissa doucement. Un coup d’œil au dehors : nul ne s’occupait d’eux. La main avide et tremblante de Steve retomba sur la légère enveloppe, l’escamota. Une seconde après, il fourrait à la place six billets de 100 dollars. Et ignorant toujours son vis-à-vis, il raccrocha en hâte et sortit de la cabine. Tout son corps frémissait d’impatience. Dans son poing droit il étreignait la dop, celle qui allait le sauver, lui faire oublier un peu sa Margaret, qu’il n’avait pas osé aller revoir sur son lit, là-bas dans la chambre minable.</p>
      <p>Le Grec sortit à son tour, remonta la 51<sup>e</sup> Rue ainsi qu’on le lui avait ordonné. Sans lâcher le bras de sa « fiancée », aussitôt George lui emboîta le pas. Dans sa poche droite, son index ne quittait pas la détente du 38 spécial police tout neuf.</p>
      <p>Steve, lui, descendait la 7<sup>e</sup> Avenue à la recherche d’un bar. Lorsqu’il en aperçut un, il s’y précipita. Dans leur camionnette qui le suivait, les spécialistes en stups n’avaient pas besoin de dessin. Ils savaient. Ils savaient que l’homme devait courir s’enfermer dans les lavabos pour prendre sa ration de drogue. Comme ils savaient à présent qu’ils le tenaient, et qu’il parlerait s’il faisait vraiment partie de la bande ayant dévalisé le SAFE. Pour ça ils n’avaient qu’à le priver de son poison et… car lorsqu’un camé souffre du manque… sa mère qu’il vendrait. Du tout cuit.</p>
      <p>Chester stoppa non loin du bar.</p>
      <p>Peu après ils virent le type ressortir et se diriger vers une station de taxis.</p>
      <p>— Fais gaffe, Chester ! alerta Mike par les trous aménagés dans la cloison qui les séparait de lui.</p>
      <p>Mais leur compagnon lui aussi avait vu. Il commença à embrayer, s’immobilisa soudain. Au lieu de prendre un bahut, leur type avisant une kermesse où on distillait de la musique, changeait de direction et s’y engouffrait.</p>
      <p>— Attendons, soupira Mike.</p>
      <p>— Tant pis pour la dinde, renvoya Tom en se marrant.</p>
      <p>— Vous n’allez retrouver que les os, blagua Chester qui avait entendu.</p>
      <p>Il avait lâché la blague entre ses dents, pour éviter que les passants ne puissent s’étonner de le voir parler seul.</p>
      <p>Puis tous trois ne quittèrent plus de l’œil une silhouette en chapeau tyrolien qui, derrière les vitres, venait de se coller des écouteurs aux oreilles.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>— Je n’ai fini qu’à 2 heures cet après-midi, expliquait Ted dans le téléphone. Quel boulot ! Mais le résultat est sensationnel. On peut traiter sur la base de 19. M’man est d’accord, et n’exige pas de contre-expertise. Elle a confiance en moi… N’est-ce pas M’man ?</p>
      <p>Sans lâcher l’appareil, il dirigeait sur la grosse femme un œil interrogateur. Celle-ci lui expédia un signe rassurant. Le vieux fourgue reprit dans l’ébonite :</p>
      <p>— Alors réunissez la somme pour demain 11 heures si possible. Autrement dit 40 % de 19, sept millions six cent mille thunes. On traitera aussitôt. Avertissez le groupe. À demain.</p>
      <p>Il raccrocha, se frotta les paumes en revenant se poster devant une valise ouverte, où s’entassait le butin du SAFE.</p>
      <p>— Tout est réglé, M’man, dit-il. On traitera demain. En attendant, veillez bien là-dessus. N’ouvrez pas à n’importe qui.</p>
      <p>Il souriait. M’man lui rendit son sourire.</p>
      <p>— Vous bilez pas. On attend deux amis à 5 heures, c’est-à-dire dans un quart d’heure, mais sinon méfiance. D’ailleurs Sam est là. Il quittera pas la valise de l’œil.</p>
      <p>Elle montrait son garçon qui, assis dans un fauteuil se tordait de rire devant le poste de télé, où le Ringling-Circus transmettait son programme en direct.</p>
      <p>Le vieux fourgue alla récupérer son manteau sur le lit-divan où il avait passé la nuit.</p>
      <p>— Eh bien, c’est parfait, M’man. Il ne me reste plus qu’à me sauver. Et merci pour votre hospitalité. J’ai, ma foi, très bien dormi. Sauf que j’ai peut-être un peu trop rêvé de diamants.</p>
      <p>— Je voudrais bien faire ce genre de rêve toutes les nuits, plaisanta la grosse femme, le précédant vers la porte. Il y en a de plus sales.</p>
      <p>— Ma foi… rigola Ted en lui serrant la main.</p>
      <p>Il regarda vers le fauteuil où se trémoussait le petit tueur.</p>
      <p>— Vous lui direz au revoir pour moi. Inutile de le déranger.</p>
      <p>— Entendu, fit M’man. Allez, à demain, Ted. Et changez pas de rêve.</p>
      <p>— Ça risque pas, renvoya-t-il en sortant.</p>
      <p>Elle écouta décroître le bruit de ses pas et referma. Revenant dans la pièce, elle rafla sur la table une boîte de chocolats, alla s’asseoir dans le fauteuil voisin de celui de son fils.</p>
      <p>Lorsque plus tard la sonnerie de la rue retentit, M’man vérifia l’heure. Il était 5 heures juste. Elle se leva en maugréant, car la sonnerie l’avait tirée d’une douce somnolence. Pris par l’apparition sur l’écran d’un couple de clowns célèbres, Sam n’avait même pas bronché. M’man se dirigea vers les boutons commandant l’entrée, et au passage, elle remit la boîte de chocolats sur la table.</p>
      <p>Elle appuya sur le bouton déclenchant l’ouverture de la rue, attendit, puis appuya sur celui du parlophone, lança dans l’acoustique :</p>
      <p>— Qui ?</p>
      <p>— Louis, renvoya une voix.</p>
      <p>— O.K. fit M’man, libérant le bouton.</p>
      <p>Cinq secondes après, on heurtait la porte. Elle alla ouvrir, lança joyeusement :</p>
      <p>— Vous êtes à l’heure, pépère !</p>
      <p>Puis elle cria, un cri qui venait des tripes :</p>
      <p>— Sam ! Sam !</p>
      <p>Et elle voulut refermer sur l’homme en bleu, qu’épaulait un homme en gris, à gueule de boxeur. Mais ils la repoussèrent sauvagement, et s’engouffrèrent, flingues aux poings.</p>
      <p>Au cri de sa mère, le petit Sam avait réagi. En un éclair il avait compris, et se ruait vers la desserte sur laquelle étaient ses P38. Un ordre brutal le stoppa dans son élan.</p>
      <p>— Bouge pas !</p>
      <p>Il se retourna. L’homme en bleu était déjà au centre de la pièce. Son homme de barre, adossé à la porte, un colt à la hanche, bouchait la sortie. M’man se précipita vers son fils, et s’interposant entre lui et l’homme en bleu elle hurla, méprisant le danger.</p>
      <p>— Fonce, Sam ! Fonce !</p>
      <p>Le petit Sam se ressaisit. Il plongea sur ses calibres en songeant : « Peut-être que l’autre n’oserait pas tuer, ou qu’il hésiterait une seconde. » Mais l’autre n’hésita pas. Il tira. Et vite. M’man qui le guettait se jeta littéralement au-devant du coup de feu. L’impact du lourd 45 la fit tournoyer et elle porta une main à son épaule d’où le sang se mettait à pisser. L’homme en bleu l’oublia aussitôt. Faisant dévier son poignet armé, il chercha Sam, mais le trouva un dixième de seconde trop tard. Dans le même mouvement, le petit tueur avait raflé ses flingues et pivoté du buste. Les deux P38 aboyèrent en même temps dans ses petites mains grasses. Le coup droit cueillit Johnny Vaccario en plein front, juste sous son Borsalino bleu, qui roula sous la table. Le truand s’écroula sur les genoux avant de basculer en arrière, jambes repliées sous lui.</p>
      <p>Bien dirigée, la deuxième bastos avait fait sauter un éclat de bois à quelques centimètres du type en gris. À son tour, celui-ci balança la sauce. À cadence accélérée. Le petit Sam dégusta en plein bide. Mais il ne dégringola pas. Ayant enregistré que sa mère tombait, il se rua sur le type, dents bloquées, index crispés sur les fameux pistolets des paras allemands. Malheureusement, emporté par son élan, il buta dans le corps de Johnny, et s’affala en avant, après avoir encore fait quelques pas. Déviées, ses balles s’enfoncèrent dans le parquet, à un mètre du type en gris. Protégé par miracle, ce dernier abaissa son poing sur le petit Sam, et tira de nouveau. Avec rage. Avec peur. Sam eut deux, trois sursauts violents, puis se raidit. Ses mains s’entrouvrirent, les P38 trop lourds pour elles glissèrent doucement sur le parquet.</p>
      <p>Le laissant là, le type en gris fut en deux bonds sur Johnny Vaccario. Mais pour ce dernier comme pour Sam, les carottes étaient cuites. Vite le type balaya la pièce du regard. Il repéra M’man qui rampait vers son fils, de sa volonté tendue, en soufflant durement. Il leva son poing armé en sa direction, hésita une seconde, puis avisant la valise, se rappelant soudain ce qu’ils étaient venus chercher, il se rua dessus.</p>
      <p>— Merde, murmura-t-il, assommé, en l’ouvrant et découvrant le contenu. Merde !… Pas possible !</p>
      <p>Jambes coupées, l’œil luisant, il resta planté devant, murmura encore :</p>
      <p>— Merde !… jamais de ma vie… même au cinéma…</p>
      <p>Le bruit d’une chaise que M’man fit tomber en rampant le fit sursauter. Et il se ressaisit. Il reboucla la valise, l’empoigna, fonça vers la sortie, oubliant M’man, oubliant tout. Sa gueule de boxeur étincelait de joie folle. Après un exploit pareil M. F. allait le faire monter en grade. Sans compter la prime. La grosse.</p>
      <p>Il en oublia de fermer derrière lui.</p>
      <p>Tendue par l’effort, ses ongles incrustés dans le parquet, M’man accompagna sa fuite d’un regard meurtrier. Puis, en gémissant, elle tortura son corps énorme pour qu’il cède à sa volonté, car là-bas, à 3 mètres, son petit Sam l’attendait.</p>
      <p>En bas, le type en gris sauta dans la vieille Chrysler noire, et lança au chauffeur qui n’avait pas bougé du volant :</p>
      <p>— Chez Johnny. Vite. On va récupérer le gros et se barrer. Faut mettre tous ces diams à l’abri, et affranchir M. F. Johnny vient de se faire dessouder. File.</p>
      <p>Le jeune chauffeur embraya, et la Chrysler bondit dans la rue envahie par la nuit.</p>
      <p>Ils n’avaient pas fait 20 mètres qu’un taxi stoppait devant chez M’man. Et derrière une Volkswagen bleue émergea à son tour.</p>
      <p>Steve descendit du taxi, traversa le trottoir en titubant ; la fièvre, l’alcool, la drogue le minaient. Il allongea le doigt vers le bouton sous lequel on lisait : Rejaski, et sursauta en devinant une présence à ses côtés. Il tourna le cou, offrant sa face démolie par la douleur, où seuls vivaient ses yeux de camé. En voyant un Noir qui lui souriait, il se rassura, surtout quand il enregistra sa tenue. L’homme était vêtu en livreur, portait sous le bras un long carton blanc noué par un ruban sombre.</p>
      <p>— On dirait que c’est pas fermé, remarqua le Noir, montrant la porte qui béait sur le corridor, plongé dans l’obscurité.</p>
      <p>Steve s’en aperçut à son tour. Il acquiesça d’un signe, fit un pas. Le Noir s’effaça.</p>
      <p>— Après vous.</p>
      <p>Steve passa, alluma dans l’escalier, commença à grimper, l’esprit plongé dans sa détresse. Derrière lui, le livreur sifflait joyeusement un air de jazz.</p>
      <p>Sur le palier du 1<sup>er</sup> la porte de M’man était, elle aussi, grandement ouverte. Un flot de lumière s’en échappait ainsi que le bruit d’un poste de télé. Steve fronça les sourcils, marqua un arrêt avant de se décider à entrer. Le Noir, qui avait fait mine de poursuivre son chemin et avait gravi quelques marches menant plus haut, redescendit vivement. À son poing noir luisait doucement le noir d’un canon de revolver. Au-dessus de sa tête, des portes claquaient, des voix s’interrogeaient.</p>
      <p>— On aurait dit que c’étaient des coups de flingue !</p>
      <p>— Ça vient de chez M’man, je vous dis, fit une voix de femme.</p>
      <p>— Mais non, c’est de la rue ! fit une autre voix. Je suis pas folle tout de même !…</p>
      <p>Si Chester avait enregistré ces phrases, c’était malgré lui, car il venait de bondir à la suite de Steve et ordonnait, lui plaquant son 38 police dans les reins :</p>
      <p>— Bronche pas.</p>
      <p>Et collé à lui, il le poussa dans le logement, tandis que dans l’escalier Mike et Tom se ruaient. Tous entrèrent presque à la même seconde. D’un coup de talon, Tom referma la porte sur les curieux qui commençaient à descendre des étages. Puis lui et Mike, doigt sur la détente, œil aux aguets, foncèrent vers la pièce éclairée, d’où jaillissait le bruit joyeux d’une musique de cirque. En un éclair, ils jaugèrent la scène. Immobilisé par Chester qui le tâtait pour voir s’il n’était pas armé, Steve, hébété, l’haleine puant la gnôle, protestait faiblement.</p>
      <p>— De quoi… de quoi…</p>
      <p>Puis il aperçut M’man, avança sur elle. Chester laissa faire. Elle était assise à terre, du sang lui pissait de l’épaule, elle tenait sur ses gros genoux la tête du petit Sam. Elle leva sur Steve ses gros yeux globuleux. Il y avait plein de larmes dedans. Et plein de détresse. Autant que dans ceux de Steve. Ce dernier hocha sa face aux pommettes enfiévrées par le manque de sommeil.</p>
      <p>— Qui l’a buté, M’man ?</p>
      <p>Aussitôt les agents retinrent leur souffle. Le pouce de la grosse femme désigna faiblement le corps de Johnny Vaccario.</p>
      <p>— Lui, et d’autres… Je sais pas d’où ils viennent… Y se sont juste servis du nom du vieux.</p>
      <p>— Et les diams ?</p>
      <p>Elle passa sa main boudinée dans les cheveux du petit Sam.</p>
      <p>— Un mec s’est barré avec…</p>
      <p>Les épaules de Steve s’affaissèrent.</p>
      <p>— Tout ça n’a plus d’importance.</p>
      <p>— Non, dit M’man en bougeant pour mieux caler la tête de son fils au creux de ses genoux. Rien n’a plus d’importance.</p>
      <p>Dans l’effort un jet de sang plus violent lui avait jailli de l’épaule, et souillé la poitrine du petit Sam. Elle porta une main à sa blessure pour la comprimer, et dans le mouvement, son œil repéra les hommes présents. Elle jeta :</p>
      <p>— Qui c’est, Steve ?</p>
      <p>Steve eut un geste des épaules. Il laissa choir désabusé, vaincu, comme soulagé :</p>
      <p>— Des poulets, je suppose…</p>
      <p>Dans une grimace de douleur, M’man essaya de se tourner vers eux.</p>
      <p>— Barrez-vous, les flics. Laissez-moi crever tranquille. Pas de…</p>
      <p>Elle s’interrompit, crispa ses doigts poissés de sang à son épaule, avant de pouvoir achever :</p>
      <p>— Pas de flics ici. Jamais.</p>
      <p>Mais ceux-ci n’écoutaient plus. Mike s’informa près de Tom qui, après avoir fouillé Johnny Vaccario, épluchait des enveloppes et des papiers trouvés sur lui.</p>
      <p>— Qui ?</p>
      <p>— Johnny Vaccario, répondit Tom sans lever la tête.</p>
      <p>— Je crois connaître ce nom-là, remarqua Chester dont l’œil restait machinalement attiré par la télé où venait d’apparaître une équipe de sauteurs arabes. Mes indics de Harlem le donnent comme un gars du Syndicat.</p>
      <p>— Moi aussi je connais ce nom, fit Mike en se dirigeant vers M’man. Mon père en parlait souvent quand j’étais môme.</p>
      <p>Et penché sur la grosse femme, indiquant le corps de Johnny :</p>
      <p>— Il y a longtemps qu’il était là, avant qu’on arrive ?</p>
      <p>M’man ne l’honora même pas d’un regard. Mike tonna :</p>
      <p>— Répondez, bon Dieu ! Aidez-nous à venger ce garçon !</p>
      <p>Elle se décida à lever les yeux, laissa tomber :</p>
      <p>— Qu’est-ce que ça peut vous foutre ?</p>
      <p>Mike ravala un juron. Puis son œil s’alluma. Il venait d’apercevoir les P38. Rapide, il se baissa et les ramassa.</p>
      <p>— Les canons sont encore chauds, dit-il vers ses copains. Donc y a pas longtemps que ces crapules-là ont dû se mitrailler.</p>
      <p>Et comme si une idée se présentait à son esprit :</p>
      <p>— Les occupants de la vieille Chrysler qui filait à notre arrivée seraient donc dans ce coup que ça m’étonnerait pas.</p>
      <p>— T’as peut-être raison, fit Chester songeur. Car les gens de cette baraque n’ont commencé à réagir que lorsque je montais les marches. Donc c’est que la fusillade venait de finir. Et peut-être bien que cette Chrysler…</p>
      <p>Mike ne le laissa pas achever. Il claqua des doigts vers Tom.</p>
      <p>— Vite, Tom. Taillons-nous. Tâchons de garder le contact. Filons chez ce Vaccario. On verra bien. Toi, Chester, occupe-toi de ce gars-là. Préviens une ambulance. Affranchis le patron. Dis-lui où on court. Dis-lui aussi qu’il fasse interpeller toutes les vieilles Chrysler noires. Tom, refile-lui l’adresse de Vaccario.</p>
      <p>Tom jeta une enveloppe à Chester et bondit à la suite de Mike qui déjà dégringolait l’escalier en bolide, sous le regard excité des curieux.</p>
      <p>Ils n’étaient pas en bas que Chester découvrait les sacs de toile et les portefeuilles vides, ainsi que les pantalons d’uniforme des Laventure.</p>
      <p>Sa main s’abattit sur le téléphone.</p>
      <subtitle>* * *</subtitle>
      <p>Tom menait la Volkswagen à un train d’enfer. Pas un comme lui parmi ceux de Varick Street pour mieux connaître Manhattan. Et grillant feux rouges sur feux rouges, en moins de deux il déboucha dans la rue de Johnny Vaccario. Heureusement que c’était Noël et que les pieds-plats chargés de la circulation ronflaient encore à moitié !</p>
      <p>De loin, Mike repéra l’arrière d’une vieille Chrysler noire à l’arrêt.</p>
      <p>— Je veux qu’on me les coupe, si ce n’est pas la bagnole de tout à l’heure, dit-il, excité.</p>
      <p>— Je pense comme toi, renvoya Tom qui lui aussi avait vu.</p>
      <p>Puis, comme ils s’en approchaient ils repérèrent un chauffeur à l’intérieur.</p>
      <p>— Est-ce que… hésita Tom.</p>
      <p>— Colle-toi devant, jeta Mike. On ne sait jamais… Je vais l’interpeller.</p>
      <p>Tom doubla la Chrysler et, brusquement se rabattit sur la gauche. Les freins gémirent, une des roues monta sur le trottoir. Mike sauta en voltige, cria.</p>
      <p>— Fonce chez Johnny. Je te rejoins.</p>
      <p>Il avait son 38 spécial au poing. Tom aussi.</p>
      <p>Et au loin mais se rapprochant, des sirènes de police commençaient à déchirer l’air. Allons, Chester avait fait vinaigre. Le grand patron aussi. À tout hasard il leur envoyait du monde.</p>
      <p>En deux secondes, Mike arriva sur la Chrysler. Il vit le chauffeur qui, affolé, tentait désespérément de faire une marche arrière. Il lui hurla :</p>
      <p>— Stop !</p>
      <p>Mais le type n’obéit pas. Il avait perdu son contrôle. Le hurlement des sirènes… l’arrivée brutale de ces hommes armés… Il chercha encore à reculer, y réussit à moitié. Aussitôt Mike tira. Dans le pare-brise. Sur la gauche, pour ne pas toucher le gars. Pour lui faire peur. Pour l’avoir à sa main. Et sitôt tiré, il bondit entre le capot de la Chrysler et l’arrière de la Volkswagen. Il était temps. Talonné par la frousse, le type à face de cadavre s’enfuyait, après avoir sauté de la voiture. En trois bonds Mike fut sur lui, et leva son poing armé. La crosse du 38 chopa le jeune chauffeur sous l’oreille, et il culbuta dans la neige.</p>
      <p>Mike ne s’en inquiéta plus. Il s’engouffra dans la maison de Johnny Vaccario, poursuivi par le hurlement des sirènes qui se rapprochaient de plus en plus.</p>
      <p>Comme il débouchait sur le palier du 3<sup>e</sup>, Tom, d’un signe vigoureux, lui ordonna de faire doucement. Il avait son oreille collée à la porte sous laquelle filtrait un mince rai de lumière. Mike prêta l’oreille à son tour.</p>
      <p>— Magne-toi, disait une voix assez distincte. Puisque je te dis que Johnny est canné ! Et que Bill nous attend dans la Chrysler avec une pleine valise de diams ! Faut essayer de toucher Frankie d’urgence, et le mettre au parfum de ce qui s’est passé.</p>
      <p>— Mais qu’est-ce que je fais du vieux ? s’inquiéta une deuxième voix, grasseyante celle-là. Est-ce que…</p>
      <p>— J’en sais rien moi ! s’emporta la première voix. Flingue-le si t’en as envie. Qu’est-ce que tu veux que ça me foute ! Mais magne-toi la raie, c’est tout ce qui m’intéresse.</p>
      <p>Puis s’énervant de plus en plus :</p>
      <p>— T’entends pas ? On dirait les flics !</p>
      <p>— Ça peut-être pour nous, rassura la voix grasseyante. Personne peut savoir ! C’est trop tôt.</p>
      <p>Mike décida d’agir. Désignant la serrure à Tom, il lui fit signe de s’écarter, et de se tenir prêt. Puis il présenta le canon de son 38 à toucher la serrure et tira. Tout son chargeur. La serrure vola en éclats. Mike sauta de côté pour laisser la route à Tom qui se rua d’un coup d’épaule. La porte céda, et les deux copains guidés par la lumière atterrirent devant le salon de Johnny Vaccario où deux hommes se tenaient prêts à partir. Le tout avait duré trois secondes.</p>
      <p>À leur intrusion, le type en gris à gueule de boxeur, qui avait amorcé un mouvement pour faire face au bruit des détonations, leva son bras. Son colt tonna dans la pièce. Deux fois. La première bastos rasa la joue gauche de Tom, la seconde lui troua le bras gauche. Sans ralentir, Tom qui avait à peine senti le choc appuya sur son 38. À une cadence folle, les balles s’enfoncèrent dans le ventre du type en gris. Il recula, glissa le long du comptoir, lentement, comme étonné, alors que son colt lui sautait de la main.</p>
      <p>Surpris par la sauvagerie et la rapidité de la scène, le colosse désarmé qui cherchait son nerf de bœuf du regard arriva trop tard à la parade. En un éclair, Mike fut sur lui. Il avait repéré son père lié sur une chaise, mais il vola sur le colosse en lui balançant son 38 vide en pleine gueule. Et profitant de ce que l’autre, par réflexe, avait cherché à se garer du choc, il lui faucha les flancs d’un gauche, suivi d’un droit fulgurant. Un une-deux imparable qui aurait plu à l’Oranais, aussitôt embelli par un doublé sous le menton, vers la pomme d’Adam. Souffle coupé, le colosse ouvrit la bouche, à la recherche d’air. Mais Tom, qui venait de recharger son calibre, ne le laissa pas récupérer. Il le braqua tandis que Mike le fouillait. Quand ils virent qu’il n’avait rien à part un couteau que Mike empocha, Tom lui passa les menottes et lui ordonna :</p>
      <p>— Contre le mur. Et ne bronche pas.</p>
      <p>Docilement, le colosse alla là où on lui indiquait juste sous un tableau représentant un pur-sang à la robe d’un noir brillant. Puis Tom, toujours chauffé par l’action, négligeant sa blessure qui saignait, alla ramasser le colt du type eu gris qui geignait, adossé au comptoir. Mike, lui, récupéra son 38. Tout en le rechargeant il se hâta vers son père qui le regardait.</p>
      <p>Méfiant et efficace, Tom en profita pour inspecter les pièces voisines, alors que Mike s’étonnait devant son père, d’une voix inquiète, bourrée de tendresse.</p>
      <p>— Qu’est-ce que tu fais là, p’pa ? Raconte. Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ces salauds ? Et pourquoi que t’es là ? Hein ? Pourquoi ? Surtout chez cette racaille de Vaccario ! Est-ce que t’aurais découvert quelque chose sur lui ? Hein, p’pa ?</p>
      <p>— Te voilà enfin revenu, murmura le vieux sans oser le regarder à présent qu’il était tout près.</p>
      <p>— Oui, je suis revenu, p’pa. Hier soir. Et je comptais bien te voir… Dis-moi. Qu’est-ce que tu fais là ? Hein, p’pa ? Est-ce que c’est ce fumier de Vaccario…</p>
      <p>Tout en parlant, il tranchait les liens qui maintenaient son père à la chaise. Puis, avec ménagement, il l’aida à se lever, vit qu’il avait du mal à poser son pied déchaussé par terre, gronda en apercevant le fer à repasser sur la table.</p>
      <p>— Ils ont osé ? Ils ont osé te torturer ? Oh ! les ordures ! Je vais leur faire payer ça, p’pa. Fais-moi confiance. Ils vont en pisser le sang. Lesquels qui t’ont fait ça ? Hein, p’pa ? Dis-le moi. Est-ce que le gros là-bas…</p>
      <p>Une rage meurtrière décomposait les traits de Mike Coppolano, perçait dans le grondement sourd de sa voix. Contre son mur le colosse se tassa sur lui-même. Mais adossé au comptoir, le type en gris qui se comprimait les tripes ricana entre deux élancements qui lui faisaient gicler la sueur du front.</p>
      <p>— T’entends ça, le gros ? C’est pas la plus belle, ça ? Ce poulet est le fils du vieux… La meilleure, je te dis.</p>
      <p>Il toussota, poussa un léger cri, et une mousse d’un blanc verdâtre souilla ses lèvres. Puis il ricana de nouveau, un ricanement qui faisait mal et apeurait le gros contre son mur.</p>
      <p>— Ainsi, c’est lui Mike Coppolano… la terreur des dopés ah… ah… ah ! laisse-moi me marrer… la terreur… l’honnête poulet… l’incorruptible…</p>
      <p>Au-dehors, les sirènes mugirent très près, lui coupant la parole. Tom qui commençait à pâlir se montra sur le seuil du boudoir de la femme à Johnny. Les sirènes se turent.</p>
      <p>Après un sourd gémissement, le moribond reprit, hargneux, en direction de Mike, comme s’il mettait ses dernières forces dans sa haine des flics.</p>
      <p>— Demande donc à ton vieux combien il a touché pour mettre à l’air le SAFE du 38 ? Vas-y, l’honnête homme ! demande-lui. Et demande-lui aussi…</p>
      <p>Ses mains rouges de sang, se crispèrent sur son ventre. Il se mordit les lèvres. Sauvagement. Puis poursuivit :</p>
      <p>— … et demande-lui aussi qui nous a balancé l’adresse de ses potes, ce qui nous a permis de sucrer les diams.</p>
      <p>Décomposé, Mike fit un pas vers lui.</p>
      <p>— Ferme ta gueule. Tu mens, ordure.</p>
      <p>— Pardi que je mens… grinça le moribond. C’est pourquoi j’ai réussi à ramener une pleine valise de diams et que Johnny est clamsé.</p>
      <p>— Tu mens, répéta Mike qui se sentait envie de vomir. On vient de là-bas, et personne nous a rien dit de pareil. Tu mens, ordure.</p>
      <p>Et vers son père qui se tenait debout, cramponné à la chaise, mais sans poser la plante de son pied brûlé sur le sol :</p>
      <p>— Pas vrai qu’il ment, p’pa ? Dis ?</p>
      <p>Pour la seconde fois de sa vie, le vieux n’osa pas le regarder en face. Mike hurla :</p>
      <p>— Dis, p’pa ? Dis-moi qu’il a menti ! P’pa !</p>
      <p>Il serra des dents, les poings, hurla de nouveau, ne voulant pas croire, refusant la vérité.</p>
      <p>— Dis-le-moi, p’pa ! Dis-le-moi, je t’en supplie !</p>
      <p>Le vieux, cramponné au dossier de la chaise, murmura tête basse, désignant le moribond :</p>
      <p>— Est-ce que c’est vrai ce qu’il a raconté au gros… que M’man était morte ? Et le petit Sam aussi ?</p>
      <p>Mike eut l’impression que son sang quittait son corps et qu’il ne pourrait plus jamais bouger de place. Ainsi l’autre racaille ne mentait pas. Son père était dans le coup. Son père s’était mouillé avec une équipe de tueurs et de fripouilles.</p>
      <p>Il aspira une large goulée d’air, regarda celui qu’il avait mis plus haut que tout, murmura :</p>
      <p>— Ainsi c’est vrai… T’as fait ça…</p>
      <p>Et détachant ses mots :</p>
      <p>— Tu m’as fait ça ? À moi ? Et tu m’obliges à t’arrêter, moi ton fils ?</p>
      <p>Avec peine, à croire qu’elles pesaient des tonnes, il avança des mains qui imploraient.</p>
      <p>— Mais est-ce que tu te rends compte, p’pa ? Est-ce que tu te rends compte que je suis obligé de t’emballer ? De te livrer ?</p>
      <p>Puis, serrant les poings avec frénésie, il hurla :</p>
      <p>— Est-ce que tu te rends compte que tu viens de foutre ma vie par terre ? Que je vais être obligé de démissionner ? Dis ?</p>
      <p>Et, l’empoignant par sa chemise tachée de sang et le secouant avec violence :</p>
      <p>— Dis, est-ce que tu te rends compte au moins ? Est-ce que tu te rends compte de ce que t’as fait ? Espèce de salaud ! Lâche !</p>
      <p>Et fou furieux, il leva son bras gauche, gifla son père d’un revers sauvage. Aussitôt Tom bondit :</p>
      <p>— T’es dingue, Mike ! T’as pas le droit ! C’est ton vieux !</p>
      <p>Il s’interposa entre eux, notant la face livide du vieux, ajouta, braquant sur son copain un œil dur, inamical.</p>
      <p>— C’est plus que ton père, Mike. N’oublie pas qu’il t’a adopté. T’as pas le droit, Mike. T’as pas le droit de faire ça.</p>
      <p>Le sang réafflua au visage du grand gars, de l’air sortit de ses poumons. Il se mordit les lèvres, puis allongeant la main, il lâcha dans un souffle, d’une voix étranglée :</p>
      <p>— Pardonne-moi, p’pa. Pardonne-moi. J’aurais pas dû… Tant pis, p’pa. Je chercherai un autre job… Et peut-être qu’ils te saleront pas trop aux assises… peut-être qu’on aura encore des beaux jours… peut-être, hein p’pa ?</p>
      <p>Une larme sauta de l’orbite du grand gars.</p>
      <p>— Hein, p’pa ? Peut-être…</p>
      <p>Mais le vieux ne l’entendait déjà plus depuis quelques secondes. Il avait réuni ses mains, commençait à les frotter doucement. Puis d’une démarche incertaine, boitant de son pied nu, il gagna la salle de bains de Johnny. Mike voulut suivre. Tom le stoppa.</p>
      <p>— Laisse-le récupérer, Mike. J’y vais.</p>
      <p>Rattrapant le vieux, il le soutint par le coude jusqu’à la luxueuse salle de bains, pendant que, dans son dos, le moribond interpellait Mike.</p>
      <p>— Hé ! poulet !</p>
      <p>Mike se retourna machinalement, le fixa, comme sans le voir.</p>
      <p>— Encore une chose, flic, reprit le truand, comprimant son ventre d’où s’enfuyait sa vie. Si ton dabe s’est allongé sur ses potes, c’est parce qu’on l’a menacé d’enlever ta femme et ta môme… tu vois ce que je veux dire, poulet ? Et c’est pas tout. Je suis bien content que tu lui aies foutu une baffe dans la gueule tout à l’heure, car…</p>
      <p>Une toux le secoua encore, amenant une autre mousse verdâtre à ses lèvres. Il attendit que ça se calme, avant de poursuivre.</p>
      <p>— … car tu vas le regretter encore plus… quand tu vas savoir que ton vieux était dans les Nombres… et que s’il y est entré dans le temps, c’était paraît-il pour que tu puisses suivre tes études…</p>
      <p>Il ricana.</p>
      <p>— … et devenir un poulet. T’entends ça, poulet ?</p>
      <p>Il cracha un peu de mousse où à présent se mêlaient des excréments, ricana encore :</p>
      <p>— J’aurais jamais cru que je crèverais si en beauté… et je te souhaite que ça t’arrive bientôt, sale pourri de flic !</p>
      <p>Mike ne broncha pas. Tout juste s’il avait entendu. Son œil ne quittait pas la porte où avait disparu son père. Il ne voyait que cette porte. Il ne vit pas celle de l’entrée où un groupe de flics venait de s’encadrer, et dont l’un d’eux portait une grosse valise. Il ne se rendit même pas compte que les sirènes avaient cessé de trouer les murs de leurs hurlements et que le truand venait enfin de crever au pied du comptoir, ses poings enfoncés dans ses tripes.</p>
      <p>Dans la salle de bains, Tom attendait en suivant dans une glace les mouvements du vieux qui se savonnait soigneusement les mains. Cela dura longtemps. Enfin le vieux poussa un long soupir, son regard retrouva un peu de vie.</p>
      <p>— Ça va mieux, m’sieur Coppolano ? demanda Tom.</p>
      <p>— Oui, fit le vieux. Ça va mieux, Tom.</p>
      <p>Et se retournant après avoir décroché une serviette à éponge d’un bleu tendre.</p>
      <p>— C’est vrai que je suis lâche, Tom ?</p>
      <p>— Sûrement pas ! se hâta de répliquer Tom, avec conviction. Vous lâche ? Ah ! ça non alors ! Je vous aime bien, m’sieur Coppolano. Et j’aime pas les lâches.</p>
      <p>Un sourire vint errer sur les lèvres du vieux Sicilien.</p>
      <p>— Merci, Tom. Dis-moi. Je t’ai vu recharger ton 38 tout à l’heure.</p>
      <p>Tom tressaillit.</p>
      <p>— Oui…</p>
      <p>Puis brusquement :</p>
      <p>— Pourquoi ?</p>
      <p>Le vieux qui s’essuyait les mains releva le front.</p>
      <p>— Pour Mike. Je ne veux plus rien lui offrir d’autre. Plus rien d’autre.</p>
      <p>S’asseyant sur un tabouret, il reprit en rejetant la serviette :</p>
      <p>— Tu peux pas me refuser ça, Tom. Mike est ton copain, non ?</p>
      <p>Tom contempla pensivement le père de son équipier, avant de répondre :</p>
      <p>— Oui, m’sieur Coppolano. Mike est mon copain.</p>
      <p>Puis, posant doucement son 38 au milieu des parfums et des fards de la femme à Johnny Vaccario :</p>
      <p>— Au revoir, m’sieur Coppolano.</p>
      <p>Et il sortit sans voir que le vieux, du pouce, se traçait un signe de croix au milieu de la poitrine.</p>
      <p>Il n’avait pas fait trois mètres au-devant de Mike qui l’interrogeait du regard que le bruit d’une détonation roula jusqu’à eux. Mike voulut se ruer. Tom l’arrêta.</p>
      <p>— Prends ton temps, Mike. Il t’attend. Et il ne pouvait pas faire autre chose.</p>
      <p>Il serra le bras de son équipier de sa main valide.</p>
      <p>— J’aimais bien ton père, Mike.</p>
      <p>Celui-ci se dégagea doucement. De l’orgueil et de la fierté jaillirent de ses yeux de chasseur d’homme.</p>
      <p>— C’était un rude vieux que j’avais là, hein, Tom ?</p>
      <p>— Un rude, oui Mike.</p>
      <p>— Je vais aller près de lui, fit Mike. Tu veux pas t’occuper d’eux ?</p>
      <p>Son doigt désignait le groupe des pieds-plats qu’il avait enfin découvert.</p>
      <p>— Et faire soigner ton bras, ajouta-t-il.</p>
      <p>De sa main valide, Tom le poussa amicalement vers la porte menant à la salle de bains.</p>
      <p>— T’en fais pas, Mike.</p>
      <p>Et il attendit que le grand gars eût disparu avant de rejoindre les autres.</p>
      <cite>
        <p>
          <emphasis>New York — Le Vésinet</emphasis>
        </p>
        <text-author>
          <emphasis>Novembre 1961 — Février 1962</emphasis>
        </text-author>
      </cite>
      <subtitle>FIN</subtitle>
    </section>
  </body>
  <body name="notes">
    <title>
      <p>Примечания</p>
    </title>
    <section id="n_1">
      <title>
        <p>1</p>
      </title>
      <p>De doping : drogue, stupéfiant.</p>
    </section>
    <section id="n_2">
      <title>
        <p>2</p>
      </title>
      <p>Drogue. De l’action de priser. Mot lancé en 1954 par l’auteur avec son roman « <emphasis>Razzia sur la chnouf »</emphasis>.</p>
    </section>
    <section id="n_3">
      <title>
        <p>3</p>
      </title>
      <p>Drogués.</p>
    </section>
    <section id="n_4">
      <title>
        <p>4</p>
      </title>
      <p>C’est un employé de douanes qui décida de fouiller, ainsi qu’il en a le droit, l’équipage d’un Boeing en provenance de Paris. Son collègue y était opposé. Mais le premier insista par entêtement et le résultat fut la découverte de sachets d’héroïne sur une hôtesse de l’air.</p>
    </section>
    <section id="n_5">
      <title>
        <p>5</p>
      </title>
      <p>Noir.</p>
    </section>
    <section id="n_6">
      <title>
        <p>6</p>
      </title>
      <p>Noirs.</p>
    </section>
    <section id="n_7">
      <title>
        <p>7</p>
      </title>
      <p>Quart de dollar : 25 cents.</p>
    </section>
    <section id="n_8">
      <title>
        <p>8</p>
      </title>
      <p>Il existe dans le trafic de la drogue un cloisonnement très sévère, copié sur la formation de certains partis politiques. Lire <emphasis>« Razzia sur la chnouf »</emphasis> du même auteur.</p>
    </section>
    <section id="n_9">
      <title>
        <p>9</p>
      </title>
      <p>Dans son ensemble New York est formée d’immenses avenues parallèles, que coupent des rues également parallèles. Un block est donc un pâté de maisons comprises entre quatre rues ou avenues se coupant à angles droits.</p>
    </section>
    <section id="n_10">
      <title>
        <p>10</p>
      </title>
      <p>Les Nombres (Numbers), loterie clandestine extraordinairement prisée aux États-Unis. La mise minimum est de 10 cents (1/10 de dollar) et sans limite pour le maximum. Elle se joue sur un nombre-allant de 10 à 99 et rapporte 300 fois la mise. Deux nombres de deux chiffres sortent gagnants à chaque tirage qui a lieu chaque jour. Ex : 34 et 75. Le tirage aurait lieu dans un endroit secret de Floride. Mais il est avéré que c’était très souvent les derniers chiffres affichés à Wall-Street en fin de journée, sur les transactions, qui désignaient les numéros gagnants du lendemain.</p>
      <p>Ainsi que dans la drogue et certains partis politiques, l’organisation des Nombres est régie par un sévère cloisonnement. À la base, on peut imaginer une pyramide, se trouvent les joueurs de toutes conditions. Ils parient chez leur cireur, leur barman, leur coiffeur, etc. Ceux-ci transmettent les mises à des responsables de blocks, ces derniers à des responsables de quartiers. Puis celui d’un quartier à celui d’un secteur, celui d’un secteur à celui d’un district etc., et cela jusqu’au sommet.</p>
      <p>Les preneurs de paris à la base ne peuvent encaisser de grosses mises si elles se présentent. Ils doivent alerter l’échelon supérieur qui délègue un homme de confiance. Ceci pour éviter aux barmens, cireurs, et autres la tentation de s’enfuir avec ces grosses mises. De toute façon si cela se produisait, une seule sanction : la mort.</p>
      <p>Lorsqu’un joueur a gagné, son argent redescend par le même canal et c’est le cireur ou le coiffeur ayant accepté sa mise qui le paie. Intégralement.</p>
      <p>Cette loterie n'est pas seulement à l’échelle new yorkaise, mais nationale. Elle réalise chaque jour un chiffre d'affaires de plusieurs millions de dollars.</p>
    </section>
    <section id="n_11">
      <title>
        <p>11</p>
      </title>
      <p>Mexicain.</p>
    </section>
    <section id="n_12">
      <title>
        <p>12</p>
      </title>
      <p>Joueur.</p>
    </section>
    <section id="n_13">
      <title>
        <p>13</p>
      </title>
      <p>Le turfiste désirant quitter l’enceinte du pesage doit présenter sa main où on lui applique une marque invisible à l’œil nu. Quand il revient, il présente sa main sous une lampe spéciale, et la marque apparaît alors nettement. Très souvent, c’est un chiffre de couleur bleutée. Le procédé a pour but d’éviter les resquilleurs qui voudraient passer de la pelouse au pesage.</p>
    </section>
    <section id="n_14">
      <title>
        <p>14</p>
      </title>
      <p>En Amérique, à part les portiers des buildings il n’y a pas de concierge. Quand on sonne chez lui, c’est le locataire qui, sans se déranger, libère lui-même la porte d’entrée. Un second bouton, commandant un tuyau acoustique parlophone lui permet de communiquer avec son visiteur, resté au rez-de-chaussée.</p>
    </section>
    <section id="n_15">
      <title>
        <p>15</p>
      </title>
      <p>Porto-Ricains. Leurs maisons grouillent de ces insectes, de là ce surnom.</p>
    </section>
    <section id="n_16">
      <title>
        <p>16</p>
      </title>
      <p>80 kilomètres.</p>
    </section>
    <section id="n_17">
      <title>
        <p>17</p>
      </title>
      <p>Unité d’un dollar. En France et de tous temps, 5 anciens francs. Par un fait curieux, l’aventurier et le truand français ont toujours désigné ainsi la monnaie d’échange des pays qu’ils ont sillonnés. Déjà en 1914, à l’époque de la ruée des déserteurs et souteneurs français sur l’Amérique du Sud, c’était la thune.</p>
      <p>Cela n’a pas changé. Et que ce soit le peso, le cruseiro ou le dollar, mexicain, canadien ou américain, c’est toujours la « thune ».</p>
    </section>
    <section id="n_18">
      <title>
        <p>18</p>
      </title>
      <p>Chambre forte, coffre-fort.</p>
    </section>
    <section id="n_19">
      <title>
        <p>19</p>
      </title>
      <p>La ville de New York chauffe à la vapeur et à ces frais d’anciens buildings. Amenée par des conduits, une petite partie de vapeur réussit à déboucher à l’air libre, en s’infiltrant par des plaques d’égout.</p>
    </section>
    <section id="n_20">
      <title>
        <p>20</p>
      </title>
      <p>Téléphone portatif de campagne.</p>
    </section>
    <section id="n_21">
      <title>
        <p>21</p>
      </title>
      <p>Détecteur de mines baptisé ainsi à cause de sa forme. Il s’agit ici d’un appareil de format réduit.</p>
    </section>
    <section id="n_22">
      <title>
        <p>22</p>
      </title>
      <p>Avec la combinaison oxygène-propane, et une pression de sortie au chalumeau de 32 kilos de coupe, on peut venir à bout, en moins d’une heure, d’une masse d’acier sur un mètre de profondeur, et d’une découpe de 1 mètre au carré.</p>
    </section>
    <section id="n_23">
      <title>
        <p>23</p>
      </title>
      <p>Vendeurs de bijoux hantant la 47<sup>e</sup> Rue Ouest. Ils sont caractéristiques avec leurs petites poussettes sur lesquelles sont fixées des sortes de malles-valises qui contiennent leurs bijoux.</p>
    </section>
    <section id="n_24">
      <title>
        <p>24</p>
      </title>
      <p>Fort où est entreposée la réserve d’or des États-Unis.</p>
    </section>
    <section id="n_25">
      <title>
        <p>25</p>
      </title>
      <p>Israélites qui apportent et vendent aux bijoutiers, opérant en boutiques les pierres qui leur sont confiées par les tailleurs de diamants travaillant en building.</p>
    </section>
    <section id="n_26">
      <title>
        <p>26</p>
      </title>
      <p>Bijoutiers.</p>
    </section>
    <section id="n_27">
      <title>
        <p>27</p>
      </title>
      <p>Dans ces expressions très en usage dans les bas-fonds de Montréal, il ne faut voir aucune insulte à la religion catholique. Au contraire. Nourris par un passé religieux très puissant, les Canadiens de là-bas lui rendent une sorte d’hommage même dans les rixes. J’ai remarqué qu’avant de se battre, ils invitaient leurs adversaires en leur lançant : « Viens mon hostie, viens mon tabernacle. Je vais t’essayer. »</p>
    </section>
  </body>
  <binary id="i_001.jpg" content-type="image/jpeg">/9j/4QAYRXhpZgAASUkqAAgAAAAAAAAAAAAAAP/sABFEdWNreQABAAQAAAA2AAD/4QMqaHR0
cDovL25zLmFkb2JlLmNvbS94YXAvMS4wLwA8P3hwYWNrZXQgYmVnaW49Iu+7vyIgaWQ9Ilc1
TTBNcENlaGlIenJlU3pOVGN6a2M5ZCI/PiA8eDp4bXBtZXRhIHhtbG5zOng9ImFkb2JlOm5z
Om1ldGEvIiB4OnhtcHRrPSJBZG9iZSBYTVAgQ29yZSA1LjUtYzAyMSA3OS4xNTQ5MTEsIDIw
MTMvMTAvMjktMTE6NDc6MTYgICAgICAgICI+IDxyZGY6UkRGIHhtbG5zOnJkZj0iaHR0cDov
L3d3dy53My5vcmcvMTk5OS8wMi8yMi1yZGYtc3ludGF4LW5zIyI+IDxyZGY6RGVzY3JpcHRp
b24gcmRmOmFib3V0PSIiIHhtbG5zOnhtcD0iaHR0cDovL25zLmFkb2JlLmNvbS94YXAvMS4w
LyIgeG1sbnM6eG1wTU09Imh0dHA6Ly9ucy5hZG9iZS5jb20veGFwLzEuMC9tbS8iIHhtbG5z
OnN0UmVmPSJodHRwOi8vbnMuYWRvYmUuY29tL3hhcC8xLjAvc1R5cGUvUmVzb3VyY2VSZWYj
IiB4bXA6Q3JlYXRvclRvb2w9IkFkb2JlIFBob3Rvc2hvcCBDQyAoV2luZG93cykiIHhtcE1N
Okluc3RhbmNlSUQ9InhtcC5paWQ6RDM4NjJERTIyNUUxMTFFODkxMkZBMjE5OTUxOUE5REEi
IHhtcE1NOkRvY3VtZW50SUQ9InhtcC5kaWQ6RDM4NjJERTMyNUUxMTFFODkxMkZBMjE5OTUx
OUE5REEiPiA8eG1wTU06RGVyaXZlZEZyb20gc3RSZWY6aW5zdGFuY2VJRD0ieG1wLmlpZDpE
Mzg2MkRFMDI1RTExMUU4OTEyRkEyMTk5NTE5QTlEQSIgc3RSZWY6ZG9jdW1lbnRJRD0ieG1w
LmRpZDpEMzg2MkRFMTI1RTExMUU4OTEyRkEyMTk5NTE5QTlEQSIvPiA8L3JkZjpEZXNjcmlw
dGlvbj4gPC9yZGY6UkRGPiA8L3g6eG1wbWV0YT4gPD94cGFja2V0IGVuZD0iciI/Pv/uACFB
ZG9iZQBkwAAAAAEDABADAwYJAABDWwAA890AAWKe/9sAhAAHBQUFBgUHBgYHCwcGBwsMCQcH
CQwODAwMDAwOEQwMDAwMDBEOERESEREOFhYXFxYWIB8fHyAjIyMjIyMjIyMjAQgICA8NDxwS
EhweGBQYHiMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMj
IyP/wgARCAHaAtADAREAAhEBAxEB/8QA+wAAAQUBAQEAAAAAAAAAAAAAAAECAwUGBAcIAQEB
AQAAAAAAAAAAAAAAAAAAAQIQAAAGAQIEBQMEAgICAwEAAAABAgMEBRESBhMUFRYQIDAhNTEi
NDIjMyVBJEBCUDbAJkZDEQABAgMEBQYHCgoHBwQCAQUBAgMAERIhIhMEMUEyIxRRQjMkNAVh
cdFSkkNTECAwgZFi0mOTNaGxcoKyc0RUZJTB4aLCg3RFQPDio7OEFcOkJXVQVePx09Tk1RIB
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAwBMBAAICAQIEBgMBAQEBAAAAAREhADFBUWHwcYGRECAwobHB0eHx
QFBgwP/aAAwDAQACEQMRAAAA9HrLjEYPVoCFempVC8GjhgsFEAgtMJCnO0yKTDVcINSEnVwI
1ZgFRFQAIR48CYiFEGEZIINJCQaMK01BKWwg0UeKMGjoKUUqjkOQQQcOEHCjhw8DkNMMGkZK
MEHFIm6WY1EAAAAAAAGbq0jyurMQcApXHYSCDR40BQAkAQaKPAiFFAcIRCEg8jM+b2O6tNAA
AAAAABl6rCsHijCQYOJRB5EMM+X4pyjBAIxSpT0NeiNOAAAAAAAGeLE8ossFYKIOOcmHnOKO
EHCjxp0EZEPI0516EashEijliGkJMkahWJ6JL21qIAAAAAAAM3VKZ0AFFJRw0QRBVSqt10Rj
gGiiAIbKK+tJAByEpMAAAAZyryPN6BRQFEGijhB4goooggo8eKAog8UUBRQgEpCM2EVpowAA
AAAAAztdcZsUAogHC0BAOrMF+WMAgo0aKAhbF0AHgtbg9BhQAAAoitFEEAQeIOAQaACDR4o0
QQUcPEEEJBSMcAgggogFkXwAAAAAAAYo6BRRAHDBw4BoCmUrQG1gAAAAAAADy6tKayAAAAAQ
wB3GyEABQK4oDXgAAKIACiCiAKACAAAKIY0uy3FAAAAAAAAAAAQAAUAEAUwlTmzhQAAAAAAE
PMqszdQoAAAADRRQICA7gOEz5rRQAAAAAAAAAAAAAAKMsDsAAAAAAAAAAABCpGHYUxZnEXZM
MMTUhtYAACE80riN7GTqwKWvQssJV1FgZ2uk4xpqI0oAAAIZkzVUqRnadZ6jKAKAAAAAAAAA
AAAAAAAAAAAAAAAAABGeP2NX0+PNqtiE9CjuAwxNWzgAAIyhOOtdFKVx1FqeR1rTWxyHKJSF
vHcAAAAZoqCupw6JKgELE3cKAAAAIKAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAACFGZQabUtAFAxNONnCgAA
AAAAIZU6q0MAAAAAEBMKBnjz6zQKwmOI60iL6XTigAAAHnta+LMAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
KspyQ0ZKAAY6mmsicAAAAAAAPL6vDaQAAAAAeaGoNGBwlOcx0neZ0sTirQRagAAACFAXo8AA
AAAAQxJdl4AAAAAAAAAAAAAAAAAAY8K2EAAAogAAAB5hWojTCgAAADBQEGiiCEZVFyAANFAA
ABw0QcINGiCiiiiAVBYk5OKAAAAAAAhAc4CCANGiEYowQDP1OWgkA0QBBwg6tLAB5tWzi1FA
AADLjxRw0AHjjnOcsBg8AFEEHAIAogpGSEo0QQaNFFGkYDDUAAAAAAABkS3HAAo4eOFFHCim
RriIRIQKUjEOA9PisrQwAeY12HoMKAAAGeJDCVIOAWGgctKKKKIBIA4iGjRwDhRQAYAg0cA0
Q5z0AI0wAAAAAACGfqEzBEIMHkw0jHiQg+oC7HnMOEEHCFKelFcaKAQy9NjVgAAAGeGGXpwo
8aIByHYOGgPEAaADRpKPFGiEYowlIhw0U5yQrjXR2mlAAAAAAADPVWGYIzoO4kAQaSiCDjmL
AkIiIUAHGeT1Bas0kAh5zXo0KAAAAZ8jM5TBpMMHCHEd4ANHEI4eKMEHEgg4YBGAoo0UiFGC
lUmyl7TSgAAAAAABnaozBIHWdS25MVaXC1Q0ugK8tiUiGiiCgZo9UKw0MBCef1rIugAAADE1
WRJUYo4QYPOM7hBohKRDhRBQAkGiCDBQJBgwcA8jEKg2A6NeAAAAAAAFAUtYNErojVq4QAHD
yMacJbkhzAOGAOM4nqi1hoIAPGa0R6HCgAABj6zx2ANFGgKch1iEY8cOEGDCQcIOEAQQaA4a
IAog0cVZrTvjRgAAAAAAIUFU5ix6da3owcIRkg8QCuL4DiFAaPEM2nrEtZV/AAgoAAAAGDqv
OwaQiiiilcgdisHjho4aAASDBxGOFEFIxooohIQkpUmrO+NKAAAAIeTVGnrsqmfOKqkBQHCi
DQHDRSvL4YcowkGjhTLnrcVNaGADHVXnoEKAAAGJqkO4BgDCYachEncqkJOcqda840YdA4eN
GI9WjRSMUBwCEY8qjXx2GmAAAAEIhCcDOnJVYKKMFGCiCijSUrS8GnKBINFFMuetxUVoIBDL
kVa6AAABDB1Wx01KMGjxo44U7lryQ4y1OFOZbQq06S3XmGiCkhCKIA8jEEFAUrE1K2MaQAAA
AAAAM+cNVgog4QaISDRyIsxWlmIRDhCMUeZo9cinq/gEMHUZ6BCgAABQHOUVINJBgohXlicI
4cPOQQedwDAHCjgGDAAeNEEAcOKs1BZRogAAABDlHHSBQFfVaNHDiMcAoCjSQ4zuJSIjHjRR
plz1+KatDAAABTgSjzvAz9RxT1zjCQBo4rTuFK4jMpY+CreNKrhAAcKIQiiiDxg0aSiDiqNS
WMaMAAAADy2s8nucoZ44aqxo4BBQEFJBBxwkRVEdNHEQsKlZbYRfmqhpOeXVemqiSq85izhT
nMFZerUVGMOkihRTlHCnMPOCx4HSvdDhRo4cOAUAGCgA8cOA5T0MnjRAAAAAVo87gM8c9YYc
Ao8UYKPGjgA1Br4UaAgCDSjJy9FApThNOKAAA0xpfjxBBBBoFKW4ghRVoIjGkQgAIADRRRgo
g0BQAUQYIdhowAAAAAAEMSdgogoDRwoCiiDygroLeGDxSMUkA6S5FADyWr+G13DjsKyLczdd
REQmthwAKPMrWqgApShrcxIKADwFABTjOwUUAFFABBwggoAAAADRpIIKKIAAAAAAAGOoNjAA
AAAAAAGZEOauA4TrJB8MKerohJBxoYuwITzo9KFADEmzHgAAAAAHl1egRYgAAAGcMyekgAAA
AACHllcSewSqAAAgogogAKAGPG1soAABCvA7ivOkgOg89rSDoqa6SkLQC1Ks4zrLIsYcWggF
EXwAAAAAIMHgAAIKKACCgAgoCCiDRBo0zRYl2ZU5a2sAAAFKZWuksoy1OLU3cAGOoNjAAgo0
8qq/LuMRUwhtoxlaSJTMVCMhav42YhnDSAAHIef1GdwEY0QQ3kdoAUx5PTi7KosAroOcQ5jp
JgIhkdtcw6HledpIMHAVhrzbwAAAAAQlWMOora6IkLkAMdQbGAAABAFEAAM4dZcAAogCgVow
tQAaZgztXRDARVIKauOwAGnkVmql7S1KmpInJzmOwojsHCHSIBdgAoAAGGoNzCCgAAAAB5tV
OXx6FCgAGMp5sIAAAAAAAFPD9N7lsgAAAAA84rdR2gBXGdrrHHCTnGTGuiUAGnjleyxGYos6
qSM7kiXqOI7YnMlWkEL6LIAAAADH1IauPMKpj2iFAAAAAQUAAAMcFbGAQBQAQBQADzOtQaSE
AUAAAMkXRZgAAAFeeaV61CgAAcR5VWtjuL8nFAAAxoGxABQAAAAADJ041MRDDpAAAAAAAAAA
MdXIaAaJC0gwWK+qU64twFMvVoWUQlVWhjlOgccFQEwRZUQoDqWEAcIBAAo8Yeb2ejrIEKJT
R8chzV1xyV0CHTCigQlkWwAAGQp0a0AADPkI8BBRKdBToKIQWs8SF5DRBBg4YQVGWkX4CniO
mzjdRznEc52HeVpiakMRZ2x7HKDAAQaOGjQIx4wCMwFb2EGDwGilWV1Z0tivL6LsQcQmkKc0
YAAGOpxrooi5JQM+WpmhQEAAEoEhRSiroJRo4eNFGGbs9mzc8aAAPLK2EaMAAAEMHUBXgcxO
NHCDgGko0BpIKed2OABxspbIaNAeA8cAo8aIVZsY6DRgAAZSnxpzy6uU9bgKIrqrBQFHjSQB
gg8QqyxOojEAQeMMsns0ufL8BDzmtBGnM5U0cROWxlyxrlirpBB5GA4aKMAlEGjwMKhTRB5p
5bEaMAaOHiiDQEHlSbA6o0QAAGSp5qo5ycBShK+qUUcOFFJRBo0lEKksTsIQHERKNMwnscuf
NAAhhKt40p5tUw8gNNGgKKuGKikFJCMUQBAAcOGijSQozmOM1pCKKMHDhBRCQYAAVRr47DQA
AAZOg1kAAIUhX1wDzlGnacp0HIA8UeVBZHYQCDhpIIZY9ljOGiADmJRxhK7DLjj1OHlNVXFZ
QMHjBBRo4UaOEhKeRiEZ0HMKISIK0aSCjQHgMAUqjYR1miAAAylNjWGIqmT1CUKQrKxKWKzj
xDlHHWTDgAqSzO0gJBgog0zB7NGdNCAh5ZWhjZgAAAhTlWVlNIxw0Boo8UQAFFAaRikRKMHj
xggo4UjFFEGjivNTHYaIAADJ1CbGKUzlb2FKEqK8uskA2EvaPGjwAQkKgtTpIgGCjhplk9nl
zxoQIzzatXGiAAABCmqsisqMjHCijRQEGjh40eIAERGPAkHEY4B40YOEEACvNOd0aIAADL1z
GwhRBQKMpa89sacxspeoUcPEFHClSWB2kQgo0cIZVPaJc8aADkPJa9Gi/AAABCmqqjgphGOA
BRBBpGPFEJRhGOEAcRkg4QAAcNGDhooFeaaLA0IAAGbrgNnDB4AURUV5jZAQRuFsR48AHAKV
J3nac44lAaIZM9ojPGhADGmiLAAAAEKOqOPO7JK4TsisqM6hCYsI1ivEIiQaMJBo4QQCQBSI
mEGDRwCDivNId8aMAADO1Tm5jzGvTIeBQnBVUNIyIkFHJIqjh4FMWh0kADxoCmST2uXOmhA4
DH1pYugAAAQoilrEp1HeVpzkNJHRXPHSapWgMFEGgOFFEFHDR5GOFIxRBo4UrTSRYVpYAACg
qjN1Hktesw4CjOCqgYRDhwgo8kGEhKUw9FVg4ERWDjPJ7lLnTRANPL62sXoAAAIUVVBh7GnK
dZWjTrJSuO6L5VEI0RWjUkVoDiIejlgHDgAiEFGjRTkTeS2laKAAAoKz5vow4VuIUz5wmLpo
1EVqPVBwgghIQ1oItoaAAA06jXGeNCAGDq6jRAAAAFDU0Z6kFFGijgFFhRQHAKA8BwCgKKKA
APFGjhwAeW6m6l3MNKothSjrPG9jGElaKKwxNXRo4cIOEHiCCjhBDK1GXkIIKIOEGiGgOsAA
QUAAAEMwNFGiCiCigIIPGiikgwAABww5Djq1hRBo4jHDhBtSEMVldJ1wpnqQnLEoTVRETnWS
lbVYWUA8UQUQUcMFHGeq2NlAAAAAAABAeBV6lGyAAAAK8zRtQAAAAAAADiPMa7S0K0mLE6Yr
yip56rCgAAACHmxry7AAAQBSmMvZ6DKAAAAAAAAAAABialNjAAAAAAAAhizUHaAAAAQlEaMA
AAAqSyJAACE88q4iqqM0BSFwayKYqK2MAAAAAHOTigAAAAVBj7PR5QAAAAAEKYjO44x4pcAY
mnG0gAAAoigqWLsz9dxPHmtbqLSq8nOMQ1sdgAAAAoCGeFNCIUpajjzmrkrCc74hOs05nzN1
6LAAAACgINEGDRhEMGHIV9Z49RhQAAAAAqTCWKuyjB0haHo0KYmlNrAAABUGfq3iYp6Us45C
3K85aBTnNjDgAAA86qlSUFVGgC0Ca9fSI8trRGeNhFmc5cgYIyFnasZIiAKrgJCQCIek40cS
K5IDoVh6ZAAAAAAABgK5ic9BgADEVIbOAAAAAAABh8/6et5aYcAAACAKAGCKuuY0hQnYcZdR
uBwHmdVBpimL+KSvUoCIrS2ABQAAAAAAAAAAGjgAAAAAAAzpylgXgABiqcbOAAAAAAABCgLY
6gAAAClMoeigAgAAAACgIBwGbNkKACgAAAAAABma7ouAAAAAAAAAAAAAAAAAAAMVTDYQAMAQ
YKSHUAEZ8916mbWAAAAOcryUBAEFEEGjxoo4aPIygL8aMHAMHCCkY0BRg4DPV2RYEhbHWKAh
WFmKIAoCHMUA8UaAwcOEHCDyMzldhpIaKSjadDxhwHaXADStLQAAAAQylXMKZyqoiOYtzuNJ
AOEGjQFEFFFFAAEHgAo4AHgOAaeFWaFdXCEFXsYOojpNBCiDyEyVehxfgAAAogCCgYOqZJ1Y
A0cIRlYnsMtVV7AMPn/T17LSgAAAFCcJnaQUUYSCkZGSjRwpHElKRAKRjxooDBYbSCiiiiEQ
05zYHaaWFEABo4AFA4jEVYGcFIxw0kGgTEYDyrL87SIQQcAhmE9hlqy7AQrCQsAAAAChKgra
Bw4iHDQHCCAPGgOIhoooDRwhIQAKKAg4iAcchdluaeAAAAAAACgOOqYaIRjRwg4cMFHlMWiW
SxCDhgAZlPYZakvAGHgOnpsbSAAAAM6VxW00CcgEGkg0Bg4AEEFHEApKRjxhIBEPAAAaAhXl
+XBp4AAAAAAAM0QVQjBCUaKNFHDBQKgtCwGAKNAaZdPZpaU0AANOU7AAAADPlVXCRCjxgogg
ggANAaPHDQFFIx4owUaPAiJBwCEZyF0XJpoAAAAAAAM2QVnwIx44QaKMFFJSkEHDBwwUCIqb
PQJeEtYBoDhwwcIIApU1wnKMFHpEriMkHAKNHDhSQUQcAgwUQaOGCgKAo0QachZFoXcIKAwA
FGCgBU1GUoCEopCPGgIOHHAe7QogDRRg8aBGNICI4RtA0fDiOnQoE5BXREY6kIiIaQnMQjyv
RiwpUrCnOKvKkwweVpYHMNI16BgwmOhGKp2ExMSkhIPJTlJwAcSjSvOAhTrWI7DoTrWZHkav
HilUf//aAAgBAgABBQH/AOKMf//aAAgBAwABBQH/AOKMf//aAAgBAQABBQHdKVuSDp2jHRmF
F0WOY6KwY6KwOjRh0WOJlYhgqjbcCfBY21CVaHs2tMFs2uI+zq8dmV47MrgWzK4h2ZXDsytz
2ZXDsyuMdl1w7MrArbMBu2k7QrWo8epjvMppI5pTSskXRIxBVNGIipmtCqmOQVTRQVJFydNG
HRYxmVLFWpNJHUEUjRkVIysdGYUE0zSh0VpRFSNmCpR0fBFTqSCqnEo6S6hJ1K0kqqcSS6tZ
A6t0FVPAqqQY6S+oyqX1BNXIcNNY6sirXTKRHXHaqqNVhEi0Lr8ntV4dqyAW1ZQLa0sdszB2
zLBbXmEO1JGT2tKHa8odryQW2JWa+jky27SpkwC6dIBVz2OmOjprhA6w0g60iI6wx0nSXSTQ
Dq3mwdfJQFwJrZGuxh2O6Ea5avvNzU4DSbgWlSgpJmakkoLQebVBcvtn4eMX9/6jnz84swa3
PIpIyNKFJNCNBESWwSEJR+ylRGsh9wLOEkeSIzBI1hP7hpMnRqU4Cc4oJWoEox7hCdBJyhSf
2xnhEk0tBJm2aT0BJnjR7k2RjQSwkuICLjAj4wI1Oi0cM2Nq/D1/ynqUX8O5iMzL2MjIErQS
TS2oj4ZZ4QI+CP4gn9kKSbIMuEMEgp5Giy3OkuoLlRFByVEUHJsEwcyCDn14VPrtXP1pixkx
XWtsfERkmV/6jmOuzzIoNa7HTA5mGgJlwkGmTDIubiJJubEINuQ2wUiPgpEfSmTCMFIjGaH4
pjjQlApMMy5uMZ80wYKQ2Y4zZkTkdtJPMICZEVsJkwmg1OjJU3OiEGZsXS3LjECnxkhqdCCZ
0FRFOgGOcrzCp0BQKdBwqwhmSrGEoWEpp9ranxFdk7T1KUsN7qUlLfU4BBFtBBWsAjRZwAiy
ghuxhJMrKCQTYV5ArKuSRWNeSUz69JdRriD70dyduSOiTN7Ogg9nwwWz4ZDs+KD2dGHZ0Qdn
RB2dHFfBagxI5/3niUqMZodacPzu46880l5nstsdmIBbLSOzUDsxGOy2c9lMjspodlsjstkd
lR8q2ZHMdmMjsxgdmRTHZkMdlwB2VAMdlV5GWzIBBOza9ILZ0AdmwB2fAHZ1eOzqwdnVY7Pr
B2hWDs+sHaNWD2hVmOz6sdoVY7Qqx2fXCBCYgxYHynqU/wDFY1sawY7RrB2jVjtCrHaFUO0K
odoVGe0qgdo1I7SqR2lTjtKnIdqU4nVUKBbXxulZ8zuMHI3ICkbmBP7lHG3Nk5G6AcjcxDmd
zDmNzGVdBXGLxkbetuY2xXTIivPZQ5DxJn7hx1DcAKwvzLqG4Rz+4gc/cQ57cA57cI57cA5/
cA57cI5/cQ57cgKbuQHM3IOd3NnndxjntxDn9yDn9yDntyjntygpu4xzu4Rzu4Rz24sHP3CC
nXoOde55+/HUL8FPvx1DcAOfuAdQ3COf3AOo7gB2O4BVwXoyPU029e/1C+HO3o56+HO3452+
HO3o53cA5zcA5y+zzl6Dl34Kdfjn73M5+Y5bW/zHqyt0zmZdLeIsi9HcpoI9u6OH5p8sokaD
bSVyf+RZz5pSKyU9Jj/8y5Tm6tvmPVlR93nJ2/TyojvomRGCIi8XnmWG2ZkV9HhMiIlx2Kw4
r/8AyJtVHluRYrMVj/h9TgHMi29bLejzI0kz3DTpkLsIaXnrytZYacS42DLJW/zlt815XXUM
tQNxSJFqW4LfmUS5p29xdWEWxK5mG8d5aKp61clcGZuazjyaG6k2Tl5YuQIMe2s2iiXUx6VA
vLZ5iLe2zrFJLsJkbz7jQa6duskxJdX1tS45TsS0XiozyrlE72/8YslmhuluIs+ng2Lc+BXR
YBPUdsYs4NkU+ZS2PTIZOJi+FsX99a/MeVaEOIKiq0yT2zVG8HauE7Jd27WuROiVvJRoseKx
dFcyZ223pqm5USPLZh1UCEzDoaqE63t+oaKNQ10ZMSIzEj+e5lPstvzbSvRI3RK0OWrjdqjc
0k3HJtm6tq2caad3JPU0zfvHZ/8Ai7iW7DrnLq0brHbyx6RAVLVF8lr85bfMeq7uSpadgWNf
Mf8ARceaaT43aK465lVe/XdconHJNg1yvHr+aKVT18eU7RPEVnSvRq6PUyj9B96ykyq6UcuD
/wCBnwmZ0VW34psdAgcg0hLbXks/m7X5lt0nE+pK2xPdmUlJIr3vRu1R27KiSsoHhMiMzI6a
Vgo8fb0VlDVHFQyVfFxZ7dbkMdChnPa2xBaKvgR4DHoS6SslvJSlKfTsH5706pkvPxv+ZZ46
1ZfOerMsL+umVV0zYq9DWgj1JGpI1JHEbHEbHEbHFaDrrZNU60Jq+K0OM0OK0OK0OOwOOyOO
wOMyOMyOOyOMyOI2OMyOOwOK0OOwQ5iODlRSHNxBzUUxzMYcxHHHYHMRxzEcTIdXNNjk2GeY
Y9Z19llPPwBz8AdQrx1GuHUa8HZ1pA7WrIdWqgq5qEjrFSOt0465TY65TiVNhSbm2Zbfuuhw
DHQa0dArB2/WDt+sHb9WO3qodArCB7eqjKpN1Dvi5teRJnQq2HBLzzydlz07epEn2/SjoFOO
36QdvUgPb9IY6BSjoVOJVRVoiwKepcgFR046BTZ6HTDodQDoqYx0SnB0dOOhVGeiVA6HUEDo
qcwVHUEOh046FTg6OnMdApQVJTjo1UOjVI6LUjodPnoVPgqGlIdCpQdHSmDoaUwe3qMdu0WK
guA76keDGmTOk1Q6XWDpdYOmVo6bWjp9eOQhDk4Y5SKOXjDlo44DI4DIskIRcXnH6xm5zruc
Ed4QNV0lKjvGyX15JqcvkFMmXcZuI6p2JXfm+NnuaSl7bbk+Q75y+euZDsasQ7uBREu/Matw
qLVfrBLvFAlXCgS7YyfXbmw0u44SnLshrvDP+8I1ndthRXaRpuEhSLlAWi0ILK2bNXVWyWVq
k8WZJU3ag2bYgbNsY4duocGyMcGcY4NioybslDTZjFkMWZDFrhZ3CQrrRFJfvY7e35MiTWQf
mPUqzy9eyZbEX+9Mv71RGm7WakW5qJu0ypuxM1N2Jjh2Q0WKhpn54c0xomjhuJtLj5vILIIt
IxpIk8IezRZS2Lr2hwCxArT/ANrxmV1LNeq6Xp0jzl87uL4VtOpGk1lgnixxT9nQX7o1axLc
JUMvdvJmR6dWDSD+0lkaCwTRGnhAz4YV+yFmTZLw2Rlg15GnIU3kKbNYNCnBp4gMuIDVxCyT
hmo1g1ageTDy9ALGLNsyibV+IhZ6x6lZjmNyqQlhdvVKCrWrUG5sOS6pJOKWgnApOsL0rBlx
Af3mf3hRkoH7qkKzY25/3h/XSEo0hJaQlOgYJks6BdZ5ODjkaz8vxbTHXuovQIv73cHwqQSd
QS3xARcQiPiKSriElXFKUslxNRmf1BDBjGkYW2f8QV+0M8IGfDGo0F+kEYPJjGoGg3CNBunp
4oxxyURuA/3BxNZmesyXqNSh9ATZNlaNf6m1SxUQvmPUrPyd2pNUM22woiIVzSDsSkWXSuKm
RZ0ryrF1+0VKXZNTlWnMuKamPqJKjSper2lH/aWuevKyD+qSIEgyNCSQEnwwStAufaFBxyVZ
+T4OpWpp9tFdLrbONYN+ey0HNdlcxtoi1BCNZpRrJGHC9lkSjWRGSikq1RjPJ/UEaiBFpGOG
MGgJLhGZkyadLIT+2PdILIT7gkGoEnUDSThY4gSknSwTxGfFPJPGbnFHENYSZKMGWkadIsmT
KJtb4ivjON3HqV35O6TIoi9QUIhLcsfZw88QOGp0sZCjJYUs3Ap1Rg16gZ5OUebK0L+9cIKL
Jkke2UqJKm1aQgzIXRf6kP8ADrPyPG0opkR/bMKS2555/G5xapvb+jISjISlLgQojTnUM5NK
8iU4ng/cakkZAknlCeGlBcMJy2NWgEo0BCtCkqMgjKQk/dKTUEkaglBOAkk4NHEGOKC/eInC
dBOcUErWNeRkFnJpwSSNAso5cntb4mGousepXfl7oZU9G6RMWOlS1iPWLS8aTdBlxQsuIFqS
4DVxDUsnDNZKJStQM/eUo+o2Bar5xGQpOpX1MwWSBKIgSxde8WGWIlb+R6luwUiU58BoyPYw
RpMEsavfPuhX3SSJwoROISScBLeAhOkkkTQL9s0YQWrSpBkgJVpCcAkhKMgkEoJIlljiAkax
7OER8UcTiAlawlZKGVKJJ+6SJJkRNmRcIWLJcjtT4qH7XXoXttLi2tHazZNt4V/5m4E6mtPE
Mi4oNPFI8OmZcUz/AHAv90LWSwpRuBbhqBq1BX1kqMrKeZ9wOJ1GpHFGCWP1DVkjM8K+l5km
Iv4lZ/P47gfmss7ds50mR57LTx1QpUTbyiMlHgjz7qWWgyJINYz9z+Tek5QWk0qSjBJOOlhC
UoeZkxODp4KEPNnKTJZ0PSmY5NKSZJJRhKTCU5CUpWZEShjWC+8EolGlfFBK1BKsj9QRkEnS
ZJNAT+2LBOIW1vi4meuegbTajSy0k/CuIud3CWY+OIenimX7g+10GonkmsnSMydStWsGepSj
1H/2M8iV8jOwd+okrPTxB/KR6VlqSoGozNR5F7/FG/GrP5vG9bqlRqEqfhee2U6ma6TDe314
QZ/aDPBqWZBZ6SPIz7yCPnCyRxvsekRjeiu1kzhcM27hcNt2McSPw1Rm12Tda021yrLUR5xT
jhEYIjySSUENZc0kofaoEZgvqlRmCMzIgkJLAQhRAi0GlJNlYtkmBtT4qL8z6kD87cSSUwSS
cMjS8WeKC0unrJ0GviBSicSZ6wZ8QH7kvJgyUJaT56wP+/0GsadYLDhGvinr4gyRg/cX2SZY
/hq/1eO54cp9vbcOU2752/m9wH/Uu/tqUfDC1YNSvuUekGFlk3i/31JIxIQ5h1CJcLhuFKk1
9fJkJYU2aml8EoqefJQPJD3BpMgWQZAjPUZ4GvJmr31glZLOTSnUfsG04BEYQWk0/aLA/wDT
2qWKuIX9x6DkqMybUmM94wMc7uH3aIzcCVcUEvijWTg1JcGvWDXxCUrINRhRmFfqV9ZR4nWB
ar40+5pyeeICPiAvuBGPcXh/sx/4Kr9fmsJ5Q2kWLA6hCxHmRZJ+HEQ3abg9qtw+EZ/tJWek
1Lwo/qoGkjN1OuwNBmDLJsklp+zUnkGo0daFQYxAoMbNMhCARA0jhjQkaAekhjSavYZBmDGf
YYBECTgEWAX2hIsvaDtXPS4vzPobhRSnZVZR0XfhX/n7izwPZZpM3AlWsfrIlksatQJesKVk
HkwovYyPKiEgsTb6UmLdKvmQd80Z9wZM9wjuEzHX3MddVmVNVMTcyZBWDUjcKWjLcShy1+oM
wbNLklVi5NoI/ONFtqow/SR33UUTxWkfb85tuNRcCKVRYoEqNudLVw5Y83HckP7Y6vOSZWs0
iK1nkCtpwK1m4KzsNPU5xg5tgp7n7IwqfaGH5Ng+HZtnJa/3dP8AY6TTYmlg7OMRy7vHM3pj
mL0xzF8Y498Dd3Bni7gHE3CCVuIhnchDO5cmncxjRuYcLcxjltzmOW3QOT3MOX3TlUbdGHK/
czqdvRH4tdF+Z9B+vgyHI8GHGPwr/wA/cEOXKh8putQVA3WsnK/dbg6fuxRqrd1rNVbuwyOp
3SaulbrHSN0Do25sFT7oIJpdzIJEW1jWLntufUgakDW2NbY4jY4zY5hkHJjid0MVJOGz4zbW
BCKqumrF3z2HKR5xTqxBdTrR1OuHVKwHa1pDq1WOr1ZF1erDVnA6p1qoBXdOOuUwi2tbHndY
qiB3tMQ6/SkFbio0juOiB7koiHcdGO5aEdy0Q7kox3NQjuWiHcdGD3NSY7koyHctCO56Ad0U
I7loSHc9CC3NRmO5KXCtyUxA9z0Y7lrjFYxKJfqc83WWPclSO46wFuKtMHuOvIFuGCou4oWe
4Ig6/GHX2AV60Y620OuNBN02YmzUSbebFjS9xlt2kIi23QkO3aMHt6jMdtUGe26EdvUY7eo8
MU9VHc8lhtmel7bPNNt2NzNj2Tt7y8eRfstBVxGJ0tzRDYlWZMRG7KYmD1pPJrmVbT0uVEJp
ECCpBVtcQ6bXGCra4h06vBQIJCvXXSLTkII5CCORgi2qzehtWhG2UWGouWjDl445eOOXjjgs
jhNDhNDhtjhtjQgPSILK9CBoQNKRpSMEMF5CUShn0zNJAloM/HPq2nzK/wD2j1YFwU6XU3HP
m5IZj3UqNQKbVEp5iEL2+bseLSKTLOmSGk7ccYnR4TzZu7cakMdssrkOwWnU21u0zXTVSUeD
q+G1GkTGD8h7fc1JLBelNZ4UyA081C894lxVfRIYKf6e6Y0Tj7drT5z0s+ayP+6V/wC0eZc+
E3JTYQFuktKg7ZV7LqpMdK12EFtmPIYksztuzSmUtP05qVWtLegwI6o3S4ig1QsOIjQIbU4q
+HIsa6nTBePbbSIsSnbksntv3iVDkd6dBKWiDCKI34sUtcw/6ROINfhnwz5/fxwYwfkyRA1o
IuI3g3WiLmGMTb9tl+rtGbBoWW340+RC2vCiS/NbWCK+DWWNnLFXLtJBtzZ5UdRaznpbd1Y8
pDkT3r7xs/mjz3R44LwPOEVVszYQ4hv3FbXHCO0qp8idMhWJOS6qcipqkupgvX16l6mnzphX
0SRLra+rlqOnhTynUUCTHl0dVLZl0NauKrwSfJWXkkyWIrEndZrETdSW2e74QPd0Uge8YhDv
GPnvFnJ7xaEOSUqL42z7setVAiNQLKdcuSYbu5jkpe3YpMxW5uckJ3Rkkbm5JqPuo2Y8Lc3N
HW7pMpVTuN15NPfcoxS3iUtUd+l49vXRqk0Nw6FbZtDaa21apTE21YtSuz7DEras56Qe1JKm
D2i+bCdovEwjaLxMKgTqY6GNJN30XGm3Us1UFlyP0yuQ+9BWaE0LTrNNVMyekVvOeNn81/8A
p/VVfVaZUC0jTlDHnnxClxa+WcqP4mRGVjUU62oknb7EBb1AhdamkmLKVts23X6Y0FN2/rem
7faZiOtuxvEyIxWxq1e4SqbNmT1SWwUSxhTCVcOJnpu4XAk3VbGU5ZQmz63Vk+zPiPxo+4Iz
r82y/qZs5+Khy8qmW+sVvNdVhKbqZ/PwvQ3UuSULbDslUL07GM8rcMqFK6g5VNHuAvLZ/Np/
9n9V2kuNe3I8xhj0X08jfxJTUpjxnxOcintxk0lQxeYgUrcQM7bjoZiVda2pvbTaUubdQuO2
jQjxMRrVxF0FpNSbJ6hdciViDlvbdfXCm0UwmnqR5ywaoHG5MWjNqvTt+StpNMvpFtVOTmba
G/GCaQ+ZYojbegReUh+hufT0vbhNprP8bjspMSyrLawdsfRIi89n80g87n9Ut2Oaqi1VYF6M
+umKkwIq40fzz25DkKvQ0ub5pkhEaKXVCeRaW0pfRzfDLDDDfm3Af20Ksn6u5G1uVe3Gjbqg
tppYTHjpV/wLPPWVlJPcui4Gm6Gm7Gm6Gi8Gm+GL4TZtpCZi31pKd7oUb3VbAyTYXJjm74wr
bryzg1ttATjcuXJdnBixribHPrLJuR9wNOmncVIsL3BSoKw3JFjiutLawb6rKJXVJII74Zvx
/f5/vxm9H96P70F1wH1k05uxm8GdxAj3EM7iyR34dRcPNIYsTebRcMtar0ar0ar0ar0a78a7
wSZtpFajW8uUS5VhoZtJThrn2SWeetOMbm4BxL8G5e5Ny+HF3GIM3mm/LuZCl1W2W1IqfLKs
XkSEu7hHFvhxL8cW/Gu/Br3DjVfglX41Xo1Xg/vh/fguuibzvVnJsSLuI76lCtwUiQe4aRI7
iowe5KEh3HRZ7loSORNpLVqt28mI/Ue8bxszumpG1ODyodjsOqdrILsvodTmPAhR3DQhQkVl
dIKbRokyWlJ2/FSTS0JagqVzkIhzsIdQgA7CvIdQgA7CvIdSrh1GvIdTrDB2tWDtKzHWKkdW
qh1moydxUkOt04KbBTuU7ymIddpge4KPKb+lUOvUo7gpB16lFhb1MqGcnby5UZurajLk7eWu
Mulbah2O2mX+5qEFueiMHuWlHdNEI0lmSzEz1jy7pPFRtgyOnEm4ro0pC0LT4QixZyZUeKz3
Vt8h3VQEO6aIz7ppMd00o7opQe6aYHuiqB7oqUl3TVBW6KtIVuesSJVnGm20gk9fJphCTaYb
HDbbC0tthSUoBoSkG2lItknzv+ab8Txe2nK4tLHsI8bzpmyX7G1rmYledfAIzr4KQdbVkFVl
agdPr0nyNegjr68jXBrxyUFJrh1yQuJCM+TgDlYKRykAFFgDlYAShI0JyZexJbH2ivYY5VLE
Yz4URSktRVqSxHUEMR1mlplYbaaWCabcCUIcCSS4EYdCf3DTlZ2Cv9LbRkdRF+b8u5HFt1m3
nXHaobmkwCk0FVYtyvCH8lub43K9SFLw2tZmhSsoW4ELWQQa9KTUCWsZWQJZkRqMSlK6is9G
4SPhD7Wwf7RLPhFjQMEg1JSQtUkmZ/mm/F8DMiKVutIopM+TFD17XMhdtHTMRuGCph2+rmo7
syK1G0y7gq1lliXuT49XuFFqC05NWfBWoKVgKCshxGoGfhkh9DI/YjBVVikdLnmkqyeQKqsD
Iq2cIjZMxkrJYSrUafuBYWScOBJk4Cw4STJ0YS6C0PAiJ4JSl4ezwsVEqFtn4iMX915dymgq
rbZoOqBsMm94w/ktynprdOQhOQhGoILUaE6jTlRJLIwZgyylXuR5MzyJGepOK07jNXDCl8Il
K4YUZIH6D+gV7HYoJM8Up/6vjK2rEUKOJOiRQ7WVhyoTcN+xRFjv1z9U40wVLCyIfyG4izCN
JrBp1AiMwpOQZGYwYMlAzCvqszH0MzGTMZMZIaw2ZKVAkcC5qZjnVG23k7c1Fo4moJWSglZq
GdRkslgsrPVxDSfEJJ8Qyw4WSdIj4oSsnR9rosXswds/ER89Y8u5SQdVtrT0nyxC/sdx56eq
MsiVXy0hDDizNtKXTjj9g4qmSILNgY1EaSM8AyIylF/ZO/buDOgajbH3IMz0A/tBnpHtmxyV
j/mk/F8XX2GUoWhaTyIVPNi2canUpCKGxTGlVti7HRnQIf5m406oRo1g0msjSawojMfrCsqB
5NSiyPcGn2MjGFDCgWoJBGEqCUt8QnFYUfFQ3p0ksjDZ5CfcyUEr1kS9YSZrCT4wSfEWhesE
rigj4h6taiM3BYyEHD2yWKiP835dyIUuq2yhaKoW24DhSKqfcT7HwifJblUSa9huqbfrn4jc
urs0JfktLm2HLnIDdeuS2mqafaREQpxRGsGnUDTrCiycsjOyd9twHlIMzbJZpaNS9IP7Tzg1
ewsPax/zS/ieO6WHzlbZjyGYXnh/mbjSaoak8U3CU4FFxDUnWFEawpOsGnUDLJmnIUWDBF74
Cc5L28P8EZ4z7EoEQI8hKgStQI9R5yP1DJqMj1DVxBq1lxNZErijVxVZ4h2LmqBtnPSY/wA3
5dylmo2v8WJtTBmnB29JhWXhE+T3Z8TpjBJMml9pBMwkGuD9zqcG6DI1kZcQGROGtJup4ZYM
tQll/YuGfXjPSFngKPSFGZGZ4GcAzE8i6kKX8PwW4htNpdyzmUrs52L54f5m4k6oitLpqLik
aSdCm9ZmjihSSWFJJZr+4zTqBlkKL30++kEnAwYwZhslECSD1EnBgtWU5y3qIESjItQI1AtR
gjMwRmY9zBGeMmoZyfuoK+8WKyVB2vjpLHzfl3EayqdsuLXW+WL8nuz4hTSdKiUF55aCnXCV
h4fylq1hWHiV94c+8e6waTMTCzYmRnfL9jUr3MwrJBSlEZqwNYnJ/sP8034nhJjNSWCZ2oUi
mYr2Yfnh/mbkLVEVl03EKcH6gssmZG4a08QKTqJSTMGXvjJ6E5JBECTgYMlJSRDRgEnBJSSA
SdIS3pBJ0gvYYwScECIJ/SRaQReGRqH1Bj6gzFjlUHa3xLJf3fl3ArTU7YcUuvBqSXki/K7r
96jnU60vt6DdQpEL7oWrihSidH8hKMljUSwZkY+oNKTExH+8Xzii9z+n0CjH/ZSgWDE75QUp
KKJ4ntmqN2FCjwmPPBLEzdh4rFssGHK1KZJQnVLZqnnkHH/cUyZBEdCgcdsFBbMU6STJLA0j
T7Y0gk4GkkhKNIJGgEnSXD0oSnQRI0hCCSCQaTSnASgyPSZGScA0+2BjSX0GMF9AYsT/ANLa
5kdY2Rle+W+0dI2qpJwRuVDK56fp4RvltyfHqWpajcUoKcWsjcN5RnxCXhYPKwo9QcPUFfcP
r4TUZmYNVwog4Q9weoZMgSsjIm/JCl/D8JkkosZO7Iuaywjz2/PB/M3UlKoBsxcuOMCXJ4b5
lOSyllh00No0mlxEdUfgPI9hUr/2SBJwWkJTgF9oNOCSRINJaAlOkJRwwSdBEkkESdJ6SQZJ
JJ6dJ/akYJIMsAywZkDIiJQMgeBZ/hbUIyrEH/8AYPLe6OkbV4RxRdzYvUUnkvBj5XcZ4rTP
Waj4gWviDPEBmlwOq1mayUNeoGrUSjyE+55wcwsTHZMdi0VZ15kdlX6js64Ks4BKOzrwm0r8
lbQCEh5qRPIUZkcLwNJKK1RQ10qokwpMTzwcc5uYyKMmyQTa57S4z8xt9RXDhLjzExnWZKUN
ImEhp+y4r6Xm81chlh9NlXpCbGACsa8jTYwAixhJCLKCQRZQCJFlASG7OCkN2cEJtIJEm1gk
G7aFkrWEkIt4iQ1bQyBWcLCLSEQ6rDBW0MwVtFHVog6tFMdWijq8YxKs2n2Nq/Gp+f8ALekh
VRtMk8oLHcTMSXT7iOdJ8I3zG5j01SruKoKuoagu7iKHXIZhV3GUaruGZqvYai67DMKvIuTv
42Sv4wK/ipBWEeZORVx59x2rVDtSsHalYO1KwdqVg7UrMdp1gY23XMvEKQ/9Dxuaqwdl0taq
BE89f+VZVrFgx2pX47SrB2lVjtKsHaNUO0qkdp1Q7SqSHadUO06kdqVALa1OQLatOE7WpyLt
enz2xUZ7XpgrbFMoFtmmIdtUw7ZpB21R47aox23RjtujBbcpCB7cpFH25R47dowW36Qdv0hg
tvUhA9v0pgqGmHQaUdApRLsZjD7E+KdoDESzhS3/AAukoVVbVSgoosttx5z7NMbVuqVFQJF5
VMFMvSbk0lm7Yo6RVGXSasdJqx0qsB1deOnVwOsrR0ysM+mVoKtriHTq0FWVpC1jx2bSMdiV
rxNxDXuMGvcZAndxGWvcmdW4xncuM7mBp3G4UZhuOx6Zh+JYMTDf3ECf3EDe3IONuUcXco17
mHE3KNe5QStzZzuYZ3QM7mGd0DO5hncozuIZ3IM7kGNyZ07jGncY0biGjcYlSLeGxBsbCeOF
uUcHcmeBuQcDco4G5By+58FH3KDj7jBRtxjldyDltwhcPchk5t6c492pAW121XoNVfZRo9jT
S2YCqy3ekM1tgm1soNmcegr1yWOgIMu16ox2zRBFFTINdPVOItKRMxMOmuIaeV3GCibjHKbg
HKX4KJfg4d8OTvwmFejk73Jwr4JhXpDkrvM9ma1aVGOreo9qNpo7JRbYYdYrvPOlJiRY8+xR
I9WYs24kGzfhsO7gtURmbqS9Nj31q9D6jMkOU9zJnyjvVmc2zvOWmuWplCW1KuPRs3IirKnc
fcrPQt0a6zaiFJY/4d0f9pVY6t6mcF3ZUCJLYls+d1pt5uNTNMu+ebYIiBK0q8runQxY1/Eg
dDsUKmt8Ji2q2YBWNfxWrKFCjo3DFcmi3SR1m2CT070XGGHfStS1Vu0G9Mf041tAlPRbmulv
sToshqNc1kp1FtWrS3a17svwu8dTp/lPNa2PIxy3E4mr7iJustLHkYZbkXyPW1c1TWq7JlVj
HMbYivR4tnZvRXl7hTyLl2aDTuP/AED3E4mHFdceY9DHhZ170k62A9HV4O21ezKQvWSkkokt
UkcViKeugx2aubUv0iJkNqiZJ+Vt9p4JoYaJQu2HX63aif2/PgY8MkNSck8yauYj55uKZ9Qg
5XYwELO0rUiVeVcUXlgkoe3nFQJZfT0bJiTIhV1FYNOU1ZasT2KxiJDr6W0Yfh1NmT0CDZR7
jwvPk6YsWfmm1cGcZbbaTBr6luKza1/PxEbdZQ1GoCaTW1669juWlEKZCmJsqkpzh0EU65ug
YRERR6YatutHAIsF5raltZM/te5CdsXGrtm5z21dZ7ZujHbFyO2rvMiunFKp6K2jLx7M0xNi
2YS4gq6Q0upcYYr0TELku2cVvx3T/C/wW39W61pUxus21RN1cRFZuVTzNTuZLjNHuHLW3rkk
N7cuMM7atiDW1p5FG2pNbfa2dJS43sxwnGtnml5GzMOJ2YRG5s/W65s9CnH9pOpcXtpyE3W1
1k7M9Tqdou+Xd2jdq7PvStvJenixp/lPUVjTIegOv0HTuS98+nfRrKXKKJZvLfrrrgWxzmmV
194R2EacmMdbbkqniSSsseKduqW9IpLU4Z1Es1xqOX012j0yIdJZoh+C20OJiVcCGv8A4mPV
OkgnP7bq+ZVVsqtPJe/nVHyvqfUdDqMsRo8ZHntnH26+tOMmd5seOPNKlNR47FlPTJGPXsrO
Qw/XzlSkf829/NqnG0W3HYHHZHHYByYxDmY4OXFIc9BHORAiTHcPxVnSiZYIRtdxbkDzvPMs
pbk1TY6nWjqVcOp1w6nXDqlaOp1ueqVoO1rCPq1WOqVo6rV56rWDqdaOqVgKyrwuZWOoiM00
d07WrIdXqh1qnHWKodYqsndU461UDrVQOs1I65TDrtKOu0o65TDuCkHXqUHf0pCxl08tcGxp
IjfcdGOvU4iyo0pnyLsoKJfnkSY8ZlO46RRdw0+e4KgdxU47ip89x047iqQV/VqHcNYC3BWG
Cv6sz69WDuGpxbWUWRKrokV+26NVDotSOjVQKrrSLpNWCqqwj6bXA6qsEqlrFtVUhcmu8DMi
KHZwZpehGhR5cvp0AdPrxbQ21GZyWmkImyYpyFsxIq+adqWnpIOFDMFDhkOUijkoRjkYIOvr
zHT68h0+AOnwByEEcjC08hBHJQhyUMcnEHJxBycIcpEHKRBysUctGHLxxwGBwGBwmhwmiGhA
4aBw2xZznzsTk3Mey5ncxjXuowpe7COF1VKU9Si17dvNbq3J8+TFr3bPpPUb9BJvZmS3HEDm
66dIt7lmTLprBU6CPfx9/H38Pfx3L/McZb9lyUgiOJJMijSMHEkkExHyVycjJQH8NnLj2j38
VKkiqvBWMPprlSaNNgmH56v630yXGTxtwpLXfNEp3cKApzcCAp3cCCU5uBAWu+Sa1XyQZ7hS
DVfpBO7hSZv35Dmr8czuIgUrcGOZ3Bq5rcKgmVuAwmVuAwUrcKgmVfLIpd+sJk36jTIvlgpO
4FGUu+WRyL9wcxeqCZF0sE/dGfFuDCnbhY125lxLcwarRQkv2LLW33Dmxf8A9F5TSky8siHF
knY1LdhZz21VVCbVoNNjhTU8gpuaglNzCNTMxJGzLSDbmDgyxy8oFGkqMo76hLaU24wf9i4k
nCXhalFqNaVGWAScGn2Dp/3b/wDFTfFeBkRhtmBAZhzosxHnq/1bgVpe0k0FI4Rmngg0k2o0
qaJSOERt8MzImwoiQasIB6UgzJJmoyBmYTqBGEqM1JwoJXrJCycLOtJK1klXEBK4oSs1jJrB
qJYUolBSjWWtSws1KJxZrNRqcIz1krJnYrPlNo/gn/7H6iCT1zcpF0cjPSRmQNRpSa9A1Gga
uGM6QStIJSRlKzIshBajsMGGslYqUowr6+404Mk6QksAvYPF/dvfx0vxXgrOLBqxbXtc4x13
nqFaxfOaJBfsgz4JJwyFKS0fsyFYZCstkv8AaB4bCzJAUokg1EkjMgbn3aiGvIJeTI8gjypD
mSJeskqyRLNYIzUNWoZyDNRkZmoGeSUalBRmYX9wcLWR5UFnkWSj5LaP4isdx+o2r/7Buf4Y
jyg1DJ5UrAM8Ga9J5wNRhCsmlWokmhRJInRYq+xpX9mZ5GsZIgWGwWGxgmxo4Yd+bd/RQ46P
4qIlJjxY0ZPnq/137nDkEomgZ8Is8IKVwjzwSNRMkauGpSktg16ApRNko9IUoiCl4BqGcg/D
UsJPISeQn3Gv2Rky1ZCVAjyFexZCjwDLIURhZBYUFEYnmfKbSP8A1F/+xeog/wD7BuYs0yiy
SvcKMwRYLODI/cjyaF6ggyWZLJYQZOj2eTaL1MuzURbU7xkFdMAryMQ65GSG7yKZJu4KQV3D
Bz43Pq3fUqTW7lrYsA931BH3fTg940xDvKiHeFFnu+jHeNCO76MHvCjId40I7xos94UQhbop
467TcNZLkIv61JJvoKQ3e1xDrtek27ytSpN9WpNu+ryHWq0h1qtHWa0dbrh1qtMdZrsFdVxj
q9cOrVxhNvXhNrXhNpABWkDBWcAh1OCCtK8dShEOqQQVjASOpQMdQgZ6lXDqUAh1CAYO0gDq
NeodTrwdlXmJdjCci0NpWRIp3lP1buqiz3XQjuqhHdVEO7KEd2UQ7soh3ZRZ7uoB3bQjuyiH
dtEZp3DUdXub6qm1p2kAwq2rzHVq7PWK0gm3rjPrNdnrNbjrVZg7qtwd1VmXWq8yXd1yisLK
NK8peJAvA/oQUF/pP6J/SX08T8E/Uh/gh/jx/wAK/SP8rCh/2/8A6OBX6D+qwkJ+qf1L+p/R
H0P8owf1SEfRP8rn6lhAP9SB/wBkfRAX/Mj6OfpT9VfyJ+ifqf1P+L/oP+6Pq7+uT/Ef1P6J
DX0/7H9U/oP6n9QkH+qT+r//2gAIAQICBj8BKMf/2gAIAQMCBj8BKMf/2gAIAQEBBj8ByDKQ
4oLK92yqlZ0bJMhPxxIZl52pRS1JSQHVCc2EzVY4mVpNkCh9xyolLEikYq0zqZTVsqTK1Rsi
4644VqKGjMJxHBOrL/MKZbRsMBSXXFhRKGp3a3RObBsuSlt6DFxTq5koaqu1OidTS7t1Il0m
gxdK1WlCKppm4JzbXduoErHNcGRWUzobCpp3gnUlwysasscjFbM2p4ZDk8QLGmQsqb5F64Rm
XVOJWoqFKFAJEjKwSjM5PEdwmG0LC5iqa9RMoG9e+VPkiaXngfGnyRa88fDMeSO0v2aLw8kd
O/6Q8kdozHpjyR07/pjyQd/mLfnjyR2h/wBP+qLX3/THkjp3/SHkjpn/AA3x5IZygW6ppxpb
qlFd4FJAEjLRbDryHn6mkKUmpdkwJ22aIaeVjJqE3WqRWZypcYGttM7xgVrUsJ6YtCdajKlb
HnN23jqgF1arLHlNAqvGVJYEr7dt5WqBiKUi0Icw5rGIqVKU3byDO1eqJFakSVhrVtJS8ZUs
gUisKn0mqJurU2oENvaCG3jKTEucVTsXoEELeoCFhDpWUnAWZSYWQbzip2EWQanVNyISqso3
KjKTDsja4qd2VkEVLbtHSU7rRNl8hXSqnclCpKU3MgpxaRhCzdZiR6VU7gEXVLTUakpdsw02
TazBGy6Z3BCZYoKpKbDhKJJsqS/Zu3LbqdcICHHKlibQWSipNky7d3akzsTrhIacecxBUykm
jFSJVrVMbqmeg6YRhvPOYo6vSoIL6RKtxIPR4c7QdMNhD7z4WNylBAOYAlUtuZuhE7wV8UNl
GZddCxu8JQ34smrLzXYlE71UJPFOug7KmpEvfOy4r2UTvzhPWXF8pZmrF0SOUvXkpnfnE15p
xY9apmpVZspVlrb6RO+dUTczbu76ctVqtMqeH9om29yRvs46MKzMlsrUEFcqML2gVO9LRG+z
rrWHZmClalJaUqWGE+0qnaRohQfzrrJTSM3IqUllSpYadN+uekaNcKxc++zhyGaC1VYBVLDS
og3652U6IOPnXWsOQfKlTDBMqA7Sq9XO7T8cHEzzrJTLExlWZecpJzBSvSud2mCFZ5bJEsQP
KkGJ6DmSF3SvmS0wQc64hXNxlFOF/nJKNFXq5aYlxbqSejS8VIo87irThz5nLEm807NfZ0ul
aDZt8R7L5vLBDGceVi9kQ4XEFdPSYvs5c2e1ADWdfdQ72MTUhT1PSVVWN0ap6YQWM/mHsafC
yUUY9O2UhRuUa6tOqE4WffexJ8Nhrtflt4QUq7RzqvihLie8HHG3DJlSXFJS7rUpmSibmhU4
GZPeOaaUSUlKVmVnJOM5l/8AyeaTwqkJCq9qpNUzH3vmvlj74zXy/wBcffOZP+/jj75zJ/38
cffGY/3+OPvjM/7/ABx985kf7+OPvjM/7/HE/wDzOZ/3+OJ/+ZzP+/xx98Zn5f64n/5nNeET
/rh1au9cygtuuM3VaaDKdsZeXeOZex3MOalaNdgBtPIIt7xfToM1kjDTZcevWPGd1OiJHvB9
vnKxVEYaTKTb9+66Z3Rog1d4vtAUlVauiBlJt8V2OqndlZF/vHMNgEV1LG6nKlt+S+kVVdlZ
F/vHMNCacXEWNzVKlt2SttVVhFkLxe8Mw1QRjVrB4eqVCHpKtUuqwiyDjZ7MtYcg/NwdXqlQ
h2k3yudhTog42dzTIbI4mblXD1SoSqnpK56U6IXXnc0xhy4mbleBVsJMukr5U6NcLr7wzbIa
lxN4rwatgXekr+boheJ3lnGcOXFXy5hT2JSG8q+bohSne9M2jD7SEmvDB2KQkbyrwaIyjSs/
mFuqWkusrUShKSqQkuQC5jTyR3cnDW7UpYw21ULVoMkqmJH44cHTB0lq6aQ/TX1dF7duIleV
rhYID6XdzUDTxJTXLKad0pHn64M99izYJN3HIq6kRzKPaa4VMY2JPLqJEsYiqWTXduhPtNcT
O8rJy9SkyxCKupuXLG0+0hRprqJYVWnpDe6q5c6AanIUZVAzZmsbRvdWdudmGpcVlFRQqgOG
xabehRdE2E81UNflL/SMZ8/VMf0/Csf5Zz9NMZr9Uv8ARMZe1yUrJ9KDNNrX8KefA5qEyTuh
sqNN3LXeyq5xhJlh0ENVNpnhlVG5y9y3Lq5yoSaUtFO4kgTCCaZ5NFwblftNUIsCAk8KPmFV
P/x6RK1KvawlKQGwjqyUi0InKrICRvKV7SEPCpltASy4850babBweYClzU6DYF+GEpEkBuTY
Dqp4c6OrvXzW+qdxWqAnRIBCA6Sadnd5i9bmfMMCWqQ39oGzdzVpnmvMgACrR0+uVPbLO0j1
cJEsSsBVL4liBNF/NGi6+jmCAC3jF6ThDopU+EUb565dcb5qdcAS4jiAHJKuHNBFPWHLowy1
qTrifaRmZOk7BzYbp34tGHhebriaVYxfpcNF05oJp3zV7dpb5ydcC8XcaS9yaVPhNG9y1+42
nnjXANWIVymrLWFwXZKyV662PW8sCauQ1ZXXs25AWyb9qYQRJEudlROmdPYRTa2r1pgFQSzh
SE2BNLJVTdydy8hfrDqjUwliSZtirhlLp3bAovpc5ytUJsGW4aSLorGVK6d03d3gd1q5sACW
W4UhFt8ZTEp3P1uL53NgSIyvDSbFV/hMSncqt3pdnYdUJkRlsCTYxDWMtXTuXr28U5O6dUC0
NBqSQHzUGCqm5m7+8Uue75IlsUczNKmG5ysz5qNRV6qJS06Bmrfi7xNtvsYlTXXKzNaVy1d4
XbCn1USoL2NqzApL4T++mm5R6rli1JzIzInJ0UHNhEu0TQMLC5nnQbOKGatkrdqzgb1rsGDg
6vOjSc1xQCpjdHOBuV8WjBweTnQJq4niLSW7hzQTKTjN7dBrnedAVioXjKSSvU9SBJeUTM0J
Tz+Uwn8ty34471/KZ/Q+Fzn+be/HHd2iXECc7NX4+TwwLfjzGjm25/672caaJStzNpROnt9t
rh9VAvYdNlWZ9XOntl68tXq4SqotYICZvqqwaqbM4K7y18w6oFuBge2NfD1U2Zm9vFOczkid
XD8P7U1nK1y6e/vS7zeSNPCjLeccQ5Ovz7xxsXV5saTluEH6w5OvzrTjY39mJS4Y5W2Q3nBh
c7w9ti/2Yn2fh7QE7w5Wud5FhxcXWObCpDhzlgVJCBicLXVNbRp3pc1p1RdGBgTWKBUWK6t6
zdNanOcnVGQa2AlYVw6bW0VOTqQuQmV6VDVGQJSVC8DQuhR+aFEgJ8cKnmG14k2yA4E4m1LL
i9cWNbmuFzzDSwtJaXvAnESJ9UIquke1hROZaVUjDXfG8RbLKfNAn0sT4lpQU3hWqsWi2WTV
yAT6WFEvsqmjCNR0ptllFXejE+kipWYbmU4c+VNssoq50Fu3piZzLdow7Tq/dDc7PbtQEMqQ
4uwVA3m0j1LV1NTA1GGx85yXpRnzytM/3vhWP8s5+mmMyTowlz9EwxU7I2N7w7wLJG6NlmVP
OiZfbRSQ0VIIum71dq72Yy0wnftNhuTM0EHD2Z5VsU2sKlauBJ5lNKcK6tJs15FJl0Rl0kdo
aSEowp1psbsnkALLProszCBJAbSKxY3+5C9arkdg0ZhElTmFLBQlJIqy9Ndr/I5CN8kUp0LX
OSLs23L5qzNl1cJVip2Qd4qdwU9LaZ5sc0wml9JmjEAcNhQKZre0zzYldhO9QolIdAcVtNin
fPXe1JldEDetuVgOXyL6U09ZfudoTKxMXn2nAul1SVKAxaaJZp26JOop2NcSU+h0OSdXUpKS
/TTLNqlKhSJdHri8+hwLUlxy+lJfKaac3tCiiVreuCVZhK6ylSyhwIxVJplmEX7jaZXka4td
SqpSSstrAxCKN8zvLjIlfTri86nUFYKgmZu3sveuseeIFTraAKUdXMqVXZDKi2nLmV+E1Ptt
0kNqLJsbUad3lbvQKlfgAvNNYMmyWiJMqNG5y4o6JfOVqhEsy0xhXElCknAnTPLsim82uVq9
UBIWjK4ICGHAtDiWgqmthoAX0qptcOiGt+2wWxS3fCuHBpqy+neV+fqhspeQyECloLWDw4uh
TC7+8K5GS9UNUvNoCBJAWuoNJu1NO3944qRpXqhCcdCJCaA6awhN0KRmTUa3bDQdUNU5hJSU
zaGZJN0U1DO23nPZwCH21VCaE5gm+kSnxlhm4mW7gDHQ5VaBmJ70Cm3OmjpES3Yi3MNvBcit
LxkXwKb+aNFi25XEwurMNvFylSy4Qk5imml1+5cW1K6jXBqzCMxiUqfqIQrM00gPOSAwy3LY
1wa8yMyFqRjW0qzBFNL9hGEG5Wo1wqvM4hUpIeKJpxlCml5q9u20yvDXFKX0uLqBdum+QkSX
lrSG2/OHLA/WOfjjvafntf8AT+Fznhzb5/DGSKpyD8zLkAt+Pkix6qVqcZCjiC7PiwBecEt3
KBS+ZyBQp9C1clXGgba/Zy0QinMEU9GcwlapaK+Ltvr8zkhGG/RSNyt8KVh6KuKvbxSuZyQz
RmMIiZy5dqXgefxN7eFXM5IbozSWQJ4Faqzl57WLe3uJq82GynNIy9FWDNWIctPaqtOLiavN
hvDzKMvh1YNuJws51H67E/swinMt5fDqwpGs5Wc6lJmN7iT0c2BRmUMYdRbCDXw1VU3G7u9L
k7RqgdabaomUBu3hyqres3DWpyd5OqLMyhqgqICLcCqqbzNy8tc7ydUd3pZcSpKHRNpu1pBU
5OpKpJJUvSrkju3LLsQ8paFEaZS1TjtD39jR6Mdpe5OZ9GLM08LPmfRjtb0uS59GO1vD0PJH
a3/7P0Y7W9b+T5I7a/8A2fJCcs0SpKOcq0knSTGdHIyz/e94Uh5BKTSRUNPIYUELSsoMlhJn
I8h+Ay/Kcu5L0kwtlWy4koVLwiUWZ5ctAm2gmXhMduVydGiO3L5OiRojtyuTo0aIA45dlnRo
i3OLNkthEdsXyWtonEuNV9miO2rn+rRHbXOXYREznHDr2UeSO2OcsqUeSO2ucpuo8kdsd5Td
R5ItzTptnoRp+SO1O+GxH0Y7S7P8z6MW5l0+h9GO0vf2Pox2l7RKynR6MCWYfmLBan6MDrD9
miRT8mzFmYfA/KT9GO0P/KnyR2h/5U/RjpX/AEh9GOkf9MfRjpX/AEx5I6V+3548kdLmD/if
1R0j/wBp/VHS5j7X+qOkf+0/qjpMx9p/VHSPz/Wf1RIPZhP54+XRCMsxOhGtVpJOkkx3p+Uz
+h8Lmj/EvfjjBzFVIIUlSDSoEawY6XMfaf1R0j/2n9Ubb/2n9Ubb5/xI2n/tInN77Qx637Qw
LXrNG9Meu+1MaHftFRod+1VGh37RUd2N5YKGK5NdSirQRyx3WWUhbyVLKG1GkGzWq2OwZf8A
mD9CLMjlvt1fQjsWW+3V9COyZUf4y/oR2TKfbL+hHYsqR+vV9CLMhlj4OIV9COwZb+YP0Il/
4/LgnXxBkPDsQ44+5jZvMGp90WCyxKEDUlOr3jp4Gua1KC0qRbMzB0zjMLzDOAHKQkEgkkaT
Z8A2/lFpbzuWM2VL2FA2KbXLUoRb3OmYH7yiU/BZH3Qj+aR9GCf/AA4nq60jyR9zJ/mkfRj7
nT/NI8kfcyf5pH0Y+6E/zKfox9zp/mk/Rj7pT/NJ+jH3Onx8Uj6MfdCP5pP0Y+50fzSfox90
t/zQ+jH3W18WZ/4Y+6mv5n/hj7qZ/mf+GPupr+ZH0Y+6W/5ofRizuhv+aT9GPuhv+aH0Y+6m
v5ofRj7qZ/mh9GLe6mvizQ+jH3U3/ND6EfdKP5ofRj7oRP8AzSfoxZ3Ok/8AdI8kW90D+ZR5
Iu90p/mUeSPudMtfWkeSPuYfzSPoxb3OB/3SPJH3MP5pH0Y+5wf+6R5I+5k/zaPox9zj+aR5
It7lH8035Is7mkrUTmUSHjkIcdzLgdzmZViZhadmcpJQgeakaPhXhk8onPZR5anU70NLbUra
SarCJ6I+5v8A3Tfkj7pH80nyRZ3UgePNJ+jH3Uj+ZT9GPulH8yn6MfdSR48yn6MfdTf8yPox
91t/zI+jH3Wjw9ZH0Y+7G/5kfRizu1r+Z/4Yt7qR/Mp+jH3QPHxKPJHdQzmW4VQcubxLlVvz
dEd0frF/i+GeYGRFLailKlFcyBztmVsOIU1gvN2lM6gocqTZ8Eyc0ZZGlyRXUWRmPVHM0W0Q
/wAP2GpPD7VNUt7hV20VaPfqfoLihJKGxpWpRpSkHwkwhjNoZk+VpZdyzhWnEb6RpcwJKH+0
8PlXBl0N4WK8W8UlTyqW0BExZymCX0hD7S1MvBGzUgyJT4D/ALb3QPnqPyR3RZz1/i+GdLTp
wCtRaCVti7zdIh3M5yQedFIQk1StmoqPKfgrden3hdeWG207S1GQHxmEuMvIcQqYSUqBmRpA
91bDhISqV5BkpJBmlSTygwnNZl5eccQSllKGkpCS4b7hSjSo61f7SHStxl4CjFYWUKKPNPKI
SwwmhpGgfjJJ0k/7JwOMDmrThCeq0zOiCzl8wl11PNE/jpOv4oc4d0O4SqHKdR5IWwrM0uIV
SqpKgmeiVUpQ4wXgHWUYzqeRHnThjMKeqazPQFKVEq5ZACErTOShMTEj8YPuaSPFHc/LU5+K
O6Pyl/i98t1w0obFSj4BCQ66lnIuzShtUgQeZNfKrkjEUpKWMXDUzh7sCcun86HssWZZJLSV
tvyNqjpBVo+KHmGn22Wm0pKAtsqqUROmfhjuo0hDWdSrHbItCtRB1CMcOoTmeILJWEc2U5Un
XDK8yZvqE1zAT+ATEOtDIpS22soQtysBQ1EGUrYfQ8yltLQF9skiZ5pnBdaALy1BtudoBOuU
Z9nMON5h/KtB9t5KZJt5qgPHGRaUGwjM5dTrgE5hYns26LIzj7jLakMN1NhM0BS+QqUdQ8EZ
qaGBmWUpebQoLTNvnmWvwRxGbS0lC7WMKqdOg11fAZiSC4RSqgCo2KGqMgujHW448+9hpobQ
S3YlI5sZwJGZS46y4ApyqQdGi1VlWqMynL8XiNIYWvLvLUXTJc3JAnXqgLUMwhh99xZaTNTy
EK6OoNmchyTjILbbzWYSlpE0K3YnoUXaZgnXIxZ/+MVQZLkaSeXVDVgdLocKnkzKBNJBCyZS
Kp2Rk1JyjzWBNL5fCQ2lJsOCRpshwZcEJdXWqZnb4IzTmHiN49fB1iT6ZzqnqlDmby2Tx05r
L4BbC0pLZIkZz5I7uYS2Mw5l68dIco2rZBR+ScNBxsNLCQFNBVdPgrOn3e6PGuO6fyl/i98p
C0hSFCSknQYbzCMulK2tlI2PAop5RqjEKFyqrLOIrCq/I0e4rMuNBbrqMFxRJ2PFywxlCHA3
l54SkuKrFWm9CckWZ5dJrlM1VecVaZwljLoDbKdlA1fLDwcYeUw0ohgIQaKfO8JPLCmnsmMt
l0AFpYSUlStc56fHCmMy2HWVaUn8cLYyzIQ25PEGmqfKTGNl8uEO2gKqKpT0ymbJw6G8qkYy
C24ZkzSTOVpsth1LaFHGQWlqWtSlUHSATohvLMzwmhSmZmfjJ+AYYy7gazGbdDKXiJ0A7SgO
WWiGcilxvPZ1eIvHf3ScNFsjTO9CHWGmsLh05l0OrUFWqpKUSnr0Q9mGsm0pCeHYedrOMQ7a
kAaLJxnF8KlWVy4WUrSuSrtgCweU8miO7kqfby77rykOJyxxESpqAWFc6UFnIZZpOYfzOYAS
4s4e7tcWo8p5BCXcqy0EJYTmHw4TORVSQgCAw80lvKrUG21i8rEIBEyLP/xjuYakXESpr0Wm
UZd+lKncwozdLSwltI0bqZUrxiGs80vLKKVlvMBIUoE82nRT4QYbVm1NqeXem0CEyNosVr97
3R43PxR3R+Wv8XwzrTjykrZVQoUK0+CQtAh/hFFTiacRRBAUNRTP4Kp1aW06JrIAnyW+8cPe
DeKwmRCddXNplK2cZFngkqQM2GXsZJ0qE1rQQYfbXljhstFBdLU0qbSdgSmZT0QX8v3dhvY7
KXGcy3SVD1ahq/JOqM7T3aUZhLahm81Qgp2KqSZ3pxlgz3eXVJQnNrLLaRhlYliqmbCYVlX8
nU2MwErEpScWjELk0kGUtMZpxzIqSyw0lFqAa2Sq4kUmy3UYR3kxl0JfIlMWlJ+Kyfh+BdWz
m15Ztl1bSUIQgtt4aa68wVWyV4IYzCk0KdQFFPk8H/4JeWeKktrlakyNhnZDLRfzFeXUVMP4
m8RMSkDyQvI38JxWItdW8KvOnCG07KAEp8QsHve6vG5b8WiO6PynPxRUJymRaJGzwfCvvN5h
qh1ZWkKCpieqyHXXnUuVpCEpRMa5k2/BBfeATw5S2nKrdaU61tdYRSmclqGgyi1C2mitZyzT
m2lom4FA6PF7q8u8Jtr0y0jkIMZdguurTl3A8krVMkgSpNmzGYax3l5bMAp4dShSmrWJCc+Q
mA0t156S0O4rrhUolvYE9EhyRmtMs7PHt+bTd5LISMqssvttoZRNRoU2k2JdA0+CDnVKWpRk
osVbqummqnllDoaefRi7NDkii2d0+WMFmozJUtazNSidZPwJefYqWqWJJSkhctFYSQFfHASk
UpFgA0AfCLy+WeUylgNEoaCS45imVc1TuI1yhWOoLcacWyXUCSXKDKsDw/7b3T+U7L0Y7qH6
2z4vhnluJS5klrOAFSlTqAUm0HxiFNhtTT7YCloVaJGyaVDT8DIqE+ScaRGkfLG0PljbHyiN
ofLG2n5RG2n5RCzUNk6/BGUClieGmdojbT8ojpE/KI20/KI6RPyiOkT6QjpE+kI6RPpCOkT6
QjpE+kI6RPpCOkT6QjbHyiOkT6QjpUekI20/KItcT6QjpUekItfb9IR07fpiOnb9IR0yPSEd
Kj0hHSp9IR0qPSEdKj0hCF5ikrRMJcS5QoA6RUkgyPJCWmS220gSShJAAEdKj0h8NU64ltPn
LISPlMdqa+0T5Y7U19onyx2pr7RPljtbP2ifLHamftE+WLc4yP8AET5YtzrH2qPLHbWPtE+W
L2eZH+Inyx21n7RMS41mf5YifHM+mI7a16Qjuvh30PlCnKsNQMppsnKO7WlkyKXDdUUmzkIj
1p/xnPLGy4fG859KNhf2zn0onJ37Z36UWpcPjec+lGw59s79KNhw/wCM79KJ0LH+M59KCC2u
3TvXPl2ozeTU4p1vKrSGnFmaqVJqpJ1y94/mM3nDhrXNtLcyqjUmarE/EIIy7dJVtrMypXjJ
+AR3elxTTGHjZlbZKVqE6UthQ0T1xZk0T84zJ+UmOxt/h8sdjR+Hyxbk2/wx2Jv5ItyTXyR2
Jv5I7E16MPqTlGwQ2sizwRl1LyjSlFtFRp1yjsTfoxPgWvRjsTfox2Jr0Y7C0fzBHYmvRESO
SZ9EQCMo2Jc2kSPjjsTXoCOxNeiI7E16MWZNv0Y7E16IjsTPoiL2SaP5sdhZ9AR2Fn0BHYmf
QTHYWfs0x2Fn0BE+BY+zTEuBZlruCLMgyPzBEuBZ9AR2Bj7NMW5Fn0Y7Az6AiXAM+jGcyCSS
zlFpwKjMhLiaqJnUNXwucfzjScwtt3BaQ4KkoQkAiSTYCSZkx2Jj7JPkjsTH2aPJHYmPskeS
OxsfZJ8kS4Nn7NPkjsjP2afJHZWvQT5I7O36CfJHQt+gI6FHoiOiR6Ijok+iI6JPoiO6KUhI
K3JyEubGQ4dRQ7QulxCUrKZ2E0qIEuWLe9ivRLDy7d8GV9q21KZ3jFnepXLW3l21YgMrzAne
Smd46oNXelYGtvLpNU9BY9pKd46oJPet1EsRSMuFadBZ9p87khWJ3oN32lacuDQk7Bbsvk6+
SF4vewRh25iTKThIM6FAyv1S0DRCw73oGy1a9uGzhtmdLqjrqloEVL7yqcmBg4TaVStpXZMS
VKGXV7TiEqVLlIjvL9cn/pj3j+XyjaUYKigvLvGY0yQP6YfzWYfLjcg3Qo8/TMJFiRL4Bf8A
lU/9QxmH2DS6hNxRtkSZThJT3nSXBNKXsulNFkzxMujnzOWLneW1PCxcuEWp2sb2Y83li53n
MuTwK8uETKdoO2HD0XSdMDC7zrLnZRgBGJT0mJMbunVPTAwe9C7i9j3KEY1PSzqFyjw6YSW+
9nHg72SlpoF+XSSq2aPDpgYfe7r2L2WllgcRLbDc9miVtUOFPe3EtKQqgBpocQEzxA1K0USt
hBZ70UtmgYCWWWlYoAtQxURUpErZwSjvZbokS2G2GlF6U5pYE7ykyvDVB/8AllKAtBaYQrE+
axbfUmV8aoIPe610WqLTKVVi2zL+esSvDVEl97OEJtUW2AskGcg1IX1WXhqhWJ3s5JsVPFtk
GSbacG7fUZXhqhRe72dThWv0Ng0oM6Ci7fUZWjVCsTvd1GHezEkIVht20OC5fqlsjRBr74eb
whVmJob3aDOhZkm9VLQNELxe+HUYYqfuNEMotpcWZWhctAthWJ3u63Ra9WlrdJtpdXLmKlZK
2F1d8PNU9JWlmTQtk67yIVK7K2CFd7voULVYqWhhC2Tj8jY2qm7Ez3u+3+WltIb033/NbVK6
Yl/5bMCcwnESgUETmt+QutqldMXO9n0kzDeIgC1M5l27dbMrqtcCjvV6a5hkLbCb6Z1Yt26i
y6dcGjvTMqrmMuFyQSsTqxLlxNlh1wMPvPNrqmlgEhGI4mdSV7u4LLFa4k33rmlBRKGdkFx1
M6mrUXQmW0bDG673zC5koasbGI6mdbKak2ES2jZE2+931gkpaADO8cTOthExYpNOk2R98Zhw
TKUUJZm6sTqZbn6xNNs7IP8A8u+5pCaEtbwic2Wpm11NN6dkT/8ALPLlPYQ2a5T3TXnOiV4Q
Zd7OrpE1FtpCqhbu2Bz3RTeTqif/AJdywFSqGgqabZBqy+6JXkaoU4rvNSigitFCUpkokJoX
K8qy8kaIQ7mF4jtSklcgJyNmiO9T+o/Q+F7x8GZI/sJhsZVxLTr7qGg6vQmrXbFzvU27GKwl
NMpzx/Zgyu8sXe9ViokN4mXSgiU5l+y4kyu8sXO9nAFTDKVMJQZpnVj2XE2XTri53q9Jc+HC
2wi1M6sa7cTZdOuN33rmDWSGQtCASpM6g5NFxNl0643femYVWaWLqE1KE6grd3E3bFa4u955
ldRKGLEIxHBOpBm3cAlta43feuZcqJQyJNpLjiZ1NzKLoEto6Ym33pmVhU0tWNJxXEzqaE0X
ZU7RsMCnvbMqSolDUg1Nx0TqYTNN0inaNkfe+ZWCooRLBTW6Jzy6btihTtGyPvXMm8UWYIqc
E55ZMxtiW1oju0u5t7N75QC3aKUKAIU2A3zhrjIbdiFndmR8Z0XRrgW2mSjhn8mS2bbMv58J
mTq6H8zs2nq558A7FErWROidNmTu2tHnmAZYOFIVspqGXql2UUXwvn8kWjh+H9mKhlSv2V3e
4k73JBnLK8Nb54yZcne+txZ/mwr9n4ea6VGoZUrqvuXt5i6hqiiVFDgVgEzW2VVWrVMzC9IG
qMsPqkfijvL9eP0E+8LbtAzestqCXeUaLflh1xD6nG3EyCFD8Jlp+AX/AJVP/UMZv8kfjEIB
GJUkCWZEi5IDt926oerjZLwe5uYFJfp/ezRco5nLFiOI4gSAdFBzVGrMXN3h83liVPE8TeIV
c4oIlecsGHg6hzot6yc3ekN2c5h039WFg8nOgTPE8XIzRcOcolfRe3WFr86OkOYOaGls0HNB
GvLivd4c73LD5Kw4HkG+2aQ/SNOWFVyj1nLCb2IFpSJ5cyxJA25EVXSn1kEi9VpOUO3ptyFt
hHrY0/Hl/jt7v+d7WFE2Uz7MJ0abcjdvKM97BkA0ETNTAqDVU72Uu3yqe85IVMYODNVTSa+H
Kqr+XFG8U5O+NUHRluGv3E1jKldW8bu7wuTvDVC/2UZabhkKxlCureCze4s7RzYP7Lw01Gd4
ZQuVScVbvcWejmwb/DDLzXfNQypXVfdvbwOahqggHBwSV0uqqGXKqr+Zv30uc0aoN4Iw70sw
ZhoqqvZu/ebXzBqhSRJNE7HzOidXbb3Rq9WIsEpzszGgbVmd+r9nFJSV1TAGY0q2rucu2IHq
4sRi4k0yfEsUCqaM0abiE+r5YMk42LNM3hTj01bvM3LiUczliVPEB+aRiig5mmq5mLm7S3zO
WCJcVxNSBWKDmgmrdu3d2G+adce3GYm0km6cyEVdXNgwg352uDLrAeBaBTc4gJq3CbRhlvz9
cEg42MC0Sg0nMBFW5ZvihbfOVrgkKxcSpM2rpdCat3lr11xHOVrgqqrrqAwDauVVmUFVjyfW
GCZz03sv+d2PTvvaRMpUUWzcyoCko2r2UFpxvaQVkyCb4Vl0zCJ1Scyl01Oq9ZCwWkXFBRQN
hqpSt4waRWtfPtshP6xf447z5Nx+h8L3j/mP7iYyhWElAzCFLC7UyE5zEK3wXXqeSreabM3J
BsTzIVv8SrTjIVN7TdzVzZTO5KFNMuDMuOjZdTTjU1GnMkokEIndhZpxQ/cOKmkv017vM3Lj
aeYdcG7il6aCHE08RTVu37lxCeadcGzGU/Nu+KcemrcuXbiEc1WuCRv1Zipq8KOIpr6uq7u0
o1L1wfXB+bJncx6auraLgb8/XBkrExZsk7PEU1dWHs6PP1wu3FxpszF3HCauqptFBR5+uDI1
hYLE5yxJVdUReurT7SDeqqmxNJlOVXVEXrHR7SO6ztAPlNYM0iUxhkTN8c4xkNqxtZmnV4Vf
M87wR8hs1aLwt7LZbAlZKUqNPN6PTLKHXCVSopkkYY2NgUZe72dXOVCfU4UkAtpmGCaN3lxR
eQvnK1QnRl+GkkFIrGVK6d23d3gc1nVAlLK8NYDtjKFcrv1uLP8ANjVljl7LxxBlSvU5e3uJ
OzkiiRTQ5awTUpoqBMnVTNVelPJGWlowkS9GO8/8x/cT7x0llIWjZckZk0bU/gVH+FT/ANQx
m/yf6RCLuJUE2PjpJBHbTTY4n1YgXcYugEpfFJfCabc3cuKRzBriRScxxIBk6KDmwmVuYuDC
LXNGuPb4181DD4jDKd8qy4WpbOuKTN/iJOG2g5kIo6wNGFh+brgGrHGYAWog0HMhFO+Rbugj
WnXAVWX+IAVuzSc0EhO8y9/dBHOGuHVYgcxkglxGy9KkVZZNRpSn1nLG0V1yty5liSlbkBVd
p9bAM6qv3XXot7vtsFu9i0bP7qNE9fd9mi3exPZo52WEwievIXbap72LN0G9eXFQZn+5ii/X
PeckamAzaSyKxlir92ubzEnf5I0cLwtpoGIMpia2ru9xZ3vNj904XSRf4IuTtFm9xp/mwZkZ
ThtRNYyZc863e4s/zYImMtw1snDWMpXO1+/vcXm+bBE8As6nlVjL1T7Ua74cnc5IIADdE5DM
mYaqn229eSv1fJGinwZnm6bM+ZmYPqo0G2dma+OzP2Gz2UaCoOTu5kSK9NmdNNiRPdRs4odm
KcwKcWU7M5duBPq+WDdxw9ZvRTxFM7MzcuBvmcsCwv8AE6A6KDmqNWYubvD5nLGg5gZoFMlj
DObonddNIwsLm+dEu08TNKfVnNBFW6OjCwuXnQbeJ4kFN04ZzYRVu0XhhYWs86No5gPzSC2a
DmQiq4xeGGWucdcGSi9iggFk044TVZlb1xSOedcG/iByyrLmWLKrsIqurR62DeqnO3K65Vfd
488etg6qZ3sqmYTOq3u+y1ftYXIYZSVLUcuKsIrneyU03lK9ZyQoYCBhKBp5jNRN7KmkVlfP
tshNkt4v8cd6cm4/Q+F7y/zH9xMMAa3f7pMSSkAiYSfHyiJSFNuqzXYDCG1gqaLbs2yLFSE6
VeCyM1nH0pUzmUNJxsw2hJJKpGxPqkpNhVCcut1pLOYZaqQpqZzqaTOldkgjxQ+jPNhJdaAL
ZaKcVsKsXXyJ0UxmUM5VtClOt5U1klTqQopocSBNI8MNZfLtjesI4gS3ZQFUrC1qtkBoptjv
NVc1BQygBBpZZrpqpABug8sM8PmF5jLOsFvN51LaiooQukrSlMhMTlMQoocxkrmwlYMsUCrq
qBVdWPaQb1c5s2GVUquqovWOp8+O6jarfFGIDcEp7spmd4nnGMjp6J0gjQD9Z8zlg/jJ127X
8IYlSdNPhnPZ0WZSyAZaDhTSLQZjct3ezHzoQZYeHJqaR0ZNPV2xTa0rz4TIYGAQ0kymMuVU
zYRZfC/O1QLQxgybTO9wxVTuNO8r87VAkoMYJCBWahlyundOXt4VzsOqG00qSG10hsqqUzNE
yh41KqUrSk8kZeWjDR+KO8f8x/cT7q0oXhrIIS5KdJ1GR5Ib7wzfeTr7ZNKGQJlawJESTZLX
oha2CZoMlNqFKk8kx8BmELK0odytBcbSVFF4msy5IzqjnEZ4Iuh1tBbNhFiknQqE3cQLCVyd
G2E0bzMXemTzRrgWYhdAWcRMuISmneP3LrjfNTBucRjhLhC7pzKUUb526KFN6k64mTjByT5s
pxQmkDNmwUlEtjXAtxsWnMEAhJeAp65pFIT5muE24pdk6Sk0l8CnrSJKuoTrTrgVEul2lw4Z
kX5Ub7L37jaecIXvUqLtBUpOh21AxMsKjSgc6NJJVKfD6VSpvZK9Y37SBbyTOW/NkclyNe0i
Zu6JnLidM6ew2dGfWxowsOQPDieETT2K7eSv1nJE+hDUgSymoZcqlZlbl4L5/JAJlljl5JKm
xUMoVysYubwOzvckJsGV4WySb4yZXK6ize407fNjTwvDSTbf4IuSu/W409PNgJEstw1lKjWM
mXJXXL29xp2ckJl1fA0B01jK16RmL+8xJ3OSBLc4cwkPqqDNUrM5fvVz3fJAANFGwnMkkInp
GevW1eqgatQTmvxZ/Tb7KEyFVWgZrn8oz1mkeqiVOJibPEiRdlKfGXLCn1cBKUcRxGgPiXEU
6eKuXCjmcsCSeJ4j2go4kI15i5u8LmcsAUnMnMgFOJc4uiVr13dlrVyxYOK4sTAUKOMw5WrN
O6wtXLH7zxPiQc5Rq1YWD/ai08SM1rQaDnAjU3eGFg6/Ojb4gZj2JpOZo/dhXu8Ln8sGasbF
0qy5lj0/uYru0es5YmpVZXryx25a8gKrJetifynK/j7v0/4sTsRTpVlhOievICm2c97BJ3WF
pOXTUGav3O5ernvOSFDARPLEEpTsZaq3qxpFeJz+SE/rHPxx3goPqU2SlSm1AGZUJpvaQE6B
8L3j+v8A7iYy89GLq07CoUeTwWxKR16PDO0Q2A3jKUh4YKjSlc+apVshFm/L00BCxTxFNW6c
uSQlvmnXE+nx5toKrnE01TaVd3Qb1HXBT2kPTQAbvFU1bo2bvD87nQSOsKfqbqMkHM01bidl
GH52uJTxg9NoW08TRVuBbu8PztcKvY4dqZmLvEU1dXSJ3Cjz9cK3mJiTaFBpxZVdXbvClafP
hU14ldTRpMsSVfVm7911OtUKkqqc2iUGU5VdWbv2Pp1qjuvSqT8sRPRiUxhkVHeDnGMl+odl
5v8AiHzOWLNZIAXo51x0ysy/mwZJMyShNQtVtbhd27l+QxMAmZLKTK0mZnkxcsZssXCSLpB4
cKlo0TyQs2TLpIRSaMM8Ok+zJpnkh5xV7SESkjD3CROeEbs8ob15atS4TSqktybTWZhE6J5d
y/eeOpUNWKIQqkTM6Lgm3mDMzd5DyQx+rR+KO8f8x/cT7xT+XbOZyriyulNpQVGagpGsHlEP
5p1ssoWKGmyKbJzJCToHJ8Bm8BwNPHKJDbijKSqzK06I7yTmkPBCJYKs1TinRVMosVSdB1wB
RiVBLxqEsQCjrLtzpk6kQKhiVhL6pgJxQmmWbXdFK0S2IAUMbFpzEzdL4TRLNmQFNHs9cA1Y
gX1gnRVKXXtNgEuji1VVVOYVIyrlT17autjW3AqVUFUvGkyqlR1pF+6xyojSVVycNBtXsSfY
v3cv5whKlrRQpbSlq1KtRfywmZM8sWgzmJ4OvYlwv1HtIExoIqwBonRZlLOgPPMCUkYcgSyO
iJouZS5ayvnmE2YGEQndJmMuVUbvLXLyHOedUJkOHwCG7gqGWKqN01dvpd1q1RZ1YskNiwKG
VK6dymzeB3ztUJlLKcPJE7F8IV07n6zFntaoAmMqcuaBVJYyldO5cvbwuzsOqG5bkMyQA4qr
hqqd0/fOIpydw6oSArBwyEpD5mGaqZt5u/fUue75IpF0J0JzBmG50zTnTUalq9XATTyXczaJ
XbM+bb/soF2qqRAzI2pU2Z6zbHqoF3ExZSTmBIugUzOcu3Vo9XywJJxseRGMKeICabc1cFCm
+Zyxs4/EAKk4KOKCKb75oGGW+aNcCzieJAVeFBzYRTvHLowyzqGuB+1cSEuW7s5sIp3q7Bh4
WpOuBPrYzQClAXDnAinei0YWFya4BnxPFic0XDnAiVrd4YWDr5YnVxHEytZNBzQTK9l7+7w+
fywTVjB6U1sGkvyleyYC7lHrOWNqquU1ZWwuSlbkBVYE+tionUJnK/Fb3eLbtu+jzaJTVlRM
InL7vstB9bB9VhSmrLJngVS7DcvBfreSFTHDYOksioZaqUuGuXw7z+SFJwEgZUp3YMhlKpGT
RpGLiaTyQPA45+OO808mB+gfhe8v14/6aYyradpzMIQD+UCLYThZoFTs+HCkLTiS26p9HLVP
TAws7iB2YytSFIxZWuVz6OnVPTAUtYzrbqVpy7JCkY3npJPR0y0nTB/aOIBSmdziwirdqs3e
Fy64JlxHEgo83iqKt1qw8Ll1wqziOIueZxdFW6Hs8Pl1wbeIOYBbsuHNUVblFow8OVqtcTqx
sebc03eJCK9w3euFvWrXBNeJizaqbNJfpr3DV+6tErVa4VNWLXU3cMsWmvcNXxS6nWqFGqqq
bc0GVYFe4Zv2PJ1qhRrmVTbmg6QKt01e7SNZjuwWmT8hT0QtN02nejnRlBIGeXdsVs/n+CCk
CqqYSl3QrTczN26gcyCaC5ihTYxEyLov7p+5cbHNOuCRNVdTIKhIuyq6pKm6galwCNfVwfO0
9RGiX62LDo6sm3R/Ai9t2dLAkq1O4Fs5cuU27XrNuNOjdyJ8W4N63MiVioa2jIkabE3RczFp
nmBGXH1aPxR3h+v/ALifhcw3wfHEMNqTlyqiZrNtXgjPp602UhO6zd5Tejo1W1D44tTPRmCJ
aZSlnDd6US6OJG/VLMkSlVKXXjZYR7OJbWJLNG2VYFPX/mgeyiZXXozJOj/vtro/q42v4gie
k/vm30H1cW8uKTPTo6xt9l5Uxp5FmRtOzvUXrMpyiMuhaUlC3UhQOsSFuWl+znXBYdNbjMpK
bt3aiMPBMuzkWLhPNkQndDZnTdy93syucYTLd0XAWxPCnRumLlrCucrVCfVYUmgW01Bkqo3D
Ny82vWvVCdDJZkyKRUGKqerIu30uefqhPqcGTI53DlVPVh7TE8/VA9QWJMpne4cqpnliZ7wu
efqhPqg1Jq8asCqjq6719a+arVCQk4Yak3Jw1BqdO5evmt1XNOqEjZpkmTxnROjd5m9eePMM
AA7NlLxnLZuZu2172cCyc5do1yp7Z9cPVxaK6pGT4tXKm3Nmmx5PMEAUYuLSreiRepov5i5d
cRzBAFONjSc3qaS+EU7x+4KFo5qdcaMbHk4ahRxFNO/Xd3am5WJ1wDLHxpO23eJop6wqwYZb
8zXGjHx5OnmcSEU9Y1YeH5uuPb8RS6aTTxIRTv027sN6064F45g5gBZwzSc0E071q9ug3zhr
gGrFxpKKmjScxTTJeWv7tKOfyxOrELsjVlzLFApvZMVXUJ9bywm9UTIzy1hOzbkbbG/awCNU
r2WE5bNuQEjuz62EmmgNyty4mG6qexXbUK9ZyQJDBwZCbCahl66buUFF9LnPOqEyHD4Fm6FQ
y9crjF2+HecdUEYARw8glAVZlapXWzIYteknVHidcjvLwpY/RPwLrTeaLSQ2mTdkrwtUJ64Y
Q5my82UrCkWSNIsUQNfu95frk/8ATTGTuhcs00aVaDp0xIjiBmPPFBzNEunNO7w+byxs8TxH
njD4qj2l3dYerzoUCniOKsvbs5ujUuzdYerzoVZxJzV32fF4c7ps3OF/ag/tHFWH1ZzdE7g0
YWFy86NPEcRNMxu+LoquJt3WFy64nUX+Img0mg5miq43aMMt6zrjTjY827po4mmrdNXhhlvW
rXBmrGxZoJQacaVe6ZvXFo5ytcG/XiTRujLEpr3TF666nnGFmqormibRkFbe7YvWPp5yoN6c
wUXDplVcZvWZkc4x3ZOfTyBT0cpmw2ne+fGVlTVw7sq9nSNMFNNZcsAfHSAas1dslPdwRTil
8SAdFKswBVNGZuXAmd3lipO+xwptJUmhWZSmvq67u7CNStcTF/FBYGrGArnlRooo8/XF1WJO
bCSLKwKp5RIqurT7SNqc5tCR2gKp5ZF/px58aZ6U3TpAq3Td7tIltQ3arSvY2LBoetM8wNZh
j9Wn8Ud4/wCZP6CfeMHK5prKzUcRTqgmYlYBUDDuWzSw8EJrQ7IA6ZWy0+D4DvGtwtIGTTNx
OlNqrZC2M8HaGml0Ky7TSlLDYmmpQK7bTelCpimnrBEtAtlntm1z6uLdXWj/AP8AQPydFH/u
SJi3k7wNuzZ0UTrF0cRXPRMHrqhV0R9nCuZbxBvaDb1xV/s5l0cG2R6S0+PrCr/ZT5scltQG
uc+l2uxnkjKCzpdemYTYW7TLKQjNCqTCpOpQDeSaQpLQl2TXOJbPMujQbu7au9kOtUKWpaWm
2U33FSSlEqZ5ZuabcurzoafD7TbEqG3EqBSjZqybYp6NUtOmBlw42260zUW0qSostySVZYCV
qVAbZtjiEPtpYy6AlTlU0spVT1X51UtvSIbUpSGktshYqWFBphRSMDavVSschOTQqjNpRINm
3DTJJVliapKcIFi9ULcSsBGUAQ8VEqDKbs2nb1902yXAcU5SE0omQpxKUqCV0PUE1PS2VwhS
FTbIBbLs5SuWZmZtzHmQPikHvze02dpHMECaagZLk4LVpFG8zF3tA5oiVOLXS5vBLEAo3z1y
68nmpgWYuMEvGsU4yU0dYduCl1GpGuLRilyT5qFOKlNPWlXbq0eZrgXcYO0vmd3GCaOuGwUl
Hs9ce2xaXyNnGCaOuaqKPZ64FuMp0JfVI0l5IpAzgvXEp8zXAvYyX6XTQaTmAKJZhq/u20c5
OuJ1FZdpWS0ZY0qN7l791pPPGuJlRVXSZses2ZOZQVXWR6yAJzJlbl7J7NuU+o9pCTolTMsC
xJNPY7OgPrIEt2EEJ3KZ4U6LuUu2tL55hFmBhSRNlMwwVUbvLXL7bnPVqhNgy+BJvdioZYro
3LV2+lznK1Q4MIJDEmy2DZlSaCWUmQxAvTVqg/rVx3lyU5f8R+BmpKVHlIiaUJSeUAD3e8/1
yf8AppjKiQVPNNXToMWJ4jiLZLFHFUSteubst83lizrPE6J3OLo1uXd3hauWP3o5q0TucXR5
10YeFq5Yl2ri/wAzjKOXRhYP4Ys61xU5S3ZzlE7BowsL8MG3ieJmLtzjKJ3UXt1hStOuDe4n
iZi4aDmqKrjV4YZa1nXBNWNjXbhp4mmrdsXxQpHOOuJlWMXJoOGZY1NW7y4rurRzjrhV7Erm
g4JligV7vL37rqecYKqwoqmjdmxUq90wK7HxzjBtnpG65BVcYvdoHOjuw29PzOi0n/m+fGVF
IVPLuWL2doQBTih20pdEsUCXT3bqkczlgCniOIFgcunNBPtrgw8Lm8sWdZ4kHTcOcCZ3TYML
Cn8ce3OZSUzSaDmUoq3bd4UFvWdcTSvFLoLYKDLHCat01eurRrVCra6gUhTZ6QCq5lxV0yOc
qFTM52brnAVdnt6cc4w3aZzVIo6HXaTre86GfyE/ijvD/Mqn6I94hfeRIbQrd0k1FRskAnTD
i+7pznJ6ueJ4Aqq34B/CZL5UhhC2BI4iFLUFIt0TGuM62yzmMqEKRNvMzVh3k9GSTNI1ShQV
JrB6wsaQyTVLOz5xPs4INwo6wq3YJqlnVW2pPs4IN0pPEET0G3ryr3RmXRwd4BRvqlbKCQrr
Lgr6FepMG2ikly+rYUa969f7OdSYNtNpVfPOvX3b3ZDqEa9OudU5nb/gzqjKADnOSq0zp2NH
ZDyxotnh6NfsNjshltQ5limQakhlRBJUlZ7MCU9nBsqh9KG0VhOChxVwMlJSrh0mkboSsXCW
kFhxBc4xtbzu2oinCXTKZnoULIbzzqmWFONkltCkpW49KnAWSq9LllAy2Yfpy7SnM1mghbYI
Wo3GVGdhE9OiMmlzOgNrYw3CcM4qEOVpYCp7YNhMF9p5bWfUC8W92ooBRTg4dW1rBhxpl1aU
vtpbdxaVScCgqgyNj1tiBZGayrJwmc2tCxMdFKncGR6Y6kQXCkBJkqkiyV2eILetDmiLE1aH
L40pFO9du9qTKwQmaSuwPXxtpFPWHbnaE6kQLK6pZi8NtIp62u50qJbEKWSp1LgRmKFSkQmn
r0qRSv6uKtqqWZJ0VSlLP6pFPs48+unNEaK5Uyz5tsSPZxaoLrlmVGcq5Uyz+1Y2PZxPbrKX
3KTIuSplnRfsZGtEWrrrpdNBliG7v2r91gc4QJqmTJRLZ2tnesXrMv58C02kE4U9Ny9ltMsq
efAnqIE2Z2G7ZlrOzHnmPNlJG6TsE0bvL3Ozq5yoSZBnDk3NsTDRNG4YuWsr5ytUJVSGSzJk
FIngFVHVmrl5DmteqE2BksyZTIVBgrpnlE2Xwvz9ULAbpDADSUz7NOgnL/Pq01wf1q47xPzW
B+A/C95frUf9NMZQEVdaauxKXE8RJRnc4yim+qwYeFya4EjxIzVupHGUSvasLC/DFnWeJts3
ZzlErRowsL+1Bt4nipTkQjjKNab27wtfLG1xIzIvUGji6PZXxRha+WNriQ/ZuzTxQTO6xf3e
FzuWCSriMcSJZNJzFM7MtfuFvn8sKJ32JdUpkyxgKpDK37qkc+FKrxK5gqy9mIBVJOVvWLTz
zBJVUSCFYExWL1mVvdMOeYP4S1O0X5DLW9oHPgk+EHCnovSwP4jz47t5eIFiOjlbaPn+fGVF
KV9XXdV+ULRptEWjFrk4oKEsVKaZPOXbFo1JgBScbHAWUG7xIRRvlmQoLfm64tnmDmQFGm4c
2EU3xaMPD5NcbWOMwOYaTmQkaWL4w8PncsE1Y2NOZYMi+BOXCX7pRz+WCaqq9Ksvz5VSOSFV
ik+sMKOnTMsa7FXsjpv+0hu29NU0t9BrvIstX53hhr8lP4oz3LxTk/kHvMu7l2y/gqNbQtMj
rp16LYfzT7PDpdAShmVOucwnSByT+AzA/h2v0lQ6Z03m72mW8TbDg6Dh1FyRNXClVfWF27wO
ebqhQ6HDm+UqM8EmvrLhqvNq1I1QbaKCXlVHoya5Zly/awrUiFGpKaL81m62SFXsxetaXzBC
hs0kkY52Ca7c3e6A8wRYDpPTaRt2Zr+H8yDJJmSU7wSPPuZiyzK+bDAFtTb6bwtJ0YLt27lv
NMG7VVNkTEqtrqirlmX5FxitoxHG6mmahTULcTJSCRugBdWdcOJYkoZlIy+WeVMSvTGUACdg
AbcZd1CG8ENcE4CsqUh5KiqlolNqxKxRkIadVmJZdAGXWm5iOvhdZQpZ1ki0jTyx3k407lw5
nVqbaVtSWT0KwTKuUd3tJVlUtZI7xuV1TwN1rTOsaZcsF9bieFxFvtqRLHx3E0nKldUgq2wC
BbOUhe5LLhtM86I/30WW6Lc8IsSVU35SnYJbxV3to82B4sW0ckusquW5oeZAsn6+0aQJddNz
px7OLQP3lXxS6+bu2JdFFtujMnVZ/wDsP/4o0/xR/wD+gbdn6qLTPRmSJ6f483uj+rjTrx9O
n+NN/s/K3G1MGTxkdJs6zt9l+bGmw3ruvZ3yL1mT5RA5bNn8283p6kedFkxqmnlu3WrLMkdZ
gSFJBoFI0G7um7vZDrVAkmmnc2DYN3qzVzsx1rgEJw6JMikTonTPKN3bWVe01QmSaKOriQ6J
Rpnkk3RNKvaaoTLd4fVxrwyaeojzqva6oWJSwwGAZzwdnqhtNatdcHlxV/0R3ifmsfon4EB5
5DZOpagn8cHBdQ7LaoUFS+T3e8uXFRP7MRkx/FN/gmYH7RxElyFw5umnejRh4fm64F7iTmQF
XbnF0U7xNu6wtY1wJniOIkq4aeLoleavDDw+cNcAg8RxEjuzSczRK1m9u8PncsTrxsfTgmk5
ij92v3MPn8sWqxcbTgGWPT+6X7tHP5Y2sTF0nLmWNTPsd66U+siYNdfsDLEAqsyV6xQ9ZGmd
QNuWNipVdit6Qesg8ltuX/O7H9b7SFHknYyLBtdls6fz4NmzM7obO1ey9lr/AJ8d2jR1gXU9
HrtBkLx50Ze6FBLBUaubJW2mw3hqEWiqcniJWkCUsybvSDzIplXXJ9Q2cQCnrRNlJT5muLd7
jSdMjSX0pplmBbuwnWnXGku4wCjhmkvgU7xm9u0p5w1xOsuYoBmwaS5Km9lRVcSmd/liZVUV
SM8tzvDkhMyAnvIn+HLWy8OQsPLvYbSLLSaWh1fXayqQmTzvDDX5CfxRn7f2pf4h79K8NT7j
ighplBAKieQqkIZQ+oZfMvylllqSVTOgXbIG/Terlb7PpPR1wpLDyXSiVdBnKoTHu5pbhCUJ
Zams/lKh3Vebl6YhRsYGXmq8ahlSuq+q3eYvJqhQHVwxNZSs1cOVVb169fSvUnVBE8PBm5S4
Z4M696/fvNL1J1Qq0N0W703W5z7XevIX6vkgjRKd3MHZ2u2mZ3Z9XCvjszP513O/Vezg8qrN
8Lx27mbu2M+ZDYpKqmHUgOWYgqO6zF26yOYdcaKq5s3hLElX1Zdy6yOarXGziYgLFoliSq6q
q7daGpeuOHF5L4W3lBIjEQmrEyEyLoSdC+SHSHKQuWXDktsJUeqS1UefrioomoWHkIkdEG7o
s+K2yLbQAPFKMzSJCYQDOQOm60JjrHmGJ6ZWcvxaTPPCWmNE5XjIT0TviztojZ+fID/m7Nuc
ErRHLTvtmdv7zs25n5kGaJS6wbNB/fDd6flbgzEpdaNmj+ON3b+qhVspdaPgJn18/wD9qCSq
kDrWnZ09fNuz9VB1S6yRPRp66b3RH2UGaqdOYIq0aetKv9nPs4N63pdOjTv1X+yfMjT8/a/5
m12I6xHk+LR/AxaPm/8AALLMieWBZ9Xo8W5Td7H86Bd+psGjR1ZFzspltwmVhEmEyHi6mm70
B9pA5spZUSGzOnqIstQfawJXaeqDXTonkByk+1hw6m5Zec+jkUnhJTNS06cSFT9sv+iO8fyW
PxH4FHGrfx8MXWQkppmZTqGmMt/42ugqkqsALolfqCdXj93vP9aj/piMpq6y3M8mm34oCScc
vycI2eJop34t3Yb83XAvcRxFKzQaOKop3qLd0G9Y1wBVj8ReJbucTTTfavbsN84a4EzxBzFu
6NBzITKSmb27COdyxtY2NrZNBzFMrctfuUc/ljSXsX2Bpxqf3S/co5/LE6sQujTl1SxQP3MV
3afWcsWmuv8AdjauU+w3rCPWxaqdWvLaFbXYbdsesg/HI5b87sf1ntIUdEpncaBt25Swze9p
BIkAJqqZE5TqvZay148+O7EyCesVBCBu7Z3kmQvHnQw8trFCWbvnJJO2jSJjwxLhVC2u1Sek
/eNnb8GiJcMpVodInKbw9eTLTZs6INWXmgmpyalArdEqXLNkWbIsi1mZVJThClipwSkpPmps
tTri3L3lSLlLjibwl0dlxNlqdcW5aRNqi2taadHQ3biTK8NcWZWnkoUpOH+ouXArncsJbwMI
A3GWgooTOw0JpEp6TCkOPFs5QJoS2vYmnaGi0jTDrmVy6KS7N22pyckzFJslynTF05NseJxZ
/uxbn2UfkMT/AElQhT3eanEpM1IDLaQocmsxmMgtx0qeeJLN6Wmwj5kozeWccdOTbUCgpUts
hVoISbCB4ItZUv8AWOuK+WaoyyXEpOQyzakpyh0VnWfABDmZKmsA2t3ZuIu0pCdQp1GKTm0B
YTgNqQ3sNE1OkTPSOcsPZQZpxLK1hbKmpNut+DEG18cbnvh/xOobc/uiNxnWnlAjS1hqlrtm
ofginPFCHsNNQYUrDULZEhWuMykBTuEsYRF9SglQURy2QmjJUYczl5peOGVbf5dXh0QkIycs
KZYmHjSVTqKp7c52A6IATlJBJKmwQ+qSjOdc9sW6DogFOT2ZyCg8RbprEr4tuz0QBwRVTPbD
yq56npi+BO6NUW5KoDbDiXFYnIHppvhM7vJF7IFyfSVIcOKLZJeNF4JnYIxDllOEoKHWltK3
qCTJLtk6UzuxfyanCq67WyveN2yZXIbKZ2QcTKFysUOzYWMRu2lpUuameq2JO5ZRNlSgy4kq
SNloy5onqtMEFgqS+AlTzTS7yEmaUztAkfjgDBeCUiSRhK8kS4d4g87CV5IAVl3xL6ow5g5R
6bokZtLunUtHIsT0xLg1i7LoVWK9sn623agyySwZWbg3V279P1pnpg9SWPCMvoc9uJ+t8Mdh
X5yeraHPbj6wz0xMZEiaq5cObHfb6ekPyRMZAi/jABgmTut7Ttn5IsyJsXjDcqsd9rtabdGi
LMioSXjDdK6TWvb/ALOiLMiekxhcO2dKtvw7OiAODVt4tiOcdPO0W7OiOyrN4ubGs8w3ujt2
Y7Kvaq2U6D6s3ui+bBlll6fMRMp9lp6L5kdmPIZob2fZaei+ZHZtVE6WRc9l+r+bHZrKcOVL
PR+yn7P5sT4cVBGCDJqxr2Qt2Y7MBu8Gcmui9mLdn8MSGX9XgTm2DheYLfw6YpdZWpIQGwmp
EqUmaRKf4dMYb6MNxS1Lw5zkD4RHeB+ax+I/Ahx/LtuuASClJBMuScKOXYQ0VbRQkCfx+73n
+tR/0xCBlBN9pxLiROWjkJshYU2shxQcXvGwSpOgznYLNAhytJ3pCnBiIEynRKWzo0CF1BW8
KVLAdQLU7MpaNGgaYXUV7whS96gWp0Sls/FCpq2yCZOpTo0SkLvxQrebVqpOpGjRTJN3wy0w
V4m8IlWHEhQ8CSE3R4o6aWvpQJfkyTd+KBvqZaJOAS/JuXZ65QBjJkNG8lKemmSLJ65RdzCU
gbADguz003LCYSEPoTRagBeyTpIuWTnHdwz7ocSp7dBJmAZTUZUpholVnDH8caR+CNoRtJ+U
RtJ+URtJ+UR0iflEWuI9IR0yPSEIzOcLJwySlSiDMmzRzodeWkt8S6p1ts2EIMgmoaiQJ+86
w8Eq1NpvLPgkIfQ2ypsM0klUr1XKBoPwCnc8hJyWbQhkuq0NrSZpCzqSqdh5YknMsJ12LQI7
Yz9onyx2xn7RPljtrP2qPLFudY+0T5Y7ax9qjyxbnmPtE+WO3Mfap8sZl1WcaDeG0hs4iZc4
mO3sfapizPsfap8sdvY+0T5YeZTnWTlcxN9khwXF+tQfHtD44nxzMv1iYtz7H2iY7ez6Yi3v
Bmf5Yj7wZ9KPvBn047e16Udvb+WO3tfLHbmvlMdvbn8cduR+HyR25v8ADFmcbJ1C0fhlHbW/
wn+iJ8anxyV5I7ciXiV5I7an0VeSO2J9FXkizNj0F/RjtX/Lc+jBIzNg07tz6MdoJ/wnD/dj
tCviZd+jASwHsy4rZQ0yufyqAAjMZzOJDeYzSknBBqw0JEkIqGk6z8LnOMStLeaUl1h5KFLS
QEhJRcBkoSjbc+xd+jGl37B36MWB/wCwd+jGy/8Ay7v0YmG8xL/LueSJYWYs/hnPJHZ814uG
c8kdmzf8uuLMpmz/ANuuOxZzx8OqOyZs/wDbqjseb/l1R2TNy/UKjumSHWqHFHeoKJzErJw2
1mWw63w5NKtEwrTEhkm5fHHYW/w+WOxN/JHYW/kifANz8UHqDVum7HYGfRiXAMy/IEYrGTab
dGhaUCY8R1e9deypS+l1ZcKTcWJ2ynoMP5R/LqYwlVBahtVap6DLwQcu1hFCMKTKgouu4hkc
OXmw8+8wpaW33GRhysCNFVZFp8EAt5d18UNuLUgABAesbqmRaYw5LnjKy5VKwKSjEJnySh17
Be3akpCKbVV7BBBkPj0Qy+hovLzCkoaZSUzKlaqtmyOKecKZPPNFmSayomTaQoySKNcNVZZ7
MVNBT9YQkpTVRUtJsvHRLVDgV3ajBbUpsZgIbkpxCayiWn44Jy+QarQcuSHG0SUl+2QloOqA
V5NlKiLyaEmXgnKLMmz9mnyR2Rn7NPkizKM/Zp8kdkZ+zT5IsyzQ/wANPkjPtpZSqVICS2JC
gUq1csdma+zT5I7M19mnyR2Zr0E+SCMk0yjMoUHGyUDSnVo0nwwh5XdjZy4G+WS3i3TS46Gp
WoB1wCGGyDaDQmOhR6IjokeiI6JHoiOiR6Ijo0/II2E/II2E/II2E/II2E/II2R8kIbecabW
vYQspBPiBjZHyRsj5I0CNA+SNEaPeXTPxfCWkCJBQJ5Af9h7o/Kd/RhrwZY/j+GzOXQwpKcv
ocUoX7ZaNIh9CmCw6wZFNQUJTlpHih5aWiohlCs4+pwBLbaZyKUG0+GUKW5mVIS06XFLSq2v
MpnLQdoaJQ2zkM8U5hptKRUpVK221VSdBAqo/BDveqsxJvFIpxCW8RSaS4GxaFKHlj/xmXzr
prk8hDbpujSJKAkJjUYy3cqROlxIw0KUktWFQXWNfxw73awrdtk5hUq5hSTNTiFmc5HkhkZN
+aAwFnMqceK6FquqWlIOJbOSTDWYWoKezaJ1yWUkHdlZAupnoJhzIgUbxKhiVyUpsgJw1nSE
EylBdyefOUfeeU3hKBW046LFAtnR40kRRmsmlvNKKi2tSgGqUipalU1G6PlhQdSEPtU10GpB
ChUlaDyEe6tyU6ElUh4BOUcdWFJzSmlvtYYDa8a6kMuaSpA0+9U0jNlOQWTNigYgSo1KaS9p
CFHVEhYBoHwea4jIuZpzMLK21oaDgebKaUMFZ6Kg2ww0+qp5CEpcOm0Dl+AXSFqbqScyhrbU
zPeBMrZygqyCQMtS5xBbStDUqurpkvS4E7R+ETmHMwrHWkJbyoAM5aVEnZENZlTjbKUTw2Uq
GI54xOxP+w90+N39GEf5Y/j9+jKreSMw5sNTtMYKMy2p2cqAoEz5INJBlYZajyGAy9mW23T6
tSgD8kUKdSF010zE6fO8UJfXmEBlzo3KhJXi5YS8wsONL2Vp0GF5ju9+hLs60FakEVaQCnSn
xwuteJmHSC4oCSZDQlMZx95wBrMsYKrJFAtma/DyQHj3gjMKQ8285mG6QiTIpQggEgCWkwy2
M3zcxhiaal8RtKH5MYDfeDTrjSqhJtJUZCk4slTVGOc+hamEzWhOGg2CmblEro1TFkFxnvGp
KnE5peRQW1ArSJVz2pGHVoeUtDk6WlASSCZ7Wkw403mHElTuMVC2aRstFOgpEZYtZlfA4Rbc
FgccOJUpC7Lo1GUZqjNUJfNbW7SVNqBqF82lII0Qw8rMF1TQdxSUgVreIJVZolKEycUw82am
X25VJJsNhmCDrBgguKedcNTr65VKVo1SEuQe8D7TNKkkqQmpRQkq2ilBNIPwZQFArGlM7fk9
7ZH9Hw1sTKgBykxOoS5ZxMrSBo0iCcVEhpNQs8ccPlcuvPPyqKWZEAflQpSUKacbNLrK9pJ9
wPrdcaWE0HDIkQNFhBhvNJccW41Mpqp0myZkJ+/XmVWqF1sHWs7M/BGbY4hk5lKEqy71NyZ0
7O0BGbVjpzLeXBQ3uwit3TMS1QvNZlGFm0oWqkiUiNFkFCn8dJZLj1TYQUOAWUy2hHdjqnUl
eYfLbwpF8TslyRmkFxa8syopwxQG0iVk5ionxe87p8bn6MJ/yx/H74y06oyy3G0OvLdLruaT
OkS9po1aJQ9mnMtw7GWJRl0UBOIo7TvhjMnFxBmHC6LsqZ6vDGfWyyChaESKgN5LmIOoxlcz
l8kV9VOWcarSFoJFN6dhAju1lLGM9lVEupbImmfmVaYbS6hxpYnNDykrXp1qRZC0JyFiVFPR
uGY1GoWQ8c1l8GggINKkznp2uSHWcva7YQnRVLSn44zrpyaMg2/l8BvLzBmqW0oJsjJY+TOX
RkGltl1ZSQqqcqJWxmQ5k3W6w4K5oS0oE3QZX5nlibmSwMuUrTmA8UOFU9CUqAmR44zSnmEN
OFw4KgEzw/ARbL3Sg2ZXPmpHIl8bSfzxb4/erffXQ0jaUYKckzL617+hAijO4j+YmVFSEpSk
DUBaNEdndHxo+lHZXflR9KLMs4fzkeWLMqv00eWOymXLiIg05WfJvUQ1mAKQ6kKp0y+P3mZf
Z6VtBKfL8UI7yaeVxISh3isTadKrzVGmwa4ZGcGAZpVlmk2JKuaoK5yvAYSHcamSqi42gJFl
mjw6IB61UNWGgW8kPBviMOe7wwimUtRMNgHMdGmZbw9rXV4YQjfFzFM1lSA5TTZPVKcPJJeF
SbCpxFVVXM5LIaLheSgG+pTwIA8WuJTdPJ1gC2AQpZFKJkZimRCbbBCUF1RcDqlSxzslMhe1
26odqcKCptYTv1Gazs+Lxw0orAoUCo46zo02SthW9SbVSUXnLZ+CGSH0zQ0lCxiOC0TmbIAx
0V4lRGI5KVMofCswgYiKUgOOG2c7Z6IbdW+gNovGlThM5eGyJHMNDSZ1O+WK05hpSZJliV1X
RLlhlBzDdTdU00qKbxnZMwEcS2DUTKlVNvgnpjC4hvbrAwzTolonph5HEN1uUyk2abpqvCcO
VscVk3kjEcyxLdFBqEzpT/TGZ7yzCQ2rOSLbYM7ukKPj+CpcQlxPmqEx8hh9xpuk5gUrSDJI
GiSRzfihvIodQzLYbWu8ZnTeMyTByr7rZU7dLClCpU9VPhhpSVZdLuWGE0axNA0UaY4prKoT
mPP5PENA+KBneHAzQNWKCQZmyZkZH3ndPjd/Rj/tv6fhjlTmJOJNJUQaArzSvROHksTOAQFK
Ogz1p5R8CtkmlRvNL81abUK+IwFLTQ+glvMN+a4na+I6R7yREwdIMOPvs4dCSpTrV1QA/Jit
Tan2wuhLjzIK1FVoAMrZQWTlkYgUhst4QnUsT0eDXDq8tlklga1sgJJ1lKj+KC4GG6Q2p8nB
5iVUT0csODLZdovBTbKF4IUkrdtAs0yGnkh1ByyJNJUrFwRhuYfSBpXOphTjmVSEIS2sjAHr
bUJ8fLDTraC22tIKEESkNVg95I2jQQYdY4JASgrLRqVYUHWg2Q44zng8wbzeWzYLgSqc9qwi
WqOv5JaB7fLnGb8dklj5Inlswh7wJVeHjSbRByystJgOJY4itO2oTG70yhDz5LAcUtKUyKtg
0lRpBkIQh56SlgKTSkquq0ElIMpwoLdtbWhpVhsW5sD45w6wcwA4wCpyYMru1e0GUHNIc3CZ
1LUCmUvyoza608CwhspekqolRkRTKZ8EoVnskpK9FKlaBekqoG2yHnV4SG6U8KVFRqcItCgk
Ey8UNKezKd6itJRUoEctgNnjhOU4hPELlJu3WJgTlIGEqadCy5iYKbRUpoGseCUIzFBQo2LE
iBPXTPSPD8C2hAkwtUn1z9FMuQmFNOIOC2dw7MW8qJfNPwjb3DvFqlAD7TaFj4yuYA5dcPKy
2RcGa4lLiCZOMKGpxS1Wg+AaIZJySTl1tlbyg2MPE5SfOn77unxu/ihfgyo/S+Gc6mVJK1EX
0GYJnrMPIzOXDF4FBsqVZbVKej4I5hvFzq3GlKcy6Ly2xqtJCZGVg0wl9qdKtShJQOtKhqI9
45l8RTWJ6xGkSt1wwOIdqaWXFqu7xRlOYIkNGoRxGI5i7w1AyM16x4U6ofJecfdzIoccXIGm
UhYgAT8MKZefcfCi2LZJuN2pau8064Q229iHKuuPYYUmwuCmS0jzRoh5teYW4ypBbyyVaWQo
zVI65mEtcW8Ha8Vx+6VLUBSJgiUgNAgIGhIAn/8A096t5OUBL61NhkICHaiZWq5RK33JAlPz
hBQWRnM4DMIyqZuz1TcRKn4zCu8sw1TmXAmlpclFkgUmShYZwzlUZ0tpQVly5dXWqqdMxaIT
wb9c0NN5hhYAxA2bFBXNlyQX0vhOVcdRmHWim/W3YKVckZlQfSWHwsJGGC4mv5yrJDxWxmMm
7mFPcSCFLlSlNkhSjV4YeD+dqecDYbcQ3TRhbJ02w73c4/NTtuKlATK2ezO3RpMMhp7CeYN1
dsiCJKBAINsBGWbdWX2UsuBhibRKTYLDu4xMcjKqUh5zKUi1xIAG80ys0QpS8ypbScXhmqRu
y9tkq53ghnLVYmCkJrlKfxfA3l4YxEXqSr8CbYbCHMQKWtQVSU67bDb7jKWsyWE4U6bJEk6Z
HTGTaXnVOIK6VIu3h86XwX4/f91eNz8UOjWMsPx/DKSrKaHCJpXzAZT0afBD82sLCUABVOYO
gn4JWYyhbUHQ3isvFSRW0ZtuJWi2zWIpcWHHlqU48tIkCtZmqQ5PgH0Zc0vqQoNnReIstjLp
ymVcyzzCwpxRZw8FsIk4066elK1Wj37uYWJoaSVEDXLVH/mRw4zBRjnKW1YJu1T5fDCOCyQR
l1pnxOZN2emwJtlE+8My5mh7Ebpn0EWn4zAbZbS02OYgAD8Hv2UOmnJrrxCVFKC5LdJeWm0I
J0xmQyqrJijDtKkJcp3qWlq0oB+GIRKYWg2kJFh5VWQ2FStUs3VBWk8o9y+hK5aKgD+OApLS
EqGsJAP+w90+bU5LlnKHxlyhKuHTPEBOvwSi13L+gr6UdLlvQX9KOly3oL8sDe5bw3F/gtjp
ct6C/pR0mVn+Q55Y2sqfzXPLGK+vKgTklIS5NR5BbGE2Msh0ibSF1yWRpSFajDTYyDs1koWn
WVixSG9SpHXOLndD/wCctpP96Pugp8eYb/onH3c0jwqzHkRBUMm03MkkDMunTp5sLTlW8qkO
EKWXHHVmejkjpMknkFLp/ph57vBbDhMk5ZvLoUFFxVgTeJnCWsyl3N5p2mrLhtCCzOy0pnVO
EoQ2pdeY4ZsiV6kTccHzUa4eUpkoy2Wqx81UFIEjJNNMyqr8EWZxH500/jAgK41shRkKTUfG
Qmch4YSjLyzTixMFKhQPGoT+SFKZ4YKQZLQoOWaxBQc53eFDSK1Wfhjtvd/pq8sTHCEf4kfs
g+NyP2SX+JGjKfK55I/ZPlcjRlf+ZGjKfK5F7hZeDEjRlp6jNfkjYyx/Oc8kWJyvyueSLBk5
+N3yRanJy/Kd8kbOTl43fJFqMp8SnPJC2nW8qW1ilQqc0H4oPcqc8myaS3SqmnaoDm1ohDTL
OWDaAEpBWvQPzYtbyvpr8kWN5X03PJHR5X01+SLG8r6a/JHQ5U/4i/ox0WW9Nf0YxswMq20N
KqnD+JJiphWUWidIUVuJmeRIUkTh2oZQpaBxxiKNIGmoUxl0s8KeJQXMsApdqBp1WQ491VaG
9qhxavisTp8EYA4LHIngF5Qc9CmcWZfKkcuKv6EdBlZfrV/QgSYy3h3q/ox0GW+1X9COz5T7
Vf0IXNBZeaUW32VWlKh4RpB0g++KUpK94i6BVr5IbSpJQalmkiVk+Q++4XJ5fiswBU7eCENg
7JUoztOoCL2Xyvgk6v6MWZbL/G6r6MdBlvtF/Rjs+W+1X9GOhyv2iz/dixrKz/Lc+jHR5Wf5
bn0Y6LK+m59GOjyvpufRjZyvpOeSLOE/5kfsn/Mi05X/AJkd18WWpVqowqtMtdUZhzNPIZQW
UIClmQJ0yg9eZs03hBJz7MhpviDPPs3bTejt7Wie1qg9fas02xLjmp+OJce1PxxwiM2guOWN
KG0FcqatcB9WZU4tOyAkJH9OqHJ27979M+8WjNZlUiTh0OimnVNKZEWcsP4by3V170ODZVLQ
k2zHuNrcQFrZNbRPNVKUxCc44zPMIlJcyNnRMA2yh5QyqQrMAh0iYJCtoCWieuUKcy7SWlqS
lCqbBSnZEtEXkg+MQMbLIXLwS/FGbGVoYWxh0ICQEqBRsmWiJPUP5vMEFLbd0y1zUeaOWKyl
upS1LKZDQq2RnDQpaklSSZgaqdMS4hsfnp8sdpbs+enywTxTVmneJs/DFuaa+0T5Y7UzZ9Yn
yxbm2uXpE+WO1s2ad4nyxM5toD9YnyxZnGT/AIiPLHbGZ/rE+WJ8YzL9Ynyx25jl6ROjl0x2
xnl6RPljtrE9PSJ0fLE+Ma9MR21n0xHECnAKjPM4l2ZRKrk8EW51n0xHbWvSiXHsz0yq1Rdz
zJsnt6uWJcczoq2xo5Y7ezontjRyx25q0T2xo5Ydy7XebLS30SDlU7vOI+KEvud4MLbQylvK
IMjh06XEnlh9Cu9sslzMJS0HGkyqaCqlqctvOL1qjNKR3kw2p5oNZMoHQIAMynxkwhC+8ssM
R1p19DSClCkMi6lI5SbSYezJzrTz77i3A8UXkjRQDKchA66m20WK8kWZsWiYur8kdqHoL8kW
Zqo6RJter82EvsqrbXoV/VHeQ1U5c/2T75c1FIrbmQZc7lENGqqSlgKJnzuU+5w+YdwnJBU1
A026Jq0CK21BSDzkmY+Ue73l4VMn/lwp/MLw2kbSjHax6C/ox2r+w58mzpiQzJOro3NPJs6f
BE+IMhYd05p5NnT4IO+VZYd05YeQ3dPgix5RIsIwnLDyGywxa6sW0mbTlh803bDBM3aU2KXh
LASdSVTFhMGougJlVNlwSnoqssnqhU8ZOH0k2XBTPRVZZOFVB4USxJsOCmeiqYsnC6kvpw5F
2bK7oOgqssnHdgZC0rZd3iXUKbICxdMlcsZtSqQEstTeWAoIKjKRSdNeiOiRlg1SkzQlfDVU
7s+0xJ6dUHdIy2BKq4lfCVSs+sxfwQrdIy2Baq4lfCVclm8xfwQoYaWAwKlUoSvhQZyWi6cT
E1jVC92nL4QKyEISrhwqqTyLl8r1p1QtJaS1hTcKUpSrBBqlmEXLyl+bqhW7S1RvSlKAcIGq
WYbuXnFa06oyqShKJkKAToVNyxxUgJKVrGr3F/rnv0z7x1xnMNrLpKjiIKVW22qE5wprOqQa
VbkI1JlyyHwGda7sSl0qUgLzajNlqlMjotUufNic8XMZh5kZjMPmZXe0LOpPgEXcuBSSUY9Q
p2p8byI9nFjCAEzKC/Ow3u18jR5kGWTaRSSpOMmVKr17M29AZXIFGUZSUTUhTwuoNszm7dg+
ri7lGm6JlGOno9qZzoq6My3cXco02ElRTjpG7JqvZu90ZlciQyrKaJqSl1Am2b28zV7oTK7H
ZWgpJKhipFw3t6/e7OZXYMsq0iklYxEi4b29evdnMrsKPDMoSibgxEi6q91hyauzWWCOzMyT
vE1ITd2usLvDq1lgjsrKSN7alNmnrJvdm+bFmWa04gups/itrs3zY7Kx7XYT/N7XZvmxPhWf
ai4j+bF7s/zYty7J9dso/nBe6D5saEk8oGnwxOQ+SNFn4PkjR+CLJfJDROWTUqblCgkqXSR1
uonYR5kI3ba6pPTCUDElT10W2IT5kNpU024XZOpkhO9lT10SNiBrRCQGmlhYxkoCE7zZnnQZ
2IHs4TJltysB4XUDGlT1xNt1KfZ64SA029iAPCSUJxgKetjzQnzNcJGE28XpOpASlPE00zzI
8yjzNcJ3aH8bebCU8TTTPMfMw/M1wndIext5KlKRmaaesaLmH5uuE7tGYx74upTxVNO/Nm7L
fm64RYl/iL4mgI4qinfqu7st+brgXQ+MxvBUkJ4qmnfKu7stcmuE6MwMxfBISniyimbyru7L
Woa4QQOJx5OWgI4umnfKu7stcmuFKxSrFksOUgcVKkYqhSMMo0S1w0Ryr/SjvD8hj8SvfEtq
pUVoEx4/DOGy6qtQUtM/EfB7mActiZwoEnQqUgdApEyr5IazOGrLZcTKwpVNdmjC8vu95eNn
9CAZlNLrZKgJkW6QNZjQJmTtqbCLs8wblmZ5EQnXO+KhKoXd+5cu5jkTCRMmYqFQlMXZuu3L
uYGoQilRMxNOIJBWzvH7t1/zRCZGc5UYtlQuzXmLt14cyE2mRFmPZPZv5m7dd8zlhN4mwU8R
ZVs25u7Y4OZCbxlqOYsnotzolYr2cJkTd2eJmOSfHch9nAkTd0cST8fH/wDpQJFV2dPEEz51
ud+Z7OBIqukyxyfnW5z6v2cd2Jquh8yDvT6Ta583zIzrk8OlprfnZROW0mYnVoETqwMCQBVf
4auV1d6/iajqiw8Pwugm/wAJXy27zE/BB/Z+GmfP4Sud763E5NUew4ea/P4aure/WYnJqg2Y
JZm7IXuHqr6wkyvlfm6oUJUYc3gAJ4U6uspsvFXmaoNmGG5vWCrDqq60m7eWrzIyk04ZUa7D
tVOTxDYJKXrHuOfrnv0z7pJ0DTFOSYxPrXTSn4gLTCns5KSlbggSmnxeP3H8RZByyw24mVs1
aKeURwgbdccCMQqQmadEwmfKdULfLb6G0KS3eaNqlakjXLXDOYK1Ft+dFKCVWbRKRaAnXHFO
OpRlqasUm7I6Pli9Xk+61WhNqH3x87W2g/KYzzLKA202WkpQkSAuQiYSrfs2LsSb3O8EWXsS
cuIG3tWZ67Ygerg86qcuIEqtqzOWWND1cGyekDGGmVd3N2dAOZBtGuWNsnT22zY9lBkbROk5
mc+d276v2UH45cR+d236r2cGk2ifTaROvtn1HmQq20TID07De7R/DeZBM5JE1DFJmDftft7L
5sWmwErAWdd6+9b2TkEETItLk1HQb29Ve7HyCDJR1uXtRt3pvdk8Eafn/HpxtvsngjTbPElP
QfbbfZPmxtG0hyw67N+L/ZfmxafrNOuzfi/2X5sKkltU70w4kVI9skeyt0xNKEKBtTJ1N5Ht
k/V26YsQ2oKE0EOpvo9qjlQJ2mEyQhVVqKXU30Wb1HKgTtMClDaiRUhOKL6LJuo5UCdsIYF4
GTpoXPEtSeIaVWN0jnJlbCb2JiSemg2OSp60i/Y0nWiE24gXJ+SDLEIo60i/Y0nWiBM4pXJ+
6ZYpFHW0X7Gk60a4HrcQh+6ZYxTR1pu/dbRrRAHT4xD5CTTjlNHWm711CNaNcCXWOIk7JNzi
aaOsIvXA3rTriXT8TJyQu8VRRv027vD1p1wP2gZilyw0cVRR1hNu7w/N1wP2niJOKlc4rDp3
wt3eF5uuB+08TJyy5xdFO+Fu7wvN1wmZGa4mS/M4zDp3v1eFya4GjNcVJfmcZh07z6rB5OdA
s4oZmS9SOMop3n1WDLRzoW5jVcRSvFp7XRSKqfVYeiWuGvyl/pGM/wCFtj+975VaKxWi7UUa
/OTbDdCMO8uaaiu2fnG33A/hpxgKQ5IVS5J+87y8bP6ETqKJOtErTaRJU5pGsiBcC8STyZjb
Ao62q5deTqRCbuIFydviWLKjrLly68NSYFleJJy+JYkqN+9cuvJ5qYRJOIHJLGIJYsqN7mLl
xxPMGuE3cTEkoYwliSo3mZuXXE8wa4BlXiaMdNOLKma81curT6uBz6pdOJYkqbc3duqTzOWL
L1WycwLFyl227YR6uNFdWjiRKqX79dsl6uPOnOXEWVyq7ddsSPVxrM5yxudtdss6P2cHltlj
69rtdnQ+ZHds5U49hcnj6Tt/M8zwRm1zooYb3ytlE5baZic9AjawQzrWauHqlY7ev4mrkgyX
w5yw0rv8LWPWXt5iauSDbgDLzVaauFqq3ird5iahqg+pwKnNNfDhVW+Nt+vzdUKnucEKeltY
E6+ta66/M1QbKKZv2SOGDV1sWW1eZBkKKJvy04YNXXBZaT7OMoQ2EhUl8tdTnSnkKuTV7jn6
979M+8nk3DlVez2m/ROj4oUxm1JVSo4FBnc+Pw+5mm8xmUr7wWl92UphCF7KlJ5UDRCM6xn2
Xw0ltpQU3fqCZXFEikq8UcHx7Siw/i5hbarUgrJlpum3TDIZ7wZbdYDmWcccAkUOGqUp2LjK
lyp1OUQEsNrM0Aj1lOgq8Pud5flNfoCGxIKPEMySrZN7XBkMXFmBjiWNKqzOXLqU+r5YsGJi
VAY6ZYtNVzN3LraeZywSBXVNKS+JVyruZm5Y0nmRYkKrmJPC6uU7M3dsQn1caKwqYHEDb2u2
3bGx6uDYVTmAX+cb1mbs6IericqqpyL2km/Zm7vQeZBsJnUkYwM53rMxZ2bzYsHKBiT03un/
AITzYlbr29M73S/wfJGuyenlvWr/AILkjXYZ2nXbeNvYo0+H4/O09jjT874/PFvY4022LsPi
3ib3Y/BAtmbFzB8W9Te7JyiEjbCiF3TaZy3iL3ZPBE3305hDhcbC2nbEpSJlK8uRdQmWkWQh
44mHnsVCStO61loME+AWyh3NFyQzK0BDgdXOVclTnYgWc2GW0kFIQkjCXVXKnetLKplpE7/L
Atrqpd3RliSo37N+xgc5MAzrrk7NtW3Knfs37GU85MJtrxJO7tUsSVO/av2Mp5yYE95iUubt
XSyo6w1fusp5ydcATxMST0kGWNKjfs37rSdadcJmcXEk7JuzHIo37N+6hGtOuP3jGkuSDLiK
ad81euJb5ydcaeIx5OGg08SU075q9cDesa4F7iOIktVJp4umnetXt2G9Y1xOriMeS1UGniqa
d61euBvWNcC3ieJks0Gjiqad83euBvWNcWnieJko0mji6Kd41e3eFrGuNPFHNSVcNPF0U327
27wtY1xp4nipKu3OLolfRbu8LWNcOLx6uIAUHQLM3RTfCfV4fJrhv8pf6UZ3kw2f73vl1qoF
aLQmq2fJZCKVFQqXtJpIt0Smffd4HwtfoQgBVCi80ErHNNVireTTClbtQrSpU1oAdM0gZsmV
1QIsToMOFSQ6AU1IJQMYinrSpJsWmViYAoxiaVqrATjEU754U3FoldGuEtLUhb7pSUtOkBWa
2ZOugJuqRK6IfILT+CpIzFS0jFIpv5i7dU2BZDua4hh/LJKQp9xaaXyJWvkJsUjmyggOtPqU
kOJxFJ60gSm49JPq+bKEgPNPnMhKsuHP2oGwKzFKNCOZEqcUuzA4kSxqZz4y5dCfV8sW7zEm
N8mWLKqzOXbqE8yDdKwskTfEiuVV3M3bGk8wwTTVOaZvDa2ruYu9AObHdujpiKl2PTBNhsG7
HMjNuA0UtN79R3aJ+emYnVqiw4OD7U1YFXtr1+vm8kWHAwJ9IauGqna/f3gc5vJFu4wJqko1
nLVVb1y9vAvUNUG3ALM3ACasCdW/Vevhfm6oMt1h1PATqwp1db03grzNUK9XRPMctE6uueEK
9nBGyUzzEtNE6uueGfs4yk26QpSVhU+lqWDjS5tXm+45+ve/TPvKnnEtp0VLMvxwFoUFpOhQ
tEWfL/TAfLqX25OLW6UhK1rXzVeWG8xnO2h5WaWEGaapUpRM6gIfaW0lWNllpSAUyQsuVYc+
dPlMF1WSNbmZD/DoWjESAgIqrN0KJEJmCDITnp9zP/lo/QEMikKJzDMkqsBt0E6hBkMfFmBi
iniKaruZuXA3zDrg+uxipIxhLHKarmYuXUI5p1wbuLizSMUSxiK93mLl1tPMOuFJKA4HJpk5
YHqaruZu3Uo9WdcXRiVzE8wJYsqrubuXUJ9XyxoxMSaRjiWJKq7m7tjaeYYMk1V1JGKJFwiu
5mhRYwOaYMhVOad6JFW3u37vZhzTBkCbSmbg0m9u3rvZRzTHKZlN8a71xy72PkMa5eH47irO
xchj/f0TZ2KLP9zyf5GANBBE5cvg/gY8Hg5bLU/wUW6BeMvzbyLexcsAz5F3Dbzb7dvY+UQX
aAXnSFPOt7S9m+2Z25XzoCayQSl2TaucKZOZe3sw50FtzeNLKXFNoN1RFO9ZTVblhzhCQNBk
qTJkDKjfMCqzLecISKqqpOSaMq5Ub5i/Zl085MC2qulw4R2zc3rF+zLjnJgc6qThwzLEIo3r
F+zLjnJhNuJiSck0qWJKjesX7GE85MAVYmJJe6MsUijfZe/YynnJhInj4lLlLKqcYije5a/d
bTzk642sYvSWcJVPEU07zLX7iUc8a4Ezj49KjhKpxyijeZa/cQjnjXGnGx5LOEqXEU07zLX7
iUc8a4SCrHL8lbo08TTTfy9+4lvnjXElb/GkqbKqeJKKb+Xv3A3zxrg/tHEUqk0qniSmm/lr
+7DfPGuNPEcRInDVTxeHTeYv7sNc8a4BnxPESUcM0cVRTfZvbvC5w50Km+FnOSk4BdzJRK+2
JnCo0HlhoTneX+lGe/VMf3vfLCSBJSDeUEjTymEhcp1rN1QWNPKmz3DlmWA46kBTi1qklNWi
wWmEFTwwmrX20ilFJsAAtJPu94+Nn9CEEiacdqpPKKrRAUe8W8EOFTbBVUlbCL7Tc+aUrOgw
nNP95tuqIfoUVLJkshQmNAlop+SHHszncqp3NlNdJUm40CKjMWKPIYZzmUcS2l8JUzmU1hwo
btUJbBB+fGaZS8nhe9it1ndLDqVJlt1XQLNemAhx9KDnXcZ1TbRSghpNMkJULh/L0xkUKzRu
ofbYcDSkKEjNFfmy5DtR3Ytp1Jw2yzvmF+rMyrSnDnKyqJhOLjzAxk049NV3NXLiUczlifSB
0lIxUyxpV3MzcuoTzDrg2FYXNG9Ei4RXczFyxpPNMefWSgYg25Vbt+5YwOaY7tVqx6Qtdjs6
jdIkN2OYYzi50lLTe+Ud0iftEzE56osVhYezjGrBq/eb96rmckacENTIxTUcvOq9mL98L5o1
QbwbwJrFRngVVb129eSrUNUG9hYU3BWZ4M6+sLvXkK1J1QZGgIm8JmeHOrrRvWtnzIPMpqfl
PY2uubVqD5kclPWJT2Nrr21ak+zjKKoprUFhU5h2pY3wFtNXm6vcc8D7w/tn3jLxbU5lwikU
pqCVzmZgT08sLLiVNtuLqabXYQNZlqn8Bn/y0foCGEhIcKsyyA2bAq3QTBkniOImE1iji6Kr
jtzdhrm8sWdYL00pLl0Zkpqm09cuBvUdcGzGx6mwViniKa9y9cuIRzVa4kEB/GupSsSGYoqu
Zi5cS3zDridONxEwC6KeIKahh5i5cS3zTrgy32NNCcYU45FW6zFy6hHNOuD6zEmhK3BIvEV7
nMXLrSeaqNFRVNqpwWuG/uHbljA1KhUhUCS1NY2lCrq7lzs41Kg+Eluahrvbld3svzoOnTRa
Ndu5Vd7J4Y+Og2a/Z7PY/DH9jRr8zZ7FGiQsSZaZiV1NnYvDE5HSBd+KxFnY+WNOmWzp5ux/
B8saxaLUct3o/wCD5YGnSOi/NvM/wnnQNMgQd3+baxb2Xzo1kzB3X5l/L3uyefAt0kKIa1m7
fy97s3nCLb05K3R2jdvZa92cc8QJ3pyUcE7ezfy16xgc4RtVgyVNo7ezfy96xgc8QBtVEK3Z
2zc3mWvWMDniNawqlRwTKsijeZa9YyOeI1uV0qIy6pF0im/lL9jaeeI0lysgqwDLFlTeyl6x
CfWcsTJxMSU8AyxZU3snfuoT6yLV4uLIq4cyxpUyVk791KPWcse1xCJ8OZY1NN7J37qUes5Y
EzjY0ieHVLiKab2Uv3Qj1g1x7bGlPAVTxFMrcpfuBHrOWDM4wdkdyZcRTK9lL9wN+s5YNuPj
yJwlUcTRK9lr9zD5/LDxxkLx6TiDYzFMrWE1GijncsIn56/xxnf1TP8Ae987ZO8gyFvOg2S3
rlkpfj9yp9veCxLqTSsfGIQ+1masqJ1IIkszGgysPu94j9T+hHhxUSiUxbEiBPXYfig3BVZ8
dsjGX3QdOYQmTRMhmsPz1SuYUrOWLE8VxForGHxhRpxLu6wpWedAs4nidmsUcXR7W5u8KVnL
H7zxFgxBTxZTO69c3eHK6dcGziOImkFwU8UUVbt25cDfNOuCZY+PNE3BTxJTVu3hRcSjmnXC
pDGxZtzcEseVc2Xrl1CdSokE1BU2k1iVcquru3LGk6lQbK65tXhKsircOXLGRqVHdl2ZD9OI
qxd02tixO7TzTrjOKBAIbbktfRJs9cJjTzYsNFGt87E/3u9bPmRYrDLcyMczwp1W5y9eSrmQ
ZKw8OahimZanVvMxftbVzRBkaAipacQzw51zedv3mTzREp0hM3RUZ4Zv9ZWa7WTqTBtplN60
zpN7rRv9D8yLDKW+06Db1zbta+ZGVVSRiKQvEJmHZrBxUCZpSeT3F+F54/2z7pWshKEialGw
AQhru3MtBmmZcukKUdRUbEyhS864245WQhTRBFOqZTZ8Bn/y0foCMumjEnmWQWyZVW6J6oI7
Sc1MSNzjMOd02brC5dcG3iuJmm9JHF01bo2bvC5dcE9o4ibVRARxdNfV1CndhvztcEFGPxM0
lBkniqJ7pZlu8HUedCj2niCW5qFPF01bpy7uw3qOuD68PTamoU8TTVuHLtxLepWuCelDs2a1
JkcwRX1V0UXUJ1L1wq7iYhLFREsUivqarljQ8+DITnuJkbZFXU13OhHnwTTOc2LRpVe6oq52
f58GzXg2jSbeqG52b58bP1Is1/u2x2X50WplLd6Ndm42ey+GE2SNiBTpnZuBc7J4YGq0INI0
GzdIu9k5TFo0Gm6LQq7u0XeycpiWi0Ay1G7umrvZOUwLLRIXNRu3GbOy+dCbspEA4Q0KNN1m
zsvnRrEpAlrSDdsy9nZfOiRBFNM8IHTdsy38N58fJPCnpudl/hvPgeGUwzOU7vZf4fz4E7FG
XQE6btuW/h/PgE26J4E9NzslvQe0gT8Ezl5/Ntyf1PtItmapT4YmZ2ZcFb0XtItJVVKrhjtb
PYbdgeti29Vp4Y7cqew22JHrYM705TOWO3s9gvWJHrYtvFUp8KZVyl2C9YB62LTVVKZyplXK
XYL1gHrYPPCpT4cyxZS7DesCfWxJSsUr2uGMsWmUuBv3Qj1sCpWLWQVDLKIximUuDv2BPrOW
HlYiF4gBrSbjtMuyio00c+Ey1OL/ABxnf1TP973zxQooN28kyIFQ1iFVrLikurE1Eky8Z993
h/g/oR/iIiUpyMkz8JECmyWo/JpjRySM7TbGXGGHeIbSmiqXFYczRP1eDy86JHrQzV3UjjcO
dn1WDL86KhLNcVdJsRxpQDc+qwpfHBNmZOYNEzJHFlFW7Nm7wuXXBs4jiJo8ziSircqs3eH5
2uD6/iCWyoiniSmvcLu7sI1K1xbvg9Nq0U45FfVVCm6lPn64J6SslqoiWIRV1NV2xCfPgmVd
U2LRtG91NV2xsefHdqyAaXsMuGxSSD0AEhNCNStcZ8jzGxf6DZ9d/diQ8MsectfbfB7OJiaZ
VS4idm1bnbdj2cE7MplOLzZ1XszetZ8yNJEpqFZ2TevvXuz+aIu6Z13ibu1N1V63LcgjXYcT
ToNu/N7s3giUzYcWU9f7zt9m+bGWclatbdRKrHJqG8ZE1Sb5PcVrm89+mfdcYdE23BSoCyFs
Yj6UJnU/UcMnWmf9USyDhdYUomsmduvk+Az/AOWj9ARl0U4lWZaGGDKq3RPVCjLiMewkXOLo
qupt3WFrOuFTHEY80KlJHFU1SZ07vD87XClE46n5tVWI4qmvqwE7lHna4IKQ5xG7omE8SUVS
YnzMLzudCv2jHm2Ts8TTVuPq8PztcKmMfGm0Z3eJpq6ubLgR5+uKicXF3BXIDGlX1RQldSnz
4V6wKmwfn7XUjZYge0gmwz6uSZW6eom70f1kKle/ZzYPiyJu9F9ZE6f4Wcv/AGGx0P1kCyUj
w9idGjqWx0Hz4sGg4GjRo6oLnZ/nwLspEMWJtBu9VFzs3KuBdpKSGTJOyTT1ZNzs586BMUyk
zdEyg3erIuW5Y61QJiiiTRoTsG51dq52c61QDTQESbuCdE6Nyzcty55xgAimUm92NidEmWbl
uXPOMAypopRNpM6J0bpi5blzzjAmCmkhKsETo2LmWu2sHnmLU00SBwROmdFzK3bWD6yBMU0y
G4GzsXcrdtY8+LQbKQQwNnZsyllrJ9ZCRKUgOz6tmzJ2Ws+0gGnRLs2rZsyVlrXtI2SJSsyu
kbPYbLW/aRKWjTwo0Tl93/N9rH/+L8XYPB7WLRb/AAvxfd/g9rGs6Oya/wD67/1Y5fDldf8A
9fb9tEjby8Jr/wDr7dXroM7Z6eF1/wD19v2sHnT08IdMv/19tkvWw/a2aheo6NQB/YrTo9ZA
8Li/xxmv1LX41e+fMgdG2KhpGkQuaUiTqhdSEg6NQ9y8Ze87w8TH6JgjlcRCJIVOdQSJmrll
ZbogIDS1hezKZq1mkytgpQ2d5KVIUQqm002fLKGABiDMISmiqniqKt03NQwy3rOuFW8TxE0m
iSOLw6t0i9uy1K064JnxHEXCRc4soq3Sbd2WpadcKmeI4ibZM6OIpq3AE92W/O1wZnGx5teb
xBRV1f5lHna4WZ42MSyVWJxymvqvzKPP1wT0pdnlySJYpFXUzZdl58KO3WTlyqUq9rqOixI9
pBmZzPDGzTp6ibuz9ZHdhKbEP4ZVrRL1AEhUlHna47xt1N2L6DZ9d/RBlbplj69PbPmezg2m
ycuI087t31fmQbbBOWLOfP7R/D+ZGvWb/wCdeet7NyRKqWldp13ry7ey8gic7J1T1z9ob3ZI
sVrxNOv2ovdl8EZZV6alNmtRm2uaheYtVJvkHuKq0l579M+8U5SulU5shZpmbSeX8MYGWRQ2
CTKZNp0mZ+A7x8Lqf+mIR+tT+Iw/eWMEBS5uGahZYmZtIgZVTisQlLanJqwwpQqShS9SjDqK
HEqZSpWYrChTTy287VGXUFCrO1BhClHSgTMz8UUzN66TNUjbLl8ESVMiWmarRq1xtWkBIIJs
0Wfhi1SlWSpGk/NiUzolb4ZWQ4JlFbYQUynigmxk+aFedqjkp6qbNmcv/j9m1H1sbEpSy2jR
o6js2t/WQLKaSMvonTo6js9EfaRaKaZZewTpN3qWxaz9ZAsookwSBOidPVE3bWj58ASw6JMT
SJ0To6qi5ayda4ApoDcmronhzp6s3dvMq1rgEigt0t3BPCnR1du5eYVrVAu4RbpbOGmeFOjc
M3LzSucrVCZDCwpIm0JludG5ZuXmTzjqi1OFhUo3QnhTo3eXuXmVc8wLtFEkblM8OdFzLXLz
KueYF2jDkncpnhzpuZS7ayefAu00SBDAnROm7lLtrR9ZEpUUSB4cdHOmzJ3bWj6yAZU0Ssy4
nRs2ZO7a2fWRMgpolPhRamdPYLLUH1sGwppH7MJ06OwXbQfWxaJU/uotT/kLNB9bGiUv3XV/
9fZ9rGzKn90HL/8Arv8A1Y0aP3X4/u/w+1g6vBlPj+7/AA+1iZGj91+P7v8Ane1jk5eF+PsH
zvaw9a2LOb0RtNmS8PtYVKwYy7Jz5NcP+HLt/gUffZmtGImkXZy1iVoh2lGHvTMVFerlV7jC
Sp5Ky3JVFFFJXqxFJvT5IA5Pd7w8KWD+BUI/Xs/pRtlzF0BlVOPTLshruBEr41xKrGxrJMqp
x6f3W/u6JX+WNviA9MSZVRxNM7MtfGGW+fywqRxw+CkqQqhOZKKt0xfm2tErx1wq3Gx92aDT
xFNW5av7tbcrTrhSumL+6uqo4iircIvbtSNatcKJVi4xwiQacemrqyRVcUjWvXCvW4u5NtOM
U1dUFtxSfP1wZnExCcvyYsqupnzSPaQZqqrJy5Oiva6j4Je0gzM7eGJ+XqP/APLH/tv/APRN
mj62O7DTMtvhuqcsKmXVwJCoJ86O8hKfRChXRquHpbDZHLPRjja2u12bA5kHSZztfG1t9ss6
HzIMtNssXTz+0fw/mwqR5ZV223uk/hOSDbeFszpnbar+DgW+H/i09jgadM7Pivi92PwRllUq
mS1enNpVoty9pk37iv1z36Z913MKSVhpNVKdJhFTDiUFM3FWEoV5shp8cOPsKUUBVNChIpI8
vwHeP61P/TENJVoLw/RUYcdzMg24hQbcWJlKm0pJDfz5aIVnUrxcolbLpyyJ0KecFhI01CQJ
GiO8W33Ww/mkNBxmlWgilOF5xE70FAJa/wDDFXWkpSVX7CAgWbNvigNDOIUUvYYLaSajKrE1
WSnVqh1ya6aC+ypaZY7cwCE22CfLBeSzOlzCfbskiYTTNQ842WQMo65LMFSZtET201kg8iZS
gTsTdkNY2dMOmvDmhLYEp11KAwrdFeieqLRQUgZY66J09R8M/aQLKaZZblo2eoaLUn2kDmUS
yxMp0bPUdFqT7SBZRR1aqU8KdPURdtQfaQCpNFEsuZCeFOnqQu3kK9pAnu8KTJKUzwp0dUTd
vNq1r1Rs4eFJm6KsGqjqqLl5pWteqBUnDwpNTSJ4JNHVmrl5pWteqBPdFulu4KsCdHV2bl9t
WtWqE3cLDkjdirAnRuWLl9tfOOqBNODhyTur2BOiTeXuX21c86otGFhyTuRPCnRJvLXLzaue
dUC7hluQkyJ4M6bmVuXm1c8xaCiinoLcKdN3KXLyFes5IBAoDcquHE8KdNmTu3kK9ZFqcPDl
PhxMtzp7FdtSr1nJBsLZTKzLWlE5dgu2pPrYM0lNMp8LO5P9xu2z9bErUy08LO7/AJC7bP1s
GYKQNPCzu8n/AI+7bP1sGYlT+683T932aT62JEUy/dNWn7vs0+1gzslOzKatP3fZte1g6v8A
Latr7vs2/awqw6z1b87sNm37WHhuvEOi0nsXz/aQoH2y/wCiHv8AKo/TPvs1WCU020GR06iY
zGGFDe21kK1C0Sl7iHFt5hBSKEm4lLlKtCEOJUSPCInKU9Xu5z8hn+9AsmcZmXpiD60O+xVT
j0/ul+5RK/ywZnGxpg4Jp4imdmVv3CiV/lhUyHsW6pTRp4gpqk3lb9xaJX+WFEqD2NNBLZpD
9Ne5Zv3HESvK1wucnsUlq4acamvcN3rjiOcrXBmoOh6bJpNOPTX1dF644nWvXCrcTEmySmwO
kVyyib1xafPgzv1zy51VkVdS02LT7SDbWFTy5+dKfUTbYoe0gmc5nhrdenqHgP1saf4Ynk0d
R/D0sW2ASy510zl1Lwg+0juxUhNt8Mz9nYDw4svBPnR3kHlpSXFICUOToXc0OEBUkiFdZQ5O
aQXgd4b1mYu9EJ3YUOJSucwC6DfN66/c6ATuwqWYSTovAzJtuO3bcuJ2Qd+LBK0K0mdxVnZr
dEdMOTZVOo8zR2XwR09g0ySva80Wdl+bElP8k5JXtWWN/wAPypjLOtLK0zaCyJ4dVQmGEqtC
PcJFoLr36Z90giYNhB5DqhunIYr0q1MoMm5HQVJtBPJZGJlGgymcnGgAKVa5y+A7xkPWpn9m
Iy07AHgZ/mKgM4SVNNrS8jESTfGseKULy6WUtIW5jVNXVB3TWm2wwVuIC3t3JahNQw9kg6p6
+WM2UpEs4ZvAifNpuw240wnEbRhBZANQOlS+VUoeQU1IdBbbKjMobnMIRyWwthLdDLikOKaT
shSJWpE7JytjiFtgPKWlSlpTbcFKRadEiYQSFbv+oQ6Vu4CVopmRVWJ3m/BVy6oTvwmlugaT
Q3Z1Q8s/aQjfhBDdAOmhuzqnhBl0kJ30pIKAZTDbdk8p4Zy24RS7SQihEhPDbs6pOVoVLb1Q
2ErLZCKUyTVhIsnlNF4GW3DZTUgpRSFJRPBRdnlZSvJVLahFKiyUpkmSJ4CLs8sLLwXLa1Q1
IlqSZJKUVcOm7PLC7eC5WmGwmtgJTJBSgHhxZNhF28Fy06obIqYpTJASgE5cXZtN3byXJWmG
qK2BoTQieALJtN3bUrlaYaurZKBIYaJ8PszbZu3krlehsgLZAEhhpHV5SuM3bUrlehF1bNlm
GgTy+i6xd2XJXobk2tgj2SQeH0XWLLQ5K9DYKVsK5GkDq2izLzTaHJXoRJLjGnoUjq/+Wu6F
8+E3FsaZ4SR1fw5az1nPhE0OMaehSNxpty1nP58C6tnangp6DTblbLCvnwiba2J1VYAG40yO
Vs0uc+BNtxrTPBSBgabcrZYpc78DdONznUGJDh9MlZWY2lzvwJtraFteDLc6ZLytlilzvwKm
ltTqrwad1pkvK2WKXO/CmwxSpzaSqWG3aZLYloWqd+F+F5f9EOCX7Kn9M++zYWopTRapImdO
oQ/SsqJcvBSaJXfGZ+4vLnKqdW0BSuaZVETlboHhjhnmcJwipspVUDLSDMCXu578hn+9BUdC
XGyfiVG8rv8AThq7OWzgX9387lhWIHJuWP0XLLacK/u1W2nXBrDknBJ6i7dtpw7+7VbadcGo
LOIKHSm7NFtIRfuKE7Va4VUlZChQ6QZVN20oSAu6sTtXrhVdd4UL0Ctq2TaRXdUJ7euFE4iy
oYapSFTNsmhJd1Qn0mmDOskjD1Cpm3c7dihPpInSolScMkkWsew29P1mmLG17OGBNPQfu5v/
ANvTFjaxdw02osZsnl9q0WbemBulpATQDNBpas3FptBlt6Y7uSwkpwXUJAVIlKLAGhSTMCU6
jHeYfUsBtSKcNVOlOv5I0vfaGLFvj/EjpH/tP6o235frP6onW+P8T+qJYj/2n9UdI/8Aaf1Q
h4LdWUGYStcxPlNnuf4j2j9YfeJzmQUMSmhaSqk8k0qkdRgocUFOuKK3KdA1ADxfAd4mfrhZ
+YmAy8VJCVBYU2ZKBEdM/wCn/VHSv/af1RPEf+0/qjpX/tP6o23/ALUxtPfaGNL32hjS99qY
0vfamNDv2pjQ79qqNhzk6RUbDn2i/LAGGsy0EuLn+Ax0a/tV+WLUL+1X5Y6Jf2i/LFrKvtF+
WOhV9ovywNwTLRNa/LBPDafnr8sS4UGem8vyx2Qekvyx2Qekvyx2RPyq8sWZRPpL8sTOUT8q
/LEuET8qvLHZE/KryxPg0T+Pyx2Nv8Mdib/DHYm/kizJN2eCLck1bpsizJNW6bsKbyh4DL5U
qQ0wkCwa6wZznCMy48hFWUQlaioCSyudOnT4Pcsh1nLOYi2bHLqgOSwkSPxe7mgtVCSgzVKq
XxDTGYpdDpLlskkSu66vcW/jOsOOSrpkUmXgVohXeLuYChIpbRTTTdCbTO2wReeQka5rETVm
kLmaZNELI8JCZmUZvMd3LS9jBlKXZEoQAFTPjnoEO5bPBtxUgqUtpOuaLRFuTZl+rEdjZ+zE
dja+zES4Rn7NMXcqykjXhJjsbVv1afJEzlGfs0x2RkkfVpjsbP2aYsyjP2aY7Iz9mnyRZlWv
BcTHdAaaQ1U6aihITOUpTlHenBIZXvEV4ylDm2SpBjoMr9ov6MdFlB/iOfRjosoQORbnkgEM
5UA81S1zHjsixrJ+m59GNjJ+k55I0ZKfjdiwZLw2uxhqVlGkqsU63iFSeUpBsnCGGhJtsSSP
6T8KvNZChxOYlxGVdJSCoWBxCxORlpEXcnlx+U+r+hEW5TLfbK+hFmUy3xvL+jHZcr9sv6Ed
myv2q/owNxk/DvXPox0GT+0c+jHQ5P7Rz6MWt5MD8p3yRsZLwXnfJFicj8rvki1OS+V3yRs5
H5XfJGzkvDed8kbOSl43fJGzk/ld8kaMlLxux+xf82NOS8FjvlixeT9F3yx0mT9Bz6UdJlPQ
c8sHf5Pwbtz6cF7NZvKNtDSrCc+QCqFcJn8q4pOlBZcSR4ZFUdoyh/wl/SjtWVl+pX9KD1vK
+Dcq+lHa8qf8Ff047XlR/gr+nHbcrPlwFfTi3OZX7BX04szuW+wV9ODPPZfwbg/TizP5f+XP
04+8Gf5f/jggd5spnrGX0fKoxxC3sqt/nLOW2jqUoVSJEdYUpzNKVW5mkyQVE6QEC6BE8ut/
KnlZfWPwKJEZk5fOvZxxaClhl8ouqPOrABshjK5cvP5ec8yhtYrKiLKaiAEznBZWyU5d9DDb
j6npltpu1SJDaWo64bzz2Vmy46VcOHZ4BlIPG2RJGoRmlu96gZeSlYWCgJp81S7T8cOrTn3G
RVa3lVDk0rKkznEl5/OueN8/3QIv47n5eYd+lFuTSr8pSz+MxNORYny4YP44oVk2qdN1ATaP
CmUILCxl3EJw5Sm2pGmlSBLZNoMKTls1l2qrVSZUqrwmpcfeLH8v/wAcW94s/wAv/wAcW95N
fy3/ABx95Nfy/wDxRb3k1L/Lf8cfebY8HDD6Ufebf8sPpRb3oj4ssn6UfeiJaurD6UWd6oA/
yw+lFveqT/2yR/ej70TL/LJ+lHdXFZoZkKeNEmw3To5CZx3xy4iD+D4VynSUmXyQESzSqJim
TlhOnTywpDjamt4ooQsEGnxH4B3MqSVBlJVSNJ5B8sJGaLTjSnAw6lpKgWXVCpImqxabdPwz
6wZFDa1A+ECFupzSs91RGYdS65WG3SqkCY0Az0Qw4WWUKXUp1dVQoQdKUBU/ww9h4IyTAM21
EjMuGiuaE6h44LoaZS6682zl3DPD3h0KANV3lju7epYf4l7LPhFqFFAtFJ8VnJDyVtISwmZb
UlV6wypI1+OCGe7M47IynhhAPxrIha2e7l5aQnjKUh0i32KZlU4yWb72yyRlGXL7bdqrdClo
0CMmcpNxzLhas1mg1hApVOkUizRZ8D4IfT3k/hIao4dK3VMpDZF91qnbcCrIy7mYmXVJ0qEl
FM7pUOUiXwOaTMAltVqrB8ZjMlRQalpkELC9CdZT/snc/wCtV/RHex11oH4PhZ8kWFw+EIPi
gPMLrbOvWDrBB0fAKacSFNrBStJ1g6YQtWYefDPZm3VTS3qs0TPhPwDacNTrryqW2m9MhtKM
5ABIiw6py8B96qsAtyNc9Etc4Syzkhle7ltuvZitkJS6hMqVJlphKW8mlPCmaGnWkgoqtqAt
FsMd8uZbLocGK06umbtYJQ2hCuSy94IacRksV1QL76Mu0EhJbsLpq0CegwlIYvY7bYVQLHHk
V1g+LSYazSMo5mH8yXcV5DaA4Q2q8pVMrPFDeVabWtLsgHgLsyJ6NPjPuZsFQSCgzUrQPkgy
VVvFTl/X8EMVtLlNqawFS8U/gs0JgTbVadGjXGZXNJC1I2SJiQ5w1fCPNMPVKYE3LCBLlCjY
RBYy71bkiRdUAoDSUqIkYW8w6HGkEhahqp0xhZfMpW5IqptFg0m2G1IzKCl5eE0Z7S/NHhg5
Nt8KzInNsA83Tbo93uflxj/RHe5+tT78KQjFfWaWmuU6yfAI4t1lJeLqmktpMk2ayTAzrzaC
S5ghDLgUCTrqIErNRjiQ3iWpTRo2tc4zOY4Q42WKQpmsEKC9CguH2Qxdby4zKFVWqmKqZaod
WtkNFs00hdU7J8glCgnuZoGZBFKyoHRqTDpeBQXVBSW17UpSqI1ThjLZbL8Vmn5lLdQQAkaV
EmG802ySVvBhxtRlQdZnrjvFOBeyABF7pJ/ihebVltlwNJQhwKmSJzUZXAPDDWb4SpClKbcp
eQQlQ0S5aoQ440WFrEy0SCU/GPg23GFJDqAttTbk8NxtyxaFU2jwEQt3MFGKtKW0IanQ223s
IBVafCT7pyr7waeEjJc0gz0SUbDExo0ePwiJETBsI8EZpaM07mhlWltuZMrqCUKNqUTA0Hww
rNNPlOVdNRdzCz4pSVKUDKocU0guury61qBXNCiouJ1EW/JCHGM6tx/CUlL9QCXkqtSldIlR
PkhrMuOLrTQtxlJ3RdQmnElKcZNlpxTOUYxcQIUoOKxLZBY8OmE5ltTrVNJLSFyQqgSFQ9x9
DTmEqVUyZAy0oUeQw6rHBCtjKhU6RrWRqJ+DlO2JVCfJOKQ4mrkmJxLFRPRKoaeSKQ+2VHQm
sQBxTUzYBWnT8sFCs00ladpJcTMeOL2bZBFh3iYTi5hN4yuX5a5qpnIQljLp4l7PgoYCDMSO
lU4Xks0yWXM1ItOWEKKRs1JmD8G6zlnA064JBZ0S16PBGcYXShpbOEh8aFE2ikaQBrhtTrPD
MNJUl0l0OJcn5iebOH8vlpyerMlmciofijI5hbIVJSkvN1AFoSKa587llGWyrmWpayj5eOaq
FKwTqGnVC3F5VeApxZx0PgJpVora0q93uf8AXH+iO9/1qfxe/Qc03iFudBmRKfiIjhhmFB7E
xk5kATChs3dEgIWhxXFOOrxHXHEi1Wo06BKDl8QszKVVgT0GeiM0wl5fDZoJGDZcUnnBWk+K
Mxi5px959rBxlAClHIkCC2rMqfb5tYSKANMqeWO1eDYX5IU/lVhy2hapSNmozthp5D68tmWJ
4bzcp2+AxwVa9rFOYnfxPO0SjMsKfddczYk7mHCCuzRLVHC8bmLFYiHElKSmXNsEinwGOFGY
WFl3HcfkKlK12aBAHJZ79x5h4YKwBSXFoplqkmO0J+2eifFJn+tdgk5sE/rXY7WAnVvnYtza
ftXoPWkz/Wux2hP2zsHJqSc3mAJ0oqWEg6JrcsEJcVmOFbmCvLpOJUOQzuj4vczuWGey1Tra
kIV64Cc79tgHg0xkXG83l0O5czbGZlhOTTSTKekapQxlGM1lj3i1jOKS4lQSUZiYmkDWOSEs
lcm8puMZdKUrKdKk26J6IwUAlJbxQ+JFsicpBU9MMKSoOofcwUrbIISrwn3cql2rgi8OLKfN
1QwvuwpRnipykZS2pr1dQOlUtMHtAt5GwdGrwQkKOZmRZS4gH87wxWS/MEaHk0/JyQCVPImq
dRzAKUz10z/BG0tOkVnMT/B4YWVLKCUKFXEKVMnVLVDwUqVSRSMdZqNU6TyCHgpSBWgpG+cP
xeCHKnW0BbakABbhtPLCgXm0BSVJkhTls9AM9UIcW8yKdaK56JWTMNqOYauqmpSUqqI8BnYY
qXmG5BU7qDV8s4bcXmESQZ3W5H4jPTCSrNJpSZ3WgD6U4HWxIGfQp5Z6YU5xlqlFXRJJtMzb
Dixm6QszlhIMvjhPCvCldjhcAFAA0gJ2iTyw1mO7XC5nGVVlLliV8oSNCYyzuay6MllclPBZ
RrJ5LT8KvJpKeFQsBVLRUaZDaVMS06YDb7aGMmXMMVA2p84ODXH/AI9CstbfQSlcsPTet2pe
97nOvHP9Ed7j61P4vhTVsyt8UdTZ4PLTkFGaifnlM/kEEZFRcSFHFcWCFFeuYMabOT4TL5dh
lRZF7FCwG56w8LFWDRKO8cxhvIzL5GXaC7EJQo0lxF7mpt0RQ4h19bi8OaHAlIbaFLdYmCEr
0ki2Mgllhx6hQU4lg85CbiSTzKtJMIZZUsNoQnLvuV7eMa3nUz8ycuXkjMrLLjzSn0JOVQs1
KyzaaUgEW3lWmMtlqVqQWUtHMpckGgV1uzmZmSQEiM7m8y042tZITVIppndoIUdQ5PeIVmMs
0oKzbrr5smpki5bp06oyuX4NpwJQtFhQVIqWSlNS9CAJbMVGjE4FOXQ7OZDwsNPICLJwcsrK
JaUcw0twLcCkrQnauiwAD5YWnJpRl8orKLy6ZTBC1LqEhycsYSmWmV8S06SFzmEWKVokLNA9
1SFgKQqxSToMLXl2Qha9pWk+KZ0D/wDBcfNxOYnUaXFBJPhSNMY9K9suFms4dZtqp8cI7yrW
HUoooBuHwke97o/X+SO9/wBYn8XwstRirgmqtM6Yw2G0tN6aUiVp0n4B9bE8QJ0ptUEzvqT4
QIaGRcrDhVigPF0KZlNLzk50rKv9gffUKksAqWBp8QhKM3glKlpadbaCwplbiamxUqxcxpl/
sIy+WbQtYRjPOvLobbROQmeUmFpcbwcwwqh9qc5HSCFawRo/27uj9f5I73qUEzcTKogatUdK
n0hHSJ9IR0ifSEWvIH5wjpkekIvPtjxrEdpa9NPljp2/TT5YpbeQtXmpUCfwe8VLTKyB1jMi
kkyJXtHTpELKlLUnENBcmToE7VW6fgK3nEtI85ZAHymDQ9l0VWqpUgT8co7Wz9onyx2tn7RP
ljtbP2ifLHa2ftE+WO1s+DeJ8sdra9NPljtbP2ifLFucZB8LifLFmdZP+Inyx2tn7RMS4xmf
6xMdsY+0T5Y7Yz9qnyx21j7VPljtbP2ifLCm1ZhlaFgpWkuJtB0jTCFHvLiMEdWbefSoNarv
h1TMW51gf4qfLHbWPtU+WJcexPkxUeWO3MfaJ8sS45if6xPljtzH2ifLHbmPtU+WLM8x9omO
3Mfapjt7H2iY7ex9oI7cz6YjtzPpiO3sy/LEdtZ9KO3NelCXme9EZbMJBRWAHEqQbaVtqsPK
IKf/ACCHXFkreeWby1cp1DxR25n0o7Wn4pn+iA9lnUutGYC0GYs0j3qMkvMIGbXssTvHXo+A
U9mHEtNI2lrMgIqGZmOXDc+jHaf7Dn0YnxP9hf0Y7Qfjbc+jEhmDPwNOfRiWMr7F36MdKv7F
36MWOLP+C79GNp37F36MbbniwXfoxIuLSfCy79GOkX9k59GCcVctB3Lv0Y7tLCyotvCoFKkW
KkBtAR3tjNJdpcTIrSDKY0Ccdja9AR2Nn0BHY2vQiQybUv1aY7G19mIsybX2aYsybP2SfJEz
k2fs0+SFyyyGVpFTbzKQhxKhaClSYyz7nSLQCrx6J+6SbALTE8rmEu/NG16Jkfgc1msygPuN
OllkLE0toSBspOsztMT4Rn7NPkjsrP2afJGVZyacF552RcaQixAE1lU0nRqjNZhOWaeyuVm0
2Fsb91SbFOqpAFIJ1C0CMs0Gm2n3XVL4rh6RgN2hSmzoqNgBML7wXhpZzjoby4dYmhhAsxKR
evU2JjJocyyWiltWZzdLdIptS0CCOdpKYVmn2cvwjs+FaDNLiQDIV1eSLcu0fzE+SLGGx+Yn
yRay36A8kW5dv0E+SOzNegnyRblGT/hp8kWZVn7NPkjsrX2afJHZGfs0+SOytfZp8kS4Zunk
w0y/FEuGal+rT5I7M16CfJHZ2/QTHQN+gmOzt+gmOzt+gnyRYw36CfJHQN+gnyR0CPQEdCj0
RHRJ9ERa0n0RHRJ9ERsJ+QRYhPyCNkfJGyPkjZHyCH1YymlsrKWUpJTQBoCU+H8MFWWyYC8y
ltx5gXqwLuKZU0E6DB6hlk8k3z/QiLGsinxrdP8AQIRNOSFRpuh1UvCYcPeJYURa3wwXq5a4
zXfFoezSqsBTYJavUhye0ZJ1Qy+9nCpC80lDmZp6NoXlJUZSt8AhsMOPHNZvMLdyVCaUpZRq
cKhYkjl0wHGgcxnCtWInNnD12hMhoGqN53OFn6rMoP6YTBxu5823LWkIc/RMScy2ba/Lyy/6
AYSAtap7W7UKR5xqAs8UMv5Mt5plpE2VLBKEuE3lUWTUBonohLykhDgJQtKdExyfC91z0cQJ
x3gW809lnA9ShDCgnFNNUiSDLRpi53lm3KyUtbymtYnNvZuSlta4ud55wgkoaJclU6JzbVcu
pEtqFD/yGcXNWGglZBDonNJAQJN2bcWd45024c6/WW7QpsaHtI7fndNEsU9J51qeg+fEz3hm
zzTJwzK7N4LOgE9qAlXeWcVZJVDlqiZb1v6kTtMZVtObeemWyXSqbblWktiZmiF/kq/FGUA0
YY901bMjPxa4A7saeJndTtK8GHK8B44ln6sSe7xCFLo+cR8Bnf8ANOfiEZZGWdDK8w5QXSjE
ps83wwrF7xQjCIGYoyxXRVKgI9pOdstEOVd4IboM8zRla6KtnDl0s9ctELxO8204PaKMqVUp
OwW/aE6wNELxO80pwu0FOVrpnsYcuknrloheN3kgFmRzVOVrCKujw5dJPXLRCsTvJKcK3MBG
WrpSdgty6SeuWiHA53nSWpKeCMsFBKLZFsy3ijK0DRCqu9JYd56jLhUmzOlSLL6rLUjRBr71
kWxW7TlwqTdslpu3lmVqNUKKu9JUjEcllwQlq2S02XlWbMKxO8kzSnFWnh9lj205Wky2NMKB
7yQCE4xOALuXt3/hnLY0wevtbOLMs6Mv+8f8GmJHvBmdOMdz+z/vH/Dpjt7BNON0P7P+8af7
OmB19g3cUJwtOX/eNOi3Z0wMPvBk1JxEDBFuXs6zp0CezphIT3i0usYjO5SCtmyrMaZACezp
i7n2llYxGJNJ3jFlT/glPZ0wijvFpeLfYkykYjNlT9psCZ7OmEFrvJt3EvsSZSMVmyp4W2Uz
0QnA7xbcDt7K7lIxm7MR0ebRPRrgYXeLbuLeyu5SMZFlbg82ieg6YGD3mh3FvZTcoGMkSxFj
kCJ6DADXeKHS5eytLSN+gSrWjzaJ2gwnB7yQ6py3KUtIAzCBLEUnkonaIGB3ml3EtylDTY4h
IlWUEmzDnbONz3ol7E7HS031inpKJ7NGucUp70xKpjLKbZbBzFPSYdRkKNcbrvXGr7JS031i
npAgE2FErZwC13sXq58MENM9YKZ1pbmbCiV6cbrvZTgV2ahlkY6kzrS3M2FFNs4ud7Lernw9
DTO+KZ1obnoUmVs4ud7LeCphgobZGMoTrbRM2LTTbOAG+93nK5hihDIxlpnW2gq0KRTbOC6O
+XHE7LKqWwl5QmFoRK0KRK2cKdzSUPZhpZbD5SKyAARV8sH/ACn/AKnvpETHJ75HENJdwzNF
YnIw6yHDl1MstlsoSCLSqc0/FCm8o4pK0UpS6bVTUq08kzOPvl9syHTJaGDOVmalslU7som5
3u+zKWJiJa3H+Ytsq5koNffOZZCelxMHq/m8RLz+bKFV975pqjp8TBJy4M6VPU6QuV2UKSvv
bNtFu9mKlNHATbStyQvBcrJaNcKK+8821QKn5rbOCi2l1Uk3wqWgaIIX3lnEUDEfBcQrCatp
esTfCpbItEKr7yzaKU4roC0nDZtk+Ll6qWxpEGfeObsTiEVgyYt34IRaTLY0x94Z3RjU4n7P
7Ybu1X1emAB3hnbwxRN3Sx7To7F/VxLj87eGIN6RubL/AEdjlvRxkS5mn3sR5Km+IUVAIstN
1NLluzHeydrEdSnBnLFuHdg2Unwwr12LNlR2cemrq2m5T52uFGWJiTy5VKWKRV1M2XQnz4J2
irq5PnG3qRu9H8+BoBngqNM9fYyKOh+fE1CUiGlSFqTd6sm5bl+VUJu6CEGjSnZ3CLtuW5TA
EjZIKDU5g3LmXsty/nRlEmy1mdPRf9v9X/TDn5KvxRlP1afdkfFG7S3lWtehI+MwpzLOB1CT
SVDl+P4DPf5lz8Qju1WIWZZjpEpqIuy2fDOUasrwshcFfBVyut3d7i6zqiQHC8NrSAvgq/Zi
ne42vkg3eF4aZNIC+Drnebu73FnaNUfu/Dc5Iq4TE9ndOJja/NjZ4ThtNIr4Kv2d3e4s7fNg
2DKjLTM0Cvg8Sd5u6cXFnbyQRLhxl5rpSAoZOqvfou7wuTtGqFWcPgTdugK4aqvrKbt8ua06
oVZg4M3yAAeHqr62LL5X5mqFWBrCnmCLDg1V9d0XirzIIsbw55mVhwp1df8ADV7OCNiU81Ky
5Or/AOQ02pPs4MjL9p06NP8A8htbH1cbX8Tp1/8A7Da2PqoFs7eIAnpP7/tdH9XAtqJIzO1t
GzrwvWND2cFO0k05jT0hu9dTf6EeZFqsRLpD6gD0sqOuIv3Wk60QLcXEpeuGWMRR1tu9Y0nW
nXCZnGDxDxwzLHIo601futo1p1wJ77GIdOGqWOU0SzDV+6hPOTriSt+XqXd2qniKaJPsX7qE
c4a4vKxuIpWrCMuIKaJPMX7iUc4a4tnmBmKVHCVTxVNG9y9+4lvnjXAmrHxpKVgmniaab+Vv
3Ut8/li8eIx5KWGDTxJRTJeUv3A36zliROOX5KVw5p4golJWTv3cP1nLBq3+Nt4Bp4mn90v3
C3LecsGasfH2hl1U8RROXB37hb9ZywolWOXtssGniKapDJ37ikes5YVexsWdfDmnHpqu5O/c
Wj1nLCpqxcaYOCqniKapJyl+4tHrOWF1KxcUSWcuaceVdzKX7rqOeYUasbFmlZZNONTXJvLX
7ryOedcKmrExZpVhGWME1yby98Uvo5x1w9N1BxLql8x2RVumRUZOo5x1w/8ArT+iIT/lD/1P
hXjzuHR+mYe8aP0hCSLDIS4qfm/6j/6cCSlJonSc1bTptz961J9VCaamyiq9mVVUTqkvOXrW
z6uJhRawZqTjKmWaq5u5q/fbVzOSJAlnBqcTWqo5edfWHr99pWoaosJaDdTyZqqLFVfW1X77
StSdUAbAbqzCBVPCnXPPG9ebV7PVFkk0zzKRMGgGqfeGm1Jn0UWAfvaQOSf3iPBb0UJAAXPr
SECV60T7xHhE+ihFCcSs8SkaMSVM89s3Vj2cJsDmLJ9MxLFlTPOG7dcT5muMiajvH0OJuyx7
EgvuClNC9VMd7DU46lFOjFuHdIMxSo8sKma8Tcm2QclV1QXrqx58KvV1k5Ymy/p6ibbD9ZFp
18MbB/IGzRb0sCdgEsuTIGmcpZLZtR9ZEyKKJMEpEy3sdUTdvNnWqE3KMOTaggTw507hq5eZ
Os6oEwUUUpOELW9jd5a5eaPPMZNNgpLN1PRJ8DGi5/TC/wAlX4oyls92PdNO1zfHFfeYcK6r
HHLzf5pF0QcGeJUeIJ8/weCXwGeMinrTl1WkSAju1WLgb47yVUrspS8OiEylluGkme3wddO7
+txeXVE+y8LZOxzgsSVn1uNP4oP7LwltO3wWIDb9bjT/ADYnPhuFMp7fB4krPrcb+zH7pwni
XwWJ/wBXG/sx+6cJb5/BYk7frsb+zCh2Thr8rHOCrq3n1uLyaoP7PgTe87haq+sfWYnm6oPq
AxU9be4eqvrRtvhfmaoUBusGb4nbgTr64bbyVeZqgjo6J5mkmeFOrryr15s+zhQ2ZE5iROxO
rryr1rR9nBM9B4i06NPXtvofq4kFfxFM/wD3230P1cbU7eI2tf77t9n+ZAE6qiH7FaTZ1wX+
zfMgEEqmQ9dO0bvWU37MtyohN6qqTpCDavY6w3fsyw1pgzJUldK5Nm1SrvWGTX2Yc5MAneVU
rVhHpTc3+Wv2Zcc4RKdQWQuTSpYhFEnctesZTzhFpLmIUrOCrpDc3uVv2MjniACcSulRwDLF
Io3mUvWNJ54gTViYkivhjIuyokvJXrG0+si8qvEkScueklTJWRvWIT6yL1+uVfDHpJU3shes
SPWwZ7yuRVwpliSlI933rAn1sLqJXXao5U7ctH/j72lPrYUSSura4Xnyn2C9YoethUzXXp4Y
7cqpcBbYtPrYVMzxNvhj0kquw22OD1kGd6qc+H50qpcDbY6PWQoKNQXOoZYkVyq7FI2PD1kK
mQqudXDkioCuQyd6x4eshU79c54FlQFdmUvWZgc+HpqbvACs9GsVKkGRM78c+Mzb63R+aIb5
TlFf9QfCvo/hmz/bUIf8aP0xCCAVBQsVmhIrICvvG7Ykeriyeu3M6Sb3brOh9mYJT4ZHMTnO
/bnLbcv7ODIkU1GbxnTtX8zety/mQZKICZuALMynb37t+3K8giw7O8SKplM6utG/bluRMSB1
44t12zzu3bl7diAErn+0AT1/vwv9Db0cJE6iojMgA7Zu9fTesbHs4T60OnHCQZYxFJOdTeuh
Ps4CunD0sxIWcRTR1seZR5muEylmeIk6kbAzakU9Y0bst+brjJOJcrxswhzGpA4kgAF0pkKC
nRLXHew85xKNO3NJ3KLRS4rUqDbtbg27Wnqm1Y78+CCu7PhiZ8v7CRVt/WRplTLLVSnQDT1K
U7SfaRPow0AwTKrCBp6povBXnx7LBpaNKaiwDR1ZN2+lWtWqBNODgAIOGmosBVG5Zu7xCucd
UC5g4EgQymosVU3MtcvpXz+SMokBDZSppJaaIU2i9obIlZr8cK8RjJ6rnvCkiYOkHRCk5dpL
KFGopQJW8tnwGf8A80v9FMd2KxcDfneEVSmmWjwzlG1w/DSRbf4Sundqt3mLqOqAQeEOVuhS
r/BVyurt3uLq82CauF4TQCa+Cr8+9vcXV5sTq4bhrKjf4PElYoT3uNOzzY/dOF0Vbzg8Tz7d
7javNjTwnC2iq/wdfn3t7i6vNgpq4U5YVhCr/BV1bxZq3uLqGqCOzcPN28qrhKq9+u9vA5qT
qhVuBgVOSUqrAqr6y5evoc1J1Qq3Cw5vCszwZ19bcv3m1akQTOgIm/aej2+tLv2sK8yCJ00z
zMirZ2utqv25c+ZHi3+1s7XWzf7N8yLT9eBVrt62b/ZvmRp+uFuv962+y/Mi8TpxLDzrOsC/
2TlTGmwycNJ13d+i92TlTA1zkq4bSbm9avdk5RF6ZmUqJaOk3L7FvZfOEDw0q3JlPYv5a3s3
nwDpmUqJZOk3L2Vt7P58JBM5kE8Pzti9lLezj1kAm2ZFXDnalReyVvQ+0jSbxHZjplTbkbei
9rFvgq4Wfzbe7/me1ic+So5WZ5JHu/5vtoM5/O4Ocxo+7vB7WDPxq4WdmmX/AI6zT7aCTZLT
wtstNvd1m17WFT0i1Qyk5Dake77Ns+thVVmkq4adm1I5CzpPaQr5Tw8/nW5GzpfaQoa7Srhv
zrcj9d7SD4jPh/zr2Ss6b2kGZ0zsy89F63JfxHtIf2CJTVpwjIqkct9d7SMwNYc/GkQ3/lFf
9QfCuCX7Km388w/40fpCKumxLgU+mReIruZwUWNJ5pgkXpkpm8nbN65mrvZxzVQT4wFO6zes
zFluUHNMSGwNAVOw3uk5ckNUG2y1VpM6rb5ttyPJG0dOJYZmr24vW5O3RAkbJh66bSqzrKL9
uVt2ISKqioh5NB2iKest3+zDzISJ4mJJ6SDLFIo60ya7GU60QhM8fHIeAQZcQU0dYav3EN60
a4BB4nipOAINIzakU75s1bsN6064H7WMzekLgzhRK+i3dYUrRzoyrmLi4r6VcTKkPlN0rp9X
hyplrjvGbTqy45JWEhSrmsWSko6laong5germWlHdez07Z9ppgUsZmYGGN0qxmybOm0mXSaY
EmswigUIJbNxqybVpvTlt6RCaG32ilNDSwirCRZNoT2wqW0dEJw2n2sMSbpQDgpsqbRMXwuV
pOiEUtvMUWNlCArhxZUlqYvhcrTqhFLLzITMILKAo5Ya+Hu3sTnT0Rl8yGCw00UlTDabBSZ3
JAaYUMPMJURraMMZd0OlbQpUpLZKfliRD1v1Zg9LZ9WYtxfszHSL9Ax0qvCaDZHSq8dBjple
gqOlV6Bi1xfoGOmV6Colir9BUdKv7NUZrEcVJ55TqCEE3SBp+SMm5lswpPDLKnFUc1QkQAqU
56Ibw3FtFsSaBTXw6bKkKmre1y06oRQpxmifDzTiYE5VpVe3terzYSGlraw54E04nDz26r+9
r8OzCKFrYKJ4JKa8AGVaSKt7XqJ2YQttx1mhNOXSQXEsDnTFW9K+XVDYbWtmirAmmvAnt1Xt
7X/ZhCW1qYpnw6VDE4cmdSlGvfVz0c2E0KU1STgzTXhKVOpxd/eBU9nVCcNakUqUpkKCl4az
VU65f3iDVsaokhxQkorbsKqVmqbq799BnY3qi68pJKitNQUrDcM96u9eaM7G9UdKUAKqTNKp
pdt3q5KtZM+jjpztVgkKsdt3ir3QW9HAIeO0Tsqsc9ob3QfVwJZjXPQrpPPNvZvq9Mdp1z0K
2+XT2X5kdpGm2xW3Zan+FstRpi3MytmaQqdV3ov4Wy1OmB1hMrKsOoGq7YzyZay8mEheYAtv
YVVhFNjFlmXsvCADmALQFYNQKTdkMtZYwZXhE1PUSlUWAq6btmVssYMr4MSVmAg2VYIUKTds
ykxY0ZX4E3wnRUWAq4bshk5psbMt4DCZvBNO1w4O7N3sUxY2ZbycJ3wbA08MkjCNnYrtiVes
nAGKG6bFHKg7mejgpp0K9ZOOnS1KfQA7nTbkbmlfrZxLGS3TOfDA7qc5HJGjaVPeR06GxMzw
J7rakrJTRtqnvJxY+EC0nAB3e1JeTmjbVPeTjpkolOoMA7udUlZOaNtU95Ct+G9PQA7vav5S
aOlVO/ODN5KZTqwARhzqk5lZp6Uzvwd8E2meADcnVJzK3bHjO/OHENraUtXMpVhi0yWxNIk6
Z35xmGc7mEtYiwpItnKUtKYazac0Dl0ZdTKlSVYqoEaROJcVb+SryR2n+yryRbmpfmq8kdp/
sq8kdp/sK8kdoPoK8kdp/sK8kS4m3VcV5I7T/YV5I7T/AGFeSLMxP8xUS4g+gqF5nHkwWA0H
ZG1YUTKUuSHsvl8wHHl00oIInJQJ0wqb+IpSb6nUibu1LLvyQd0J2EWwqbwVMSvJ2xellnBT
2cTsOmDvQoFJEynx9WXctytvjjpdXmnT7E2W5XwaYseI+I2K9l/lfmaY6Y2SJpCrF2XW5/st
mxphNTxAnUaQoELs6O2zL2Wtm2Lzx2gpSUBYviUltXrrNlqNcXn65qCnQ2FJqUKZOMkquIEr
Ua4ViOlypSS9QFIxFCmlbN/dJTK8nXCy69iVFJfwwpHESkEqZmrdUSvDnQ7iOl8Klj0gt8TL
Yw7+5w9fnQlLbwfexEKdflSl2WzJEzTRo8PvdXxRqjV7mqNUc2OZHqvjj1Hx6IPZPjj9j+LR
H7H8UfscfscfskfscfscfsnxR+yfFA7N/vyR+yQezR+yx+zR+yx+ya4/Yvj0R+wx+wR/punn
QPuv4/6I/wBM/pg/dOn44T906Nf9EL+6NI/38cf6RH+kx/pH9PxR/pUf6Xp+OFfdkf6ZCvuu
B93f3Y/0vTqj/TtMf6bzv9/HH+m6NcJ+7IP3Zpg/dvxwfuz+mB92aPj+KB91wPur44T91fHH
+k6YH3Ro+OP9Jj/SNUf6Voj/AEqD91R/pEf6RogfdUD7n+KP9K+OP9J0R/pUH7phX3VH+kwP
ur/fkgfc+v8A38cf6RB+6dP+/wAcH7p069MH7q0/F8fhg/dUf6TH+kx/pUK+6/8AflhP3T0q
NG18Xhj/2gAIAQIDAT8Q+rOT8J/+Tf8A1HH6rh9Uw+i/+o4/VcPrzk5OTk5OTk/X4+E5OTk5
OTk5OTk5OTk5OTk5OTk5OTk5OTk5OTk5OTk5PwnJyfrvwnJycnJycnJycn4Th9ecn/3H6x/w
R/8AFH/y0fIfQjI+AZGRjgfGMjIyP/cn5T6s/Gcn4GPwnJycn6cfJGRkf+of8Ef/ABR9ccX/
AJZ/9bj6x/8AGz9F+Sf/AIs+m/JGJ/7jh/zuP/pv1nD/AJ3H/wBN+s4f87j8k/8Anv1z/ncf
kMX/AM5+s4fCf+Z/9N+kfKf87j8hj/5z9c/53H/03659U+uP/nv1z/of+5/5X6R8p9eMjIyM
jIyMj/hjIyMj4x8Y+B8Jycf+Scfrn/vR/wCSfXHH4RkZHyxkf/AH/wBTOT9Kf/Yf+A+J8J+Q
+tGRkZGRkZGR85lZXwrKysnJycnJycnJycnJycnJycnJ+D/yH/fPyx8I+nGR9OPoGP1p+Y+v
OP8AwTk5PwnJyfqzk5OT8k/TMfgZH/gRkf8AqmP/ACH0o+Wf++vjWV/xmP1q+FfIfSn5n68f
9sfRMfpx8IyMjI/45/8APfnMfnPqn14+Mf8ATOTk5P8AwPzmPzn1T68/+sY/OfVP+h/8Z+cx
+AfKfVPrmP8A5z85j8J+U+qfXj6L/wCM/OY/OfVP+h/8Z+cx+c+qfXn6L/4z85j859U+vH0j
/wAV+cx+B8p9U/6HDIyPhHxjI/7X5zH4x8h9U+jPzH0X4Tk5OTk5OTk5P/HP/AY/NH1jH/3Z
yfnfmn6xj9Yx/wCmMjI+D/0v/IY/Wj/vj4v/ACGP/BHyGPznyR9GP+afmf8AkMfqTk/CcnF+
J9Gfkn4R8ZyfhP8Awv0j605OTk5OTk5P14+Yx/8AMn/x5+Yx+tP/AMWY/Xf/AIo+SfhP/wAN
H1j6b8r9B/8AGfrT9Y/6T/xXOPrH1T/gfoOH/iucfWPqn/Q/+M5x9Y+qfTj/ANN+ufVP/mjP
/9oACAEDAwE/EP8A8ox//9oACAEBAwE/EJtGQ2xsKE9GEX0Lh3t+J7EA2Phlfnv58YUIYEOe
Bdr2rJMz9olM1937GEwiKpdYrxPkO98lN+La+3T2TFNAwWKLb1fc+4tGqhBKYgKsQF5YBRKu
mKkARJVXZBFVgEiTfMeuerjEyy7x3jgRKmjX7HJJ597vfGi6DMkdHOyb+gYhSR2ykHR1T8Yd
5vLyZ3Qb1zgtA8izvkxshkoKkpVGQsEUs0AHIXh20Ykdos69rBAKBAwa0Y9vD6pEy05r1Z/U
IrPEBDvBS/xLoPRubjtLKOXYMnZhECORoh6mFgE5QyQIDV68kTsOgsx13+diLG3XJ5kH0uJp
g47KssdKHIki4YAWpt4KcGmD0TiIhOD98DToaIX3Lf7cOBJHonIafmjWBkxpSAIDDqONZbET
1rpfcgx2YbBEIHUXSPaq4zfJhKdCq3sFjDolmIxIgp890hjIEBWGIkNjurJqFVBt7buPTi5o
lC2eW0ebkNT442Is/fLFQBVwjCVaFjIklUaaD+UEqcsIZRu4r2oZVxJgCp7RD211wDIWZJZB
CfkYlqB+BmzAcTUscbp9buSUop9UmY50QVSVW5zE4kWXUt4CH2eQo2wnpI+2zN50yQpjAh6z
DjEEJKRQXmdZa+vWuJnV88a4RBKNhe8VGKcAEV/fFCPIRj9sBLd1mMBEZgEvEZWiK+ue/PdY
yAhM5Jn75LSh0l31yhACaJk9sLpb5uvbC8t7zgMiCI5Hq0xuBiR5DLbio6CTJhkRJEdTFLVV
A6VOHn4xsTSJ9okPLZZNhETRpgxeTARJ1pNSWAjFimphyWfvqxEKm5BXGncK5ww6HGKqGh9D
liICjAS2Uy1eYyifV1q1N51hbp4IyIakuW/Ny1FKOwb899XB5YFVJZoyhfr4S9dibtBQ7MkM
txgAd20wzeBoBkpB6QaewugV0UjiL6WNNAMM0sQ6tfVigIMCNOhdP73WIVi4ARl0/PrdozJT
gQrwjeg9eszBIpqrY2+G0IA50uS6HO+3PGajLzl4vt9U3xOp6R/JkSkJtdGDhKobJxEBRUsh
wkkvP4mHjJg494aX2O3DyUQyFrcKO504pgcgCXCD0fDrhaVWhJZh6Lh1wamagDVbSHIi4zpJ
pFMB/Ag9TkSFBKTSc8+K20okpIN1oP0xVqkoMm2U+yyRom5LyDhwz+FpAKOlG8u09rWoNAK3
KZw19pJEAiIR95quU9T8AGFGx5HvYJxRJ3qFd9Z1ueKClR0BSJPueqwIpUxKNhBmOS8KaJ5C
uQtdj8A2At9TBy/qNcAkAB6yU23/AEYrhzBlQWpe/Q4E8hBsdDW+O52weYsLC+r5PLv7wAiA
S1Oz3qv7szNt3lXuUXY9QFRCHKs7lPLWFN9DfJCSpWkeWNy00cDC12VeayHFN2tHcZSpVDJQ
8hCylyM6VAywUUQVZ9rVRMaMyYsZEeyNI4rbkbHpgmxB4dZuF4JCs0LyoETZ5npyTA7+Mo/P
1LyYYgSFQOK1lwAzHCZQj0fgyDUwIox7RH8OCKG2WgKPOXlgIWGBJTFB8/8AFeqSTMyOiQuc
1j1GE6xRRPI9Qu/uRATID0KGXUbvkRvBNR78jz7YTuGhWAbfQG7YHh1GhZoj5N2xJKgoTu+w
8ibZWJVRAmy89X99soOgt4bLy397JkhbS9+VKyY+hKOnVk5HnkZGKxEZTmTR+jMlQ4E8hCTv
8QnrzhBdBehN5bEgUwO0Hjueb1vAg9SKPXcEkphQQyFKj3WE91lQSqYOcjzcKT1Y8Qu2hsmc
MG1F2Et4gGo55fVUCSsD7maTUIwX1GVCYixTKOQIZxJshzrcfwbE4ESZ/Yqn4dYmIERJg8w4
uL0RDHRjMolffkAvmvDWdL+3J8SKqeonoZCJ5wjAhg0UkuQOg/NN5FlhchMAxBMGN9kaWaWQ
QJTSm+qfHNHSgTCTmwB5+/EU0oX7PM+hintIHDVq+jyGrrCRh0owZCDpQYa6pUJ8BGp3XLen
ltjWHxQjTNctt8yByohry3IeZv1O0Z0RKZbqDu8SSR2AURVG5e/pLeKDl2kkjxIUcHJopWOt
T2cCBjxQU8U3kGsHYmgjg6eE3zNUl8pBlM4aT8lYahT8bTYCT8o/i7MWJG64fs6iPk2IrW9v
5gkrN+99yJ4zRXi/Lgcr6XpFXpPlcBexbg9ADGFjQVhNxRU9LNCYgHoYQNcJlGRL8/daip7g
OC4vp5u0fF9bQvIIAM0lNjbzc7O/n0m/IH1fCIiZWszCbDTwOGqsj0ZKTadCpwyVhEKRoEMJ
2E5UQwZyzALYNZMkSrSh7Mz5Cd/vPEVmYYjg2bTlhCy4kLFu6uCWlSbmmfW3LIUtJG3u15dP
LtkMY25Lek65csZaMA3YFUXd5dqUUIJ9YVHb3VLvxuymdXJyfVWRHPH4jYdLF1W1kUHQnHTF
uYSIZeRdsVbLFuk47MiFakzo8YZ4K8KEe+EzAqCDQzJd3VcopNKHt3GZCDtU4yizlXFkoI5w
3zx83+PyRM6B0egmZ7ZGDBNdoWH6CMmj7omMeVlSjDKO94qupgAaIluRaOuFXTywIAQGnoDt
lcccpbyR0w3hEE19NawYL4lVI9KwDmYgoh0mMkBR89L2yZlTq6HphybuFfXWFAk0rnr3YqkY
spEpz3ZFMXtjS9e7vhbFjJvet7Y8zgzjc9+KLzshQXq4WfNLGFQ6FWAxAqQ6SehrI4ABERhb
Do7ZCIQq0jsIFYMAEUg4H7GIhHKSWunQZNREEEVHQ6cSSYIiHViiE4qjxDBrud2IyFRZ73Vz
fKu3Wer14C2jiRXdzOyrN4bDqNre+NvLb++L7RmVnfnjfArllhRYeoS41oOZUMjJLJ6ouQ1R
yPPb9Tkx9YLCXWSRSrGEE8TR46ytErGSrMad+DeoOr/jP46f8ZAFOaf4jCECcLDG3jAACcAY
mnJUZkaxDRAjQEHleAIIeOHyvLh1a/2wrKETtaJsbyZcmlwqCHtnTyQ/0LOkmRua8pBeuFkx
HtE7JMBalK2/fF8m7APouHdM43iCJL3ASQ6YF4My0SGYVcuX4lYhMUBMLIhLzvHVgYQFsvXb
eGvndUAlQYW3WFjDioE3CZo8seeISpBauGimiCojyOT99mm48I9L3iwwFq748XcPXMc54kGB
TyH7Y8XkOKz+RwsUU9YTzz1H3GPucXr1TnsI5jlImbrXknJ9Ff1xBZJxIfvgpYvm56vtmRJY
GKszCJDUn7GUxteI/YMrZl4DHFOTkEH3wQ9ESZzPAs7SI88nsjqllngsbaO2aOXEx0fVfxn+
ZzBemmT2LzwnrfAWyVldE/dhhBLzO0NyOsYVowyEBBelK3f1PB55HLdC7mJVWRfXC+hOAIkO
dj/LxVgTr+hjqPGsojZHS/E4+WLfssOEjONsvLPEdPgmL6A7y/bMu12ROZMU+mUFCocI3KOY
UMAlbJSt5urAhEcwzr9SJrri4ReC0UFDheQAOBKtVNGkT6Lp58802mUQIncxxO8keTcbfHNN
xkHwg4rIPh6YhkkXCyyiBfGDLgcSpIsFspw0dO2R9+cjwYmX1zrNzw5B/lZBkHTKyDPtkHTy
nIM8GMOeIyD165B8Iw+Dq9YzgWaRjQkiXaNXim7wVzDb5CbNYk/W2RkvXK6ZzPPXINxiHTIy
Mg6fD1yDm8Q8sMKO0D2P6yaVgSejDDX1GIh07xhxAmNpv11xVtUaMKgSHGGvogIJKBuTo4AA
QFAaDofHSJ4vOYMjceLkDadMhN5D0ybpoibXCACZDG8A88z644wmLt/6HP7mlMzkklnJxkW0
w6qqyoVDKt/8cx60eeECNEkJChIIXEzgH4VpIUkAjzJwoSuEx8394IJphhZS8vfNq65nroRE
XBeMQkQSm0oR3yhZp6J7BH4NASOdvvlCnlHaGBk4j+z5jiqL4CXEcWWiXI3fdGCA5POPulMi
8DsC0CPcEQvnEpHoTqrT1ay2eQEFIvcwIYFyyiGTonGUSqoStLhXfIj7JiYCm8ji0bSZSKO4
vIoghgCypMBRmndmjjM3HRhuDVEnBSjlG8jSf6QbL1EwriE632GQR+WJXjBqJgyhkqPnUCXW
CEY0skUbe8cY4wqDh7iDoXbimikZyYwHYJhL+EGBddFINmG5/iIURiyDCd5y9HH26qlkrWCt
h8mb5KyTU5J/5RATEaQZCfJwxZ0xUhxtBiuSJjyCZCvfFu6N4riWg6YNxTQVK0mHTkIgBLZn
WCGsSvhDQKjpjkL5xzy0ygjmR6vxVTYfjnCzzUcej5nCKJkHYmE+RDhLyF5nGWScLIlM35YU
B04MUyGFFcceicVmrMWk3lHvk4UWWYeCyXWclCrYSTLsu8gYyeRoovVcdGPNODphB2duEaCM
nZoJCJxGTEaKrQhmK+WMY4SUKmVR0x5DMi2mnUrH4MByYXsPLCdEFaLc2H5743h2lXmwgwig
ecKUtcPddFDjrgFfbcqKBYWcfECYDEdnN7w+QTAr5R5o92H5pSDJ2PY43g00twLm55djgdZ9
ZnJOlxQjnLS1ITOuOcBDUW19BQ3/AOFBKxvedf8AoJgkgnGEAai/SIJuyiLwslc1K01qLBho
g0X9ou2RkfESEwjJ1DNyNiR2hPtlca+okkZb8asZQzQ5DxjeLIDEmpjiQz7/AEZoQgalqSCX
Bn4k5VCrfF5E1Q5H4GRVbVGQBZTE2oCIEiiPSgOS+Q9jtkWQASYZcsUG2wFjERfOPkFgxXqt
KWu2Plg8lLowD5xaZ5pCnyEjVG3JgjjEFCI0x2LwI+e/BlnsGKa96whTnQmEwu3ubO3/AIVx
UkZbChyzCAapR4qEEY02ob07R3UazSFws02Ltg+UNZH6WcGYpni6RwuYSBpFG3FfV6xzd3VK
MQnGMAJD6WM6UCBqBVxvJgO0CRauFppMhHxasEEoQZ4JHJ8bTQNAEHRkqicAlLCI8hjH56uw
QgOyGKMG6i4Zthy6MY89R1PAoW64MlaGlw99xwFiYaFtALutqrHCjzrSEB7fQjI8cCANZgOz
AWhBoBQAaD6fGXBbXg2MAuC+pido9YEJQ6o5n/tdnmB6MSiu0w6b4D0jj0yHIchyHIchyHIf
krnHxsJnXCI3DGQwcrRuDAe2Gjp9BgY6wn2yqausmf4TEyWDyZ4m/eQb9t/OeWeLnPFX7zUb
XTq74JKWluSY3g2m8XXLYs6f3Z4K/eJ7DxdcQ2fn/Jmnns/0zwZ+8qmnwc4NpfB1yFhPt/Zl
8E/Sz84mSidX+bPHn7wfScV/Ll8XPH92Og/P+TEyUjq/z5pB5n+8k14nvhoJ5fz54n/eD6by
/nwaiXp/ZiW6t/654r/eRg6sfwr8MIsUap0BwXuMHV98k+osE5/pMyAMGBFHSYkMQls3v8EG
RJSOrmCnzLMEIJ1NnwBpmi3Z+MVTXs/0xBlzIF/eJKQFML9hwdqfoljrZCExKRgYwS10UEJJ
HzxSqzbz1w2MJWo45LcdBPGSdlTpjL6k7YAr3ItMTkPKrEwMWHP3G2KuU1Cpe74l4+PpPbJO
BQBlNqQZVUKLhtbWDP7+cJjfNQRCpWbKyQLjFq62F98riY7GDp0aJOF5lPRF+8j6xxKPzkVO
DU6/fAqIfDrkMIKarjnLEOxuTzQI3HLnDHyJgaBrthLgRw4BXYapkBKu+AVB8HS9sgUHe7GL
9MQE3I5jjG0UHuYCo+gZWCz1TOM0+pphFEws/wC2W0XcL8GR9BRVwvi7eAoiDv8AiTARBTxc
Ywfk/gyffsf6xQKbh/oxVOZpu+2LWXUL7xiQq62W92MEBpodHrGQsg5EuJHj6B+DJFAOxMd8
hT86QyyS4+qu6Ao1E9EgS5qgo1iriQ75A9BgRYckBQexHjXsNYuiDm4o465ANF5D+sTpl4T+
PALCdV/Hgehe38OSM+7J+MjTwBSdJgNcYWSUwWRJwB5axMQfJ9xJ14a4xjoCGTa0dYuB3GLh
6EIabrBy2g7A1RwjAB0CBQD1ImEaAwziLohTzM4AIc3se9ibxMkZE17M7j7ML0OKEJYxS8VC
PkPyJ20fNvRo7SxlOsCkVyQiMP7+efamcCsiICAUPZxnEiwjAUqu7IwqkZQug4Zou9OBBrja
SYwT7BwGHMrQkNnZPtciaxULOgeTelg8kHk9oO/6WCsSZIIKCMvOuMVNAcBBykkG+mXroDFJ
KgcaMivyYCjNnmjCQCEgaMjt+BiL0oLdpTlaQQorGDIR08xuWJZvCdYdX7scAVvpVqkfP3ME
DVlbUKUE2SwOtir3Wgpc0rxVi+VCGd0TS5xFsGe13O+mom+cUAjKJDbZPdxfOMtL0MeuVC7v
nFSmh3icJ6LWziiFlHtvg2tnKBpRFavR61MnCWTl8Ev36v3LyCLkeb4d79JVFRswCbVHvV+c
EqFm8MRArkJoP26jRF69xirJumY1RWk3MJREAQUNo2J+RgCAZS2fGySEPIyNC9DrQgtu7Rk0
KaIFqh5awpVBBx5UuBMRAVRyYCriYccoQHJECYwJ1FPf9RJI64krQXpgKpqxOUopxvIrWcdS
rXkngACoFo9+p9vXJi1gQ2Cc2DwctCfF/X3UoLZshB1b+k7s0DzP6g2K4dyiahCqs9BVXDiV
oDHis35d6uGLhbH7lV87tGTm64Oxg/MtlKFDzmsXc1zFyo5SZ01G+r4risEyAga4bTgF0Z0a
EtnsPJl+eIMcjkDEcgKtTKK2MQ5mXOiDPOGDkex+CrHIAgmJFu3d6JJnsRh76LvL47wtZQDt
dhdsU2J0jXg5TKf8I2CYIQeTyTlZw61yQugPvfF089s1O0BdWSkx0YYCkoIjMtF6T9AnfbsA
aJnKpwVUK4cvueAVRSjRzfp8YSKSIHJ2wzy6tAA2+WripnC4hregX+kd8YU96kQsEEOHo73N
qiiw+iQhk2U7thEEfosMIJ0nSaFsPMZNKMm4hA6lfdmxC5Y5O0Bn+fFEMyTGTrCfRl4F6Oks
0hPhnd6q5z0hQSncCb7rFGSmROj5qL+8mCIZZN+dm2BAQGpkyeiK9uMhIgreVd7f68VY9jCb
zH+LRTBAzldstvsJ6CmlIfNNClPpVeghKhQqptX5fliDYBGNqn8tr1s1yc3u22Z8CiQJIDC1
Nlf97nZxBIEj1wt982su4wRlvB69983OQEwAu3yoV77zlq6TeU+8ad+NhIg1GaBw19tUKC03
2N8p7JQAKYHy5Pdv0ltEx6twhNPPzwA2BbCTWS1weckMkYZa1unkv1gAVqXCVaay/YBHEKkf
n3yKVtQ9X1SIeWvngY44VTQIZ7d8WfkbTgPtevrhZjDAIBEU/wBW7p/ArER1IMl9e+yOKyKp
PAp5CuupIPGfczZhl6rsuanjAzaQWgygoeERzehhhBTHOnSZt8waeGVTw9eRKUQqy0b7S/oo
2SRKOnOq5deiErh0Boo9Xy69FuAsSzLEjrlyjihvE5Ocpxw0nMcjvvdHowUm6BGArSZQXxOo
OnkyD0tmvxNQHBNMwUf+Bwj3VG4AybXw4kV2dY2Su86sYQVIh1Bj+z8YBjwTbOe/sKzpX2KG
dLFNc/GdYVX4aqlCYm41rNPy/Q7WgXjZjH/f2u/TJoGy0EMWZ3xdegQSEcqhv0s9pohRAP8A
xgFcI7ZwpETMHiK19msQdMUssln03lgewJK2Xq/Ows0TRhqWp4vWbK2lJRAjg4jABodkABoU
vNeDBAdptiHSH5cAEwURmkCuUr8uRtfOcRQqOy6vJGhBnoTf7EMLA2pQtiWfgLXYMif2cXbJ
hCJpBGg9ZC7ZIWjLcwy4dNu/GFCkESxN5wr1dsWEzlMyh6yD/m0EKyxN7or2eiExTMLfqKX2
4AiQkOXr6L/bkCBJAqBGcveFYxJHsAubf1J68hTtw0VrnjuUQWU7YSsIz6K4igqGDMuoqVYl
bwdWcsHZ1wxjT/qLI7WntJjirxqep3xX2nAE3fRcfJ1PYWCmCtM+9Dm/SZcoVtShMj3vniIY
bz0WCc8+W8fZTVJqq3a6S+sdFcGHZySyduQPsOQiO1Z831DZkoOn5PjPQy+cXvbFqiZpKDN3
EY8WpBNB6xkV1O0mCvvdcnMhRQJfNJZxlsFCcebmopzvHhQk2h2xYxR1d5N9OeIQRzMdYvYF
MLvbmsYTwbkrkmJ9wkzXeLpX4D1QcAWM3GRQlVVxQYZPV+AEMzMKfp2lfL8I6nEV2s1mm8fD
AxQTkyTmkqVRmQRYKFiCjCmwaLi1e8vLJTMSDRYxPE8NQgNDP5+Eg+T8RMkAaTpOCAuc1wO3
EJTrB2JyO5X37VveSCRMB9g5BgQ+CE8uKVjo9viIiDINCBqZXDkR0nrVjXCiEPOWyRSJJlde
Er6BG29OFGhD1xiAAYyDLQb1gnWdBiK1g/P/AARI4nzo6ky+aPYdQIR5cFeKnsnRApDfYCq7
WskSuQiEaVe/a67k07qN/D91FONSJD905PWyQiyMREoG1Nv3GdaKRDgL0U35v1GCtKpA3ol7
k741AoS8FQ8/I4vFY0SKDivNX7vSuh05wdy9+X2mhV0Tub1E/wAnY7K1FUaLOrCiEuSAkVX7
hbGgKRHKM2zZvIiGKs2IStneZkhHac7klP3AyCCW1DGTslPRWDgZbBbhbJWn04iE1HZgmziW
R5ZHJyJNlwVXa81iskLSIEFodKpg5pDq+kmhLg6cpaQkxZX6HVchAXBJnizs6rgWXKQQs6Xu
9qZMMEiJIIE9o0wbSRbDZwQf0ORUwhZRKIPNu7FtQpW6STfHXeMW2arO3g5X9+FaopTNsTn8
7i6BMXk1rKdHnYBD5NjZfVlscrEcHrcfSG4o5ciB9V0RxffIomuKdgrDFxWsQtgSXFCBUS9R
kIcXcJXFImQ2YkAcEltnsnk/dQbKMJrQzQpivPKQ223TOuYehzzSjjo+0Ds+lkoZ3ok46UPT
yGMzIA2YWlfR9ppOQ1BPGFBvl+NUEqlmLU9y/iAKwGQw6nI2v4WRJbJBexHr+2KtOoTBL83W
FVjYESUK8k4Ya2K3Ptvyvj2GywAJBQcL7mAJMQwRSxpnU4dcgSA0UdFToVw64iEBcpJu/HH5
eEUlM1Z/Zb8xGLqKj1h6+DAgaoq1rn3D8HxmMuNaKIIPdWvOFGU3onUp6Lxhqet/PKYZBK9H
SmB65TCkRJYahw8jIEoBVRzbSHdf4CJYgY/GoDPTooIpUGRMZGrCrR0xhrnn0ycB4wy9WZ0o
N9OoiLsnOSujrm/LRkjbG3lB9X8y50hKA8b+5+qh2C5ytl2Hz88iUSGRejx6fQjRXL+qD8B3
6AhCkyNSG86PsuCcZvx6O+a/ViqQxql1s/iHsU5U+Q2qJ7S2TSIFaz3PPHf3UwGhRZm/mMX9
zSgxbeevugerIDpVkuyh5a9ZJYICsUlcsmfRkSUNhrjZjePLIaShoTEnyh2ehGhW8H2QNU9o
QaQkDfahlfYhddHVJLyCuvsIQpAQ2XXe0rkRthCRaQd2rlBIwTRyBaBrlKXEnRKGEJ4qwUxF
hgpKeSlMiUnunL3nvBTbVBrTEnQ5HniAlAnqRDbbvxeEzkENVMOft3eiwmILK4OGN+flh51x
lOs/MG1YxCIhMfyxkrVvr9QcUh0/K4wwIZgGQ7Mj8VLS8o/zeBIUQzmYQcD7HJypmWCnt0jy
OFUHBnMuL4ZlMmAGGZFVDw6eMeHdiALYa+muBohVOL3SdIrhopJry6BK3DT2sAzoA6S7VU9j
EAhmY0Og8U/hKkyulAGmjm/AzbAUaEtYPHU3SohaIOid8hdfUqE/txjU5CBiafsv5ApAKDiX
jPeZBCGMTE1B7z69VvlU8CB7MqvuxLMkWCNInkHT7snfAfEhHg6ffklhRhAlWu5goWlUlEXq
IemCboD7c0wi8/IEGqzv9BxkqEhCeLvjCnivsfgm2sVAkQtCF7PUF5oChgM9EU/P0xjnIeGZ
WdTy6ZHEHE9FkkdIiWPbJbslgRQQOl1fZiC1YBIqPRU/TlDaYW+eXk8PNiC4GejTEW3E40VK
YpkdSJ6OI2EAGWfjgn4IoAj1mQ+FHYGgNb9ABHhTgCipvJGJG/s8RZzwYF3WYM0IEBxTMtxV
rZWCLMhOw+d5be43MS5vfYee3vPkJTh+Rzs80fl6IgEKksz/AKHq8qIrD5VQz+hmhCMEPQsH
eI9AV2kjG7NNwzHsyEC1DI7jnBT2AQrBpg6a7A/oJkiXWpHhhVK6wBMo7kqtR6Lx1kiyEBJq
aviObQE9EoRsfZfryd6axMQfkXh1m7WxN3QlfyD1UETovQrn9zNDQU7iDaP3MNAiLF0A7j7v
Q10yTwFdenBCCGQvrxOvEURU7Oypxf0I4mYkQvOxnBK2JfMCPoOHS81poR21lH6aiVA8ufjP
1zBxlwKItHwYNILEG2Rgz4ariC1ysr0b2+FYGGAQluD7b3YAJlbSoOK7DXmxXwwKaFdnslMS
WXECCEmhLlSuWKi6xZavKrX2ZbggfaMFxU9gugcvbOhwU9hGfxsx1O7+FkN0QgMi/NH4lNI6
I8UBn8FE0SBiANweeAhoMVEkrnDjoAqkCRK6fWYwkpPgaV4ddy6K3IACi9/YuRjqWnSx9BXu
xS69vf1ZS2v9PUM0kaA9DfP8JW8Q2Nx5XeMQFQCFTGDcQsjQTwzvXDdwwPxPLfGGnA8tQ2Z3
BgCWg5AEQDMqMJi/mrnWNkQUxknPA7Y26Xpn0fmprDAGW8Cuxci540FGAsEBqgv/AAyTBZmF
BSKR7n2ZCtAEoEyRGj+PSqxaLs+LTt0CDSl9T0CDElTPIK+wxZmuslAje7YpfbIeR8mBlgXC
boxiQKSWBScenhuDg2yCRU/A5dO0fwXkUQKg5ZD2iASSooEJQ6HHGNgvOVwZoXrJJDQ5JD6t
CWY467fmluTJ/I0p+MYxnIIch+RdxzewwwrqNebvCxzPhT3Z/aFpYYFkL0U4zWgZMbURjw/C
EcgUmyU4KPdj2ZJgQtKk0TiprpAwFLIozjRqtPawsCCC/jIrAUS0yg2Q3g5exhtSMb2JA5R9
HVG6hfDAA+gPnbMSCaJon23YT1t0WALDCoO15r9RsWFk6Exq1+bwSoMSSASM+58/SYiYVAuK
vvLv0LRd6So3xAOCGwSHukP/AKfCnMSA7qNB5GKeZt9zDwdKo9f6DpyoEQDWOkpj57Inl8SB
8SINsp0wQOLV4saXAlYIKQCzdlVXAgiAGGgA09FKrg0SAwhiM6npq5APDdwx1g+wriiUgKQR
bu4arnS5Aho8UrpFcR5wKgWLoU4q+0q8DM4zX0Xhp7MkE0aHGIr+W9ju4WeRoUeOfxKqDOxH
uFOd38PKSI4mXsRVfwEnSWKSTNESwOXXCutShEkNPpisMCxzd+UP8REkTCj5M2RLorgLs44g
G9nohrLdfUEMEeTXA1fyVVxjTjnj2FFOKfb6mDg17KJ8aJKa2M3x3DVFYCFZQ7IjHUd/04ih
uAPx3WKElIoHIEhkOQgrYTUqOnzuvK/bIZm1RS9Rs4ZaiS0lPWpEwAiJSl3kD7VjJISgh3ij
R7DpktlFRZ2MXjkZMZe66HBMXb/ALpRGecuj8FOTnBslLZlEPjqVUshhA16oixGIloMAiPH7
TAZqIDcnoSjQxJtcaAFdsX286c1zDJN2tOQqbESdLafj1GRZYfoXFJtEahwo13Y++3iwljpn
HF1iogDJj7P6gpKxZQ/GQuxitFoMI5TeDA1KotNgrlYhh4CaDRyQhAQpHvB9R/pxkJBB6HtN
F/rSCLEGrqRqV/gENDENpDBBPONZAEHF0caQQB5+mIQRPUtZSVb59MZEkCg1BAGrY3+QbVRH
bbDxz3ZRnMVqt6F5v5nnm9CtQn23hKoTUqC0QTiIC6UcJ63Y8o36QVSbT8kaLtfiIERuvGIR
P0uE1Ui98EPCEUQCWG7NB6v7XBwLBAtBeKFo1n5GdGTDLnRCKiefv9SJw29ZPQM4JMlE2v8A
eAtDGiBsXY1SuMMFIssPT0dVXERlSARyenR1WJQ8oYEawe2riGbxUR0r7FyslgFJ62EO5quX
iFG7WB3VVMKVkVF0m3VCJj2kIoGCG/zPUe02hHMBnGU0+ATFVkSIOoGOR4NqUE1bW89TAgyC
OmddgX+7JJpmngiZqlBRjBhAInxIzzux7O0MHXSeVtinsjyX1VoR7OxGYmd3dXAEiWChTARF
aHL36MLNIRKPIJa72NmMSR1FoNjMLzxBKtU2M5Yep5YQI0EezILhyHlH8XWCdotkhiwQUBca
ye7SLSRCi1sw153838OIYUWT148clVxvJHOPSNMBkhA+D9CDoXEvQLW/gdFkQEBYyWaCjX4d
lGQd+Na/X4YSwKKtgm34z0TcIKUivUMPh5YU0CSZ81fuPzXtQHgLa9C4gGTn0Ldg9zr1kZJA
gcPOl06X1Cw3IXCYUrDpecr46JUWPACXnAdjmUsJEQwZdGLoQsqVsm6IInbgrtXBOQVwrShv
OJgBN2oTYy3uuSIVAklIU4ZVjIhvbIsiilUKMYzSK5EO6wbZfBgF/VsSo+GglscDpiMEEQfx
xZZBQQEnkR7fZi4SSAIkIDUjUfjhydGiT0q8L+zEQXGEzpHBr/HILJEOIqrTT/BgKSRFCs8q
jrzAw65yJRCF+C7iBKSbrLtdDFArQSAiCDJqMEEUA26Mj1j8NSjPgCeUdpETsfiEwlCQvuiP
8KLBjgnJM/vxwUEFR91WEuGEVbqgQt8MZPVBrINcJcpA+gOsIr0jZOpIxg0mFs1M2Md/C6HQ
HSIfzhppJUmP6ETkGZhFwBvL+m4o3QSEYoUwXg3I63JIHTXxLcap14aQRhwZUwRYrSUIh7Tf
EKGqlJgkR/rsBVhDY4IfpKckuyjPAqGH36/RitsxAHC0g+7GEUdstxXlw+7JSFrKVfeSHGis
CUzWnBObh4ZFosjRZl63nhwBsUwLahkfVMkQCkUOFtEf8cSdT1arOUl+1gYQYu1yT8NcnBZg
6NwuZ8CaZQhgGrwoXcEmFTdofmQbxFdCJYpSNFk7PPIDiAqVR8g3KpYpV2pHoxIDJNfEvfyQ
EcRhdljc5CeWR+DQumEAAWrh0qoaZNhUxWXo4iwMuoj+rDta9QsU6mKGSHjrkUj2sSAPvibU
rzw5k5Iw9CprlV8xBzFIbs5/9WKF+SRbN0eA1UiYzWaHcdwHZ6NFVcJ1581w/L0CgeySxdkE
L/ZjnUKhodpVHNvL1rEBJCBtdsU65IE2IjiCl5P8q7R0mkp80yf91XZZ7HLbF7559HCSmFIZ
aTDR+/JKxXKJQO6t5JRqpwyo/h3vNb0gicoZUnnIHJmIOUbyicI9iRo7E6YArkMiAIhK3MV5
AVnTMFpMZAxKJ2NAmNsMX9mAWQnQJgSjVH6cDQLEjCuOZ1/ZkIFJr4DitD+OTd0VMpdhlxfH
pjFtfw8q8+LydMgTCFRMuyasJEcFHrQgoo/jg5KYQnTpUFEGIWcjEbb2sw4vEECSsoNrHPoY
ARVqkm3Sq4yQIg1V2vUj+56DUlDoJ9rPL16RBC9SM7K/Q8evQwBSiCtlgpQrj1xVsW2RJFrT
TfXHYS8vTEYO+/R4sPQVhyIV6y2icppIEBPHV8VPZxwoEA6xQlt6sdbSqMUxnqBmRspTI7U0
P35u68oBnpXi/s3MSsMSS4J6X985UzcU5IhhH8/JlVgFaEGmj8rEDsixK3uayw1pEhYNJ/d1
45UEGVsNjOP3cJE28ARz3/2wyjkBPTDsfuyhItFmGefSPCE6OIom2beeHBjw94WxMeRowCgE
Z0DpRbqwGRFQyhABTzOAMg25KKYHe5gozOSXRY7AxbJVQwUlzl1sDkJxJqafyWsGkTIXNABL
KVOrDGrSwPUvdlt4MqpuCMVo7xgRJ3EUbYEQyPZjFou4R9RkaC+7DylwKjZMy2gB64dTTSRJ
eaF0GMi2faGDGFtlgEIwwjq9GJvEAVqBM2BAcRoRVXM3B77PLHQswVVkbZb13yj+w8LUN15G
ssx+Fyv3wUPVJoH9hMDKfTZKjEbEax6KRTBME8pg0YTIpUSJza8rFRSCP7Z9LT4axdfbCxUL
pxVw1gBBGm0li1KUPJ1g+VgFsnuOHTGIC87b+ZHQA4i28hOvZNl6WGVMgy4hMqIGQ0kJHSzQ
N2u6vnEFI1MGkVNj1MHKSTr8mMTiYBvFchYTw5CqkJReSX7emF/tgOIVQZZmV6rcJC0IOTUL
GECQK6GaXaMphW2koTE2uTCeYAOd2JPMPCXOWqC6TtKb1xNcw1Lnm7mSq7YLYgJIvk8pLn0Y
dg9kjMC3kZH0YOENRUFZm93y+nHuyJQ5n5TL+HNMwQ1XS9DyenJMhGxhmkzdy6WMJSERCqKt
twa4AbZSXnZNa3bjYVCtVDM50cCsHo6eRvc3qdmF9QkQself14pQTgl8s+DeVAnkGliS0rrf
fFzEGkMdl4G8kkIzkBeg8DheG5+MgrI87dc485hRAFEmpwAoZfK+jwhgWEpAuMow+g+YXhr4
Kh2eyw4KRhQ2wOyJm8jIhrAKICKHA84mKT4UYctDsHnJTINrY5bCbUcsVCJZfg1yFWRHnElj
kZeV3UiPOAiiZs3oCHkdWLUFD8mTzCEZ5wAAmmhfe9c8+cL0bFzlLY2eo5yMBIpCXKUKcmW2
R86rBHKXUDLtwyOkwEgCWSTGN6wHsLTCzK4IqBCIAHGeWbzv93eKp+6ax5rMI24OGzK18p/t
z03g/mxFgT0/swGwnt/vAgOiMhKqq6EOAJQzDPIgXE4AEFHQ+MEg/EXRO4F/uqhyYI1OGrie
3y+eKdfTeEbKdevsSkF7xgNWVo9YHEqtzOnDWRK9MEHA8zwxVmBzQ25unioK6xkXDZjnJpsD
f+uKmTxsvCTZPJzYnS8BJpRMA3EmkK0zfvNXp1JfvFMMvn/vEAItDgNQj2OE2PmMrpOiS/Bi
FW+d/WdBPU/rOSI7/sMQY91/DGSGXtlzwPGk/bApvFgKcShibUu4i98JEoRhTffPNBLoZRUJ
eYXO49Wl3mTYey/jAChYqcAzR2DfiHUTpPwsCYEwVcnhKzweoi4RgRFT0CNqlS/UZ43kZaD9
lFKdHZjxLPGTk03unEMu6oR98BTPPRMTypRKN+uRUHVHC+WXqXqP0yqWLj/PJbC6n7DNDAcg
/OM1dgLiex6YrQF1IH84CPQxuq505xRru7oBHnjQBMpG3vlodTBQBcNCv5zaLFeM4sXC0y/E
4Con2csh5PMv5xUKMyHJhMyQZ9I+zIj4+IxR+ZWspJE1aYlCFEpTXsDaytmq8XpwRtkxpKFJ
FgltdEp4w2a7iaBXDpMYKZBETdks0q5x7kRdYapBISzOrCkYtW80wozeb5w3nX1CqaYyFYEb
lsQUCgQ2wpyZquAkZCDSc2zlwFSURZowBJEDrnQYzTHyPDsP55tE/I8Ux6GZK21IGJ+gLwTd
wJddch1mIcx6VrICZu0WmDIAqQmVIhqABbZxD6YdTgUCNiVnjf8AWL+L+2R+L+2cR4ntgBAA
aP6sCZCep/Flk3df6s8ZfrF9pGv8sgGB9H8Z5JFbfUXKIaeIYBRZ2ZRFXSDP8ZnbexgOgeQf
GXDlEjCoQTislkuQfR5RNSh+c7O/C+x8N4VrJZLkuS5L1yXrkuS5LkuS9clyXEk5NV3FcShx
X8/q4msC+jtIcQ0KUuQbIQ1JMgJNjJbRClJJWJn2YsFMMCQTudUnGVa5LKshExc8sYxCGnDi
sJfGHSlOFEShhNkpgJoHW3cxeLM47gFGoAnJutjyJBx9JRRIkPbIUBK3XefYB0cCTRLWfaWJ
AMGMwNN3Bm0wOQ4nGBcQQhdMLtiFwtwDK5JPibSPJyNB5xkChOBHbU8RacufKSfx8fzk3DJv
3D4rCeJwCAAAVAER9LxWRlepNeYjJo5yL14ukE6o1PP0DIVKcQ9WOBaYxLSekIOQovX6fpPb
DugE4J2K23HSAaJISfNUbcNefzKGdsGfgBmLjeSfxk3Hafkilvi8wYVY0TfJ9fjvA8WmUINT
HOOQOW+EUHfbGgq7QwdDThNCEgF1KanIFIpqncJ064RjJSCib/pgj0VkgMMeuSwu0HUlmRuL
HGScEgg0xuDlbXB9NdAJbOpHozgYW/EArEk4OcWc3FTy0DUeuMjQgsougriNYaie6HbUHheY
wCIgKaKwCJjHytGMqkCrRLkM6xiCyjYMHXEjjHFjMoKIQeM3sdATtxpCvrjG2UjiWHQGT2Kk
AmhEUCHOEYnWAoQAQBB8JyJ1vfn2yyCkBpXFPIZUQfRnIIAoiA8spyezixvEBN/7k9sJfZPf
L4nfLCemWTXllzp6YS3xl8GQOPbL6OX0yS+TRkm9nTIemMhKefbIcdwHmhnSSYA91yhbMEEL
0mcFsDBSF6TO82sjihlXKsDe85zWJ7ZSueJ6DY8OOBtgIlJlaE4k1A1QWBVPX5wEIC0FEKtt
9sLQLQI2YW1G8eKBkBkFVHUd8kI+DvBrXz3hgT9NC03TxlahJWGE9A8Y4WQrK0yZ6vP5Vn2V
R8lTZrL53kxQIsmweFyWPoObwaYpMhtuKgnlDlJvhCGzZfXi3WHKQSnUky+WGdSYI8E7CZHB
ZMJRm8BBYykSkQKahfoayRuUmEKBYkvOmK1CYxvTjEPkXWBUy9mUIilHDVZ98cVi3r2bSecf
HiNyJE+yUYVD99Q9deWA3HaIaDeg/CLmbzkcDwnoRw7Hr8phijKglg11cao0JKScz5XzTG5S
huGs6nLlSqOJs9cP2IRKjvHMDoLcsYXO5GM8o+Lj/OLtx2in85AHgSWcQ35/IfipfR0+heVQ
1M2ITnslijbGas0iLbV0xcC1jGbDnpigmOVITtJruYGn5pcw951ydka6vO7hUxiQ2GskyHVd
8Y3cNAbHex0NrCxdldsaigydw3usYOQXiAfM55wU8snQknBg0qdDYMJSvZrCkKYVlZ6TjDlK
tOgpFBXlgYd2kXQOwjtvNnQZbg3uRJytoOJilwIOMWxMl7Ch9XObUGSSy7woiFQYhtEIkrIw
3naR7h640QEFiABPduQooFqhuZe9iqhDuEqS44aOKZULEwSW6FY2vYWe0LV9K6cTCmOYEnH7
SaIGQ4Jc46OfcbvBNYHTIxA7plwwtR5ZaTtxDjxquiq6sq9xkBVSUgSAJDqfJwskqCo0efXn
B8wQQa6fGPPIK7ayMj1w0TgoTlkfVieRmojrLujeQdO+Q6cRgHwioyD41REPbgqdHJ4hpWiC
d7Do/I+MaASJ3HCDyjJOWOXth0qby7kRG3jBNZbYhdGQb8ZfhkCBSdz7IxRgoDm+46nO8i55
v1Go7N8P1U9QNBCW4yw7PwCwI4kjjA5AWblLgr5BUBRAkRpEwID8JCN1j5Y09xOROAyG4SYQ
Q/fqIAHnmCo5JRuh6xiKI0zfp6nAPZAmHQJRtyDgaCKDAOM7wpoUiMSUC8JVEQJNFJOQOcEi
Yi6sBxUFCTSLdhiq8ENJWpRqAbEPOItAFppLscQavBG4hEJDJhKimaRVKVyC6HCzjDQdrOSp
wZPVipJ5b9HEGQTMXkRXHy9e+8pROwJEdc7Xljojx0hPcGgnjPzkmpyTr9F+BCFIywQHh5Mo
1wZVkSWtlM5oNNnMC1CJvNI6V8vpPvQwXdgdMa+obwzEGEDAk5MkS4DZsS7B9JIVJcxA4FMG
8mIpDdSmORFJ8gKwASk6Alh1Y5BQsPghKnEIwAoLYKFYwUNffg2vCWIDc1xlxTXjl9AFnmcl
n4X2bDCRPCS/QMcyggGyYyEAFO8PmqirCaSAgEwRMAD0+SeyVNB45w30VKBb9h7cqYnEHNVY
SL5wF7lx9Y+YmZNhvMxyNUbeMCUKklSQbCIWMHlAcJXWQuG8nAgthQiwOLrH6UhleJmSzB3M
Z0ABBpSnVa3EFn9GVqEpm7yHNjDsjqU5sks5eWxhVi1Do4aON6qIle7ZI74sKS01YPBZMN4f
VqCyeed7Ys/UjFPMNfRLYOznmaKsDRKiTFV9HN4kwdGp4KKIGXoECwK03HXD6HEYCwhfdGT1
Lx+XbfO4yHCCd5ll9H4cxlfGMnJ6X8kTTpwBhC+5APR7MeDgFLLaBDWsqJmcnBn0+fT0wwPR
6C0mXHAZ8adi0H0JB5s0gdjs8Y3YNcU15Sl7nKgjXzIKq1MEg83FPA4yyLGoEIvKXzWEhZch
onfbLaxF/BqSHzsrDAexQMOnzPOyEzhYxt6TvkzrW555ciI4GYxs7OR3/X1CGWr8suMBMWhC
FadMioxUWKSQPMOaU8HHkhP/AAq0B1LzPaMDHVR8MKn+WH6zm6fYzFkp7GZWAHPT+XGWkOFn
fbFR5wo9HPUN3HEr6DIgkN258smU+oDJAZg7ORGWAF2pUXaEmQSmahA85eJok4f1mLEE4G/m
xaCSINuDa4kxwXBC0UGLpCMRXO6nA2ssbQixeDJtSZhsJEG50N4Tak4pw5M1IuuI549xnoF0
d2GSULcUUwwEVPUHcEZxZpJ8cw9F5APolZEhdic5IxaKShhEerL3ht86MqCSkjJkfRwVZC4t
fwYOwfYz/GTKocVGpeHjOO3m/wCODK4PDxnKHoy/jjeAXsw7w5TCFckXrmXRIomv24xpponr
XMYksvhGGxPRbsy7R1/byqMW3BCd+CGidkAnEhC1rKM/zYQG05/Esap9x+jJFcnbG8w1Ajfv
xHrOgx74rKXnM0YQUNfPfbCbyXG4JYweJxbv4EMLBXA04v6EBIKtZXrAqPo2B1VN8ShFEwJE
yqCslegDhkIbk4oY45OzMKjejisuLjl7ebDY5wFk6AnqD5nciqtJtQciQrPcnDAPzTQnk1bD
dili8bLeaMg7rl4j1f087pr4ynIJ1wz6A4n9LkBJ5qQYGNfCwxLRU6mB45MFNm+1leC3V/jk
zdTjd/WWwk8p/nIOmm9xNa6YDhvbLQvMYCbHvapq7wIDBKQPUwqMBotPNYnKmAYiJafLF5HT
bU+WQUQJeEdqyUoLQTXoY7TkGO1SgRWaHTBbuaV0dZbdCXjRkGRlc65Mf1fBEmSN8uGA0kzh
VsMrrOQdMhdxOfuFDguBR50piBJqTLYS8gyxDP0J5weokVKYLGOoThED9AfzgoU5GK9WKnbW
AuCZQhob84+VaoEG1Wc4dsS35hSGmmRWOuEtFcsSC9m95OZIuNRxhAWnZap642GvOiXXhgCj
AlUSHlxSyUJeE6uJCCpsFHPZkqkSJGk69mNMQlUa64OAxLdXXCWI4TCbHXswEpEleHr2YNMQ
RKT/AIHfKB3kI09TozQuFD1mAJCdZv3hVcvUftOUT3B3iEbOk5oBkHZ6JctYRacw2x0yGZGG
AyPwwmhNIHrPJmuLIESeh2wZAVQ7Eb8mKSZGRbUEncnJGCVbTLT02FRjARtKCZTMRNYBQKwh
GnLlSM5aOrHtWAPt6ZeM+xwB1BI75QiEqF4byiDpOTDfnwJZSSbcqQMg7DyLF9sLmKSp7ioR
OmLTSB5w/MSrFKwhyCZWSWCQLkVyk7YamkQCOAFjHOG7OBG8pDPO88t4cWpj1B+sJyYZyEsE
AKq9Mdq4GRd6K27bxgLAWBSvwI3gwgGWjht+xlqSlQR1eHuZSiNkISadouq8HUWIEjdUyTQ2
4GmwQKXUtjgcC6IWwMQB4E7zdJiY9MjPgd4ikVCGPqT2p3gLs6gd+o4TvJVEEH6y0cF3jeRa
UAELSsWAOguRsgq8YmOcjOhJ6A8sAr4LZHgHdsm+I5BNCAFG/vRm8OCWL2mKJwNIkgLJmVXk
/eIPAWMmZVib/tFWIQdyq0Db2dRQvogMCoIME4Yw9P2+PMX0wyUMsGAmjWsfYgDIEFiWXrfz
t1O8E9qyg94WgrqmQhvLhNCL9RgZLX7LF3NkfbjcKsVT220PPWOAqyx2iBPwOWxhBHkS/wCH
hTlAWp8KLGFdiHOjna3y9HUlJV9+XqfL0kJB3WdE20vgIoiaeJN2+t8AspgX621XhaWyIIjm
Qokfc/pv3qaOKZtSssIG2L3d807yGjtl8/FlKdadLu9kggSFVXEt/nxyDIRaWJcCKHjG4VdV
/jBVR6IHAEIXpTAQwD5K7+mLNTFmDgFJbW+nXSn/AJWh6+f5YhqB1SSUXbv8x4igkGTbXzdO
q8DBnJLcvfsXcQmptJv7/wDdbwjPYjK8/wBuV8YDb0VjI3QsIAGL5cQsaGbfXnzFMuhqoi34
ew0rgfV1h7hRUquSzxQhaNCq8NcBgKBh3SVGq1wmOJezQbhKvLAMAajzbz3L/MJciWFhtAB9
sbGoMBRQkATmjsYDewfbneHtTvk1qJSDAgWJ8mGunbpkxhRnnLxsXIVYUwcGRQmhCAKF9V3P
wpSUTu5UIfBxAQkzxP7ov8WkSmovS4PW/CoTykUhUx6Jz+I4MaYmRnwGK9npSw2ZUWmFbz16
LuwAqKTgQ489ZAY4toakMcN/LBKFBqIpF2fwwAENMliXdcvLDQFI0i2tvreWOnFBc32C3+zB
50VkgR7hEZSSiXy7nesWxnLA0VCar7e8xIcSUgJu33V8BIqQgkdLe718aCSNrOYbl3tkIQmN
Jv6n3gxGlyRzWVi+H5ewB40XzQI6+UKRKAVdAtwaptSmvcoumsn2ygqtsZYtE38ICnccopD3
k1jGsGqKmUrKBi1BiVlVJnDTWJWQGLNDlBZ1iEwDMQpU89AXnD8goPsgLjVuJwIUrih0GQBE
uekW2DNhRaDAl1Z835gIJQlKb3/4D1UMJwFF+oxv5ZNRRKLNEzgP6ZDHnQDmet9mTAlgXcd1
/DGMnAUJsw6k/wBWBmEJOegnJUEi4By79DElKMTknV38PpI6oESHJ8rwkwRlwJtf0PMlDIuq
yyZMaiDyMszv2uFSbBOM4UsDTsil4r3cNQIMeOzOZByWHGQ2znNPYTCd+2DRIDQoWWIQdnbA
hYxsbDLEIch0ycIbBUPQGmw9DJ5LQpQbFJ9Ds6pVCVEWXa93d+YLNbLbYJ+WO/KYZPEfgir0
PMWdyh8YgXvy5tHJHRanV/Ymy5ZNEJYP6kfujUnVwr2OeT55BIGoklnYN5lma9EaqUq9HIvF
HqF7euivODABpASaV8fp5IGyjR1PQdFMJCzRBYmhqXY0yIwOrJcG7DzcCEswOowAQbkegPmY
6LNokkBEYhQrrcZdqfgsEnFhvGMhkXM38N4paVgodFdZGsoihiojQkOcESTZDCan1RZEx7JJ
Chwx0FX45j2CUAjMYza1CzcewGjjq+6rT8h7MUAbafmRX8CDYIjzqaKt5q9LOAlMZhF/8Veg
wgE2ZCk9P+esgAkCygx4jdYCUkqiyCV9FbywIglVYYFRqeXl6tC5kcxjemjn5YyyTUtTaRBt
lKQJG6aP4DHNDSkCIbC3evmgFM0il35aRlOhMbecfF667lVkLzkcjQELGRaj4BWDGI64ZnYn
7fTCB0vAtM0/t3TG0ILMIzFBz8ufXJH7PxkERJGkeRwR435W6t9TBeBpAIDsDyrjDJ742hRs
OVYcPUD6zPVhQWF53HaJ22jLnLQG/wBJXhIub3jOkO1WvSVrjObfDhTpMeQKXhYREHa4pLNq
zkNT9U9UIq5u4t9QfZ6gKBsiakMOu816kEnRQHNz9pr1UYWjRZr6h816sCsSqReV8jy9bUog
GhrcYcvL1gYoSeoPC6vll1LGolDWR6mKkAZ5KOP7nlkqUBIWyDqMBFeSZKo/GZMSUDVWbt/x
5MWtyhVJz1PbgAGhtpmfIHOJhOwiyX2/Pgvc4YZVRvcofBUSP0mEitWndONQnwU6loJToxl0
OtBa6XB1jKJ6T2UhUqH+wlOYaEvUB73fkB4Z0YjrSvdzvzGGenI1Z9t3fyXizTSmPDK8ybOR
Lv1o/GliS71xJfDaZsQCwZhn3544XbHSeBmrHxf7iCpwpQxjuf8AfbDIGIJvHb/uNkVQpa/D
vvkSQVg+GoR9l91yBUANbpPbV55EB2kUS1/1c8zZxpj6VFp6TTliVVVWl82C+mrG5+ZJCKHE
sF9vPFzYTJN+gefyus7SffMTIgZCoYCivljgFiJ+ViWQWY8q33IxC0KY9gxKnelQ0yeTez93
o8Cn+b4GPZWJVRQksbcJ29JuHFaCWuneqc2Ew+D0n5+knHqLMTGAEjkHS8SIWwHRFVG3ZiKD
L0d/fT5rfKlcEaUf6vH5B0LrUzyzk8/l2tEwZErP0DN2PZAEdvt4cgaVvpd7PNUErKLcc7mB
VFijP4GH+mmYoZxmNbyb/KYIi1xDtdW8VSkoFEJDyJb3kxQNIqeXtZ/E6YtIT5JJB7jWRGKH
MlfyRN+oEr0GF4DM5aIdkyYRQpW0f0wdUiaETSrQRqFRkQsVIWoJceO9487FyCnAMRJqaxvS
bRRwsgaYxvXIMQwSKc4w0++SZwNb1DKKR0uX60dcViDPTN2r4Q5YCZAhk8dpzyK4AuneC/Ee
qsBAM4S/o4esKlQzk3+eV2b5Eyb0sbR/OVdbmjmYQAP2Fq9exH2EaOvqNepKUyKxsyeEedxJ
RUkq8MP5DJCKnna4wocsqPnKaM9+INBLiVrhQJwpXIA0bFy7sokFESbImdpPUYhsiApp6uHZ
xokDUvJlD38TulsQZHiLtVfC4AK5iAGUwB0vfq55lzE4sjKnc/lIM5OHQqk9/wDICqitv+iV
+SEVNJwDq3uD8pJMXM0j+wN+TVXIrB/tpfl90vzqz/O/N9SdpRa3i5PJMTny8r8Bq+TkBJTa
x4hFzYCRhm08Z4F1zaCTqFpP/qx62AktLYSQeGLykhg0gelCj+zzWEqC8UYHr5VoI2I/IeH7
HKGxNWM4vEhQn9+thz5prHR8xUxrLIDTWTgvHguMy5l2yk7ZHWZIxwH7eapnwhu1B1awiK1x
jnpMJHjd2AwzeWQjnbRxFFy5OmK72JBy0NGzFPSlc9jtaIu2S4qQ9l8yqnbExOMBm2kC6xRr
BUb4FJ2kF5dYdbymchghkYDhkY2CLwsJEhqaicYZRWpF94Lt9SkpY0yp1G9hubiGZMroq/Lf
rZrS5qkxWkepfywzgqUSWM/MMZCCukAHyv3hwAAKcuUT0ORIxMo0nb8FOgnNPC9OTx+6TZqW
Os+B8fZN1MTblm8t4fgjJndFv+h+PSqU2ECYQyXZ4ZXQNBJpRSDBufAIYCAL0+N56yYIjQqg
oJah2xBQBqY7I7D6CmLgskIgCKfKjGQFogbHqg/3QmCcKrEv905mhEoJKzf5J7puYspyzC12
FPfNwtFb5ePzq6Otw2BpkrxYW68sFCFOfClfS5PzPJSkELT/ACX+biEhM+U/xXKQhYxEvtfx
4KK1SOKk1dj4yFETkKSbbo4SrJpYSGMcfcyjYWBYIPy2IDQ0CozxnnZqLWgc0yk5ApQiglnq
X9HJyieq3xZ2yNgsIbChr6ePngvWxnCo7Gjh5+qwVQkU4K93IHCZbrdf18dyiBL05Xr/ALu/
KwVSfaHG+8n5dN1tyIXcvufmESxAyqBPvZ+RVGxy4W/li/XibNBMwM3lO71V0bYUMwTyFzfq
VEETBvUexO7125i2/aseQO7fMhDFvF1H+WPWFMiTXQFvIXdgrT0jLcehFO/1mRl001U08H+2
VRNQJUamjAi1+ffN/vwWTt/Z+Y0BRUCoBNA5OBZAE6ycA984qu+HzpyIH3vXA+lLQoB6Y3ow
I+Cemv7r+MUTGBKOGXBkhSVZRU9IkOcSMzEuxGGFVm6bkgSziPvhsOyQEEt1ytkaVLSUIq/w
rBwCFYRFcf4TylBKtTMgh9scWAMhF7AV8OUEZA8UKV9V1GpkOyB8v3vyQnxkyffXr78tJsMz
oGKVru+tg7EEQpYV02QopZTMiS4/JivnFJlTPQ+3WQiSdJKNL9Vr0Wx5rC0Ie2vwqtBMh2P8
E/iUz7GSyPAN8qtJGWB7o+PAgYWVJCWZ9Z4+3IGlp7CwM8emG/XDH+ifHa2hMA2q4XQEi8Oz
AGSEElxjqKZ+j6hkGoSn/YwMtTA8hGmClecR1KjAen+FZ6iKaeHDshOl7gRKAgZ6Re3c8gmJ
gG5s9z4dksJsS1vgwesTZcKcmR4UdYwIIDyFHStc/wA3MNqHGlNJ659er7yxfTHo45deqbMs
zfLQ45/lh5CeTzsbDMw0IT6rTzveZgICIMC9y68gWFCCSrxng+RAlqch4DT+hBiRIqrIgEjw
cWwQhRZ/tmwCERZuBpy/3yQCJQFvT5n8+MG0SiTqsXXJAFQVz0HgfPIU4o2yaW1fz5LPaxCD
G30ckal56Y2+1eeMZ5Ls27zXh54SBJISIXLT+bL6xQ0IovX9jHpWgKEqP70v1FbDcQwpXoI5
v1lBMQUkp/sa8AgFhHgHxE4PtI3lVdZTm8qhQYw/YAU5vKWigwTJHs/uyEWYBPFNThFbcqBA
GMxsI1vUn5peyzZcGhyKCDooh2J+L5x8f5v1Y4TGnngtvIAkOgYBFerg0IaZotSUvPFRBSGo
TmfPrkskop0gkaJwlMbXgvofXVTEkQUwoairzlVxAuVEg3Gaq6eEBHNgOsyEa6OQLdAJeIhH
3SWAg0qVKdWv2XZUEQLWvl3P8yMWlTEnlbXjtRkcwQXFgEFYCTJ7Pg5OUlLUgpJv4zIEqmWy
u7Z/pjLKoEaqt5T4dENBZWmj1XidGMiCV5tXsR46AUiWymXgZ6c7AkSSDdtlknBhdZk6Y4VH
T4Kus0TERxR8UjPrSR6JpymaSqWgiqnWnfNxxe2oJjSOn0HN9BZC06UGJMKywyLGuiPQvoGS
WDFM6bNvkVxhhzcTaW4xhrjcMm4AhT4sERgOKOt+nr5vSE8Qik/CnNswbJQmh6TO/W3FBIaB
REfP/wA+pttkRC1DQzmJooYxGbgDizb3yFrRFHV7eB1xIThF2JgefV9+a0KGlnr1zn7ukwqZ
2Nhz14OACpTzeobm4/iQkTJeH+SD8TRQjXcghPpX4tDKryVP8I+lWBDaxQofsH+JKsJZBqH6
wr9EFRJIbpJ9kfgBhSz9NPUtx+DbyWTXhqSc+L9KaKcgEj/JS/SJgEKcOsBk9mEFQYkEw9Yf
ZeJCRayZ2sBL7bxSyKxSlNDwuSEEURQedYxP8+EYKMC86W3hnIkqJwU8PUfzxZMUNynZs8HF
MgyACSsx0n9mDEqe1oRmuJI+/KNxyEmREDKH34gCOrbrUKmPrzZmZOojowBZtqngu+bh/mBt
KUiYwjZOuUUvNeb16ZpTzIfnO3xVPcxItUCeC3eSs1UWIAiUco1kQENW9zCEXGCTzlUHoWjX
BkHMkMwCZTFmMr7IUjMhSFCv2or7cg9cBAxR5itcYSbUID4woX08g5TSyCpit49OEYy8SISj
b+xk3Igk0Mmj3+uU33EEgwRzHm647ImMjyqXP+eUsZVIdiG6IwLKLQXK91aPvxpE22Q9Hp+m
XY7rirxfbB1LbOB5X8BgEk8KSo+sZjYNkS0g9R5C7AQpYSUg9nJoILoYwTbfMgIFTkSnddTD
frlJpOr3H8Zi8UQzCU6B53VMCbGMtiIvzusZDycWQNEwMLphyHM+kkMLyRxvIAgi1wNFD1xB
pLMIkU9DS3I6CkEoIlgCjhWW4MwOLHVLJU5CXVsLsyERkIiGyJzK6aKwMCJdk4WXkXzByZ0T
lxRNQYhGzGFoQFiwZUrkT/LICKmaLN28z/eMIpUa2ev5OPXoRSgU8pmBCSc8OvSIFTf2jt3H
r0Y87aa4lb071qrQJWLL/iVfiI1Mb6/y4+3Fwu1osP7WHSlSFSp9dOX5u1FKEwST8Nuekb1F
HAyyBEav1hdopUwupvsdt+L9NsMuUaf49X6LASTkvB/iRfofBAGQTvw+z36XBryNpCNdTi/S
RoaTc9H+xYwldzMyRvv+xixbiKxm0ek/vjIlUUrEO3xnIRKHaDR5J6PnjaErmX7PjnFU8ysV
Ok73HzwWiWVEh56X2/PNTWE9Ybt49WRxQESZ0SCcc+HHo/m72BNN7yIculB2ZjDQ5x2jBjoq
1GDgDqrBExYBLtg2/AypOwPKLAsUqJBvXBgcU6AnIPvV9WUISGv4dUspTCKch6fp0VyqzAqg
LyKK+xNQUwZddTtHT2Soxl7GmqQ+Ou+iWAIYDUYipFFN9Dlm9aihD7T7sVPeB3KJT+e65NNE
hBKVUeLvJlILQ23YBUT/ACyIVdyBiYmIsTb+WAIJVSWP3C8AATQGeI1Ds74bPeEwxZHHzfCi
wlRESj2HliKAVRgbGmedEkjsQ6IknDYSkTuzlenFFq7w7V/Pwmo0AkzM2dhOL3BJzDX+SnXJ
FkvCEHKvZ+Oz2SihOCcS4mEqdSoMXBjFZBYiBJBPKfndZGYIbcWWQeQl7T0xilaCYDY0I5sx
TCCTnz4TiYOMitIkbKnkRxxkEbyoKOQis+bJvCUUt1aVQQ4yVSMMYlKkEIcGcUoX2wiYhoHD
nErR4KACU3/fDaB5BJJyahemAII5RYT6LFAAAAKdyxX2+uHqMmSUvM+y9coVGgKDp/j/AF6B
IXxALwZcdel8A3pVcHcuHXpJRG2Hc6X0+o4BrR3J8D4SdETUhpSL8Hz0GrdOwUFH/E4YWDnR
uHgjVw81E8MlqXgwRRKVz5m7j/JjXDSVN7cOI9jduCVRIIz01PDHakAHoIrr036ABShI0YX9
9eiAbyRiyx7NavGjnUIngpIdLV4QYQxISeKcH7siKCd4mULOE74YJ1tduWhf9nGO5KS3qMs4
qd8gHHbXZWSXx88KaMJm8T9x4eeELU0JsmE9bx88GtIhaVG9UdPrlhkQupMIFcKdp+bQUrMB
rQgQvHNOcvNSGGGv5xxWkLY8zDpZAzMDKkkmE7fFnfvw7BVA3PcyOV3EQaUJfcsAIEtjj+sz
T20CNZGZoOYVT2BKxSlHAIdqKexlG2u1wJocNPYQIM4kgijV4P0fiQ3VVCaous9ejcXUfkgf
vHXoYYJUoTRN2Z/PItgjgHFO+T+WKXoSMMZ08+BwOjNEHCoBsfzxxJiKkkChEs54dWlIRZSQ
zPXIEREhI6fFT8K0Wyt5NRgSxjuoTV8TsBeSQ8klLMFL8G2TFWaBaRsXbd+V6IBciCTLD7nb
JpVMExvPJjJeFzUY4tAH064AYCA4MVoTiePj4lWIgSNCjBSbSMki0B0wMlOlYSAq+fPzuuvT
N8DaWl4cdkMjsAC488fS0kagIZOg040YTmSbXI1wYx+MksZNtTLs9iursB6zhH6CJJNKVRVR
iLm8GxbQejA4E2RhQlByPOCyafKdqosA5wxSrtbCTfbCjCtAgtGxoyUEGAiBvJOp6jHCAgAy
W2k84mVuLitha53WYFFCzmKfWZ14SkY9LqnLu3Fd/WNwFvHb16Ksk050l88kf0qDx06kZTvK
e0WFIARi3uf/AAOsdCan9Mm/EUCDGPzrXsvw2h4EWaaTbOPw6w6EQN9Zz/DGQlBkF57eg/iK
BrEVz89WuvxA6BtCksgMalKLnWk8HBExshATLZ1vc4VJSyLuK4Z7YS1ywGPEDuS/VxNmUEor
0LJv3xcd1L0om/YrkCczGuI4M/I4MGXEE2tO5Lu8GMJilPlO5O7wO8yIBkIJvMFG3TS5oTj4
C6Xn5pS3SQcBJUnAqXYFOEEAS88Yh6dcgF+IIXUxf0xmFtJs5gUXhr4Lw/GB4M8xQNvGBMZ0
kiBvhO7ZlwpEjI2x4CLJjkAoTOuQPX/pDc0QJr9H2Hh7KbaFnXJqILh7CRTGjaRjXZN/gGCC
FEcQ8Ct+GTEzlVoXpDbhWYMlim4UzWWkca9ErKWUgZd3EnJy4jlDa0yj3UUwMMxIlYBuQcVl
LIlFNJnC3AzNVsYwRaTT36jgSuxmMKI3JiG8KMGdRmAtAosysxCX5628GiVMAsgAmMlzb2yY
LEsUKeUj5AP3RlAh2xBMbIZCGY6mA3y/O5a4YewCyCjE2SbR4cqDDuQnvGGKXoz3YAYG6vCU
hUJ314K+PR/RgUcN97rrFaX6PpcYIWVSFVzfy7cQyKa9HycXAWCYnl3zkNGjZ5PfAokgJfN5
2xcQ8Sp7GcIXtgWSt2lHufZhzoRBMG5wODYAmCjyjlINUTwZCh6IWVFJO2GRIlJX508NGWZm
WcoCbjWeG0GSf2ZmhKRxR5Uy5TWXfOIgvhkl79cCUMoHbWt4YjYdSR98Wkk3cr9XKZSei/nC
lE4eN4srI2c832ISpOKAHGBNohO/LAQht1sFD3sCpLO2S8w6xEKtIsyhLDlmiWuvplVe9ZI9
VLohOa3TNTMbcRAeTvIYhnz5wTkBOSQEJlBxi+IzCDBCENkYBJ7Yse7glEFq/Jh1MYoQiXmO
gDICN4DlEpJIlUDq8SJQst/WURR4eMhDhsDb7Ywyi6VfjAQuBZa5Nc4xM9UyzhSJRY6vtiou
8bz7Y+eeHWadTb/jiQ8wzXPXEXpkJavUy6CeqBCAknGVVkwvB0nc5YxD1duJ2PXLiUURKBWO
AyAXJh5uIMnyx0gcq+JZYji+82o6ZpPOsQiWxaG+1ZBEa4U6OIGpd4ughlqHJ1W35I7YI6RN
1fziSMZcKPAwJohCHI3PaRGHBZ2f84jbvND7ZIbF839MY+W56vGCNQPBWPLNtocRm7V6p+GM
XfhkAmfLYWqMd3wQWXqfuxd7zv6Y1S102nbDIRubmjjEPAYL2B4TL+MEbj6vJODqy/hiuidJ
srpBnnv4ZbrOXDzNnKg9mQRtJRV1Ir6YsTiRy8xTyyGL0k0177w4teAk/HPRHmeuSWYXcnCg
wjiG/PwAFyNia+oH7GOavRXiRpHQj++ZuFe5wrYoQXuIX2wvbKkkMB9IYrdiStBr1ET3wM4E
gSeBGBgakExc0Ork77Y8qchJE03hkQKsY0EDCCO+AQXnQLdDFhU5HWYZRs0mKReOPcQcMYQy
cRxh3xEacMjn2iz2DlHuAvv5FioSVB5HI57RlkSTIfLWOFTtwwSM0LTk/DiyYIkofLGeiOk3
MFnvCPBFTeoPa8dMvTkbZ4AMJs7Eh982TN2cIGZs2gk9XkChJbSx3jKX0M798rKfwH7zDa7L
CE2AuQS6lkQXJg9K19UBSCUbHSPXApAIFNHQrllVe9BRpFCZ+glRBWuhXU8sGeLf2FqQEBee
f1VDAHsWieWTiAw+Zw8d6xGQMiGCUnD1YixMOh0fwAJ3iNQwa5iyG6TwYtkObHq5Fk3M7YWd
jRDfbNLgQNZM6KVkMVT94xrkCBsFHQCBwS4mwRspgjU9neW9cMdJoIvPhP0OT3Y7ArVDvCzA
2Yuk6bxDjJJ+ZJTtZ55CAFdc5OnJ188QeOTgwTKaMjmtgN2IqeJy+d/8Yk7E1egybjGeU4+q
hFQFXyzQDqlVT5OcCMlCCAq2I6fQEU9VGgOT7tAypYBCKJUPoNMsAC7HKxFXIaJkXEmhTv8A
Lto9DRauSMCWPSpEu7uknIw7gqhpG+/PDgIeVaGIVk4kRcrdFoA5T2wSUICGEewbMLHQj2Cw
Q3HC86fjDgkNAdEGB7nTF5NgWC5ST7YAgVyUjBSgmvo/5l79yynrAw5Fzz9Fx2jlgdWNBKhC
PMF70P01Q6HLwGHkepEMRADqOQgaQ0Zoh7OTQZbh2LJwY1L4GR0ESY7Yr3paDvItHZZThYQj
z+IEvRvmYauugToD86IsPpjpDQbcBOAum8UoBusStfZWNpkqpxCVOYa8FBiMU4zwiILIguSM
mSr2Aopw0GJyWB+K7Z6DA2XYIVUN+TjyfogGw2n1y0El1Dk+2QUt1StwGAWdcRTQGBA06547
cgy6Y+4QztUuASon0qwZwJck00s/PDkOSyHDiLKxhOE0DoOPUEyAkQT2uCHIcETxGPxfzrwo
JCskIh9jvjEgVWlEJ649BEI2AVKCKYZbwQCKCMnFF4vFOlKRok4TuzcIVVxJQaB1kxDxqdMv
Bq8IVlgt5SKY9KxKYkFQQhLWybw2+PbI2iIE9kChrEFtCERMbNNeXwjIchyHpkPTIclks1uu
cnYB6JJytYaglwAiqC0vKcEJZsLD2J3gKgICVegTjbV9mdIOrEnegRDYFrK5QgaHpE5BVE9c
pnJO85DYDJCOkgHESxLtIsdgnNZYPX6RtCTME1drlkm6esuycBPfGPJXYERI6q6wBSQwagBN
nZjtxxUQkKBGjyyT7PQkiNUx0ZHCMtcV3n0cPxz8Pe/iwQyxb7vm4yQSU05tzNc44J45UAVK
od8o9lzE0E7DnLOgkiakkmcHeKIW91g7VYzOyZooKKsNTISKCQQKbMzkkwIG1HmOQYRAoW9A
5YdDBLA3EUcLI9QB8v1I1hKGPWCKgAdIxOEaVhBDqJknI5tScFCIElVhGaAJ7EfPAiKSQbTE
TcmTUiPMmHEQVtMVcziOsXIDEbI5Oam4JqyWTKZn+HIJBwA0jkyKNr4ESbe8N7IGAbPZypRC
TMgzE1Tj6hCspMQx5oLbyQATlpLC7Ho4tJ+pnhgDRyWhpOIhAUORLOxDgjM0b1j0w2DB1PaM
ksCOp8GRoMlyQ6ON4TR0Z3NmJefrknYy4NPuZcARAgTynCGgwBHRqZ5sMho2BsZF9EYobF3M
M3v/AAyELrKQomIDy8cYY6OCIhKmjky6MSgVRIAUjZjoEgZRBpVWl4mjohIBIct84WAnUzKW
g75wMwABA8mphMBkzIVdqt3i0s2Tkco4XLmszwpJnsPfEcIYCRCCzvuYb7Fs6yGUuKzSLmHb
JvJhyBAFE2QtIMnhHEE0TvnjeCmOfmXLBWFZVfL6pBMQByJoq8DkCyQ4BibRXSPPE6i2HnAi
XlVhr5IGJAR6YZG6z5y+qztBPMpeFgDTBa8sh0fXIh9USskAiogKDAtdJHd1+eeOemMnHl8j
IqGkzIFAKXdWMkdYWD4lMBKj0vJKc9D7NwC33ZLrSx0X4yU8AvGGhBQrlaUDpg95Sxt1hxNx
vFRVC7cJJB3kl9no5QNUzgQR7nwmLdc+WN2pckdxaYYdMd7CiA2CLYuKNBYEpJsW+PYly3hg
aAG9saQfzAg4XLgAUJN8YCCAFvOcr8CJqhyHRHOqW3U6FXsGRD17uzL6x35yNa30xZ3/AMHi
MAa7/VNmAxCALkCtNZemClRpKXTtTGTwmjAEShKg9flDP332jHSd/wBX1UgqwhHGcgTLTPXt
OXnBJg8Ac/QiLmrkgA7tMhARO9dmkRT8iCj0yCZ5yDm8h/ZWR7dM9ch/GFXz8YmO15HvisJE
UkJEeupzpNOzIY9jRwKh44zbIyAZ9PT6qI7g7lRK0iMQXWUVAFApK/7mjFk5PTBBTdIIpgtm
DrCpsKfvnkPg5x6H5/yYpDzRJ/lwfS+Phz7GJ/eTTEx8JY5KDIwbgS/Iw+hsOsOOoubVEZsl
dnXGHYRpiyQtEn6ADRFleaYs2HJK+shOIU56uauuKmRzz/xgV6WzA0jM8En2xEhnCU1HXErA
zsP0YiXSgMC15F+jCAKQ6/0xuD28bgtTJWvDHw4p0CTiMSSRzqZmtzAhITuMF9KA6STosKSo
ZR9AWH3wdf704t21CkcaSCaObCdEOEz3wBZLJL03US4nbT0G/eJ7Fbjh98Zfsf3YOwSdP7c1
a3W784RpDzev3zlpbGa/XBohjiDkBIL2OI7uMskbGNnDhfJxyCTEAAQCstuY8OMWJli1BIbi
MKseyBQnRHY5J6fGcsoMlSPwXknwk65J1z8/Cd9t4Q15MN5vPQytt4QXiZBB6RYh5DpL9sEc
wcbeJUiCUkxm4tuhRcx3NGExQgl6XriHcHH9WQpGnoE98zmWoFOUauedcZkREZOQ8steSu4R
u30w526ByqCpxWZad832yOouh/Rl6ms2P4yNS9yn6y+Z12w/rJZJ6qfkwPRew4SyT1aMTJUA
Cw0IiZvxRORs84+LtQFOgW40RG0gecB7Z+fnQa64RIPVRJgInZluysOJCYovMJyuvWSBTTrl
8l1oJqSBiWhgKDUUYXBOsiZDQkiQziLd1HeIPAE1JOERc1gZWYi6yJDITpgUEGhY++AfMoDD
ys74kVsOrGKoYjRz4GgB4XwVDRwZnllzG8w18wRzThGERY9roYAKA0EAYuGzhuwqSqeLjFyJ
g4/qzq06P6MCaPIEyJ0xgubIwQOl8PGcsT1/rwojs/54uSkKv+HA2Q451/bFzdPi1hop3X6j
G6XjbD+Mp6/Zi9LzTN32x41oikRB9nsxXfghuFYY6GI5yMAM7+u+DKTIkGZ9MgzuWILJJBWa
/EASCUmZekZOysibZCFDHAnKigSoCAVSJg4nDlXDs4IQJMWTgZ/3UGY5YirGsh3lREemAgRX
lHltw7J9sU9yY7IVCPDhm+o5Kigr0LoyPQXi5ymXrZmkuMlSl88nFzSycZC0qLnRo684T3PP
Gd2vTJx7vfLPP6wZ5fb8ZerTrc5tikx41g6ITxaiIaLCUkRwEexPu1YPEikDf1kb+YYMyVPz
cBrDosTLEDsREaYgAhsqiggWCcEWFl4QjWncww0fdX+XvHH0kZ4cQDDQtzOUU4/IzU739yfj
rg0PkwTuNWRvRPzfNfB0TAjrZ6385Tins4OksmhYDnLeRGfgghAhWCXn6yER1MctwW7brx/S
iUJrt1MkKzBkh4/U5VRBAwLKInT3OTl6O4DQWhTzcMqZSV+0RT3LtfXDIyYSE2xjPPygTlkS
DcfMSW3Nk4DDhYQCwBTWFMbUkpuBCL8CmAAQdZmyOJcdjG6QSxq/V2yoqEJhM4wrwCyhNQy0
GJuICISMhw8xZQjcHUGdR1sFA8QI7lp55iYjETgzDuSrRWQnLEVzZTvdsVkjDCCEzlNOXcK3
lGo4V757u6Fbx+JEgTvS9ZsYrB0bALkc+rDFYWp/EgGvflsVxhEnpbQMOgbRgOIwqLVzLRep
nK6ShEwaC33FYAktEOYeSK6nGLg+HoIrWf2cOmZxId5wH2suHNTO38JP7eRYefNU9hcXTIE1
OUZNkTnG8YhUs9dQo9orxghgF6IRspWGrlPrjp8ea41nXmd9HFJFIUCddayHrXTI75B0xmIG
Mlu94iz5GliFBrIDQfCYIWUjK3Qgj4Q9gNYQIkhhYEOuG5sCdmASCEEJKdqPOLpdlmpJgXq+
vOW1y0Mg9qZvD1fGm9d0v38hyqHUm/EWjvlesLbUYWyPvil4ZmKVNaxx4WzAU3E7tbtGNJxB
tmaBoqSDljA3Mik4aIH3WCkBJyps/wBkza027WGyzB4mCpSAgLkFkbxIe+gEkesjeQbiVEaS
Un3XJZBCsJNjfrN88RRhUiT5ovDkMqecOKqHjOyIWqIysxGPg+xmhCM8Mp/hfiKITHnYXl7P
NkqravdnC7x5nxAQkRR1HEUMldrlVicTmU1CNsQJ3v5+chBIt0Yk2SbcirBksvAzkGA2UZj2
xPzPtWLTLIXmyl13xyACCrf94q+Ttguxzwocl12wBUSpNav9qsdiDAqYvPQHryqpUYJUsu9N
/e+BSAEVWrvLb3rzEQq2M7d2/YRpMQB4h5e+OOioIYEtq3Xx6YEoTuLrHqHHpkEF2qsnZyX+
cGnI0hBzHMz/AAyTUURJKnl2/jiqOBmx6yP4dVJKRglqk05fFUMBHIun95H5gqJVezIfiqbA
oQ3q7P8AAzNjCiNm40YeOtvuMxeeNPuZurTkp/iie5mwDOR5JVQ+ADyqEc7IUIXkj7uRjcbD
+AindvkdWWw5lGvg7sRK5xclivpBthTIkVlR6KOFHFF0lSE9gPoo+k5pIWBEOgPRR9LQ504D
6E+ij6MMpIjB0CxuCY9l0FUYYKHyhT2RFNP94WqVcPZc9QVYHElGiL+CbUfe6L5ZAstq9H1P
WMMDY3yMUTkk9b7Xfp3xUtNbhyb7q/WMHUSKFc8mitxWMylITshRTbVa4axZzRQD2I/hS2EI
ESVl1d/4VFOtVgs8IquGULoAZsHeD2OkAmJJmNC/jzpjAJEqQwlKyyrfhgpQxwUZKUnmdMCs
RQwPYw5JWenSOhVAC37btf0UEUyQZfoYJxkQKSaiaveIM7xJRhUJ/Ib8RWikOFKlKEbzGxDB
JIlEKU/6MKTMCYfNTN/d0gEGbhrD9NP4nhStFIj6S/8ASDEutyO3DpjV+jBhx77N8S9HLOH1
PWWIYwG05g+O3BBE6pU5A2JUhVC0Htl8BmkzAiqmmI+f1jFTqgSCA8TTsxiog0zJQ695dJnE
MRZ4AM0kUl6+CCiUQJI029Zd8cRA3KOuBPM5tjNVCiScCHZu7YDSoARWmkG93e2AVkOyAxSF
OzV2wiGU2yTLFvd13zVoTtTfmmZJEQmRO7TtcdsKAjfS+PI6KOyURaV79S6dNkRIGUjV+wdO
giyNM5bLuP8AxgMgJDhIlbOz/wAZZMghAAZDbweMuNqBuJPRjn7erPJBWVJ2hPgsW6XFylP3
R/lkStxhTbgo9TfKOEOTiNfQn335QUmvbVC+9X5gkEPFF/pc/NBOTWBhD94r9ZyiU8R9pZ5v
1A1ZTKnjjtHm/UUpN9oUAA7CN36zuYAsoP7vF4YtqEN8xp7m8gCTMycdJ+R3g7jSWxGRfype
a2QqYhKET93v0SSxTToeO559A4IqBOUfud+kNsmgNwfDvJo+BKQaFL+X9DyhuOKFNanH9BJJ
diIwjSWyIqD6h3wzaX2uBQ3RyfBObBJwEoHmDy9WZQpSGwGcYU/BiQSHSAQ8sW8stl4co2KU
K/RXoI2WY1su0eX+ASaUssAnhv7PToMSyEUVJjyIj7cFejPdSG9J/pwSOtnxW7q/t6xAgItK
s3qfX+TVEAMTMjm2IgzJuFgp4XppmqoyBD34DPdiwCqSHnRi+DJ8gwnqWj57fiQkJs8gkQRX
G8zYRPyyQckWunrgIYR0lxeT7b1woyJK9BQy/wAq4ESW20NQdpP6giVBxkUfNv8AhQjDSYqi
zYipZfvmezipAIwHDL8gwjQIUdEcdPMyV7Ry+f8ArI0nVwiYo0UEZ914mcXGmVMEXKzly3yL
UgpqmLr7M2xvARVTFJujPqthCLMVu+7oXbOElIVBwkU93VbGCmGRc++49VsMqRoB2JYErZ8s
VIyJ1HenwJOGLgWIA90eIRFGUBFDNzH2I6HBqZG75O3wlcenSZAmkxS3/Aa6DWYWke4ecvb0
6KvQZmi6L46wG+zzZ1KeFrECECMWV6MoySsb27FLyfheYxZa008Q6nx8oSQIQPeeP3PXSyzR
WQ8j6Xh3SlhqtKcdPz9RM0FUyinD4Hn6zdW0ISohcXp5+pETIlUm6Fw/tmibc5LPCXr+/Gio
BJIHMxb/AGwNIiGCwQat4r542lgCSYXQWX7ZB5sxMPSWX75AKQGtBLyK9+GGGIEwEVfozvgD
IhltgmnXP3yq80iHy1ej54AvQqpa5h6PAly5oNp4jeTOWS5RdkK0646pkKwVYyTExH1Qd65k
N5RtB4HWUPLoDyP5Cf3cyo3YLxPfvmazPE3Yt147OKbJ6dBMnUcEugRWBQh1JwJAAoWCWjV0
1wbirDY5DqvBEIiJDOc/U34KqjY32lI3O/0eVHjuPpL8h+5NsXTANXaVf2eTaDROTXI3dIpn
TEYQoE7feOHJuiBPWdNZcBiXAEiKS8hIVLsjuAv0iwVCCoPvexLZiQQiC23NN3dKsBkSd3dX
nKuGWlTPTeXUC8mFCCsgYhKUh9pkrg30XolWlnnJUAAD2RO9Zc5iuSterC0hanr0wWjRPUnp
iUI9ZrzueYkI4BoZdXEWJxJA4+sZVNP3umsrEWeCX8ZDQ51z/bEoEZ8WsFgk8XGJqTJ0TXpk
psKVDjArzZLMDW68YfsbwQuEhDcGxD55PzIkiMAHrpPLNPOTpDASuePQwb31P0gReodsUYOk
CkGcuba+WateWnKifXxODyplSFuCOl4FzZ8pe2p/+fESQkMgdBD+vEUIz91cvxHRcIGakeqM
DB6DiRExk2xk7M7OnRUIIpzmlVZQg3iqUg6Flmvv39s0Jlcb7/c/0ZsDErhSRSeje/bKmiKg
YNpWsACIoCCaUGWFLNbs1AIDSbZKS8OpEUnrvbnNbiLxStFJ22a3ASwcRItx2ncbrJxGEq8k
A6G224yMo+hP5QHHGAinRMaBSDxaK8YG2uuSOrdld+MJlJI1KHQY+/cYW3gm4pNyPcjABh5Z
nWS8y9/WxEBkklRfyMieVzqgfZGife3qVssHoWYi27+sIQxmx2kEog+t60CVoDaFrh3rfqAG
yRPUHrvTfrs72AFWUCCdFyJABzUcoHkxW9E0D3YQ6ZxjurwhUWhrIVAJ1JYTB1dO/FjamOHF
0SdyDHWQXgp7halxBN66YkRVh1aMDUq2JD+MDNhhn+DBQMvSIpuLbyYoIHEgQEQYRCgIsUoy
P/qbMim1ISGfBFqjCC600NDTFZrpKkXsjtrKJIBKxwxAY8SsoDJFiRpIOSXbphNFAoxnd5D2
jELstS2w9/b6Oo79ia3dT9fQ8qYwDcQkci+nrPDXqKJKe4j3ZJddfQ2qdHH3YyUC0HRNNLMC
14Y4659MeNeuanZ4GPP5Y54a9M/Dxjvyev8Amf6dZo/hm3i3mzwu+e2+T1zb3fY/OfeeTDXn
8eucYNeJmx+eO/JzvN/a9+c/Pg8OsbP4/vH7jy9cOPw/WPPl3nJ4emOvftr/AHrm3ye5nTDv
2nnmvif3m/n928OvirH2nw754p1+7PAhpxs7eN6zd7Oc/J4d2a/PrX+5p+xj3vn95t8/hz3I
341nsr9+bv8AKz7d+Oc3/wBfDjNHizz+8+8a8uP1n8A1n4HZ4659r4fxn8s7fv65p2DW9Ye8
/DjPdTu/zpn5m95/Jc/e/BNueryb8s935165v7vTPvHnnuHOsPA/bH9ezD+lvNXe6z7Hre+c
+w7z8HW/XPceN4372mvTGvs41vjvh7Jr949pf2d8/kmT2/neuc095+Pz0x573f775oebXnns
J5/1zxjX/hn/2Q==</binary>
  <binary id="cover.jpg" content-type="image/jpeg">/9j/4AAQSkZJRgABAQEASABIAAD//gATQ3JlYXRlZCB3aXRoIEdJTVD/2wBDAAEBAQEBAQEB
AQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEB
AQH/2wBDAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQEB
AQEBAQEBAQEBAQEBAQEBAQH/wgARCAJYAZADAREAAhEBAxEB/8QAHgAAAAYDAQEAAAAAAAAA
AAAAAgMEBQYHAQgJAAr/xAAbAQABBQEBAAAAAAAAAAAAAAADAAECBAUGB//aAAwDAQACEAMQ
AAAB5qUNaZC0rcBoKBGUNaMHNvJQjpcuRw15DldRYvJ95JMrSuDKBZAa2t/R24LtVYdtc+ls
03CsYNY8hztd7yn6p0vJbxFkejDzNhLKQHWGllItN4SwyE8zCOKSCy8yJZ8qQ3fzsCT5TgSL
hMtQPRNR7ex82Xr3ETwGpbY9FRE7hG2dEjbKnBCZEzHfleR19lcl30kytm98WL9Sr0D0lqE9
FmQfoMBNOq407ABykmbsyPIbsXQ8dtsGTmDeZwkYSQkgjQUspYi/oyE0sO/pobomaLHIyMC0
wiIJhicwUXAyFsHEFpRpbPzie0cLYNXXtwd1dEy2Fo6E0RAsxc12hff8nqrQ5Ltn3K2rex3n
GbChulLAekyYjtYiawFxrWgjHIsrbk+MDtpl+NzOrl4aQ2lgzeSwkYzYSykFnDGQYS808vEJ
UAqxGAU9frTj5NMss5k2TMmzwKPhyThPorpbPz0e1cLOa2tbA7Ktjq2OdAiVwMhs54bTmWT1
c25PuJDma10ZMXTIVQ9IOC9LThGvjGWAuNWyIYHvN25dkC7ZZXisrq5woTG6zJYS8kOLYdZZ
AT+ZehMTOBLBEB0WepEI6fOgXp8Dh0aM9y6D8X0NJ5k5CgAMm2B9F7+98/Ptvn81q6lrwsq0
ZajmxKgnXhRc2ZR05hldVOuY7l6ydWyMaVoZY6K6IcD6CpENnBQ2QPVeyWN5Plbcxxh9tczx
aS1c0cZiZeihpeSFJedeSwl5LEJ+Z8JYmguij1avD1PNet7PE4bIZvNi830vu+PTlsYLBQBu
8/rvScB/a/O53W0rVawajqUZc5k5K0Mnmy4OnLs/qZbzncvmNqT/ABbFoZwaW3ww3aDCdzni
LlZyFaAGUsxtyYYkO3mX4rJQZpcZmRRoVhISQiLKRSWJIUkGE/M4EvTRLrFgWs9Lu9DqfsiB
7RDCCfN6Wafityx5euy7EPq3tWbuhwT9t80m9bWtNWHNTNRVMCETFByUZvDRmOZ00n5/vHPK
0LYw786zIUNvZsb24RbbwktsDkCyISlWHvzPKD2/yvFJCDOyOfoLw1lIaWJrMkCS8o5ZjIoq
CAphlMyUExZ6l1PQ9IKnsDIWaeQzzVuleh4jecOS0HtdTSdPpZXfyOHHtnl01BpTeFh7RXNH
PGQiEa2nQseGjNqPVyHC7pxzL9k4Fu18p6B6TOju/WhGpgkWK71XtJYEl+D0M6yAdxM3xJ6F
nGhkKDgg403ksJzJRKlIaiJNiCKZFKXpFDIZJJag1vRdJQevt5iEquEtXpfc8WvqXKtNyxzO
yu+9p0uHfuHlknDasMZXdjuysq4HRRHXypT8N+ZU+tk2H27lnXLawrNr5djWfoaDFvVItp4p
Ba6+raE8pTz3Qz7GB3Hz/D3aGcIM/QfMFhIaQhL0liSzJBS9FAii5yC5cTGWSWm1f0XRqHr6
U5UjUyZUuolnxykdDOqm7rOWHuwm7m8YvbvK1orlmRd8YjgjuECoESENUnFfQltHqpHjdk5Z
1yV4dzZLHu6z9JQj+zSh21g4jByBcDCUswt+w8Gt3Cz/ABF1hnii4mfMF5kOKDBYdCSw6w68
6w6xGZDSCVJk+mcPSNIBetN14oZCQyodPD+SlXM/j3r9ltDz9rBue48e3eQKg35ipS1SVIrr
CZMTVqgWjX0JZndW+5PXuFO7aHP6FjYlilupyoTtUY5r4eRxch3E6jMMLobC5oPczP8AFFzU
jkvMhCWYrEEFkKKDFCdAmhzWE2AskgZOU6KRtOY+l6UC9QY9RZPWjxa8iNgp7NSA6uhsZztN
vNzHIP27xt0Hfl45TFSPRVcZZRYKq1i19CTZ3XSzI7A6ndlvO6V8YFjXXrMhk6HNiWphFDg6
iunQlJ8HoLG5wHcjN8WcI0zUvMvRQooEF5l4S9FDZZK2JuCTBZk4ip0dM59MR+n6Vx9Pi3QV
ir+bHrAVB5sliojOLa7l86E2ee5Ae2eOyCtfl7KaPJejKIyIgSDIFlQvSKl1cwxexPzL1s87
o2lj2Ncuqyon0dGP6WIZEbiCzmrYf8XbtDnqvcvN8YWiqHxXpIDI1kGK9BBEgjQUvEkMiERE
kiTXKWkUxdJKvqOlkvU4R0NFh2M9stVSDjJlXsFxWtzQWa/kcgfZPE5NT0JxOMmlJyRF8ZBj
Yg6DYLWnvJ6WS5vXONLQkGBoWjnalN7uazb2DHNPE80XWvcT1Dy7G2bV5ir3Ho+QLoVjRoU1
6CymCnANYEgiQVLE5CIhFYuYya5gNIliaLUvUNPT+qw7ZrZ0KEYvVVjs4oSE9W78OnX+vj8p
vYvD5RV0H5ozN0vTubTNa42IL2rb3m9I+Z/Su1XRdcq3IaulBdvJbtDHbbNQcoqQ3FVaTxib
F88rW7XZ3jy0dYUF6aHAmU2U4YrA0AS9GRbyNIsGiB0CLpg2NCqnplGVPTKr070S3M0+9Wi+
jXWCjYlYtTaVO+8rOiehicqvX/EJbX0HQUZMyXJO7TRvahTisuNuQ1+lfc3oV9bSfcPZlFIt
ebmEg0s5ttZ2ZxFC0piV6yN29uWF1tyfNXGtWewV5fLOMHPKcMV5NmCyNBjMCnl1grEkXnTe
C7zLw/cKzj3ME3acE6LMSatJl0a7VGGyfLX670s216VGrdXD5p+v+KTGroCGpIk4JP8AGaEl
mJSq2GG08VeiklPoQQ0HzH1JNm3IJu88362WXOiXIh0LQoM509J8xNB3zZOVGzttk8r1Mpeb
nhn5nMQQJss/oItT8IuYrxUUWASlY6+ly/xveq7fporsUY7p1nC9ViezRVEhJcmyx3MewMpo
1sc9y29e8Un9PQxGTw6XpSqMmwlmv5VLZFYfA9C71t1QG5M8DZc6OnAt/nkOniFlpCYgJSzC
ytr2XCjrr6Omuyrm1WBzHV3K82VqquEBSOJiWWXoIiM8iKCCCZYdijlYYaXMbI98reXSwfaz
mTdy6s6Tm029irAzeKekVYzdkeH6KoNfl+Z/rPiVm1NLzFeXbzvL2dI86wkO8R2XYey7B2RV
bshx9Z3p6UN2OdbdDEMKHMJhI2Xtq62urqWT6519W845BZXlQXVo9D8rl9tKnFSp8sbNmDkw
IIM8RRU3MdiLJmSGlzDx/eYSTpKr6XKZdas07uREdrBn+YWptnBGYWw/mHeRDe5XmZ6t4ZYI
dTKk8JjJKZKaOJa8T3oxHUWmsBpGBvyqpvuOfcgupzSC/lDnWTp1qkS03EO0eEwxXDxHV0bT
nQsuOXq3jyFro0Dx/Yw/HCHAYzYCwYTDFyYzxMYbFhkHocwc/wB3iMunontefNuBj3QZEb0s
6VZxK56HjfStbLeXdxTe7ymgPqHi0sDpDUZAl6SlqITElfJ71abkG86QvFjuSKp0eadtg0ef
LPRTlplKShTAyXD0wDZ2raKkWiGFsVZ3bJ0rt4jpdmKPCbBn4TZ2HKmiMYIIWJ6LgjPEhlks
McdDlvW94g9jcoHvuWDdTZo1GvQzjBwZtbnS2uXf5l2dc7vG6G+keOywF5IoPyQpPNVIqJYE
nvh5rFZX19IdfQkOdura5ofrYgiVwFqhdYYgmIqho4TGiObDRyK4ZXgqzrly8H2bvkWrfJx/
WJvClA2zFeg2GcEZglAqJ2ct/loD36u7+nrh6JyD1ZdGWnHruf41dq0cATvaPEdBXOrzenfb
+dzENtCOBaKrUp7GKJrEEmG9ZldIXnCBjBakgzt8msRh0uYy40pqoSNkJ1TFMVzyOBSWtfEK
76DKaFmxeK6ub83u3DW43rTHxM9wGM3hthOSiYGipTY56fL2v73Qu3aqT0LkJWGzEr2W2aOW
CyVFYwU758ffPTHzNdreVM69ttUAOY1PPBsijZrogNhCFViM6DuGh0HWtvPQTw7R5cSFggAT
n4TjcmXtYYpLJyhomj0cDQgznnJdROuT37spct1oB4qpCA6KxJBUi1IgcgPOPNqcva3u9IdY
ame249+nZjmhiJLmf6R263z7UfIZ7GcnJRoSNSWhuNc4LnK0M80cZMjQGIdh4kUBsvA75sLk
qDrIIyZdLmswiUpemZGKB8UqVoakBHUNoiFZHFzAXJxzXSTXi+kvTO5jrYHxNTEQoOBItSKU
8DQEWNC1OXoPdqL7qNTdTyT1btMOnzKA9IlrTZcxW82G2lz241ClgAkYrzeaK92DBPEXKIq1
k2ygiuL3VrTMVpnjNYfNgx6L/AzxG6vHaKEIxpqI6OIoDTPewiQHJrRlHTm3N9ZNOZ6a/sXm
OtGb4n6ccxbyXlItphixbni1bY5bl9ronva1c9HzjjblE9PkiDgFGy128ZEXJZyU2qxUpunW
fxXm00HB0rgpLGUdI0Nk2wYp1lOKIj3DA8RYKU9eWydVEskrbZ4rjJPFzIzk1rMCp0UxSRqm
8NfMzt6y+V7aQ8/0Gw2LynWHJ8YMk2EgSiJTLUy4Rw5YhX3eVlr2Khu6rQTquVHp12K7zgUw
GLHLPOgVNgMNrs1auo1nQV5uNFc7LYKZxlHiKuZR2FFOkC1GyzC/AmhTxQFlb8LKkRZZh9i7
Fu15p8iqkI5FPifCP5DQLPWNoumT0dscn6AuwtvYnH5Dq9i+NiZxKWTR8pYUiYQIcsQr9Fyh
1vV6M7irBOl5EvVzW2xi+EXM5RW5g4GGOWhNtinWtOspDeQFTmVGCnLhzYE0NPG+aJq3PXfL
DTMKra0FGo221heOytz9+38rs6x1OS9azS0M2ZRVDeO6Q+cKFt0yultTkvQlWFtbLY3HdX8H
yXDCHAuZuEiDNgMiXUED0HJTV9XpXv8APh/R8xi3kstvGHAwCvELfP5jCHmTaWtDgUXoV6ON
NdKZ7wniEwCnAyz2ErEqQtYg8LlGWo7Y0TCvIR1USiBZsrC79MSLfa52NWKiu7RBVsmTmiKB
cPRX5u9ZXL9++YO9sxz3F9WOd8m9CGIlxN/FQZookySCq6fSch9n0uuu3oxje5tst5Tfbxgw
t5KOI3cYuEYMZPk6lVizlUbzcyPePSM+V1llW+aGhoV/OzsYKVHTrI7Ar4DarS9BqYd4AOoF
bMIN/odC+RvDriZ7FLezQ53RCrsDlYQoa0emoo7c95/sn/ntvaTneU6pc35WUBGMQJEIqKmk
0kQU2kmh3Oiu529c9ZjQjZ5UdvOTW6QoEZTUI5fzSIpjKpC9WlRZ5cbSRxuTi+mM2HV5Q836
2vXs5dMA09YHKgsh3EFYQHBtZJcd617e08NdBxmYrG0bjqEJtP5Xu5ZeX4+A39jSCc55tL1u
j0Py++kuV0blg7G5PIYvUjmvLxghgJMPIE0GTAOWKXdHjPt+tR7Y0IX0HLRDe5AF+mzFqDnS
KetEbIRO+ZzcHp0KCofCygKPck+J9A0s3VUtubwLxwafTqvUoA8mQsOqgy/NOR/phduLta10
Is19fwO4D0WNw7tNW4rS1O7hcfgeHX+g6dfn69Byq9Dzgy+5eam4fla28vnlbqDyvmggwwEp
al6SBNF2XiV/X4zdJ63Ht5opr85EtnlA3s9oJSKnURkhGjAOeKybEKpSdeqUCynKHpdco0PE
WvzaXZZZfKQlrs9EFT2AabinsLF7oPU31kT5862p12sAiFYeqItW0507QLQ5NR1+rUIVEOw4
mFcDUtZae9qpm9m6U+keMva3c8/yenHK+bYCvBMUpedYmgmlWWrrca+29ObejosFnJjOjzaW
9nxx6WTUSjCj8x5ca+YkirUrVrtQLKQwyLMBDeaA0GGxmIz2bmBOkrFSSCr9VpT2XsZ+vSfQ
8G0pnMUbC4NmPyrRcwnAd2zKlhE8wzIKI3MekZUuPdbpXHH394vPcfprx3nIoSDWKUnCVemi
irUjb6Xlb6J2Re9lt5qDbdw0dmigYITUUZKUQKMUorpjIVWi6o0wrJJob+2akzgLnzV04sSq
VYsW+MkvPn9SGz0Dm45vNC07phpqot5OqHOySUtVbhJKG3a2debilLYBsRuDdAspW3cW+ox+
j2989pdX+K80MjAusULELmgmYkj6d9L13Lj0fpE29iIpZ6IuSSahFy0wGohJWj5386UvADVa
NrxRwsikLpzcz7RagoFbsqVflC19jVnbGxndDCULLgXksN992jTiu3Ahpoz18afXstTgbYNu
oM9i59jnOU3QZwvLB1Jhv605vQng2nnJ6narzp+t/FeZ5iIsBixExJYuIB1oN1HX84/QtQO5
hETrIJ5RBqTcamK1ntR1CijCyOaC0dWma8Ub2C3D09uZ2zSzd54rQ0sKkBpc84Xtu7Wd0+NU
ZRE59SbquB+cEre+pKEWrl58K11LtUeXDE2urloQR9pjV9pmscdIH6JwLx+zevU195fj9Ttr
56brRxHnGBjBXslCQJlzcGgvm5z9b1OhXfRN0sxskJPZyyLOZEJVjbFJusNHjjHBlrMANepK
sUsrJJavRe1Vs2NfaWMKpLDn6O1VEL2y1il2GNVagPyqK3RevPls1zriahStaxzpR+2turyr
KPphSmBi6AofRsd3lNC50LhLk1Q6VxBuuWR0+1/AG6y8LwHhgLrWk42AWZF+1p70O9ze7fej
3R5SO7ipiV0FrM8aifB2glFkt1K/s11cV6KNhXq2pBujZFZAiQyGk/pmaYhRnYzWa9u0nGQ5
1VNA7AneI7lHeCgnqWWsQyUY7YHIa57aBabICSRsvMLKyJzwXXEGsvy+q2688N1b4bhsiEUA
pYppbDaY7HZaV9j1dddaNqvc4zanMpbFBCbPMYa2BGUmfCbVKHWQnsjYr0a0GqiRwsNUhksk
lOMgNOMuBZcNLpmgk6L8dT+hoQS5nyRw2iK+YJ1sIBESs7DI6Vd+lataF5tFAYBORLZ8DnWr
7lHZdMrpNtvPbHWHgON8KBICAiQg8tEd3v8ASntumQ7eXCtbkWTX5pqPlKi1jBwWRsMpKMWu
U65MJQ0jmYSrxOtWbBnRjBdfPLqpwlJstn1e2Q87u0uvFixBzUnuKnFK7XOnQsw0rBoWia5d
0OVotRSQbPF0NwKOiW4e8nu6f6MurPn9fSfXvbI6kucXV7bhb3FdLf2Y8/2uuXnXIK64gVTF
TCTMuku32mifb9W1b+PFdriWvSwWqxkCLA4cHKFuNkowm5UhJQjU3BRQuFsqVY/E4QB2S4uv
1Q4Knxa9Gs9k/Ng6edXYnOqTm30lfcfCjVlmzqV2tW0suPT/AM2M+OSjkFriberDZJGvzp7Y
tx5tm8cJX5xoufXpV+4Cx0q7nVdL2utw+stziOp7M+e8e/VKwaj4Iq4Pp6H7/dardzYJ3MOK
7PCsmliNBcte6HBKGsNBKkFtVoMUYFNYojcEbq1m+FgiuHZ3hq3UXig8I/WbfSfhKdl5sdiK
D8YvQYdJePHqt0Fvn/6VGd8wvou8flyK7V9oMIENuldIMxXq9NaU97ORPp9rreTjo84/Qr/W
TixcfPV9hy6PSeMntLL4Xruxnm/IzTPphrzTlPrro9Jof0/eUx3OAfq4UL1eGbb2OwlzVjMv
g7mx4yUEEtVoFZEqiQ9mDGux0qzeO4jcGzXFC678BS5z9UXpvyQ+SPYrpXzJ9BOiqdE+aHzV
7i7oR6A8u5Zvoj8olwp9Ln0L5EUXlJRMcf2qlRzlvdyVvS/cnvNzgubXZ3uv3Dj49+qazjt3
5Jk9rYPGdj2C8z5KdY9clyp2lrLrdTot1vZVN2POD1uch21wbNYpR2znvzBWDNljMkw1raqR
K2BygcsTFsEyjXaRXEERzrPDuPz+c3lPqxdaqeiJffPH2apZ8BZ6M2za69Q8zxp9CeRNp/0c
7roBIdo24GS3SaBWdl8y9Ut6VrUg1Lbt7U5S1b6S2vv3ZLn9nYHD9x2J815Wa448IhECae7P
Uaedf1dVdjzmNrmoVrcM1EoMljOdGAoGd1Ro0UMItU6ytgOgZcJGQrl5kEMbZJgHhDdw6uu1
y01VltFjxpOxKSlp1LolekSHzBKiGsGvoF0jBVS6wU9bLNG0lGrNPQs2pcw8pJlgt3Os1v0s
07mflbk+Z2M84zvOx/mvNy3GiVEpEJ6c7fUacdp0Vbdrxkf3uOj2jx0JHIs1R9es7QMa5GCc
K2tU4ZZCogRSOQ41VGQm+FtvsCvDHz+gfMg5vdKepzT+hzxofP3pBzrSFWGiRGAiCwCFMVzo
W5rpPprvT6Y8XTlWVRoXoozN7dQOayKk5jjxllJ9f+5sa59Xakkr8jy+tsDkO37J+V0JTl1y
q9hNAunO/wBDp16Bs1n2fHRPb4SP3uWfhXYzIWSZixyKoTjpI19crQlAWRdVGRSCoyyt0DEQ
rb5cjT2F5utrn0ZdB9o/bHzUAYhh1x7um+vulJJBra5qMhoy1Y7afPz0u8/4FXsf59U1c3g6
5TN0W5kjjFc+tOXXfhichPTp1H3OlJbFqY0eqmnI9v2f8gHIcZiBmIhY0w6na0t9LND+l5du
1ebrTS4h6crGzNr5ssc6mE4cQNe2qsWLWEN1gZp2Cvz7aIcvWal9c7C/AR10vvQmo+3GGOrZ
NLSRsOmzrprVcc9gsyEwpy1o3yQDpCG5ANqa1fVS1U6IcvboPQs2JWbX6+TYDmyuG62qXQ25
vOxMs7p5vzXa9nvGjPWERKMoY2NLuy19JvVakY2OXFoVKm1eHVkrROLSBqJqsuUJxIgK+uUo
0WoaJ8V5AYL/AErjXE6WyIDQIiyVmLnHzRSPAubAca2c1wZKQJyUgniTIE1getrdNKas7VbU
zhdIeaAUZaO0eSybIU4HakdLZnXPdn2O8U2pdzzgq2EsH0o73Y0v9Sy45t8qC1QrfU4xHMLF
FgpCd5m8oW44NZqMhKAEvDmSq73m3kkTkmG3SGSmIlEM4YUDEyBnNeJM4nvFyFI2BF05u7Qk
MC1XboYsVThleSHVxIlrlmA7SeRxIlnDK/VrUqxOp6T+LdjtHw5wQmVM2hHompqn6hzbHqcu
0WKtaaPIMRRtrReEindbFyHHArVVlnRCnNHNMgyXNvN8TpJjwSCGUSJDA406bCgvRlaTTOsn
IJWIq4JniZC3EvhKHW6GbAThnWvZmqmgr2HQdxjInCcbAa081yyrI3d7/GvU9oPMuiZpTRWI
6WelipL0/wA8brvOx0o62vcrFjDPUJqnirNL2mxOKFWqsdnVAl4ck6FLM+61wMgkIibFkgnl
HKiFQRJKR3b+q2KSt57JbpHQlbAi1xFkEqgyyVnSRq5Z5ZVlexpGEisGizEqZkSyqWpaIpxw
Zr2829Z2d8w9PV4+kVq5+vnqfCVT6D5aU8JBVs676nPxvRxyY15EOyyQEZEp7yhBqiI9XMUK
MiWryXOvIIlTzGKbMhIESimURqBabLRMAVPYqEzCKMsEm9ySJQc2sWBE7Y44XbAkMnCMgV5S
iF5kmKRCszOroTAZ2gpLk5nuNjfPPTJHznQNe/g63+k+eNO5xrDOrGBvCLOPFLueiZ7BFfjM
KxrGCivRq1awqJpwAeA4hmWLfZ4mAYbeRiCQTyimUSVDCYiSDCXjDwwwsxjpS68k8ymNiK5t
H7AE7wURIdCJ7XjiuQN1FebgxVwTzjO6WSZvQP4LTMULHvYYDYpJqkfnWhkqDaai6RNJxahU
aqOJjXsMpQNo6hs2CRxyrzHK0GcRgWRNrMiaCd4AJHCYKQENudjJwyoGpsJZdYkjlE52BOHj
oSmrjLAnyciqNh2DIYFMSXppR6K5Mzs3nG2paCxVmvmud+rXt7k670eTr6dJmlWPgFmKRzha
ltWUcjFdKTUeCZBLaQ3kVGvNM++0jOmKEl4IFEhxgnApIpIpoESiCcMqBiYSQZIBEBMckanJ
swNaKwBbLp6Ve2qbu50obDyjvI7Nr5+7bmJ6Auz9V1mCJXc96KWEafM0NrcZG7OakJXi8Kvi
JexXEEmcbZdZO2WiSnEpqGry3O0GkZ8TrJJxQoeZxbXiJIpI1DQvAE4lygqdASDKOZxKUsqR
jRNOylORXNs/Q6LW63hORzT+tcY5Ql+Z0WxOL0CQfRuFO7JmVE7/AC0gstiuSZwpas7PKQq9
iR5VlrwNnIDSwNyIpSRFNFSppk5yFLs3QbBzTkCgeBbxLdk02y7ehFK7kyEGcD1DMohkyeUR
OhJwJxEiGTq2meKTlCyznBI0dcG3mEtqMPrX7C6xBa3bbyYFvWoTWrQrU5eNSDtBR3NTdnkI
Rrc63IJcKx84pnKTGM1CCOiSYshPNPMhqHMs3SaxzbChLdkigFIkjBlA4aTySJxCmMMoHlQJ
QMdiFLKiQkKSGonIdqRVcTdPKzMx2kIzyWNi4s/ZZc3qb4D0dFF5w0ta78b0OQwq6363NWjI
rHb5XVe9ypFqqyyhgkAKRjQUBBkUiSzOlLDyEoSvM0kkDJCiTPBEogTFEYEohHEuTEOI2YwO
xZEOUTJISmlQzVAuaCmOUROxpI5Y+RW5bVv2dW2wD0rprdE7525UNvIeomu+l0JARm28qMjz
2PTxqA1udrGxgSBNHiQbkM9MaKAWIApPNHEW8oTfM1GiJyZATSgmeHnZPNvO2YpG8cPD04Fo
a1RTvADyBKeUzqgtxnLnIcmC0RPMUJOIHtKhu35V6h7pdAKGi50Nh0rQmJ4a862BTOjhyRoI
iUbHCoobP11t4MqINMjIrAmtmzAeVIBUfAgYQSRrzbO1m5HRuMiUMThh4kPHySJMNRJeBU2G
ogUClHDxMm/k40ABJ5Mw4M5NJnjovwbrqoWkDTt3O6J8zdJXGRQt2NVStF/nmTRoulsDLCjU
Oniu9K7sfR0YlKlrxrYBaihK6KQSnrieJjzDGeYMlVeX5+m2I4JiFKI5wIUUyilTGpIVEl4G
TYp2A8QqIniJ2GnIQREXouYDQtqjq3nU2rFR6yNTnmRvSOh0Lho0oa1DOXrbBYPXV7p5sG3a
dI7OJErXNXVm7L7m3mE4WS7j1xezJdCILAIQSpVRM8UgkQc2QwPJM4Zvm6SGRk5AESGQ8RPA
LxKSKZAaWJDJlBMke7CIIlJ9aw2KCZDNTSCvevUOusBI2to0sYb0g7r4vaudTQoe9TXSNJ8y
rddLoqosV5gaMDlvqy1pYAcyoA1c3eaeNHKLozcwnq7VyI1ey6VuZksmEAxx4oAFchhzPK02
Yhip1SFFInzOJKiS6SMsRYUoKJDITedAKI+Sco2440FTRWupkC89wuQAYL0q9DcK1J7Stymm
esWRctyLWQNlTHA0oraxjbBLzo+hFMKotHi2eNeSD1rMjdIWS6CFF506P1sxps5zY1NmjJHZ
roiRaFCd51tsIZBKpNJDuiYYq8FalHUhsokyk0k2SiwuOtnZRIi+LzGF1IMjlBj3EqkaTRab
V9eXU92BWKlTqgIonqFu/gdDAVQSvnildr02OdZNfVDsvRsUbf5JRKg/UdK1ap9NNnm3O+Nn
qz2lo3ZaG+1Sh6VFkPWiMoCjCrhVm+RW8tfYolPcE9IyUWyM3FJpi9YtKduolJq7cVTKWv7W
XcZdoKu4eI7W0ZQKRJZ+UF8LhgzRbRyYM9NyVibi15FU0daL+DV1rnSY3LQp6uyFPpnEG0aQ
44ZgYBKeOLDt5s7KfMIO0DCEVMWimmFFZBWjgkbBo+GYhYhbj2KPT6M2aWvRWvwa1wirTi65
MiSq1LWlPJRXa5r6b7Xv2jm7qoldBbzsjMokYp5im6JlR92heVe4bAuIXjo3WQuc0lAJrkop
7cvyehQWHS2qyOWcaIryK6fGCMlVWQzVPMBLOMgbEWTlqsl3Mqw+OhlRruIGtjoYQvAtPeO1
UpojTiDxSCOijZ1pYpVkp1rN9eRms6rqjra0lo3D7daUlo4YhymYxcxsnQbWy9m7HVrqwWoK
F/0dE0V5K1gT2ADNIKpmrQzAmCAIDoWFg9EyISrFNQ8kcMdoPkOUpGS0FAToT8/U17BrUlJk
iNAxkbgJQAvEqbpyIqCHFgTBhRLkPEJnMJPKR6svApzaN+4gWHV4ucSLI6CuOiW8dabuVsXV
vuQNXEND0dFUPURDMQ9QstZTGYCDdQXzQQQFqqZufAqSWA2DFsdTeKSrUvfqOVnSWQnCbHPV
/o5ENLVZqg25ptha6J2EoFSgTKBkEmijlFO8SiRKUJBGUtiV2jMppeGazx3JBE69J3WgpHpI
5Vdb9DI2Rp6q0G4Br5kL4authkTKkCVDJAiUnKvoBGYizSOlYWBgklgRSzVg5c9NZymkdi2a
XUS0F2P2+bpbU5uubVM+gNnYqU1ciUPKJboDuOCKigoad4pyQDKA3YTzKTZaAhEv0erPKmtL
mK5qz57JCBrLdobFi0XajtCjqDhbTwOS7HTqFPTxJj1ZWhtt0wKxOKF413ybCgZsukLWAyXs
VZX09rszsXUGklPlRi9zVLmyd954iFlgkSVEaiSmIZzYOeyJTFyiCcfRYl0okszmWmMFGYw0
rOHYVMVSit6lmtONHg+w0XOdo9ryiCb2gnTZmE9qpMka1vwjGSEEEFCIGUjbGTQVzKaLGSIg
AQlZ2fv2MLVLHMkmXDD0v//EADgQAAEDBAIBAgQEBgEEAgMAAAECAwQABQYRBxIhEyIIEBQx
FRgjMhYgJCUzQTQmNTZCFzAnQ0T/2gAIAQEAAQUCOU5SHrJlmSvOoyTIiBkWRUnIMgNG/wCQ
dV5FkPpN5XkCqYyTIXEwb9f3JLN6vhSb1evSsN1uxYduEtLWQ3e7i7m/3xSH77ffX/H77v8A
Hr9pF9v1Jvl82i9XvXHl1m3DG+6zXZddl12cra67LFd1V3XXqOV3drsuu66Cl0SrW1muyq7G
vUcoKXW112cru5RW5Xdyu7lBxdcvTJ0WyrUgSLD17oVQNJofaQQGg4AYStt2wpEqKf0zrri4
UIPrtuqynxcy22Fr9rwOqOihl46a8hsVhdvTbceFH5j5fb56rVa/k1Wq18vNbr70R8tV/vmp
WrMrX1WOD3p+6aTSadPtS22Ka+1uQtciMollpSVM264IgW6P0XFvnVd0U96jchY9cJVX+kdg
U0x5rH/+z/IitVut1ujQFa+XmtVqvPz3urpktqs6l5vY22znFlCLVfrZeBXmt1vVc0qJtDvX
18e/yp8UnVJoU8AEoTTG6tZ/q4B2mEPZZyl1mFIE2VkQLd0ISl5X+VChvYAS55bIBi+TYhq0
UaPy1utCtCtV9v5ND5miKvFzZskTLsihZBKmzmJMF2dHdhYVlNrsiYUn6yLvyqnioI5oV1tD
ze3bIhbS0fcUg0Aaf/a2lyoZPpW3/kW/r0hL2Is5qM7EhojVev8AunY+kpfqPD7+BTfTsgVE
/dZB/av/AKdVr5+PmRWVqbTZ5cz61BZTXoDUa6sxmrBLMu0/ahol5VcyL9S19uku0O7eSPNN
K8BVSO3RHr1F2Grcf1ofYtwfKpEJEiFbC5c3MlUoXv7LUf1BruT4bX5RuoSVepZx/baPz+/8
oo/PxR18idVyO+tu1qHgjVKo/twFzvjji0IQ7l2NtKfzG0TnuZh0tKR3fsGy0hfuCt0PFI3U
gkNofUoxvLdrAVJgK6rjrKXYjjQbx5ly3PXSQqROKuyD179QFfcNN+5Jq3+XrX/wB/IPkaFa
+WvkRWvlqjXJytRFuU4sim17Jc3XHX/jriEmuTMGV14rHqZBzK+XIaUdXLN/jZ0le00k+B+6
UNNtqqD5atZ/qYyPcjQXHhOynUNvLvmQa/GOqkL1pY/efKW9pUgVa/8AlW5P9EBQFEfIUaHz
H8hrXyNcokei4qirR7dq9Txx5/49/uS2xIaxWOLRmXM36dvIPq29aQ3F80lXlJ9qTUs7aAAR
FI+nta9SWHSKQQpzHJpSYKVxhJd+vm91KSpW1f8AvukU3sm1j+rg+IY/n38t/PVEfM1ymdNO
KJccJJb7JJX7uPT/ANO55yRerG/gmYNIm4vJi3XOeZXw4g/5I4KW4bgWRSFCkKSalj9NLUZR
i+GbWCXmWwCggPQGHmbmJan5d1/Suq/01j2rR+6kJHdr91p/5kMf0oP8+6/0Plr5mt0pXnlL
aw4n9RaymuxNdTvAJDKcdzzHYuUWmRb3Y8jjRaY0/mJBaiI8vN/qJiE9kHaU7TTavEnqYzTL
wRDBEe2/5WiSfaVQHkOQcalFb15V6t3cUt1hO9ge9eylrt2QDVn39fF/44/k189Vv5ePl4o0
TRNEmuS1mkhRV/8A0KCRTyleuzcZ7DYvd4Lkl9fq8Ys+rceY3w47FKy8hVQ3UikaIJ2lk1P1
6Da1pTE/w246W2nTY9q7M+ozLeh7V20zdFFLK+3lLh7bPVpeyhXizH+4Rv8Aj/Pf8m63XYGv
HzJrW6NKFcmnVI/yuOJRJVJbpx9HrKlNAJdQHXVpU7x7Iabe5ebDNbPaJ4bjoO2P2eNJqcVe
gh3QjHbEZWi2T6Cyas7Md1uzzGgLitEqas+qwPBQRtWlIbQBTZ82LRuUf/j7oUf5d0flv5mt
0flyiernXquShSpCmHduJKFEK31JORW2NAt3FkcuTuYH0u3BX74yuiGZTKqjqStPjTfipQ/Q
QpxAY90eL+1DhEdHuNjkFM62S4dufnajTVhDSx4pP7t+1jfdIV2x8E3Ngfoih8tfMfI/y7+Z
cSmuU3At3oO6T2eUPc4AZHpJqwxPrLtlMoS7pxo99O1yogtSuo7Qx+lG8VH8oDvlP3fUA2p6
MgNEFqN+xCv0UKNPtBipxS6wkhxo/qMg9aBTtSkimR3Dayaw5KXJrI/Q+W/5NVr+QfI/JzYG
VZDdo15u1ymT4yVe9Ch6iuu3dfUKcQKsH9BbLsy6wjjNIfd5ddC7ov8AdbkKEFGtMHqim/vc
juOhKEsR/wDjxSAnX9O05pEdYfRDS200+BHkq9iqTqjSNik/fD50SNMYy6wBoZdj1Q77arg5
Xj5E1v8A+mQrTeVOE3iQoGDpyvPdzvToPcpWVTUp+ly8FtzjB4RGeTewn6T6sNZVAQpPVhae
pX5aq4JHoaCW2+oYjEdUK22glJDTsV6T/i7+q1tTiWztIPvV4oKpChTZCihYpLgFcSFH44gD
Q1W/591v5H7Tz+hkx9OetaV28HtUP0ipKYRW6hhU11uMhrFFfUOZan+p44S485y0pBu5U2Ki
IT+Gtj06So9WwDTBq6lX04C1pZTqPF8ISr2BXsjqMuJDIUh4GO+FBK06NAaKjQIVSDSV6pCh
SFjfF01iJe2rlDKPrYNJLbgSfmflv+Q1P39NlKv7i4r+3JkdTHLHVxt4uKUumIz8gW+f9ELp
PVcF8bvIiReRStycve4jn9tQomtp9NDgBZq6lX0bH7mT+gxrq2AUJqEXGpUgBsqX6jbfmhrS
TS/NIpJ8jzQBFBXhp5SC3PngfiVyUMIy+HGslruka6xwaB+fit/NX2mf4cq7C5aW7bFfuUPa
79lhJTFbEayA6G91g3quVyStIua99mV9rc2SKBSaT03FX7rypRjtpILI/QZTugSAPFL/AFmo
ym5UZwemsdgEdujPbs5TZ8pNbFJXQWNhSaQ7qkkas7fpxuOFatJo/I/PzXmt1N/wZSFG6Ndm
7Yp9JS2Urp5X6mvUXc5HVg9qT2SMEcSxGzx8uz3k+UuIEFokp1+mOwVFJ7XpSUR0SY5pnXoN
b0mvJMJaUSFJ+mW2srH2ClKLbROiaT90+KUry0nYLFekpNBRruCi3vlqFj+fR8bj2PkyJeZ/
bwDv+TVa+U/wxlCwbgFoFsUWDTZKXFjywAFvr7UtQTXbvWILUU54Am4Of5G2g5ESj0T6hKEu
e+Kvarx6X07Qa2AG47XubTXuFO9UAdZcdj2oo/tGtbFAJrQpXikrNeorfqOE+odhymCTDfUf
VwpShkDeijXyA1Rrz8vsZxJj5P7bgpxC4DrzjtNODs86aaVtTqvLwSab8DGr3bLUMmnNXN9R
BcidfpXd9U9uqP3QFAqvpCm09AppILTZ9orfiI4hVFTiFsk+mo6oqPVtzdDzWt1vVboKG9+E
gmiDQV1VbnlLp7/Lgh7X9H7fnqvPyJqf/wAbIT/dR7SpwhLTfqokEoLI3Svu9W9JdUKfG2HT
7oiNsOK1Sgqo6/NvWjtf/wDChG1I16LX+P7Dwaca+np8es03+xQ3RSOqEdaIoGlbrVADaTSN
1vyP3W4+95Q9bj/RyBH7RW/maBo1cD/TX/3XJHlKQyYzJ0iQRTdH7PfZf7FA08T6TrdMeGld
iQpIr0nN2hXuyFxXRtYU6n/A126b9utiO4iQ19QtkNeUmj+1FOOKB7EUtaqNFzat0FKoGvvV
t2Fvb9bj3xkW/bv5H+Q1cj/TXxYFwZWspSJBYbJ6yColGq/3I+xKuilHu+o+ipzosKHpdk7P
Xq2g7trY+oyNO22EqLoGmmtel9kjZBediuyn1LbbuTyC5LX0YcUplBCgVI2rpvxo/ZIpZ0A4
TSQa2O1vBSt5X63Hf/kP/r5rzW6/1R+V0Oot5UVz4zhLTDp04QEqcUotH5PlPbwUuEdn17ZX
1NDSGFODYUNNq1VuWe+ROBNMvbX203Puslpxi83F51K11cJUhLjUt8qEVopTGRUWN6lemW1L
QruoKKvd8k726o9QdV6h0hW1Rh1cdBLvHQIyHfj5bon5/wCrt7Yd5KzLtrg9H+mK/UUgdhpq
lHrSyCtNSFaU+vTLmux8NaFIWKaV5t/p9777qY6+stf6dwX3kxnOr7c1oouElCn4y0qkNuIr
1E1bHAH7ggtuKUsOFS+xWoH3dkap0hKOyTSHRTZHdxKWpbq/1eNj2yA/YfLfyPyUavJ1Cvay
HrWoiD2cpxXtKvaws0+dNlWqB8yFD1XlpEZzQJUrXdPf2imlpWqIpXe87SpBR6y+xQWmH7jd
LS3bn0MtEXNLDbsFxl51sJRS+tQ1FtakfWRVfpr77pT6UUHNoDqVF0nXYEIApKfLfteX/m40
H9/+9arfyOq38iayF1Me2z5TcirarUTsCHiKJNM+KeNPK0pCuyZbnR1R9RDnb1HCgI0PVKhS
FaVA9y8gRuo/VLxUVNz0bfhlS1bq+eJFq8yh1pfkRat0vou6M9Fx7e9KYcZ9dIR+i231Kwuh
2pCFUCQY7inZC1K9XjPzfh8h8tCjR+3msu/7F2H0luUn6PTYS4dBStJYX7Hz1S55P7RJ/wAz
UZIjvlv1CpXRNIANfDvx5Fyq9ZZxZh0/HcnjPw5kUKMvt2buxcM63q/qGy31uwJegJIf7dRo
014Laz2myg4zbJQiSrultmRjHCSrljndPrHYU46mmx2Sg6cbI+sc16/GQ/vv3r/fyPy/284G
k5TyJb3WOpMS2oV9CfWNb2D0ISEJEgLJWFV7tej60g+WHNB17yOvhhkuHjSxxeOuN+DeQk5P
dPiRw5WP5hwZBiSs4+Ji2W222T4cIMC6Zf8AEpbrdbMz4S4ytUawXvmHixWQ3HDsRt+GcZxW
JOe/ENZLTbMf4Dt8G4ZHz3b7fbL1xrx9jlpxl/mXBn38QyrGcdyi0Xa0SsU5FzbCsgj8Z8aW
C3Y9B5S4rvN65i43iY2lI98jUSS1L9Z7i8f3z/f2O/l5+d3Vq3zXP1e6vpLasJgb2POlP9Ct
7qFOd2nFbIHhtOqc0lhflxwqCQEmuE8PVlOcZxLwpi0YfbODsWvHxAYdHzTBuBf088+Klpas
d+Fq1SXL78S//nVj9O68b3m13I5c/Gfh8b8W+3kL4lW3FY18OcF5y/8AxE+b9g/ObmNRI1o4
55btOWWgWe+4oP8A8WMdBckPWj+BUZpwlHdz/lvGMoxhG/VlIU25DHv4r83n57rZomu1XlWr
bNPubXqHB/7b11WqWx2L7PqUWfSQoDshGqHgOf4X+vZVI+/CnKOF8cQuXeRI/I+Q2gNh3H/i
MxC244zk0a0Z8eeuPMkstu+JLBseu3LnIVk5Hyri/maRg0Ofzzxu9dL7NkqwG13V+0Xpjmjj
3KLNbOa8Ix6Tyxm9ozO5WLIuHJtkkc1ca4LZ5d1fv96435is1tsnJMzjR+2cccyIxq3SJfBN
wk8k5XiN7jA6ddWXXYuhXE43dz4rfz3X3+WVXKLbbVcnuhaW39Fbu34frz96ecUHJC1JoqV6
ZHyQBTqT6ThT3d8HuRRWAe3m2HzdSlUmCr+okFBEhtJk24MfW8SZXgdot0DJfhys0/lLnlvL
Wkq8qIpo7r2mrp6alu+m2za9h46UPaFrcAoekaAGm9B19wKdiKTXEnm7/wC6Pz3RPv5bUPwS
4rUt2Lr6aGpKLc5qvtSkNElLaqf0pLoO06rW6eWAw/r1XPcotqUPh/xexZTk3xHYdjuHyrdr
U8tqkQQDKltmuNsBh8hZd+UnGIbl4+GaUxFyC0SrTebSFOTNjZ1TdJSpRvXG2YtWdT5Wq2BX
1JPt+5KPclHhJ0GU9n30oadaHt4wecZvvy3QVRPyPiuXH2Ra5XRLrY/pmVD8KP23TqtuSyvo
32DCl96SE0Vin0j0F69U+Fea+Fzf8afFclZuXHPAFq/AW+IuDc4rPOOrlx5lb/evh5aI5I+I
i05Rc64ShZPi+M5qLRnHMly+GHF4MrkHjTG7W5G4PwjGrZP4Qw++WnAMMxadOyyy2G7YfyBg
uO2S9Yv8PVltNsXwjgmQxLzi1yxu/q+Hu0TLRaOGeNpJ5K46dwOU3tTj3cOMHaOOFH+IirVd
t15oKrt5Kq7brmJzb0k6eSpQjs6/CyoapSmQpa2xT7jRZChtKuqln3O/8d30/Ud6V23Xwukj
NOfWmns7zi34zMwvFLP8P2HXz4h8wxHLlurr4el9uR+b+SMk4/TxxnTHMduvOCx8H5q5zvUi
z4fwEymdmXK1k48vk3A53E2AVnci0XLkblcAcT/DzChz86+JS4z/AKvhWbMhZx8QcSOmXkVz
kWzjfjOQ6M5+IVKVY+0spekO+o6wnQ41H/UJ+26O67arZrxTrqGU8vzmZEhWwQpIixyBbF9U
je6eadcdmsvKZbS4iNv37CieqqkKPoPo9+wB3Cj8N9+tNly34k8rs90ueG8s4Jn+JK4M4TYm
cpoweHljj9cBXa32rkLOY/EnIJs+Q8Q8VW2TyE3mvMHPWVY3dMWw3KX8Svl/e405js8fiHiy
yInyYUbImMjwvkfCMhhWjhjLLleON+Z7DimO8d8YVyHyD/HWSZdfrJI4743dajZfzvebVc8f
iuJ9eSULlhIrjTf8Qb9tGlE67UXAmuU765GtxcJXJbLa+vWJHJNr8/JI9n2qV4b9T3DVfZUh
0fTvK24ogUVp0tQcpK/TqM6FpkPJ9SE76kiQpCASh9UJr9Rwnu8v9W0rT9UHPbsCmUhQ7jtd
fSTIkrZQqzFtyW51KWzoOPFpxtalJ11THAXJdSlp9B2eNPF+3Xat0fNL1rPrxcIU+7T5UxxR
6qmrWVKcUGGdfhbi9BJ3Th6pJFXF0pX6g7BajRfVt5Z+nX5cVs0sE0W+qfJqIjxKGnIH/IkL
8+Qbb/yFE79i37Yj05SldaSpSwy6VUUmrs8sSBAuslmzIdbmub00oaMRyQoNuNkHy1svqB9R
PgcabN9B3RrYomiQa5LaWmdKX7iE/QyFKdpf6bEcq+kBHWj+ypwpXlxvxThpzzEOvVX1Clkg
ce2eFkOVu8LcdMUrg/jqYjMfh7lRWxGlW64OOUXB3hK/qO3dKva5atFayjSXgkcTuY4g8mqs
K7hxtiMLKMmyrLsUwRGO3vHMg5O5R/hdNlxW2Iu96mIx3DrTlOR2PJLnkETCk2KMsofUvs+k
7rBpyYF2jvB5nsTW6V8uT1bkTendZP0D7vq04tP07DxMJZJCd7WrSVVcX1pX2OkuJCVqBMh3
rGkLZ9XTRWSCOI/Gb8sqWjEbXkF2tr/Fucqy61c8Y2zBuuIcN4vkdkzCyRrJkvE/Ftjy+08h
Y3BxK97JVZChbz3ENpXY7dwzZmbbh/HtqyO5ZRhFsxzIcOwm14q7m3H9mzaXYsFtj2fZ9x5B
xG1YZx9abfWUWGPkcHJMQg2G6XTimBAtjJHqE9lpRurS2FOW5CWoPat+ayS9/gcLLL8q+oed
7LkKV9EsgiStH0sYpMNZ6hNHZH3q5tbK960miafRqK57nN7O1IHEKf8Arjl0f9HMJbKPh7hy
fqefXkfhfGJP8I8kKH8Z8Ab/AIb5p/8AL3VfqY8rvcLasMWDIM7yC4XXhFSnlc1nrd+CpUiV
O+IOVIhzOE5C5Gdcza/h7jV+Q7knKji2bDZpL0i65OQMbb/yfYtI3UFxUesfl/WWgUTqjXI7
4atE7a4R2ipJP0HbYmH+lZP9EUk0nZpYS22fFXB4JrQ2kCnE+6Qr+mUNOKNK9w4gGs55Dssy
/Y9Z+B8klLslgtGE2XlfM2MryHim4MTcT5D4xyaZlnHWKKw3HubSE5etYXWPBP4gz/4rNX/X
8Er23zfpV24DSEzviNI+v4NCBnPNJ/6f4wUn+J+YFH+GcX/7hlI640g/qJWCpsdhE0BjWk2L
t4/1vxyYoi2XDa4ix6dSiTBT+2agmIy4fonHQCk+D7gdVdP83qdSC20hTvukuJLWmy9KbaC1
E6xrIpeMXv8AMNlO3fiDy55vIuQ8syIx5Cu+LcgXzC5DnxKXr6eyc55VAlZhlcnMLj/+yyn0
ZKebb8i3uKbL2Gcg3HDGsuzKZmL+I8kz8DnZ7yJPz5/AslfxW85hyVc8stWLXx2xS8p5euGR
xLVNLDly5Wu9yt6D+qke5kVEUEjHlA2bZo0a5Pec9OWf6eR5cl9voWyek91EaJGQDbwgCv8A
ZQEtLqdoVs78EkdqdSBHcSouadJUFpq2QW7lcc14zu+HQR+wNlx2LxHmi4CIMiXJynA8hw5p
pStr/afCrapSXOyaVokHun+ActTbHm3pcu6ceZPaLTbCkrfI+miexmxY5Iyi75Hh8rC3e+1M
qJcT+9keIeybAB+EndFVbrk5akplFXoyDpdwlOJbZktrq7wpEmLbXHGLU676igfK3iulk1cF
K9RXam916mi6pRYdO3CspVtQGB4tbsquDGLYXf4OYYpKw68spR9XZroza8TzPEE4/nvxIIW5
BsHCdmh2bKOH4LVhi8K225YXxdxl/GS86wBeI3TKOMYmM4uE908NZs1KYsvErNvzjkK5XPlP
LY/CWK2auQcAuWJM2rhpc6y2vB7biOXcjWK45FkmZYdb8RTGO3EeFs+UwVBtyzH+27omt1yc
dmcoIS6r33N4GonQuR4zMupSmwx+hGANFrQcUEVcEAHvs9xWwS9pTbv7yrtSRXEWA2nIo+L3
XGHcp5+T/wBRQwkS8sX04pxGZE5GxHm8obk8hScZi2eFydg8Gx8JZDHusR2KnjzFZlqZzO18
6Xv1ZR+1klvxLlnF4mxuNvhzdhuTOQ2ruc/yslnihMlcPi3i59yTmi5MNdzzi23O2XyM4lK2
3dlkaTH9zto8WzdFVbrlFXunrJU6fM1lK4DD7cdLUj9KeAlkOOFwL9773tWTU5w9iRSSqu1L
WfSed/U2dlwoOE8i3XCn5fPs8u5rnD2cz0htty7cw3C8YthGe3TB5mf8ozeQE4vzpdrLAyHm
9NztGH5VPxC85ny5cM5iYlzNc8UteQ3x/IbuT4irWJGQ8yybviuO5DdcXucXn+LMGe8hXnL6
Vy0/JxHFMnVjN5vPJUy83nLuTWsst8ZYcU1TXkRFASbcofh+/BNdhXKKwDKWS88fMz/tvUUx
LTHTJcV9Q7NZBU4NnsG1O+Zx/U7DaVCu9LO2l6SvSgroSSlPbSVUpNaVSgSnakJJ6V389x0Q
WujI6gqUa2NunYiudbKvblaUUtK1U1WwyVekkBCo+qUr2xFhRcbIaj9vTjkB2yzIsqFuj8uT
3OzkpRLjv2nf9rZ8oYaC1znmXaMdzciUWnfrQ4wv7THE96SkUU6p3qlt3/KrySdUtZUdKTRK
q8prZNLUCkHtR93ySBoIITsgJ0oogMOVLhxosFR9xUNMq7U+93EZXsJCDG/Yl/quM+fUjurc
bjuBKW3PUHEiv7L2FFVdiTyMd3WQT6ilVdV/2tpz9ILVt5xBUuU64qc56lNqUhlw+2UVFzud
hJPydb/Sd0HiRSl6r704CaVsUR2V9igeopER5YFunOl6PJiugqpCVU2jdNxvUpKjBU5cX5je
z2Xvq2sorulws2591hUWU0tnuouLUHY5Rtl8+j6mjHdFcdX9VutiMpgqbcy5pNKzLxkU5U15
909nO3W6uKFsjuforUFuILcmQuAlBdCu63Wfp1ut+nJcTv70kml9gXVK6PdS5/s0qjuvtQWA
Q4lQOjXdxItGJSp0Of8AUiTXbzbLvamWpbrTj/uFdgKbbW5SkOoccBCtapj1W1t3GYxRujr7
fdSqT2AiAhkpaEGM6Uix3l+K3GkOPRe9KV+ld3QEuuFwKWQFrgNWL121EM93GnEtvuSXFmcv
VQpa2aLylqk9vUC/HbpXmn9pDqCXTsEfd/Sio6re62rZHavNK8hDjiQFUQa6nYCqET9EmuqE
VZm5MyroxOekLbU04fKgd0VFI9KCInVQq3QkTUtxFQadet76I/ftaIrTj0N+LGoS4xqXIYfa
uY9MoaWpDgebRILj0BBZgMyJ5krhra9dQaU9NQS4hoICyOsd62C3uKSpfiiNBaFFt1RCyqid
D91FIKN6oq2VfYjQNd90VaorCqFI8V2VoUhguBKkslV3uLaFPLdKvJT6oG1GkkUpTtbUKQp1
ygHyEGY8tmDco6Iv408tFmyCQ5Kj3yA4t26pSq4XaMPxO5Koz5MennnXVb61EebMi4PRjNed
X0bd0XF+XXFKUd0Nke0UtSvTe+5RS9kdKUjsT2rzs+0+dGkg/LqKUkdQjQVv5B1aEpWvqPuo
e4ghaVk1rz5Kt++QqC/HhsJoo1DxxtlaER2m3Y8aK0GoDJjO/VSJHVspvsdTjTr7bsd7qta2
1BZipU0PBb2HFRVSGm1eCsJCh58kClJSFuLIQ8v3rUdD3AnVarZpXml+KUpJo15NJB+QoLNF
XauughXSu6ySvx700RSQesOwLlQnAkKZisKjMJShxyQp9RtXqG3/AFEGSpz1Ah5qI8ZcV2ob
tzkuoaabq5zvppE5LzctwGpASWyXAU77pX1WZa0VvdHZr3UPFbO+x24Fek6keoa/9eyqKgKB
GlKJJCgD2NeNfeiKSDX7q1qgSR+oofcmkg66BRDbhpe2gqSiNiHuWtCHiYH0xSzKVHZx1i4y
HvwqfdExlT4zCmwEtxUoht3ydGfx96fdXXsfYduGSxrbdA9AVEUW+6SpSaAKk91gqJUAQB22
fIobJINdlNklfpuj9XXnsgUo+SjdFKUhtSDSfafTKq0oEpAOgVddV10e1JAFKPhKUV4oeK+x
7+0IStcovhKdrFueTHXFmfQSXZKH3MQyfH7YnIsgiXCQ4hxT6Mox+AzKyPHLsxeLNLuCr5PR
b4FluM1iXdMmsKmr0h1uUgNJaUEKcBT3a9N1GgKVVkx+dfCtCm1eKTulV2V6Luy84K66pSgK
WqlnVea+9HxSyDX++vY63TaiArzRSdedgarRFfdOyKbB3fLDCscdxfeu9KgBMP6Fcdy3tn1H
oWON2Syfh89SH1erkEvrdseeSudGyhbS571kAk2/0rm9+DtPTvRbbWEKenJaKgdLPtoUATSX
HmFNqSCRqhsjsEUVo9ORv1llaqWXF0kKWpXtLlJJFd6Usmlefloij+/SgUqCa9St+NnRVX2B
JNJPt9Q676SF9kpkOJMaW5MWm2rXHiWO5PPRbbDtYR4TebA5cn7HYV2mRHRbyV2hMxyPaHIb
j0Yqp9tLzV6tq4qg6UlloMF10Or7aINJJNE0VGkk12HZYTp0bOwK/dSknt6daFFPlSBr0RSk
qFf6KQoJQQf2UUbo6I0o02vquXK+qUAdLT4Ska3sn7hIpbSUVjq/VTBaZabbbJLpHcfptW1x
g3DJzCaVfI/tirnRVrvUsNquQIg3SFLTkRP0SkrQi2QJVzbk2iQwlqND9LqApQCq67oACvYa
LYFH9qwVrW30UNpo0BunBqgKUnwApVBJRRBoIXrt42pde4AVvrXWhs1vVFZ0nRL7KGEqppiQ
+PwuYF2K2TICYjyC1bJ7cZ2/syPqYt0m3WrpMl2aVKy5K23r84/Etcq2pRfJ1n+mM2O6jHXO
s9xG1zMIcujjsSRHcaivKSthaaUhQoea80pCK8ih1o+Q5sr+1E6DSdlx7sSVKCtqHvpJc69l
aNdlCirYB60a1sfegU9R2rqutmkIUowcZjPpgY9j8BLMpxK5t7tlouNvvVnvARa2G4061XC6
wLSuG9Jtt0jsORrhZJEOfBtrlSobCBc5U28qXYpriYltjsoiWRi3C43iNapV5zGyzS3cYj9z
ut/hy1vXezKYu022y2yAhSetAlVA6ooNFJ06P1T034NHxSlDW9pToV+m2CvVLSAdADWxoURt
ICaKaiWwykvsJbUgbooNQYzclyfZbBarfjGb2W2RJOeWZbrkm+XqVExq8qVZ03GNHReHY7rm
X5dMkvYxEabsuGZLMqPieUWtMePkbM+QcvnqRboASqKw43b13Bh6UZL7V8hzGJsq0w327Vb+
O4MZ5zjYVeImFSRFYxZFv9NKVpTAfk3hmG1MSaIFL6+m6FeooprQVSkdTsorehqlLOiCkqBB
CjspNKBNBCwlLZXSkenQfW20ra6SmhLWw5a8klWyXfszud/RAjvSpreE/r/SSUNMY9lCFpxL
MS5klzzLAVw5yblEvFxlKcTe8gUDkGTrSrNczsaWeT8rkrjv+yU8G2DyJOCYOd3RMl/LzflS
uqGf48x4ss5Tj76V55jDS5WP/irgxWbRgux6Xabks/h0ru6wplS2qdccKuuqUTrHbDOyS5Se
MJ8hDXF2YuxUcS5eVv8AGmXMypfF+WxH7liN5tcZPGuULhXjj/JsfXc8NyG0wfcQhTrBEhRW
qxTFss4/OUo41MKGsVkNJGHOqMHE2ozsKywYkpRNZHPkwYwzfKQqRm2QqqxSZt8kR2o8Ri4Z
TLx+4N8l3h5TnJV4aVIuE/LpjGIyUPNjqFp23/DctJj2G4MVGs0lMuU4pcROmFvSYQMlxkmy
qT+GaFfTxkrUndPWxl4y7DBSEY9jT1meUfV2dqJNcX3O32XLI2T4up17P8af4+jZdjjV6vWf
YvNzKFyTjj1wzXL7DcrBDzXG7ba+S8vx/LlX3JZFkq9YzDmxSVlTS0epbkyJSLg6lp5t+Spa
UOV/UpKlv0FupHrVcYDVxQMWaFIxq3GoVuj28BS6zBfqXELWKLit4p9Smf8ArkpS5Wlb9M1q
j23s6MWK4pFthGhbIFNsNMJopWaUhynVKbTdJLLzUS82J6wuObd2CdbriliHJzd/ErIxfsqg
2vFc0u3FeL4tE4xyCzZTc8ZxSN/8gfwsLzxhgibHf75kVrx6zYPmkSVcat7TOGt/wo86pjE2
21t2x9aJ9g/Bl9GqHStoTRSitt08mKUJfj/VxVpbZPU0K7aqTDjSVfg8BVC1QEGM0hivRmKC
1vtKW87sqcpLqxSH/BeRpLjPZfTRNdjXY62dFIpTSSb6huOs3613cLP6p+6lK3x5e4Ngyt/m
TGJ8u+Zvi9+yR3nRm9HC8q4+w9WP8hY7b81uHIOOuce45yLglgcyXOsUzrGbjndpYt0a4hiZ
/HBQf45NW7kxUJ45h+MXAO9wHCaG624aQlSqfbQqMyn+4I2mk/t2dUNa8bSoUFUi4Tkpefck
EpIQPFaFJ60rpXtoqADivPc7Q4gpCwfkdJrLmXXYNssTl0hOk+rokbOj2oqUK9VQT6hNd1aS
7S1g0VnqXSQFGlqFJd6UgOrDEGfIMC03RmX3XpnwnslVBRcpOqfOmkIcNxaCuvjWt/L/ANVJ
pQNaNA0aQFPt/TSuuyikqFEoI7daYyeFZLxM5MwGcTnPGqavWT42++haHW+6hVwmGPT9yS61
9VGaceHv3Tykb7Vsa/1+2vKkpNFKTSuorsigCDFejslq8WxuhljTdLy97si/y5aoXua9Skfq
UkaCCKlK/p0OdJbHlr/XbwnzSkmj4CwVEGt+fvTS3EI+qkqo0jRrqK0NQLFZby2bLbELcs1q
pVpgNVZlgRlJ7VKipkNORkR3br1VT2gskn5daITR0K9pr069I079lBFKSNBNeFVoCh9zvuFu
JVCn+rGjJfWlFGh4pSeweTqVAO43mig0E6pY+Taq/wBgnaUk0nTaBugaFDtsp7Vachtlndvf
4dOm+hbfQtCokGcjILdeHf8A2cJ3LiRn6uNtaabc+FPkhbn5T+Sa/KhyTR+Ezkg0PhN5HpXw
l8kGvykckUPhL5Io/CZyPSvhK5IVX5SOSKPwkck1+UfkjX5RuSK/KTyRX5SOR9flH5Io/CTy
Oah/CzyHGJ+HTPgj8u2eV+XrPKd+HvkIUz8PXIDrS/hYylSx8O3IEZpr4fOQFI/L5nW/y+5z
Tnw852o/l4z6vy757R+HbPOo+HbPhX5ec9r8vefCvy9Z5Q+HrPBQ+HvO6/L7ne/y+Z3U/wCF
LkWVJ/KZyQD+Uzkgk/CVyOVWH4Zs/tdK+HzOa/L5nZpXw65uo3L4Zc8ltf/EAEgRAAIBAgQC
BwMKAwcCBQUAAAABAgMRBBIhMQVBEBMiUWFxgTKRsQYUIzNCcqHB0fAgJDQVMFJikpPhU/EW
Q2NzgkSDssLS/9oACAEDAQE/AYr8ijFPkRj4EILuXuI0422XuQ6at7K9xiKa17K9xZX2XuML
bRWRwyjFtdle5GEw0HGPYjt/hX6CwkH9iF/ur9Crg4/4If6V+gsHC/sR/wBK/QWDhb2I/wCl
foV8LBJ9iP8ApRicKv8ACv8ASiOGjf2Y+5HzWH+GPuIYaGaPYjuvsr9D5rHL7Ef9K/QrYaPz
d9iPs/4V3HF6MI4mXZV7mRd3wHBdx1fh+B1fh+COr8Dq/Ay+HwMv+VGX/KvwHDw/BGW3L4HV
ru+Bk8PgdX4fA6vw+B1fh8DL4HVru+B1Pgj5unroLDo6hLl8Dq/1OqVr2/AcF3IjGPNL3GFj
H5tUtFe4hy9ChHWxFEUiK0GtCvDQnDtGHjaxwx6x9DBTWVFOSdira4krmljEy0ZiGQ/M0tex
B9tC+rMRJLDv7pxeWbES8G+ixl5lumyLIshK5lQl5GXyMpl8EZUZF4EtDO/H/glUaWzFUl3f
EjK4rDt4DEjC6YWr6/ApfoUDmRaINaDZU1JR19TDw2OH09YmFi8q/ApFVXZGBKGn/JXiYmDu
U6Z1RTj9IjJeBio/y8l/lOLO2Jn94zCZf+C6LouhPuE+i6Lly7HWyuwvpGYfAOrZqO/qU+BV
anZSVu8qcAnT/e5iMHOjrb02sTeTcz+IncgYdfy1T1+Bh+RTWxH3kbCEVXoXdzCs4c75fMwv
sxINaLxJ+1uJkpS7+RUdkzEyKTVzMhPtq3eU28iMb/TS+6cU1xM/Bi/u1/DVXaucNoOq7d+h
wvhlNUoLJskijgYqXsk8DTcXeCZxrh8csrRt5fqY2jKE2lyfqQh3jsiirspRthKhh9l6EGR2
EyImVdn5jdpWMNyOHPVGFfZj8CLRJXHoSZX0izESuynL93MxH24eZT9hGO/ppfdOJ/1E/vfq
L+7X8Mn9JY4HTc60F5N6b91jhdBdXG69RU4pklGzOK0VKEnbkzi0FTrT0tfX1OssSk2zCt3R
H+kqeRh9kRE9ERIkSsX7SbMO7WOHayXoYR9lEJfkLVXJfr0YhfRGIWvoU/zLaIXtQ8yn7CMd
/TS+4cU+vl5/qLf+7X8PVZqlz5O4fM0+529xgKWWkvIyu5JO5xCjelJnyhi41pepQg5StqQw
DnbQpYFw3+BKCjhp2fevIoMpWsuhP/kTFJlTUklmMPaxwv2l6GH0j6FK7ZFbIqQRKTTKrbgY
ggaWIaziU12EY7+nl904l9fP7z+Iv7ll2XZmZmbEXZGTspcz5KatX/xXKTtSVhbZubG9dTG/
VS8j5S/XS82YaTUjAYiMpKMitSpqg5QXaaJ3dCrm8Sg7EZ20IyuRkiLEVNi95eBh+Rwr2o+h
QtlRR3M2pL2Spu34lV3gYh6spy1EU/bRT9hGP/p5/dOJy/mJr/MXLidy42XLovqXQ/4EIZH2
V++Z8k+XmU/q1++R9hWG+1qY2X0UvI+UmtaXmyFN623KE5wqK1918TCzz0EpdxiY2pVPX9Ci
rJdEZaEJfkRZ3E3yHv7zDHC32o+hSl2EUZ6mftD9ixU5k/Yt3GJjr5lOIkU/bRT9hGO/p5/d
OJ/1E/vv4/3yEMj7K/fM+Se68/zKf1aI+z7yejMX9VLyufKDWq/UwOG63fW758j+ypXvGyfe
0QoujQbWrSMa/oprwKUvyFquiLZGbI1G/Qk7jXaMOtjhi1RSfYTKO4l2kW7Pmipa+pX7MNCv
U1KcrsvdIgl1i8yn7KOIP+Xl904jZ4ip9+XxZlLW/vFYuWZGL25HyTht5/mQvkXkbQ7zIpas
x1P6OVu443hZSrvsu2tmu84fTq0Z2UXq1y09O4w8JzSzInS7NrcjiVJU6FRrxKX6C6Ii2Ije
hftFB7HDfslL2IlDcitUS9grS1K0+yV5alJ/ET03IT7cfMpz+j/bMe/5aX3TG/W1X/6kvj/f
JkdRIhBaeZ8lIL8Rq0F5F+zYnUylSXWJpsxXDY1XsU+Fwg/ZRHDxpx0RiGkn6nF/qJ+RS/QX
RHmLYiN6HMw/I4by9Cl7CKHIhuSj2CvHXQrq0GV2yk9REIfSLzRTj2DHv+Vl5Mxv11Rf+pL4
v++S94tBMpy1XmfJLW3jIqeyhu0SvUZGr3kqytqOsrk6rehVvK5xZNUKl+4pLYjHx6IiXI2M
o4lDRo4dK2UoyvFFJ5Sk7kpOxWm83s8zEWcO4qUIy1zkaaj9rQjFe4o6y8ilJNZTijy4aXkY
tXqz+/L4symUy+JlLGUymUymW5k8TIZDnsRjfcmsvMpbZr+h8jmpW8yqrQVvMlfLsVKd+Y4N
Dpt82h02TvEz30scYp5sPN+G35lHkIe5HmZi9+if6lH9DAu1jDz7KITKNVaK5FxlAxORXMZV
7GhKpLmRk2QbMPK0ijPtI4xL+Xb8DEu9Sf35f/k/4fy/hjz/AIFqLQy5inhqknpsfJLD1KcY
vx1FrBX7ipFWJxQ4+8yLmdVd+pXp7oVPU432cPPyKX2RD3fRmIO/RL9Sh+hglZxKL0sUmQjL
NcVRxiYqu9dSo3PcnBakFH8SFsph122UU7rTzOML+XfkzE6VZ/el8X0rf+OPTLZlNE9DD2k0
mvA4BwmFeEW4r3GF4ZTw1NZUl5JH2SpVeZonNd45q5nQnoV2khPU49L+Xl5FL7JH8x7vphuK
Q5FB6r0MJNacyjNWRSqJFCUHEq6p2MQ8r1J1I5SpWRCeYu0r9/cYbERTtbzKFZaM4g+vp5Ym
N4VXVV6e03b3n9jYp6pFTh1akrzViUssreIpX6Lly6MxF3v0spvLoypHMjh8M9Smv86R8ncN
KlSjJ6kpqVNJbpDmo3uVld3RO9iUZGv4lKnKot7GM+jbiyEHLVHHf6efkUvskdvUsZTKQWpl
JaalB6xMJyKTISKE9rE5PK/K5i5O7uOXJsqvUov4mYjo7lGuRedHzCFZpyRHhcFHY4zhY0oT
aXJla3XjtyG0SfP+CHP+D7a9R7ehwhfTU/vo4JH+WiWWX0KqGo8ypUpq+qJ16d7XR1lPwKNZ
JPUx1ZSnoUfZOP6UJ+RR5C/ghuciexR3XoYV7fEpy0KczCyVlqSs4GNtdk5E3qU/zZKpyIyu
kU07lF23KeISPnCtY4vTlWjK19mYjhtZ1H2JJ+Td/cfMMRb2Jrlsx0akfaurGV+a/ghz/gft
L1GtDhC/mKf3jgWmFj6G8SvIxU5KHZuYmvVV9yeKq5ue5DEVdNyGMtAqYh1Ku5hYXpryPlDC
1Gp5FGV7EdS9i5dG+xrYyMp6WTMNyITRT1KGbSxnajr3GNq67mduTJzSI1ESlYozTKTVtbGb
uKV92ym+9jpU5rUXDsO5JtaFfg9CafVxXuMf8na26h2TG4OeGbUlY36LNkVbpsz7S82P2ThP
18O/rInBL/NooyvJ5Fd6+Isr9v2TGxoakqFOUtEKhBRfkVq6pycb82kUczqKXK5gJRlSS/yo
+UrSpVF5mHRT0Q+mHPoW4tyg9iEijWMLO6TKkux6GM3ObKrVymybMPPX1IVNCNaxGr4karIV
mRrO6MLLMzF0r0nz0PlHQlne+72GmkR1Za2onr0Lo+0vMl7Jwj6+H/uROCP6CJKp2O7QxFVZ
n5iqZjGbiWpJ2g/Ixutb1MMnlRwtfR+h8quzCXkyhEjsPpp8/LoW/RSkJuxRb9/MwkrQKs+z
6GJldsaKsSmiaZQj2iN0hN3MPruU4pihaxLQwNTVCjnp+aOO8EeJleN42b2W5jeByoQcu1ou
ZOOSdttS14kV2uhdH2l5kvYOEfXw++jgq/lo6FZ2h6GJqWl6lCepi5blydRW9DFxXWp+JQyq
JwuUOr9D5YT0du5lBXSFp0WZZkNN+hadFFSTISVtTD209PIoJ20Kt1F6FaSuy65sqOF9yEoL
7Q3F7O5Rik/U0aMhTllKNRCqrUc78zCTUWYKpGUdyrhqU1qcfwtCFCW234mNTdV5f8b5ePIg
7KzH39C6LdpEvZOE/wBRT++jgn9JExMkoPyMTO835lG9tORip2buZ09tSo3qYqcsyaIYhqKu
7GC4pRpQtOpbTvPlDjqVeMrTuUNkPboiPYSuJafmTILb0IdGGexQm9CvPsvyMRUedjn2CQkR
0I1SnV0OuFVuUZCd16GzKEtTAVNhz0PlL9RJ+DKv1kvvExrReKQtOhciXtD0Rwf+opffXxOD
/wBLExb7DK93UMK/gziMldlOWvqVXo/IqS1ZUmkTq67mLndPfYw+yHt0RHsR0FLTwJMi9LlO
evPow8ramGeZXMRbJvyMR7fqTtkFr0XsRS+BFLoi9dCjLYhMcyk9fEwE3oKWh8pP6Z/cZV+t
l98qbHJeQl0Jaoa7XmNdleRwf66n95HB/wCliY19grPtvzKLtG5xCer15lKWpUl2WVpPNIr1
N2SmYifZZh9kPboi/EbVtxsUveTZCWhRTuLVFF2KNbKrXK+JWT2uRXxF57nXZo2Ivv6JEajI
zlvZnWS7ik825Seh1kf8RGeu5TazGB5EFeJ8pf6aX3GVPrH94qIWy8uhCJbofsnBl9ND7yOE
2+ax8jHvsvUqa1PUi7U+7Qx9RZmUZXfIlJNPUrP2jEPX3kmYnn3WKGyEPfpQ+iO6FUVkRqLv
9CFUlisqtcrYy9+0x17+8o1e0XuR0J1EinLmQmiUkU5Gc63XcpzMO9UYJbehR0t3cz5TP+Xn
91/An7b+8S5jWi6FqInvcXso4Svpo+ZwuVsGu+xjpPW5KSUirVXVWuY2V5FAnKyK1XdXK0+Q
zFLR+RQ2Qh79MR9COs+Iq22pGv4lWq29GWb5iptkYuNjB0ZVFsVqLprYq3zFObIzMxBk6lvM
63UpVDBO7RgI6Ip6JHymf8vP7r+BL6x+ZJDWi8uhISKmjI7I4Or14+hgJZcOl4GNd7lapaZV
r3hYxc+0Ydlaej8irUd3qT6MU7xKGyEPfpiPo+z6DNSLY5WIyFKwu1ZHCKCa1scQw1ouy5ci
tT7WqEhbiXeQRWuXeYoy0OHdpxMAuyj7KPlN/TS8n8Cf1shoa06EuirrIjscFV8RH4mFf0SX
gYx9hmLl2mSm7GIbzFBld9lk0s0hoZiPZKGyEWMv7sZbkUhrQS5llYypGWPcZf3YktRIgtiL
UdWcPxTTik7a/vzKbjUpaq+nPU4nQ7d4q2o8qSVvMVRJ7HXR7ilVWv4FWatshtX2Kb2OG7xO
H+yhLT8j5R/VS8mStnfmyf5i9lFhEvZZSp85FZWtbzOCaVYavTVmFt1C8jFy9TEa3fiVtFoV
32jD3K+zJJ5mWfiZX4leNovyKGyELoc0jrjPfmLaxmJTOsFqVNGXuQd/wKnsaGCm4SV3+0YC
sp00rmMpxqZtiWGu5dxWw+RCV3YjFxtYkmxQuylT0ucO0aMBKyRBqx8pH2J+TsT+s9SQtl/B
GViUs0tDhHtra/4mEk+oS8DFt6mIluVndaFVdr1KGxiJK1hp3ZlfgZWYn2GUNkIv4k5WRXr5
blHFZpNXITuKbHUJTFPUpzKsnmFLvKchSTR12SXqYHiOiVyrxLTchi0zHYpRT10FxBKrbdv8
CjX6xX0HMjNXKE09DBbowU2rEa2m58oHelN+D+BL6z/5fmNai5/h/BKDMPh3JnCeGvMp3ltb
LZW/Up0slPLtuYzS5iZWbM2ZtFaHaKexip7/AAN9enE+wyitDUvbcrVEkVpqUrcj6uzRhmnH
UrVHHZ2IV6l/ab13KtR2bTtpv3EKl7a3OtlFWXNb8kOpU/xNv8CFWblq2vdqKpZfiUK8pSks
19X+WhWnK9kzD1Kiiu1yMRicRsp2vsYKvXk1mqy0a7tfB/8ABjZOVNtPWxeXWWv3mDrOFN39
DFY+pDSLs/Ha3pzFxGvm9t+vnqcMxsqlRJ30dn++4wlRaFCvZIoV099zjzvQb/yv8x+034k2
9CO3Syn2lruYFfTRX+Y4VRgqSdtbIxLtT0K83K6fiY+clOy2Iy7N9mVZsnWqK+Vkpynu+hPo
xT0KHIdiexi5shmk/UqUpZVdJeTv/wDqihLKu4m8wtH5MqPQp35E5NP920/7kHda7kX2mcin
LLUv53J1dWUGrIxLRha+WXh+JWquUPgNfSe/4owqUoPUxFJZmtNt+/chQjnOG0lGompN3s7f
oYS+m5STMPm0ONP+Wf3T7fqVFr6kVoWMqHFWIKyOGRvXj5mB7FBXf2TE1l1b7yo75jH+16jd
qZUkS3HsMuZzES7LZRnohyJSvoV6Oa/Io4fUqUOwvInBqas3pyKdPMVKOWW+hKFylSt+9yrS
00Mzjp5lJ3l+BGnmR82kpSa2Pm7v+0UMO1BXs/1MVSd33WKNB5vX3kaLku8lgnfMrp8u71RR
w1RRdvwMRhavtWd1e3qRw1XNz/5OH0KtOalPX0sYN3t5GHtoYeC7jj2mHl903m/MmuZFaIt4
FvAt4GXQ4TC9eD8RS6vD/wDxKlRypMbvm3OIe16m8LfvmVFuTdjN+7jY3yGyu9H5FDYe5l1J
soyV/UqPsJeHuJQTkUoR+JKhBlWlTjtuRepUV1ulqVKOt16lKm07lOLsu8UXfUjShcVorQqw
hPchQpIpxURQTPqnaOw5KS7ViNOGbbfkU6atyKPYehgm3b0Kei0OOt/NnfuPtvzRJC0Lsuy5
d7eJweksyfPkVKkuqt4Eq01HKVK0o38TFSc3qZraE3EqqBLKZn0SVyv7L8iitL+4fRUdkylU
VzrFlXcSkr7lKRKRXqCra+y/w/U6265rwf7aE00U8tyE4pWJTj3/AKkKxKvpuSxGpGtt5FOt
pv8AiQqozp7lSsolHEXlb4spTTp3KHbZhpZWl5FDtI43TXzZ37i3bfmT3Ia+Ohbw/At4FvAi
rzOCwvr/AJvcYiyh6E5asqyKzJsqNom2Wfj0vcr+yyitENDMQ9yM7SJVrRWv/Y+cXZh6l0u4
k9PMrsWrHexmaiQnK5GtK3NeY67fj4ka/IdVk6na3/ev/JCo7LyI1reZHE/DvFjOTZUxF+fl
4kcQ4O9m9ttX+RhsZmiknbwfL0MJU0KdSzicPnmSON/UehKPb9Sa12KcdCzLMsQj2kcFSjG/
e2/xMdVtD0FUuio9yq/iTdr3Ks0vUlUTZeNul7lf2X6lF6Il3EnoV3e5sSnKStaxGLuUJZUj
NmRWd73IoegndEI3941ZFRu9uRTi3zHDQnu13W/M5ehSSaWvJfgOCSvczPTzIRU5a7xWj87/
AL7zqFvmMImqlrvSTXpcwcmrIodvmcP+jSe5xmV8Nm8PyHHtS8yWrIx0EKCsSWUoUnN7e4wF
N0aS7Lvrvvvcxs5TVrEXlWUqPQrtx/fMnJybVipTch4fXd7nV5eZnsZzMVtn8CjsiW5Nk0dV
f8SdC2q58hUvL8SnDb9/v3CirfqVobig7/H96koPy15amUpRet9NXbxRk0JUnf8Af7sQjovz
2MhOk73tuSg+5lKnNaW5aE4zaWlu++9vCxCjJsp0mn+fv+AqLaMPRlGeqt2m/S+hhlqjDvYw
exxZ/wAtbwfwJR7T8ya7Qtl5It3EGQo57aP0MFgGopuDWrtda25EcPlh5IxNLdFRZZWJtWK7
uRjmkydMqqxP8xpFkWRW2ZQ2RLclEdMVNFSjojqiMCyyvyKv5spxudSShlILtbChoTp6kIWF
THR1HTRSpRZLDxa21I0YxIQgQhEjTjyKSsUN16GA2RxX6lLwEu0/MqKzOSLaFON57XucMwWd
ReXUhg4pbalaCiu4xb19TEztNk6pUqXKUu2VGVPzJ/mWZZlmV9EUWrIcjPd2sbCqxuOomh1V
fYh2uQ9rFSOpSWUS0MRO0miG5CWmw43LqIpkq1txzuylOzFUiyS7mKfiU5X5nW5Xcw8+s2KS
tYwNVRSOINzo+S2JpwlbxHHOdXdeRBZuyKPVTvucEqxlTWnLczJoxkrJsxVTVmKfabKlTkTd
yjK8yoVUS/Mv0MrRzK5R29xI5+hUnZehnVyMtBy7RRloSdypLXQpMzaFWzkQykZJMnJZSctS
EiqzO02QqNEKrHVdu86yTdvEp1HY61uVvEwU7EKhgXexXp3pXfNfExNK0mly7/1IQMtiOjuW
dSSOCRyQXcR2OIT7LMVV7UjETvcqS13JS0KD7ZJlRkvzOfQyo7RZR29wzn6FV/iWvIjG0fQl
uU6lh1fEqSKczrNNyc3mIzl3MVSQqr5slLUhIqMyq5FJOxG3hsSaI2uQtYusxhpWtr+hSqao
4a72Ksb0F5GKX0kv2iJLuJQaRw7CddK2tv3sYXBdRTSSskr+J1ljiNTsv9TGVO1IrT3Jz1HI
oy+kJyJsZz6JFX2WUdvcNHMqR/UhZO7LrKvLuJ6u5sak7kJWFeWw423EkZTI+ROLIaE5bmZk
al/+xFtk82hC9xN2QneoihsUm8y9DhV7LuJ9qjp3GLX0ludzK4asjFuzKlrWOAQvUTt3fuxX
UY0dFy/Ive/mcSmoxdzFVIubK8vcTepn0KftXGyY5IzozIbK2sWUNujL2iqi+vmX7KV+i2bT
kKGhO+ol7in+ZJamX0EiKuyotSMfAnT3fRGOpBE43Iq0iK09BRtURRehSl2l6HCXoiP1T+6Y
rWv6laPZIR7MfIqI4B7W3/cxX1Xod/qcVk7S9Sv7bKpN2FuQ36JvmTf6i/MWwyp7LKO3RzKu
zGu0hR0/UyEEjTK/IerEiGg3qLUjAVMqLvIsqysLVlOJGHlsOJl7RBaEo2ZQf6lNvMjhM/ZI
fUvyMQvp/UqxFHSPoSicCirxMX9V6fkNx182cWmrNO1viVZLO/MrNFR/iIgy5MmIQ2VpdllD
Y3Gu0VJIVr3IONiVi6Q5LK/ETX4iaLonLtalNkLDlFIqWexOWUqTvtqQZSlEU4icWnqNrMU5
x7yTi9mUZJfAg7yXmcLaVijKPUf/ABMRF9dflmKnaVkJWUfJXGjgmkkY6X0L8ipWcVLuuzi2
LSza+8lWlKTt3jzSRUjLuL2IPmzMibvtyJi3FIZW9iRQWnRNqzKj3M5TlfYkOQ5l7aiYpE9Z
FOViNb9B1bqxH8iui3Mju15alN6GfQjU0M5GRGonoU2UfaXocPl7JSa6iOvIrLVkURjsSicH
0aMdNdW/IxGsZepxiHtbsh2ZkXcq7Mk9fwEuyuh7E2X18OhMrS0ZR2RJk5XuiauOOv7/ADKF
0yZNMaehlLPoavqjYzMjcg9PcVtSz1Fvp36ifcdoVywosp+0iP5FJ6owEtihL6GO+xPX4kIC
jsOGhwzs+44jVtBoz5rrzOK07plSLUyD2Kj3H7fqIsSJ8y+pfvMxWehS9n0JEr32Mo4epGDX
Ikrlr8jKWLGUUdDKRgOFkRatvyJ/maq99NBPtPzKaOrdh02nsRhtc6u+xGm1LYjoUr3RgZWS
uYeV6ULLkWfMjYWtjS1jArKkcUcssrXKU9ddPM4haUN0YlLMxOxOV0WefYj0SRO/Ie7E+iqU
dh7jH0bDZe3Q+iI30JlTYUtRS0K8hFN8iM7IczMQY7ZdixS0sUKiVjA4j6KKIdpHVEKdttiM
e16lOeWHkYzE7pmJmszK8/o35GId6vqPfpXRJom9x7i6KvMo7D3HuPoY/wCDL0ZhMRa51aud
WrFeHQtxNiZFXIr8iLN/AiRnY4dVvGJhk3FElJcmU5SZBNsyfR3MdKzZiavbKs/o35FeX0j8
yTL+JfxE/UzEmVHv+9y+rEzN4FXmUth7jJdE30PoQyRrfxI/kRG7ajq+h1pXq62ERsJIUbWI
ISVhkZXIiOGVu2o9xwqkqsY/kf2Xn8u635i4So37J/Z6i72sYv6Om/I4livpcvj+ZXneZUv1
Tt3Fa/WPR7k+Vy66L2L/APBJlQe4uiptqUnp7iT/AIJdD3ErtIp4daajw0bblXDLXUk1SeUV
VaMVVXK1XsimKQ1fkOD1EnfmQuZrFKpZ7iqLL6FSq3K1yitSnsOJhMS6dVK3M4BjrqPoYKsq
kY6LzJR02MRVVOOqOM8R7MktNzH45yqW8SlWi99SdaOTkYqpG70RUlmuyLbZ9ke5ElEmtxx6
LlZlHb3E/wBOh9Euh7m2pHE1IjxdS3Mq4ir4izVNWxRFFk4OxGncjSFS0JQWo4o2LZiCsyOw
49opuxTmkKcSjGn1iehwnFQpZde44dxijFK8lsuY+N4dx3XvOIcXotO0l7ziWOhVza95iFCT
b0vcjPKTrabmIqEqltCnJNi9kbVyA9mT5jSuPexcqbFHb3E+h9Euh79CyF4EsnMvFaIckZ/I
z+RnsKqv38Tr0OVyTFuKVtO860hU0VuZnVzNbmddYWIKMqkpaGDjVdtylPER5y0IYjEvS8it
KvJbv3mIhW13KnWK7dx4ixUxXiVMRqTrXkUJ6iehOTTKcy+hOQ2r9FiqUdhj7rdDJdFixZDt
3GncNJFixZFkPoUpa/8AJz1Ll0yy7hSS8CnZtaFRd3qUoXeupCnDTQwOHpyUeyuRg8HG2kdS
lg484onhqVON1FeJUhC7sirhoOLvFHEaKipJRsVIavzZOG46dyUI323IpLZEZPa47F/EzPvL
+JzEJlcobDHuN93RJl2XZdly/eXY2XZdl2XfS1Ye3RRWYjhm43KsMsvUhFpEI3MqRTg5WMBP
q5qPcYGrHKjr4rmVa+ZDqxvqyVSEoaWOI004y8mVab7Xn3FXTkXX7RVfauJ/iKRmLoui66E+
iqUNh7DfRe4/4X/DJl/ET5fj0Zi99DKULRmkyFuq+BiaqU2vEpTUolPReg6lpepwyh1tijw6
1TNb8DD0XBEaUpFak6cb8rGKxPVzepQx+fQm+ueXvMTw20W7GLwuW5ODTKm5ewn6F/UzF/Av
4dC6KruUfZJSa6Hfo33H0X19SyJK2w+hsuzVlui7EhF0XjdSPndRLKnoPLUd5bkIqOiIz5eB
CMZS1OGTjBKxh692im1a5PFxp7E8d847N7lbhlGtBzyu5i8NUw0vo7ruMPXxEakc3JlXGZoa
9xxPEQWbRnzik5dpFXq5O8USSWxzEuRJ22HORnkzMy7Lsn+RS9kl0Nfxz/gaEZf4G+RmMzFM
g7/gLYp6kYO6aMLUlG3IwVSTt8TO1TOIYqcW7N8zhGLcqs87uYOrSnCzsY+jQkm7IlTpRnay
3KlKll5HEcPTlfYrUacGO3IaMthEuXQlct4GXol+RR29wxoZZFhrot0TGIa6IxV9EWHtfpaM
o4FrEf0L9kwsc3IpYbMtijhPAweHtl0Oq7FrGLwHWX0OEcGipzckvUVGnQ5pepUdKatdP1Ku
HpXveJiMtrXRWoxqX1RjMJFX2/f5k45XYsiSOdiXIsiMU0WLdE/yKK09w0Pc17ui7L9NiUbm
RDWXY17jUje5e5KI1YUUWQ3Yza+YoX2MjXIi5OVnsYOKTWphlFpGGw9OVrlLLCeVEMjj+/xH
1SepPEU6a7Lt5GMxTle0n4EsXWT0b948ZXs276LvJY2Uue/iRq3+0YqDqc2VKUovvE33HVxk
t9R0lclTRkX/AAJWEZLjjYkrFHb3D3HvsNFhosiyLLoe/Q43GjL0y39CX5j5dGVsVCUmijg5
MWAdtj5i4u9tjCYVvkUaEo20KUpQ9xGu+sZhpOaWpXo1crauYxV13nVVJLW5Onl1aKtaNnFb
sdOpm8LmHpTZ80zLUr4HRu3eVcPlkKDHT95KDJIVxLoepU2KO3uGPdjZmGy6Lov0Pfov0XQ3
fy6Jb+hL8y6I9opUL2MPhL7oo4aMVsThGKLwc8pgMPF20PmsVEnFRuSTUrnD8SlJJkZUpw5b
fkYmjSqMlhoJcjGYSTTyolw6s60dHa+pHhV7acu4p8NjBXsYnJRXLuKtWM/3+7k6Cmz5nZbE
qGXkVKVicNf+DIO66EysUdvcSGPoeniZvAv4F/DoY5eBvqMvYj2nYVHncnGx1ec6iRh8G5WV
9xYfqVffwIY1QdshTxt7dkq4ic72izD06s6yvdK5goKCi7lXGZI2y35EesxD0g16FXAvJvZ8
yhhZRn7fMpXjDWZOrku85SxSnPLcocNjiI5sy1K/DKVJ8vMWHpQ+0irOlFWVjG4Z4i+WVkf2
ZOK9p89SGDyvUnRSjtyK9Nx1sVSbNP8AgkO4nbkVXcpbE+Y2bmg13FmWZY8hjFoN23Grkbpk
W/eTXIgmvcfOo3t+Rh8ZGBPiCkin9PK6MLhrxVyGEp/aFhqSj2bXuUvo/tIliIX1OH4iglqY
7E9p5XdCxFTN6lbGVoxdmT4nVu1NmE4i+tWvPkcO4j9GteRxDGvJKSfiVeM1E3q9CPF5SdpP
9+Zh8VGqtWiU6agVcVTi3ZnzunJasr1qcolRRlsVKD5Ilh5p8yVHTYlSOqfiVaOj7ilsT5jH
IlVsdcmdavxsdavidb+Rn/dzMv2y/iSlqXuJeo4lGlf8CdHwI0Li4a5NsfD8veRwTlpcwmF6
ncptRV+4r41076kuMyjs/wAT+2qs9ChiKlZowzlG2pjOLKnKSetveU+PU81nbfvJcYozjyMR
XjiX2LGDpSUk9TBTlGKMS3OEvFMrYaV35nzealszDucCtiKmUxNWs5O2bf8AMjOsu/TzFUqt
2dylGUhUFbUlQhqTpeA6X5nUlSjeL0KW3oSZInzRNP1IwkZZFpGWXeZZWNS452ZCVxS52YtX
sYSg5K6KtNQ3IJS2INp2toSjOWxTpVIu7/aO02vAzOMbGJpyqbM/s2rdSb7PMhgknsYal1fI
vUa00Mb1LbTi832mToxz3UWU4Jq1mYPDWlexhcI39mxSoygrEqTcXpyJ4ZvuHg78hYJk8BJx
JcO7T0Fwlvb8R8KlHXkU8HbkSw7UdCpQqvnodUyVMaSKs45JL8Slt7holEqR3Gteiz7izNUZ
y9+jq825SoRKWDi+RT4ap2SRhuGuEeexjMFbYhQcBQRFR5jy/h+BBIqLQ0uQs45SFJaFKitC
NBWK/DVObdhcGT5FHgv+UwnB491ijw2EFsVKEIehOMcsrDV2QoRkQwkX7yrh0tD5opM+bRSM
WlCOn4iqLRCakdWnsVMPYrwy3KjK0rxfwKO3uGhlQcBUzIZGOBlYo6ePRexCrl8yhi0ilxKN
K0nsR49FK3mVeLZyXEPxFXvqdeRqPlcg2ypmsSk7sw7baIFL9CCIUU1dkaCXIjGMOQq0Y7Dx
mn4FbEyb3M0pXLSuU5NFKtbQr1He4sSk9yWKTVjGNzW5LNHvIVXsU5lZ9kxctyr4FVdllFaE
nYbuSiyzMplMqGtDKkNdCtlHCT295BVV/wByKqSWoqUrlGnDTM2OhR7xxa2ILYpRvYpU1YrR
ikSUczMPSu1YhS1KUCEEUqd4r0HHQno2Z3c6xc2diT3uU4Qy7k6SRJxWn7uRlfYn7F+ZXqZJ
EcXTj7bPnmGk7Zv34Favhv8AERrUW9HcouL2K18pim1uTnErTgovUpbE+h9EnYzP9szGboa6
HuJikdZY60hU8SErjIp3KOhTk0jESY5PMYSpla18SnXi+4pVI6EKkSnrC9+ROL/xFVP/ABE1
JfaHmf2impX3KeZWdypiYsdSEmUrGJlbYrRbbJYdMxNNUFmROtcwzzSRhad0idNuJj6D1J02
m+4xMdLsp1LIdREqncZ/EdS5fMWRZFkOVhyHKw5MuzOOQ5NcylUv7yjPYg4uKI5SEooVRd5V
aaMizXMNSzNIpYR3KWEt6kcPYjOpHsp+HiiVWr+2TqVfAnKq+aLT7yEKhapYdK/MjR13KVNL
n+JVULWujETpp7orYyETG41VI5bjrK5g8RFNXfMweKp5Vr4nziDVroxmWSZVhG7MYkRqxtut
PE69d6951se9e86zxXvHU8fxOtsdd4nXPvOuY5p8/wATP+7l/H8TN4l/Ev4kWr6v3k2uTXvI
OzKdWEftw96FjY/44+9EcbD/AKsf9S/U+f0/+rT/ANUf1P7Qp/8AWh/rX6jx9L/r0/8AXH9R
Y2jf66n6ziU+J4amr/OKN1susj+pT+UFJP66n6zj+pH5SYdf/UUf9yP6kvlNQ5Yil/uR/U/8
UUf+rS/3Yj+VFJ/+ZS/3YkvlNT/x0/8AciVPlNHk4vykiHynXNxXnJEflTD/ABU/9cT/AMVU
rW6yn/uRH8pKX/Xpf7sf1P8AxJDfrqf+5H9RfKeK/wDOp2/9xfqS+UVGcf6mjfu62P8A/RX4
xTle1em/Kcf1K/EcydqkX5TX7Y8VJydydeXIo4urCS339DD8VypJzS85JFLjFP7WIpetSP6l
Ti2Hkv6mi/8A7sf1KmPpN6Vqf+tfqV8TTn/5kH5SR//EAD8RAAIBAgQDBQUHAwQBBAMAAAAB
AgMRBBIhMQUQQRMiUWFxIDKBkfAGFEJSocHRM5KxI3Lh8TQVFkNiJFOC/9oACAECAQE/AZyM
5KWu75N+Y20Rb8S42Y2bs9X8zEVHd95/NlWcvzy/uf8AJWrSv78v7n/JTryUvfk//wCmYOvK
y77+b/kpVHJ+8/mYdvxZUnbqztfP/JUm/P5leo/zP5lWrL80vn/yTrS/PL5s7aX5383/ACOt
L8z+bO1l+Z/Nnav80v7mdq/zy/uf8nav88v7n/J28l+N/wBx95l+aXzZ94l+Z/3P+SeJf55f
NixEvzS+b/kWKkvxy+bFiZb5n8z71L80vmz7zL8z+b/k+8y/NL5s7eTfvP5v+Tt5fmfzf8nb
S/M/m/5FXkn7z+bPvMvzS+Z95l+aXzPvMvzS+bPvMvzS+b/k+8v8z+b/AJPvMvzS+bMDVlPF
Q70t9rsqO3xM3JvkxMuyTMa3aRiW8zKrMS3mepCbzIwU9jDyeZeZQloVWZn+hNleW/xKsirM
dQ7T6v4Cqamf6uZ/q5n+rjuyz8Sz8SSZZ+JZ+Irrqaln4iRKVmZ2Z2U5N6dDKZTKZRxLPxOG
f+TTKgy75N9BkToPqY1aMxK7zKqMRG9/iKPeMBH3SkrW+Bh2VF8RwJqxiF+5V3ZX0L8l7y9j
PbTwO0O0HUM52hnO0Iz+Ip3Hq7lmWZCy1/Q7RfSM6M5nHUHUOGSviafqVBj35zILz5PYxuzR
XWr8CojEI/H9eJgOnwKXmUNiY27kv+yv1+JURiN0PnmMxm8jR9DTwNPA08OTSLLkhC2HKxKT
+eopu+5Gev8AyJrfQ030J2EVdFocI/8AIh/uKrGx82rkVqZfmMxi3K8NWVo2uYhMy9/UwMbW
Kb2RQ2Joyk0Yj+Sq9zEa2Htzuy7Lv2nvzQhe7cqO3z8RzLszkKhF3SJfyRK3U4Lf7xH1Kg/Y
SuRXKX8mK1uV0V1qYjr8RLvfXiYTRFJ6oobImWKmxX6/EraXKu49uT9hc1ye/Ncl7hVdi+ot
eVLcpru+g97ELGJ0WiOBX7ePmyohxLIsiyHpsRfKRitmViukV1a5d5vrxMHqU4bGGSJlytoi
s27lZKzKnJ6Densosiw3yuy7FJl2KTylZv8ARcopFkQikQfdI96XxLWRXd9zgiXbw/3FRDiW
LMsyZEzMcjE6oqrcrx3MSu8W7314mBjsQjojD7ImX1sV/dK27+JWfzJcpD9hMuZi9+TfOPJe
6Vf2IrUUdCxEj7pTjr8bmTumK7tzgOtaPqioWY+c1cjAcRoxGxUKquYqOoo2kYFWIbIw6ukV
GJ94r+6viV3qV3/g3vykPb2L6lxMuNj05rkvdKu5FCWhYSIaqxRh5HZ6baGMhq0fZ6P+qv8A
cT/kuyxYsSQncdyX8mJVya6lbd/4MXJ6kZvtDBrRMo3lKz2KUcvyKhluyq21bwMSrX8Su9xy
a2LyNSw1ybLc7sT5ZUOQpilcztaFR9fIjN3Iq6MqFTFBJed9ihKTsl0LXgY5b+RwB2rR9Sf8
lvYkLQexIxD3+JLUqx3MarXI/wBT68TBRvFFCNpFNf4KiIoqR0MZG1zEdSW/14c3sS5Pflcu
J+fK4xl7CkX1uVJaW8iGrKcdBQ+rEYCp+RQpWZl7rMf19DgGtaPTvEly6vmxIaJIxEd2SVir
1Me9xS/1Dh8tEiluU1/gqCKkzFy3MRrcnv8AIuy7LkuT353IvcvyT8RxHEQ3qVGUd/iYeN0R
pEaPkKhoUqVmVFaHwMf+L0OAf1o+pU0HOwnfXnIUmuhmfhyxD0KpiG9TGJyb6EcPepucPp6L
UoQuyPdJxue6yoYqO+piNGyazMat15WsX5WG7DY30I6XLiZHclZDl5XE/Il4lSX6oodDCTIy
XkQkvIUkOoqav+hCqsRptucVtTnbzscAprtYvzKhIitCzLMaLMsSTs2V9diaK1O5iqLb+ZGi
82xg6cktjDJ50JEl4E0VDFbMxT1froeJLqIfsMYyPUW4tyJIa5PYqvWxQKDy2ZTqPoRqHa26
lSq8pgW2/mcZvn+J9nb5433uSJLloXQ2XMw3crR3HEqorZddiMI30MNTjYhFXI9eUkVIbmMh
p8zFrf4/LlPk9vYaGPktxb/XmLryaNSpVs7Ge/UwqzNEKV4lGhLTQjQdidF9USmrNHDMvwOM
pdp8djgH9SPqSGO9zXxNfE1XUszK/Ed0VbDKlJmKpTjL1IycJGHndIp3YkZWNdScLrQxdBtM
xWFldksNJPcqUmjL5j53LjNyxsKaFL9RPKLUnpf0K8++U7tmCsijUjpcoTgQlTZUgnF+hXjK
Mp67XOFTbZxm+ffqfZ5PtIepIk/YYuUirsZSoYpasVOLkYSktLoVNJaCjbk4jRWjdGJoZr6D
wvkV8PZFSnZk5dC43fm9ucmIixsplfqVI3kQRh9Ni8lBW3MP2j8SnGr0Q1Us9OhWoSlmOG4e
UWcZup28z7N+/D1KhL2GLlLcqIt9WKqsjF3uU75jCuxTld2HyWvQaKiKkE+hVp+BXo6GKpPX
QlReYdGw42HpyfJkhMQ2U38/2KuzKj79imrsw0b2MPRTdmYPC0n4EMJSUehUo0rdBYSMr6Io
4aML6HHMvbP/AHH2dtnp28UVJEtRcrDTEXQyaNEVtUYilfWxGmlIw8drFODTHFmWX0hKw1cm
iUWycCrSTMRQj4bk8Nduy1KmHlDcrSjC6e5fPsZWNcmxi0YpJF7shpr5FSSdytfNfoUHeSMJ
TdkyLcbW3ME6u46tRR1Klao5JeZQpycNug6clF6W0Zx5T+8P/cfZqMs0b+JP2FsP2Gx6ko3K
sDJ3igtCPsMkSQ4p7kqd1Yq4e/gVMNa8kYqHdenQxi72pQ/xoPcY9xq/J8oCH19GVUYSHf1M
HS7i9BUe9cwMNicdB0rz+vpmHjamvQn7r+J9oP8AyNPzs+zivlJ7+wh+xYkrDsVX+4rNlLYX
vewxlkVbpl2SJq+hi6Wj9DHx7z9SlLK9r3/YbuSHvza5IueJUjcwVPvr1MDQvTWhKjl1sYVW
SGKmnIpR7hKOj+Jxyk3iH/uPs9SyuJMtzQ+dmWJoaZXzKXUje5S2E+97Da1Louicc7OyROmO
m77GMg8rscRpyzPQgnm+ZmRJq+jGW3uPlYbsbvQV7O5IwEbzRgadqaK+TKUNl8DUhBvoQ0ia
NM4pgK1Ws3Cm2s19DhWFrUpRvCyKnJ785OwpCfXm9+WI94gtSC7olqJDH4mUymQtYexIaMRC
6ehxKlqyULSJR15Jk3f2JlMn7rE7o4ZHvr1MNpSKquzDL9i1intyytnZX6IpU8rKjfKxZlmT
i2KLFybGN3KquQWpCOhl1I/wWZLVmniWXid3x5MZZlSN4s4lS3K0bN+JIkSF7EyH7FSWjKb1
scMp6pmHfcsSgmzD09hroQ0YkRIpCis3kTfJbc1ZmVFrMb5Nln4El8ynB32/7IJ5SUSK8h7M
a9l7DHsyXunElv1MSnm28SV7kndjRa3sSIuxVe5Qu6nxOGw7q9EUdkRRQRJENyKFuXKe5U68
o7Lm+guT/flZFkdmmQo+QqaJw0FoTFyfssr7fAxmpXWr0K5L3/iLb2VuMl+xhffRw1XgvRFO
F9iFMox0+ROP8kYi6C3ErlNW+ZU3fw5R2Q+T6C5S/cSuZPqw0RdhSHUsiM76blaqoEJ5x6eR
byLFvL9C3kW8v0LeQ15GJ0VzGPcq6sxCd5E33y+gne/sLcZLqYOOqZw1aRXoUIe6KmrFONkT
IJFuUFcirFTlHZc30FykQVxJWKiKcLq52ZOmWymMqvN1MHO9rkteVuW5ZlmNaGL90xu7Kn8m
I3kT94voQevsLcZPY4dC6X1+hgIqyMPsiOyI/wAE9ylq7D25U1c8CpHV6co2sWj5E7MSEaZb
lW9yl0JbCu9yC08DUuS10MRTi73jcbyS7uiMNVulm1G/Ahdkof8AYlJPqRESMWtGY1asqLcx
XUqSWdmYcrGbzFIvuiK5TjdbHC499IwytGPoYJLKj8ZDZjWpTX+BrbQyoihbk0ZTYRludmPc
WsbFRalLoS2I7kVoNct9ytC6ZWg1L4lG463Qo1bkpaIluRQ9kNmJ1RjI7+RVjuYzcqvvP1Ls
vqJu5Fu5dibQtTIcNpd9aFJdxGC2R+Mp7P4DKf7cra2InUkriXiNCRCJUhZXJaP4kf5J7lJa
+RJCViC0GiXLLmRVw92Qw5Ki7lGlqh0u6ONmLk9isrr4GLjuV14eZjI6v61K3vMsLqJCXzLc
oEFdWscOh3kR92PwMHsfi+BT6jKW/wAC2nKJ1GX5JEbls25OkrkYKxUivDoUYrwJRQoq+ovD
oSXdLJs7KFk7DS+A0mKKSHCN3oRglqWZUj3kQhGw6cfAqU0lp1K0XsVqGa5icNvZGOWWUl5l
X3peo9uWZkZszsjcoxTsYenGS90oQy6ow15JJmHSjaxGEWJJGVCVti7Fvy6ky6IbCRt11KbT
uTPwk1qUok7EP3H7xU934IXvfE/CviNnWwn4lrs8xbFVJtakCRVenoVWiTRiVHX4nE3/AKsy
u+8y/Ql/JmfkJieojD9DCwbSKFHRaGHjYo9PUjpyiW5LfkioXISIvzJysUqm46upDUktV5EN
ipL5EHd/Wx+In7vwX+Re98R+4viPkv1FHQvYdSw55mRkSloTlfQqxepJPUxF9TiX9afxKr7z
9ToSfJCFP6uYPWVjAUsyRTo2SIR1sUunr+wrZRMgLkt+c9zUhsRvb1KgnZsis257qHJ5kXaR
J30ZBZSLJMe4p37pLlHcTbJDdyyLsc2+VZlsy1/7MbHLc4nFZ5vqVn336n4Sb/Ui2K3KMU3Y
wEFmRwykrIyZdCEEU4RQ9hIiJvkhHVFRamUh+wlcnEkvAg2Jlu98S2hk818n/BlaL6F/iMV0
yTNb7MitSEVYrLQ2fJpsa5Vk7iMd+I4p70vQr/1H6n4SWvJMRT95HD46x+BwyGkf4HBXFHcT
I66CIxMoomXk90S/ksiJAnEVPMdn5FrckZRjV2ZWZDIOIokYESskOGpGHkZPIdMcLFcS0Mct
/JHFPemVv6j9T8L5MhvYitClDVepgFrH0Rw52jEvfUQo/MgrP4CIRuKJZlhrwHuiW5GKfUUb
SZBEym9SWo9zr8SEcxayLJ7nZqw+6Rd9LDjoSdtBS12Ia/IccutypLp+pGN2WymbwMyJPQqw
TGrIxmt/icVh3p/WhiFap8ToSbWw9SmiL2KMNvOxwyheS+BgqCjFalrCdiGoo/IsvEhLYi+T
5PdEtGRdhK7uJpEn/wAEGrlyT5Uf+Ce1hS1G9CZEcrxH5kSm1sS2Jx1YrL9ickNmYm9Cchsx
XX4nFfemYj+p8ToTV7cqZShdpGDw2dr4GAwqgk+pTdlYWqEimrF9C5FkJ7F+Vx7omRYmrDqH
a+YqiO0Q5oUtSl+/7FRmbUhK6GbGa/NMc9CTJTHIzDl4F76E0OGhioe8zi3vz8rmI/qfE/Cd
WS3KK2KFO7Rw2iu7oU7Riih3yMbEYlrD2LdSG5HYvZF+W7RUjqWsR8Cp3N5H3mOawqsfziq5
nZO5CldXbsKl3l3kSq9i0rXF/qwzbaE55Z2Kb7pKZKV+nkOajqyWKpwV2ynjoVJWROtTgruS
RLi9BO2ZN+pDH06nVIniIdGmfeLXumiXEaMd5ojjaM1dTXzFjYOoodRyUtiTSWxiJXvocXp9
+oYlf6j9ToZsrY1mKWll4GF1lH1Rgu5Yj3tjCLI9dS97dCP7G6HyiRexa9jKOLMhPfk5b+hx
bGyoUnJS8V5kuOV+0sqkt/HYfGsRTjGbbf6nCvtLCpKFOpkvfe1pX831JY2NSmnTle5hLz1b
KqUnuSxMacN+hCr2tT4iHZR1ZPFU4PcrYqnUh3Wr+pxCvUj7rOF1ZbyOP8TnRjljL68DhlTE
4ud07/ExH3jD0007X0scPxlRz/1P1OLcRhRprK+mpW4jWrVbQl18TCyxUYptu3qYXET7eNyl
JysNXVyrazucZ9+dvMxf9Q/CT3IkfesYNvPH4GGei9CgYZfX+BIimPYfKCZFF2XZdiGhLqS3
Z9oP6M3/APZ/rYwVHtMVHZ99aeOuxLg1PF0G3Tp07LRRhY4ngqvDMTeDla909jgPFZVYdnN/
hbXjdbE/tF92nGne2Z23MJjlWpqV9/4OK8U7Gbhm6nB8Z2zvfwI2dn5HEsZ2NN69DG8bl2jS
k9/Ew/Fqsuv/AEYniat3v8mE4lJ+5/k49jZO7fQ+y+PnOo0o9fX6fmY/ExUF2iSv56lOrTav
C3wOMVa3ZSlromYDHT+95bX1KeItQjmjbQwVenLER1W5h8rtquhOPd0MXmTdjiibUn6mMXfP
wk90RKcLyMHSvOOngYWi+7oUqe2ljDQ2LCVh7c4EUZWZTKy1h6GZE3oz7RTvh56fj0fwOE5l
i4t/nX+R1pqgsll4n2inSnJ03ZzSXzOCUKkKl/KRxWpGWJpqN01PXXzODwnLBxlre/wy/wA+
J9pKsoYuST/FpqfZhTaUn5dSndpehx+NRUpO/RlVynist/xfucK4VUqQzu1spxqhKlUa87HA
qVP/AOTU+0WEhOMcsV69WfYrhtCU5XWt/wDk+2WG+7012ehwWVac7TZxujGOHem8Tg2GoTxq
zR6nEcPRpYROC1y/sYGvVWOir6Zjh3aVLW8EPuQ7xXdOd/icXhrP4mN7s34Ic1Ykm9iEkjDp
SaMBTWeHwKKUVEorMUoNaiVxRHF7FvEsQWvkQLcsw3cm9S6Jzhltpexx6KlQa/8As7foUJdh
iVK2ikm16O9itxqShmowy93S8nK3nb9ip2+Lr5nmbb3OGYGpToZ8velFpeXizimCnCr2mX3W
cG4lCOFVKbkpqbeiumsul9fE4zVlicU55d5dFofZm0IJNW0RTWZZkfaFN0pJeD/wRw03ir2f
vHDIyjh0kn7v7HHaFSdZu3U4VSqQS0OKwnUUV4Kx9k6ToNyfifbByrQtZ+pwOhJVFozjdP8A
0reMTg+Gy4rM49TiSi8NZL8P7GEo/wD5q06nC042XkiurxHH9zi670/icQTzy9RrcXUW5hFq
jAx79P1QunoYRa/Aj7pSIjHvygQ5M8S1ib/fl93c7sxnCu2jbfw8B/ZnNO9tfQf2cyqN1oYT
gFCnK/Z5nf3pfh+C/wCSGCpU4W0vYx/CqddyVtZe7pp4O5h/s4qV1p8Nit9mFOSaXm79GYDh
P3dJJWMPBRp2ZxHDKumj/wBHUaubL1MHQUY202Mbw2FWbdrmG4ZGC2RieFRn0OH4JUOhxXAf
eVtdLYwPC1RlsY/hX3lKy6GG4EqMk7W3MTw/tIZdNilwFwqqrbZ3MNS7Mlqirpf4nFtZTfqc
Q95+vNbowaMDHvw9UQjt6GEp7DjoUxEh7ssQRAsNDXKpJXLojUla0Vcq4mUH3lYjj6d7bHaO
rG8UVMR2KbdkkS45Qz5O073qLG0rZ5S8ynxCNdpUdfryI4jIl2kR4hv3FoRrylob+8VY0/w2
uLtIy02Jzce9JabkeI4VPLnV0PH4ZrvTRSxlGcrQkR7OcdXqTUYvu2Iza6XRjuKU6C1kr+Bh
sfLEz7lmropZnHvJIyroS0RiJbnFF77ZxC2d69R7+RdCaujAtNowEe9D1RShfL6GFhZDSsKy
ItfMeuxbXlAgKSHNXLoe5UFsUGlJnEcTln729ytjslRa21v8jAcR7WC11sY5qWGqPyZjsZKl
j2l0ZDiWbBSUp/hi0j7O4xSd7reWr2so3/YrcdlOo4Qdsv5d36/XwI8bcKii776rx8inxqXb
ZbrL6LT9LnE+Pfd0slTPdLWPR291+hgePyrZrz2MNxWVXEZLuxK+IhbyOJUpYSTnYpcUdW1K
+ma/7foYarHC041JOMpVNIQlfyvPw8kYviuIpRzxvbyMHxaVWOaT18zE/aGcaqpwk7N9DiGI
qVoZm34nDuKyw87XtqYDi1XEVIQu8rIS/wAE9itDc4tHuy+LOIf1Jf7hvQ6i95HDo3kjAUtY
P0MPoolDYSJR11Ev8CHygiK0S8uT51FrcRdrN6HE6k5Tt0uY2jWywnnvmbSjfVZevkn82fZy
nOWbP0XUxmbsakV4NNFbhMsRjbtaOSX6nEMFVw8XTSdlePy0OD4erHCz0d9fXbX9LmEw9eWM
aV7t93Xr69Ctwmuq1JyXvPS0k+ut/DU4jh5YNp21yplWdXFvLq2QnUwtRJX1OCQlWlGZw/Da
d7ofafBKpTlk8DAcLnHExzp5W9baO38+pxunOjKhKK7sVZW2srW/l+LI1aVXh9SblDNBWcJb
+WnXysYetNylGCfUhhpyrqU77nEqfZ4ZLR93dJ3+JRzvE7O2Y4LT1py1voU0yW2pV2ZxiHdk
/JnFNKjt4szLYvuLc4VG8oHD6PdiUo2toUCCHG5lsW8R7co/yQGvAY+pcmbEaKcL+KMTgHOp
fL18P1K3CYyXu/pcwGE+6rurfrtc+6RqQlsnJWaHw6Ma11rrtlenx2/UxfCKdfL3V5mH4VGh
G0Unv00d1bb0HwvJUc4LV/hyvb1tYhg+57mq8ivwyOMh/qJJpW28BfZyjTbatfyKv2ap1Jp2
RgOEwwkVa2hFqlTv1toVk8RLLKOlyXDIwalGGt+hW4VHHUu+knFdehieAyjPIvcuYb7OUqMF
V7ua2zXkR4Tequ7ZJ72MTwSFWjbQj9mIwquVlv4GEwLw84pR2KcX4E9ir5HGF/ovTocW/qy8
r8m9yMk5eZwZXlE4fFdmn5EEygU9R2vufHlvyja5E0sTH1EmiXKOiN9xxT6aijrsZfq5kXgj
LyUVfZFkTjqOHyFAhEmLcp7L0JbEoJ9EZH5nZ2JRMnkhQXgW8ia0sTjf/o4xD/RaOLQfayfS
5N/oPqQV5r1OBQu4mBi8sRFL9ilsS5rcZEj7MuUXdc47lvMsvEt58lvyy3JRQhbkxFPZeg9S
xGK6kokomUsW8iUScP36nE6N6L9Dj1LLOXqVJ96wv8lCN5r1OBU/cMFT7kRRKf7FPQe/sSIE
f25vlLlHYTuJe0t+UXoT5RZMRT2Q9uSl6knckzMLw5SRJHEF/pv0PtHTd5u3iVc3aPuss7bd
DCxedadTgMH3NDCweRaFrESB8PYZEh7MmtRPlEW3szO9ff0KV31M1tCVmNGX1LMikKSRmuxW
LCVkyaLeRHcm10JS8y7MTQz0r+RxvBXzd39DH4fs5Pu/oZlF2ymAhnnHu+HQ4Hhvd7v6FCna
K06FSPkKMr7soCSaLIez5MRAzKw2WbLWJb/PktiItvZmjIQX7EmJiRZFkPTRF2K9yAkiRISL
dfAmSRYlNZMvkcRwyqqWnicS4NnlK0T/ANvVJT1j+hw3gLg4904bgeyjHTY2skShdCo6opwt
YS0GMtb0GLcSLsjqJf8ABJEnyjsiPUXstXLa+ZEktS3LMZjcsRiRQ2XuPflYlEcBQJ0t2VYb
rQnhYT3S1Hgacd0tSjRpwa0RQSt0Oy1uZbipmWxD3RjLckuhHwLC0EzfUnFEUtyKVkMdyLb9
jXxYt/ZW5Zc4i2GbIUtdRWsX1K0vATbHoVakvEr17X1K2Jnd2k/Ip4irJ96T9ChUi9yGIS2Z
Sq5nqJISFbwHo/AVmtuhNIe+gxbkV/jlbkyf8kdviLZc49fZXsxV2WRlRlXmREMqMzWZTloN
u5UdyC3Kk7FWSdzEZrscG2Rp/Mpwnb68CMZJmHumn4Eay2IyuuTIkjKNCRD9vYaJfyR2E+SV
/ajyRZFkLf2I7/ERIq/uS3+JR2JR0+kNGyZiqlrksX3nHwJTzInJRKNdSlbzMLDOidFLUlVU
F6FHE3dvMoVLrfmnysNC3I+zP+SOxZcrl3yaHyW/K5rys0a+Rr5GpZfEuXJ6/M7CL3FCMLZR
j3JbGLjLX4ipN1HcnSSjoVYTcrFLDyhrsYfEVKehCv2mkidClKDfVlOjlfhqYeysQdN7k8t+
7t7EiWmx2kkJsTd+c/5Ii2XsIY+nKO/KKuJWEjKZTKi3sNaoiuXUmKz8DEQvcdBK7JLoUsLC
T2MVhYQhG1issmxTrSTKda8dRVkU5ELkdtfYauS1HEylucv5Ii29hDH05LfkmKQpF2XZdl37
CQl8hn4l6FadjtSpUKku6Z+8QrqmieLVZW8CrBSI4fUULRsQhIoablKUepv7VjKiy6c3qbF2
J35LlctyW/sZhO/sJiVzKvE22LtDm+pKUlrYqynLdDuVq7j8ztnOOvgVZTg7olia8u7lsYZV
E7vqUaeffYjhqfVnY0r2uSwsUrmXKyLRColp/kz/AKEarbNLXLrncv4DZfnbkl7S39lb+wug
mOZ2qHXj4jrp9URqq+piKtJbWJVovYrrNsQ7sdSrKJCdLNq0uupCpCXu2KTR3mtBRnni/MlK
OX4FRx8SVaxSqtyKeqHHUjIzF+WvK/sLYt48reyt+SRlXmWLey3YnL6uVqrix15PcjUkyTnl
6mKq1FuyGIlezZCSkiWxinLWxJ1c73MFOa94oV7blLER0HWp5bplbHJX6Esfme5TfabFOOXc
WJjFH3xN2uRq3E/+BPlfm1YejErijpz3Mpl8y3JLz5ZrGYSGrew5WJVfIc83QnScx4e73sRo
5CVdRVstzFzzX7lilh80t7HZRh+Mfu330K87/hFBN+6KOXZEcy1Hi5w0sRxk5eJXzz2FSnm6
mCm6e8bkp3V0VqslsylN31kUq+Vb38inWzEBuwpXIxv1MnmNEt16kdviXZdiYi7Lsuy/LMi2
vlzbXO4xx8hRKmmg56/WhnKk8srlSoql9CnTfoTw1WeqI08tNRluipRT2I4b6sQwmY+5K2xW
wmuxSwtmj7lm6H/p3kOj2ZfoPDyqdCWCqLZGHo1FO0tinG3wFMdTzIzIzt/0doZ7ktyO3JIU
TL9WMr+kZX9IysUTKKP1YsW5N2HMcx1DtTOnoZ0ipK49yNO6Hhc+/wBeRDhaKmHVEVWzta44
ObzWZ92f5T7u10KcMj1LqxWtcpxV0RqR8iVSNumxVs7kaXeMNTgrX+mdnRtqVaVKKvEk7DmJ
tiIsbFIluKSE9BNCtbYtzujTwLrwM0fA32LDXmSi7bonNR3M+bYcX4ivfcTfiNMtpqZdSkkl
rqVKkbd3cp4qUV3ivVVToRjBO7RB07LQUqXgSnS8CtJPWOhKuo6XHPPr1FKy1JVfA7VnarqR
qwsLEpL0HiZvZirzT770JVlLYvrcjNEZx6iae3JIauJeIpWZEgPTk/ZvZEqkl8SVdr4k8TJL
cq4qRRqyO0ZnfgZ2Z2KVyL7xB6fAm9RszDZGqdudsYiu0ieIk3oUpyaVxXGjYbsZ7Ck2KT+I
m5aDiO5mZB+ZCYnflISHHXQjoRkOWYzDY34ewkreZKKZOjdk8PdEsI76opYa3QdOx2R2R2Y4
kfeI7fBE0a+PJjuZmjM2TjnVj7u7lGkkkSSiOYxxMmupGHoSsiNSKZ2sX4F4s7NFrPTxIX0I
L9iSty253IO/Ju5exmRdcm3fQzPYUkXpksj9DNFIqTXQux3HmNtyNriWn1YqNXG0NobRJxRu
LQWUtcTsipN7kasX6ikmaDvfQWYnTrS2RPD4r8pDD4rw8CnTrR3Qm1uXVynbSxSROnJvuq42
JitY0LIiPbkxbc7eRlHEyjhp9IcDs/rzG7aGbyMxIprVFrxKsNTKjKvIyk/eFySEMkr3XiRw
9ugqaRlX0h6MiQmLvOxGBMqSYpX+ZTZSZ2lhosyKdkWZZiQ9uTEfDknYzIsZRxJRLEo6lmWZ
l0IaMjLRlV6Md2XY8xlbFT/6OzMgojgZNR6DkXZFN7kaYqOiKNHvHZXRVpFSm7s7NkE1+pTk
N3HHyMr8P0Erc7MadtmZX4P5Di/B/ISfg/kWfg/kW8hp32Yr+H6Cv4C05NOxZ+DHTfg/kdk/
B/I7N+D/ALTs5W91/I7Opf3J9fwsiqn5JfJjhUcvclb/AGs7B22e3gfd34P5H3eX5X8jsJr8
MvkzsZ/ll/axUpflfyHSl+WXyZ2Uvyv+1jpS/I/kzsp39yX9rHQl0hK/p/wPDzf/AMc/7WLD
T/8A1y/tZ2FS/uS/tZCjL8rXwIU11FCC6o7viiai/B/EnSv+H9B0ZdIt/A7Kf5Jf2sUJr8Ev
kyEZdU16o//EAFkQAAEDAgMEBQcGCAoJAgUFAAEAAgMEERIhMQUiQVEQEzJhcQYUI4GRobEz
QlJissEVIHJzgpLR0iQwQ1Njk6Lh4vAWJTQ1QJTC0/FEoyZUZLPDVXSDhPL/2gAIAQEABj8C
m/8AiHadxI/CGvjsBfIdjgnh239olzdbvZ+4h/ryv/XZ+6v9+V/67P3V/vyv/XZ+6j/rvaH6
7P3UT+G9oZfXZ+6j/rraF2/XZ+6sX4a2h+uz91AO25X5D6bP3VU/66rsncXN5D6qjvtir0+k
P3U9z6+qmbdudxkb+CJk2jU75FrOGXuT6eLadayNseKPfZrl3KN/4Yrrsfgk32c/yU8Dbm0M
OtsbP3F/vraA5b7NP1F/vqv/AF2fur/fVd+u391N/wBb1/qey/2Vf8MVjnNOj3N4eDVSz1cr
pJNL92a7bl23LtuXbk9oXyj18o9dty7bl23L5Ry+Ucu25dtyvjcu05ZvcFlI4rtuXbcvlHL5
Ry7bl23LtuXbcu25RSUlVPA7rQCY3NHDvUuBxDsT8VtNU5wzc7W6tp0nocG/BG+SN+SqQRrL
r+imanKyqnHQW101Qab4CeOiDw7KMi57uSlYDYSBrx3mye19sJFrrDa/f0WMfrQKOfaLQLcL
uAVDAHF94hITwv8A5K4rj06fxGq1K1PTqtTbn0Z9GpXFcUBcqnHHrAb8eOSnsNXSfeneJR6C
irK5AunBtke4Kpvo1/3JvNGme173VUgDcN/pJ4ccJEpaB87KynpjqWXb7lC4DONzmO8A633J
1t5rujvWmSbbRDL57PthbP8AzDAvd/wXVV1SGuO81uEpk7qoNDxdt2nOybI+pGB+hwlO8ynE
nV62yz5WV/padN+5U5+uPvT+G+/4qS2id0HoujndaJ35Kqm31cfgnXNwNLpmNrSYHOeCRoNf
uVRhyb17zddcO012Fx7lKxo3JG4vAkXy9ZRHefd0ZaqxIQTB9dn2wqH8wz4fxGvTp+OauoBL
W57qjnhY+7ct9h+9UsAZZ9O1zXG2Z3rqOmDXdYziWmyfHUBwne/dDIzvXPvUFS1uHrmgtacr
X7lZZI/WAA7lRs/pG/enWsd9/wAU7lqj0Hodf1JzsXRf6inP0iT6kW8C5QQFwb1xMZHHki1h
sZql5ae6yrKZ/IlhPF2Vk2a29ESx/hfX2BSutYWy+9C2hQWh16Iz9dn2wqL8wz4fja/xf+eC
qjI1su7utk5jPjdBppYafDxia3M+oBDFlwOFd2oN8/WomDZ1PJIx4Ilkw34cS0qiqLD0kbd1
ujfC3RkcuKdpZtyqNx060D4qfEcusdb2qW/ZsPijY9B6DhF067LXWacf6NPI4khSMOXLxUNX
G30tK8Yn9zSP2KiLJN1khc79Qp8xFg2TC9PYDuyAuaEWjgbFEcj0Ad/REP6Rn2gqUHhDH9kf
x+XThYbYj+z8Q92aozqWsCMsrt1urjkAi1+16Jj2atMwacu5NoNm1MVTNUamF+Kw1VBHnfG3
71V3tfFJhv3EqVziHSDj3XR946D0E8UQSs0R9RFp43y9akF8gckyne51q3Ex3Icj71UU2Ibr
n9QD88W1C2hDMPSCUn3BNkac4QWlOcMsWZ+Kx63Xcgb6dFN3yR3/AFgqb81H9kf8D61C3m/9
iw26M7p1hwVLf6CtqDk4HS3gn7a2Yy3Vi8sLB28Wp9WqMhyMUdnDkQHKkcOyJAB71Uu7Rxvy
9ZUgwhhKIJuTqrDpeUT3q90fyD96xAG5KkJ5rZ80bz1bX7zfZmonMe0sYTGD9ZrTe/qU0zd2
82GQcvFPi+ZKwuHsTwedvUsPzRkrBAdFIP6WMf2goB/RR/ZH/A+tU+eryrLMLdCLbZqk/ICO
nJTUkjmOMkL2uZcEjE0i9ltikjGRme2M/pn7ls+K4vuud3ZlT8usfcc8yi8Ag3WI8UemW7uC
cfvCbbrPcv0PuKve9r5K5+dwXUvIs0zYOemS84cMUkssj2/VuxbRxjC4SktHgAgfnsNvUn87
/f0jPiuapMv/AFDPiFB+bj+yP+CpB9d3w6PVxR7PsKKo/wA3+1SUeztmMhabsFZMDqeLd4fB
VO1PKTa15pAcEN3Ycr6XH3raNfSOx0r8UjfW52ahA4WA9qnt9N+viVrq7RWyAbyRdw6Ann5p
1WRNj7Vhbew0RPEAjNDxQPA/cqKqafQvc4YT2frJtNC0YcyPyrG48LKWcNDIzJhe0a3R5PaX
BSZ6nitegFCyo++oZ8QoR/Rx/ZH/AAN1TW4En3IEcQhn4qwKdiNuSoh1jbiMYwXAIxdYw1MA
L4XYmgki5AceOaqKaoHpKWTBa924cRF227gqoNsC+INZ7StmjLG6IF/67lUE6CR/xKyysdFl
w1719y0WeV0/M3RIPHJNu7PwTyDzQz4pv1Q73rIekpS8t78XJUxew43TybxFv5M81tSF1sQl
Lhbs6BXHabkfVkjfoyWaCoR/9Qz4qH81H9gfxNvxNSsvxIPX8EwEqZuuE/cri4KZvcNFgira
uCL6MU5b7gi0bWrsH1p3EjxClL3dbI/tSu7Z+9Oc/wCZGDn61C2+TIhb9dVhLrNbK/XjvFNw
+0LDbNX6LFPtyQV7p+XNNeBmmXHaa5NpwLM3zJfS1srK0MYwdfI5rzr2eHqUs98Qlls7/PqT
wezI0kJ1lorlZdGz/wA+z4qH82z7I/4KD1/BMP1/uUt+a1QN0U5+LtaoOba3x5qsOVzAxjLc
8S2dfefLCJHfrkKr/PP42+cU0DXvR0B9qz6TZvvWHq3OI4oGx8E6yjIOhUbu45ckKgua10Yf
fPXLj4LrOtxtY94wN07K2gIhuhxew62Kbd28y4PtRsenIoLZ4/8AqGBRfm2fZH42nRp/E5qn
HD+5Mz+cpQM+gc0QsFrk5e1bLbGbVk4xSt+g04SPG4VXj3mR/tVMG9llKG+vrFU/nn/aKa62
LuCv5q64GZu5EhuEeJ6L2TnLJvuQJuCnHuTPFf54p1I4XjkD7C/GxUtLIAMZcRi7xZPkiPo5
H2PrUgPYeLjxITgOnMpq2f8A/uWqL82z7I/4HNU3L+5Nufm3UlvpdAB5IqKK144j1kp7mn9i
lwHdprR+AbkPgq941ly/tKlJ1kpg7/3FVX/nn/aKvwTr6LdQB6M3YQmvEzXA66LEx26U+y9a
HvVPWxc7Ot6gVFVs3pOzl4KRjjd2q17Cv9LpxDK3BX5cFE46tmb8QoyPoM+yP+AuDwU0FNVG
OMAYW8LkZ8E2Wrf1z43Fv3LFfQKYk6vWqbvZLthbS2s/dMrXQRd7ntIFvYoqh7btqTi7+B+9
VAtkDc/rKBrdG0oH/uKoYAS7rZPtFPLxof2LczXJA26LZWTRh1KY3QWT13jNaXcQnUrgTkSO
4psLjci+vOyJbYxk2TvouzXwVrZ8+jX9iB49yY6eVsYdKO1wzGqYw7Tpxut+d3L/AHnT5fW/
uRjo62Gd41DHc16r3/jXeBVQ+/ZKxNsS6V/3I3Fsk+30s1exQ1y9qaLEYnD1eK2TseDC4Esn
qSOzdp0PG9nKnDOy1mBsXLIAuPxC2hJljOXrxKB79ZKbF/7qqTexEr7H9IqW3A59+i0tfgFo
T4oWNlboZiKZ4JysvqqKoB3Hj7lHUM4/sTm29I0pwGrQvScFu6dOZw96GTCNQcwVe5794/tW
v9o/tU7NbsBzJOe8tBey1/jH2+gVUyOzudE0tFvSO+5GxOilx/TRxSNGeQugLjq+d1JIC0uB
3cwqmqnOd8LLm9srBRPbNd5BGD1KeH5rXXk/WUDG2sylA/8AcVUHHMzv+2U7Dz/YjYXWeSuU
Fcc9Uy8nqJTAeSetUcrrqLb7Bdp4heby23W8efNF2rZCpP8AOqPRdX/E3k58z2xgtAu8gc+a
xNqacgj+dZ+8v9ph/rWftQMb8QOjg4Ov7Fbl/FSW+iVVXZezRl32KZZhbvE+5ZjUKpe/W+Se
4YrY7gnldXJJtkpXBzg2IYjcp2BzrXvhGhI4pkjRZ7NSeS2pN2pHAWvwOPgo5Xds09+/5RVR
w/8AqH2/XKNxhzt8F96GJa5IFvQC7tX9Sjy4J3Q4dyZfJhZn+qhLjwtku1p77Xz5LDfE5pyT
j7UbdHcsvxLlXZI9psLYXYSgGbQrGi2Y69ycPwjVN5enco4qure6oi7WO7/em1NNJjYSRe1s
xrl/ElO/IN1XdX2t34FWf2hyQN+zrkpra35JnLCeCsMiXFVc82bpbtHuQt2r5juRPuU8cZ3c
sX6yjtkG0gbbn6TVVBLrfwmT175X6f7F3Le0VmByaMx4oNHNNvzCj8Anqy71EITaRrc/Cykg
n7UQu09+iIaLpxsjkt5ZdB/Ey6CeaEnB3es7fLSW6B/ESfklVwBtkz4FPa518ib+pOPnP9j+
9SDruF9LcE0B9xZ3wQZftPt4BRUcfZiF3961Ruqt57X96xH+Z/61MTwqJD/bTWka58s8lb/J
QsLO4d5QzwlC5vyyTCXcc0wZk3F1ER2cOnqTjovUidEAeLCP7Kkdjs18e57UXHNE6o2y/GzW
vuVx8Fx9iz1UOLMOPE9680lo55sTsYMbSe0oqGOjnjMhsXOYcloed7a/xEn5J+Cry84exb2F
Otcssb8SU64wt0t3qdgFxh+5Z5Gx96LsWiceJyuhmr/BTx6Z5+F1hGghH21UMIy65/2ig3lx
W84nkhZwNuWoTSbuWYy4JmK2vFMs1gu4X7lFvNdujTwRK713XUUzG6Nz9YTg4WcyPdHElW48
uKK7vxtbLtldo2Qvf2LJU2eWIaeKYdRhGV1RhvZLx96bcXyHE3/iJPyCq4ubiO7u8xnon9RY
OwkmM9w5LNlt6+Slcd12HsnXsq4bwR7zwWGy5LVVBrS7G4bnjfhmnVUTtzDYX/KVRl/KP+JV
ysTW+F0MWvd0eCjtpdNda+JzVHduWAfBEBBG6wvzyGSnys0A4UHcUT0adGX4mXR4JjbapsRO
612XtQF9Gqi/OD70PV8P4iT8kqu+dugW8QVUa9g5e1Ese3Xj4qWQkF2H3YVa/BXV+nesn/kj
4hPsB8tJf9ZWOlke1YGwHBAg2HJHnxVuKj8eCjuT2mpncwaeCKHRFLwfhV26hu9+Sm9N+jL8
U9AJQ8Qv0QqED+c/ah/ES/klV9jbs5+oqtN7kRcPWjiLi/8As68FNheQLDLj2VxJsskejXXo
f+SPtBPP9PJf9dDDyWY4qzm8Mk5zeKwuF3BRcM1GL54mJmfzR0AI24BCOTNzBkp2uHbHVj1F
BHotdWCCBQKAwrkteiyHqX6DVQfnPuKb6v4iX8graDg2+mXqKrtzDuH71iDBgx5GylkkAvk0
N9SG6LWRyWi0QyVlLf8AzmFJy66S/wCsUCCsye5YrXujkdFfeCZxzUVxbfamW+gPgieaBIvz
RINhyQsddfBY2OPesNxZBwcCeSxuF0SBmgHarM9N7q/QD0C/0m2Rz4Kh/L+4ofxExGe474Kt
L/RjmNcrraDmm+EuF+OtkGddZmNT23hkb99lrlZOQRAQz6Jb8h8QpMX89J9tDktMlrkfcjmU
crqO2K5PIqAYPnjO/emfkj4IxwPw27lEx0owlwaRb+9N1zTWt05oMLhZ3BXwC5QyXVtOHutd
OaNRkr8kELI8LdITRwTHaXTN7F2eGic4cLD3qi/Ofcf4mYjXA74LaLtTbictCq5zhq5wIHig
A12clrqUDsO93BZo2z9SuiejLJPzxXaPtBPHOaX7SAv0WRuUbX0TSXZeCg3vnjI+Kbhz3QnX
yUd7gB4zTN4rFiyTN7irXXaTTqeKdMOw/wC0sgXAoDCbIWCz5IoZK/QxvBUrWaOjBf7BZEA6
qkz/AJT7ih6lr+PNn/Ju+C2hY3JDvvVbhG/jd2vFF1huvutdeg6Zot49JBUliOHxCkdY/LP+
0mnmFa+fFc1phshgzvkmX4lRXZnjbomYRYYB8F5vO9kLJbDFrY35lUwxNljc5uCRvHxQyA3e
S3hcjPVbjLEIK6D+9YTmSi22hwqxWYyWLgrAZqy0HQy2qh6y5Ja3D7An7qp/yl7P4iqmcN1s
Tj7ltKZnG/8A1KsxO1c74q2O4xKzdOglA9OEZqQdw+IRHzeukvf8pNvmLcEXAalZAoYtHKzd
0Di4EKPtB19FGS49tvgmZaManbzbuueTh4KCOd2Isdk8yOcLcrE2Tfo27Q0QwjEbZ+CGFna5
cPFBZcFr7F1ROvZusYyB+Kmmjw+gaXvucy0C5w+pYWnOwJ/Z4oR8URe7veFcZrQ3VzkmkcFG
XZYA2w9QT7e9QHjfNeroPTl07S1ypJfsqvHG37VUbuLM3RGCxujyuFeyOWrisJ16dM1LIRn/
AHhOFzfrZPtLDYW5oi/rRxOVXtLalK2q2ZRNaBHJfC5+8CfaFtSPZWzKanqo4nPY+n7bXtzw
69ykp5nESU0zmlru1kSobAkFw3bE8e65VurkYW4dWOaP7QCcW9a8NHYjZiPuCY2QPjJN7Pa5
r7eDhZNHa+rYk+5bzZd3j1MgaB3nAmYRI7E64LY34beOFNB4ZBrxvn9QLCGPaOBLXAG/5QWf
b5NBPwCGocD9EtHruLqJpAc9pHZxOPuWLqpOqlHVStwS2DZMnONxwTxSv6yFzmn0TSS3GcuH
BO8o9rbVkFO6j85hhiaMV7XAN2AqZjcQ6qV8bXOaQ6zXEZ5W4Lex+FhveFs1bq5B3iN+XuW6
4u8eCFxliUWfAZexOzUVkPD8cuJs1tyfBV2y2U8jnOa+DrPm3OX0lXWscr38QVVHkT8ViJ4o
4uiwV+HRe6LzoFIAMg37wn/nZPtIZWHNENPzcr/S5qOBrS6ed7YowzUvfkEa2rPVTTUJqqiQ
2a9pfFjYL+JXlJs+pmx3rql9KHuBe+ne7CwgaaXX4SiaxlFtVpIyItM53svYKiiqYY6iMvZ6
OUYm6tWzJKKip6Rz5rPdCwMLmtcywNuS2hFW0kNXCyEOYydge3FjO9mtkwbOoYKUSwgubCzC
0ydZYE27l/pR5SUsM9TUAzRxztuymgivdzfEWdndO8kqrybhlo5ZPNXbRbDFgErjgyOTsndy
qn7N2XQvj8zNRSzmL0lnNyzVDT1EMc1O+qwmJ4uwt605LZ76CgpqOWWpjxSQswuIx6FTQ11N
FVRtYDglbiGjlQx7Po4aVsrGB3VtwsNyRmBmo9v19EzaNU+Hztxe3Fha35jB/wCVtDZ9T5JP
pIrT00cr4I2EvbeO+ediRkbKv2pt6gNVsuofI2lpQ0OwBxcGEXy4i6g2zSU3VbI8zEopLfye
HS2miNN5N7IfR1cMjhNLgY1jnYnAty3s9V/pX5VsjqfRmoY2S9o2N3rWNuC/0ek2FTxwSSGm
gnMIs53ZzI4aWVPt3YTD5jVO34mfJx3GK/PDosN88su9QuZnuAnxsFvcUxez8a6qy3+Zd8FU
O+lJIT44jYqsLXu7Av7Cql1za5y9au3NE8VYq+mSvkVZaop+fAfEJ+H+dfe/5SA1C+CoWPYX
0lERVT8h1Ra7w0Tdg+VO1o9m0VQzqhGXYXyxs7I0I07lFtHyd241ldkxjTKDjJywmzG31U1X
TNbNVbMZ59T1EergxmQH6yo2PycyZrCXZbzXNade8LZclnGNs5xOa0kNu5mthktp7UbFIKaF
nVda5jmsc4P0BIF9eC2Tibib1bXP5tAlUMeznB5fst0cfV/OtFhe0HnfLxT9mNoqrz4bXjtH
1MmbfOhvXw8s73Xm9TiEw2QxpGjoyGaG62diNgazIn86Vs2RrXFsVXDjIBIa0v1uO5VdY2N/
m+CwmwkMuA6+ZC2cL29G2zxzGI2UWydvUvnVAwYGSBpBaz9LJ36Km2lQbPg62Rpb52yLq5oJ
M26uAxWP0RwVfsUTmQUNRhjtk50YkIBffuCpmj/9HFr6/JlOxuLmjaZLwcm4OsdcG6ilraMV
uzWbPBkpmDGHNEW/k29+OSbKPJZkU9NICMMJY8OacrAtvcHVP2TsyGphkcMMPWQyNYG5WGIx
gewqNgFjjG9zCDJHYja67llnb8eyq7fzLvgqgnXHLl+mVWW+iMvUVUbt7uI96tp0XQb3K2vQ
b9El+AHxCfw9K/7SGfBFvG9xfkqs7Tpqio2pVHDiiv8AJm4IxdW63DivPoISzZlMwMhhl3iC
G2udOXJNljiYJI3tMTwfom/wUOwfKKmqJpmwebT4b4XNsR/NuT9v+TTX/g1leyqp4pHZ2x9Y
5mjdT3JtN5WbLdbAPOaeePzhpkboYw2PLE7xTdk7I2EdneTbWCR81OBHI+W5BBYI8RyDeCod
p7CMrI6WLA7rLsLnY75hzW4h3L8FbXopdobGDsVO+naQ6juSXh5s/tOOLQZKKbY/ko6v8pqq
WOKme+NuJr3uDcbnOi4XvqFV1+1mtgqX0XWzM0wYx2A7TIpm1qWzpYKozYHdnC15yb3qOh8p
6cs9E0SwzxGRrpGNtdgwc9Chs7YOxfNdktJ62ePCxz/7AKpqrZcUjYYGMa7rOQJzFwM81Q7N
8p6PzergaL1RgJe5wvx6u6l2Z5FUJq5cDuoMURhY2d18L3h0ee8bnMKs2xWH+F10hldg7LC4
lwadeySofJzyna+JsMfUiqDTKx8dsOGzGm3rK6ryUjb+EZ5sT3sjwFuK93F2HLPgc1+APKOn
fXUWTYpWG2Fp1DgQ7EF+FJyxkzyZpKdsJF5DmQdzmqPZ/kns7zNtHLvyhmDrWBpGe61NLd5w
sgXbrgM/Zl0O8Pv6NfxfUp3VT+rEjHRs73W0Tw05Pe9wP1S4lVm/icWs+BU9nDtuTnFEgoAH
im4c7o4ugKxU3h94UoPGV9v1lkuznwJQc67TiGV8J/vCOFwzvkPfdakFo4DDn96ucyMv/PNR
jIAuF7DvX6IzKLrgtxk/Sy8FFgabNtZ1s/WOK2nsryzoxL55NEYqial6yzQHA2JHfzTto03m
/n0RxMxUwkLXDTBlduenJf6P+TMTo9mh38JqHA+lbpYNsLDTLNe/P7lYgO5FwuR4HgsPzeN0
Q0d1rqLrI8V25EZ2z4L0QHs3zfmeNkHN11tfXncLQ21OfFE2sXZHv7z396scwNOav1cefEtF
/wDyv2ZXTOGeaLhbs/cm96kPIe3Nd34zfeoRzqP+la5tbhy09iq7kAYR7QCpXZ/KnjlqFcce
i51QvlZWC0QV1Lzt94R7pZPtIWQ5k6n5oVVRbcom7QibA7A1+7hdhG8MjotlRbA2YKPrus61
2PI2DfqouN7W8R7UbFRDTeHxRt9EXTNh1VfJs6J0QcZIo8bvncMTOXNMLvLKqY75vXR9U4nw
NRmE+p2Ht8bUEcbnNjljaQ/DwaTI+54ZKrpKumZBVUz8D29UMyCRe1kTiwdVm8MG4c7Z2yV+
HPgs8vFbp196a1ou97gG21eT80KTyhqtnea7LpmXu6UxzObbHfBhB963Ru5ZLFc29wVvaUR9
ErQ5jLvtrZYs7c+F0eaZi4myc0cvuTbKjY07spAf70PxvWoKZ5s58l28zkdERfM5+xVJzt/5
T8OXpT8R0ZLLLNAt1sFd2q1ssyrBPPd94Umd/Svy/SVycP1UOSqrD+Qdn+i1bEZG3rKiV8jW
x6j5gH63go/Kjy5qzRU00YqvN8ZiayN4BAdm2wU1F5O7WjG1orhxiq3OdG4ZfJ9bY580/ZFS
XyUzntkpKpwt1kYt+0LPTCPWoDg7UDfULvOa2R/o3S7VqHBzcf4NMwIdd3aMTgcKrZPLyrfT
s6xklG2ukcJIYwHGQPMmettVFs+J4m2ZX1XUTVdKbNydYi7LZ581Rv2NVVEMVwdoyVEj8Ap7
cS6RwviWy6HyMnbtLadTNHHLGyYzBoNw44bu49yp6/y3215q+VjXnrZuqYHvGLB2xoThtZTb
T8hdr+dSRB72MZL13XOGeAb7rermqym8s9qjYu09lVmCGkmk6kyPje0W7TSb+Ck2TtavZR7D
lp+rdWdcWgMwWxdZccO9bM2P5AVv+kLtpgsa5spl9OS1sQydJlidmotr+Xe2G0dS6Jj54Ou6
uKlJGh3mXdfI3Cmm8kfKDr6mIHOCbzmJ7ho195CG+oFRbH21E6JzqpsQey5bUMJ7QO74ZKmr
tnV1ZFW1LI3u60u6mBjgDIc5CBkb6L8Ff6RMrdsRtwVEUNUd2Vvb3GyWvcHgqd8U/nOyap+C
A2vI11id52Z0700NvixiyLX9rihmtn/lj4FD1dOi7unZ8fJuLw7SPzlPnqn5/wAofiOjJb1r
q5thsjhVuK3kFIfq/eE+2REr7/rJpzcVlw4KraT/AOmdlx7DV5GxzjdfVDF9GzTFbVRUflNt
GXZmxDSxMfLC7BZota5BbZunFQ7c2P5Y9XXsbo6pJjqBivvtMhF79y2FPsDa1PtGoppLTGEg
yYOsF72GlgrHMP7IGotzTQcrRi7vW9bKdsFlG8Vb2h/nH8mw4rkbjuS2jsXynoA2emDWulpJ
ZRC8SMJLsV2WI5AWWwdnUUpkoqipZURskOYxWeBfMm3jnxTvNJHQS1Z6t8jTY4cIOR1RmrZn
zSQMMkBnkc448YtZpJHFU8Plr5Qz7NwfIU2PDC9xtn2hmCp4tj+WImjeSXRVMowNJvfBm5Rb
Q2JOKulqq1tQ+SI3aXvkzU4eTnRA/Rt6L6qp3VMbr0sT5IOsOOzmhrgRiJtnmLLYuzsT4qB8
kziGks65+FptlbEAeBKpaOjkk6qp/wBriDnENab/ADL4NQF5OVQZabz+nGMdqxLk6qpTZ52a
xmtiAYLEgjO6oKnrJBLUVD3vc97t/FqDnmFs+Swv1/v6tMcM7ObYJxLczwWq2d+X9xQP4xke
5rGt7TnmzfaqN9NNFMMGB3VuxWN3InmqkEZ2H3p2VwZTn6wrcei7RkCgGa4RdFsgzV1fkhws
pBpu/eFIecknx6DdnfiHBVlVtnaEGzITTuayWc2DzgbkcithVmwNp09bJRy9bjpnk5swG2g5
KHyW8saiKjqRSspn+cGwkwgC4I+d4p9dUeVkf4OccYpvOG4udm2zt61SUvkLLE7ZtLH1cpiL
nYjuXN3etXufq6XsvPdp10VDSiMN6ypOFl7u7iqcbd8o6F5pbdX1U5AOuXDmp4di7Uo5JJW4
8LXOdLI5oNm3t6tVsbbdVgpNn0tU5kbpSQwRss3FfPUKng2VtikralspvDBJjcBgA0sqLasL
S7qHAVEXHqcWJx/yVTOqtrU9BtGJrXRvc/BK2QZuGeXaU1Vt7ynj2gxkeONnXDtWJt6MN4qe
fZYDtm0dfjo7E3NM14w+5O2JW7YpqQzUnm88b5AySM4LZYl5O1nkvtM7aY57pK8xyBw6psjN
w4bfMuFStq9rU1LXRbwYXYJqWY2xDe78tToqjbE23aWqrcBImMgc4jUNFh9yonwN6vZtHWM6
mQk4XMa7tJ9HDtWkfONnxt6oP3r9RpZbKmnkjihilcXSSEhtsKoY6Kup6l7ai+GJ9z8mqZ7u
z1gDk5zDdtxZDNbO5Y/uKHd0ZdOdvWo6almbeoOF4a43FrckY3PMlz85znWPrVjxVQ4lHl1h
+5YirJ1vau1dEru6LqTw+8KUf0j/AIrRDJWbcc7Ej4It3nW+kSfiVoWd4JHwKLSZHW/pZP3k
MMVh9I6/FbzuCfZzsu8t+Fk15ByOVpX3v+urm+nFxPxKdyGfL4LHvu8XuPxJV7XB+asmObfk
5zfg5H0kj+50jz8Si3ko5C6oyH8m8t+BCjlaJPSa43l3Z/KJT85BiA0c5v2SERieRbjI4/Fy
0HJZOOfDG+3sxWWtr8svesnOce9zj8SmNOjsnJ7GaMw29aF1QflD4H8Wx0UcNNUyRx9W7Q/V
Ca+qldP1bbLrADbUeKD38Rkp8sQsE52Kx63s+sIDihfo8Sg0DJcllmrEJ1m5f3qUaHrH5/pL
C4A96wtV9M+KtcXRzGnMK7ja5sg3MetHdLrBOOYuVa5Fk4uOVrWT7u46LIZLFiHgru9qfZp3
ctxpdf2XRycCeYsT7U0NldZo3u71an1LG2irHxhzS13UyZNOpzbnfXJFksckZA7LmnEf0bXC
OTrW1LXN9Wa8MysUdPNKBbeZG8jPwCwvjkiPAPaRfwuAj2rjW7SE3BfPTxTsXb4q/FbNPDHm
fUVcZ9y5fiQyFxDMJy9QTt7I5WCe++mQumF2QaMhzUr8Vr8+5FxBwlxN+CxO16SNbZrERchX
K9fRJvaAH3hSfnH/AGl2kXs7WvqVLszaQLqOVvpLfo358ynmVk8bAW5yTtjZmfpOZZP8zrZQ
++Qg2hE4/qsFz4KWt8nKx9YxjS40szvTWHLER8E+lq4JIJoXYJI5O009+Q11Hcn5hFt8sWSz
yT80eeI5+tDErEXKs/IcB38FU/hySgaLnD50GDn9MhUn4CfSOjtvmkwWGv0CU+q2gzrafZ7e
sMDhuT4SDY3yKom7R2bBaa3U08UF7RRkNJfYHQWU+0JGU8OyZorsbMGshbuvPzrDkonbGNC6
Vsu95s6O9sP1CVRbPffqpXNMrRxGJCZ9DTimhaLnA10jiB4X1Wx5NnQRU1KHtNR6LDe+HtZB
PdA7ZvnQpg5vV9V12P1G901+RDJDh8MRsnvORPBZ6LZ87i2OEPFy4gXdmmStw77cQsRp+LT3
P+ckbc1JyxKOzbYRmpmubisLq1t3Fp7EALIAqyJWAck8njomN43V+FlLYat+8KbAC3fdrxz4
Ik3uiMB7KoQBe7DkfFirHNe5jhbeabFu9w5IVNJtOqa+I486h+EnvzR87LRtGjOCY/zkYbmT
zzVHt6kjEZrgRUDDYEghoPjZUm0KueqZPOzE4Me8M0BW1Nk0eJ1NSVMsMcjtTgPNSbT2nNUM
ljm6rDG9zd3De+Sm2ds/rJIGsxYpHEnsg8fFFxyu4pkTtXOY2/i4BMr6WqqX18sAkY3fLQ+2
mG66/a1TPNVviMm45zBEQMt3NbWpaqokihoZ3xx2vieA9zcz6lszZVLUO832kWtklku0xE3J
IcTlopKnZ+0W1z6qMNkZ1wl6rGAdMRwqjftXaraAwtext39Via4jF84ZZKr8lWVbnUUPWYKm
PexBuO28D9Xmo6ylqZKjrHtZgdfDmRnYnvWzNvRbVD6t0TXmlD7uve+mK/dovMquqbRRlwN3
buV/ELZ2zaOuFVFVPax0g3sN7aG5U+0G7RmkkZF12F2L9W99FdoyBc23g7VE+9dqy2dEc2Gd
oKpmt0bEwD2fiedCDrrOzAdh59xUNV5v1GG+Rffl3BEkLSzcV/HJDK2XBTHNpy0Qc36ed1bK
6vx6LLrOS7SBQHNSeA+IUxJ0kdYfpFfRR3+CoHB19w/Fir7Z3Of6yLcWZvf1Z5raNVgd5s6N
zONvmm45rZkbyC/GcI42xrZ2YG4eHDC1bdFxYVkxHO+JVHfUj2dWqnE7Lq27t8rdW26Nr2BU
X5yP7YVHNfD1NIJC7tYiBpZV3U7Smp4mzSRNjZcNLWuLdAQBoq6SU4nvkcXSOfvOdiPA96oH
9ZvAatNsOTtCFtoy1M0wbctEsjnhpDW6YiVsXzarngxRzYupmfHfeZ9EhR45HyP6h+89xe53
on3uTmob6CTLO2WFUDDXTuYbARmV5aBj0tisnSRSujlGWNshbl6lskzSyVFpmZvkc7i3mSql
2n8EzCktlvut7SsI0+86rVU8t84pG2HMqiqD8+EC3fp06pseZxzNGXgeKDGOw5HtFOxG5HLN
HO28m8/BTaZYbpuA2GP9iDroexa6q4OZWG+aOa1vfggpc+XxCmv/ADr7frHotZUQ5MPxYqnZ
2zY8VTIfpG3aTW7TlgpabH6RzTv2vmM2j4rzaN8cNPA3HLUudZ0uEZ/5uiyicRs6h3I/ruAG
L+0CoGxObiprNc0HeF7Am3qVdW7MoXV9NXymVkrAd3rH59kcAqXZ07ga6W0tSNTGbWwnkqkE
jKNnvjanaa2UO9/KR/bCiw3/ANg/6VW4f/mZ7/1jlWHL5Q6/lFUOlsOo8HLbYF9Dp+S1bCJy
9HLl+kxRuDh8g/8A+09Q3Pz/ALlQZi4I+0pba/8AlbIzz62P/pVTf/5X9ikP1nfE9GRsqdrt
4Y2qgwiw6odB6IPz7Mvao7ZE3Ug1OXxWnzvuTeCqCHXta/vUYY35+fuTWtWaNyvWg5rcke9B
wN3HggSn8sviFJ1unWv+K9De3JWsGk6KHa9FDFNLC3R5OG+R3u7JOf8Ag3Z+LnjlAHd2U9sV
JRQkjtBzjnzF2rBtLac5i06iLCxluW4Gko2blq7HxdzRqtmPY+mdfr6aUnA4+w2z5Jpp9jUj
JrWxl0mpHaA0VZUSR09fLVPL3Nkc7cBtujLL1KTae0Ww08zgLxx34Cw4dyIytc6LrhqxwcP0
TdN2a7ZtKIOo83xgvvyxaclPK54EsrpJHYc83ku911N5jRw1PWG5Mhdz1yVNVV0EcJjb/JXt
fPLhzVb5jSQ1IqQcQlLgG5AZW8FRz19LBSmkZIAyMuIztbUdyG2KRkc8oYW9VLfDm0t4Z8Uy
nr6KmpY2Z3jLjw1zUG1aOOOeWLsxyEgOzvfJfg6roKanFnYiwuJ8c1TVsYjvTlrmROuMVuOX
NHZ0lDTCOWLqnODn4rcwnXyxk7nK6KzKp/y25+tUAByEQXd00zM+rxhx8QVERpfP2p55levR
DnyU5e62PCPio3sdjDnX+Cxyfood4VzqehyJGiGVrcE3NS4hyt7QpcJA9JJr4otFrrMAn7+S
ion1DaTr5Gx9c/JjXuNhdUtbJVR7Soa0YmT0puxmhzOXNdq+Vk1g7b3WBfpc+CbtcUjHUjoX
TNte7mt5Zr8GwxHzp8/m5jdp1mPDbn2lTv25AI2VedOW8ARce5WxXAdbKwRLe1kHOPM6K/Mk
etFriGg8007x8NPHNGzswLn9isAMbjYckzbLaNkuzepEzpG4juHlmhHHE7G52CNjRnivbP1o
bY2nStp6Kwe2+TnAi4yJXo2g4gCBy4lHtHKxtoD60wEuOEX4ZKLZ8M8cM8pIa48AeJyPNRUl
bUMq3ydl7NB7mpwuDblrdZe0q3Hopm9rfb8VRZW9CFkVmOinFrguCYG6XR53TW6DW3NaZ/eq
l0ct25ei+c211HB2nh2fuUedu5C400WHRWuiAVdqum81KCeX3KT86/7Sy9qLj28OEHl3qoh2
vtWHZNDSM611VISC6zcWVrnnoEfJWg8vKisZGLRwOxGLH9XFBe1xzUux53CWJhLoJx8+Mkhu
vHJU1j/Kt+K2E+pI6idkdNIHdn0pAWyNp00Q/B21KqKeORvY6x72vd73BeT0QeZOsjhLbD5z
22A0UO3/AC620zZkNZGHwQG+LMZGwa7PJS+UHkdtpm19lDOVlndZHhBz7DdLHgj5TbP206Sr
hhc+elscpGNu5nYHG41Ve+trH7MhpMsbs8Tw4Dg1ypqSnqTWw1j2sjndrmbZZN+Cp9u1G2Hu
qqlrCKI/XH5HDxWPCBkMLuOSm8kNrT9ZHK0sp2SaOuLYcxyCqdq1Ij/BEGOrpS62Bha4He96
i8lfJ18kmzdnuEPWMNoZH5AueMsoXAgd3NRUm2PK2nj2pLYdQMQwy8Wuuzsg6Zpk0b466gmw
9XVxgkNa45E+ruVBtWn2xd1cG9e03DYYndo5t4WWyPMtsRbUkk3XtjdfBISzI6aFUezqJjn4
rCol+bBlr6u66hj/AA7DtCukG9TRh94svnXaBe+WqK59FMT/ADjR71Q2/mAfxKUccQ+KY0px
8FH1nZtknkdm4+CnxHq42Zudxk7vuRbTQhjGuw3+e7O19UwSEuc7RWBOeefJYkV1i0yWmSbu
qW3d8QpOHpX/AGiu9ak/SA1Krts7Y6ySnpWk+axusHhoN8bbG+iGzPJ7yIfStpZCyXab4w0k
jK4fhbxCp22LbxjCb/laqDFwlbvXtxWz5mktMMTZG+LQSCO9bPgqC38I7EfC6Mjt4WOZmeJy
YvI3zo4omzU7HjTIDK9+9bLqvKXZVXtTZ/URGm8yGJjd35wayTv5Lamzth+T224qOSBzZC5j
upYXMP8A9OAPavKHyflzhqHTy0cT+1aUvdb1C11taoYWRTVNW6SHm4vdHdg7gM7Lya2m4dZJ
F1csrxnmHuVBsKNwMdHFG51jldjWENIRI9nD1Kimp5DDMyZgY8Hvz07lNXQy9XUPperMjb7w
dHc34raj3FrtpSbzHSEFwuCZDz10VV1zKyR7qr0EpZKRbrDhDMtFA3aG7V+bw2bLk7VmgOa6
6M4Hfg+QB47bQbnIqme90sjzI8+kddvaGfip6KK0W1XxvDJHEXza61u7kqwbXkfLI+Z7m1Dw
7AWE5NZdHDvd645oZ6qmH9O1UXPzdo/EpSNQR8VFx0UiMjwA5unJO1Lj7FJgzc/g3vUeHEya
445oY2l1tLpnKywN5Ig+Kwm9uju6JDzt8QphbSV/2ishmgScFuQUgpI46ulnG/BLbC/m04ss
1DJs3YGztnlhxTCMQtMp7y21+Kp6ysp4qFzIwNwts82OWXio5M3GF2MAaOsVH5MP2VDHDHFg
ZPiYHWAtnxT66iAnZI0MfTvO4bAjjlxVG2q2fFQ+ZhtnROZfG3iMOag2Rtigp9t7PhAa1tUG
yOwDhv4lU7I2V5L7O2VBUtcJZIo4usde/wBAA8VHtmjiE724sVO9wDXB4sdclBQy7NioI4H9
Zdj2HE61vmqPZDdmw1cbdHyvZdrc/pKq2pVNwSTHdja7Exot3ZK73WHcoqqJpeKdwfn2Tbgv
9Fn7Hjga1lvO2uY69m4dAL+9RbU2ZM6CaMtODPBMOTrWFj3qJ21vJKhqtpxjdqeri7VsnXLT
n61Eyo/gtKzC9lLFlHhBuG5bq/0e/BEcbDTmHrsbL6Wva11HtRlP5y6PF6PxVHt2Cn/B0lOG
3bG4XlIGjg23vUdJX7DgbWwjKrHV3ta2K9sz606Mbjgb5aW5XQd/nJC6o89Z2qiz/wDTt+A/
EpcjmR8U3lYJ2fFZ6X+5Gzck5rIxd2V+KY57i65HgFgY312TM8ysXciFqtOmT1fEKoyveV1v
1ir6Eq781llZfN9iAda18lk71LPVWIV8KuQrgWKOJ+8dEbv8Fd1ihnZGxyzRaxrb4tcr6BOA
Nsje63nWtwTN/AQRmo7SBzQ0XRv2W5K75PRk5vb2mq7HlzeBOpHP1p3Ejmvmg+Ca9rs027lS
HE0BsjCXFUognZMIqcB2Gxs6w5FarMoqmbiuW54eWablqPgnHvRzTlI58jWsbfxTGw2GF1rk
aoOOQ5KECO+mqLcNsldWtn0cFup2eZAPvCl/Ov8AtLMnJBaK44rNZcVnks/arnQe9DIWRvor
Yb/cs/igGu96DSQMtVhdWNbflYuz7rpogrC4gWLSA2/fquB8Cr2z4K7+B5XWWEIm5A5FEC5B
4arLLL2J2LROwALf4Le9iazUD1e9V7jcu69oFzisMGgut0nv7lqraI58Ms/BMvrZ2ScDmrg2
37e5XvqnuLrNP9r1KNgANjflmmgm3hmowOFs1bW/FC1lk2yIKuFbT1p7r30+IUv51/2kc022
azyQzt0C2iP0eBRBeLckcBYGjgmCKHFfK4Top2YSsisyXK9wFi6xmXfZdfGA+Xl2h716R0eP
8lrbd1gESTfwaOgYgL96tutPNehljd9XK/wQ62ndl84BFsY8U5pbpqi/SyxN52TLnXNdpTxi
PEHStP8AZV3hzX8R/kodTGX3+5E9RY4bKSplJF3nCOSHNXVgL7/3Lear4uraw596bHGMN7b/
ADRz0Qu4YQ4IBuEusrObvd3JZJxQ6HDuHxCl7pX/AGkVmrjisyhxWYRDgrWQaHX7l5/+Gqal
wjEIHSWN/wBVSNnlbN1TrB7Te614rVFlRRYzbX/JUj6dvVRvdkLn9qtiuFkR71doLvBYZAWI
by1usQe9ng4okTX/ACrO+KAdG0Zkkt3S7vyTibZm1uKs12qa1zr48x6k10mHHhs2+XBYNe5q
moomhplcHhzyRawsm9a1jzhGbUO4aJ5Jw5cVcODlduq14J80tnyh5ODj2UXRMtC6+EfWT5JD
aM3yPMJvVuyujd6YBxGqIa0OvzzRMpAvo0JwyA9a1xFePBNz1TuOQ+Klt/Ov+0ehpIvzV8gO
SvwWQIKzur6FarvWHHI0a2xu+4qw4m5vxWZ4rVEXXWdY27eGd0O9D6XuTxHNFFg+abYj4cET
5uXsZZpkjGX+eaIfa+tvFar5yNr+tMmEv8J4tOmaLg3XPFw9SczziNkvDFcKMVdS0D+Tc03a
RxTWGpxYRly0W47qxfJ5Is5vPmm4546mR+W66xaPXZOh63qy2ws51/hdXNTFl9ZOYKhmnBys
yTFG0811jBdvcpXlhPcEcJsS7Jp52XWSOxTDNsXI96LnYWh3zWaBM6zJuLVPLXNtwTQ4EhXF
kcI3gpHVEGOs+bi/8q/V9WFnmeBQzue5Od4fEKX87J9ro0RxFHEbW0QWisOjErrILvV+i19V
bksQzsi7FJE/6iMMdU9zHc9fguskxF2lyQskSrELf8APBWLLclx9W7b1rD1j3NHzXm9vBdY3
daxZv+bZjG396bLDU9VJbEQ2+Oyf1U5mccOLG7P7kWifDxsJP8Sz6yRoyNnf3prXtfhf808F
g3o2agol5u138onB4xYzuP7/AARL83c+CPeoRK30Yk3iiKG4j4JuM59G54q4FiFnmtMuh1tM
viFL+df9pBWystB4rM3Qss+jNEFELmsllqr3WS4d6s17vAFYjveK3s/HggAu2LK122HGyzPr
GiGK31f2r0pdLh787dyHUdY2RnaxH+5Y3vwscLNI4O0HtKlbPIxsrLGIM1kbfj32T8TGGY5t
uwlzfBCSeAXLcja2akc1kZkkzyZ6X1LzmlqI+vb8rE7cljHM4iMV+QCkaJeraHWPWQyYT9YO
0QuGyvZq7DkfBNnayQ4T2IwbZepYN5jhq0oMGMnmdFhvYIO60Bzb+tdoZHsoHvtZST4vkBp6
rq5trZZrFfLl0Wurp1hcWHxUgtpLJ8enRErRaIZLisSOVsui4PqXerKwXEreCy0WYWeh4rLj
3INyKdVyT9Qxnzba+9PY03wEgHn3p8753Ca26wNOfrQkPpGjNzL8O9HqIsEIbph3b88WmSpX
R1bp3ytBeACcGV8OqiEceDdDXSSswgv/AErJnnbyX6twjCz1HQplU29RYdi+HD8bqSqe0ROe
OA48L81IydhkomZBzBo3gcr3TmuxtN90E4cvBNp4X3xt7Djlcp3WWD5Mw3hZA42g4sxoVjBu
5D4arQXVsOd7+tPaDYSDeHuVuAVrq3RpkrWzRytkPiFN+df9oq1lkrLMLly8VvarW55K9la6
tfouu/oPRZyyKsR60Bi9SsLWRve/C3NRYur6+Tsi4vrxQxFsd9V1MJDxxI4KejbTdZM5hHW/
RJ9SqKJ7W7r9SM9TkE2OnEYY95OMgY2NGfipqeT0cFOz0dU5vV4njk/53tXmcpp6hodk8sa9
7G8w7ULFdo5g5J9bL1EkDG5Rh7XOuctOCqYmueyllvhaAd1TMq3+giBMMkjerc4d8hzKjlD5
5ZY5WucGSue0MxXPsCgpmNbHJDEGsfFAI3lwb/KStz9qnjqGB8jY7Yg7EA2+t+aBidiAa7EO
Wa0zurnVZC6zbnzWisj0WHQ97jfT4hS2/nZL/rFFHNbq7S1zRDhnwTrnMrJ9j0f3rVZnJXYV
Y9FgViuieC1WSzee1h3c7rC5xFxZv7bJkDpzJDGMTRpY6re096fvYQ/K5F7e1TyMdcScdc01
7m4cLryEDt4je/6KayogjlDy5sjycLw12RcPDXVUWy9g1zxszrcT5QMxkfRl2Le9ZUbWuw6M
A4v+so6Gu2Eamob2pcTxf1ALzLZeyJaOoGZeZZDH62ndWGD0VhcuYwWdnzVPQMZLFUs3XTNe
9rXeBGqgllnnjhxbz3g4XNvvbxOeShioxGC9vpXCxe+S2ZDtRnwCLwZerqs26ndPBbriDezs
1Z3ZHv8AWjgvZvBOc7E1brjbv6J20Tom+bR9a4yPtzyAt3J8L83xuLXkZjJZHNbzlu76cD3Z
esJ4H87J9pW4rslaIEAq6uGoFyBAK1WauFqrELLo0Rvou7oGXd/esEZ+eN495sSqOqotr020
5alodLHG/EYL6gi3BDO7jY5dk9y0sdLKOVkjJHv7cbTvi69O12B4u26kPmr6qneLFjBd+lt3
T4pwZseppNpdts8jn2A1ILTIRp3KkdQwmCSkP8ILyQ2dw1fqRmhJYZEDNo9xWKafqmkd3JTG
lqfOLNvhy702jqKB2E7gkay4P6S82qYYXlwyJa0mMuz1OfFU7aMGppjJicRnGwYgbck1s9KD
LbdwsAbi9XJOnlhbI1rS1h+awIyEWiMlzbQC6b1JIjFluYs+7VFtz4BcfA9F6eaWEkWd1T3N
xjkbEJ4eHF8nG59pWS71lkU/6WXxCkt/OyfaQLbZaoYrW7kWsIHisLziz4Icuju6L26NV6ld
Z9JXZ4ac+m2HPmt+5A0BV8P5KzGaaWuO6fUh+EHuwsyaWjdHimtob72b5Gk5ckW1jnmnabZu
OY0VqQYcQzuibHxTagy5DK3+QnTNILZWgW8OaEm0AbDsNitk762Igq8QjkZ8279+3fmnmSl3
cJtmOXDNPqMm4HGzHYcScyRp6t3bbl9y62FmCjd9Lms23xZergvOsIeLaIuwhq59BXC/Tmif
D4hTcPTSfaKwkoEWyV8kc+kLIrdN1ot0nou7RYhouS1Q3cZab2OhTHiBsOAWtHofG5WgWiyc
PDNWw6LX1K+ZuUM8jy1HipaHqWysObpfohFsWG2lm3zKDd51tW/+F1b+I3G6FvcboMc5pJGQ
AOR71C2YQPiuMQlxYeGQsojRQsp3O+jmD7zl4oTekL3N78N/UjidPH9fH7OPJAGvqMQcLZ9/
gsdRWyXvfvPuTIoJTI7jfX19y82wPnxXcy3BdnDb6XDn35J0MNVDALYjJPfDzsMOacXTUz8O
gZiu/wAFimle2X6LbW96NjdquCR0b1lkFcI+r4qUA29PLr+WVYuBPRdcVl0ZrIFX5rXvWSzC
0yVuHRort7X3LO/eslb3oDnxTSJQ/ELm3ze5AgXTRBRyud+bd7dEAIXdY7UOB3VLihdd4u4N
tmE0RtMVibt0zvxupJZZXwnrMILhdvatwCgrdlxxbXe+0k7HggRHiMyzJdTV7LptnCEgY4m4
cfcXYnBMqYqKOsgOXVmN77H6V2myaJ9mGJ7/AOUbG/1Nzv2V1EzyyI/JjqpMfqNkY66jqJTa
4e+zcXhiaETS0Lo3t54dU3HTXcW8GEjTnotyK2dzYHRNLWB1nDcte44hPq/PqXZwwk+byB2J
2XceKkha7KOR8W5duPBxA1zQF3/lvDh1ftRxjFnYGx3u/Ndmyy6clvFG3d8VPw9PL9sq3FZ6
rE45a2VsOQV9Fz70QbOsiL4Qraq+iuM0bhDJXasROazWXRdWJDfrJ4xC38mbd6ElRtFkQdbE
Ordc34qN0YO1JXfyduI/KCdFS0lLszqxrUBrjh9RahLWH8Jtl+U823Aw918Sl/B1JWUbg2wl
mN2/YarmWCulLsTYGDBNIb3zJJ08FHR02xDQBpL3TyNzBFiT1lmjgn7HbtU01YxpjnldKMBc
3VoOnvVRszaNO+oYya3XRuG+PpA2K81McVOz5jjEZJP0i1eiqYqxwybCyB2MfFYpqSVphGJr
XxODcvFqLo5oKSOm3QBGcRA8CmPlrWyRPcLtwOz58VFTCOLOIduzdR9ZOkElO18u8QLezVUs
k8UszetbcUrsBOfOzgmOp9m1sMzTvPqZBI0+sRtCiq5zHFC21wRduSDWU1O2ld/KU8BYT46p
kZpGOdGMnEAk+66YyCmjpnYc3Xb8NVhbKHAjVosEc+yrnIK2t9Fc68E49w+KkH9NKfa5W+cr
O6bcERdHXwQvoUMJyd7keJWatf3Id3RcBGQyiIDg7j7wrNLXW5EWXdzRDTiPIZlMhkgmdic0
OwsdfM+CMssdW2ZuhOMjFb6OFGm2r5Ps2o8fJz7rCGd4Mbk+XZ+znUBBuyztO6wYFNJC6peX
EuxFzmNLHaDPkEwim655I9GXdYPWoac7JpMQZv3iY3Fbgck+Rvk62SeNrwx8EF8Due6w3sVJ
QzTVkEM8z2YD1keFhObcJ7slJLEyTzws7eLe6wntF1k0viYw6Aukay7eZcU4in2fLTsDjK5x
iqJLfVN7qWr2Vsl8uGQ3f1DnMvfgMOVlIdqbKl6kN3nsgcxrR7E7q4m53O+y5vxv600OawFh
GHAy2YOWSBk8lfP4vmVE0OVuHajPxTifJKEcsGAEeFo8z3Kimn2bLBSSzNHpWENbvabzRdEO
hj6tzcsgMB5279VNF5Q01dPVYsTOoc/CG33TYMdkV6Om2iGjSMGS3q3FfYz69k1ruEnWWaOI
zAVS2tLnVtiIDe5vna/LgrgXYx2nMKm9GY2ut1nEfBYKUtMYA0cNbBdnw7le9yn555fEKQ4M
usfn+ksm370L5X4rmFmy91pqro7t7oZ4r8OSA56LLwV7rJZtKs1WJVgLhZNtnc2QyODiscLY
yRbVoK88wQSW0iMbbEn9iY2empoGwgDDE1l5OFzZoTaRgu51s723fBRzy1ETWssepwtdjPLV
Mh2XSwunfhZhya4+rDko420b4JXNu7fc3X62EWUYvgDj8o6qJt7VHBNNRTMmuRgEc0hDs946
t1Ue0aiEGplcXF3FpNj2VFDSQ1MjWm9Q6FjsZHOzcxnZXx7Wjj0EeGcOwDLmn9VJthoI6trX
CcY+HNClNTUUbnFzwJA68gOfEhR00u0pnNnOCRuE4bHmcSaH2va5dzLs097XZtBcDyI4p1Kd
o1rep3WhvWYL6a4k11VtKsMOLEGMdI4+JGLRUlDJUT1AZUsIE2Jts+8nmpHNzwMa7CeycA0x
KDrvJuJ00UbYJpi4b3VjX5PiV1g8mqRrdWDrxvf+0n38kafELtOGot68oVJtKhDaaGofjEBs
7qhe9g42+CO+G+u4I+l606LCJZeGFB3mlr8f8hYcJxD5q6twOIp3cB8QpG2y6x/2kckMrfR7
nIbNoHtErmF78fCJtsZz8U8bEqI5fM8fnvXPsWSR9sjtbtwbaZJ20PN6VtJGB/CppyyKTFui
25h45Knj/gbpan5FgmzN/nEYMm968wlpooqmz5Gwl56x3V8QCy+FUMNTSxdbtAHzXA84HOja
C5jnYMn52DeLslV1dQIY3UEnUVMT3ekieCGkFhblbEqCtgjgli2rF51RRxvxSzx4izIYb9oE
ZKNm1GwUz5YzMMT7dW0AGzwW8ioNqVNO19LUNxtlgcZGvY4AgnIBtgb5Ib3gAbjD48SsZsUC
6Nr8RsAcszpwXXOLGl/ZaD/cm6NHE2TmGS9zwH7FYyXJ5hAvqGj1BdaZut5gi6fWRg9ba1v2
LEb689FHLRTyQyg3DhkeHG91d21qk7tu269vG91hZtisGWfpX5f2lINqVktY0NIxTkvLbj5p
cSmQQYrBxzJK/g3Vvxx542Ndx7wVhZTU2K1vkI/3EA+khuP6CPL+wj1uFjmi4JYMr30yUUj6
ltorHdsL+xMuew3D4qSIn5S+veqgsfAWvebYsJOvgrtfTOJ+k1hy9bVDVymBvVEEhga3jfgA
qgMtvRODbc8JUkdd1+crsgDa1/FRtp/OWwN+bd1/tK8BfhOrXDe8b6qnwHhvBZnVY8Fzzssr
gLF1pa76mqdUTTPsxmtyDi9q87G0JY664vj7P5Ni+3uT+XWSfaW7miCMtXcwe7vQ2ltGpjpY
GUcsZc82a5zsOEeGW8tvVk+3dnwfhOOeCniilc1jcpG4zujN2IHxUvk23a0UdbRxQU7ZL/Ki
GRm+DxuBqvJWrdtuEU9LQNZUu651g4TOPrfbgVD5Tt2lEKWkgfA6lDnY6g7oDsNuxubxB4qv
2btyv/gE8jazY+0Kf0h2bK55mLLuw8cDSDfRbXoNpz0e0at0/WbJ2lQlzaia8jLGuiY2OLFg
BJ7ea8gdoy7ZifL5PUTRU0DPlXObPI/qyy1tHBU+36HaUMZlikil2fK4iXEbNbZuY0HNeTwL
PPNmy0LGVFE/MOjfA1ryBwwAktItdO255KnziiJxVFC3eqKN2p3c/Ri9hdys8EYTYg6qNveF
BG3B1Nt5x1HuXVQOdIY+1Zotfusm3s1pPr9azljPif7l817P89y3bNQOvBHE4DxQa+ZgFsgH
Z+xX6y/JWcx5Pd/5XoI8J581e3FR23bD9qJEhab6gLF1hkJ8U94ifgLRfLxssNiO9dk+sLsn
LuV+N724InCb9yO6bHu4rOM5clikgY5x5sH7E69Kzu3Vc0sd9NFhjaGt5BaLJatRLcGId6w1
Noiw4rBzt9VfnuzR1zNyA4nsuMs8iLqYHhK/7SOE2Kw3xPI9hWyqarp4qujfu1NPNo4l7bEW
7r8Vt2i8p9k7P2bsbaj6eDYMgD+uMhe9rgy12i+KPvXk95KUOy6b8GytjbW4m4nzYg4F9zc3
OXFeVPlRTUMczvwbJUUNPLd0dPLaMjLFlxWyti7V2DRTVrakh1T1ZDXxmbsutYZNsNF5ZMrN
j7OfsynpdoGjiNyInRxVJY4NvlmGlRT7K2Zs1m2XeUFVB51IMhDFFG/D9rgtp7AOwKSXaOxt
hzRVbiz0c9cJGESMvwwuA4KupPLXZ9Ns7yqfXyO2DHTAh76brZd518t30a8maSnhfPUS0FMw
WGYb1DLXtw5nkn7Oo521HlNtGPDPEDipaWB3BwPzwbjQp8rpG4i4kjvOZ4c0HFwJUdLSuwSv
OAYfYoo5phJU9W18vHXnlqvm5q2Sw3BBV1ZPc+EkAa/5KcBC7N5DLuNtfyk2OSFpda41uiRH
ZePQHzRMcRzCsIGexf7NH7FaCNrMWTrAepAsicR9KwVpQW+oLK9vUtVwWeFG5aPUhiWSyC0C
0Cvbo0KiqMA/JdoVS0u0KVlLHFhixRCwcL9p3ep8r+lf9orIWRbkLjJbO2ttSQ+aUvygGtsT
Tl35ZLatNtUSVFAJo6rYNUReSmnZI6Uh+XZxCMZDRbH8p6urmjqdkBvWQ23assa4DDuHUm+Z
C8otk7WpHQ7G2xRvpqORusTjgDX6ng08Fs6d88lXXwVOKqqWtzwGbExrdwaR2B8F5Ubfqaub
zTa8FZDTXucPXsnYy4tw6wJnkvs3as1NtZm2Zq9tS3E0NbK2Njm9j6LXIyx1TvPTsh9NV1zW
uDp6wvDhK84MzbLIKWm8pTI3ym2TM87K2pEP9spZHvkwTZHRvVsyDclQR7Eh63bMdHHTTbQm
H+ysEQZ6DThcG4KdWSOfUVTn9YZie2464kMNI3PtHP8AaifNWk8B/kpkrdmxGRv0gcjz7Snn
qbCafMNzsLld1luLfNllojfIc1LGb2wneTY7nC2Q29uqF7uOHVFDo0RRyHis/wDysMdTIyMf
MFrfBEzOMh5u/uQXcr8FotOjO/c1ueLuVt4ZXs4EfGy/atfbrdWsiLIXWKLMsTOoANb1gaA5
zWtw894jO/ep++V/2iiiQA48F806EdxV3X5d/wD/AJ7kRk5o4AcO6/FcRy5grIb9xZ3ADjdZ
AfWuMieYVzo4524nn600FrO643QPrDj6lZnEbzfm+A8UA6wtwtlbkUAwWPzraJwsXcsrrchk
xfkn9isyIh/MtKidJCxrb5uP/lPac7Zbq5IXVhugI92SedGYViYdzrTn60M7jCL9Gq59Hirc
1nw6LrCxtyFYwEDncLCR056LZ8ksbK2nhlDpmHS2d73VneT0ZNrm2AC6PX+T4z0cMGSY/ZFK
KeE23RlbvQlYbteMkQrlOv6SN+RUbTiiY0h4Iyzup87elf8AaKyzbxRw5Dh+LwCsVmMI4LW6
stclimZiV27Pb6wP2L0ez4eWbAV6GngjP5tOdUPDXAWZgyGvxTZXPdvD39HLospQeSOB2H0n
HxUZLsW4PxNUM9ECDos1l0EsdZb0sh8XK5+N+g5nLhwRkIaRnkVtKarqW0tVC53Vw4Tg4epF
ku06NljbDl+8rfhSht+j++jbaNNL9ERC7vc4rqRdzm9nrGOA96J4ohwzTmOJDRdXYb2sL+tS
4r4uuky7sWWS3Tb1LCeCzOXRqu17lkcvYrjT3oC5XJZFZrO64riuCbrk6+SjYAesbpYfFB7m
5Ls+/oyCkDju4fo8bKbMZSZZfWUJAJ3BfJZe/o4rtBc/Wje3t6dbJzcjcLP4rQLl612venNN
rWPwVbBWwRyukc7ORgfnlzUlTA5jGyZ9WG2Hdks7db4fco6uTqnxxkXY5o+CYKOFkGEAOLAG
j3L+9Zjd7kcdhccs09rc23146qV3X7Nwue4s9MAbE5X3F8vs7/mB+4vltm/1oP8A+NfL7N/r
h+4vlNm/8yP+2vldm/8AMD/tr5fZ39eP3F8vs7/mP8Cv12zvDzj/AAL5fZv/ADA/cXy+zPXO
P+2vl9meqUfuL/aNnf14H/Qv9o2d/wAx/gXy+zv68fuL5fZv/MD9xX67Zn/Mj9xD0+zh/wD2
P8CHptnn/wDn/wACYxr6HLW0g/cQ9JQ5f0n+BWL6H+sH7i9D5gfGa3/405tU6iZc23Jc7fqB
F4mgxE3+UP7qbHTPojbIYpPjuL07tn4u6Qf9tduj/X/wL5Si/WH7iuHUWf1x+4u3Q/1g/cXb
of6z/Au3Q/1o/cV+sof6/wDwI79D/W/4F2qH+s/wLt0P9Z/gXaof6z/Au1Q/1n+Ba0X6/wDg
R36HMH+U5j8hPlbNs/ePGf8AwL5XZv8AzA/7av1uzf8AmB/218vs4Zfzwt/9tWl/B7j9ISD/
ALaydR/1n+Bdqi/rLf8AQr4qL+u/wJzI30TSePX8L/kar//EACYQAQACAgICAgICAwEAAAAA
AAEAESExQVFhcYGRobHB8NHh8RD/2gAIAQEAAT8hoDQMi8OgKCWRo8JCxw7hf7Ybadu1yZhE
vc/wS1fOQvkVWH0S0zS/ZKfYY8f4r3LbEdJcg79i8cEv2uAJSb5oGgdH5sEtiAsLqfQhLGt8
DaxeH1GTtG+L7hMmXMaLNW8xXF1ldWDOduOLRpV7onODdQyILwNe3pz8WVH+m/qD8PtH9Ef7
D+Jy/wBfqP8Asp/T/wBSjkv+9Rv/AL/qW9H/AIwcANdjH+3fqcv9L1CArf2RLg+Z5j5/1PIS
hDHEv/khDMFBG9yWawu7pslZzu7KX7jwRifkgVQw44lzV8wheZ7vzGxddlM5yfKLxD8xRWdb
+Yy0oWuCqdxYdGizDGdp0uVL4PMeUSoUPsK3UFWAHZi6QMYypwXw625lsgAUbEGKTXaMcnZ4
gzFHolgBpoHvcVhWyqi1qXGD/lEVV3mWStAln8piheRezjieD9iYDKvuUOgg8vhle/mK8GZ3
T9zLuYaWXXcRXMryj1DFYD0n+Ilyr8yl7eMf0lexOTEj0PDNMX/nx8wRmxLNF8eZwZP1Koq/
wjhv7RL2Av8A1qEP/DQhgVu98MKI3j9EdtNon+vcWLXCUgfdRYsd3ruNqBnEcXFa/cql2DsM
x+lqv5lTxRJwF0OMzJRilDJ7/EYeqr/FJSDbOL2D6IZqKiuGASmw/UM4Z6wE7M+O5fs5fxLr
NFro3keSIb1T+WJtrrELEKRRxPKVaKniSwzGKY/SH4SzKEbmi2dEVH6xdWv4jk3nglXUO8/r
/wAw0LSIYHdmcTijaqi+U0fTHC/T6Zc7FcIdrKYdufMCArV7br1DYUYYvlLQ2KG7/EJVq1bq
VZsn9zCocWv0zKarV54Ssyd2VvXUpqZAocHiyCAHhgcQE1mNxi/UDs0WMWqnFpfmGqdYP5/c
u7dqmZfP+b7jARv1No141qY4uZtNXVEFd3zNhJlU4nsx1PEy4xie7/xct6T3PJFrUG+IIiX8
VL7XKiv4GFyJeuUK7GofQAbqoaOsX1DZV8URoariY0ENXILQ2uWIIEYch6OJfR7YWspiNvyg
Oa+IC225ecbR7LZ5yRjMKWfCwc92zDq7gUviXNY3viWq0r9I8xcuB+pbKq31c2ZWWfWYN9f1
ALgF4qC4zbua0ZRwLV03h5hpDAYtlM9+Ii+VOgjm48zF8ZeHCB5gN6ysKbb1n20Xh+SCPKWW
yaY8wmsalKl1X5uNBOzZ5EqpZzDUR4l1RkgXGpXPWZvcb6ZTuVn+Y1zcfKCRTiImHaPxt8wI
cJoBYUwoYqAjNq3CmXh8wKbqmxe9OKzURQqF5DTdciXz2iYtrawGM7joFpUmwrRiuptWjav+
YDFli0AS2zn6vzHqBku/E6iLQ+jM415x5zWDiZH9RC3v+Y6hrEqoXX8QUoBP91OCjG7vH7ga
MoHRcOqDL9H+ZQ4aBpyd/Cli/PuMbvmUS0q6xv4I1ZnnxX+WL3Zh+JRZ/wAEqt1Ba2/5TIV0
TIu576SgQqoPE8UwY/hAqAcxCPiWmkLi9yv7f9wUinuUta59y3UmOdi2/EYAfcuCtkR3BfEf
Jca8oRfi4JMC8ZHdYoibpauOw9sRASFBe2w+GUW0OXtKz+5aWgi4NGvxLcYC+NFFBUuezDg1
xONQTB5Sjy8eIabwf7UWBhqbiuHG9zPgaiJhMnyRqUw/V53z6ZbqQSr8G3CucE6Vmtjhyav6
ioSyOHELLtImnf4IG5ZL7sv6fEHS0dmeIJrqAoClcTGcB+tRmVn2EhVXEv2iLzKfDPiY3ZAg
gxGKYWmA8Sye8p7iTMqleEDjkE8AiBWSu5ii0u8RHcRwzAvXOWvGawhVFoBS2Kx+JWeHUYDO
cVvCFVW3goB3pGBMlr9WoV0Ve+L9W4sEmb5b8MzADXVwsAfHuYBMRmhxEtcA/GIqsVSt43KW
ONnWo9270eoxRmjeqtlkaoQ5RNXR4vncvHApqxFOYApK3CdHD1c1fYHf9MsfcIntV/UtivAO
mncKAViKyNXviMBbeNQDQw/I0TDsVg/9vqh7lM5nhmBdkxUcwbuUSr9RxqLO42PUV1Nj0uVN
oUPOCAUDPcwXG7iNSzYbiSsK1VQuRq/5ol5aY+VYjPIaA3hwNxcfUxxoc48JklHA2KbZfR2f
A/VMDprfiBqtov5nB8YlweYmGeRD9Q2t28focw1wKF01/wCRuvKArWmqe4w1C3ymT6BeSsDw
hL+rpbyP1FfYmY0MQ8kr4tP4Jbw23By1FhGKUX/lHSxhqXZPJJ9CV+0FIt7gTJ8wtmsMTqCQ
tF/8f/A6qaitAJjH/ghwMUyrYvll+pYlhtXHxdfmJZ4fg/4lGIk44ir4oVYFTVFqmKqBcLRw
XeHqIw17oFqWWJx7Qq7jY/SKHR1wjHyKjxbmgX348wbtfcCuHhjZFnbyExsKlHSzVOZVa+gK
pliFKvnLj1Eg0LRxwcS1rsgqDIx3iUsi8HhTrBg8xtcE6gqvnxeoKuBV8VefuXBSmby5XEFu
7WxPruZQ06JglMmX44jab/qqmyYPdLUPH/mP/M51LjVXPQnYnNj1c8JmVU8Lh21AANeJRb/s
Mv1HWGrHPNxigtxyfH4g14Pzr/MMdrguX/UwlcQhzq0qb26NmCcBBisEt5HbKJILyOWELXb/
AEumIhViZbcksLWsAuQsXTa8VqcwA15v5iNwXtjuImx+IWr0Qh1Ud+vMwKh6Zzb3NmDZaFxH
HwwzYLL9sKR2T3e/xM5XAjenhnXENkMVDiFGM+YyTKMIowOOeIG3fqE/CwiQExdsqv6xFxMJ
BZz15gCn/JyB/wAKYSE5l8SpT3MBzLAgX/5wY1nuD5THbH+hlIa8xaqa3TMWdR5GFOfc5tEK
H9I78Yl8zK3RukebggWx0qGDuUfZBYe4lVYXWmUtcrmb4cSE03xfxNbnG+RYPMDRjKrLTLSg
q3+hLxYMK8xQMYRE0BX7hyuf8JkNuWS8vc8tfwh7YfyxeUj7ngogJ2zc71LXQ5KnquMj+z6x
TcfwDR/5ZlWstf3H8SYm40QvclAPU0/9RLWTy9wzNTaXcamqqXJTbDA1Uz1ua3NyjUdzDmp1
s4PNRrQf6U0myzK28XaJRmZhdS1AaKeqmRIozVAx+M+A1UF/mVP2WlzHRgNC2P5qIUWXWF47
jVXaocv1Fbo3rx7gckJjnqbm3jbH4lJzkBqVuWsiq1LzwL+8Q9oRseTMQ2i5fZDueYhzGXWX
csol9FC5mnOGBUz8wAwHtYT9g+Q/yCVoNG41rV3+JZGvUqcPogAKp3MwL1OkjwRixU1+v/Az
jVzcVKf9TLiOAo9zw3BXf/nrFTKBTyuLgLDzIqJKtvwxbSru92fxLhr8wpS1x/f1GIN8y9ue
GsXTGonRTUdgXdp3VRQsYbbopxAh7Zg8+JlXir33ulh0kKkBoFb3V1LdpjrlDBuPBYTGWx4+
JeLbc4sVJ8Yolhx7xArFb/MpiGqD6RV2XjlP9uOhbM7uTM3jubGcZzDDqwflgEBbWpV6cJGj
qKo5oSgw/wCJeVf8oxzQsZtEv/w3XuZCK7JzMJa/zMcbhcbiiIuZqNFbrmVEctRnEa/ll1tl
F+sTOG9TjCG4q0dE08/gVFv5QFtrDi9X7ItBqPyP8xpeS+XFkwtz4nnnIK7jPLYlWcQzX/hT
U04rML125Wq/UBUFEP8AGOLDj47xFcaY6TD3KtN0YepZtsylUuwe5k5C/LF7fuV2+xeUfmWs
yvVO3PnPEsW9vEfmaxCcREq+xOofkgudsa5jqA8t+AoXgly0EjWI6hDFSpWf/Dv/ANYKYTKx
0hSdBa2z3pt8BagNXEDZHUqFGv1G+HHcQxsN/fM1119nUo/MGs2peXjM1cKbq5OX2g/SYuDD
f1NSbTpNYxwAtc3+iKot78Qb3K7rUa27dSrtS+I7s2Ucy9ol1d6ljLZtbyvmIaxSa50Q2O6i
GxsylFSorKo4zLwUriqbfNX1BtoFacqeK1FsVKr5fqo+LVpfOY5Eefr7g5lMPBYXSjLBVfVw
7sFc9KN35qUgndMUvCqo45ja4x+JOorUUeQBtE+hqArXFMxVXVe5UYxXzKbxC5iXKjRKhiI5
icS6zV+JkvDxRYi1iqz88S+S1R04X57g2JZV/uI9+qjuB6JdVZfXcJYBF0uWOIPqGLeTFJVi
LzODZgvEb2/hvJqulvuUlQfcDH3Dkcq9q74qXr8EBtv3MW6ynzg1zscH7hzVxy8JYBC9RCYX
jcIAcsOaCYjTMlP1NZ5/xAtG2W4dq+5cNzuu37hDNqbDzLddi9/3M77bPggVYMWMD79xWuV7
MsNXyIteMZh0JBQud3ZD7Ku2GsUQsZZi6+PQWFyzB4xyXYSiC2mYeLgdf+tsqUMdSv8A4qT1
Gu2f0x91B8blh/lv1CUKzuDDVLt/MX6hYW7isAXVVaYuJ1TgLlwWCstwDq6jJJ18UA66zuD0
s6cYF/kiW0OEuo0v14IUMB4c5igrD3AFvbqUNTPwJYhSYDeouWNnII1tcPWpSAOaYEFMxSwv
boS6OtRzaMZ8b7Q+aUTRf/IohsL6wh4xlxA3QDLJMQAqWfEKmaTB4Jaw459wPRxDyWiteaO4
WG+9deYLKdfrkwlqjKdN9TZZv/wZqU7jXcwi3x/4s42oc/3qVczB9S4wzoLyze7mDrVWVdj9
zi23BzKDJbyu0a4lM1K0vIlfEyL0wvnVx2atchW9dxqCymrBYdyk7q3HAb8hKoZ92QX+UzIh
JwkJpa2jbxTFXvzEAOCuLbm4FH4gws9wWXcxHx464gWgZcW1x5i2FhYN/CoqXR+iOnXxFNnD
Hn431G6zd+Kt1Fulg3myg/ZjKro26L5izv8AoOIAjlrnUHD+vURXTmACAyv+IDY83uWACuWO
WEEwB58RcRAFMLUXPd+cTbpzfbbstnG6m9oSPhKzi98zb1xGzcaY1ys03KVOfmAVB5OpnbgP
wI8bXjeq7OJeUuXDAlc6hzVQd2M8dwMalYLN4ls2yNcgzGa1ca6zfiPgE7aIivqIjkNGLN75
xLprMVQ7M58SpWtZ1oL71Lr4IZ+FK8A0BFXGsoYC5KSyzR/EdHydxztt5U40TIYV16Y94Xgm
Ts/0EqZdxv4Tc/KNsFUG6G8zKj82NIlcMyiN7x7uZdp7lD4OfiLD/KaX4g5VrxOa6nBmpgLx
OWySjlwQaFeE5kGqcPpl5kxaNWhEiAaw9RcO8wSAYaiURixLUyz/AE8S5Ofg8kob8lrbvxcz
TXfTmC9Slurtcpwn/wCrh/vgG5c6x1arjP3DSzbUyBlGj4mRZ6+kMBanfUi6wLw2jgcsjkMs
QMKDtcx0SbtnoM9zKbJb79S7Xzox5lP1Rge5QiXmd+5scQbLelf8ipLs/wB9SuM3t7hSzo31
GGd98r/vE1Gh8HLPeIqts8QVvLr3ESCM/TeblZqXyx/fEXDF75iUr8Q6rl9Fwbws/wBczYGp
EmBW7whWBeCNV8QyGAMKOlHM11gDFCuPUOxcEL3sfUbnbi2gOg1cIWY8QTP9uY0RGoJ3/wCK
FrEvUNPFV7ijbs6i3U5qqTveYDZsbsOV73KURU+TX7huBOp9My3JtXpJmLYW7E1po6hsOjh/
EDzR3HXiAdIHen3EqDJviRIx/qlxuNNH5jyMQfkeodQlfFypxo03f/JYHEw86YEGAJ7NF/uV
yW6ndYeI3gJWis0l0Y0WfM5AkpsRM+5ggdbHSO2WRm6ehSOdjydSzTULEUVBN1PNhTi2I0Mz
DvFAdg9EtHc6JeCpebBfzuWIVruLGYwcqMufKJYJRLBC07+W37goYYNRo4iOMShAOJ7Ea6a8
Q8o3c5NzEOafxGUirGaCyPHM2Ucmmx5TqEmDkaqFz6fQBqO38814hWAyPT/sXEgiHKqUdAUb
3xNK6yUPoJoVgbBV8y6M8UqlaQrZcuUyw2L8PMfDNQBZpEMUD/MuzQ89FauMCauXp5gGsuYi
JSpaYhbSgXrEbDwgx4il7r+2ewQ6eJWQhCRx/wCDHUbzYMo4YIlxeDcXjRH8w9Kh9oQ6gq+o
p7sIDULHmHiyUx5RpLeZx1N0/uSh3LIcYUamyCV0XBf2ehf4MxIcccFupiBtj4mQ6HOIha4i
viBdxEOCLxLVYGA8SYUuF/MIlxzNb9QKrVxVj+5TL2JvPiCnimjL3o+IdNmP7Q+fer8zFtlE
+AjAN+ZavgzMtd1GoaDXVV/mOiBeBrovN3MeLLjjbCscWP1MDf6gcGfqBd1/4KaxuLdf7hFd
2PMMop+JQunctZLt/Ev1+DqYoLLL53fExD3X7GFUWxf1FhPB+iJq2ZS43E+Ig1Fu5dkoP1xF
+VZfEEIXQ/yWTJIV1t6L+4hzmXtdutTDXyXqOhthOZTYRomzHHxLapwxxHbL97hC4MzxBrK6
tp7Rlu97v+Y2mJxljZfqaxPwPmiA22ypdePuKDFc5rjmOiy1/USXuLvdVLi2sv44g3fpBj9R
xE6XWS/qKpwLL1Xs+uZwu5StnM/NqDcd1+YQIviPRvmDkuN/MUJXwmR5dR2yNsEIl8wrbP7M
KnsRP6XUokIqllbzFL2zmOm4Nhr+GZiUF/FsRAfe/KE0Qixbt7jyDFMWO/xU/oVESoaQaXlG
iqEXgzuH0TAVNAQTQtkSc0pM1M1cDjnUNQuxO/EsWG2nxL4Wef8AkBIjBh+Yg1tHWYX9ppLA
FPDTAsCmbddx4RPKKKUrRq0f0CWPMT1k1r/c8XZefniVrKVM6aixtpg+GiJU7MSmmIY20mHl
xIzuAvMMMAMszfLX7TD21/mEX3jGnDxUvvBPMU+ZWEqCiOsteptxMTBLGX0G1Z/ExPFvhb20
w+3li+5ZWp5Ec6dNPiClPMv8o9DP81FG4Qd7yRfHB6kXzainyu/cxHgbz1KfBviIG+gCrRrh
qOVzLFwX3A2EGygN8w29v8sKlMrXHFUEtq48WSqlgO09wkugBfvGfuVpIdt/UvGKsdd8xctx
eMeZtKgJf9Jfbqua31U2WVWKpIksMt2RfqjF8xuGlcgSlAth9y5Ow8yjoq2qmADLlZdQwMs4
vcN1moYa2XWGVPcDwT5Gl/zBfoRMA9H6mGY/rLXgqJFSKvM5WnyXOVYg1MqzBDhgWKJWzyxK
bQXYU0t6zEG8IPIKN89xBIzSYIhMocXhqVrWhtnYPzGc+ZYmjmDaXAFBwM8n+FnAZR4gpnZx
1K+Beh6e4dJPqINkLNZxKZlfBtzGdU8xImNT9cbDZuD3BzWVbjxalcMKCrxThsM8xdL4cxHr
Mf1hmKdHuGtBwPipUQZHq25kD/lhwBh7l3oO2JdwYyDxL4Tn+YYD/kqo6mPtj8s/LSMPGs2+
+sy1t6gX9HUrBQ7uIuLmosRZgnC0lpwijev3hkQrfh7iYxiWA6qJbhljuKOq+Y2jsTERpLah
C2DTzOG05qG24YrHDd5tzCmAh5FwluI+QbikuPygqlMldeajrWNDrmMMEZh2zC08Li+l1zAt
sAJnOpIK3cgS+gGF3zc4iyqBx+54mYIKdYMSiortOY9y1/EGAAx1DY77eYNFQsrii/vEDdch
u8f3uUVdeefuY+4cvfH5hkhO38THZw/3BWAldDUKQ1ZwRzXLESt/1L0lpFVouP8AUtiVXjeM
yhq4NdOYCPB/CFJS0IdsfaaTm4TlLDjtmUwc6B6jAU03xiLVViPMPlNeZUUwrPxECX+Iabsu
ZcNdedRv4paGri7w87lK8WHFysUrYwUcZwyHesQvSlj3DIm8MZoBUus47CKkLiICzymnjzMO
9gKeYGU1asj341BYQIEMNEqL4Bs6wL2dxRg7VQuyHsLiPgB4PcXChu6HPsj2TBVNZZ8NR5N6
AP36hVBRTPxx65mSjauNoobN8F8PWJjf09vk8RcXQEGFAG6HjMvMK84M5+DknehjHHuYmBsP
pZlaWyZ2ritBCISjNOGZelVXN3D1QJtt2UfEvQAExtuUcND+Wo2ngcPqAczakb5js7lP9o0i
6C0XifME9ilrGmv1vKovB8s1G9N2ohqvC+pcf7JiNgEpQ9zJC3p4haULeqiXdlyRG1gqAyuv
RYtxhQU9puWv2lb3DTweWBsFDHDaNTuGxLJfLCk/aYYGGVMCeoyLHhdNBySoAcLUaO4R6KAr
3PD9wwYa+t60KX1nqAsulD6csZB8GnENg4lBtjVMxdR+YXq3RrQ5sE5itiWUQy2WLmml71+b
o4btAv0it6xLp3QGGdhYHFHxKNCgLYqGoE3DQtTq/UdJg5yStBjctJVM8PyKUGczJXX3PglY
w91gfda4hbG6B8tJKngC3iY1i1j1FliNfuAv4fthQhmHAVBmpHUt31BjDT4F17lFsRyBf6VF
2LauVJD4jL1K/kgi+llDDIn6gqNyhtm/llZxuXBFmiSqNjevgGpFivR7TBX6lwAAdfY/KoAU
orcwnubzgEtVAWIc5gvGQoGwWEYB8Quow4H65+XcmyrV7T3uUvVfIOgC1z7ln/MgAgG6+ITn
rd1J+DiWxgOoE/jzvpCVYLMZ2WOfpczTrBwzDyGY+NN/jIHisbhMSQggWXqsagf0AhXJXx3A
GQWl0zTdxg6aNI2+nKDSZTDpX3KrTOgDXMqJvJ0lisznAYzMqBlmWNR21UqY9zDkENtz5lZ7
SNIaOQDd6lQBpB1/JHG9sK6o08lfwogzMAW2DSs3+ajGtk6tfuPZn5Sxzofm51OafiYyZlMx
ZS5jjcr4RDWTTDFukZuweS3BDCU4FZ3DiKO9fwv4RuJS2ClcI9FecRgQBDHWyzGMHUFw4ams
xbnzDob+KTrjVvhar3HCCEvR4yTF+LifR7CdcrdlMRVg6OAEAXDNMzDv4MhGlG+68sd5wUVA
rKjlKn90wjAUVsKIPtIAx3TLzU5RhEQAmJbTFoCc8loc/UShhMVUAxzjdJfmHnSRGLS2BIFQ
b/JBZWalVH1cXn6+ZlAIuhUCaXGCK0OUKgdSmEW87/Hau9R0o+kPpbjtoNyjIHhpZVIVbWAb
PZFAsZc9UN8S8/ojLkr1FpeiAYQMX5mIz1rtNxRgy6qV0JBPUoosEvEJbKkeUVCVuAGtXbLc
/c01QctCDX1LCuA4YA1Yc+C42JRyfqOs7g4zGKs1/fuK7l3T/kZHZPMEZNdryyiixuXF+rcd
U1fIUgi13yb/AFNEM9sqdkeyIQ4BvqXIUG86ik6OJuFXq+ZVAlVMoKivLb8pTswiMgMxpwo+
YGbqLAA6ATwS9CNMkUo7F4ags2NFJtq7MGct3pBi3Zxm4thgBXg8GcLBEGza5QVXEW/CPlHP
rYuhTJ0mnV2G4g5BMsSD6zJI8BhTGO9ocpsx3g3K4uhVomYqw1xHZsT0kstFjpZQD7HWuAts
5AuNVrCteQKimqdwhwyu2O28McTJUs1FqDRa88TCK2Ti7q2WN5lgAnKF+bcsaKuczfNNRnkw
QJ2vZykdw2C3KY27WS2pXTVahp6Zbo3Xm1mE4rhqEtGRUdw2Vv7FahNtLfn/AAE7nMDOzWNH
9qKqMpu4tf8AlwfTMXXNYVVUPLb8IgxZFzkH0wVtRWa/0QWKDgvySqx8TCoOInGoHzIFpPK5
/EMMvMzdHE2jLNr4S5q/QK4KS2u4YaLZ2K6IizAc59/RWZeniRYb4By+YQcU0oeG4PUjo1hL
33eYgfiMMOA3lTNBy+InjHaasYEHUUsO2d0Xlz8Q0Ey1dC9GPSictWHWrGBTT9ISZrwIpW0R
YEIo252XS78MxYVYcN3d2YC9LOkDhAKTo4bsOpo1yi5KYBYyqTUopSxnm6L1A6IjJhYfIgzL
WAwPA4gmnlRofkH4RkrKoDC8376mKLAZL3v8ma/AcfmVuOyyqrmpcSAGuTlFGgvPUwhoo3tT
X+I5DyNeY1WosFQbjV3cSGNsw50+OCOxeZc1m2dOJU6uDwzD0uuYtcDWLyH5mW9RwjQ1H5u3
X1DFxd8TtC1dR+jHi2WlPs1EAsA9xBDf3KUu2dYgByH1C5exjyplDYHGfzAHGSYijR3LSKJr
idzZu8ReUKL5NdO2CqoW6PPhGQL4L36jsy5vSPpcPoVmbymJFF16kBjWq9FVd9VyqlI8WTG4
wG8Re+mWsuDixblh9BWDcARt4gIw4dj7lWcFbwgwobV+T7xMXKHtoCjK50TwJH6NbBLgoOY7
ZzW/PmKLGqXpqRF1coq0HhPbxO10PZzHyuEUjQ2dq5rU1Rkr9DHMqGuA4YRxqXi4J6lbdlug
wL7G4twAu8LP1Fb5WccMtrPXMce4XqA5Nyl5Iml7tb8QRlJ3SVeTpgv5Av5FBNJxFgN6ipjk
LM0YrkaceI45U+DEMpQo3ObvKGk5GBpsh6WIvF1k8Ww/KQu4PtHNN5YOpb7ravkj461bGghn
lUKslAyKcZdGNxMhONQB4bTmYiiTdVFY4sLcxNXEfho8upc+Pcsv6DKm9JqoXVQqxxORFF6S
lcwnzGVw2khOXVeSweF3beIAvVrniMckiRWjwB+ktBcWHqRNWDoqY3IhiWByaorDlBVyQF55
5Q0TdUxy/e5Tbha6YuMRG6upaMUcmWoCbnyu5gaFoowczTMWOL574eUaSmGNxyJ+iiiS6PUX
8DgBTB0WClVM+MYcGdTXl5m4L8ONwacvxDHwYerUH2r/AAioaW7udv4S3CuEImFupYxdX2C5
hZnzupxOBf5nCG7oNNZlK8MZ9QUb/iEUminEsLjxFJHOYhXnB4gihuY3uErVOUj2h/NOP1Hm
5+W+oCq7fAq3LyrFqSnlyeZt0mm3lYoWQuq6oItWtCnPUwS5IhjQvAy6mcQTetZFOPOZwEc1
ycHXxN6J1Wg9Xf5xkvkojFRazNkq4mCJVl0OWSz+TLgoeXGCNa7pQ4bS1mZwq2+Me+nRVZg6
BwKFGVvWuJqBYNIYQWqacQ7GnNyMpUUed5lDUxWtBZVNqAYqozXK6WNoLwSwgjOgbzDAuhme
B0CzTbduYMRny0OQoWUmYctaSuxXAtpS28xVVg3WMmuviC3pg34mHaoViscQvK7lvkEaC+a+
IjiOl3GjW+5Y41HDGWECYaCGB9o8mCnqXi2rI6hY1ZreSAS+SLxcWAfCWOGsf0lq+1uoKoDA
XcAgcnb+Z8WUNClljXVdJdLSuTmS8XK+8NZdRENVU2vzklsp7XAJpUpqmInthNKy0C1i+61N
5Uci7oYJaPlmw66lb3eDzXZXLFotmcPNtRuHmcdVBFZYUGdTsIglmXEsa7W1FAUyyp3buAwO
VUwyoBGMAmthEK7QSSUXbO6QeCAIowCCKKA1m9R80KLiAWHTcTQ7BGXa5MubhiVogBoGyuFh
tUyx8u+Jd1D2KkQOYNAtwQICiwryNfhuEWv7jC2W83mo9DkdppgL3uBchqVteg6uKD+zF1o/
maBVx95vxDNLgcdyo8NShr0V6nl+BNmYmpoLJYOPEuVaYsH749S6N5qVjSr7jkJS0ENF2o10
jBPVKu+YyYon5mk8bBNMDm4ul+0wm6KjLDHUyWK5QMsepVVmo1eQkEocH78bLZ5g6L+e5kK3
Cdp3lEfScT8OtMcZpUPyCQHmco+sZQMwUl+WVO4Ix9TupcJW1mb7almtZJyc5fqB4XHB4OyL
UrqIqt3ShM9R6FhwX9G/Ec8oLcrLWM/eFUVLRxI+KYLRQpr3qEg6MH76JE32qkxqdC+ZeV0U
ZZbmC5xMAv6QihWDC+vuBrTum+z9ErvdbKL6Df5nsVrO+mhYBXk1q474XPKtv5nbcQTuQ6+E
jONvcTBrSntN/MSGSMAX4JQ6Gy3xXP7l9hNbovX6mATWlzDBnWGNEuqWodNzyiYU5IUL3Bo1
tweoX8xToSNXgxbDgW+aTTNGsm3U+pBHAkprvHcRg2oZd8+iYHyDZX3cQDtWtT8PMsbHE3+o
H266VW/zuYnIi/5hm5sGYlDoNXvO5l1NHLXcQiy1hjlh2KedMMfUjCSUXgYPT7laEO1tsXZp
8y7XNgYl+JDYe9tXxWzwGJj+EzIEtGjpK9AK+sc2FW8hOIdAi/IgxCtGr0FcXqdhwH+FrqGq
8rB7iBWB0dF6Up+I8cOvl0x8yhWyNs40PMoKxGRxQOhvzKaVjerreZpaem5ZzKefiCo/7ZVI
GHF2GfErDAuB8y0MnzM4bl4LEXeXHEahadWRLUY5gKWJblVY3C7q1/EMg83Z6gW71iODY2e+
PiYGiLI7gx449xZVeRT8xBcNzONLSv7XPN8/WUduu9XMZhK3/fMttz03kgaA8lYiAFBWdGB/
VhQbWeHQmjpGSpYRkySvFjikeWCRrwKaOErVQNmfN3GaEveHuuZPWIUWVc/cVsvGpF0StfNw
HhGNHuxReXSXiHIDenpS+om/YBtngRoGEsFcFsutMdNUAoAmPmKGI0Xrz2tVdyOJaKTO3UzY
2zu9U1Ab3ikNRE1zZntWKHh3L+f5aMn2LvzEN7piwDS+bEwsEpzY/CbmS3wdQQPJKI96CA5r
hi5qhWXTeNzlZlLowxMxvklPoA/EteQh7xpc8tGIYdTO+oq7aj7tO4ieDD5QaIgLpVfma/ip
VRXNGPctYU854C0vMeiBKvzKypouVPETLUJuLVl8PmAgVPiD5aRber1rUaegNAl9UVWVFVtE
N0hSoABYyDFvm5SgmwWYr3ZAuYYCQha000KPmZ25sBZQYotjyWIrdg2zkO4VRyzh+WxLEY7h
5NLh2YQN0X/MaYEnIuPww/JktgpiieI6oNr2hS0c+NTPtWYGZBcGIjpRk2COmE3DdCSzWocK
9GWDOIzfKVuAe46AQ5p1TMKEbZ8nQVaC+0rl+y6wVqDhFrKAh0Stu+8xHdJjwWiqr7ncoSmB
onXhqCBlKuLDHvG95lWZMFsr4vxDxaPDRKEb25bq7/UOwvE3ku+u4YSmX6/mWWq48xxrQBFy
r4JjTHEXrTk1iF65rUbwmrl28R905mA/BBMCUXFTNXXiXOuQOWoIfoROF/x3PN13mIpOKbYN
RtwmAUo4GU4c2F+4QA1GSt23qRp1zyjs9xs+FXUSSEa4ruWCEbHmSWWWhxlN8QAtU8jg4Hli
nkxXt8wxC4aoCh58nEYmQYUcLLeMQuKGlXbEoy4gsOMIT7PE2wtVwH2PHM0QMSslXjP8cQRq
jz4JnjIYdzuimJCSG5I1R0lu4XrDq2flK8AOremTOvjEM0oBglBVUW06qwOZNK4g3CVA2Xvk
WuZWu4LPBg+7gxqoMzBYPiV/9toFi2jOO4qUpqPwibSKYdlEtyzS4CWT0+Xbk/LUWuj5xATs
ndgEz9TUj1g4PrEUO1Z/iO6ukfWAqd7YQDyNWt1c0DuPY1ifGhetQArVFdIGUBs/Ou4OPReI
vRq5zPAO0xCyM5lbBybeJbmz44+4Kiu+/MqGtFDPPMB4THv6ghK0D+mpdxd+hB2yivEBmijf
+5vLJ8YlRwNL7TpxXiDQQRl1WW9RgeTTVe82xW8GtssLaZ5UCZIcQTu2BLFA2fjfK05dysms
Nmke0FbqVYWQ+bUYoilh4ZtS5IobOT/1GAF5kbxNOsMlGTAukL04qXyBiSsApsEWNrvqsXgl
xBXesyiigSucYwsatNEDct2+7tBRa611raesRgD1FCjCVPEsTluH/eKMRl3LPZFmW4lKN0Lc
kPMBp7SZK+RCy8CxGVn9DMyAqhmsZvm08Ukpso8oxxFbJdLPiYWDlKJBdHxLDp5XVsHiWUYa
B9yp13VPfkli821/tgyMS5KdsfCo61ig09qFqXBVttQ9AA1rJG2uzK+xYf1FeWNpXqTPNy5U
hAywYtlebuZaNuKHRerNYZqWq9HGUbA4XYVRUYJIiEFJUFEHZMVlXsDgE2JVz04+oIE+BbEm
eFKZjqBrtlMqXB5BJPBo4rBBq2RRtTgHluoMbAW0clmkPIQWwWkVfaLQ8cLtXdbX7gi6aBqF
ocNPM37B+dNPMZflVQYlbwlRrXpipeFa/iWTEJZqjpd0GjEN+inI4Uq8dko1KAZEr253Ky6r
8xEyaxmWjZXe4dxYlnWvP9uOqrhFZalKtbqMuYE4UA/3Eeys4PhEF5NHgbPqWXcGX0l7u9Dp
mGcVxMh8vctL7h8uIc7OLiv75l47r+h+JjUh3P2WUw0udzHF2bO4KnzC57h9rqahD/IRIrru
2eoFBf33FxPlHj5uoy7YdGrdOMt40Sn3zu5DFaqZ6jdbSk6Dn3CpwublG1zO/ssK7HY7hrA0
apppfJUpvTcaiz4MsyglyKu7aXGISnw2Ggw5Mzt7vGtN64tlsNKbN/QwXicOGXhl+IEr3ImK
3bHWI4GgtUVu93Ksho1Om2tlxzbOd1rbgnMdEnl3xK04CIbBvse5o1M8pfxS5Y+Y8+gdHN3X
GZaggDMK8BbTAuhVjAX9XiYEA1dqdC8X+IjO3olii1bcZ9eois8VHRDgnpCYlbyLonUpNnnq
ITD8T8ThMsuJkrPnUSp6PmJtp38NQx2GEOFCzq1v2C8U7MzlU/YO644ld6LH+omqp8pt9Alz
bS29Q1xGA5KLzEsm/wCbiBUkbxTT1cDRxWn2jALaQuZyDztdt5NS20SbkilW6GXENRVDrSri
vWErwtAwaaJcEHm3KSSmYOCTd4qruU91UUoZMYoSrDvS+pHiaslBd1x4KFvLORsUV2IolNVq
s4rLEFmCJZCBuZIQQRWmK+k1BsUkQc3J5k0OVEXB5VePqAyH5Z0w0YRMkrBjtTGxQrlBY7DH
NhxKNqhgFrpRqsvDpl2y5vALsK+0CF3hoV00VcsRwdGsho2H6lCnB6+xpqj6I3DQOlZpVgKY
B4zcdD6jsq8s5nfwkAJb/GJWDmbtQT3Kwfaozmc4PiHhNnL3AEMqUOcwad/oQDbInAW99VwN
w6vyej/I1FrDRTNL8SzMXD06aj2XidgtZmA9QNnJmDhVeVdzQXuYGcEVD2mA2LaaSYwsGRoH
lcLKoqRnFYRd8GWJMT2S31xY84qGcNpJrAmdc6hVZwAAvtMurJYji4ocM2JxY0s9o5XGY5nR
F3R+q4tNFO8x0PlpNjDGWc0Ft3DYWMsEyGrdYExloKsVBtujhuUzzodWlBrhpgJ6IFABd+uI
rQS7zcfXjxKG8FW6W5WpLmuuHtABsqdwrB1ZjnSbDXJrMKB2OA3EqEq92QGSpzDwG+4PQDLW
Ij13qHuJPrs8N3e494+fcD0XoG53v6MQFpztxcIVzekLGDP8Rsll3Hg1Q8c5JvygT5COOZg/
uZc0RjCPY7FM5KyR81cdauaz7hJQp/tETL331ONQAC1FFEy5lhEI0OQ5mUflspgNOzfGsEZo
tcoIGraG4yUU0WQjuxiosBFs44+pnLOQ4hYRv/CTArtxDnLDkTzTEMMXEkoCwsjZUassUKl5
Em17mZIZALViDtGCjb4S6l1mZo3Nir40byXAR79s1KwVZqDkbkgNAg2rUpK2BNVchvr4i8IQ
aJKRsPZH5w0eVr1rRsi3QIw990PeeYBJa1wMbGW5nCcJgAGisBM+kat16hYGjhe5uPzGoeJB
Ys9t9I47IFYa3sBT1Zl9H0ocikls3ALsr74vwKqpWIIXWWxObMKVbGJljQonHUUSMfUKtVLu
nLDG5NMULKrsz5g07rs8DDslbDTgHfBa8savAuYFUnfFkbqaL0sPm9SursziIct9R8sdge0N
PkGsEMpX/UZgreV6qCus1buOZbkKbL7ogr07lK8l6xMhrjq+6/mFRwMHthqTHJl7DOc1LLxx
V9Ry8f6lVaz+YVZMdpLDFmeKheXAYmRf3mY4TTpjYpv6RKswmgYY78fl/uKlUuJUNS6jo5Jf
R4xj8RMWLbC2SPpb8xs4tu7P4AJRm9iMI2l79RUjZfE0d1CFmwNJRljAtuo2QExapQcY2Qq/
pSjNe4ekaucg5uFkZyOXOm8e4GPJmeks72ZmDrGj7JWQt5oTywNYjS3YLzGiHhMZLyyzeHwv
KbK5mGD8pTfZUvKtxDGKrJz/AMfEroH5KEyqZ/yllnR18RFh5P1Ly6katVtbviXlCwQtYc9w
13adJQlbIxs7JfBtx9eoi127fqYK1RG3BELm0tZGdwh0ICWO15uspQ0VOv8AcyQtdVcxlFeN
xBUPRxUUNLxrr5iAOXlxAmdjrNzDVV7f3uJdOtMw7KqnefkmU2jR/uVAscl9vM0QrrWpUq58
o0UK4Yh4ObeO+Fr3Drku5PfV+pQLyFJTeeyLSdPLiDQqSS6MPT++ITlDoofxFVJ4chrzLA0b
pV+NROOKvHTVeIxHYu8QRZDY4/UbgunGIoy3R/KCoWsBkY6ZfcwyhxFbHyKuK1YeCVD2UqOz
xAcNnjx3MtDWjGzp7ilwBlvWblJ9hiIWF8BnGUzbx/hj8zOzEOXtfCpRDR1lSkuvJDBGy4Vc
FWitef4loeS1fiO6IMvbyQUhTkzBDtc3uXQc9ys2Ld5QrFhSQoGrt+0PkJUtExNwKsHbFLei
VTrlmSKBmZBV/wDR9MrmAaXONfMWlLar9alFH2+fqJn3Z9RLQBq5bsSZGC7f9Ss0qOHN4sLv
EeiDuB8XVz8Rg+CK3wJjuUsmPMP4izBl1ib6HwZaqx2xcuadjR4NQIANkJ/WJqYujMQRP5zN
nggggCF91DhAFNRloMZKYkm6PkR4VGqsw3Rkmb8vMzN3R7j7Sx7yaPxFCZJ85qENm4Jtr36l
A+S/tnIdbay1+JYIeh28ZiJsOYpMpromE8yg+WrenTqCxhL1d3mBoPLEV3FdhJAHn9hE1VqP
B04JfCI4UxVof78RRUbXqIF74lAjo1K1EZwm/wBwsZNF1K91D5zJKguqt+5W/vVlVLui9S69
k/fEKDh1/EPXbLXvuUVWGnLcVYi13JlbWBODhVtfonwgTDGcWX0ysL1qXQ5GPIJooe6uXXHw
/QY2eMgB9O+pXeBgVrznn8wVyCznuX/Aw0nvCd6STpsm8HQtTWaq2IKjKPKKWqub4qO7rbqA
KOKaww1mY05Kf9v4jijLpvlzAHOpxL63SifE4BQhWHCx8ywbk1i3m4eqtwbLx7hWVFT6gGyr
EXcFYP8AssQhv/NcLgWplfqbFxbYDFt4o/pNAtSVIBUANS1Hqsa9H8MLTHFR0YH5viUxrayu
4ga2H79R96Dx7nFe3EAZfox1Dh9oWkp525mPJNAL1X0zC37BLt5f3G5yWPjiFDGITQvPH+YT
52vbecYqogErKr4gRlKzRy7zLJjrKfI/JiQqoGYVaqdafEwwAWXfh7JcdAjYXgVxN9RfGvxL
k7hmZ0sAL7g7ui34Lv8AE6NUZXxxFbbJTA74X9S5UzhRPTB1CEfXsEXdL8Q1RRXIbHDcKpHY
Qt9oYaMALsyqZeHqWvKBtdtupUhRra5UGb0X9LM9BisvAh4mYx6FbbHV9PMrCCsgurffMYSQ
ZbTUXhepfjuCMGq97gDDrJm5e7NHvxCWZKaa8BiK6xoPxyxGq3UHF9zt15a++Zt5QM7uTJX/
AES89x6663MYAawfxKgbsHnMyJOKPiMt4TUEQWoq5epkFfVQcoAeEWKNR5N3fMyCgRGKt/7h
Eb53r4jjRxaq/wAMrZMvV1aO4w0lUC+twIO0JjV8zWDcElh8vcA0tWFCzjmVmrL3t8lEz7JX
zKmd8wcKyuS6xLVeIEuF4p9zflTVDredcSt5SqhZttknOAge0qEhuFcXAiXYLZgq+wb3u/MC
rCpYgvpp/ErAsZcW9rPqZi6/RDMTDKPW/uVTfieLmeSZccSoboHdf4i0qoykZ3suvUFF2OmP
a6mcp27gLd2vE4u4JWcOf5EqFFUhHPMaZbPseSbRpmnMvRlWG5Wd0S6VSOouZej+JlUDqWci
+eCUmH/SYrWeSNBh4SusjYPc3r3Mhe78mUjr6hOSpozjqibZ9nBLFCl26JWRa9ah6wwXwfeZ
yIVq3/KFBgvLp/lLUpc2/DpVxNB8Tde8UGILFVScZ62QcT5Kxg1W1k6m8HUEsoRrn7lnrQ8y
qrHKeJlF4GKZq3i+o3yjW1dLUuwtDuO4/WCt6V+LtmDd7Np0/wBwb0N7iNgsYlTnRpO+PEw0
G8tOjG5nv7sTPhCucscy3CcBpe67ZcLvxr3crhNlt+D4m5i6PhqZoHH9ZZyHwloMc5hdqFl0
+YoHBAK0yPDWLhDM+XUVbFS2C8bnIVd1f8TNJxxbX4lOMs8RFMr6cfsjFk+pSDSs6je2Zmpy
LcYgrbs8soG8v0jNq+Dr7lCxNTdZar8wTNQBKu8YuaBS0agtMmrM5l0YdhHHqd+zlaYgA2Vt
vdwl4rE9L1heuowBgfAaPlUO3sk3ximoWOz8KueWfFS9NqmzD1FnkOYKIaGYMFnDj9Rg8LXA
Vfg8xk2Askz2qdA2y0uq0sAzcDar4AXlRHBZY9F7s2ZGdEuEmyyfdr1zHf8AvCgUZxtlGryw
Fltma1xDVE2XBjpcnnuBh1Pi63CT5p28kdN+JVX8xDbR5D5S6Wmvxr7YnaRrG/mJLKuGFr4n
MAOWXmnR3F6mrVCyl5LEZK5F+GFc8UeJBNxMoDeOJdGaP1F+cUVVwqGF7vTr8QkU9PqUqhiO
eGiDVDkifC0r1A1KhV2oLACN/wCSBg0BCzQEPxPrQPIP5TeH25g9APLN6a89e1R1Kxrsqqb5
JalHL4276jbp5NOXni4RI69EZu37jIzoGOxc6w1LAFIcypcMeSVtyFHQGXo3ZA2sEKlli0N2
VMHw4pfSw20l+iopLoo3UVDDGJXFJ68Tz2l83KbaLdFQbqUcDCKVw6xHR1HqGhewvvcQ0scA
rr9dze9gez3MRyAv3ClB47llR5s7Rr/wiTlLGcF/maf5iGGD8QKUOJeLV/qM4jHq6ooiS/6D
Ucq6mwvey4DkQvu5zcmUAwfMTaRt0xWBdNg+CZeAzXfivMtTAMt7p8tzqELQFUe/vn9xCO36
lpahBzMrXtw28wBSj0mDNx4vV8QMmPlZa1VGaaD2QwHsHbfkmclsYGGB4eIgOW+q+0bghaCh
86Q7Tti5gPj1qa9OgoyPNDjUNqQA5hclFwEqqCetQTJpj2alkSJPLWXd9azB4cVVRVuJLeTt
WrjLhTxLTVPB1lZCrJWit2ttrQ3L6cSrjziRU1DYzDogLTssxuVlGiDrM2V5m1usQxmfOLFV
xeIKVOQx/k8wOXByt1czIS+yWrvtmf5WY6H3bNjgCXkhXUWviPodk8SqODvKf2eI7a/1R0L4
DHfCzZyfaMXnb7ia2rzCysziI41z4mAMKZvmCuUbSArC/nMZ1QRTGUuruz+Y5DqXDeZdHMVK
x3BcRm9cykw+SNqTUp2+Iodm1eJYGGJANHLxePpBc+DkMQbvQrfRC0lxZomFt9S4KkBySr/w
qXtDlV3piyUMkPY4zGmypjHEO7Je6sGavd4SupM1mrENUq24DBoEraTkAoDUcMwzo80XWN7i
BbfjSk2joBV6WZ9wwlQAi+VT5jfCn6mxoTLeIOaRAwBGQU6qsVHT1rjUJ08tTE94boWDjCX+
Y5uq+YbyYqI5Ck90rtczsYVW3lG27XizGY5g4NPmWVuIws8dsYjMsIArdXtXcV2rzNFjy65l
iqcvbFmtJwdrwRBHn9Ch2S3PMfsPE2r6lcCKv+2WYFNtd/EVtawxFXJL3mqai4AAfmXsKRLo
88zHoUzHa8PuPMDqeZxTq5bKszEpzfvMeruI8iBeHPHU6CuoFhXgF39wHPhMiPEFPhNDA55h
Y7cHbzGJYUvjS1EBSrqrbq4slCOB2/y6jMry9V5ptmjmVeJ5JVb3BlNceEae0F7sulhnifBI
RmFcxxLdW2wtw8hqYjl6Ny+XqWZhRcF15/cdFRswqtloQNYFtlffmBKy/QGF9QHkHPNWP6uN
WzG9VDUZLCN4BWliZXDpgzNZic38Sy4mJM3pDdx1X6L/ALFqHBvNvuW1Y8Lp93E8xw1coOYt
v+3EKsuDkZ9wVKW7Oo0Xw3MQPeUbLG1/iXmxzL4uHl3A2R4y1UPlFjUjqVLMSaRAWiOHTGYY
qSV+Qy4y3nN4gIGnqN2pyygEVhb4uVTeBpagENFCHv8AUsGicGC3C+EVRWVR54lNSq7Bo55P
EFVN0C/xlA4igvyuhEolvWC6VXdMrH4zR2tjezOIlpqzKBwYVxhEVYLYi28mB+pZmKrYuW9G
fSeJkgr+AltVZ7rJbZjE288ZrwD9rgEjYNZSzimrZRFUtOHgqGcLR6vlFUY5JqXRTq+v3Lit
msT4aLbC1VuO088TSaa4zUScmZtyzxAwMPePmBWW9RiNpVK+ML887AqohszAabPUOXO91Lgt
L7EhEovxLt494/cyEallgHNOvcyIhIhbpMlx2QryiarDUPkSgUm4egyjheewIwgAOxmXG239
xAWPRa+oQKFuKRxTy617RXeetv4JjpW6UfbDzClWVUk9jSRTvxRY86ViBS7ZO62F3qUGCVO8
Cg74YAbqXO2nEUZFM7jGQVQQbGb7Jk9sAYgpNs7jgVWvaS+MF/2XA7ksYwYMv8QIHVDGLb00
utHC1WMQhWku68qD+URhxkOBNUpdfNTXQVZEsjyxHi143jFHib7jv8roCxcyNh5jAZrPxBQ/
FyysCwLP1XWp0D6qBz0IZ1c6CPcALfivcItS+oRuFOHxhyFsPmC57cIueiIeRjZpriYweOYF
AaYKyCNdZkUTRsYxeA1XqYHHE2ZZViPBD3L1kalJw88ktoCsRTZqWNs2y13iZa1MGQJkWBz9
wXkApsWg1d6uOoUa1aI6NaizvttqyjCysaKhyswLKB4m6eRVhVwkcSyzSUrBxVx6YdOfLzUs
imhgOQn6EYh9mIcsmvmzEKFU5wyLAb+c7hmkKwYwIt94IijxRdP7PrjMGZmHTSgIiaPHEKN6
6lyWBwrwB5XiLRlVDivFGPSWwdj2PHUJTFEBCDLlgzTkHq8aYFqHbWbSG75OY9PSuI3Zx1A9
GSrMpXJ26g8n2/BwqKeCWj0UuXzzBlPS8wpTKlTbXwPMDa+KWjhAfOMFuq8CtrUFiKHzcW2g
TioqPXFcyi75KgN2ud1MYwcJ/uVyHyXfmIF6XjqIZmwT+2IBrQNb+INR0epWIXyoGsQM4SYn
A6GZKW0D9oICmKuSc40+JyKPIQ9tjR7B9XKs+FooOHLcrZgoo6re4mo21zfbRyYslghCeZeF
zkhsNyelrw8l5jl3yDsdETxMi1xYO1lcHrO/DwXGA4qXiU2NWCHJ0ldQEtaR5S7pH7l9OSzL
krwxWWXKqvRa0UNXqIAVpdtQoH5gsnm/kczHuZ8rTlVC+XbcScsRtYoMrYY5jqmxUOnI5ioq
MtqJtaNobpmX037Y0oA5VUPAYrPDqzbCanPLSaznovUBXE1kHpUx4mdgqKDkEsfEmvAtC5cm
Ol6Byi1V8YhAU5Z5G1wlwS2s9A83AvJd8PlcXbPB48RZAaaYxK51XX8uaglUfMtSOrtvMdM8
kUOBo1LcGMMSZAPRr/kwFA88j+IkPKGWyrLx5i9PknGh6loR6iFT+YtHDF70O6iJtSwV47XG
fErU0vOAmoHRecdTOZBh4IW07I6ZiFtO+EzN3beoBJyXgVWPsyqrE6QGwi8nTOc0gRYYCcFw
agC1/ZRc9yYx6sUV5QYPLHT5eKtEuDDdwqUGLuhK9usS3aZEg+gMLlZrYAWZijxCZHCppXdW
/mUYuqSp4lXzCWtHb2aFfEtSTq0QFm/bKNBa2BQPY5lJrK5o6SVg4g+9QKKSj+aH67ymOdYA
zisbU5C0U4xAPXwAaB6ljm4oEC1j/teYU4CTVvyPUurnQqPQGHYNQ+qFbpxVsfDiJ0s1UWfQ
y9PmzWpB6UaPO5WK4MxubgJmVl3+WgDdK3glCVlTdcA+Kg47yiUB0aqlPHcrLwmornCW/RTU
LqoCYhHeihRuHlFLdFNcoFUuLFjNbazQ7G9Ilkt8HszjorpRbJ7u/F9/iBC/Vsn4JUZhNVCO
FT4MxpQ31AF0x+ISQJi/mqa8A7G7zUx8nRQ/sjKABAcy7YHjXco4AbopzgpMooxRpa8kOyOD
HXcVrU2xa6tYnd8Vh5/iYC9UEa6LWXP9WDVtNi0NcEogXzcrF8dQ5lU0fD6kKj0EUzaMb7mU
Ry1rwazysBhSKeM44jJZgtV1q1hetcC2yc52oPyQeVXRD4fTkdnB87lnqSCk4LIK4JrmJCUX
eF/MYKWKzRpmpZpiBWsvoLmXsVRDfCp/MToZTYG20auF+rQithecTJh2RkGPNy5YEZU/Rv8A
5EYpLX5eUvQqWLeuZaHuCsVpb8bOZddocL149eo3bMumX3uXMvKWqiXds/wCX/E5j6WNEr31
DVjxFEsysM03lGLk4W9o3G3ghGWblNel6vUWM6IFeocyiqzi4qoxtBaXM0pvlDxJV5m0sGPN
Jk/x8gtHSoarmWs1YEFYBGBJlTKy2XsycbgpqkdaECAbCvgP7jsTS0DZQ3BajQi4ql0gPCNk
YIya4YBzSVTMUa8za6b2oNuvEUAKC2N4/cFWNnrP7iT0DhwHdISwZoVonJ8wkoByYcYVM1te
ch6i1h3G2FIAea/5ETSNq4843HilM6GoXLZDbp4QO9H5/wBJlBdowvukzdXkcPmMyvtVY3Fq
HC1ryxDQ4ege6xPJkWq408LYmros+YuxmgY+Wa9pi2i34xLwt6K4TG0bJUhWa5qgkAEptPRM
7RFUx5snAmFmvdxYUryGPxF8HWtCnqjcqlGuCJa5VGMAOn/kYl0e3/Et46MrfxzK+8ksEaSz
DWqllEwqiWEOrvNPuUTo/df+Yjhblwdt44j8ir1DeQD7EBQwphSCYZSj3BMMzDy/ii0OiWew
Jc0uirqdzvgYgBGaHqbgMrBjKQaGepaarplcLfw7Qr6L1sVBtILxDBgtlffNtasplCBKAAXj
Cr2eUwpG1ovSRu4zNXZtyv2DUM7zT39Shz1XnC4e5fnAthSJwB3ClTM4s5+oL2x7JXrxD+kR
QCpiElXqpkZcDXHrKjvpzCHDizaBXlqO5PT/ALA0OfbxBY1BIpV5Jld2nKBt3f8A1GKWBb1G
jZ3PAg2f5nTJ0jN08las6xJSVR5vr6mN+v8A1MvCuB/jmZsPGDn4ldyZjGjPcDcwQwkahGip
GeQ3RLmIA16MwgmBWm2ym0qwfxIXtR2lxUKUu7v9wAEnrinHisrzPLAjGgcB4zmZ0jlXgrgH
00q7NgjumNNLlqYLtbX1ylZmb2jTZgsRGLlpBmb1vJOMsbBzBRnXnxbES+g1NRMsGjuIsrp3
mZX9d231reYYVEgiSK/c05LwAdRDJQVbcNyG6o374ltNqWVDXteYr9BJcbQNhM5RS46zw5hl
ZPL5hGb3DOI8XuME0fK5mZMTY05iljCfr/BFRsCDrEd2lswAauD2Zi3Zd+YN7N/xEhbjWU6F
U/18Q7rpwXtv5niJUsfpHPhQ+JwMcDMPqjWqOmuamghaQDRuyqfhn3iUgHIFPGAlzFAvkX+4
wAVrL2VXEwbTd8x0C1vrEdBXdj8wFR90MHENl3OVbKfRpBlVYHxBUXVbiND2bv8AMzJW1JpN
b7lkyswsrw514bViXgYgQHTq7LxAroS/w1mPqZKtcB5gOV9Slqhu0hzgyZzmYWpFMDonBpTm
PAqOR1AbftLsWNVjHFbkr2sQWIFFPRRutYY4C6n5UbICIrxVnHUEOwSv3xeTv6mITpaG0Bzz
r4gWxy2HErfSuo4prfxADzD1KyzdMO2Lalgb9RORCo4HHG4W28iRGvmCfD1OUoH8ys4wlFGz
WfEppXCgEOICx6Ji6m72yfEug+J+4nihsP8AMuYVb58cQeif6CwoUG2VMDtreNyqsSdyAYR3
mHyQODEM24+mW9+Zc28gLvqIpEIAd7lG74hCRmpy8dwxoyY11AtnNZcd/EGB9A5qnP4lUmCc
sejOnqFdQFnnogAEf33AMVXCaLcUl4aGF5WQXU7JUtG/uKSGlm68QyDEbuTmDu8fxqZE0+X3
NWHyDReioUvgdK+khqL0Wrwt7XmIuxmG8wV0aqDBI3mIu6ZGG6NWvTO0+LFtyXMQRZCiqW5S
pWItzBNtprFv4lCCtVuNqjBMUeiXH28bP99SlQH2xOi120/T9zmTCvWQkIZWvOHFPcJqwzWB
hiqZeY6QzAB6XvUv16SwNKzka69Az8RB47YrZjNKoGj11K9VKGLKBZGokK0AOMcS9dRWmXLl
iXgluDCNpScb0yl4Dpc1B+oAP4XA31/rzMxznaOXqXH5D9pgrD4ZULbVuqiLlcq2b3hsmSsX
zOI18jAJ4fJ+ZWNjiy2IwDgkPnv1HFAjiFnTk8TOsJei+LgopBqmkDRYVXCRHZ4buYq7Uv0M
wec75P61MjhjIP8AE4YFubQiBi84b/5A2y8MZxV4ss9zIUotRVc2BCMNq5XDcI0MeoKtb8Ln
9ypG05LtlacPMBrh8X8wXqBwaeJzisOkM2ldiB5al2HHiWrBixeQMASrK+DSoMRQobW7d39S
3cIYT0DMVsiZw8E9SgyWLFmNkbLT7TVi0WmG3qE5rqu+jbqVWk2/uv50Vz8dP51gjLwI4L5o
yXGnTAHFS5s0IOm5z8jyWeE/v8owMcd5W/0VLv8AwJNT75XELN6JXbYobJgYoDfmT10LaV9y
DWU7rmDtFOFTbWB5l/NMq/FrjgjkGwvGKo40p3Ve/wAp3c25R5PHuEaA4vfgSmwH2gfLZIos
1LWf5ST33jOgv8EwZs9Uuf1nB/MhaN/SVT+BOczONJAWv8Jxu7rN2gg1q0JBQFcQI+ZHUxpX
MVDY/VA0S8Sr/tygCzP+hGzGm96q/lN6IzALhY6DR+qf/9oADAMBAAIAAwAAABCP8/oE1PI1
GEXxayVXEDb2+TPIl8CrlffPg+Yyl/6ir+c04uxW6yBPWk51G7zCfkCABN5nuKxJb7sxVrZp
5ZgMt/CSc+K/DHlQVYeR2k6mxf0DjmMaCaSAgJMxCNgRSAhBRbvUclr+JZDaQyTNlI7/ALPB
G/th8u5KNGkACkcFNM/40vv11hfC9ainjPJ7puWYEpNRa/MEmBIspmTwl1tFoEGGAAPNfTf7
nNrXj/BqlogAjy0Agi0DHjoVQG/wBEYqr6+Tt0EQky0DScjV8ZV5wjp7aVWx4NcGUkwz157k
E+N015B31yfDYMmEAkYw4hsCh7W9WT8PyPEFxTdXwWFiiEDOrnDO5U3yL2CF+NEsS+FlCmWx
X7U1hw6Tok69C55ahHicFTYQhlGkNAJwB4HFT0EfewQ1LeNgOCzpE7tMiBUjVowuea/plwjw
Q83dHFE3wAnxAZZe6qC/gdwN3QgM/wBrm62Y0QE4cHK8Rb2AIKDVOmsKZheE5eKEhUhhGzQ+
7HE0oVuvvsINpZujVaJFG88+EP4Kih5toAe0lyeFdRq9bJzB5ugFGUgbDP1TtHA/YkDN9Spv
QVwkrRqdlKej4bN2rYAX9ADAYX3ZEOP0LMZcjisddksMh2IQnWlPBVBbZKmZo2xsob5dHgvK
Dam1FayTR68raJ6U3Dl4sEgkIWCVMYoSmsVo9CYjG7LQAfXWZZvh9qT4WwxBTEZQS6aEs1SQ
Nx9Hw2eYU1p0jmihnf8AeT9O/Dxy/M+QKMyRlb7SaQONTrzGTIi4ih/rwLDe67N3qDJa/iEK
lmRXKyX5tWKBQjpfarlkj7BJvS0dVyiqdXSfL+QyQ50wTLMyOL6otxpYFepbWkF9Q8zFtQUq
eEqOddyMoVfp4jj5korST7KPBDqyNDVTl1e4lqxFC1cEA9J30aUKS1aX9m7apmLyJ4dZerQ4
NSN5bqqeXtwq38QmFXTEVtHheWT5yQtt/imqWez0uouqy1ofgPuT7eP2jRHnNUgr5mo1IVsm
gZpShz1B6C6iaoQyRJt4x14SJZnbcneJEfuQ8a6wysMsw8jpYqqqznL7RELaSqJbZke72yRT
FbVjXAmbTBMkKPZglAxi6b+DBPmug3CU2j6qhybTzIKwslzfyn667gP8g6qUZ6iwlWrh4lXJ
WJ4Itp4b6e8EIX3GPVnK3pC3Wqqv+sv4HQrkSe4g0MxLXUqsVVdfULNIFL8OM6hN7kBZGKT9
ORdDEuxqKZhmkRqkM7Nz2SmXfMsTfMItNVgQ/wDTbdEhbRY0lkpoIBreZAVb2XfBOGqSgcj0
0gXsg/bvFno1UMmcnyfYM8NkZQ10EDuleCbt3eLziAY0rVmh1KxFUkn2GAJzL8vU5MgpQ7k6
svydVwkjeJm93T9+pQvr7EM5GA1druHFglNM+BcnS9MeT+iaQwlHnNUjtGRhJ2WKBWoVy1sO
ICGllhqA7gAhOUAg8JVZnnrVQURYPotr/YC2sVxsAKfHC4SK69dD0SCAm8g7wp43iUhFw3US
cwCyEoo1kw9FbId9xkElpg/+WC2cAcsUCAjgoEFBJUNd3cS3tdKD/l560qX5irEoAAhBKHor
5mMYYYdNhhrUZCIlMA+RhEdsteWIDV0xw0rztRy/gWnqFkl+6Obha7CmHhUxur2N4wT5qwrY
i8xa2ZyXr7gMLdF2cz/YmzGr512dd8mzpbx7O9znS2GYT8Dnl3fXod8MDSq5Bj920XgZNBh4
1MOPNzPtgpQJ8Lwic6rapPANJa9G54OT10TscrBYZGNTF/t61Jgy9G9IHevccI40KuRsO8SN
Ky+a9jJyHd3Qb71p78U1g9ZohoXyCzwhBxVG2PquTnJQByUGaaDMN+vwN/bEx49Z/SpxP3E/
/8QAKBEAAgEDAwQDAQEBAQEAAAAAAREhADFBUWFxgZGh8LHB0eHxECAw/9oACAEDAQE/EBMM
Qws9tHFn3tBABAAGYu1aDMZi3FBIAKxgDXbUbZ60wWEAgGBI7gvB35qaBiCWIl24jJtoOlJR
DqYFvrigAQ6AAPGBiNw6It8YQSwgWP5QFoasAbe43opNlyaTdhSY0jzTAPCCUafa8XjFQgM0
fx5aYp5kQEkJ+dQYnJ2FXicYbvZBYp67svRvwOFLO7ST1rgLB1dYUO4wLigSRPiA91gA3xF6
ykW9ZtyAhbNf5H8k7ZxE0pyIlmyZFfLXISLCADq22Ni8zsnQJQ0lIcA0WaG/mjiBkYJAAZaA
O3ro3yIe3wVMbWkB9CiB4ah/PelLo+j9+NKInCNgPgj7pEjsx75oKEhG/VT7PTnTWul9WX3Q
TcQnGTf3NBSAGdAGPAFDQO7AToV8GgIcSwpEOKS1mn+KACBQmj1xue9KAlI4B99FQCOMfiiJ
MsV0AViVhf4DJOYASCUAIugOZ080GwgWhKlnHGeKaJQEOQMKAkgLFwCgogxr7msAPRPQh+q9
WAMCwkHxj6ogSkBhBXDf9oY8hypLQQLBMuX9xNjdeV/b0BJQFe7JzKWidpmggBIFXMQ/u/mm
LA2xfFn99XNCSQRMbY83oKWkQpS+9RQCRMoGVm4ETblzepRgstI7wykObTpDiFWXGn+aJ0EX
IwgMFZ862GKQSMDoQhs49NNgDJV5LFp0j/S6M7NQRjELrt+TgCVjc3s/y9EAKQAAR99HShEQ
EzI0DgfH+UMFmyvfT5EkqeEShLCNj3z9db0wBEwgBfyh7rQzCAWBfwo1C6UiSjYyBMegiF2o
q3R7iRts+tDKGEQuTHL0d7qr3Hek0HzSIoAsEH4S7/VJoO1IaDsKQ0HYVsfNbA7Vse+9sUFo
AWwoCIKBRsh+ugEpdQtwvuiOO4L9pdnOHek2Ngf0Loa4u3m/82VCAgWGM6fvegB+3l7fHe4I
bQJcAcnIdOoIcMPVki+MSbC0nOQII6necLo86EmQn+PrPl0BANPnfmoI0JGTzH3dUAZgfKgN
U2yFsG32d9xQoFABHZpGZuaBkQ4wbt+89KHF1uPnJGVvQLIQh1yPj2zqAGYIcYSzGOLdJB64
6X/p7WIAFmZGPfYRMw1nZ29gnd3GTUyk2fHPPSgEwEoxBskC+8Mg0tyEyMIam312VDIaIDSX
Gol+oSKEsMqx2NntN1uLYKCIMwb9zxeNMKcuA3ftbqcTuAaUbYg4B87I7C1GLgwxzgW/w6Jk
kIIFpLPp3hmiNIJ4iY8mNzqJowKNhAielv5u6PO7gMIaD7z8VFAbT4l+XIxtShGUcLKWsa2+
2mk4bozEO/jagRkLz+0ApGRMA3670TIIQn3Xf9x/4IIJ8H8re8H8re8H8oIJYbj4OKZdNxQJ
Fv8ARFb3g0+3vWn2995raHn9oQCM2gm7kXidVNOQiUzB+dsExrLdA1BRwhBdkMRRqC5ggkGT
CMi/oFAGQSho5TMBwJRK6U8YggQEjUQI2IGc0QlA2ITI36upxPKRY6L6o24aoj3x+gSEBge6
fveh3rAjF4QDjP3ihBBKSA+3XhCgAIFwFYfeTmiAAJAJLz1tp02oQlC4x7rSsJKbcGpMGYh4
49wKUe1zZPDjH5e5IIJuS+it8Wq0SZCTPwcbnvRC3ISfgzN4d0kaZ0iBnp1Hm1qEFhBfTnpn
ib0ZYglIT4XzWMlIXaZnq/WKOYJFFJe/+jehskzbRp3x/YoEpDVFvoDPczmoQkpkohz77pAi
jrIPVZLleaO8oKEm6gaw7ZM0Qwkwp2MW+c3qJRE7dRRDcr0JJKbz3W9wIfAj3rSGn/lDQdqQ
0HYUhoOwpAWAH/LB910HMz3Px/4KSAt40A9J6irpiJXN0wJuiuyoSGAAlMqW1E7Dh2ArbuEr
AWDNt+l6ERwiGBF5IWp0xEUCEZkGQRYynyviikFKLZJnPI1+aQMjDJEzcT6I1hlIj7HK/aTP
JClGYRER7FN4QggYcX0wdeNHHRbFJjjmlhZZWXttHiiYa3XM/dPKB0uNo3224uSRLQfV5rIM
j3rRhRugWzyMhCkgXBQ9jSNxMV9FtjF6IBi7BI+DlZUakwXUsSGgZHTFxOPwxnCxEXjYW9Wl
EIEK5MnV2T0I9khcLFW+HVwG5EQLHqMcrSpIXIL6g/JGr4yQgEEBkoBAaZGTdXAbqexEx9I3
lLlTRIBszsHSGT0kv2NpVeL+e7V5Pa4Jt9yTfJqNtH0PYf5V/T8/+dg499zf/wAryAHOquTm
zNqChgBAsGIQjuDb8oOJYDC1pOqservNJiEBiy0Vjmyjo6SEMtg/mq/tLqgCANwFzDvFooLA
JCJOohB2BCgcqkAgSQglM9VvLqOPucqczHHzRjgRa90Fm5CPeAMUjBDKDBZAJtax/wBogNwj
nB4x+0alWJ2bGvuKcYOQO1ZbEe6+lS6JkFK/xQSeD+rr4oir5Xw/N3RlAk/vutHIgbnCtdp5
HYX0JgkEgMFwCfpUQnyQ9c9OdtMUTKbJ2jcPHNSAiV5RGv7RokmACxMDGavu+rrICKJw3F/3
GxSUWWUZBQ7ox+ihZZsEGr8xpz2BETSLxn9HorsgWcjvP+14i+rj06C1eltSPFybHX8bWSp7
NC+PfH/zsHA/8e+80CEViQVg8x3/ALXY9Xsi1hiQ9AaAWFIZaKH5fWZNWLEA5i8DhG+zogg/
PJcRnHxTMBgEsXOygielDINSHfsb4sM0xmBIuY3OiD+96FXAQBaxNjgEDQDpBowADSAdilm9
7DRQ1QlAbiMEAiDuCNkNacAIRAuTB/2DrQGQ4Pm3nJ/poBBCwgUsFFAKwHB85sPNFMhoGx40
xf02KsSCED5t73vThe6m+uLflFASLlLg2ohJRAAjSCBc+pRTkRksktekRc7VFhKH1fz1oAAT
GqzgTIFu1r0NEspVy9smjQlKfK1nbSc60IqA0BsQmNOn5RjNwQj2vpk/ZdKDKggA6ABJ9haf
kwSCEUZWwMGFje80yAgTYk3+bP8AsqjlSiw0Fab9rzQIgoDN8C1W6ztsD6fnNOX6j6l4JokX
tQLAO3/wMhIp33tW94Fb1ap0J6b/AHQAb+D9UTAJ09x7jWiNkEQCoXn/AB7UMEZHw0IRHnW2
SUkGuywCdRbH0aMKghWtF0JajXxRNmgWlchnON880BQQDJvlXZuys0QQUA97FDjJO/NMtq7F
wD4d6NbIHvmc5XUilTSQJgrYaO2TpIqCvSLAsi+ou8EW1qDmQSAAATAxcjXzTABJRSvPvsil
pbiCx294aARk40OMeAtM0QRNiNZ7/p1imEASCTq2qMAl6fYo1u2vlT6poqAZQwjBWNV/lqQi
ByeEIOp+JsKADMy0auOyoZRIiBMjWXNuXRWCWYNhEY7aZVqIgUZATMSRcIw82gEUZ6humetm
fngphLsGke96iQYOR/OehD1oxshaHI23u1zijC5sqLWXHKnvRMAnJw+Nf5nevP8AYt1NsMwf
AxewtXlfiiDEJMzCMgb96AEwfewqINghHiDv6qSeNceTek1HekpI65oCRKB99VEAbfF/eakB
NgR0Fb3g/lGCkdfr/wAW9asHA+KsPBoFzrtVwceG47e6154+FB9QeC23qCnEUIMWRxvv3i2a
ATyiSUWAkyixtNkKvIkzDm1x9vOtKExuC0RZOg0F7p1FIkNkGBOHMrXixDA2tiRGHhjckEqg
XwEnqi2kPUWag0SDAV7s7J/JFtaBUikBrNuTfQRegOxb9Hq8dKbAgklF7aCdI3vZixXJAPWj
BXAzOvvxVsjJs5ngydKIsYgA8QFPFDkuDACVONrq/S04HImQwzprPgWo7O8MmTOudhbOlJYQ
QdpsJJsLG2vQkCHDsfOaEszmdbha0cGkCTuPykkkSFw3i7OHmXuaWWWJIxeBvfHfaioJAYBb
peuVe4B/t68UfArzPgTUp2bOgf4X5agSJBR7UJA4FM2caf8AztPP0KsHA+KsPBq6OvxLD00+
aN7prsOa0bf4p9tqas7gL7m+3uKNgcgjKugD0mVRnjPK+8zV6kk/L/N6GgEqEBCCAghIRM4n
cAxSGiCAclBEkXEgHKqGBQ1nWwsbX6iKml2AEkyMxBm11rRwAENWGDpxc9AL1IBP7QCCoIFK
FOfZufmgg1woZyf9+LHkbAEDkZffWN7kyEgRASEcepb0MmLIgKw2+4dSoRJlbcwXKXWkFi4I
WhwXp90bKJCPG5yu75oyR1IJIFo+4i2vEs2w1MFRu8wLARQAATJAuy8Z3ihaLLCCs6R0pWmz
Zkb+P82RwTBPJhhuOMxIxS4KCQQWhHebc2vQJpdGtscjdGhJQSrB8wfvNsVhe2ogXk56f321
AWygqxSii/1uk38flACYfX3b/wCfNEEAks5H8oGICKtEoxb405miYJX3Av71pwGLhlwS31ur
aXpBcgkKgDZByydZoAFoBCJ69vI3poIDSLqPiX3pstE4NlNsz6RYAdJRAao30xd6dKnRNAGm
kEr1G1Qe1iSIphABAy3ncEUjMQCSuymA4IyLU6wBRpQBYaldddySElXO4ve+435q7p8qtPP/
ADLp7tzVrr8+2o0TxPDv7eiM5IkEnovek0QIaEhHcYX3QgQF2Wou8y9ra8/RXjfu3ugzACN7
Z7B2jL0p5roLRBSffNIAVgr7P39ooJMdeRHbhsKiE3IDKdn+4pxQmDLwcnbxbmjwIwiYSB6f
7rUaVnc2el6yzJBs4YBjhHi+acDIsPp0+7iIJyW8wBpB22n5pDxHhz9+y/8A4++/3/pgHg0Y
IMkzJM2oEDOCXfPNBsZZ0x7NGFlY0MDf9H0aOTEE8m73erY1G9Bg4ZvmdeWH2JDgShl/PJQn
4oRFIIvRZ6rKEQ4NBeBPVaLzCWGBRuSCd0IOqNrduYBShGCr/CMRoE91wFtsFWtiCdOlIQBC
ABF4fucUQKy0c73+3V3T6e+mrTz+f88C6+OdutfNv72jq6uNrCBdev10DhacQ549NEpwbG/y
nbKo5ZknN7Sp1VOxwvR960K4QHw96CzYjO3G7za1RHMGelGN0kCEpWSV6c040IBJDuRbadZ6
ZopmgO4ML431gUUSScP+Rjl0ZCGRMNaPUeMa0QQGeL5Hz1PMuKBuT0BE63UighRFi5LzAxx1
sXRg0O0BBtqfXaDRJaCUH204v/8AOckdl9n/AIZBGoNTh6gODdqMaeaMgMG2tz6/yspMg6Gh
y5uttGvH6KMAAALVtIn26zWyULrot+jqUJJuAHL184pggFIkyFcyW8P9c0pszuY18wvySQUL
J65By+070QzGIiJx/vmgpuE2jhSytHJ1oVQyQT+nqWBrO9BZm3Fse2VCNl1rj+oi+tlREcid
BHWPNEIrTzvQskbu3JMZPzUwa7nA6X9NK8mDBuFpsfnTeQRLBwLf3HRilm6BEZN0kLILkUZg
kqTpMD+U0giJgu3WL3v3q34QA+J/1xyaYBuAgEM6T8wsq9Og7HoFkD3mhRgFCCUSIT1731ao
oml0C+42vta9EW4Fg82a5/KMEkAWYOE2smJyqOlAWgQZs/TpRAggIwT9TjQ2owLVLH5icuY+
AqcsB4KDx1EbJKhCAhkwAxopk4V7dqmBAIlDLEWk1y8f2uXj+16L+1y8f2lYBN8LS80mprl4
/tcvH9rl4/tA2RSux8e4NfN4/a5ix1vg+9tUDN0AVOL+/FEkIAwvOmk4tQOQAjQc9/7RAYI8
EqzuzQBScuCO+8zfXagAyGpPVETa5/00OeMWM4DFzn2KiNCHcO7z7NOEX4GsZ0G3+gInmwZi
EVD9Y0dEIKVfUAOOxpiGnpuTG3e+9G3OSXYb7picMpU5kg1agzrrY66uhQgluPIc8D47sLjP
s+atPP0Kuc/EV4Fde+6UERlzKGaJAGYYIt7b9wKA9P6TQY+XS6v03oURZgD+ixI5U2pkcmYP
WNT6M0dpMoRbQCM7PIp0vObTpvqL/QhJLI10lvqNBRISrDQqPObf2nyAd7ITjIAGViN0AGLl
a5C1O5Oo8y0WYCgfX+YtFF4ZZOAxxsKTWAHMrHO+00YoJcg54O6GigrWlEZgzG1mc/Mb0gg3
PGFMcD+0I4BJvr7f/wAwSY2Hkf8An6Pvv/02PBXO7oAUCQx24o8tALcfU/1VCkwn0y+cb2oc
Di5I2GqtH04o5QVAkZIONg39Ggzn0BLRj3FOQrA2tjXnSjCjdXAZHHNl+0MtjUC73z9KhxJs
SZQP3070AIkiBZwNDgPJffI0CCbFaOBckz+YoSFWuTBe40iMYNnQANy40R25gkDqiav7ueeM
afFp5+hSAk33OT7HWmAQZic/UHyqJTAC2Onup1LqUDhYK2T9gf8AHY15L9vRErEdpHYahDRx
ZgL1H7HWDPai3EpH787HfJCpQhAjc4CO6070YINdcLa2dKPSSUpbO6E9yRRJQnYCIcvueo3p
gxkyUx0J7ehABgCYDnHgexTEpgoMLF+saybxRiFmp51b7bHFSolmDgMnSP8ALK5AGM2CXMzG
co2WtHyEkSvjYYLzanBMEdYRW2Gfumbudf8Aljn3tf8A4HLLmOPfdP8Axl0+/wDvhUYskMO5
l+nWlBrTaZ2OKC+AhATJJTiRO+c0S0JTYFgZy72vhOKM40gQA2bMADXHXUkiEIEa6n1057Nz
Ae08caWrUOT5AzpNhM1mLnJGNF/toLpxQVnfdXHxc6igMWJMEI+Dj7owMiTsFhC4+laghBLK
Wfz4HahQyQbDtA0lq+mDXtH4/KDtNSC3fmP9615B+T/00ehGs7ceddaCQ0UL7RwPXpQiUbSL
a6/ypMgLdpIg8a71h2iz7c4jvNSgSUT1zEFvEcm5hkEIjAXX22cEaJRJJgAJGZyNpMSc0CUG
D3nB1HAFAIzxEie03+jMjkhm57Hd8OaGJBECxEuIk8B5vR3IMMiGkA7xM0Hogixs2tBAV9T3
ohJiTLTW5P8AVRJSxO7jzF96Z6RDMStOdRqHR3KApJbJG0EgSDnAoCBgHT7ge96NiABIUOM8
HF+s0ASMsLHQ4QJPitAQ0oT7n3pQJZBFrHUe3ogCi6XQ+P2to+P2uHn+ULQMR3nHvP8A0CQQ
LnWgmLhJt169hUyygHER8/lEANlLk+7gY0xKgQEtNYd9b0BQoF8j23U0BkJuUAA7ZklPFy96
McyHcp3IXusKhICQYMx7/tXAhkwjzp69qvyvXZYtUZQAl8uB7Zh05hM555WGQbm5xJCDkGxL
DF84N96FOmet0Jn62BVe2T02+4zVz16KIktmXSanP897KkwT1n/KCyucm/5rv5owJdtoIVve
xk0egiSL2RVz4/klIAXaSWJ/Om7waK3cCdugzNJACwA3oR8e7DtO5Jv301vYb0cQ6Siomdnt
jQw1MsgTtOLhaac2p8YMwHlm/wDsRoKOTcT5M+rS8UV5fVgiN/2/WkWsxO40RU/2kShAHUb7
B6f7RiDDHJk3WnCHeiAARZC9gnmIFgjrSpgAai5xI0vC7UQYNqzCbZj41trAQQ4kArIXTawm
rRQgQDCBJQIsLpInVSsAYBMNBdBBxpRCkAF4IsLz1b46AhkgnBgmWmPkKNKUEwMvU9aBYByR
Oj/7fwGN/H/hQanyFAXDD5JqgTbVyYMCFc0wpAJQCRwrKB5eFQEISsWJvB6xQ2ThiOp9/wBo
QMigz7FIRAwE0bAXI+X1dE5AkMruORCzrRvgkdAgTYLSowAPv5PodGYKWoN1yrSXve9W7WFn
l6+ZgxRqmUVuRHy8g7I1d0/e33jtaefof+CRaESfj00SGeQhye3x00ZAE3vkwdO8N6ihILaJ
A5EJ8hVKJLJAgbbJjECliRZJtb3uYc2ImkrBhlmNPExjvRhizk/zI4wVtQGgolC6siY7c40o
ABFyRzoLzmhAkAix3sEu7/mWsbg8N+IGJxNqMAHYi2OfeDUwAkm5xsgonsCJqAkSA0jdf2lC
vf4ubYtm1DEDJk7Eja7gf7RgBDERZnFx4szg0CGBFiwrAtLTCxQ1YCAZLRBfNghfOpmI0lEC
AmCCBvxE8AgMlAXAepWm6uRT8A4AWCI5S1tbZ0osksMHIxqPEET/AOL9gHvn/okgakUFi7Db
b50+6M5i07W8/dRB0BPJJVqYkiBI5gh+6iiQBTDeTb34uaACQkSbmRAsBjn7FK7DckGycN9x
/BSBBNX6j/OmoJIMJZL3UnrU4YaEkxkuMvTG1ZJkiQSW5HXXvSSIMZ1RKGcN9BejHEIgFpbb
ScjWFRkJketvg7RQsqC3B/DYSdRUQTkpX0pEBMrTHvzS7+9a3vBoP9B+kd6kTQNgvYO7+6JS
SvV/PnSgCAAwkMxrl7cEG5AFjw1/CBF3rtRQGBANiiheiYIwcQmRnPu9CNpWvrtoSPnWibF1
iOuYkK4y7ZAeZkRO3HHTbNEQLRJlm3HXSdJowQSyDw2tYA07C1GIAywZxva8WekXpxnJLcrP
vegwDZYtaMCX9UKCBAiGIZxF1OukUBMEiIbmBxV2AYk4F9qCALDLnt6eaNhNwkxoYAWz1QBm
hJegI38DDeKAhBIQUhFyFKvNslAUICOQBJsCIhi5vcJdKRXhkG9pT1vJ05pFiFf3H96/8FgH
R2JQYEZ/3a27/wCAElCtryKOb0tTtYQzG1tgKWENABRctnf+rS5odt3OebD5FGU0AuLsSwbW
YzveFm2ml0yzv71EhUQYt47Zo8IhJEIFdEwVjSaKCS5SOe8HJ6kqBTOAN1shsM43u+5P5CQA
KHPlFfNEXkvIiIEXkSfSqC5sM7agdYyOlN4oLJmytFk3vUIiIyHifP7FCgiEwOUHyJvxeiZO
0dv+38Pv32f+fFNWvcGhlItLvBvPzayoIIwbJs309BEWpSCYaCwZGM5E7aGsiARZ4U+sayiM
EiiUBEtvbVmzgujctRpF4PSmQQ4HTCGb+dMU0wShOoMzgbTvajFCSQSARx8gveiSHY3Im2vR
KU8UgZnBsjBbt2xLpATg5TiC+k4+S4IYyyCHnvbzTwFhbd9ZtzPNHkH52O1iP21CgGU7hqQr
fMsZpQcCSyl8PkZ6MAhEjGEWNWe0b0U8CBbYKfQPt1U2LKmBKkhDC1NqHCiAMtHqB3LXmiUE
pSM9Vp52ijwpQsNOq2oZIMk9cX/5eePsf8PmUIBnJA8zXxzv/tIWHE4z11HxVrGR2m8vnfpT
Aw3GyRA4NzbCAVCAgkEygDHbRRC2q4L3Gmy737UpDMk8HoZnSKCETcnJAE+wXzZiSpmSOjON
Lz0tmXgkAgRIu/zUx1o5uIQ4JNhJfXbN7x5kEoNoZFpXW3woAK4COizjrvO4FJodEO1vZq48
n5/5773q7sd/z1f8+Lb3tPR0CiDU4AQPKsu5+5saSTN2NX0seHSQKJyZLt6nRwhk3cYYWw37
QkAjMuAyOjLFteaIM2GDIlv63pYORhmX2b4cC2Cwkl4MxJ3P9pJCkzZxH8Hg5pglE5tIQ776
m29JYNsAsXZjSwjda0AoBEBa5uB82zTUYFwZfUyPhIUgpoN3ci0/VBApLsMLBYh5O+aEDKMC
3o1lvEUCMCOTc9xpUSTFgTBYORnKOutBXdkCWRF/VTtENJAS4RHxjS1EQJESECZAFtC4LECm
xESWNiITiWFsKsFgymi/e9EBwk+nbTa3/L+n5/w+V73H+1e91pZiBbBzLPs/VGazjB1AHcPt
zT0kG23E3Um1n8UUgkiUQbZ2gEPgRQGLxZCVedcNLVGmEtDBIVt2UDEZoi2HqF6ONkbUQQuS
QkIRr32FMpWkhyZ6cKdHRiGzIBsEjpurnjSgCLkheAQMn53VDKyFwZvue+vWjBiCC5h2SMff
aKBCzv8AvNGSeTWBFmBBvREmDJONIM1ITBxONz74oAmwogUlY/326oFwLtdfFABIKGzIP3aL
LqKQMICm7xedlqRGaAjYSTwfV78qhBSWih3t2y8mDU4wtsd1OLdDNLhvZHXW24SzRCGBdCNb
v6iiAICSXMvN8Wt5RowQUJZk38hr06xAJJjIn7tQA5BAvQTFhbqKAgF3MIom0/4DxQJwB5Ou
z56UQkWOkm8kRbPbkJS2p1Gt7lb3i1EADhAYAExzvmKGK2XIAHBebJ0EglCAWbGEVtlqlUuU
AWtxAJ3lCXzVtCw2QDaTGIzBOZNG4ES5AgmBMnSPxyKPYSAGACBLQQdYkujhCokE8KdbecyQ
RMACbgxOvqpg2LowDOQqvu/NEpoRJPXt5VTMJX65bJXsUIacn6Am/Bd9dqAMdw9Mq4P+4zXU
IJFkN78UIBi5cTw5+4oyBS2BWmudHbHaaUjI5JuPjwIpggroDnoCzp1ocE8EhgDI3n7F7GjR
hKJd44z+mMULCSlkAxIjK0sdDakwleCkj8Mk6b0ps0QJsnvpvrvR/wAccC97BRySKucf8tMu
3NvTgzpStqwvumJKATPX3WpwW8A+sbdaDKyAOxAAVvpmlyvcOqNpt5IoxAuWyMyL9D/daCYd
nQQQRYIDP7zfC8DIbJ5Y0n7xRwolG5AIdMmVnFAbhLWztZ8/RpwPPln50CT0xcL3N+l6cW7H
r/lEgPI8+824VFwAirzC/Im+hpYAN6ZiUX/hxQFCS7274xbntToLMQGru3Aje6uUBAsOQu+B
nvlRYCAC0uP2CieK1PBv7H4chAgFKZjLUSiM4oYCmYzgXkkA7x3igoQWEU89BJ62M0bkSY8A
crIWlECeLryG/q1Gh1NrXFvNEJmHyIu/dKBFF3FKVuqBENwKBBsSNGF7Mq2lCQltj8H3/tAJ
gwSArLa2H4Vk0KFoB8metLBoClcwXlb2KVqOSbGLWf8AKQIlMJnYZGAGbWoqd7DZuMo62eTQ
wJYgiGbAwHfo7GDQCrZMkbxoICR0tQw3BKaUmJP9AXNDCCRnKA26x4gGhAgxnUjppyLZFL5J
BgATG3+MuBWTta1ufNXunz/yw7L/ABBrv/TmNwfIx7+kCmGQe2tTQhuLfrHlTkYQyCb6Hv0s
sDAtEQE094HYFQ40owQQe3FtsajNXAOsrzovYUUWDAB3Isr29GaQWMKcDuMbp5NzgbAm4ccj
91oQwxkPn2+XRBOBjodt1HSiBIHIHegAAg+o42HvESA5sG0+lr+qhiZu1x4MYG3Q0NclMyZw
P8zQIAExiD+39VIEESzee3xOvREAkWcj3qc7TUEnAM/MeiRpQiUCW1p0D9vRQJLk4MJ6FyW4
e4IqMJYClrSeg3zY0YxSUESVcZv7vRBpLOQnBLD4/bh0pS03ljBEM6zariywNLjkfVEAboOX
gUQ8ZNAIKjGDILtvf1UoDlj0RpyCBcz1jqkqESBkCjEn+PK4qGJBvr/I/tCdkoi0A72R38zg
pxFwRJdm41jmTrRjJChfvPIs3VyJgiACjlHhwnejkQyi3wBBMP7MihMyRjjM2+3oqEIzFlYQ
1m+c7l0aQl4HCgHNuNdjE3MgwbPe5AWXy6iiRJOrS/y9oogZbAO8RshHcYzSEs/7/wAAIQtD
Vkd9j/ppxqK2YM9sa0hI6Hpz66Gkbuot0yFRQSdpAS+9PhXovYEDeJIwBf3ADEJgPRvnEr5N
gYQJUGX58xagEGmgDfOyvpp4pCSjOniT62waBMoESmXNw+TZ52EgAMkFl2/OOk0iZOw+TxaN
CMB0ACSYGzMw/ZhUCDYuiTuQ7PP82kUKQA0HF/p3hawpqEBAkdI0Hs8k0UmQgFjGox3opAgA
WF736ZoYAEiGTydNjpeggZAanFx0t2yaaIkDoSU2rfelEAQQRY4Rjfb+CjbElwMyAo8DPTFD
hMATYyQlF1tLwZoIHgngr7sMPVgpSTrN5teY4naiEACSydGHM+fBzQQFEgBa3f34oAC1ACZs
n7PvxcOR81MY9l/FLDXP1sWVre1XwEWvJsR9K970pJghN0SAgdBzu9woQEBLKFzcTC6zuRYJ
THCCJa5WhN1ZhOSWbbhr+bUURjPDnW+R0km9TjZkCb+gfVRAMF6q8W7DWKE5Zj4oAmY5FEaa
b0QWyT6iPPxRkCRJFAUFKSltg8VnAoqZmX2xHGwtPJjTb3mrnuP+qzrj7+qvHf3t/wAi2Ld8
vpUEQMg7ZBvY4Eh81COShAG433NhO1BgAokK67vdL8pbAQwUQ5jWwutw70ZEisCVyRr9bWdZ
OG8Lm3NmUkqPl172xiJ8xQMwi2cPKvrrOtEraKk6iwOs4v8AIpYCclsw8COA9OgoZIIMwYgF
aCcPJ1ocSABpdibYC8GiiwAQmzZ8STcSONKEIGsm7zIuxh/yogiQQDIY/JHT6F8OQE9Syunm
YoJADJMXO3SY0+6cIl5Tjknm+eaMQUosDYrX8ib8WgcIGQcz680PjM2A2UF/GDU+dJwnnGxx
4oYJOQj1ScDGnWKgApAzp7a4m6kAC1ACI0GNagRoF4oQdZn49x/VmZKtt+vttTA2IAhEAHK8
uepbIV8imPhdca8gAidwhGnB3aO2tawksgj/AE3Avm16EVJJvppN+o708ky5be8Fz7aDlk2R
xeBnPeaelzq7BF3RID0XxQTvCSyRL33z/TQi4EMyCosXk8+gmdsUIGFm+Prl1c734F9KOIwf
PutXOfffi3/bjx9++3vHHv3/AMsC6Y/fmiYQZABN7iZJkYQBkG9KkAm23OZz/RSGhiwxPttI
4QICNVo4ysXSxNEgkET18lvRn+UacpMQJIVx47u1HSALJnA0Fz111oAIIuZuN1vrdmKOSwxm
cdaUQ8F7mBpr/tAAIGECEmNQDmbnTscwyDOlrsf4nigRUkIK6z557ijjJuBEHk9tFD5WU7CW
V16PUaTUTkyR1LSWgxiJirQJfAtNgJ+p3dDHIQIWrcYtTSEYADmdOvTVFwDiwQsLCuuKa6Fu
wDGBiKMQmGO9we18Yvmsj0YiWAu39pTLoQLXTjb+7UAXYiQLWdIQTOwnWnkNhEISG48XsaGH
d4hYzTZiuBCF9b+KRyMkHLVj8xnakcAtQd0Itni+RQQJkxO1u/ztTrABLUObLHaCLKngzCGE
wZ7ZJ3YopusRsSbXnX6oKwJKyWLnqdcLalqwREXURdaqOaKGGZMAwGSUb2OuMZoiScpcr85g
dP8AjAgYI2sthE3teZosebxOfHI5q0y2dfT/ALvVzn/uXtvxz9ZvG3zzrt+/8ILLY+n51ozJ
ue+fOZzfWmLHYKy45HikDYWFnjz/AE2inL3klPftxrzQmyTI01I0JgfGtARG5mJS+PbOia5I
d3fL0x4mgdGQN5RgMTO/+0EgxJgAJFnBGH8MaBKkBBMpMvPSbTzFBBQBEh3jjQfc0MI1Z0j7
+qcAiAHSLTbfmnBzBCEhpgenZ0SEgJgg5s6CILuydCEWTi6ogA7tmYiP8nnBtBthuLEC2v6O
impoFaJW+/5QJCOLbnt1+aIkwljPLMeH8UBgBuQlqZHN6E0dj2Cz/e9OEl2FlNo7+zU6H+6c
0YSchb4xQuOR81gTuJ/b1AXDwYwPYoJIEQURset7cl60QPFIjcswWrybc5VEJLFBoyJ2tBLj
mkAFmTi7Od7Y+qLIE3CRkx0UPNZ0ENtbrNwd+utWdUzgGEB653FKSWUVJ5Q4xrFASBkttXkf
MiVQhLBMS3iVA2cD4FAQXqSvevcUpOYJInhbnj4phfvrc4hbXLkc1b1iiJLZ39/2gYIMxSAM
rkNe8VLBSAzk/WXQCUCATgc8xjrihEBmDhdve+KcYQEJICDc3dyiPkUTiED40OK2FJNjlIAw
1FvTrQSQQC+YfORpMbIPEJdvR3uAjUQQGT3x6PKsQmHGICjHT4owOAIEu4Byw5eLYK1GXhIp
XLtjF1SyDyLW+Npja1GiWBLZJ2NDwRE321XnniiIAAAoJQlXEpdfxniQg6IJ6uegO1H3hmRk
Z7dbQKDMgCzoPIkfMYmjQ4sFMaBW+bav1Bvm2+ZoiQGwAWvdW29Dllh4ER8sXMU6ySrZ3C6J
xDG1AcAzHJLfz6KEAgyLIN0YmMb3RoQQEMKxogcS2Dodfb0CuBFjk/5QQAXBtThASSYNyLgd
L+bqjkDB2AOD8Ae6UKUggEi8AENqWd7TRGeRluRbLz8QGaOiAZEi5sAwSpLncSRpQgoGUJG7
5R94JxhB1tzy7HNRg2yjLXzQJIXKRtaV06jSjPTK7oQw/wDOt7m+g6G1tvNExDMLRKz6EBpT
L5ZB41oZBAQIhkNp2gW/ua8kbROY3RcawgJXXTGmPuhBJen3RKDNuR6CeJ3oU2vkSOn5QAw2
dlrxWKQIBjAIH3GIowmQlz+m8bxNEAI84UTP7zegAkggyQgWuSgsHKxFAHcsqEx7wqMIrMC9
/NGOoYAkjxnM6XoBgYDkLQ56cag0IgjJN37b4C8ASAJEm4nWFyi9qHZACQJfZx21vSQAIIZT
KR7cKcJgcRwgoN4uGtDwBRRgQCKIsYfsrdwKlUIknF+k45dAL0ZiedDSYSBM3kXN/cUCV7pb
SrZ5dHsuZ2UM8xxqKKLSgIhoc9UJ6UE5NuLwd/yM0NpkkBCLGRYzHe+KEBySI7TxEO9xVzNw
WQUbrCN3g4oiEgk4yGyGM2ZWk5gWQDMl46x8NUC7ZgiwGPLl/H/QICFBmFEjqcixJpcAbIfu
ocxtQkIwtTLGB8bYowy9hnA+otrU4TIE6Mx8FUYEG5aPzcL3SjFYMhlSgM7b3jESQnqii5QE
XST+6gESMG1j7vamECwQViWyfprajjAi8M+zs/usBPJx9/Nbg70C4Tn3I2irnTc5PxaQNdDR
scHvmkBsHVWm9v8ANqCScEP8eOh6ODwG25knT03RohB3EG51mwM5g60dGdQcg5uOxdHAIgkB
Zkcs+zRi0Ukw5Ycz1wepot5ZZQXxvOvMKgwgQ/ZXeDIohIAkFSzLky/Qug6BWIufm+2udqOC
Sm0mTv8AUy6KCC1IWBrgs3+sihiRYlkt7Zhe4oCM6YPFo5v8pUQRAvBWIHGP9rSA2TIL3Pve
jRLE5cT8IDtmkAENXcW/B+mgS9ElNCCAybAEkDmwKpdcBAubLogNORQQ7G60Ty8F+WpoK8SZ
DDCZOY01u70FVF2MNfYIpgY5gKCD4hiVt1CiTYgPI1RiJytVR9qbGXuM9L06MwPdKsO328be
Wt19J223q9spWufn2KsZQBCyaPaI3/6ASQBkr3XitADcJytDzMw+1A4CZUm3XaUs3mhW4IwM
gJgMtcwM0AaMgem/K6aZq0WGzcoXTvqHjejoMAk5fy9dExZUEzTMFTzA1/woBGWeRxbuo4qD
MGV2GUX7OlJIAiTLbD4goTNEkiWTqcQ8Sc4MH/upsDl4Wk3trrmCcBALXMZKIy6JAQwbi4dO
RboYHQ2fBW0UZgkAkahqx66MKmpIHCMHBWBszDKmjKGSQ2/4ZfW0yKCGLMkCRibyRnVUkEVG
FAvvBKcdSqQuaDEB2gpWwrTrAwyQKxktUWCQmpGERY2SQZiYkxAeAtcRRSMkUXAFPJaDQm8X
otkqg7AjlBMC6yrs0ZAIIAgJAOxOw6xAIM0EDYWIssgs9dL0RhAAhoAABCAAi6JwsAUQSEQA
0DrlnKO0CiUJmXfRK4LVABkiKOej7iCGsUECpmjmFISoEJ2uugV1wCbXQPcOwig2BAkydgCA
XqQxrrQlJkyQBshBJJm8gDYC5LEcgBJYhISCwgBgGZiokOJAYggC4giiARcSdqP/AJJL4IbJ
sGINgbCklJXcZf8Athe1AEBRTBBFoLv+7ZAAqRC4MG23f1CDJFEnRFHy5Uo0gUlgTrJv+3oR
rPdQozFESAOAOZ1n/pEBi79W9EgFcQDIjl32zQCcWQCY3DMZXrkEu4AJIsE3z3uXBFCOYkMA
wgOztuQ6NGE4E4Qm+HGfxjbrGdQ8Z2hwqWDlBmbTa3mbvNEkkmYA8vqLveKDsiSArRtvJkEC
XT6clTm/u/FM6nvSQizvn6p+ZokAYILRg2oAFBhy7vqMT3AUVzNR76V5MCJRgn7WdaDeWSGI
gfX8AqBU4EweSjB1WuFRxRiglsAwUErdJsl0jCLEhHB2WMq8nijOG4QeAXMz807AHAcTn5bt
vRiQJKsmm4ft80QIYNDBG/W+gRoEIaIRwBsYuWZPQdGrAgTNrE9LYxAm9MQ4mxlkEL7FErKy
3BWd6OQAA4MPLFsXCi+zYCYMfQGurv8AJRmAABBNpHXHtyaGSiGARBSlNdpm2tFY2wBGWRoL
IEmCchUhki0FYePb4ZABAJgjJAAh34W92KHRIEaG4RnQoRtxR0MEJaZBAuQDBQjtQLEyCACM
PGhfrdN4hkQCGDwIQRsrlmgGbBAGfnbsaFAkkR2iN7uGrUKSIZ5C8va17m5MotvJEywQ9J9I
o4LGD5ft6Y0EMhl8aRahrMgBojI4dLqfH5W4e/8AKIKZUORzAuPd+IllezxioMATAPFi/rWl
VGZPYDhddD0IEbCUY1UaAXMjR4pwwZRdsvp9/wDNJAiYiRLxjptfJCyyhIOo18X1i1E21D7k
0UumBrSAnQdYogmET++906IWhjY6+627GQAyuANL8diXSBibNH7m4Ew+WE53EO7K2az+chI3
IHLI09xubGG5sgNFsMGCCIIzKQINBAlEltWg4IUah/0vOmgCSMCA1kX40NFQAEQQkEFMEY6W
3oIgqCDfeMDplU4OSQgwUASTctBBwHwIjKRQPIOAQfYogBMoIOMHDts5tqaJIloBb154uYos
EQSCBwcAF2jK24JwzewlhOD18oaVjWSLqZ2Kjn4okECTKIJIKkgux00sVTDhkmCRdqeJh+VU
0BSQEwFx7sLVFAgJhWLd3oLT2pGSULgIBHJJlTICZnYrkgl131C4VzNHiQAEASSYOEPEEliS
sUFHTgMQQLmJ8b2ANFkQICRJAw4MOexFFRDi0EgNlYVxjKyCVHJBApICLS1Z4VgkAQyRAXb9
10dAUpBCzckJY7bwppAGwXtEFMBXsdGppDRYMhoYXk6YJdSUMgF26C3FCJCSTYW6XWlADgGh
JkkKH7nU0n+P5RAXToqAEoB2FIDIuyAABhTkPbpKoxEoASlcNQrHVjFLACozY2awStO6l6pT
ZwvOm5Jl3o91kId5NiukuhmLenP2OlFBRotOFu9ORsgarTMYWmCYzRmWCjEggyAQj8jcUXBB
tkHBr59dICVxd+v3WlML6g26QZ+Mg0UnRHUMn7y70EZiwONcr/b1ZnAu/Trmr3j3l0Ac4hyc
z7tak3vkCEhYvh5VFCCdDAHMmGL2v2oBAlhCs2w0+OlCJLMjiInjK+JpYBQodc6+zooJJ3Bz
ciO45nehhwGb3/OY2vSoqBZ9x0G1AEiEbALEsXCNplK1kYiAKTcrNAKdCSmZSCoJAI3sHcaf
YkxKoGB5HAgmXyfi9ECA5edw70YBIjhsF6y8b9AhWHVNIDWZi2k5uXpK4JLSFg8/oe884wzP
4wu3agQAAsfDvyj+UODGAe+CMvd2w6G8LtWIHAFuImiNANhAk4atwfugGRyCXOrEPoQVtJow
hkoQL3CkjzfDo1gs32l8N/tATJNyyfidvOaMiBTPwxO3SYw6IKFzDM4IHWbiypFTkTShup4n
Yk0AmcHECULaf7eiQWgDRBKdMVveB+VveBQMJyIHA16Uw6TgEixpvaKaoCEdF3+FfbHlgIct
vx/lHcAATmde30UaMEEUkiACmjggb5jE22vf39P7eIIIye78/EXo2YFvOY6bdaAcl5Z1In/B
uNaU0UU11ffpmTaiT+ye9EklmgEXgsL+ufu1AkmGHi/dj7ogBAiki9i/fqggkAEpWmd+DSAJ
hHOvXzV4ATuQduddO1CXsvUR2bn21EgDACSVPQmhhAAhgkQOvvWaBE8FWZLPZ+cGSoyjIuyd
CGLb2NREA4N4JOmhHJV7UZIi8Fb6kR97UQASCHReRNhpiWRi6MiSCXFkNRqt7xRX0AEBqWdd
FOq0FCKA5uEsGczQUgGHblYg2No+UrElZnsF9cOkFJg2MLS+dfUYEGYkhpyG9Np+m0IUdxO2
UvF1OAGw4QuILjcX6ReoAM2awMCzbj1UHijgStHJPX4vcQQDuhAjPvyaC0VYXIeJUBd0XlUQ
QL7FKYaiNr0oLJ65tAZx/cUKwNHYRAhIhSOrJqI7XCgMkMnbX4ogIWM2yAWjt4xREHwTcKGk
877CiIBc9lOWqiENs4+q9092/k1y9vdB46AgA1W1ou/T80ADGneIjXINx0ozEQiQEygASVwR
ZxGjEE75dmoATB2o7BiAV2nTn5NGltTG68XL8XohJRBRji3j/avKxB8Zf4j3oMZRL/ccybqj
ggWSHK68EgwD2tRKfC8eGe+TpP8Ay5z7n7HSvLIxoXzIvvm9GlS1Gh3SX7OKTISEXlvQyqBE
mwdzvJ6ClAA4ANpkYy1QgEFKzgELqzqCra0caBQOtyZcBuBmSAgTRA4OsGbZemmtuhVDsLuR
sbm6nTCo8roMogTjki29DljJtIKfyvqLURKQYIImEidYfsujMQC9TEBEu+qSd9HQeMoONeY/
3WalLakltEqNSM3sqMeTRAQBYlEjDWkHSjkG4hGiRCi+Ywd2C8iU5BCCm/TNzRgCJF7m4LyT
Nt2Mt0RiAsAS8NBJiSmTOkFGkG4DDyVscRdWosAyAEggDLDcc3zKo4TKBBlCiDkOxdwI4oAb
BJHsEbdqmjJEidzGoWDa+iAuoBYGwtQCkBIjTDdFJjEQEGWcAADZsFvNOADup9j9ilCcS2D3
wvp6hQOSC3CYITu4xtFwAcbwQdEeDIItGuKkCE4ME5/L7+bbAgtXA20M/WaJiGhoDF/P1at5
u8nzXFTqTBDIZtmw/aBAIGA25tdYXhZM4Oe1YMn26oJikYXsDMbrCGSHaiHLaJLkXtZT0i6B
dHIYYad0TF1jjsXeIvu6exwaARWIFHvmOr5wxxBlHqgJQvweculQQCV1GAJXjZywYpREXuQN
7docEVq9T17e83NXJ6iLVa+kEvdLm9YkfqA0GwtNsJkcEw2Z0xbvejgnZpDqM+8UROUnwNoF
9egaos3cp832c0wNQp3QGxSAjZ70gJObEHJwC/5iiWMMkYQM8NT6KJNUoERrYYLn51ozgWCA
BfM62ufimEgywRiR8fvWiVAAQyosNb45SohYKJIZBtETbfWgmSDAkMsFAEciCjFB3VOlj+VB
ARqAvnGreeaWsB3ISF0j0jY2pDMkjHx54uaBLIkxdyG954oEgZlgObBq3fW9DHoNibBMHoaJ
EIhlyxpN3yBIdMMgzJRZpPKA89I4QAJpNBJspNjvQdmQQD+erH8o0OBjmVHdIiVHFWEIA7yJ
1+KAIShhM638RHW9EWhTX9mIYyeDRDEFPx+Bi/yIGur9Td+cda4Lypi8aUICJEAzkm5z823o
GQDDz8X193lnKZeTwF/b2okCHttaf86aBUyTgSTAKQttLHijWQwJUZASBEBHJs1ajgCsiZtq
v53opyfUTz337h0QsVJXzbyf8owUCcRqd4tunR4la47SNrwahCT1BYOq2In7JhxFRYsEnRt2
gmQRLm5ogBDlG5Mu4iZnW73NEiIIsR2U330VPpr107Z+aLOJO+daJ6Se4z71MVp3MwS0eETO
sIbrW0B7H6iOixTSQp8XPu2rprUgvERgG8hdqnaSPRmcFylm1GEMIKS1AAcMhCCDGYNyAkgE
ZEoHJkyRuUb2ZowsIQEAkgFFokArMShAJByE4BBb60mGdKluRdvjWVQwEASZkoh5EATcJ5jN
EgwnIISZJAWtihkI0DSKRNiwdmR5f1TABCAQbiJ0KgAlq4ii0ciNe3pHekIAJBJLNw9cEDm+
utHAAGiGyRstAlkGBAJgkUQCAHZ+3/yaiT8pglE4I1RY0NgXAZYDO503CxrghcCICSeC0N/r
NTWEsNICSMgJbEwMO1ABLggPZvTfx0o0YggctAHReCyrOgxAhKzsrl2B+ae30iS2ZEgbEogk
XANKJqoMJRHAiwueoiZSSgDcDHf0s0xFJR2WDCGsWkTFOHAiL5YsRa/GXVqyYLe0x+7CihsS
ErR20dqAhloO00TBB9HN4zr0opIDJMm28KNdb6O5zYjNgfOzSAFnmIPCMCDNET3wppM4gwDH
2L9bUIEguysgyjeI5+SRkCE2dd+NNqCJkRm61QVpuMjhhwl9DtZ4/k0kQ1G7IKx66VslpK5z
wu1NG9yMYIus3xiM1q4PgW6a5ogkpyZd+yFbGvn38VbAj3r1oRExcY0d7ghx5or9gdl8Nv6i
1WOP2nkpWjX0cyqAbgvOQUNPdL0O4M4G3FAIgJbSBiZ5+uKASU5eI9a/2hgynjoNBqom0HcO
GwAXn1f5QAwQDc0Og4v3oJyRPJOEPcwiBRcWIBItpOIsRtGiJoYSBEGJ6Q/t7igowk3IKuP9
hOjrDkHZkdfO5JZBpDQCHg+PqY4NQijgj72wsbUQzK3I+I+RTmQCBMJXfW+ec0KgZl2G/X6F
po4BBAZ8WZhfVBIIBCTF3p556mjhBAA2Ei14nvTUAZvMZnd96JuRGhNjYEjTN7aU0CAOAgrY
nR8C60EQAQiw2/Z9iiSJJLPcfzeiLnIY+h2Gde1FaQxfRK33yLUQgTzs8a4Ds6JZADMlHbP9
1vZx6gaYA1U/0Oi5nlO1jsZb80a0YA+RIVu1kcUM2xIpWOZWCOy1NDdoBSAFjFx1v5OwgQD5
xjQRIoDsgFr7wnMrFvFLTcnUAdNdL6aUQAspjVvu+ddIIoxJHM9SLs3/AHmhMpYInOwI4Vr0
E9J8Tyv5pRhnEiCdybz8l3VNZ6v0dgttqdYHx7j7ra+P2tj4oCUHM+/7/BMxEkbWv790IE63
VkBr79UpVQG5gdJx27USAJNgHQwAgXN+Ma+anJAADE+NrH+0CgcnUc/KHXmlQoHzqoyMdzFK
IgCQmNh52HNEaXkn7I1kuhlq9Txa6m+4xQZG4Gbkod14jmgiQC4KGdezOvg0bZbY3yRl66i8
0wBozxsLxeYORTJJYhLpoRnXTtRPRCcJHj+cvNGADAIMnVrBtzv2AHABmLeobwKCAkgMjV7j
Tne9DvADcwMAu5070MABBxaxMnN9M6UIhhQDBxuHYx0Y1pJAYojPEW++0tKBFmQYJ++HuLsJ
Magr8juf5QiBApWKe9vQ1tThMEkhahJR1t+UgERI6n5G5ijkgNhTQAwIGO74o6INswcmYz70
DDPItOTnXG1AgBkEMYQGNv4xkbMHZyN0OD/aTGQBITtjwAtTTrcgEggqcZvmKIMAYFo8v3UU
AwmtI0ZSQmeiJCoZmSJKwbyiCdcOdKOWNUSbmMfniimwMEDlSTe+ltLmiA8ErTEvxREgkYi1
wDqQl0k0BSM6l6ydPTtRA1uB0Iv27ZFZ+s/XalaRdsfv/CAXPvuqpyBQm9/Hp1bq4tGnPVYz
UCeH67eRecUAjm5F9bfVQCAIY4UaKJCWaNgUWby+WNi8ZoRkxDWBwcDO00gCSQWgywjgAWHX
m6qMSibgOQeDg7O5rVAKQurcxC80IlIazi7g5mghZteFO8kIQQOyoGgaIUZTs5v15qTJd2c5
A1PFJTLts+RrbtQIyIV8DrrrtRcDI0g9xpOr60Fuly09LMfQykAJEm5EiRHaOts1dkwCQWmf
M42HgiTNwAQ43JGmCYo8A2iGQd9Tri5haEhBM2YTj7du+aegElaSgAGjpHjG4EkSNnNjttNq
FFNoBgr34iXCAYigUnS5jT8oZAElIKQL3evTzYCCAl2mdL5ZOn0zcJDlvtoYhmhJCiq8obHA
vabo0zRLajfAsQjwDSUSgbRYf21rRRQYTYd79aE50nOX8OgwSG21raPG3chQbYSE37GHf7JC
4G/At5oICwQBkI7AHWz5vpdILWnRpn6808xcHfWNflzswEhY3z0Tjw6IzICtibZYnidc0UGF
KJ1ywSMu59FDvBTcpvka8c0YvklDddnIwMGXWfrT3TahNmTEhfBjp0/5aOffigFHAdXNNk9D
078VfrHbb761nysIvjb4FGJB3A9GHi/waYiGoet5BWpx0uqKUEkkgACWNWb3kLmaIzQi4bX3
ojYG1IOwkWhG/XS64NOgXYJZO2+0q8XoIDBuJKFyzmP6lSEdMGchzjXTmiUIOSiSiNE12mwq
aRJn8wOaYMEGRmf8xY6sVCJYOX3YHtrCjIJLhFcrDs3lTlpzlg2OReyDP06fBKLOUuuSvb0B
J7BDUHNMCRcRmN26AIZJYgP4oxTuQc4PbpfBoQXAgjCOcZnP1QGzYMADmf8ATYDcsRLAha4n
dP8AhFiCRBJtOMbccVCEgkDu4zOxneodwDZ7wTI6zlRRwRGQAy5iywDgc6ilIksX3xp+aIRQ
Fy21gJaGD9DV0AYDBEzjPOaAlBDgLV2+BRQUOymFjpfKyKMcgyDe0SSMzjfkAPFwEHUWdY0D
tcE0CYMKYJkb5kCF/lDKbgEz6ZwpjwRDN1E31Oc7YohhMEtEFTrfe+dTRGRyiLHVtdN8QFRC
C7XLZ09dEBJWzoV0s/ZJZmIUOBJnTi8c0cs6rAEMAAjgTRFkGwsOl/viKHyxzuvr/hQBv780
t7Gbf3LkQKNoC2MrIqD/ADNqISSF9+9aN8yluZk3c55vRmb5AAFZP8x4qBNTjm5sQOnMVbJJ
C4LNrR2uJmgcATLDCiYtQIBE4t5XfXaiCI6QybbRbTjoaEZTGrcxYI/NMBmUjjOf7Y3oBCD0
B1tPLWo4oBK+QumbWgrjoTABjXTna2L60HDAgPM9B/mGTXAKk3YPwtezoM3MFl2IxsRpCHig
QOQ2tChbbX+0DUwXqjolbtk0TEkEAAMFI3JnL4t4pwPmYfzz3sGQnIK8PA6RtlRY2s7aq0Y0
N6h82GRxGqk8i7GFaA33fo/aKAIvJJOsTuP9EUwC7hPeXHyQlYZMollgQM9YyCOmtC3BYfIX
LzSoJkTHSf8ALzRoLpuNyDyDZUQbAZ66jenfYmApRAmNjHigspNkD51e/wC0N4TYtiBGgBbj
fWiwoIkNcvYUUNKmMShAAz+42o8sYItGeGNeKXBhkdfiGe2JTSUZAkGYgkped6IGGTPa3XpS
lCQSdE99iD3mjWYSN7hdMVHLsQENvXnarDwFbsLevShGTfT65j+UGkyEQsPW+MXdMkM+80Iz
YD74qTE5DNs7kCUP9pkP7PbW8rvH/DITooG+tu6JvmkMgtBHUEvRDHnaiQMNIRcZdsH9nAok
SEQRhRo2wQRRLtAFh7mgZQKIkp8LYOd8RSjJDCiACLy3HI6YYsgYQAE6mLG83+qnAIKSzku3
kGrCNlHLpjCm+u/oigzBCJNav/fzJQDczpxEd5oqLQbw9t+KKIqCQg9te561EhcTJDxPHh8U
AEEGYJN/FuOimsmZBRtC2FvnsgIsyISFv5EDFHCQQWd1vY266uoBUtFkgI2i0Y9I4iQCTrvt
/kWYpDgCYnW2LbOLU0JWJzGlxgXvpswCCCSQrWMa2xfrVwCDAltotybdXA3qHbcgcaXXL7s0
bJaXNtyPyBIpmMlW3LwByFOoLoxC94SKLHnwFSnNJFoEJz7FBhCcGUsjR9zQAAQiAJwwTI2I
jtE0ZBoovfQgWE5LtI7UCQOdmnt6AkiCi55nqCIE0ZIJM20kw7aZvamAPBxw35E/lTIsAVbC
GQlpRBEkTJhDn9v1VHYLEHxROuKBwEQJPGo17IkUhg4Nkwl3MBawMUbIX9SJowgcuzvfH9F+
TRhJy/2jQkwQXKh7bkf2sf1pq7fL/wCEhgCTn3Tx3NejaD+c01GpPL0SONjRCL0hi3qViiaZ
QVwHjc8HhZVJBBQbRnQ9N6QHNpkuWAUm7zFtTQOI1InnrrQTBAa1M247WFQEAAIiVfT3BYtR
ADsi8k993QjBhP1exUJAAu4JN1+s/tkSg0RLhjD94RoBJSBbBOPxm+2SqTgnoF8UMCGCLAi5
I6T1PTUmnUh49zQWIjQTA4lLdGMRUQhAEAl7fdzTAzBDkK2HqHfIFlRAIQQQYweI+MCx1OUU
IN2B0Vu2lEdbbUHLKYztHUiIAvdkL66At4Aq8sjT+d8fJoEm6hG6FxsE7neKFkiRTuEGMzed
xCdCcCIzrOUnSgCQwcs324N3rRnAEIFq4E9UDoKOQCRkWR/unZ4oYBAJRBn79tFJI6h0FnvW
ggAQyExtqO+KJhBhjlxicMDNCkYRlZiSFwhgnpTpAKYLn56BwOl6MXAgr2TXLKHOjFEQQHBP
yqECBmfe3lOiJBCMjzSIhpgc394o8A2KvzyPm1EQQBE2Pt+00ZQLmVxagC7LdleiBF1PElbW
vqXVmdr+/U5KpgIzHtqMCNoSz6b60stjOSTzntFgch5FxCBsfmeaQtHyHbOm1r71gBasrSr+
9nQMZNtJxj+UA0iEaeQIUl73FSJF3PXTfjuYACUxey0bhLihqOVGf91pSEpSOOFpLinsYQVl
/TYdtZPIoAA9sHAx9OmUm7E729Q01NSiQ0FygfnrJdWZIEazc/a3HRU4iIAglnEMgXjX+00l
wkScIGgEScvEm49g9KAADNtNfpmoQSBtf9z6hGcOCiWBpSAYBjbbdCy2YihDYbCTZ5UY70KB
JUEr9Iuc26xFCJBcKCuTcWKuoNzvhCgr5IADLAC6nM4DVxbLkPGR/tpW6BS4ETJDfvijhqQC
UQAZ7X/lQh4uRq9+V66XQhH4O1AGMgiBksZvZjHiaZBKEE2cRq7AfaYYDrul6iTE5z3prCVG
+bAaA+2KBkiS741x58qKOOjBPnce2ogQZRGr1/aACIINusZvze+wOCQdOr9P7Q2F2XF+/wCd
HJIEWL3I/wBeZdXSTDEl4uev+0EIOLWLn+0YKRBv9UPJjV/V/mgEW5SGoBgh3YeKAAge+/XF
CSJvU4PdnvTywdidojSLZz3CEgNCFEg305Eba0AkTEjcJ/Ope1EWACUiTodOuelCEBgK/Ctk
RwJNKkSVk65doxzarxNOwySQNdYNioigXMhZUWPT+6UaU8Jm3v5uKMtJmRvbLz02cCkAwQoA
KnQ35ItjWQDIul3b91JtqKbYEwZcG/TnhxRQTcapBfTzfaakZw1nJ9ufCpAYSRfv2eaMkCAC
wG941x4XAAAZMmXPHosxg0VRkESACNeh/wA2oIl3Mm2baX7qiRxrm71v3orLJbEOLk7arTGt
AC0E3i+ms47UgAEgREGZ/wA6d6MCSxgMqfj5pjEK3QAhMK8cjiijiRAwdl9czvRCW8nOZ/dv
0rYQgseh3t8USwuAgrxiaMQDMoG0Zi+b4ztQF65sYxcJ27TaJN5BtCPCBsG3/KgBlHJ1DiPY
zRQSAuDGhuPc0TALMGWWQxhpM2txdIBXBRba+sfVKQZCY2IDkWjuIUqhPmS2hc+5XWjEBgyZ
zJ5hEa4FAIAaBUYBM/OJ59DppJEkXn53ARonYcI2zee9AsMf2k3Z0tQsyPcEBZxODIjNCnDD
EWGLQBb72REJM+9t6CWAWeq2fY5zTpNgYMdLQrX4AgmjsAGbsQOJaZtmhJdtCVNtfTl2Bkap
ARrvoBifNIFNo40x1P5SAWJAjBa8B9qBAWh3JF4/njWjMwwBOfGfVQIsIQ0PS+qohgDQMyJ3
6ZmiDIxu7daBEAJJxqiuOeKN2QlCFuvOc3xdKGYSdrVYWuS5z7/tAyBJEglFK29iqMAhBhqL
zNttrXowQAkklLy8CLtBTNFgkgbpTkXb/pNJhFAi+BaLffmgRsGOg+6AwZAJ9+r13GN/2sfW
KWYGIe/IPAz3dFD8X3AgBBXOm51aAkIS3KeRuP6UaAldkyamSD6fyiRBU5Ee+zRHsIz0kC/Q
fdDIIB3BhHbbbNAwJSYaTBzjqTI1oL4oDoik8Rt1k0R5GQPG/ZEFl2qWgSCTrkdN9BGaiUAE
9JsNoSyXihmVg33wu3V0Ugrr4m+5nB1c0bEERIg/CKMTaOKFgIY+IPmlTlgM7fvU371nwPnb
b+xRoamxrAEOA8dtHQmV2IndeigegCcHp7/tA7BFag+SePnegE2ZPtn+YDslRmSABEY+8MXf
FZtW17aTt85Qkl0jnPwKcsd0Dx7a1FTAKPABC1iTH9owyQiFvhLd+zdEyAcTaJvx0VEtB5Od
At2OiKxSiwEbLhe9aIyCF0HMUWJAAA1hjo8p6zyKY5ts/fre9Aa/cFscRi/iiB7mDIByuPYC
ITKGAUPe+1tRBIMB48bWGy3pK4EBOoCNjfW3NCSGASAUjegIGBe2E7UyBDgl70vF0QotSRMu
edVueKBAjRlZj9Ocoa0CFhOkLhXtbnRhbBmECtOkfwZYCjzAX7jY+aZHI1RGSW/80MKiIBhx
rN/yiaAMpwZ423mUNaGyiAMWgM+N9DRgGAwn53nyuQaWjrvwB6qsBgHj1vbWhBIiiitLF6T8
mpAwJi18AAJ6M6PmikEFAEEpDuh1x1owQWEoAkR7ijgomyMLaT53GlMCCQSTqte4d9VQomCW
QMEceRYUJZBg2OLvPsUAiIkCHguR/BteigQSBTkHtOeFihQZIYCTLn87dKIYI1CoyKuY0Lsv
k/IMUKQJIgze8dNM0ZApFrHa18UaxkmW/ez+DQJFivdqsnAl3Ev3pamacBDHn/NSK0tJ2MR1
FACSwL8897+KvAQt9n3v/wAJCPge6D0UAkL++/2iAM2d0/G16MknUv8A2jgwPj6/NlSDeczV
xeo+6ADpoB769KBcihCCSyY59HtqJBKvn51F/wC2oqAQXIAiCC+t9+amQ5L9krZ/VFBWCzF7
gd575ORR2JC4nfPL11oQDambkvGyeL20oaDiACj2b9tkUMw3umBbjixtQYlQxgR/Nee1DQ1Q
jJT51FvmaYak5izwxM+aJuBxI/lTAZQ5GrthcdqEubKx7M/XwqGQCAULuRDu++cGKUZABi2V
ubs4oSuwdPqx4oYFkAAJMyRxaTg35pIiV6clKdp2mlYZBBkIScAFdDCEsMUMi0IIRULBvEm3
4jkQCZRVtv8AMq1QRJJBFXxZvHS2ho5SShiScP3AQo/Dvf8A6QBnSgQWQTEkgGBrRjgaDmZm
z76KgSLAD51nbqlzVznxjxRlgOCyun+ULjn21NvJRLiDu59huuSw68fguXXNb33mrnuKvHH/
ADHr9UQAMh4GTppFEsk6rwFTGo71feiTJkPUf3rTWUb3mjLV2JMnxiuMxrb5Q2v2q4ciiMSB
IP37zSiFmp+tBvegDFC531vIH4ZmgNnVCOPse3oXHO1nnmoQKEzaBOajXCEF6cpvWTZYoxmb
pA39fSjEClyVzCke4paUxJW5/wBooIBZBZkxbSaYhGTjtbPsUaL3AaCWf7/aOARBkAyJD+U4
7CiAgnC6yl2sMqiONAUAJ27N+aMvJYbXgXxjO1ACEb8mdl7HV9IIDT1EERzttdU4G4EQSMoo
5gQFHdUI7UkMjd7aGwayaJAGHKkbDpxzLNALrMemq/zYUE6QJbs3X35BmiMM2AVhZ/Hik0W1
8exXQ6+8UkmbDD7np9802Aupnmj50mMOAOv1NFGBOLRkc/Y3okLhZcn3/FTMo7GRjE0EAGGX
7+70cFCKRwFutB0JYKr4h7vy9uD5fSxVxtrB9n0YoLce9f8AiIziN52tRJN6IgMFTt91meut
KZzcSbflOhzPvsqohsCCrX2395BIDMEB/BDvRCGCz5dj1sIoiw3eP3RTHizARY2z6KADBAEQ
8n9v6DQiGQ1di8XH9d7CjkgDBLesyBGm/RUQJBESCdUNfmgMhkEEmSUNvQDkclAJWAv+76T5
phEnnGv++KGSAZQJOVbGQ5mya1CDLX3nlvdRahAASBH4ZxnPmmESza1jHxkO75qw9HzLXvzV
oxv1uPcaURpognCBycaYw5uT0RcBmw2ek6WoCYKZhmRaJgV4JlUAIXIPjUC3TMHSgcJTciBc
+DjKF8AIwCJYd7Ha3EC4ogIjBMATOpt83E0aJkEtCSWne8LRKiNArby3p30oDMQCwEb69Op4
IoDYd20epn9KrcH/ABSggG2vTagYbb4Qd6ITqb3uT+Yj5okCW5F95zN5xVz33baiRZdsUCwD
rRBgSZh3MqDcTI/pNGL5HlJiOO/LMAUwgPMFZsV/w2OYJ969v+Ydfr/l7p8CpgTIFnc0RyJv
KLsEpi5GafBjDHdp3H9oiCAFX8s36ab0QM00cveUYvnipAJQkDkWiZ18UMEiCIWsznbEoOiu
GJGJAYLvp24hBINmAySSnlcqAObUwgQiUVr/AL4PcIkI5lapv9nvQZKYIgT22W890ECIC+H3
K7cnNFAPBN8v8MTc60VMHKlq3ErT8FSki5yNr4gWjEEAUViUBG3jOJJpSEAi1+6xcZjejkCe
uWJhzvpa5FA0AteMPHbFPLmMgq0z6sN0sBLq+lneY80cEoI3WsPOZkHLptGKDuujNjpje4oZ
dUQCIm4PP7bkmIQhMQIP+F2BmjAqAICLFO+wvFhRWgWi4ZncvjGBSAkIWJnEdOVYQUowgwiE
gxzzOTToALK14Wcg5PU6DAZOI+/90FIIJcCYckxpqGlQBYlqQOF1I9kXojkQsPy8MYtU+q4n
/aFidCYTvZz9UPCNN0S48ftIJne3XWgAApI33oGAkMYmOvejGd8YnXXbCFTKIeTHZnXq+tWH
1f3PQr/lh4P/ADDr9f8AL1EkCFxIosLpnB3Q3XnOSQRLkAkwHxBJAXbsURKJ6ErxHS1TDiZv
diOEfijgNyYLY3gH23ANyAAXmTpaiGg8MjYETp94FaIMibhO2LNP6oYhSlNnowjzbmoAgIF9
Jav31uJFBAiBgooyBpZbO2k0IbXD/wAoaIj29FTEqCDpcddF+VKaCAOZuL0JLiQAIy1jx/tK
YtExpN8fHy6jAJBv/Btt8wGAF1Osah9MxItBSBRYlsfDCbGdKYMiZ3Zn9WbBCj7DdJTVpJgc
5xNDUDUB46sYQ5waFwHQGQYgQJwMkE70N0CDYOHe+mkdDYACBczN7s9xn52lhkwDi+dx/WCG
QAUxIAxkllqz+yNYCEhB5Vv3mikkAmWZgt2h3bvC6FyXIVtMTs34owJOmS/jR3tejDsjInx8
fJxTkPKEZ0maS4tE/aWFEV7Fr7b8obrykgAk2tizvjFEkUCRlyP5da0ABAkrX/h6WjWCTKJH
X3xTljqJRnP2ubqrl/8AJtWXAtz70/5YXp/zDr9f8vdPgUbF2zR5NpAXM5asuoteKIGexMjs
tNKA2gwshaITrq50gLJWEFY2vlxbpNBJZDkG377mrtkWJ/nzzQl9gfuKDsHh/M0NsyRe0YQu
560ABEg77R+UISWCwoN3b58WihuFgDdXPUvSLWqZHX7IoAkmicEC2C9Qb46qgAMDKtxm2s/s
PcSSQToI8jbdRRJqx0Ol9emgUACBEuD6fYoHBiFNr6ab9TRigSXICtG3yAkeYECxBLAAMvPH
nR5jiGB0TL1Nux2pWBAuSembaM8sqmKYBIgnqSHboeqNHxJwLcud8TRpI2OzzJuiD0zmadIA
ZbUG58bvFGcHBJRys5lezRZcMBW8pAQTnBmn3DrybczncaU4ZV27MIM9+5ugKYFxI6tdXJvB
0ppq6nWzD7vmmEom5LEAW2+eyZCQFdbaENF43UzMRaGMT5z2dERJucZXj/OKOIyJtPk5+6BB
kGmItBoUCDq9Jn7jvQjcBb6OnvFAEyJXvYmjDRFLgdIn6rmgAMWT/wAqwRnTZ/nj/hAlkTRB
GAIuqAGgJkxR2AARlbc+ztS0O1FCAB4P77tSaDtSaDtWoI2vGns0jA6zG/7SOEtv+AXEgK4J
RPPlbUCbhy3Hz4/ygAsRvPzTAh9dVi38XFC+5MyPt+bnnB1EJYlzacucxoosWOPUEMhhgk/c
zFGvGwQdLfN+iosDwtYn++WVVwG4aAvGxz4okBhlD/ufZocQBkBGwkQUeYsbzTIBhzDa3lrp
1NIhxgAd0bfwZosA5ypb48jtZHQgo/1HXTvSZT/TjXkAPeiomUEdD0efWZgTIZEokW1tpfEU
8GGQQWmUN2vdaCUyY4x/Pc0KESTszeWtNvFICw10Kv56PShKSAT/AJfdF/OKAAsANERC67WN
bbW8DygIN+tFQbosS+PfKokSuGP7eiYaW1EF5GmnvSvv778ma+GrDwfZ9VqvdDtNWW5j9okC
TUcd9+DtXF2o7Q6frr2XvP8AIozhEdf5RBuD0G0fFOBCEx07x7xRAUEhj0/lcVcXavZUTOb7
eP8AoETnWdP+xTUa2DY3RwLhWwLIIQoKRSmZY3i4mioKAZi9twOf21OIkBSHB4vMl4PJq5IO
q0RU476cigmA2yQQn53tjWiQANlhe4z6Q4BJCMOJ2tbGtBHNwAD1D6DUrtalQQDUDH6cE3ud
KghIUhuPZ/yg1kbDN9U7DJPUKjAFZOQV+Z+bURQpIQpyeMdBQYgpF7mkn10mauDC5V5tBcg/
IoOb8vjnxIqGCZYEINHEjG/FGABiySGOnu1COSwbqON+1F8gDg/M3/LS/ZeOtSfa9NHmwse9
Net2sX960QIG049z99AXNDB5Bxz7+mvhq57b3tpRm2WuNdKJQJupolqAOP2rRz7v7x/43xrR
MlFhwmujolB+++dqJZJ1/wCoEEg3jSaBECWCZtFvZozZllsbbej+j3NGRCa3Gy9EYo7B5k/z
v/nJcCigRlWAv/uY4yQiVjAkLJKtj/AaiJrGE0NFHejgAy5kWVnMs20iCqvCQASI64+LUIAu
w3U84tpYCamCAQzfS4H8/lFKJaw0toaceCCqDQiEBEwsE+trhaA2LId7DXP9p9A8hE5mbWA0
yZq+AACXWAy/AzDoiGXcAu/VUECO2bPAGD8A+XyhIaAIBHPwhEs6GMkYeCOScmMabMUQCRjJ
egXPa0m1jq851ihmZBQRMD7mgkXG1md80FA8nfxik09x7jev7Ht7i95jxf2+nvVllEidfvPN
FAmZ5vemYnRbW1tb9pAqEfkffkmiRLQefkj+2dCEDuYTeLfRfE0SSWaIbkS7DGkzRYECcCgy
SFbqemk46zQgELT/AI0MQ6NVtd2aD1BckwZP8oAQXgFf8MEsmYcdSPvit7wPb/m9EkLsk4fY
auPOBQASBQKLF63PikPUn170QBBLQ0vQeiD76j3pAhLBAC1XYZHKW4hUDXeQdr/YoOWGYHWS
IKM9C6AhqYz7jpRAEcZNDcX+Wu9DJEmQYb6KJ4A3o2xIhGVi2oudM3Bo4l3BesTY4ZVrLBoE
SSQKAQJ0Knnh5NFWQBAahA7tC+SNN6EG8BRgEwZCR0ur3MkBDbmShKJxtF6PFADIgsbHCJK7
jYTyQLhBBNwvkiaQASbLbSj8ONjUEgZBIfInz8ZqAJB0TPznr3oCygDcFggnQYWMbk3MANdT
LV9PDzFAMPOq5+daA9jXPWd6IQZSfFl47UMUzIfzaR0z2gEQS7ycC+NP7QGQG2QJxelluRsO
g+vygoGJD44tREkk/adVur4q9srJX2w/iBmgYJeEXpYds+sgg/G9MDcgQNffd5yCNjXT03/T
RDBFnn4ogg7ar/v2HxRsXoaAJsDWZ4L/ADWiAwyES9Jt2zQMqbG39jO/FWXJK0EnG1TkEc++
nv8A9/Z7GxvRIEiYi6jS1qVaBdM38CiWxuSiW7QHv/KiAi8NNmUZ38aFI5BzOB9R/KZcki6O
oWv3NBkHNlO+Sx4xQI5CASpMAf3extR00USAdAttnoVDoRWIZ4xqwpc0ARhIER0L4QvtsACI
RdkBnHO+EJLoAwhB4t11LDqyptAstYscx+ioSAHtra+whjKoRiQg3Aus+PMUCIGwkgANzIHz
RyWBIwBqUcf7uKmmxwLiIX4KbN5nMLHwtCqkBZYLAixfSLfGtHMoePeLZwKlwfXm+vgUQDcA
8imDiLrf/aEwGAd1bfwJ43SG5Klhdsh7jY60IAGlZr1Lt6M0xMamSkNS+Qp+xQiyKUhm+O38
iaEyFASk6e5oQEh7Ht/tkhZDOuaEyTIwNJuTxCpMiwEj79OtEA3oq5gd/wC+P+Zcj4qw8Gre
T/PqgGyEkl+/y9X+KgLgOdp+rTzRGQgwSpK8YeKEMVwux+v3/oDzr+r0VPAJPX6ooAhEFEfM
nOn2ocmRa2uxCvLGNaxRsC7EHXp17iZCcsoWwp6dzNGIAMkyrWtuo26UWwwYGDe+QCX1oAAI
gI0BJuOgiNk6OJQaSF5nJvoYsqYlISLlg2TshFFMpNSj7Zx/EAIEG6SyVZsLF3dCo8BaWQJM
zgHpar84Fl48+caUGq82DN0g3GuN6kYxADEanRofFsBgJIgA5i6LOt808E5IMIC0Z5Hk0E4k
EA4tiNXrzQIBFxqffqkAk3ULRx78YYbIS8V9nT35PWtj5oAhFWZXp3FtWwQOJSHZCiQDjSP8
96/80csYL19yrUOOklBeFB/RacitNg/56aFE7mfqiULhY/Z/ClzRai9EFwNvX78EyxE/8vS6
nx+UBgbjO/38c0TO8wOM9zz+RhJmxOl73tC7QaJkOHe3+/GScADz/ooxcoRG4IL7/HWiSMDd
OXpoXAQtvQCUdMaYB3cxwa17kDS/Z+pxWcUsAlGNOl/u65BZnVoq3+2VXAu4oxMAAt9L98Zo
E0Z0jW97QQOlEUloQOS08P63iaEBAGZOTLnAaiKHBDAjHgyes3mgoSMAamEXB+Pmg5F3UnUa
HW06ULwwLG5BGADp/tKASHczJ8hunZkhChYUl6aG1jpv5kvS4OAJkkB3/Ls5cD0zLnFvw7UW
A8BokjbWVfY60AcRkkrFwTNtemKMlkBdZymSD96xUogpEB5ZmLxTpJALD5GLDgz3o2QO44Zt
j3WatDYUThW8b77pwSQsXm4FjHtgjINxN09F2OmOAgzuRlITKhi2/SpQCSblrEYG+XQLHi+1
ESgQpT+T7G9BV4eXj62odhVx8/Ig981MFod97dt+9I/d5trCr4hf239oQSJAm0i1uPym2QBE
4ettodEQSCA9u+3ehd8YxWx80rFFBKwTn/lzn33Fv+OOOv7nr9UOwABBIJ29AuTzREAmIDsX
qgvTbSgALC3t6yNj7p8irHD2w91vWfq/vnagACaT4/vX/j8Fsw2uNoEENneKRVncbn+X5YF6
FhAo2htLWy7kb0YBKNgtSrlpFnuJomJiQAi4yxjO/aTQZkQctMDdZNu6oIQOAAEDbdN29tQx
BiwjFx7gxQzCSGoMMEMELS+3leA4QxErThsS3AogGTMkYBLW6tDPWKIgRRIJmMRE3jYAqgUI
kHmTrxzbnFCdAJFi1sW30BPWr8AEADARDm5+5owiCSRG5Cm+xsEMWtBMBEwCSQbYtjv3DoGZ
JAyLvTbnvoNwCQEYvBS8k9+TGAEEkkAZjVaYttR4KSfmFZ3+aJLEA1M7PXp4VTEDGIzfbH0j
NFBYbBQtv/Z8UREvA0X1TJ0P1B7+mmRkgDeKAh1c0JBHBIXSKvSOduDtmav6ftGAAnO523GL
Ok2sJJXseaIEk/A98/lCg2Guu1sbVzdqmXn2fFESCNQfev8Aq/5c/wCEAUT4NEuLprj0Xvrs
rPcGhEVkxrQuOQucVY4e9KzXV39HnSorzoira8/7QnCWkGI8/petEFAod4OGRpptsJAASS4i
COh/3OtCD0KLGY3nGIolIAgSFnjm57GKIIACWWtdbFvt3omBCQwwCBZIdOdFQKoAQNL3AFn8
w8yfIISoj/el/gyEQSSe7/vRNxSs7h7SkTNmtApDigUEkSDJDKsHKx0U0GICImZ0tB4sDGGW
IFBBAvwvnRcIglciAtJPc8AUQEHeZgkHB6gBgZvQg1wLZEj9Vic2NOAQhIUxLJRi1uYwRwIA
g4R7vjpIwgEIMER16gOimouGyUNeTHQZVCaiJzODtcTfuqGw3Ym698TQALCYCgp75HutDCAZ
J9CM/ea4eR++q1AAwoK94okkujGNOP3Gw/oECQpGmv3frRIloV9NvPbWiRJTQERn/c/lEydo
7UBBTJj4JXuMUQSECt9PfdKcGTwfDv7xTR9vbZvTuC32960+rvutNf8Ahokpyo99JpIgjrxk
4t7sBMDDQjT8FA4BSJmZ89vOoNha7Z+/9okyFiSoO1jnPFMgRsQGiLdrLALq4JshDm0IvvyB
igdhTkC8/U8rtREVMmCUI1nCmHnmjQClON1aIxr5JpgZK4HuFzpQmeQnabEAqe+b0UCEUhsd
4zK9NBACBNgEIso6aTtRDDAE4ZKR+zg8UcgkgRzvpb+iimAzAsRER+ZkUCQwo3Fvo8TYUtZr
1MRMO97cXmhcuNAKF+dlkd6IeGJHFyZ1kHtpTJGZacblPe4uqA1IlEsE9sTBlfNBpKFolDTV
RsYm1wKhkQQoAAiCjplZoAC8IxF7JNQh6KMzlBkJ5vY9kc0bAjCAANXP+rSgEBIQbBJg7dr5
WGCMIkAq09yTeI7CjgXQ4iJwtbxTIiLbdrkIYJsIyTxTooKDZwvsT0zBrMXGJZ3R9EUWJLRg
kBIcZIc5oSRAwRfXn0qgAwSQlE24+c0dGWhg97UcWoB4Len3yxV6MD33Q19Czp26rzRmxDeh
pkg+LT4FEDk+5kU7KNVNu1bXkftbXkUwuEMliB98USHctwRbnX9pWbtz0/Y7dxAUQXkvfMe7
URBCARHe88Krhp2dw/jSRpQJZAKomgu8x7+6Fa4CAxfiwMcBBbI5COS7c42gH/KCBwkfPGfv
qaIGyQUDaycFiN7bCSVZMzBIuBoEP9D0qagjAIkECxPWL1GCSAS7O8knOGtKCqQ3MBNY6p2z
aooAGSca34B76OKPijNEhOdAddltRAWyEndQHphDzSNgiTDBDBm93/FmhxA0SCucgz7tRScV
0ACRpxt8KrQZyIBNomx/2c02iB4Ju5jIi1rSIc6C4Sz+FlrSiCMQQRKGxe/X5ooCXQw0jjkT
Ot3oVKACBZYIZCEzvfZ0HidiBdZVouGJ0iabQSTtc69EvtDoEOA7T+sDb9cCbAkm1+3+S2kP
gXMfLwNNOtnADfGPg9bO9GRCfAOLyBI1uHtTFQWJmCxD3HswDASwE+ckAA3zjY1YEMoyGIQO
8nxQADQ8fo3WmdKLCEyYCc22H1u6ERKO4Itsf54ozVCSVL2EvexjUVetYc+6ubYqxLod4o5H
H3/KSNL7vxFAyd3LkQ5+tJigd1D4BXbXXVUAEhgQJk2IveRHfvViRYr6McyiYUXdqIai2iHp
Js5g7UhyP6n5ri5OHm1Ibh36r2KkJmRmPzdr8oIEs3RJh3u/VhUEBRJyJ417RpiiEJdQnqZH
PPxRBECyQ4Gpm1s/FF1ydH8/VrTgrRcWQtP+PzSyFkkwBHcZ1f3RRJw2t+POzOlHQBPxdZOy
PFDIArzZgE3nOs7b0V2BErdtBka0cRBmUvZBA11YpzIiYSU/RjGtWJ3RmJuVp16qiESV1fJF
3Ova9DCcABokhR5/KA0GnOqQRI9QdZQjIBmbD8DJ4oJJcEK407brvFQiBBlTh24HzNqIKTBa
sOIVvOtIkkAAXdjcKbzv9gotQGSGQb6Di2BFHFALJGxSNgMkxZf1MSRTAIBTGv2K12CL7DXb
SYzQhgEoAm8AGEtEP2oIAZXJUDL/AModi0XQrku3PXFBTgymFpbmB5dGAwdC2MXyoUnvqawA
wIIS3tN1Oa0TrwYefGaaTuQK57q9v6MEMQcAe5R94pr3U2udbfltacbCwiA9Is4/yvifOfbd
qAXuozCvp1oQDu/F/FGZNCO209wZokQ8NTPPzxQhJiBlPstnrIrcyuhN9fzUVak2Jiw0B5Vl
0ZoEuCg6H4xl9jSLlKTtN72el6WseFxb6VMI0whjpfzS0YaLglXvbCoJWIuDHnwNdNCbAdhi
R+H1UaQSLNjD6uhoCgCBY9oMiYm6YVjyJCnzrcxrmHOhEgoSDdqL9d9i+0KZw4erN9VpkShh
aWuiCfF9977Q3bUNN2NPgIpaxDPUW6maJggUijL3UvubLZkyFEsifdz55BBYkcjc6BJSvWRy
VgbGTYBQdpm03oCFtLX13151pyDIYKuLLdvSZewl8ElGTIM7x7NBGhZLDB1neYCHiR8DITe+
L3kTjS4oRCIgqOYEWmB9qkRBIQ22ML93zNBBC2ZUNQ/rYN0DAhkyDZXRi+9FSCLimFY7C8x8
UG4MHM4ptAQ7p8NjNr3m1MBAMK1nYWnY3uWYJvgkEzAvnB5vxNAAQMhwC+/ibZo2TAGASDFv
KvmBBoiwYABxH76aJAAtJyhqo6qO6LIIUrQWm1EQkSxwd8zjzrRg8Bm4A5G4vnM7XAHQI4wt
vnmgiBKKJLz3wYyKGZ28n+DvTGZYG3vn8ohBOoc7adO+ugjgCI/y2+y4owI9CrQh0284oOU7
StK3F1/byIw62Dbf3EZ0vRAGihMa9M0AOgnME/WMRcqakYM3Qffz0tFIllE6+5oCYTKeREmP
682owIS4lTzsqFwBcPd+njvRRQShYOL5vpQ0EAR23UDXODmiEwLTElkbgY83okQWECM3b5Bj
jQ0KWSLKxk2k6duzoMBpkEBSIvJMZxrSQJggpjQD1XNqSBBCJiBziYBtk6UIrE638GM6re9E
w7yLfUKT/KE5girMmOQxl2Iq7BGeW+B2F+KILIHi4Mzve21HIRBc7AYv7aBTk5JJYEhsEZlx
xowCMOzpY9B/cbUOHCWFoUcC/wDqFDkEiQuCBb3ihWDSIQgiRebWtaiRBTKLX90setAkIMC0
aWal/ooCiAZKfXrVxhmB2ZM9y+jsshsGg0XjMxRUgIEqO8rZ7pFFUI1I3BSPjY8vaHYQA1Gz
KE+6ijxkQVu/303piCwd/wBc21oPJGsadTpccc0R4QRMgHkFP8ooEoolzHxhLUSUKiCEEUbK
3xfQWo8iYUbPW7H9zV+cdSJOp8YkVd0IaMT1NucUCUkII5+bijAF0pWw98UAIIaOwuJJby7a
3o5kSTdxA688GaIiUtE3cNsi3S4W7u8E72/WVjXjeFj3xjveioy0ARbrd9LYEgmickjJhscj
wdtnc4BkQmCG17b7oACwoEUE4xHdfBxtT7eDz1Oc89QCV4JYBYNsWYV9S2LumyBhcjr1Np3t
ldEgkIARY2uZ54oYkyXDC+zf2YphKBkNEiNsfCVHEGQHa+EnKB1zregZMS3rLMzsLbsxRCLH
EyNY8wTCDmaCAhg7/eNjlc0YSZc5LcIQ01fSEBScIIJd97hzdTqlM90FrfG99ZhxRlgmY4kF
Nzt5ZLoCcYw0vPrNrUcpwyxFwR36ZtrQUCEEgTObjvvrQ4FQDMiDFrekcihTAIA6dYbQsNt5
oyDaESsaT+7JUBwI1WxYhDY6WilIMSVyDv0QtHIpOBAyU8b9OUNKAGkBmLG3DCtuXfJwAsK5
LcYaRB6rNBAACCLtJKXi6UWtNMQsRJggxfWGdCX0pCQCMyTOpkAiO6ojAspBz3jA7TR+iJYg
Xl3F3p9waAwiEluwDYO28HqKdKFBEpvuY8vSjFPN+I3vIfHcAkMMDTq0x6zQMZAOhekCefFw
xJJsi+mMyv8AaMCaBZmTIwqJMXIEdNbWXsUEEbn6R0U9KEyNyfu/FEymQbRly7XhCelAxDCG
ZHzQB3Pfn0dtKTU+Pzitw+KG33/mqosHQmy6pj+mgFjDYkce5U0QRfNvf2gNAWTgyMSho/yT
R4zuSndXvpiWXUskAchfBM9OdZNDQdZm3m3dbZ1AKBJSaBEfrZvRyDMaxuB5o8AjNhi/EALx
2VFEDAgMpgC/o+KMwgEM68/JXE0PkFpM7aDYZ0ggosAe3zvqdVS+3z8P5nY0UBC49jztQjmW
QL2+I9iigABEB+UtL6gYMyIARI2JePdHfFPBQSAArhe9iKhAsCbE9P0zuqXog3SQ+xoNt0SD
I0MgRrK/NZhJCECtyv4ZJyqhSLmOznj2aWUG8i2ZznnwIYgyENXEDknrc1Ipmd21rl8c0cYy
DZJdif8ALwKIFumYsOmryzrSTGTfQnMJeaczY3lDsPciroiZljkp6/7enzGlNidYEYH+0EwM
QevMBv3UY+QkcSJO4oACbJEAOzgkaa/dHqkph2L9NHSQAIJjYg/7fWmkU3J1B37xFnFCokCo
wbWtiT4EulzuBk4F3sj+0DZOBHBT+6IRI3ogjItqPfYn/gwCMk2GeT9Ca2jQnv1PbX+UWBBZ
eHHvT/l46my8+60QDcA80KgEVxjB0Nb6Szfv/fmhAWzrMCeQOmaEiXUyNVkX9NA2mbCx97WD
0INDKDMyXgrXKwNZ1cISQYu0SX1G+9CSiAVrzb4pbFj297UBkEfMwLZ+LCrIElqFtqaIDDDE
q0DzI6dnCgmSJSsei7fNFaSxZ7gT363pFDEF2d/cbQYqwEIEIC2n5eD3qMgLgA7wDMdN6cQK
Db1ZXODeQIpNOEeMa78RsHT5LEAF6E9XtmeamGDLADelzcbMeKWIBTrgPE+70CE7dUwDLGdN
TrRnOZAuycIjvnaDQJEgAXAu4tp02s6MVfS/nHDid6MwCACMsAxe9j+Z0KBAmxMHQXWOFJ8u
5hkBGQ+bTPehhJEayJw5N3KuJVEMAFt+v1+MMgZggOdTjGC8US4Exv8AFxFHgYWpMjIbMOV9
UVEAlQQbaC8C17LSKzJAE2dnzsD/AAtlMA1Fg0ljWjtAho3uFbMM9SSxhBLxsMwM3o6CQwSE
y451cUGRJ5F/n35PoBzL2/utIJ6wr9EpvJoBImFBEZGt/d63X1Fejt/tQO6m/On1pGaFIEIX
M30AEm2HQSE4EhBP1Zj6wl2ZPQ2GvrIMGNVfYaJ6fNWO9h7tQ1aaf37opBUHsJ40sv7QaOR2
FHIMobpHsIaa06BGoLfQBp9bFb0WCRYNm5ubHX+UJm4Dbv3e9ueBUcEJTsRvfK0StSJIASjl
CZOgIziitFgAlNG0d9BrRIRMtEaAsxOwSxcCgCLkoWELN7kA7DIvSVlxDIk3x72oYMFwK/To
FpagBJkNAGMIPv6KBEAgCAlBi/jTe9X7YOCEAC8kbTjWpxbGL20/xjhUqEDIvppa5v0e4OQI
Pcc0AiENzIhQZsb/AAKDoJEgAzzIGx9VFYPeTBt1zh/lWSmMx2P7B6UOSLeROR391FIoARKj
6zeJG1FQLAVcLj2JvCAEshKwLRDuNdFcUfgBklBYchFlZ6l0E7aUg2P3v8DI6AZTr/Rn7DpQ
QRdr9eO0UmKSABYnBJkzvEbijEBWOiOtr63icNBR3vN5s7b9OoAJGAwQJ3jHC+g1gI0BkBOY
MEiiQksZ5HGwavUEAMl3An7ojMzRsEy4aF/7QALeAz6T1/ygSTZqX+2w/igepPTzmX+0rgD5
tr1TXxqGCFdydVi9IGIA6uZIogCUjh5WnX6i1EySbjwHyepzQgyQ2ZPxPip58NfM9jQGcNP5
c+atxKuAxqVtfdwIJJYCIgDjF78kfYAMgBy9I8vP5CZiQCbgR1169KFgmsLQAU5W/wBxUNhk
mY40IcfboAAAgyovXB0BEBoNyUbMYa84ouININrYCHOsxStxG6XIlG3FIMiiAJ+LNxDiXKIU
VwWlYIX0bjtSSIgdcifn3oElsoIBTzITzFKUkSRh6z3oMsSnqC+vfIo8kA4eEnRSok6OhlHy
yUSeTYaPGaJyR2WpZbHbXAYaBUAbifRw7WnwSaDYFoOrQ+lbUAMEN1wQP1+0RmWS4FrTRpf7
a4AYGXOPqDkdBejMkREyb52fFFcgd1OMjLfIMOhjc4C9YJTYHiigRILEGO/VvzTJQkM2Zu+6
/dRRgKgWFgBZgnE2us3QVHBDshZHcn+jkIE2IYAvLBR5pQYRF0k4Z/YWL0QtAklgqJk5BWHp
NACjACbs7QU/J4t//8QAJxEAAgEDAwQDAQEBAQAAAAAAAREhADFBUWFxgZGh8LHB0eHxECD/
2gAIAQIBAT8QIFJdwXCz96LRVpfg5fts1cXGpOeOUaZ1Pc/dHRDPRn/PNJJM7nao0r6mxWvo
pjLMzc0RmTc5OtCGSQCiCQ4H+qKfw4gsAUZU2sFMZc0v1IBOLQ06JZoVSlEmDS5ywxOtCZ4R
I7zB3k280U2UA3nPyF4DzQ6RksV8yTtDihgGKwkkjcEN+mkiVQpJlZuYPiiZBDS8/rrzrRBJ
eeRuOdB7epCCmpJWlExOMKgCUDBnYG3ofFClIEQVeC2DD8CaIP8AXWBqo7vgRB3seNHfkfz/
AOTXbmuwL5E/Do9ktkWmHpRNDumSwc7hk5zVsIQrii9yO3mmWuA7AFmTmvO9S18Bt/VQwGxi
fmLuigSBh22+D6CKyAckuPM/2j02A4B3Gss8UeuHN9+c0Skm+OtrwAt33k3Adpcl8dKYRmeI
M3u9UVccYB5/XOK7+sT9B5tFPGMpY+Sp/dKm4lPP4LWcxU6F4iTxOO3Sb0L+Mna7mY4EuTRK
XeL4L9X8FX40+Zx0W80xq0BBgwZN5ejWadqkHKJd+3TSiE+rnHxtniiQOdYS0+tCqJZJ1/yg
BjYyCIO9Eu9HYdacYYkDn6oAsT7pp0o6KwS3mV696EZISTa0WmY/hoIkBuD9DDmNxzRCDa4n
UEbu9KDEBtQuizftvQk2Xe4aF8axiRRVeUs5EsrkjqsUY4wDMmFjLYa3tUVi8RgXe+/ECj7P
rYG53xeiYpm7JsSN6IANypDPk39s6MDgAQK5zHDn8ohJV56gnv8A4RCoIIIMtCUIv+bA60W1
gHO9wMKbzs6JyXdcLovOt31opmUSSpwojpUlM/wlvfmjuPgff5OianbV5/aYYID0JTZr0E16
ifyipJtYt9NaOAvj981v76xjbnjU0RrJuCTriI0dAkQGn/vva1YLNZf18p60UiSltPaNaIob
i6vf1DrWKbK+iIx7mazzd3MmyDWLTm+aIuwDRMybTN9rdCKbUVy8Uyv09NPv2PvxRALnowR0
yPd6utD1jvn1QiwQXIZy3N7FEWn5oQzIgfM+N7ihNwISPcn3+UREhDqMW+LdLYJb3ozMF5wf
v41ozABTPtudKgyLv6/tAwJ7qkOwv/bRUxoGXMzGCAkYjR0x8XvtBOerO+9X1YojpGVc6Wdh
ThG5hPXp1vGIrIWBoi+UOxFAIJlZlY1mWWOKcILdkct3Qsu12AG5sQbhx89KCAWoAWyys++D
IYQEuBGH+rxQksWYUpfqY6UGbmSvGbL4ixOJApEQhjJfopkKlm+5NEiEU7q2u59yaJAvlr39
jWjJJv4/P/BFmsedUrW80lnkAlWefrRb0B2N7g4DwM0GwUgFhwdKLFtdCfkUZGcEW8wPjvRc
kOwEo6e+3BAIlzc/FqLZjIFGAbDRLreNEgYGsHHB98kCQAwfc1teR+0o2fVeqiOzZsCIjLNw
6uxfHR+NWdMgXDLIv5hLjk10djSC67GrymDJ0wQFRgxrLASysXtrPBoxgUBhF2N73MDmhZDy
Cc36cA89KMuDCkPLNXP+IOw6igGggRi56VIiRm2jzm6n6vSCSjT29AGgdt6GJp+s/DqPLIZa
lgAgXT1iGBUSw5kZ9+6EklJUSQGfWd5ogiy2VBu/3g4oytATumPFCEBYQOl/73pQINoD06+K
MpAzF7S/e1MESYUO3890pyJ7oKS+P2tYBkg+jEr021AiwXYng39wutDLqBpjn3ShCsuB80QD
cOggQQLaRXDz/K4ef5Xox39naiSEmRAFwbEHTb+U5Ru75Gke8Kn5Yet/fk0QSgIWv1t7NIaD
sKAJQHj2/wDZqQlBm5WlIaDsKAIQLY006URYkyQ/77mv5Uxoic3wND7tTRJMkSPs947UMV10
yVawLifGzNBAObGw752tR6AERJGxGfnrikYCACCPX2eVSmoggJBxnewAH+gCQDYsHt65fegE
ACG1eQ8r/LTRk5EA3bB+972ipIwLu92NgO3mgC7d7P33KZMk6r/qgCeuOJvUZcXmRppr+CLF
ulx5sh7qFwnemDgQ3a5j9f8ATDSmESuqHQZ4tGaF7nKI+6KZtc3Bd7lMlni3NSAg13BaY4Me
uktQQIHQ36fWWDNCt13JnbfmhiI4A5Sy9VRAGpMJTo+0bUSZMPJsZ1Xo2oyEWvHuuw+8tCSE
TAKZ16HRgURhNyXMiAh2+KJvjp1WdP1183/CUCdq3vAq9btb3d10un7QZAJzP/m5/wBsHFXD
kfNCJNY0A9ZZoAGHgYEX7g41K0p3xGeTnR/ygIgu3H5Wi06a/mc80YoAlWTXbGdz8UUIlrQe
+tRVvT6emhBAB3z7yo15iAwLdCN0cybHihbEgSGshfI4o0yRCkoOfkX+MSTL6f8AgBIlKYys
dYHWgXEI4Q0H2q/zT3rRo3N/XupoQAWYwj4kcjPWpSVggFijgrSndACL7q7tmgY1As7m/bD4
pMA9VM+X+1CuZBsriNc8fVEJdDxBJ1Ou0INqDEhEEZt8PTrQglmSBBnebfVtL0ABO4S7e/CV
CBqbDagEgTa/zUcrh4z/AJKWZIkQu18WoybmjB+f5XzT7+/8dX2PvSmdT3dM6nuaZ1Pc0RQk
2GaZ1PemdT3NGSTJt5j/AJe6fA/7YONPf7ehcQ5FJ5Pv0xvs6OZnANsGNTP8djRO46gl69IF
2oDmpL6y9HruZRm8Vq8fgv6KIoHYlPgdfztRZRCb++Os0ZAFLi+Dzj7dCg1nRDtZ7xbamNAw
pIZJ3sNRAaoEiEAonS4Xvahk3KhwNnAEDQtRQAZHz+xW15P7W15NbXk1OwSHkle/2i5MOyGn
3igQQ7Cb7O6+fijCJEa6Gbt0aKNL+uiJkvK4MGNAcnBilipLEu2x48aVFLUawQdfWugASK/q
XI8ZEq6Aq8lSLha7HSjMBFmgUuHAZ63oAAgAkeVoCJnIwoSo0hqL9abX4/Jz4OKJqKi2Lb35
WaOSVxg5Er1xtThc52On3ttQAktQHwUJ/KIBCIY0oySGp5jmjEmTrGvT/wACw4FI0Q3b1itr
yf2gAsKMDBxtvRLk0XFGMQK3vA/KmB7uO1vdq3Pr4ocy7OEFpYw10owlyQQ7lmgmG1tQABSI
g/nnvTsXvge+KMA5tpYsey2Q5NGBpSJHuPEdQbGbALGx/JkZyJoCwCQkGxEX72PmgYCIKxF4
zkm9CXYCdtsZhvmjMkWkcY/JopMvoQvNE3AYvxa+K2vI/fTW0+o/aEgEmLZ0I6Lr/DXQu59n
2FXAMZ/aISRspv2wnvfepItHLR5Gnt6FdawvIx3M3tpmwbRbla/xaiaMC4MTLBDEYet8UCIo
FQ56kTf10a4O2GVAnuDmdMCBgJjmDLfFnQkEkh3YRQ5M6nFYnQfL+FVwvOvBzJoLtW+nuPuj
IQhceQ+mAs96GjKkV1T6xGrxRtvQzm3q/wCX9Tl6e/7Fh4P/AICCRcxnT3pQHMd6FgC887dq
JI1FEqTTIw4/7cZx+/51/wCK71PSfEUIJ1dw79H3VEIkAGTi15JIu3kAYdFLIhvI+PmlBlxj
rn7owJOp+KNCNQPufh9qOx15GDsLW6a01zIILVpsAssHPeKiIOZMCEGEsnU80jZMGUQbzccn
fNXJhkHzAo6w8n698UCJhO3/AEYDLC2vY8p9uoEbXgSsP2XSrBG8WO2zXg6ulG9yebyOLVc6
89tNImhlxf7J0UPa3FKG5FiQm9AEzkdt6aWkhTBMa9rI9KlSJJjV69/WKAAWZ+IGABRsQwZH
UkbOtAK/C9cd7U4AIJreP7TELe60t/FXjej6eaMwlMxnWG52LoSJeQKwWTzm3HRpJgBDhW/5
h1+qvdPkf+CpAFXLazb3tQKJY9zemSIPM0CF2eTTNQFZ0SNOVTJNzJ114/P+Xnj34/5f5L7j
CL4qwLgi2bZfutPLCF+68D2KPkGOdfdaQEwL1aIQDlf4qNCWztP59b0EkIhwp51EuLZaVEAb
JAQQDNrW1zq1KoLEAsIm615HqpD0SQIMxgDpRG+nK2OK4vfXztRA3fj8pd/elLv70oQF7TK9
btb7ogMq6jTfU71FYKJzf9F+BUz1+QoAPQETYr+z81EbiWvPmeq1oEAApA4B569kzpQMBZ4X
cTPs0eAzljgL8jfQA2+sO21owP6aNhLm4ZC73Gu1CCCULJLB9+EM0RIJGrvkOwmPnrABjIsb
RGPGvbB4QiDRt6OtKGWhM9fvLo5MhaboSfMdyTl0TIBgp9h4Odq2tc69cenQg7gRuM9aJosI
ZRHvigAMO/7/AMICRGncTRAll2X/AAFFi9cXamwbuOtEAhGghgyEZgDtfz5pFiCBe9+nSp4I
NiQjbrHpoUciyB91ZolAYDMFGR7uutIRF3H39dKAkCYIeZe0flwqFITH2T+fNE133oAIRjTV
ezr0kxLQAbIGn6ngXudABMDgkYkkhrQYwJqexIBvqb4B/wBaBEjUQEMgy1OTt0zRAQpE7/Ij
rdmHQIgQHDg8fEUwIGpule8emiESNP8AolEzYAL18/OgIm5dDK/bf3zQpsZg8nFuvFGDMmQA
77Aa9rzTMNCV3z7gUItL5F4g6i+1DIgTkEHONMa8FAmgBCUWEt5NOQPqhJg2Cna4/vZUR4Bk
JIjqf7fNERNgQD8Rf2aKGtTJU6qeAjlaU0tkFZHAV/RU8EyLkyGeZGr25oAOjOnv97Ghx1wr
IH3wqu8A6XBlf9vdPkVYOR/y97ge/wC/8IgxPWiTbIGjgYdOJbbOxiL7GmkU0WqAEDBOHNWG
cGMZmnZkqNV7FAyImCQ3ufb4qa5CIyJ+NwovVwhOhOyqNBXdBr4tfvRrAgArOxJ/nwzRCOqD
uckP75OKOb5DDwF9daslBASSMl/3sopsFIuAFr8Zts6KHQkRZSNr9wpNEgqwBMoOBfq7FPxg
MS7bZtZjR5obCwAwGJWem/ihGS89EPg6a/8AD5D77/B/y0c0IzkGhInJ1/vowhTnDAJjTDUW
76UsaBJudx221p60Mh2Zc9NP8o1IZfK5+v2g5Cby0vUu1BtJQIGxnJEfSelD3hCvZGwNrz8m
KASAkcIyrR0t3kgIJUALbvRwfyrDEuIxk/e96v6UJEAyIOQTiLde9DKE6wBc+fK5u5O9Tuo1
UnCoiIm4AxEAa5Eut7wPyt7wPyiRgnwKsHI0+/eq/wCXunwP+GAeDRNTbMb7fS5px2WO2k69
OlA2ATfYUCRamQTfTnvURABRuMj7pEkOU7NkqAfPenKImxProgIAxGOM99b0NMCUAS1dsS8W
8bmxFwxbO2mvQcmhjgMjO+kJbLLkNjJBMbH2Qed7h0I4C1hc6rUBk6UCRQQuhLNnNrkLi4pI
b6leB5SIdxcMxIybLMjAxu91V+j6+KAEmQH6B0fPNEIDAuTd5G4+A64n4TGDNIAsz/0kAgy4
H99GtEEyn2235iiQXZd9Yx09FEGSQQGTOKATgAFh6L5vGkRQEkrci2mcQCO1AHIAgixnSzEu
y2qE2krRYWwNGZEsG8ENW2M7daCIcIEmyShRv6qHAWUIeZntd4tpQIhMI4asgIC/ZoAktByP
jtG1EEkMa7Yn15FCZ3JAlJTPWajKUnGvnQaQKymg+WBacqbs3qEBKg6YB1ehRCI0dHa7blfx
8UAyBqVWRtAlSMc7D4okQirv/hct3wqMaTtOGbUqNRV5NJ7GjJEhZe+/MByArw+bdvN9qsAz
eTc5oAQeCI60QJE49vxipiyuw0RHbyaSRC+IHmiDSxZKOBp8VMlCGND3Uaury0Lk6G2Z8Tmh
sAgLDusgDuGZcTJo5R8rHmD1k70dCkSgTbpaf7S4BAteF71/KzgpAW6q1CSoEgGIt0VMnYLH
ZPEbjD6UMYcSoIRkZAeFaaNgnULMLMX7eaBsC6F9fOF1opFWGT8R78VxcZ/K4vz2LaUdDXH2
K4qfUefygNoSQCXqZ43oy0iCSwrgX167auiEmJjkxvb4iiAYxpxhIX9FFoACcD1eMQICzQb6
hbkL9s/JoCAIAyCrDjT+XoNjcEmRFl/LaUItykr7+zWCDAu9f5RZPW0tW6jv0oCiQCUSVFir
nHo1oSOUmcM2HFp34oxCWmsEGOuZHcFmhcmMdI9/TX1fVXDkfNWHg/8AgQSQQ5B99vNACCVI
B8OhCJzGvFfR996sV7e3pmVePtULjYX5296Uo8/ORWm9FEJGRKyedKOFIFYOLWjGcaOKh3G3
xf7EnSpQCIHZrhG4x8kojd0N10vtPLKA5dlpr3Cm/M08mE65J3iYPezVFnMEWmS2Dwv6FQ0Z
aiGMdOlsA0E28kESA4KItoDHStXItB85uxq+aFgde8Uwk5vGXq5HW29AgAAmRvpN/wC7bU9Q
76e9a3L7n0X28UAJI+j2c8Gn0FNoKIBCuOfMLsfNGlDm18wX06Yc0++R0fo+DQUSrXnOyeg/
FcYCxm9wwvqTca3NFCQFw4ebNve2zmhogNBA4C45HxmhmBAN4TjXfSDbAr6NPzb21EAgh3Gn
u3RjY3QiS5Am8k9KKAwDIi+riS8ukEN+rJOo1+aIETkiUcsj4vA5AgEkWjpAHyP5WXI+P+XI
cenpf/wyRc8aUJYOF6/daEslRE9KAAJIyWasc+/3avj9eKi3BPmgQQxINKZkz2H8o6Ep/gTH
z2oxmSBncw+2gK+S1hihdEnTorKikgmSARpAk2/Js4BwRhFue6fCWlHI06iPJ3i1y8sCIDEL
OZRh8nA1oFsQDJRRIN+3lGnpcAt4vMeMG4tQEXCAtlzDfaM0+JYZoA2GCFoZFqtyEUJPfvz+
mrBwfrWrxx+0LEVrb8980v8AAUp/ID35olHkreKBzeMwBBcyPZ6jsjZXsMCD8dqyDDRSft89
aeDDE9IMHVLJ4F0IJPJUJfP3qaPDBujOcgmWStsxRwGRde5uDFz89KDQSULkXQOTnY/qp6V0
51DOwuVyaAgvqGbC08RHCowuRKt78P8ASBvGJfxRg9RS0hTpNXYkMo9S7TKQ5mUoVdnGl1bT
QsKhiCwh6PmXNoXejRAdkW1brjrTRne2Uu2uiorhZ2PbnxvQkA8Htr72x/1dD4/aXQ+P2ig8
fNEEEgHqS/j9FPqPP571ozvYOQtacBUqdhtfXXvNBsoDfgY368TUBhm/d1oaP6oQZyC2AJlW
G+mhOamXUsAbZv8APlMACoPNj3lE4UGRNAUMEgIyWXzFEgQCE8LItZxu03QBUEkRGFPF3K0F
6AAkSkMvVIl3d3zRNCRN+3m3PUGBErFyARew5mgQEtAxIA0jdeKF5EIA4EtasWN8aUc0ghAN
f6dz5msOv1QASr27G/v6iWSdf+xA5+Pf3FWnn34r3tVwB1L8ZP2eadiskW1h+Rz1oECSrjUL
nuO9AQA4/Om+tAMJzOiNnI8mAKQovLDh5W+dMw6SLQIIuuVrtjEmhxADcoLra42DN5qYS8Kb
LNv2iAYNBJJLQFwp6Pp7BUYhGdtfdKaAZgpyjPzgZtTQAESQVFukg7BnMUOSCBJgRGtx1Z0L
ygmizdmdOmnpoRiVKCau74DMdcUIAkWWgBwOieVwZp9B76aIlo9/Pbf8ue5/577pTG7qI3ow
DMR+UzSEj9n/ACtdNRv7NEw9iFz21v15YARZdbTuI+96AYzkGw+b+xqcFMiw3jVYyeLUMEIg
Y6Iaam+sIUCFoSoKfuKeCkUuFL5+7zSgYyBrFrt4ErWlQk4G93fquHYU3IyS73LSMhXbyT0g
wRnsk3HTNrxR4RD36udaIl7tglgYv5681AIwROun46NEk8xv11oFgHX/AKLA1fvwKtPP5/yx
Yyd3O8fSoV1AJB0A/t/iBQEmy+hfz5nqYhSVt4vBjp/aNuhbR7E7u660xWrLv9r+KigASZyQ
xYde1TR43908miBNkun57fFMJwuiv90QBJYzn796Ckk5DJLYK6/JRGtAsBcCIV59fSihJYyr
3gkuzSI+kKmIAh4AxybqPSyRoJIkXi/jKW1BQIWLAMnfWYlDI2LYgOysA9Q9cGiMVhgoL2MX
nmjgYFjKtdfHziSDSR/yw8H/AIZgArqj/l6NF3QA8qmlLy+9HaVZ6eo0VweuvvpRohElAIUb
N8/thQvpA6pT7/hAwam5kaPUld6AkspQMzn14opYyAYL2P8Ak0HLIi8w7EhFWc0cBIeLDQSh
u7eRQGU+ApkXZw8RmKEIACEQYYMaBfOkRTC4ErvoO+50dxhAAETpYNaWOMaqhAQNygzJOJ7M
LxQBERYsnWf9nehOJMCELZDFpxPIq4phdZ9dAgB7P/ARDHZ+65qNhT6VcTrRANkiR49mt7wf
ynJBGpOm4295p3WXpPedYHim0kyiCMe+dsUhgDN7aJjMhTamrGs8orgdEC6XDcbEWMqPwRu6
aAlpshH2/TTrsCYtro1tRjMQSeh/OOl6GQADOS1vb3ejXDCv7f06qGUQCj7+0czowrdcK8ad
RRaxwdbBK9PIeCDsef4fwhpEyZ02PoMuhmoMir/MegUFLcsQ16ZFAigQYnF7C4AHPNFSUicy
NjsL5mGhRACMoTlCT4470AAAi24oiIIRIic+j/KIIKXO0UPtvfgZ5xqpIMED2XWRCHoh89qO
JFFB2AH5UAi1oLBGT1F6MACsQHFpPv3QAhgF6xhFMIHuM0YKu2RHd3xETQQAJKCsuvvOrdsw
QivHzHMKjltwCQMc45/lFIJAgb+Z0epM0ECEQUrAR4hTpTeIEEjg67W6neh8pluIuVdab6VH
RpPnr6IoMKzANpfU+aAKYIAm/ucoQKOeAbyNdbdv/HzVaOfo/wDSUGcU1gjKZLsaFjMv4dOF
WdpJm7Fv8oZBFnk2CNwDbpnagYKIszLnVdw9kb0cAQIgam2Tk3XTWiZlAzGRP5nT/wAWHg/F
ASxKIBJTsTSITIOkqa0h0lnmJ4mgmgRYRE7/AGr9aC1yhFC+RGucUAwQEbohFzdlHP3RFEn5
L2d4JNHB5MgdTtgWvRHIbdHzPbKhUKIb1eOPs1e9wKcMpE43pHQ9qGIDJ2n3FI6HtQIiFJ2x
RFAbNcLde4xbCdxWt7MUchZMHqL32z82YKEyEEdpev6aYYMwIE8bIBwI8gVAcmbJ6PXtuGKA
ASgJGRmY1gLB70MqE75MHmR9sUcJEKYO64+W2BIC4gQmCNfnfBpl6AOu3vTJIkhuJWVOIhZs
aOUlI3fni+smrXEjWMQ8ZiI0/wDFvXtVo5+j/wBIYIomSbXNClYsAm7v4070iS3KI1icWxQh
BWV9TH7bjfkYRv10OL0KApShC04vGLazXPAO+7F4XHH/AIsPB+KBgii4sTOv6L1YCmlnB9/K
xuMBDGfroaBynd2zbozars5AHVnXOoNK02GFy0+FO8uloAhFEOGxEC8R0dCIEIiJKVzCbsBd
TmKKTID1A/3ord6BEPTr7NXunwKNyokrGfFEAwaQyLe/dEAp4tQlvA/P7TWBsNNvrXraKIJB
YAL1nf66u1CBqRaG9eNzGulHJiIKDS+S4+LwzQEJIYYs4/Z21oaMJJDhASliFv8AlAAAAMFL
GrtJ2HYgUITgx3Y7H5OsIuCFxJKM3ZP1takJYACFNvgjLaPWgko01mUboRMgRWdADOLtW0+K
AAhcZZaQm6i2gJvQlwmI6/Y89KbQ/wDTAEkX9f8AZ6CjBAALl+7z8/8Adg6d/eKIYIMW1dwF
rpR8SRJXGPum0tZJV7Rifu8UNiAWjnHTTkh0Ziw7RtzoM6WqAuEEHhz0zzNClhdfRtga0CDa
eKR0PaiQLkMYc9qSlaO/va1bg9+OtHUEfzrpQdQAG22Xz9JxRAAEAQ+sh+DGm+BgEgYEbA7d
V/jAaCMFHfUXU81AJMGViWbrEvTeh7EMrTK73oJjCN2WONpx4ohKJ6499tRcBIKba9dTrQEk
kBjUZx6qYEoAuZF7315igAMFxz8UQwja9AgREO/XxQNxoO4ZmHbpiBQABBfixZ19dLJAtp56
HHS01ZokhnFwv05c2ozYCAEESdff9ogAAgkEMZCxoskuAd6xIGG2OPH1QBoAEsQtJ6d5pU0C
AnXni+1mqQAOPIst89DOTRAKAURJkvtx5FEqIiIEpkHSc8dGHmGRJSUIgwEIsvuvofgX9sv+
XOffcWrHf69/3/iYLRYtJohlwL2GPfqhYGxQyLTsDrRsSND/AC9uv/JF98UYJi3BMY3+KFwE
BkbHDvGDrkNURyAdwoYvCvrurUDUyBBKulqQR/NQCC8wLExbTXrrRhfJAhMSvsbXqw8H4oSC
SsSAAMDH9OgrEoYyfI+a4juf87/FJt3NY1fn7q97mpInBkf2/XOaEQzcBiNMG2l5nrUeZgkW
C12WutHJFYkJYkbN2+UqZAixPNoHmQwBUsoC927n3WiESCMy/wC8UgjSWKCAGnSJVrojfpB/
777esuB8/l6+rzb9t5VEpFHnA2dLAdQNc2PRYppYsDAaLE2TvJ/lWgwkTuBt7AozZbsBlDcH
bC1o6RvJm8hZjW9gEc0ABD33SjBAaBInGugvBNu9CUsrzVpB6leFHWgRJkCSGtmfl1FlBnAS
l43+r0UTc6aIC1zlftEk3935ptDPvprY+K2Dc59vrmOowQYMgXN+nTrQRZuLIhLL/wA60MAI
uY6x+w+l6MDgdD0tV4Xd9W597GKMJOQZ7cLzRNEE2f2vinVz87Z7uhhSCTIP4x4v4qcc7AmB
qdP9O5BzYTZX3aNxutKG4Gwe/sURXBj/AD5oATkHxx9UAoZe9KBZs6ONuaWp2/lFYJPNCWSo
j6FAQSxclH3btCqAlWuYS6emhmQIvEDQc/PJoYYgZOO+bQ7k0zYEsAA7fMwWSugAlaiaAMsy
GBwD7p4VMypMe4x7iiJJePF//Fh4HzREJH0qipSkCzQ936OhEQIbCF3I6emjMEpBJXJF1C01
vtQAEGQB0Ukfp2pgIWARur+7cCACFEG3Dvmy+6GNiBiM8UUAaShMi3nnWnETYjST9UKIdw47
Qb+coYoi8FC2R24/tGAANATk7hD+KDQmdmM3Qj/P+WPePH/CREgdb3Hz8UBESALs2xzceqiM
XBZcYCQu1Eaxe6IECDH37870IAjSeFrrnXii7q/sOrhRm9oH2qMhg5Gk+aOQQX+n5tqJiriQ
DgjPK/1UIRvIAfhc4N6MLA3i3UTju9dCwRkCVrUOxvp7HUU4MCXi6+/nSv8APdb/APQGCWIg
59mPZve+9flUJKQfq94dAQwH/PbuzEujkTHMriZOne8UYwkQxwbnt+B02DSQtkDk9TzZIoaQ
rrBZ908UEhsoLx59xQDZN39voqOxOy79/wDwJMDQfNKSxClyocTr9uiESyxxvKhq4ik8OUDf
rwf5Rw0KSAxaLXccHKpwHaRZcZV8C+4NAKKkn7T6CoRcgImBbFmTri/Ap1hdK3i2AK9J36e4
mkKMh942tQnDXGn3+0DACBEXG2kHrpTmRJumJHsfNXcB9W/4TMdKNjwf+ERCzmV32vUwTPq+
lf7P/LwMGXfp8aWogEI+7j38rmOEbEbr480Mge5RO2nvkktZZ/1jRZ3lUIqADOAOtrDi8ZJI
QdlGM8HqMRQYLLsC1uo6+KEDK6vOs3DMg70V0Ls/IG+ST4pSSDoTrp85o3PJ2/zihJLAwsfy
iLg8GgAAh/0GD36+xQGCUnI0zbHYQaMEZcF33vb3IoRUGYR0PpMfgAEhATK7TfxGwLFOCAJA
SBkIf6TtUGNmb8q2OJo3PJvzv/02K0oGEP8AyrbWPanRsZS5i/0uuroXELiCJPTa305pZWBA
PRkfOTqHQACHX+A2znzLIJLhDvOn3IkbnRBMEgCPNgNZ3ioSIByQfjNEggFlNGEdZOziWbUK
Q6jO/vw810AXHujxPQmgEjpi+KU2gHfE6+zXgN4/54VWHg/8+bVe8sKrTe/174/4UgxlyXmS
s7eG8JF7X7r85ihsjF3v8pbgQGDZ69vuoDEO9htK18migAgG2qf+81dBJICFsDY6Po9aAbSR
zA2PuzvRggEQYDQJZ+Fxvem3CJMQd0omPcikC7gqeKS4BWtmNtTFFzpsl/lGZu3yr3Ve3qa/
nH8qHC6xK8vP1QkpSdPt1MhAuCouYBw1shohQSGzNzL24G26ooW6duP5xeiNOnjnMXvppQR2
9ncv5F+lOSZGO/sR4/6bHjjtpVrr8Vb1/amCwixe8/6b23opGGc2fzrtcRS7AEYfVkkINMsY
OGh5S3fOtX0DkDYSxzn+AEAZAB2tBWEuJ4oRfhdzE7ftXV44AkY570VAKFnYROofOBQKLohs
QCE7osdagAaj6q88D5/54VFooP8Auu2uzpHSvm9x7ocWnn6H/CZEhu4xedf84pwTlxOmmvxo
JoIcQQJ3PToN6AGQdYF9bh37abjEW5II07fdsVCwhA7ccZ12FEwbHF0t7DcnyKBkSiLgkHUF
ZtNCkBBkECdUo/mErGnEataCWr23dJYixe/GffgWHA+O/vNECWev9rJQsUBqJMjNhQBAkEFX
nOfTpXmvPnp3viose4ODrm17Udocdl/gI7GgZIS8Dn/YvetgmcZZXX+UJm8EhB7kXseaW5cC
/bQv65FHM5v5NG7kkj/NOWbd5jBmGfFxmvc+4f8A211+KtHP0augwdD7vG6oJsX1kqy8t+9C
PEgaEEwUtMpfwg4GgAlZnHD2oAo3ErLByvvrRoEjTI20wT80RwLTEMie9jxREBJKSRaZHqs8
UBFlxpGwjUdqyp7H5tQuEG0kuRpEZR7UQAUyR8igMH+mSCHac60lhdF7jtREDTUv+0gZC/tv
F96BAAAQPLOpT++l2Ehpd/daIghZIB70QQgBIupgHGAx42owEsqVcH6MWm2KckGdYKsjN59U
0ZgyAibqbj56ujgI3F/d4jWiAJQ4EwcrXMPfLJAkSBZ4OdTOtEiySZvP1b9oQRThXJUfn3QB
ArEkA3ZLJEnYUdZINhCvePJ2M3pMIFF1uYcg68k0sHZxwBb2KYEtsE8fas8NUZEyIwU24++0
kU3B9778gdqMlEnBEnlAD0dVQBCBYY2pJSSxHxf0UImWJXBzbrNWQatTcxqCv7NHkQGGAr5u
Btyc0gMASdtz/f7UQUkC4XT/AAUAAUHqKCSB862nP1mgYMMy09ce6dwIWJuZmfy3sEEwB72P
U+rrRCIGZP8AaIEghpj69zRSmRMbqxg2fFGBAKjMKLHXv80EwACFtL36YvRjACTfNyYsDimW
nMX1ET1tQgkIcBARvGfcyKFcJ+9/wvzQnYZdWNPj+0BAGCkyRbf2ala/3XmhIXCTEiUjxarG
b/Z/vNSI5fyxPuaJkgx5t7zSs0555oyW8JefoCpDr46+45pgCblXDHujvgTUBV8/Hw8R8PZw
CQZs53egJWu8YywuFuOmGCxNCQYKWOF9Y3w7g0Ov0aDJFEAZ57/HNZIeg63BdpoOREpPSHnn
g6CiUCtKEpMkXGT5uPdTwiWhoL/O2tRgEMgb4yfGfukyAQs4u7a57vNECIkohWwov3CP4QgU
CnPnuPdKYS5SkeI5Z6TSERhjiSjO6/CaROJAn1iiIQbiQm4HvsKC7k2U+YoG2MFaG49d8pwz
rDdmw30/KKJiZWlpRtte/giCIuiDE6q379UjBdbOIPVjsqBg3fYDPjvVxpCBEhG/x2oICCpw
Bx/HjFNJxgAZ/n+0CETkYH5SQMqYCz70xSkyyw8u49805ABAIb7KLMvOqNgFRgeDMxBsfB9D
CGClEgBFpuLIvt3oELidbyaQkrgkvJBvebO2t1U9gF3hX/av6ftDO8kObpux3vQEAbLXHmm3
PFnUGOPv29EACBsfnQbf4LOZYEaU0XC/8v7zmFhkvM3BeKKTLBYW/sU0DWWpmU9Tt1lmgDRQ
xwbY1E7Ec0F2SEzlmBntipgJyAsRr4aoQSG1+J88aWmlBuI5iba9J8RNWgAXBD9I7U4A5JF4
U+uaMCKtEWxe+ynzTiWxJW+/v3WfH2efjqLgEgseaM8hDU6nTXfahMQBENAjLjcR3uahiwBa
CmC0gFvTolEgoKAOAvTMujI8akZuPoCXRJEoBIk5wAMn6smKMYIz19t2oCAAad7xsfT0q4dj
9j69dQFpHs9KBdYuQGT4NnojnZJLGcnEfINt5w6sWh4Q97bRHFAIgkZ+Pn+KaJEHAJvEwPsb
24Qo7I+aOSDILsr/AM1o98giGFf+0BBBmOPz/gNbgCBjnxucRQgAFwiGSggkcMfQNADwQGyF
YnzhI8WVAgAgodmFocd5q1yNffAl0RGMnY7dufLpkOwiwlhcd7Wurxx+1Y+T1FvrAjFBhJMg
H/CVjlQdv+BHQC0eZ6Hrajbxzk+7XxUSTs/87UALxK/O/wDxxehHvx3dYgSH2K6PC/0okClt
4h/fN6FGEi3nVO2TzOlBMQgGgR0UL8m16lsJwNj+2xprQxAJXQBN53s+l82oYEq+RubB4+e4
q2AmBlkEyQbezYUAYAAaAwxqd6GCUFAvra5HhvtQEghhrde4+6SLNMzchmNhHtxBARAlV00l
HamEBxbZyzpk2tuaMMRkAbCBbcdaNIIyJxcCNJJ2VMDNhCLfa6jsOKGAASx7hcY1mkhIYkEZ
JeYtjYOkQxRBsTpcvSP2ogsJh3UviXuOpGBDDDNi8QUP80ogGQSGRZ5siO93ylMRVJslDJD6
AwbqxolkRW+YiOlCALDfHuaAAALAwrC9EolRJEc0ABA/P0u9BwCXf3bnbNNQYmNz1Lnl0TAE
4IWNe/HxaYAEfG/9Nj0oIgSSzcQNZ+XfShmAkbjT6vCtGXQFVgAQkUBa/ifmhgggZX86+ssw
CQyjh5+eW7WqMAgp2eMz/eta9zxJk5HPooEwz99PbUECbgejSkKH3yNDQKtGIoFgy8eLfW+9
FLsn4Wn97U6xfekQtlEdHfR03BTlr/N+gogTBaBe+ESAT1GkUTAkk6JLqCc9+1AG4MpgbH/O
9poRwB+/Y6U5S0QCEuI/tBYQSyQXEk/5hOgAENgGfP3bxQSos4RjsF55JCEjNptn8P5QM3kH
kfoqzL9R0tXxfOikgGJQ7gF356Lckphn86bVgsWQ9Pj3FASFzBGkcyvSqAUoIPImLBRNu2hI
ALABbK/p3tRKBJjn4ziw3oAAFlhThT7lUqHU4+4mRO9AsAGRHxuRMvNNGQTMMLQk8tn5o9iC
Q3EFzeIHRTRrahLporuc/lIGEgSe5WDRBukN73POnigSkNfXh1f1+VDINyA61kHxTwauOuuV
3ogwcfoogUBEI8ymNRMxi5puhsDnYGdvDoxBZ50N2UJ13igRsrAAx7l21pUSmHgeneiIAje/
NAg26+enYnmgK5MWoCgTB0Nr26/8tHT1+n/lw5okSJuV9hm/OsE0SJhjZ/5RggXIkiEHDHu0
UUhgldPuxf6dJEk2d3Ku+2NeVPegM6vcdidNKcUsEqbiWwWr4LImxDolTYl+EV9yWNLOAjcD
uMZPEUQF6k5Rn3rU94bFxI6blPbCQsyQxJA5ds9XIggex6exXsbKKPR9f2jxSIERkz5uZgRk
qhuy7NqcSdv8JlztLI61IAXR7ri9lSGIAJDN2MwolWSFG0QkNYa0cDZ70uRBYGEuCYk3e0Cw
UkFAHXH1/jowCd7gGXYRqf1Q6KCJtaQ4mLbn/WzgQJReTp6tBfFMQMszfP6ZWNxQYutY2t23
VKRmx1sQYWmHOS6Byy4JnXGMdOavJZBbO6uAX/dqJbIhxfEj20rQUkzZkLjPNexNHKJhZ6US
IImnETE6BHLWL22NRiRCACUaHc1OQ4xYaziOd3QASiACsuOG9TApYADrpeOyMT90KQYSZsFI
E5k9AS+OtzmKVrJEaf3bzVw5Px766FksOLqP99z/AM+L32fsfVC45/KMpFh9HKti7GSoozCA
WSVf5WY80Bki7DcbD3ajAngIPElQjRndCO+vLWvSjgOxeRBv8+cihkGU3OY32t2MUrDPScrb
xJveFxoEyoVgjz0vQiFYNg3QnHn6IJiPczI/tDAgMkAZ1/OhvmgXLY64N4nHfmmwSUra7bCd
b1ACDN+MUWREASMzp/GbNUlhKa1wna+6q9aBRX57qcOhyJCsAP7rFCgTOW3BHvEHFjkQbDib
i/S1s3NLRZu5QD+6ALFdJ7/zNRRtLDJB6H7/AFkAkHTGKUwDIDE44jW8dKAHQRfVsk7Ttc0w
hQDN7g9rcnjFBCsSLP1+7CjAeIWs3+0YDkxrePFHBC1Hi/n1UcVCf6+yjzUk2x6H1+c0FCtj
jmgQIMIBXGnUbPNjRAbpOJ2+d3tFHLWNibR8P8gIQAIKXBexymL0cQwZuTbg8cc7oBN7vMSv
dKEKBawNiQRjG67uhF7JT26+xNEQHkGHIsPcdKXmRgxwuM9P+CEDmdf8oQW8UQkBBj5onCQF
cLpGrZ6Z5e+58VYBoXyqUIuY7hyh7xFER8o5w/70tBweoFEskP8Av8oSCIBYi05PSdKIQCyJ
syUAfjapgVcr2Kt7xrTFEQI3zOyGx6C1G7gJMkPsy1Zh0CCETqQCumT2FAgiRu2v3G9qJQuh
2x0DCoiQZJKK1pQUZFy/Pxg+KJiDMcYGg2fiwJBBhTN5450NEuBUONx194o5oEABhse66RQw
RGWBLfGm8pSNKwLCOgk/Z4DoAmwPvFBFInQ9qKN7gx4POdxSOh7GjClBItzd7H94oQiLIhJQ
RkXv20oWLBBA841sXhkiiXZd7Dk+a8DRKLER3fvFC2i670wNBnT21OQbi7bPvxQsAtID1uFQ
kkyCZMmwWv7pU+QQwUhZDKN5/AKmCNNQsLHT+06JFksoocdl1pd3ZLV+Xu6VCubu1EUYxksh
a+aCwA0aHAz99aYQwpMK4AKPoig5Ca4+/wCVCN7RfrnDrl4/tAAfuTzXkD599Bq9HX6VteTV
0aR4oIWYDMSZxvB3FquXzgJ9s/Tmhlxfe5ga6k/lFD0Xba8wHxFMFkOXqaAZHK+LjI2oJAM2
Hv3tQEhhDqf772oADsrbu2q+cGis4VsYkZM/YrQQtzjOoltvfJQ4Kujd8qHbjN63AYyfVmZL
tasZzqYPBuxcvFtCFiBwz7HpqzDlxKwbyuzpQwrEP0JHPWiA4Qfk3IuYV9qETRJngrNgevRZ
rujJmOc9wttT8jk9NLx/KAQ4B3JS1Y/v4oSFGhJtL7ewUf5dbe62l1IJvHm19NEe1nA7NY1K
IPY/ro72hkDTv7d1eajz7zvRwZcXUx0jqaIBJ4Heb7946VfyP566I8AJek+Z7dqOcEhE77f6
KUaY5CSAzgZWZxeknIZACbowb4mFrtTHsDv50ef2ggXMXQnouNeVRNaobSWP3anENSgzGV46
0QheVt/zHrzuveA40phkW1Y6/r+6YAEGJ2T96pxQEAlYWt/e860RZYmH71/K4WTvaPGfxfA+
awE5LymelSCEysTuD/k4TozCITCNix48ZzQQHmCsRabm2ZoLo3DPAdjdx4vRgeWwl4s85FIB
KWb515sKEtgFd83CnPXmkcPRoZSVKHKf5REEu4IO0W9Y6gOklnKZli0fds0gi2EwXPVofFlR
nugqLidvqXDoJwBxbJv0jTShgCUjsiAPgVbA1ckBdMMzjenAQF1ZE7vzPWgAjAk7WJixt5Jp
xCLN577Cw+aKWYBAKGQCPsdVDCy0Mr1YxOqLoggJup1J7qSgCvmiQhCCZ1gQTAN1/KJNAnYe
g/6aiIJgfC2w/GlZg3P3Bt674jmCckHTJFhpQgxCkEbYbd1Haz1FEUyZdmtYs67YVAIvfSjj
pBvqdDOPou07cQQuNe8Y1tRSxC9t7FACN4N3E35fupmF7Am3GI6eVRCQ1SZV2sIcA/KbSbmx
3AAsVDyW7TVlQAEHNmBmTcm1qAkZd4ZRiDFz/OQ5yR06ZoFAsSZ9X7QUCSMA76baa2nWgDBD
CXwddPunAAijE4Wlg9esUAgBKL6qFubzfWrbUUkBIqRJfvNe818L5okRcY9vi+KcEFsyOI03
O2HThgAQCoBn+q38IjJCCSw7+60I50T3XFAXEkNTySupvteiJBAc7DWc+mgSA2+8PD+6QjJD
TOT7pGBRMgbmE3Aldyep2ogNC7Lw+fn4oZuJRGAB3ZPsUzNO2hefc70jjUu8HO3sZo7nQ/BP
5/KWDkTfcxfrUny5gPOX44NHIBd9Ix0v61QQBFFRkGdcJ6RZ0I6gG8RcHf24oDAXIbETpkN/
GkmWZhABDct+3xIIMSCjvHj7emEyCdFG3Q5jCdEC7zx+0dJcC4UhYG++dyjBlwCI503ns808
BNEh2F9ttPEUJJEFdFl8JvP2ell937bGtXqkzK4QzJgWyR0u7EJNNVrp/wAAlBEwipU6n/TW
qjEmD9DpjloPRCgw2JkQy9AocIrMQgTCKHwBvqdVRhBCgKSLX030UWoSE3Tmz8N8nlZCdAQB
vmTyOO1BIHLSxbA+9nREIceb297Uz0nre1rjeD8nBCscGDFyCDxcfNEOQjKRlbRRMgKInLen
v7RKBOlE8MXGLH4y/uk3GH3j5PtzAIZsPd59GSlJJtlt+r+CjgLXtwvGfNIKiCJmRpnv+miC
AEplsKLvtCOdaeJxhXPI21/awAjT+ybDrNFKY0Djc3Z6/dNABN4Bb6x3ooBESPgauvtpvK26
4DodgiDC0kTyLjFEOJUXxmNqAgkkXJWeqxejNmJeSLxazzvVwA7lAtdfqa99j3Sa9sfiP5RW
ANb8k7g3+t6QIJwNCwrLJJWv5fb3EIuw1QvNsO1DBlR7E7avbVtpEHa2KJAMod/2pLC5Lee2
/wDKN4uP2aOyILlLAHX3aamEg64K917vJUgmCv2LRaTpehQdQa76X4/y5yw8ezg0ZK1+l9Mc
BRmVScEIObnB6e3oCEOB9kj30XhRBJGddengzQAxLMGzkX0j1k1OGQVwgsEXwc4uM0K6LGf5
56WoiQRbMkYGOhd0aOKEsNG8zMR/eGc3YYBwfeM0LEzM++L0/dPH+qlcjfXxbTwDQQPI8UJQ
4XunfsTJpAaqLyVRIxC7e68+CQL0yxqPminmp2GRvglPACrB6d6KAxGs4Yv3OvOaIKQJC0LE
C0rmjAkJ3eh+hfETelSUDhEowpn05mnJU7Aznk6E+LKiDaXJODs9vE7UIINOMdXPS2tBGyI4
LJYvZbHOlCDPNpjFlppjdoUyGUQDoVwO9uxLCGKDSB2WaggMDswnOz2iZolhX9WM3vaM0NAC
AX+XGnQ6UoVKzEJaye9D1ppiWd01zbzS1yGCRo9loaFhEMEAD1En+3oVIkgElKL3DHbYupwO
toHmdV+UBHUDJUaEuOYF6MECSAiRB6mz015FELUYAT505R6N7ASsRppdOV3pmwQN9SoCuObb
ZJbkla8/5nrDJjEEkT/WjyDzTySiT3sbaa6dKV+2A1n35qX5nHZbrTa1ELYtCcL7tkaa0UmI
DL6ydfS9qU9Y9WHMnPbNALudzfoNdUmkKJDTgFBKY+/QqMiAQAudtjrJmjBEF07vc8pY6ugJ
kAIEEAIWjssR5oIB2fPE2vF6JBCrRN7j1/tQZMiAt7z1HlVHmwstv8qRCAE/GeYoCLCuvNn/
ALRQQOBfTe/gdabUe9PX0opyxcDqcbDv4oIW7Wz+Z48ScBoI/wAvRKBOgdKJWbal86Q/G1Il
BoaBAFgMRKxY3aDO6lkzi+8Cb08mASRp3BC5AEhURsAEKBCiAwxMWcyAdoDkBrLiIhabImSh
JDCjRzYfUUBmS0IaesxtZxSEVAIJoHb3QmKEAggQUgtmCwtcwesGQQCY3fcOZ+5oGsXAX6B7
mhwEWDrhnDhxcUowBi5spfZDmYqG8jvETMd4M0UQSZRJZMNfuzo2CZLYMwxJshtp21INEpJE
tkRDsHcqAEzhujMwiJMQQk2ATBJh8A0OsbpFF3kxjHyKTECTgUj7cxtRuaQzTX6wBQi1AQ2h
c3HHa9GBYkkS83z1RZfWhREkNFWSxj13dFYgAdJ2vPxrRjCARZsUjF+NFkWoBDgPHt/zagkT
BZIVjJfliZMniSgvPSSaKBMrvg3qQPJ8IUZJYIT1GscfdCDJYZKwVrb82mTRCFXDcrItEguN
6DXQfHv3TCLzeWiDgBAnsZsKPF2psPHaKW1geyv66uUDC3D2E239U0QQgc986c77Zoo6IsHW
zEWBoRAGAOPEd/l0AIYGvv59VveBXFj33uKIkF9OenQ9egcb2J3fX+U7Zotv97UL4T1OnYgT
thUAUuAPYGHyKAGQMEJAkIB5A2LKR5qdoIogUAiiiA8AHFHqiocGxGNFrcOg803QshwmUbFF
a0zLgMLq+XL3XdL5Mr2bCDfHVLSkk6QAEEGP6dutDATMsCWdfTN7WowIE5HQCDjA460O1orE
IXQbFuKDxkiF8AvuDPSkJJELUz/jeoIASRlEgyyZvAjF4QMoCg7QALlC/HCvQ8Ekk0cDIeSD
qMh00sAIRCAG5kESSgRi9GCQhkCRF4MrUm7gU1rAXIQb2CJ521YooomDgybLQ3m0HxJoEc4U
mXsDAi2mgKGVIElyBAzAG2k3YoaEhTIsLXyM0ZkIgAtIIDB6ZHNhAzwHT6g/AVEgFIweoO+B
vk2kwoJAEEXt1i/TUyEERElbzm52H5RKI6Di/PN64EcebdaEmA74xace2mjwSQW+FBEsxlHm
ncyJtClgWxnMcECpyAAuQsdJnfaKhCxF8PbmdVzQgcM79Cb/AAfFCcAAK6QSBPvxhS7YHgVc
4/4eGrfyrk8nOy/fNEABN7XCWv0k9da5raZ9/wAp4k9r/wAZHit6RcLwY+sUEI5mQqEkXud4
ksbUCa+9aECpIG22Y7c0tAgCxQZQAh2BY3ooMBSyNKCsc3UJWply3M5BUDgSF4ouAYKV4BT1
D7guaCbATNgII/X7oKUYIGxZAiDnnsIoYi1CSTAIANpGxnJiahHAQkFr0sD0pnhEnJ/pf8ox
QNksAWmDsQN9RmhCQsIJUAH69gUaBoHXBc6cXzQGFjMzgXdtb96AmESDnGt/PWjgDkLBYNn1
HPmhUIEhYBks9xYG1mTWHmbAIb/GtiRkiiHKQBsLWSOTFsPEU9QgkBTEpBvDXzUFGS4eDGPM
yZ1PBLoRBJJ282BWjoloCeSiQAPxGlsSNxJaGYZsDaH9CjIdhI0ybAIIHnfvSa0ho3i+hfug
oiICBuXUdWGRbxQFYAQg2vg7Ytu6AkGSEaG5Jh6Wx80WQYt0he8eSLDTov0MddHTgEMkghXJ
sn9a0AM3Qv1OONzYXCIg2mkq3FsPijobJkbo/wAsMBA0M4DKYb104hZ+TAsAAhL3P1TqHXHp
1Gxp7BUAKVtoyeimpRIMQfgqfIoG4LbNEgUYBMHbU0ECQIEx07RE4xWHB+fq1Mnj61okAM2F
ANxiyoEgiBnXs/2rTAZ+7ke3IFbnvp9RpkwYDchPy5stc0HICaCALAPAzi9GJAQAyAFqaFwR
9URsiggTILIgATobAOIozAkbJklm7MF+TsaZpkHlkAUCBGQbWFyDEDNwpJOSJZHRuXvUfHVR
gGBH7dKMcL5COA0Cn+gUlrAItYz0Mg3zmoVhRpAyo+OkUGAkiQE6gt8KMUAhFcrhvqUrR9jw
CS1CuV787jegAIzaBJvfq+1NAgQ3e4S6Ky/tKmWewm5JsMnUh0OwgkCSXEtKNT7FLpAJykq2
bG7EbXIKGLBKlP3BC3NKAziRqFLsjPSKAEAZlaGbjYrmDQQIwXFh7mYHRNUTHcUETJD/AKHR
EwRRt9e3ok5LREZhQCbn/aSSr/3e/igwsFcAnoBPu9QAFQEFW/FPzRCQDMmQDz/nenFiiCcd
ws/dWIdPM7rSJF/q22tKyCTUIi4xodDIh1ZxfJ19EkWowZQQPEqZv4vigILWVOvUdTK81hw9
DkTdnq+ZNZce/F/2rxxVzp8f8w5PxQErhZ132vjSFQBAD0+IoZJTGqiNQffNG/I0EEXZJsr3
F/PehApySn0fH/G2IHa04vbF0FmmJMgywhABnBgdmVFMGyw0MoXAScy7K1DCmJoPCQETORBm
TQAm2jYTmBuLkD4qLzAkgAgHAFhZAbDDq50JALm5bAkIi8sGowky2bMQH6BamdmQhY02AybS
cUkBAATMkQvzcQSKTiUpOgt1+U6VZiRi66MXmMZqLALzBQEWzh2W16foAggSY0hRj4cUqgiT
jU3l/wAgkMUvDzs9J1y9ZFSCkEyQNoJthBW1mzhACwiBCDBJWbbD5KcXBEEDmwf12hyAglMr
eVGVxL5RWASBEu3rKMQqS0xJzkrT/fFDXYiwG/0VLHzSm7wqQjGLjtCWKIEiwAJMaSOB2xSB
BkQA+Cn+RQAyaeWLjxfWM04KWJbl7Z8RFRG13vGdVi3Ak3PJo7/7+0IIjripwSYY6KJ7HQjU
YNZIJARqCj/QovT3vDeBrt8ZtRiSEuJlBN4HzaiQAIYRxjtiB+OgINlzkiGNbf6S6z6VcJx8
/wCUBOshf1uc/tO5Sz6qCwok21XvtwgRYRfWPFtaQgC6EH/P7R0oZU4v4obICbk/PnGP+XDB
RJm+dhvzW580enMAki0crydb5KBwpsLiLCXo+9DMIa23e58xGlEACQoKuPRrC2dBWkZIJJGp
PtihRpHASEiM2SbZBBcBoZoMRgAEeQ2Cca5blUNMCgDLmWRAgF2LOpoxYhCSZETqzd4OyoAS
AsxItnIzBg670OBBHYqBoGBgnvl0wIKgDWAvp286UWLl4AIxPWZ70BJAGfBBtEWcb6UDSFwm
QAmegAHmARR0QCQBEaNXGdjRIQRa6JysxHPmlQmYtiABieutrEEsZAoIpHb+64vUwxgfdleP
kOCQBclTj6+TRkBAjoiEO9uop9CEFmxK1Y1m2lIwMIDPSfRbF6DjLxb0+2oCBggabAf5elFU
ZJ7vTT2KIkACCEeCXkTr4o1SxJHKVkM2kc0JYrZsKImCZmBB9FCGJEHrkd/NA8GC45NtM2nr
TDzhKQNhLm7oqgGUO393B+xSNi6vl5fFpk7IVCgAtsaHC9wqIoBJkkSJaR7fE0FDGiNL8cxm
gZyCAdpuppgRORHj8896w5Px/H2oIBwiOrdEATZCb2+PylEhYPBNxy1rpRMSXcnBowQRxvg/
2glTYsfm+xz5FZXsW/PSjoVIJNl1sJnfigmIAQLIFlMSIgMYV6CQIABtShMSYk8xio0xASQR
JLe2n5cECUCb1yCLFb6cRRHCQVkNIGQOqxQC0CxEAkgFyLK6Y1MOmmBFJIFHcwEgsCVQAriC
gIQUyLJKjAyGdGFMG4RAp6ESJ/tJiARJSAB0IBBeTu6OOECiwMkwAt5QTy6yaJhkriYZmd60
IE3E2AUhvYb0ZovUBLgZsdDtHB9EACTkWZAB+JvayKNeQm2VIuQkAJE7g0AdRDOEQJqDMhDZ
QIliwjAobvHj+ljaElpQ1JImP2ai3AWRLgdrHPNHJxyOsnPcH4VKMyACSnKS+NaK4iHKBgrw
Jm5vTAHJukajTr25Qkgpgld3lGFY0YkDBIPZFfzpKFFA2WgEZNjh+p6R2JZs59fGaGSHM63Q
1/FzRJY2Nvr3eiBLNwPT7rV9CSEJiRY86eKcBiBsTrOgG2DSAaIfXPs4oiQCsfj+SCrWZZpg
hDa3+f7pRheU3zvCzx4rOUQiCtOvCHNDBG+YwKFjifn3pSOlEKgwbGL6fOl3TAMZZz9rigCc
E9Pz3WhADIRgZHsa/n/S3GCyrc8/zWgN1Ej6e+mRd1aDLLhbdOe9IpBlgG8SiVDIjVTJB6Ja
jKSAuIDIuJEE3+KVoIljKE73mWTfW1EmFJtE6hNvDDiwWFFIyZuAcq8o2NOziIQbHt5RsKHp
GbhAwki2MJYBd6SEKBEAAVmaAXBJgZvQEkpRTFjBPITL3oXSFokSFJDctTg6g0QoAYCKzYn1
32LFOjBSaINn/LB0WoJJABE7awEha2tAIoghcCJBQJI2OvmgqJJJWvbgXs8waMhYKIRmUSwG
UhilsAQChOCAOSB1BUy0qVmJAizeoQQzik/JAIA6m21+OoJbRuuU3AFzfo9TQRgMJNDDkyyC
YCg81Go0QVd200FjbShsQQG6Zi63MBuxoAiCGLXf4M0BAJfVdYmkLQGyNCtADiNGKAub+QHD
5s10pi7JFAMixzrJJuN6gLWMhF+8/wCMTjo8H83okP1jF9/h5VLDJRFhefd7UJqsAR1VwocD
fegkZAARyglhEZasM2JhJS7bDCzd4vimZYKIUSd3svYcsrjT39vlgrBfcYocWg1970AHBY95
5ogEg6UcjmwWjprF+dAgFQiOrBorg+vxmhIL6HprV3I/NADIOV1oSTwEXh/I/tAEFvoso62l
/So2JMxlNzg6HL2AqRxLABkQTkiEAoN7ZkMJAEosuClwNNj1oK5YEBBfYo3Fr2vQaSQkANXT
buAgPujAY2CZQQkChktKAGQssiGWSGSpZvkum5QhaAhEkkykaO8UYAkkmAsWU4lhrYFU0CRS
w5cEmDIvtvQSEYkiyGQLKKZTsxo6OEJDAAidd+I81Z+kFqTm+sjXWaELiQwmDgoWPZ0sA7AG
xRh20vr1p/BOTkKYOqeCtKcmQUAKO9wMv8oUAYAZQwyAbC1lek3ZIwIuzAxkSr3vQQEhIyCy
TYYLGECjghguxJyxAENk4S3KtFGsxIRYydjnd7XinG0wI1F6nwugaLQAAMDOFoeJVBAMACL/
AKPfmjg8PPWB9cmiLIQyVKM67jbmYo7dQWzLLtszUUaC6k9OOwQqZJCJJK9/vNADOCe8lRSg
wWFsLGeVsaOwlEuQehsbH+Kn8EQERciwja4zuaiQgLaXzxP+0QEmHGv8DN89oQAGBIlg+7Df
Y0OACi82WPfNFAiBYfXbv12Rph3Hce7YzRUHfSbenqKUo6p9VGtCAMsMyNwt6VSQUPlnxmKJ
JgQALjc73eokW0dSkHQ/X26Au43Nh/nNACwRPiOg07Vf1PPVV78fM8UQadrX1t95oqQAwpHz
v42qQQwVgP5jtyxEgXQ8vX/MTagQwQPlrBfI261M3GZ91/2sYGN10ORt3pAYEbU6ZIYCEEH+
+hLYHYUAbMC2B/J5ijWTKTdDY+860OSgZhlrw/8AexmMX3BvcdsSVTSBYKMW+zNsXaoAkD95
g3+bUAMAu3ypP0bdKACAAg242xRlggvAcxcjceqhNARZ3cEWPk0osgPgFRpHL0rAXnEZx3wP
mgD+Sfo0GQUGWL9Dv8RtSALC1mR3Fvy96McDzKgR351C08pAyx9weAHijkYFEHE2faMacMZ1
ATF3KRnN7a6Upi5AhDf60i9ETAkkAW1ZfX00BJ7GmT7o7CbUQEFFDrL11ktbOhHaDoufE5PN
CSjA7+R9Ra1Xrw7fwnbFDAvIW7Oc6dqZhsGW7+l+f+2uvxWPz7x7nHMn446/YrHMH5+rVKyv
Htv+G55P/LxyfrSO3/EDMgTi0Pj/AKGUAi56e6UhUfeS/irH1+dPE0iYCMK8Wv6e3/Pi99jx
/wACCbqLfYtQBMKDwNe2/egBMkXEa+9atcfRSx6KuObDjPvJ3dw79r0TJuy7GgAcA6S9bjbR
URJdgrAeXf3hFylglC68Y3oTJC0JUvX69NDB8ctll+fulbYjYfuF0pSDACTQD6Qeu16BgC5W
KZOc/d6eEcEXi/x6rmgO2bCj357jrWdbCw/g1JxQT0gxsZGEOlwL0QFAyRN+cuPigTPK3Peg
Rw0WsTqHvQwQTMWljbR/Ol6AGAEgC9i0mXgDi98IWdl7/aAWVtCXb/c3sQEDDDF8RuWehpCR
g2NrdxtSGgpDQdunu21Db8rDrRW5I7j9NY+rh9v+D79271ceT8/8d2Uno8fmv/CIBR/vUUhu
E6ZJDHULff8Au1ADtHSP56/+ej/npoxJhL9vPidhNAg2LVSQs3zrUCyDc+V8+unLGroRIZmb
9aJtbdc+56CgLCBvp7xQmwbEWUvk833oBZJILmZwp+NOKMb8VgIQWY/tvYhkYgtDzhD8GaML
goE4ZJGend3mgAu1ACFsI2zwtBTFYEsjbnGPTQgAYFATJHSXsQdfE2oDTBvCOk6mBzodKaMJ
gmxd5y9NbuhBDUAAGTeQEm82oQkACZR3Y35w6BAk5b2s+keL0UFrGUCRtseejwsUoAAIANxg
ROu9PJwBbJIsO4jzSlZHrxrNLCLKZly+mBvrejgEFyJYlhcqJK80QVcRx5mK+g+n/GPK61j1
+qGRzbsX0XzrTLoX0J9J7/8ATc8n/hhgrgb6dvcUhApO+mNe/WglFsVl0+61rF9vr017779/
+GwSFcGG3jx/VRMgJuTMDQsr2C5qA4FO9szaVoR5oAFlrfD7Znei0iesDrORWiCW5ADDMjz8
5p9OrucaWGtAWCbXHsaYFRSggVmAPLwjbZVERm3q4XIu6AFZCBC1RPntzQmMEyHqnIzkzGaM
YDkwVae/Jm1qDAOSH19WE8ugFsNW2afeiTK2CMOJ0oAABkNl0JYmYtDf3P5Rpk8zc4zuX/KJ
ESZD6O9HgFEpnQgczKgKp0tcjQC7u7Aj7tQQQMEspnVZDHRp0TiiSVLhHG+tqCcGDsCC9n5u
AqIiKwAAOEiAOvV0IIgEACYXPNlgSGLgRIlMCDvpqGzroKQkABsA4lljEbiwPAkokkpCR840
nphUMsAEiTodELPSPuiJhQlYOLDS/wC7VwgthDFtOkrrSOGfk+9KBzgD/fA0+xQlJFknn9Hp
pgRcED79jAg0AAGJiW9Ta2glnF6wDafP5x8FS49g9wxtQsTMz7tXzevV/wAte5NZdPfd6+b3
2P8Ax7772E07hBxNxYr23EiSSyYUrnn3ShghQRDQPZYev5RnBAZI3K+1wr4VGJMv9B/uKYZS
ffYa76Otr5ra8n9ogFgphWE81uH1fnzrRoUzI1m59zWE6/Nvv0UgIuNTfP31oBICSLzOF7eg
ZICcX4980wnYz70oCkA2LRF7mgJYn5hHt9U8lj+aErXqNzFA3cEeSO1KCMj8RHOnfEOiCMH0
48iReikGlyATrjr8xFEgSQRIsfTJXdEqaNUERK3kiLe6UOMCA2jU7/zR0AO8bP2AwtDQcy3s
XZ+e+8kkG5XAtp6dTTl8F9sW/I5gxfAK5nHcXVCBIyS/ffFCGlBG+puaAESEEjbX3mhAMBO/
tveKtZ+LGnBi6JM3Hv8ATegYmTC0/NvWWqAzJd8TrwcUFTIQTTXMfJ60IsCHIeDPFGB3JIJP
a8ifTqCjqiw+nDmYjG1Ezah+uaC7VP8Avire/X3b5/8APMOkI0JlyDC3xi+pqw4t96UE6Fpq
R70igALDsqaIOhptvP7Tbe9aYAoxaKXU+PyhAy5Iz5jn2aABmDHjbftw6QYvLb942rODFosx
zn/KvE5nxQBNg0tPugwJzgLv/FZVGYG4IEHCm3wTpQmYASQBkR1H8inttkR89PnHM+SZeXbo
7rvgKYWWdcq6zqL9DBzkx5PX3JMkrUECg0Dr0ikkqJIDKL6nVbailIACwRtN/Tq+SHEW3Grw
Si+msUBSTZMEgEoznxagAAgTEsTpfKh/2gQGDvI+qKHJ7t/ge1XHk+/VMQQG+2d493oSRhMx
6suc70RcTlv+/UChBSRPV8/OvNBcHYh8ke/2ibgRGRbJvSmGYGum+b5pEiQVSAEoIcY1+/uK
NwEWdLFCZhX+MkpEAwSNo11OpyRTchI2UnvNECY+sQEtqyA2YSMv3zo6MEHA+8/+HqOT+Kr1
7ZN/2zXW9MixI46/tXk31/7Y6/BpmB8fFAAWC/4cicjX/PeK+7f3j9oRpJPvyPNEgkAHHK03
9gUA5AWGfwJLvrNXSG1lGxJkWvN+QA0giM63k7dfBhBIi5tsuq9tRxEswhtaQFESeWc0SE5w
/bbn+UESLBAchm3Tctb2pIIXZiFotg+w4XBCGUJBI1KuTj4NIpgG533e+gl2dBQRBSv8zcOC
WZejpMEKdLYk/ZnwUQIMoSWxzOEe9qQCAtoKGA4LBhWm+n+4NBmF7x5+aMkAg7Djnvr2oAGB
YEgQX13H9oIAAD1/nk4p37Fe35tzQEpFazx3qxQiJGU9WPc72ogMwD0/lJoOw/4ZCAjN5/z3
FFmMlfodfyrl7r+9qIkGg6+5/wA/6AZe+x+f+Nb+PHO88Vf0/P8AypDSBJKNc1cnfZPY8b0d
TuX+dKv6jrcDvvK7VZ1Pzyfe9Wjn31/xQhiQIvIJk+9HTBDd7zueFk8uikrYglrUwYe9DAXu
NMxv7maKUnucX7W8OaUC1S4LOuTwqE7YUGfY7Az1eMJCLlix9fyBIaZjOSO3MWogYIL1w76I
dPijCwN05xoVZxcXoIoIZJBExhHXjvQSWTjPfoqIgOF8u+ZSBT35OAYaBTp8Y860MAJClFSf
Z9NNTpNECWKJAOAQJRxRAg8KfCpmSA946m/migx1DsdtqTJvpirPtae0jA/JNznfX/oDOVHm
hFsQ6RTNz/lotakO50Djf/jFAJbAB8e2/wCmx/3xn/lx69S8/ovsAv8AggiQDP0K2B2rYHah
ggBqvd//ABcOz52+YGlW9e1YdfqgjFmmB3moDy+Z3l2oCSIUpDP0Fr9UQEkSBkQF7mfdKkLD
ZYz6Z9ynHjS338cUGB7OfHuNqE0TIhE4wfJ7daCTQiJnrfi6zU+cO+NZGvTFbCQTIAPCIMzy
L0HC4lCwCe4Wcm1iaCkETqAo9OYXNHCIBAjGcLbXdUpZEkkY1nt2Cw6RQwzJJMST1/KZ1JB3
P/Eb2udKg2LGdGcUWGgwVENYteKz2Txdb1a+Omc81cRsYtb8/wDNhzqr5D9cXzQIBErU0ABY
UCFu1cXagiQNSBQAGIn34oyEjdvx2pex0xjFOnXjPuf+AhAPxQdEEDlW6Z/ygGVrQMKIaVye
2KWvl6FS1+nt7HVCQyFlL8oClNm7WtH9oEAh8USMExwP5QMlcOkdfb0EiG8E+4mW3xQBBEA3
YYyHnX+mjJBJ2HxQolbEKgJMDT3P79g0oCRIm4VwNvG2DR0Aibl20yDoWlrREpBRIOpGh+YE
hxRcFrDqTf4ybzRJgSJbDTuWryweaCBkHOvRj76qjgLilW78E6CeDUi0E3ztMyty9DQUoyZJ
c6Wd/nehkQjM+PDvCBigw0IEEho4Gf7igkue/X6f+AAWokpYH9nzQArr7tFZcACuqgsL2RRO
KLkgP/RKFHgExAUT1ogATCLj35+/+5YpYeTbp6d6J8C/3f8A8XDkfNWjn9pQSy/Htuv/AC5w
+551++lAhEk4eAaC24S299sgEFk9PfetJqfelcvFbh8enxS6nx+f+H4MkibDONr0QLIDm3h/
WvQwC/OPT1pwGo/fygTVgQdFEzptbGaIBGAHWL7/ANWtDODk6QN88fRDoyhC/pMw7BbbvLaA
IH67XC7UMEyllAqWs5f0sEAQ3AGwLxt1lYYcCTwMSP8AJxehqSVKaTSecyDHajEIQhBPPUOw
mjTuCQPRoL6CbzT0jBkKVZxHnF7oFFMouNLF/wCz0plyk9zG3/PfbW+dv+IYCB6v2/pE6krp
pGPfSQlLLagvceaEAythPR/ygA3Oq/7b0pYedEPevzVjgeZ/8XDkfNWjn6NK7oPiM6/8+L33
nX/gQAA4eyTt19tUDNjaz+f7WEOSMC9uvpsZ3vit7wPda3Pit745/wDDOhDB09wutW7XBS/X
r8VB5vcaO9GNSXg/yjAWgQNT95WL6Wq8TmOnB30k4xTmSQicScNK0rjBoBNDAsF331NSIEIt
yd3eX/L08WIDJCAIVsY23wUQO2BC31J1WI5NXG5nCRMp3/jogCDsSJ1x13QohgMpDMyLecsX
oMkksNoxnFtOluBIAYDdPbSV/lBAcFYM3Qz7CvTCEBAiJfmhcPX/AKbFOx6Gbe5NXCIuJFE3
gB9V2/fuiBMOAXPDvG3TiiqCPJ1/KMEjQr/h71PJd9aAAIO7mlAAAFBS9NqQMWv199f/AAGZ
dqEEHQu599d6JEIqiBTx/wAUFqQvfPpn/nvvtqbQdj+0UksaEfI7/sf8/wBvTILc0WBeU8+/
NW4g72X9ntSIMgJgtvjo9AqRhJ317xHrZFB5iLX16nuM9qUQccZuYb7eBhECRZ6aQbRb5ppA
JVm3bVJMflAElu4JsIyvjHaiJWyW7yRkYXWgEgjC5cd7+XRQHBIDBJO/c8CwKq2gGCZXdh9J
0o4CUAKLytcy5btemhMQTGva2B9WLAJAvBHSdZ1oKA5JSubwHqbL0hoHEwT6eF8ii8BPiOmX
PXWtYRaMDfn660AYyxJDN7bk624oqCYJ5XBcPH+7UEAgAkpMdLxY6gm+1MhAymQ3zp9/KvIv
YhPKF/YyqJJLP/GSwpJ9gUTBsIggqfn2xtSpGTn/AH3an0Hn9o3PJ/4DIcTQAFuu/OtAMntP
z/vNIA27D5XPh4/83uPfsen/AM2uvx/4u5D2aAApyyFn5j6GaRLhYKGb6HzQYJCJDJIdtLLj
mhWCwNuQbWkLW/emVi15HCD76PcxZMNSWEvT1xgIRhbtOkmZ+dxTtwzqr6gflz1FGMkHMEWf
F5v3pAI0Nl99O1kaCBBR0KRECT0x0o8V0yJAYuLiAbZy6HiICcAyQJ42x1okBEYs9iXv+1Zk
X+EoaC1NBgACW5V8N/OYLooNgEm+mwRxlYpQlGRbUBnyvM7AZHIHGHB8dVFByJuLWjVzM6dI
FARsskO+wOYCGvm9IYRLO4d+Y/yitEdX4HAxSGwY5H9oASpfSmNaZQ/IG0/3miQATp37a5VE
jxgf8Nzyf+WOKGcFuPNwqAJgSaJC44nxYxr/AN5+f8/4vZHvDv8A8AQ2d/VW5ov7PrpdT4/K
Aguf/P7jp+/tFkAmwEyvuxD+6LACZBHGZOyHHNHCxAkIGeIWD06yVAHIFmD7PzQDMIkuTcTN
ge/SRZBLa7EYytbdjQhkEE2JsJs5Z+oEQFkkCGNQOccX8UaYTMb3VLAwGoysHi+JoZBlby+2
JsaKRgIBmenBlX5tRiA5wxe0s9Z/aRAkFEMmChYXNto4p9IjRnS8eJuKEyg0jAuPlXzWQ3QR
gySA2lt0c0YWhKdxPV9vTQlYNs6nbFt7anCG50F97aJtZ5pOGQZJxziTjvEgEEIsPxsfEp08
skXEJmf89NFJA1eOvG2q70CRanegdroZ7/dAghgsGxr39oCAaZLPvutEgK5I7bSTxJpBtSrf
2oBa2N/nzagEuAOVZxG03PFAog6YpurIPW/xXLxXov7UQ3jT33FAMprf1UAFyiwXvxQDcgc1
Krhl26Ef3HLoMAVfff3PamZW1EAkStB23niM0LDH/SC73KJ03lcUe1xKk6cy+mLXojBtZGv4
f80CEklXIshlZ8iTe9YBLOQObLfJoMiQUkkXi+E+fmjK9gtPGFFr3GsugmDMyyEg11GxzNCM
SLEQekXE9hPFAFEcME20z04m9CAgpYdSNJ89706Qxxa71T1yNrl0ZkgTIEMiAEThdZWLwgNs
GALm7K+vmisiCCkr835suMkgBA2azcTG+71yJSKABe6+TjuYogGQBvfLGu/RYbIoTAwEYDFz
Z76WQMBACIriGQGR7Jh6RUmCwIiwxLtrNXMYBUyIMr7JRF3RbqRak/CQDv3SoIlo7CYZ/QJ8
UUwFdG+83B4vus0bkncOSYEdG+9sjAq+2JoBJHR4dERMxAe0hbG9ps4oBDgACV7Y4NDd0s7b
jC9xXCl8+mQR81cv/j1daQgDYafo6VveBRCQCb8fnu9qIiQTyVI6Y81vZVhf2PyrU32HOlEg
u4xntrQE3uT/AJQJFoPehAC2Y693RMmThr756LICC+aCBBOD29/2jBBN3b/PjTdUSAGaXf33
iI3AEcAn+EU5kgRrZO0bWm1ABN1jfe5tj/RRIZTlqOh/mulAF+3Q+RIxrZTRJJkhcA56dulF
ZsJ6CC8EXvjW1GiBGCLR26S/JsawAZEs64mWPgPc0iJKzDC7w4i7VHsQRsZRzpt9RRZgb7ne
+VO41KkZLsZahNnyMeNBJDAEEBJ3YklvTG9EDCzKvLgAR+regQhBvMnnfehQGYha3P8Ac6UA
AEswDIKRsFmT6xRAAFBDgTBtbiYmIweAG5UJPTYZinF5V1pJfG/bNSgZosCZkB640luET5JL
QrXGFO/beioBIB2QhLdcXFAMmCwsLDmPP4lwCiCZWonra6B5mnAuBYSMz2fuIA4iRCnvbfp0
o4DN5gEeuDo+tEFC8cannPURSAQ4Uxfb50F8KvmMdaucn38pHQzRTKMEQjRCAURcCPbrxT79
37XN62rm9e/VEAhnkIcfQjc0QFb3WMzbT0hObE8r4plwiFhPt4omCBPKtzNBbl8j/gcGboae
4oR+m11trtRUBa4m1sSVbWe1ACZw7uf7dXYvgiYDBZUkWfxZaK1qOCD30WQb+4ogEwhvjCFB
iALiflDQY0xigZgajGImjjAINnfQHpacx0oZIFMmJ2BXGr8ursLUMCdEtMWlS6DmAQNQv8Hu
KGsIWC65ye/c0kFENBwXp9A2oETK7jBwV2vlZQoac7mZvkHnejIgCxx1zz/KbDRYaxfI9ZqV
YsYmcHH1mNQDEiCNEjJRGs723oAIizJC+0PQMUUAFiXBRfa18E9aEqAEHQ9yTNzfLvaiESRB
J90JERxiggLIFxKX6DytZBJYODZ8hnWjBJJYQVs7nclG+lAdDJG+f6f9o7jzkTq5bhRNDQC7
O+/4fXRSExI2zRAAW7ueU+KaALDc/ZpZASGxzHyvxXHaZ8H/ADMjysiDJiNffNBS/s/eNNKH
ICMp/wA5k6/R5jL1R6srTvRYBRkXtRCKOj/4TMEHx+/FPW960BQywPTUl0EIs9T080Lyi/fv
X4p9R1OGnRGEGhyJzbb/ADJBFByToLWXR5xINNQQOoBQwWMHznV0MrME/hxIt/KQJSxYu/FE
LAAEgTKsmb/PwatEuQ/lxzRgLIJQN8PiiQIQljtm/wADFAy+uAyyYz0vtQMQZAFAAWnm/fig
zAnSECtYcZ8iaUCaBFgcxa+8QZ0FAhq+te8rUiVUkN7R8e6ujwCAAYCfGNm7PaFSCrMDJKxO
2JObE04UywNe+NObWqaAAEzcWyD86YpKQHBEd+FH8igkQQJ5gsp5nbPSgiJAlBoi/rY7LJYl
lzK73Zy7Zl75960IlLyY+zp0FGkSmZBLtfBx0ngUQAEJEc7cTGZlAOgIGqp9J0ljcBGmppMo
IzoY0xzqqZG4kX+Nb8a0CQplp+o9ietAXQKIl94y537ogsBeCJR0i7s+ApoYMPG/N9vNEA3m
iggkjNnThcFnz3+etEAgi832pg0gx2P8omQQXZSUkVsrcTarhsTjbz7FRAi5AM7/AJf8r3z7
07UbCyCGPb+u9e+6f+HIg5+b+60YbaIgWPJ0iHck9HwDgsKT0Vo/2r7TEZxc4FgWM0QSyZh4
WBPPF9KKRx1et/1ThWhTKIzrBjkXiQoqVs2Ef59vm8DQTZnfjbETNRESWALq3eL/AMpAkwR3
JXWihA4tLgY2VvPJTpYTmRGw7HpeksTIJ13QQ97mrpBBL6f2+J7GiMhh2N4/v8iRSbIiGe+e
39wII8jDRFm43jpIFACiyMY8Lqh9XMSzcESBfOQxfQiN6WgQs47SrD41ozJIM6sYus7frOBD
LQ4ClR/tEZAIQPOsZ12Pl1GsIMsX28YoyR9z8VYCQRPhrK7b0TIBFASN8XjWwXWww2lRtgc4
GdYNAomyx04XrdTY2mewub9aILN5t0ogsH9K8dYA3pBEeSEbvMLytYWWEkQfVNEgG2CpvOu/
7Ui2Et3RXT3PfGkYGB1/gp0mwMhonj2KmN3d/wA7fdATwSSBGe/upNLAKsVpfnm33cABFgRe
O2eehohoWj0Pv+UgMs8X90opUgruLjMEFaDrn/nP/DJEXPz22nTmhl2CItj2+ORSwhXJeo6Q
FodtYiyAiYGp0B0bJ5vFSEDQYg9fbOhq+QW1wZDtHl0NgRJCgw1766DYAkLYddJMjKpGLXJv
0epf+ukEFEgLOOn7alA6rBtuOxuzLoSNgBD6MeL0LUxoYQ/UJ80Zk4Zn6/1WiiGweENH59tR
udr0JRRjI9FEBMnaTaiKJOo3Sg+vekBJUn5vUgJPObQzioMoO82nP8PNPQBC0b3eM8Ao4qdi
Jw1iE/ymQiunf1cVIknWPWfxRajEhPb+/sZigCQ1ZCIWTtcSe0GhkB4PSS1pbbXWKABkcpI6
bR0d6EmblXEG8yQl7Y0CgyXYzHvbqCAEARmwncH4/wBSGNHjcnCz/ipSixJ88a1Mmp9Og36a
0QjZS6UwIgge696NyA4J98UAAQ7k+7dv+OXu6fb33/aIRBwH3OlEqasIVwc7HTftRAg9/H7T
AwX9c1vP30/FXoZLlqBced/TQgKCr3J6TF+AJoq5QBmf52xRciUtVeYIWQLcvUmwkBJgWYvY
C+Rfh1MNBiWcIbb9bWiMUJKPN57fkUFDhzPt/FEZYDjJ8X9cUSFDsf7R2ND7OKExUzaI2xvY
6TQhtIRWgXhO1+lRYQEkjDjnt91cglknfJ6+3NFkgkwRKV8+/DpsgGLZL8ftNEZ0MAgjjxO1
EDMx/NRSkJQR39mjIEskrRzwrHvRMgQHgu3X3TFEGwHLzwI6/wAo4aRjb4EN70UbuLuAQYnR
H4toABB8HxS1n3ofc0gUYIJnFhthO30TJgaBXjz0TB2tT6+fnQgXD/eR7EDe7Jk2R+RpQpBM
1AGeSyQbemKTRnMbS3eRr2hCCiY1eyAc34HmmITc7mDN8x3oGkNxLHtt78UEh2QBsJ3/ANdP
RNTI+T8PpanGCYbwznsaSJZLz+/yhICrjM0rELfznrWwO1BJVl8mrnuffr/loMjC9j3ar3P5
XM+x2+nwLDgUQKMjKi+2+KJFo5gDTQn8n5o+iRT1EyRd89TR4nVjge9BV4EIyJOzcT0tmaPj
LYMCNOsRaixygHawYn7X1TULbgfGkW1r0f8AKut5/mZ7URJeL20iceziiKmTIsl+hYupoCS6
QCyolzs6AGuNR7on1uoVppbXrRO0xN7C2bm2nXFLhdhQFgA0LrT/ACB0yaEpJF6Fn3btqjoa
VOoHvt6GDz78VaOfo0ilyBOm61L5oJgyF7G1xmCI5zQzqwFA0jb/AGiAOMjlOlXB3BWNhby6
ZuQV2fx/tcl037JgcEjQ0RQkmAy2Jwv4HO5QGgIFxLGp63/RQoEmwCPQzQBNpCBU/wCgLTMX
FEIFkQeF5t6aOxMysPVG35PSIExazlgb7ZPTUgYFnebDW17bp0cmAjkfc17Pz7O1JSaF4net
ryP2tryP2jAlhefd/urn/Mev1Vp5gRz5p6yxbxP5AoWHA9igAp4/J9dEGuPPWiBLIoATF5gk
Lz+4oFrEXGCfP3QAyXqoIkqFZa33vRBFuQ+h2icLcWcEfMwjgWzp3CdbXkfvFbXkUzkixWrH
R+nsQGU9vPTpFBVggZC5f+0FQMiBmd9P5RKS2vPsi52pOAZVimD+7bURAkjUbjhabCM7lQok
m6v1i/pVEbIIR9a7/eKBEEjs/Fsc8xRMG2k6Gedr7Remic50jS98+KiKGDZmfbfMUyFPJCXV
fbv3oSJjba/jwaPIEHghb+xRPa7yCz/t+YtZLANudO8/hdONjOPv08TYxAAXM687/wAxdUha
Ub4N1YG3c7C4jQR+Kf8AaIAQAFJEJrUta/IpQSUI667X62oDxcygu3by9RSgkKAALZ8H7Pek
gFkEADbQ2s/9FqOQLkDTXXfMw+1FCRkaJpDVEzAzagQhmAcE4xdDq+kTRQARjZUjoexpHQ9j
Wwex9v8Am9EEAzg6jY+awhGjLwMm7w6NSNfJyePZe44Mc5L4Xuun+8/KBK62RsuGoNNCEHQH
8oLSYAEFpPuwmiCGRN7L+R6LESY46UZJOvb3rThAk4g9MdOKj+YG3QaW80WdbeRDm3KF9L1C
/N8j39zzatRAQBGcHa2AdMc2ojFKFwTnQXPmFQQRsCSLoktbbZuDMLEODrC/dZFbyYG6TaJe
5Ai3JIxECCmxwEfK7KxZZsTm1vRxZgpwgm9xHZXLtWobXIvY8WpNLuUTh8gLi9Yek7S+e9DI
cSwh2/nbakGCg4m3w/2icDtkkbmGUk5MnqKUDG418CqfJyQLrdLX3XFNBh6M6mDCfwwxQERC
9tDIknNBppAXMRoN9etsjIABYSSAPhj+DWgLD4aIPTEWzh2JoE2CPsj5VCCibgTtr9iQKO6L
YgtQJQlgf4KGL2Jgbf2w42JGYPgHBdQLC39oeDiGsOw1vFHBnBZn4Gea/8QAJhABAQACAgIC
AgMBAQEBAAAAAREhMQBBUWFxgZGhscHw0eHxEP/aAAgBAQABPxDxGrEGVQQQIb4ujBGmQ6yj
/wCeeEZBxDUFPfqH+qCsUD47n1+ufs7AtTWeq+OLkjAPvGfIzNFvrgViEd6GMKSIM+0rwhoY
d23UePm488Y2QMBVqH3Zjz08vcqq6axi9B9jnY1uKWZAs3osTj2lkZRsy/U858Yj+w7WFYIJ
JTJc4xdgoJhwTOmSTzeNz8QSYHfKa1fjmHmzUd2zB1Wv65h1OMpQX4YV+/C6jgBJ1PLK4Smn
7kcOw5bMDgz8cQg+aKgr/DX4+OPKhVLoJXcM4XozjiqFQUiM0myYfjlnZSc9l0UXAm9zjHY7
pS+WTzr+OIrpZbn4ccDIzDEfYg+zzyjA5zyBKTyjjbqoTuy9XjDU+3OusO//ADhSMkn/AJsc
ELnM4pv4/wAcUYF4V/nw5Yd5Ykhn0+v1zLNXO8T60wE44wnR0oPx59czkDXYV943rXNknZ3e
pjz8etcnCzEusbVi5p/7zOFATCUnW2e/o8cTogcK93JI10kOJwR+SZ/7zDit34bMFn8a4NT2
sv4PF6xy697ApmOstnj8vF4MmavnZox9Z74fxMGdfr/e+DOUHS/hs1vJT8vAjfna731gwfvj
4NnCt38mPm4++IdsqPYtMdCgiIcT7JjyWRbl/fnl1IKKvbBMVfrisnCZwZsAe9y44wibD8Ph
6z6+LMHd3n4uc/8APlLxUBhI0YKI5Txr/wA5MTFyFxOjOnyZccXgVNtV05hv4vbjbWIoiTZy
eLh98d0SD2aJrJ8d59jetQYmFBU0wcz1HLoUNwgqyQb19eMShehQQ1BHO5rtv5QehETARGWN
8vEDwGKzTIpaNSTmd00kdoBF9rnLc8i4LJAAVF7mg/rhsecGLwHYrgcnzjgFhYrE7ziffv7M
2NhA4QLNVC3vx3xBJRQETIzcyYx+7OO+SCWSt0NwZ4EalkCzAzK0aRk5CpVvoFqGL9e/PNsG
5PBjeM39P3z8hhE33iz4fxxoUecO/WeMCA1LIPVG2Z4ppgeFb41/P65KBCY1n38f74GiB3ET
1jO+KmCXaJ/z+OQMpd11+DzeFBc8Vs9Ykz83PJ2T8JvOf93wJMM0QzOiHr1xVFDGKZ/U+M8w
EZ8AR3p/wcYplxg+dw8f3xZQwMCEm/s+/nhChssUdGeupnP64hjpw1pqEtxaQzxWqbHKibQE
ojTiyvARcmR2HWZi9+ObwzSpPKU3/wA4kIFljTbeMz1i9TgMofkZznX698amGaqGGF0C+P7u
hokw0hRaw8f7PDPyK4AO41Y6+98VOp5us6pl9+vPAMAoG4cPGtd/vhvMVWXUdfk18+uISiYR
3Hv74IQ5PmcRShNC+T9fOOOlmzJ9N66vX28CaeYRiBnhM73H3whBFodrg1akn+FaEQEqCx+k
e/V4QwrNjLz5/qTPD5VzxM2EwZxq/b0ikwiTC3gzPDlwvFbZMqqGmcYsPrfGz8dLgWEO1/fU
4ArEsVWnYgezmC1ByM9znB2Y/HHsIANzw+s4/jHIkdXnXsm/P/euBhLtpiHT4++zjCwqUjvB
prDs4R6xdP8AC/vb+OYyz2zDXPxOIr0eubgcf+fXCrMFFPG9b11P44uFBcTy+Zr/AJ98Lvfn
k4NLq/nHn/d8Lzj1Vf75JIwlxFz/AL5vCwyPr769fvXM6Jiuvbnfj64NYvvA48Y1Mn/ObsX8
c2AenWfzu3gRa3Lr2/15eMiD584/OP8A3ljVAIHl7+J/vPD7X56+bnkAZM9+T6+OBwcjGK/o
l5EwxlJkMvayEeF4JjK1CK0+99cw4fQxKFqY0k/LxFWTViNCl33ovHWiCPyA+IKn9uQLGsae
rf8Ab3eMUPd7jMf7+yJL/wDIm2zvN/PB6gzXe1dYn23jvBASEINg0W/O+NRROBlun4/54yKW
LC6Hf97+OGBSXDW1ZnE/r8cb7R3nO/3vf5xwwlkW5lMETvgCsGVzB72/+dchAEuQirDNPjHX
IUsoLaAvpLcn9Y4MSMeYcufh786dHAUaFaIlpxjpwzlLIrEOqVar1i8vKHYsyC4BmwjepoHM
CEYMAsMjkbywHe7KilqIx8/HAHKJ6EYcoZhFY8DPpBIGSp57KlzfQlcCGQDAPj1frrlcVZEv
0B48/nhjVFAorm5tK33bxKWw4T1daxT19HC7RWrk7W/r/wA4sScJ0gyTB/Xd5miAtVwpUZdj
m7vK6iVTtm3zne+DRsBvdzc9PMBwVvWdvA7fkG/OPXIUVnbXPZr/AM/s/gEBL5/39nFiFHRn
8G8fHMiVwb8+P5398oVAV3fzv/fHF8AP0/rgVAg9kxf6vr6xxEdGWB3NPn++Q5fGE/098Ro4
Bam2y/v/AOc8OU/Z6P8Aa5Fn5HFWFKcC0ACUDCMYphx8Wco4gMosEZIwd51ngfciCbQFMBTB
PYDhTQIkgQ9L1EZwOZgifbwMiI9uV5crqZM0AwrMMO44tQoM9unO3LnJPGOCzlS4aY6ckup2
eNcEigRsFWOHIxMYqcQxaEVwU9F6+N5GhFAza9EUq9eM8SmAoyTkMbdl0/m9bbEp1a31/s8l
AXDaDtbI32b4ybvD2cyiKylKtYm8a3wNWFo96KYme+7wL7u1gLBnsmCb5APbbN4t3Prfl4Ca
cXFRGp5zrHrGgPwpSOYXhpJnD1pLhqXSAEPSjmuC98a0XtIRWRa+gZPHFQOnNmPJg/gd4YKi
BEQyV2RyD44kulEtaQyETFrs3wJzVVFyfCTOWak4SjcAaK4EWeZc/wAtqOBiPj3/AM+OKqTQ
6SqLcQr4nzZxzxSkzGapn/XhtQ3gJLoM6TPrvHAq4uTMoy+nMZeQhql6KyPGILrD4PfhPD+3
nY/BMr7m9fz+EGz46xn+/fBCmzpR+/8AzPHTW3WJnb3/ALzx8FZhQivwcpHZUe0zf9bwSpbj
Z/j/AOfmkQA6MX5muAWqjDD+bb/u3mSioZPKTv8A04MaNcwph8rrX1zrAz8P5XX/AHhF1J1G
/Ov+Z4ztvF+OOBLCHAiqYyuN14sBPGnFAiFiIp28LxUCkYhBZs5uC8KmxWCq+GdNmezgXShQ
OAWDrbbrlG8LNrBohGJhi3ilToyQoAasDD98QJ1QhhmLltz6+bwE+CkwDYItvjvW7V8CJIAI
mTWBTDeJNCqIihhmCUv/AEyYRbRrfGZu674UMoukMCT67nvjueWh2E7zu9f85GpbtCwTzPee
RrXH6OKHcEh6SvwcLLR7yYUNPAKlGLgL1+nn64xlIWezJ87j/S8ikUD+UzMZ3/PJIjLtasBw
I5/7eUjCjcp0JO77vLFd4G1BgiLe9cZTDuQICFwkM9zrgAnpiQDQDQxvx2yBXWSKpvX7etcn
EMEBTOUPn4nV5TRUA6A4L8z3dQzyKsxhT5e7/Pu64bjRFPh8tK/vmmSwXWZt+/8AmrxSs1wn
qz9dcg2jB7zOnv8A2+OIlz1mPnP++uEILz3n/uA/7wRgJ856OSMk+P8Aa/jkol2uLuYw4083
vWDx8+//AHlHgtyfq+P975AxIDS9f1yS+n76z/v+NLnJ5+7ZyVSW9b98Map1B8/H+/gumE11
gP8AeuCaPupwYNW5Lafl7/2uNf8A0frglUuD0yMPx5333wYJFIcjaxTST6ZybMS9N7+d7Yv5
4xC2K9LG10mcP58LTY8Cy6JnWPP9cAxgp6pK0yZMee+AbNRVKJhsxoz4wcUksIz1nQGVCh3p
Gh4jAyYOQiOfK8z/AHiFdkhNk7xyWSeUXQZaClv/AK+FzuXsAaiKJMad8ZAfgKcYIy5S59cW
T5m2g0HW/WdcNrQJHOdUWux/ouAojNWh3dh4+v4eMqohKDTWjU1+/SugpR0faa6n1ictuqlA
IMxPjSd3xwB5UgaTdMTvWuuTsVQkESPOHxr+A0sRe4XpEPD8bnM6bSAuvZlkR/HFb43oKUNN
BKY4p8O0ysBVKEZpc4I9ouqYTGPWNZxwAD5ALBlWxr33ww13MhQjSq6G3PMBkK3LIGdX+N44
HtmxuZdKqde/DxuJiMYjcYVzN6h64q8E1AYjLrv+c64ntPKxpcHVTZv88IysPx1f6/ucdGge
9bzHPg5Ewx3D/n7vngBn6AGeocSiDzjK8EWCyfh9+eUc6N8Bwf3vv9cWxKxLnX/DzzJjHkf8
8A0n++udgz2139f85hATQD3/ALzzJQ1W5x48/f8A5eKNj++BMTFMY8/H7/TwsgXMd6HyY5Zj
KOQm03ufviQWKnfgTA5w7L8AgFYS4JJbvefz3yqcjEsDx48Z/PBDGYCDNSP9/WeXCxBlBrcV
/ZmeeIMGn+fH43r1wW47r+AOuFy8trxrfTwxGixNgZaaORwAciOKyAkcbeJQt7SKjLS19Djr
hfdylRYaLpvgmDdJwG7P9h4KvymrgIWLgPv44S2rlTD13j+z05QVFN+et/v8aeJb2K5it6vc
+bM8XwXlWEbddeP+8gMYDAKT3kaePHfBLE2h0o61evnfGQDY5m8Rr3hj43hi4xhSaGV6uut8
gM6xq3M1XHf8zkxElEVzNIWqCeLwQB/w0o5ajaZOWopCiLQEVAZcJ3wTxinuWI6l13KegAYv
HsPoReAgVEdCfLI4ud9c1NAuB16z1jHjfCALAU05JrpJf6zzGuVezTHXT1fPXFonIJGx233+
JnPIAKqEz3MuOv8AueQEtlvknz8/1xFbkZr4Y/788AqKIa33vTj/ABygyK7w/wDOHZ4QDW/V
zxIYv8vjM/PFhhS58/7W/wC+UIHpzHxwOQKaNfGvn9cd6DE13fnxxDa/764ydeC4/wBP9jlJ
MhguNd7j3jjEFef+a+f7zxAbFfl76/3jgUVRJcJO874ZlxT0Krevf9cAQ7CyFxjoc/jfE6qk
RtmO8fi3gOS2w2YP+d/rPDEG+EYHV157JnjwyVsMuez4b/fEHlbN+iT1rX74yEpCtVgGByzu
HV2cAUoLsKjEDFAJnk7y2dBYwFcg46bQwaEYcIpgq7PHLDANShIH8s5+OFRjqAtF/ePs4lto
oZWK59THvgychHlQg+vV88BXUNUauf5b+uGGQaAutD/0/wARgQMgXw3jr6DxnjUCmRrsSkJD
Z0AcZQSDMwIwcjedd3jQZ3Y/4Ln+OGch6LRg52GvXeeOlnpM4AKZ8s23zxUwxAvMhqQMe+RF
67URhQjCb9cYWQWmIhy1NjzLSlq3BP8A1mJ54g6glhjWPn+T441sUTHXbX8fzwAmkxn5ydh6
xzF4CX5/u945c4EdHA7z6NfzxCgTCpP8/wDw5YSgsz8Yv/vO6usP+/fKoTeeLyLb9f8AeVUC
iz4hZ3e9Z/igXr76fG5we4p941vHh5AxmSzOfeeCNPyG/wC/r/vCaGjI8Ar0rODQyzM9cTd1
n5mc4/vlG5mXZtf/AJwLCbv6nDz78evmeeNshDMzv2fH+OPCXR3T6oTrOMceIifjOJ1cZfP6
i89AjRgHa/jihK3cJn96vfeuNJeJiAjXGVPxzE/eeWiPz4MzjxwYDxjVQCjVCyHS8wC5qBk1
CgcoGXm4BkIGKAWzj6zzLwMuHdWpcUufM4AXYg0iakmS46ueFnZOcZXJ4XE8cOECgUyOKp34
+fbQgYy77Mq+utb4IKkI0N6md+v/AINktSLBGZD4ne5rHAAsklm4UuDVsfvi5Lg4uoSHZjBv
l6AHDhUqpFcNh/XMQkxl5MwrFrjwavMwPUHFZhZWGdY64izMbERD5Ft+Ti5zhcFxIYWhIvzw
+RKCBgyBT2HZvEkNhoUZhRZLKK8aum6MURkqyH64RCLwYXUpMuDOCcGLoSLIvvXZPq+FIQ0d
NZufu64xKQkQi2xmzeuvWFk2HpswYsYVR9TiaOMluKfD7w/vj0ZAW9vf7zv1wPGXWzP76+OK
quJcQmPfv/egHitfPX6l4EJwdQwlUf1nfnxwxyRhg1/5PniwFXw+7/f98LGgx6l+PfHMGcOd
/GP0chtBxjz79fOvvkPyU97n54OWtYiF5pA8lW7+JrioqZ8cU6E3XGPoz/XEik7Xx+etYx65
Uws7SmIGTZF7/fAUYbW6Wp1FiH88OPSAAzEPXUanmbRwq7wbpNEZpF4NFqgYT9uoE88K2RJn
e1FyjRguh4KSAue2IgIlGTeLx9keyewSLWIcxbkIcAuUTxPxFeuZbmcq5CiZ0PFOk5EoQO9A
v3rgUiLQMKM0nf8A68W3rkRRaGXGcH8TlFkJ5gRZ8IYszyf5wHawGMwS/wB65iK/sfLj+3kb
CSDk6vWsa98uUuyRfCHvH3rfCCsxSxJDJL4Jk3eaR2kyYGOWK4+d6yx6Cg47F1568+uIWpAW
0LB2rfn0d0G54ZoaGa7Y7t1yOTDsg05Ta5TSzgbk/koGHoRlfM4PSbVFCLbDEu05dFTa1Q24
BzmmffLJyCJv5ezP/wAwERsBAFoNuMa71p+D00YziP6PxzPyHIkMMU3PnzxZUoKmXTfjGPjE
4QzIxtXx+dHV1xIDuneT+SvO4eNmfGPfGr0MZEcfPxy0wi+N58Yd8GnZ6v8A7wVAL1QcXO8y
8GKjgzS/W8r7+eUvh1E719fz1xyAWMzKR+OCwmLhzk69fH69MzDI1957+z74lCr9dfHI8gj0
DD40Z4BKF84fDmT9fvkvKGe+9/7/AOpRAShgV/nP/vFOE3dyPv8A3qV4QIoiJY1P/M/RJw8v
r8qzPw7rs9ZKuq5DGHJb+teQ4pgCkEiFaxhZizW9l0RdFLAahN9d76OFYgg0gHUbwSjcN4sV
wkwKNqGYEj7nEMg1rkxJ2FAJkZHjoHx1LKaFrcGffHfttDYtRFDCNOTics/UMIDFbhXeOMQq
lAvhSoGcO89cB1wnJ1ho89efGuMoVnRTtadEPF++LUGqa6rvv/ewiBcYmvjE/fBC5Auqgm+u
/wDukRaWcX8H+NfZwuWVFF0rNep+/N4GAoFtWzrf6gx0vFogmqVWvrr/AG0CVuEztmt+PP1g
c2yM1gZx4b/mbbUjRbAGAHb7eDNiABlLVSFEfvfMZNn2pkLIrc94MpggErFbDM0HvrHMhZIS
96f6JvGeQSypxKDjrsxf+cCSU6X187x0fqw0VgYsuav/AJ6xc8yVVBiYMddnn8czJtsnXbb3
1eWVhL9NzY+DWO/jhn86df7/ALypr0fvgr3+GX/n+64Ii5Og/sMfN+eY8hjz/P3P1z1mNv8A
z/z64bFhB+vH64uhnH+nt9fXCyMexp96f339cJUAyy763Mhu3luGI3TrWZ/PV54LJ5/Pvi1n
V/B/84Rmd6Ok6b9w88so+rOvF7/5xBZTX239z/5xRG+NDr8SZ776vBBy+wFV1g7cJ18lmUVd
ZfL4+uZU/wBYYF7Q8/inDszRJfqmXN9O5yGo7xquXrebO3HVMsL3MHXjO/Hs5kkACCQducYz
40a42bdCULJgU+WfnhsUZw5MAZwDHUxpOEgrJKshtSAeJ4OJzoAkRxxEiuQ8NvFlMMXKCVf4
fxxWS1Cqdpseu+uZBD1MDJT+35/JDRfj/wBn/vfEsLpAJUz1f47+eLU0alDPVOtYP45XlLYq
q4TDO0znrjKXbdK1lywMjvfIWokmM3GPGWzK64DSC0KOLVMvj7zOHJLKhITYK0OwvGQGsegy
iIQMOTHHq9ihKVmYKnX0gUiqhWwiUCNuJvhrl5wCgFtiHMj32BZjN4zt1c1/Dq3jwRUIZpy+
D1mF+ilJjlXrs/8AQx447ksOBX3vE8efHFdjDF2dF+cYM9cUskHiKGXdxKW98gJ3JTIB5Pnj
RjHFusvUz6N/0EhVZS7744j4D72f3eAriM3+PXCDSADlm/Pn38cLdAdFxfrf+zwCYdGpo9f7
8cEr0FMn+uIfT1f/AJ7/ADx2FlmXRq97z/shYSedpjdLffp/PNoV2tt9ZNfv3/8Ai2lS5rhu
5O9fPCHqyeP16zzDDD59++DMDxFZUnWcl+Hj7JUcEVaE7xZ886qNgaONVszr/wBeSNK0DBXV
7TjEALrofj+Op74fqLHomG5fPhjc5NCDK2VOkL5/TmVOJQapAENdE/yLUK445CR5jBhXjWu9
aRBmmJ/Bi8NY3BgWAGwMg67OO5IeDijPpwAGZQymMYDPz/8AFzGjlJ2EPcP75fFtmdjStdoO
Fc9nEo6EzsN4/f3xdWGHHjesn/d+ExIMOcukz+v4xxRZWNBaRlyfWN8I14MyAEGJhd/mcYoG
HSmT9f8Ay8qTDRNdvk/9xviRcVZWSVR1cyTxeG2cgNYWkKkld4OLO3nS4i2ph8/sb8vYVd69
HaY88fK0aoO5kxXX/iQEVC6Wlb4/2eOFGQyMo1VfOu2/o6uh7z97/L749AiWK4qwnjr8cdDS
cpiemZ51w1gRvu/D60UZOCSn5M04+37x1xCaYIf76++Oovb+Iz+OUH4cXGX/AM++AHqejfzy
QDOdxqP93kosP/nk+Lxl2KlviX6/+cf5n7l/PEpnl+o8YAP5XUxPPL/McXHw9cvn8940zH51
zDS0No6nx/s8lXu7P/OPVnONn/DP+xxcqOGf7rlqsiBMaQMkzMdrvrjA1zVZ75m85fxoHuby
XLgYuJrz1yF0oZWWs08TPn6DBgVio2et8eCCUqls776Cnxx3y/Af7f8A7vmJj6FGZ1NlqGJe
+LZKcs0ULEOoru7DRUkzPhOUctZ+8cdQpGrBu/rc+NHFBaxZtNyXH4/HFCDIXDAFLS5uPHqc
QTdwOiHWMXPGAQKXct15+aNccxEeLDv439f+cwBajqTOHG34nfG2Yyxg1avPfHqSYgcGdBw5
M98jUYoYVjB8zEDrrhOFMvkDFxnEPd2YzxV0p0EcsBkzvU/PHAMihAIy60YH99cXNGVEBClD
LvJvxyV/dI2SFbk23z1xZuTKQAIpRLMZ/fNPK6TJJUUGEWRx3yQGUnwPVk3NfWuRRZyyKHay
u/efWQ8m0cdZr076z/GkqLJQVNdYGYj3LjD1LeZZGsHed/vlFi8BUUpajKT54+GK6swGNGIe
e892JAOzz/3/AHfFigGGd3HBGLh3l/t5rfx78/7/ANSZ63m9n+/2d31/JwLXvO85j4nLlOjv
fxg1/HL8n7/5xRn+OKctKtOaPz/RxZepPxxV95vy8awGV3/v9j8rHbJBsZVn9WYzyfN3MFoh
fJgdex5h1WHBRcj9X5YYDDZAyxHrL5/LwwoKKYIlIJJeh354sQ+RXZfO78H88Z4u1NbNkZPz
wCZiM2dNefxX45MdlQMAxRozNrl4h8g5MiOBF7IGCWcFpvFwIwIayJNm+NSJkSMLBgH1HPxw
iaTCCf2mO2LDGTmYmaDTRles1l79Jfm+sPBlkL5zeUoLiVatwSz7x11wKZ6IzPPae/HIwgFN
vhRff449FyZ19nH+nLKOYwdryzjT8b4Vq4A20w68d/zwanKHxjdd52mvzy6Ji2sDjW95Tvri
JzLnsg5OnSn1y1wAUxq1RASLicaHXe5gJLoyLfjkA0DpV8yESOdOtJWuAYiIEcVuPfAEUGrk
MlekohiyffKA7JSRyiKzxqeJxb4ibYLrJPmeJxpAiQQRDDi67m9Hh3msRRhTWa0mK8yQ4ncr
iAjU6ZhwgX1Nxlo5nf4NPBDJ7Wj9Iz+vfjLI91ThFKhv65hLFmwYGbDuknxwLN/DhMfPrT59
8TJn4XSfPnPAArE/rrgEBMGfWpwgT0z7/wB/uiy39f8AvNRbcQ3jPn/a4JyJ+/8AnKwR3hNO
Pc8cZU67Tx88bsZ25xn45cwyivvX476665fAERLNXt6xvv1zBHQKSpBjUyLL64dyDPQULxl0
x++dtaFYGcwv35+sg4qQUU3VxMTMd/PHwZTzmYTw8+t+OHafjRUSWLjvoJh4kCtJAAsOANzr
1wkErQGCdNYajUNDfWCGU9EOFABhcLUgdRV2GWWjVPHG+ACDQwT4A428qwxFDRFHTXmeeCSt
kUBiwmXL+uXkGWz5CBtlj574XkEWiFa5BxudPxwz0AKNU2b9W8Hqk0GXRXrPf5OZyFIvrrHJ
VDlOhaf+ffyGHRjHpMnbuZIcceTlE3t67/WoXgVgQcPhe/jx3xpoJejp8H5ycaoxA7N3kp8O
++MYr2Qqs33bnoeWkUMuIV2qyDuWHxe42MiDU6xCTP8A0xkCYqsZDb6/85WpcUZhjIanv4nS
FXWfHUQxXWOGZoEfnO9tde/xzWMg4HMsFVkXWcwHgRHD2CEVhsLnlEExTrQGJAxc4Lrhymqm
G6nlPNM+Tj0KThxVBZEwzxwhCXOus5UkZnG3ZyREei/OerwkgpNG8f7Z9d1Argw4zcXxeCKD
vB2Hj1m398RN8dM31ywzI/7/AHfbwTo5gK1N/fzd/wDvFR3pmPXHNft5Qjy3sp/7/wCcdXKU
3WOvx5mcPEBzWmmEU6o/4OLPT4BZfW37/HDC0/Wa6+vV3w7i1BiV3/z65VGRIoWMt69l4wTi
lTWGb4x1ePxEdNEQt31w4zpmFiNQiw9PMhJAwyNAZZbJrm6xIYZCOTZ/fVVyvggmJ8uP+cln
/RchUZkGsO+9HMJNLCU7MZf59nEAHvTcM3B9X/yt6hBQ+8Nmurr5y+Bou7vvWcf5kUjQpPgx
vW6cf4nwILTmZ/8AuuY6lpGGIlutE9TfMWAZM5CYOrOz++CxcLGez/mj79scAMkxG/nX9h2c
AYIDSoxanz93vHACQRbErkBOv1KggsSIAQVCwBewDfA9E85Yw8Sf5nhrWQhlVcfd7P54W8GA
aG3yvj11mcQJQtQoWGzzjx7xx1ECYbPrTj7+JwOAWCdfOPz/ABjgMBaEy7EzMdm/xZp0KyUZ
ggF0b+L5cLOUqi4eqm1mXzQ5ktRmqybn61428pZsAQBCACvjTp5fvL2qTslO4U1eKv7SgSxw
+NLuX5lYVLVs1Dby+OZmLQvfW3Dp6P5iq3sMvb1f3xUHRVX+Z64gOWdRhPP/ADu/HGEyK43l
8OMv887LR815UsZ7mfz54zdken9Pn45oj/v9/scQgqe28DHHp5/c4BWt77M8D4/xwxtyAKGt
iyVzY8vmBnHwJsaw3PGEaQnCqZw+PfAIeRgokBWE8VZ75QwlAEQsEwMVnvg2y4oo2h4W5/t4
uFqQcCKh1x9M4Mpi7oQgZGY3T0OOpfIGEJRQMul8zgtgKhBkumLPg76Q4QJotCDm2mnfeeCX
SXSCyF3PXbwwOiF7RpZ4+n543xLIFG7MOr9+OQVSbCuW0lw/H9cDyCTBFOjOfu8N8EzKwpuS
P51wpBciS0ZrH3i58ck7qq0QKSLJY7w8KGMsmW5DJ1XgNo3SeBmOvGPnvhRGIU7rp2fj8cOC
VR0rYfTd598kCMKrwEcFyqDuE4fVxqGEJEkxrjhy03t2BKGUxt3nAHcHRaYQAPUde9vEq4c9
RG9pfcfbjhZNBHNz2Tes5zvktzrK4e8VubPrhAKnFEnn56k4DFbWg0w0Pi9b++LgIhMuF6tM
v/nPEi0aNm3xj333wYyGwPWpXV3b5s51BkPIAWIfXbt4JmgwxslDDD8/HI12RRYEFmF8+Orw
fN63vk1RRVcTmRnLLms5EIsdIVGlNTlsSYTP14eZUQjV3P8AaLie8oKLpxH4p4+t/PDWBFkN
+b/7wgNQD+Pjl4Mmco++ph++JRmBs95wuv8APEop03bc/j+PPAwgklummbrV+teOKOhquPj2
oZx5nGxdfxPakwPKdGMcM6IwJDcVTTp4FIiUoq5Yy1PjHAGxhiW0WauM9V98xpjKgo2j03Lv
ZeNocGOgRibCu4cMsWkytCrnpf1w5FojhILwhhjXjg0bQUCoYMAvNpngQ1Q4ghVgnhOETnwo
YVQIKqRLAfHHM+jTGwlNexz3rlxcBri4CntvrrjYod2h7cz/AHfHoaGUWmozXqfJ55hYCY9v
xifNXxwD2YQg1pi6TL3h5a1iUQ+i9fffCcO6YtO/f188YNZ7h7Sv+zn1xqgOEMd6G+v044Nx
RYJu27/2fLzDTQfKS/vH064DZJBSCQiiDsmXhAwbo4kxmz3rHfHOJGLJYYz1K/5s14mKjKTr
/dcOWTZo23v+Tf3wjbyDqjGfx78+84cevL19298UTJAVaVLPPx4+OLMlZQyypj4+NW+eETsa
MfcpW41840Cqou3Tpz187njwoN25LA+T1728IgnZm66w+J/s8cOmsaxJrvYa7NaBLoYcShiF
+NfXlEFTEuVNE23Bjc4IwURa8FdT4nlw8Op4krekt31c99cnEAjaYXOJn+OMAExjZ/s8A6xu
bz/u/wDvFfhj55AkuvXaf+8dTOzH8vr+JyBywQH1nxrrfFgRwXu5dydfHNg1k1jv/vHnhjSg
uKt8D3/TySpgcpGwsB2Z1LwAPHih8y8T+274xRFs1Daf4zSt8geYMuGZYqZ/fJsBsRMBajgT
DnM/Et6llAp2tnGcnI0T0Yh1c5kIQ+uRN7xnaLnxb4nfib+5dh1d9ufI9cV1BFWiwdz/AN+e
DIZhdrtv5meVCBDoyFR41kN8GsIGUGPOTGMfxy3AQqSHQJFiAmeYF4ZBFFekBuA/HJFlaQEi
MFFmMvnvlWFgDcdaTrJ+uRa4lytdYY/HBeUGCRRXO5/mHUmjVmUwX7M8XCJxEaZSN4Os6f8A
E3ysUNko5GBxU++/gcjOCiJAHAxZIrNwcQtBFmVJS3eRwOfmkjwQHaiwxrHBnaIfFCmmPcX3
k4fCxkDYOfE/xgzykoK7BS0XIejF98xYkd94OhdfxxDSUMnRrPp/7xkqCcmVMkHtfGr8HIYr
YMYd+NGPnzCcGUGP4FW4wz64XP8A2QwYTD9bM8WYM5EKzvLjr/3JwSsRQaMyZJ+fXFgTBIx5
DP8AZHhYAHRIGA5KUv4OKX7Os7I0mBiSBxOh15CmASFz3M8NshVz4O4EJEVp54PLPs1Me/P9
fHGAcnb16Hn/AN8cHMHzVc/16/7zXGx68fX++dVI1MzXnU/w/aBRyOQ6md9/X5vKIQdmKlcf
ePnhy+YT1Xz4YTPnjEcStQmihclFmzmB96IUUSgUwLlneK1MVr81QE/7eGghu4PWssq3yZ4Y
ElyYERKX+Dxc8q65CxX0XDUr376Q1v2MlA/A3fA4rSNAge935fNzAQzICCtJIhFM1xmcekeI
m6IcD1S8yMkMAdVxVVr/AOA86MyAVX4enP3rgziROlAGVIE/7wLkSBdGDSg59fXGRyErBWjD
ft+dSDorFCM97M6NzfL5MIEGVXqI3d+OHYCTBdAZ96d/PGSL2CqGDBMPT1xVeSMNYpEzr/zj
mTK4J42SY2veffMfQOxxL8zx5n44EYlwgqdHGcUyzBrhWSlwyS4UEse/ngOOHgyidoFZdGrz
dTqkihOwh2tnzwqgJv7Zw7lLv9Xh0FMsg/GtnxwmqAQ7Ts3ej+MZME4yNcD846/knANUV2vu
9PZqd9eGiAuM3TnvU1jIG+gBvp7+x8Zz543I1EOhuW3Tr/ANCG40H+/pwcXEhgWp951M967O
I0HkIwZRga9/zxEiaUONljLvH2eOKQKsC0F8gRFJm8K0vrQGSLJRc38xhaXIWtY8aZjFHHDM
GycjAai+nE98Ga+hs+rnN+Pji2I0tN6zj/7wXU+lvXn45egPLCTr/wA1n8MDTPHneNfrlFWL
cupnx16PjmULCZSYyZ8mfHUpzwiJSKuJP9e+kuT9RWOQs1oJeA+PHaCrsiSb11xVUED0bQAz
JDw3HMzJUYwpvWiPh67lZu0MY2+vq5vnig5QyhdjqDuGMZ74hLDhjk852ZnjzwwOAq0FmfPz
fnjXAoINlCJtdPnGOFyYxZ4AAX1MHozaFhBYOlonvbxbRiQdlu8H4fxwHkFQ14c+P4ei8Xiq
ptC57DNMHCxwjhAS2KYDzs98ZSAO08D2Xx/vK5fKmfZ5z6rNl5k6SPOLOzPa4z6wi2AxFQRg
MJ4854C0k0AtZsD4689ExukWbP6mvCY4ckKQT2rDP3/2TjTIg4cOVL3f3+jjS3YCMVR7ufPz
01IwdG0KI6enznihQdtXNqzNxjB30cNJmAdyz8/b8cINcsHtEn/P64JqotUzc3WP9p53b4ji
+hP9n3wM1gA8axTOP/k4Mnl1YOD7P7/vm896snpvx0fHviDQDYa/86zfxzEVY3BQxJl3i/uY
4ycmvwmZ9Tv+7xqoyZsW56XT8z64YnkUm5NefJ8vDCop0BOLjONbf0w+4Hw/z6DZ14aq9iuM
dnWzt+cw4uYxvTH+Ob93wv8AV3yUhh5P+r5fHfjjuwvFR0Zc+vOOGie4Y/5596zwEUG8PUn+
zwQcOSYnsuvv3xtCL3e+fc117eKHC2rFr7C79cq1JWCRZYQVmp51wUo2sGidzHdx30czupIT
SUhwhjX9BcySWdN40B15eLhiqMEi1xf1kvIONTGseH331ngOpMYUq06+t/K62w+kLBKQhr8a
4r0pWZUzpQ0f1yhIEWPIwe2v3woAnLYKL5l9cYWsMgzB2JjoeOLIjOx6Da6bnjG0AiJ7CXOs
PxrkNOmQQrr49uPnjyBQGlW9e/lkOZQ1QEA43vUmae9Th0ICSIg3jSn951xRpq0ZpFW17Zyq
VqZeMY/GegcfEeMpecykWuHHuzeeCiCFFxlO06/fZ3yscYDRUUg78qpvk76ljBKjI2tB6k46
E0oCMCzfWPv55AlpCvY6/O+92cS9rCOhj18GHacLi0a7G/efX68gU4pZu+d3H+8j4Q5pnNKj
r3p/yaG8F3S5p9dR88HDETN0+J/L+OLCmCSZxoDWPO9TgnotP73S58/cd61QUIVmp4T/ADxl
h7OlVxn2dT2cQSuNNi3LOvUMGfJyCF82QvRZCcymkPWWRKUgZEPnrmHiVikefkno74HjGp4p
LD5mwxycjXZ8PXf8PLGHX8db+HQcU7eQqIH+9cWJchB7Lj8/nPMsUyV3jX98ywpHL6ep2cXI
K/DBv/P3xPFU3MoOyESzXnkB+csoAfI7mfnfBhisIViehMLzmaIq8JIKeqM3NnrZVqFUYkXH
d+dz6vg2RNuaDZOzwjxIRG+8L/v46vFkSYBcnRvoy/8AloVZLPAG4xTfmvk3yQZUjXbR/XCr
Ch2Nhmy3pvfngKoAhWMEAYS7I9d8bqUQR1pgPW/rhgGgzD1fZbn3nXJwg7J5RLcL/wCXgCcU
sbO1h5HcOn3wVYh4zaaWretn744DIVYuH3Mbff1x4oZgJyxCKagucPDCu4gq4uIejk0C7Hyh
Zd9Ode+NgxFPa5b4/wATlGwQHkvLA3/Z4bc7OYfJ8OWROVmocSEpNQGgdYxeTy0FMhV30bp0
fnlymhC4WHs3/wC+8kaHHV+NU1/u+VzFUW4HVxjx13yC1FQAo+/jznPBnJDcOEGsz3+/Jwa6
pG8MFS9XLj5bxZiyINV2bkM+ffDeFigesr7/AOPNGSmGYfVzfX1wp7jsMbHy/ff1EUarMlum
Zu3v88KhES5MZ2xfGfxi3gJCVW1u8R+vr1xv3BWMw6Lum8cdsRsMoPgsO9O+RGQtQVRy0Y/9
e+DkIBjGrgZP3vjEx9+7r/f5dOL8+Lg/3zm8WFVWmcfGPjXIxsYe3G+kv88MZ+X++DUKMIFu
/TjT+PTw5iXoiLnf0Ojr64YAHYKgUo7uTH5vCQ2OI4NEE2EhWdcLBTmM2GXXgu/Mk+4CABQu
HQKMWd8MizfGsrVNw77++EhgGlMPdzg387LxRoyi0mPFfJ1jkZlShSuL5GT08hQoMwZTG+3W
u+BEASGZv79YzX40YYDnqlusL5x98p+GYNAEO/r+eEkG+CCpJ9Y4YiUURkYKYrX3/IxcXUFY
smJP7xx7gkYuKvSfLwMeKrclmGDHz/3ktZSZoYR6r64sieZpBMHsL88Y4w6eujyv33qcCOdg
GSl94P713jYsqQywpFsMZfBwujoEBqJo7/8At8O4vpZOCj0LnWuWNMBVorQ6z8zxszTVNeY/
5n1LwDnA5RkKt00ZbTjwBMjMjOqzFkx++TycIIuSrvPVvzjgwZAEzhfT3TO0/BKqzYuEoZOt
evxxZaJtqY/ia/ZvjsYsT18a186OADKoZ6v/AHHucMKBUncP988cDBWXVyD3j6vE+2FTVMw+
8TzxB1WTb/c7n1niFCALoFvk/wB8kMpW91jH8+c8HdhVfOyfMml5TTQr4hj/AHnmQx+Kd+rn
1n65lszvJ4Pf31++Fx+B3/v/AHkZCMWeIuPh5OZ4ZdHM70h48nvvx1nipXImdrNYHH/zN42Z
zMlRQhr365TIm7aXCgL5A3DwxwQBbYhfI0fU4EVk1MMIGDvxqkxkkaOaIxb21cRmsZ4fDPKW
Y1DwH+y8fX2LnKUceM7xrHnjnGNC+7Vw99fzwxMA73C/H+nqSedvdET5rgvdzjhyCrvN2G9/
P/ePIBAZukfG7hh++begGEgpTP8AD3xnyPYqJV+vjz55qzRADLt2r+/E5bmCPJoERdN6p++A
24J1CVXAZ7OXTcQN5Yw39hnjWUBaJSoiY3N++LlErLcnYxXF+OqrhmeU6F1D++vgilwWGkD4
H19XhTFFRKuGAnk9vZwHmWBiilPZXs8vLF0EMg2U3AYWiTEMKPCWSHywRKSb864mHJQlJcpn
vwnU7nlBBFiwJEMN/wCcZpBI0ErcsE+TPC8KjfgE9LjUuTjwWViz4DKY11/R9ImRKnv4G/Nz
y6kQNhCGnpL5TxxyzB24XokfnhkFbdbHEGmT3998BiCCqk9mz4PW8g9cKO5W4794lDWTH/IG
iAr73gl8zfAk0xRU+OXXg3rh0UsGygIqjcyavZzEJBTFJU6C4d6vFICAUgMohmDe/wCOMKMB
ym2u/H3wCNV1mvj9/HfBKiXGPg713259cBJkd2zfxdffKpu9lK6k/r1zr1WmdF7+vB8Y5Cuh
nG9dX1fnzxYACYch8fPt/Dnj2acjCiSYnz3/AGXsVAqpFQU25zPqS7cn3QEMLh6N8zXWUSxC
kXEE/JOHaXxK1QtmUAb+OSlUFE1HBfOlc6l4n5EgpVWnfzt/RCBNwJ5u6eO/fCQMuDkY7fPo
z8HE0SdDLlZk6h0fGbwEyslqiLMmJ+eVRWKyfZVOs/jmFFSWYRr/ADnJr44xbgSrGGDLJ0He
DHCNhW+Sr/DX8zlQtFWk1p1h/nd4wtVGj2PveprvfDTFQEUsGJAX4/PA5ugCpoZ/ef65DJ4o
RBsUTyYe3PBDIfTYfnF+d+LyWEIQHaeN/wDnXO5I81BxhP2uuI4aFJOsueOsuK9iBlLrQ+3k
WSkNt5Kvj/YONRibF6N9k9Z/sKehWgC0eKs+zgj5uixpd3vqZc8mEa5ISg6MJ4q/fDWSQBsQ
JhPjN6MF45gFAMYKOPNM/XXCFIBKAqHjFX/m+IYJVjGMGfHfzyTVtSPuRm3xizihAUtz8pr6
wfHBO4Clyp+SazjPviixEN3wY9513aPIHidfQt+q6ej44UwZOgKz6i5/GuITxCAdit/Oe/XJ
9IxzVTuXefd64VrhAu/9pvmAZxZnHduf75kT3aZ48jtwe8PIgRfMD6wU3v8AOOGZJI/fXxwk
eZ+6a+OMM1PJ5/5zzWUzn/H98sDAN+9h3/2cd11OwBkipGvXriayJCpkxa4vW3hcehE7KB59
RPriSUsPIKNw+cn0QzzPC1kn8t+Txj2cw1QCAKdzF/2di04rrcnWV/2N8pYVUWmWte4H/OL8
OqOHWe7v46z2pTSLU7Xvy8JTwMhDqK6/WXgQhPRGQlZi5nwueExLGT1R1L/GPHDOOEtYvmuc
R/8AOBzoBmEYoB2+PfKSw5iELuJbMW8OQqAhAKJpR0Di8v8AAGyimgwNeC/XGBCJYooUDWv7
4kUjQCZqNGG9lUzw1K2N0j0QFtRj7nEMdpyhHZQk88IUrCMszQfbefnlc6TQCRbJCrKuVxxs
NwZ5hUDHujenjgjhu1WbNuuta5jIXIAs24MnXj5Zxe+DApMGmcR+9eYcC+kJLeJMh53rHJWV
gA02lzcQGZ2caZRk7FyvZz76xmc1RKVp0pcDHVRm+LuCI1qOcr30XpI8iImwGSBlh3t8ueEn
tICPslvj3PoCYkQbZm48bXffNNWgARcfszn+4CSATWHbvf341wQYyI4otmQ6frjzzEToWQcz
whiHxw5sQiOgvuxM7dPDY2CToIz8Tz6c64SUZ5+M43nfU1rgEBgY8fPn3fp3wA4K5izHv9/H
zp2SF2EimN+H979cgDbiTC/W99eeK09eKr6ET9a/vIWBBcGrN7/jnyHjh0Gh7pIl0nJ4SFWR
RHqzrZ+OSZsF5HK23tn6xLqUYhIHzFH7uTXXAm4NIJdA6LX+fDx9CHYPHfhv+xeZiQQFhn1k
fPfljkwiDHJjO9/h/rmNGGoCAOcnieju548BSAa4z09dWcE+YJo2ytcf5zwjpcYEDKmrMXw7
8ihEgAKY3b3eNlAAESwyMAid++uB1XZSQJLBxmJ88QsYIxXGAqK9H5eFoSJZRQqmUCD7XFEg
UQBKwJ0VtRlOAmxGaBiwdOE83pvLgPJFAwq1ChN664SywmBc68ZGnTzJsQWtWQggYAy8GP27
SEi5oAAlB4BaZZ4SA7Gp48+uO8XiZlQjOAZjO2cTXhKIpFIIFTPR3xMraAq6HKXrbs75KQmv
TchdukBE++QpFXcXPTLru8LGkiMjFX4IOHzyMxYlh1objbv1Tgc5zaeuqLcI6vIj0ZqRmzgE
IwzLeOmVYpGgN2NxrL/PBqvFS0BBjFG4XD74kAHNqp8iLifjrhpRlAi1QvXj9e8RdlkfRny3
qeOXqBfyGAM9d74D80JUPAIPt98xZ4YFnmR8fH9hbQdMK9Wtt+OQYQmjMgaOsn9cJjSfS/7/
ADpEzqzc1XW/388qyn4LN4yfzwEYxa7h0ln7frjjBJvD+S/vXDGlQYWvnxjPv+uZIBUbdXWu
jNz+gy6zHzKBFaWwmvm8QefGsC+Wxd3Lj6Qwcl0k4Nzl9e++XkliON5a380LrF4i6IjLNLrB
3m65ipERCnyDxvjt64prWX1uOe+MOLaRAT3G0qzXjHNPWlFbjZ15/eeTmQAOb5De3+UnHYx5
YsKkEz56+MXhai47Rz5fPdvzXkgZQGUCsJ2R8vwtYYBWAAxlPf8AzplsrTZFDN7Mz6hjjz9A
uxMYKA9mceBrxHD05kYFscdFnA1T9JG7rdAZsycLdLUlShhi00++JLVnD0vDVz244PRPiamQ
YPe9a4/WNVIxXtFzMcEexKCojnsxXTgNMiIipEbytYfExyyu1AcjDQq5TDN8anrUqIWzC5iy
u+YzErwh0+KGR854FPkshQAoUg2MB6dtvV4Los7cGx3rkCcAQhpHEcxjp4RkgrTh5mddhxS9
Ay/M0SKwPXH4yIi87pwiArg5EAF/WsLAin0reQ2ECk7bqKGizHNNKMoGgCrfga74eVIigxgP
RlVO65RAwxWZ3aIPijjzCpHgQs8zobj89Ac7scxag+XG513bcm6Qtc0aTvD5Tk4MNvwi6x9Y
31xhmEKnUDPeHX+eL34uMYif+63/ADxrOxnfj9f+8elD1j+f9jiqdV44v97/AK5SKOvx5Prp
7OLeK8ctemFtDO85T0mQoOpQUWeOTfA1K3oGTg1Y7u645LE2SOAhnq/c+cErEdDvfR6+/wCO
LlqJDNDkPbvP44bCLGyGjH/f7xwIuiaTyZusHCCQ1LQn11nc/wC8HWaNuMXXzP71xARNT56I
eM61jheg1MBhZYR/r+Wkgq7Sb7/fjjgCwwFfI511JeBIZC/nXKazoZwiwN1uKCRjDcnTjmG0
xCIS5oCwt5JU6UU2cSIo2s47cZ36ZpU0R4j6huRoQEPMSOS3hM0FQBCyNds3XGm+Z4aDIL2N
4PCk3W9FSOcDJnjimrrmJliBE6N8vqh4eshWUKpAo41OsuHGEQrLStuPL0Q0wYlIwA17HgFm
ZmNzeIgDALwooOnqRGSoL36snwGNhRtp9MTHJ8c2isK0kgKGUpwmes73q0KspKmOb/WBS70j
Eii0lnIxUiVjrySZcN+5UKys5QJRPriQipkfOjzBaY4HykQfSqTyJ2OzIxRztyLVhS08A0cy
GjXsStQxk4qesMiDBRaUM6Hs4Jgh9UeK2Uo+u+MyymYO6OPFNQ355U1DI6SK9a/7wUygheih
Zn+f+calm269Z8evq8LYAMhFKP8AHjirjH1/Hr98cMaGQpj9csyX59fEtH/F5gKKqtMnxv7f
x45DejNkrBW3Ksmt54qlsjLoimAyGdcCwNHAHtSBTp2/DSRGHIBX7C53e3KXpZHprmH1v7vA
ACrJVxK7KTG4aHgXKSN9z/6OKX0hksKaqZl/emfHEOgKXYTRMlfxOeR7I78lcv3nvmN21GRx
k7k18Txyqc5oXbunz8Jk75GqwgGdRI4t99k6JQA8GQQVMu5fxwKuK0EJvLbDw61g4qi1sXTI
Q72nvgqXdNeNUhbpJbyO6AoJcoEkY45fzD49cRQ0ookGkdty6vqXJClHkuNQi6Q6AKpjPMHv
VOsFLwMmMueFdrYNXMAgDcLwVTEkw3ZQwsNzvjjnshmiIt9IS3hqNDwbjEPhJTHG1DZFEsuK
wMV8craQZIuJw6Nx0uuJqyJMtgFNrBOBZ5IixoBRblccyNXiVx3mCFAQwVxwzMqnKrbVdMAo
nLwP0xYW6wTtXgsxLiUWXCVEaQM0lJCojEIgXIEH44yAXoVDRKLp55e3l7uLKANWUJYtkYXd
4HS0EEvD8m4xpHjqYGXiioih2qDICmTXUnMUGsVCUgwEAYxPXHJohFwHcM9TXzvj9AGQn2Cz
o9etNilUaaALs0358TPJczGe93z/AN63yHyYW19e/wAcQYKzuv8A3/5wFAfn9/D88hOCDlz4
un/Y+ipzCtH4PwyvRxhZMLjKY1O9w18cDAcJ0O8U+l2/kxKTia3eWTE0enjAFOgYRpLcXer+
OQ2Y4Ii3akv1LucKcoDoTZMxb2638cU0AHQmTOdHnB/fAObTATRMsx6v31HkXU6esO6Q1riB
asWFXz3uOf8AzkiUWlWPryefGOFgquH+fV/H/WuIqzo1v5/rk3QWBFc1ho/nXE9Y7O2Oyv39
ceBW8NNMwtLBxjvmHJZ3tr+zYzIcKIjzPcMVbzZTJIKCZ34bIrS6NcemgzioFJjDGDkMmi8c
mRKJQRJhOQcVhqUBG6SlwIXjM40IkrQPe4M850EWQk5NBIQ44b05UXJFJ7dg/lJNVO/RC0q3
PZScGGSORsTgG8bdrIsbu6E2FxOQeIIwooGWsDW8S/qiNd1WE0nK3i8u+gMTGatrhwySmg4n
GiiqI8iEGDJTJCgIkCPDNmZCz27CFKQ4EZMd6RWR0gOq1MbgiIvnD1giF4Qvd1jQKEyUc3wr
vLUrg3qJ2eTj9CnSIlIA5IOzAUmAbMxPBpoe/wAgBCPWgRqw1n54NAWeu6e811jxQeMYITG+
np3iOOJYpgI9aTz6+fLwelI3dpq+a+/5nMISA/LjL8/rwctia3/geZ4JHoZ+pfnz8cwBhPZs
+p1+eG5sMdqDqe7zwCT6/Zc7GJ44UllSD3RiPwPfHUEi0UwCvyzoxmwLBDXQabIvX19ipBVK
33HPIgDldbmzzdaxynZAy6ptMOPv47UWl0bTJv8AGMY1ywDmw2ij4t8/5EJlSXZVm83rv9ck
+QRbpQDWvz19cEwxpfhf413w3Txmcg83+s44MPHOlsQ/PxjHUR4MYEZbmaxwtmGOoQygtbJa
3u8eDAVKyQCgZKAhTsciRGwD0SEaCNacXVyKFFZYc2DZl4AUqAZSGaPbOsY4UrkQaAERogsa
xcHkQmQvQKp0Cj0XGOEIWSoZIXOYmBL4r4rw6VVBaQSQgYc2eJIJcfPBAYYcIoV8AiMQQtAM
Rw4bsw4hg8/zTzwiRqCmQcmlLAwr4vFRrQs4GGVoGCGMHBQOYK3bBTVGBZ/I44RUA8Hj2CYT
rIdpsnbARIuEmddYYGVAzGDZEqaHHhBVg5i3lRcjn5bg0UISKynXBk1eTVrgngRDWASphZeR
B6EJEErCCtjrORpnLBSzJg73epd8kh7iQDAfxEfXfC0BHsQbveSd8Tc+QWMqWuTLjjgqRbMj
NDWc4698AfH9ANnpI+WNcVFswsJHarTHjv3yQgxjOb86uLyEgWGMBiOPn98zVHvVX6/PeOQo
DJj+t+vHJoLgrq51jE93gNkEk1yUl03afjjvsmMBzlwCClxh4HT04iMCHQMrM9uG2LQMDqqY
RoDf1zqAlgJqBxnNTHjpQ4peWZ7SiY69S8J0orsVucnXneMcLubglKR9x/3fEdYpiIdoyjGb
Ld8zKMQ3g9AlfN4CBwyqzcUxrjJiFVvJJ866f/FWKCUhPZcndfHzxSVFtxh+tvenXvifi3ti
ZDNE3fn2NVDaiCDaKX158cI7BWkRVuDWCFvzwPsQKR2XOBEUccChRDS0IXfvudPAkEFFS4nR
YgOv0Cz+USq6jc/7rcWydRRdGFxiOf8A4FI3Uw2iY2UmRsXykwBaY61nwFXO+VwIJWaG0NmK
nkxdLw7FLhzC+4OE/IfqtxakIGbjkrw3UwAFHUVPAzlJpwWaFCpWdZ8cdxKVQAQRrDO/HrjJ
GUlGAoemS+N4zxR4hObvKmsjHAdgFpUnCco5CMhVeFZ1aJIFUyUabVVzqQIUjFDM5BJRhh4u
a+xxPHSEVwp92gUC5KAFxZE2/wDioqXYYEOj2wou4lmGsFAQS4AcJsdR4Kr77s6HL39++JKc
UJSAp1ZUeuDkaKUq2LGE3QC64MdarGCgET9GTz54NpI9VUeVFtfrhUyRZTSeNZz68buC0Sp0
x3Y8IYp9r+jdnIVZH1+Yb8Yz883Yq5Kncjre/j8ohAcQZh9fd7O/tbtDSQgG9DneF6nLHH4K
lTQHoc++2fdmrhJba+M4NOHghkbeUFTZc5z5xw3h7J0uzPXsz9meiYubGefG359cQRCI4Xs/
v/ZOF6TMZIP14ceOF/KdqbYOTee8RxwUbGqcjFmdY+P440AgJ3hbjx4+ccew7Eu6HXr/ANdc
CM0G99G+v+aeUQZIJQ7A38P354h2E6I0dXM+P7lgdhUyqEx+P8qgaM9CeKeH89cyxFjSdtJA
He+7wuQCWAV0MCU2F4UcMCQZnwFDhAqYpG7WapBuiLEnF4r7DmlNiMsOe1kVXANVhgtPlnXM
OorcES6kRFK55G7ucREpFRLFLniAWmYwS0KziRnh3KGbAdZlh4rcsbt/HQylBUBFDgCpZsJC
8RjBFGnKfIvreI9gdBU5Sm66gP8AaJlQYk4XM01ktlI3U1IcURz86jGJdR3cckrCtEBiTVKJ
xwz56ekMSN2vtw1Ig8fyaWqRgnAlEvOHcjBtLhGwjwQZVhjEuuAQhyMYUGuaQ6IvFMpgr0Bv
Uox3wSY4gaIxp9khTvig41JjB2akPX914U6KXZnz0+X+OEubIc5v+nOOu+YTOAkxf/jz9OuB
MU9fU66/99cQoYCfT/f1oXEqlKR/t/P+74KgPaxf43fz6zxka2UDyBOztqfnkAFIIXOzXeOz
+uGJCsygj76U6e+M3MpjDXEcokx2SYxwzJlbYJi9AaPfMIXZUw3/AG/v3y4Ognlnn1/22cFg
DtTATss768+Xq/CRlquve3X31ypVoIbvX9UDvjMhDl0FMNGS/wDlW8htRD3LizSkz98pUHI8
v1o5EkR35Vvxn7/lMRVTZSOZJ++u+IDd4lYsaUz/ALHMBRRwAPqy9/h47ABjIwiQJndtv8cL
6LjokCEM5Rsd44fCbbNqxRsJLjI8bU9ZmZbgChVJOSkrRBzqJlk76AAuyBTSA8iAOY2IsLlk
IATBQOSanUgTFoFxgSvGpjMuwogG0l+qiu8Wjz2CkSEDjvzClMOdmpjJV4Q41Vv06m8EBpHn
QKa6Ew5aiQnIAyJLQBCD3W+F8zgIKghSQBAcWyHUKKi4YkEZzuYR9K4m5S5Vwpi0wWzy4zCO
GcETouQikAZrIpw8Ve9VOhcxGrOH4bIn3sUlFQQMYBp13P4yD6IZD3xIWRNUyOWKhy4Nowg1
sWZTSBnrgd0yhiDXofHyZ4QrMhEIsqvlU+PQ02lDCLmQ3nzn+OZTGlTqPh8bPvpwgEyQkHDG
PxrBn7cBaV7DM3/Hg++AldZogYifwPCNawsR/X69+eFqhvcweNS43dPnlh8K9L8Of9ngLRht
JXaVzgd/HGNjBA3qGgndFj1xKhxAAr0mft6++NAAAkUYzsuk35F4vpkSuiBk+/8AvFIYlB0X
G3P++BawFQMsvyR3/jmO2KpQJa31fc6OSGhq4C699T46OEE1qumtBDfRPeOJEARSuGGOth73
64+bYDfXfefTw8EIghcGm5+Z564iM4tUb0WX+f1wRjJAdg+c6x/1pwQN9Fiv+n4y9VAIa2Rk
sF7xaJxdY/AV2bKENjeHnZXweISxAT1Yy7cZkQ4K03Dh4xrBKbQzYAFLjmC6xTcy+kIVYGuA
SDMkZC0BZQ+prlgzuDj6NsePnlWI37wBUSMAZz1zL13t4lo9xwhScejJYCYAMrAMBXgppgAq
GiUbZ3rKTNSEJFcOBTGTkM2MxZBIi0EvLKehwYGeEErCplQkiaYqvYPL8qcHNv2ewCATYcXX
I3G66ksB4CNnLxIenyYgjn7PQeY6A5fhWO0kCh4FDEpWWffEYNDg8b3qzlKYA7wayFkBEACx
wVifHIm8QshhIHnDZbsDBNToYgjobYaKaBmGE0ZTQlq69uM80SgtxcDJ898iSdKeTnxffKau
BTLYpnVuHHi8oKJjO8Os/wCnKGzi2PhMefnWeB7B0uX941f1wgKBGsBkn4w/zwEcOhHDlEXs
uUz8inkdPUACMKzDEy8MEssCKDAajf6tUIWIRk1ZvX75txSCqIT1r88zWQSAsY69GP8AFg6Z
DG3OuyT3euAXov4bJ0N/rvisaIqg6Nb8/M+dQ9patQZqTr1cakeE8YqV0l0fGjjhgigLo/PX
3d643mKE1lcfjvHjhq0y2y/H4hwuZyoa7tbC/wDtHlnfbIjr13nPCnKRhjiW5Hf+eMwAM4ke
/Pj8ecIgtyhxUtguLj4xwClfQhTIDWQdcQXYgGDJ9gCXrg7q0FVXAurRDPWeGUCTLRBLhAlb
j91mY0eom9DGuOuLbAJxEBme+/54E6gomQhBE7Y9zjWowkAEaPu78nFGSIdopUhGdvOqlL6e
b8lpn7Q4xECEKHpwKQ8x8YeF44RMXqCI3W/bvJFCyO2C0HiuNcQISmBJFObjVt+eIvLmSDtF
1kcb5YLKEg5r0oIK5KcfTO5JIBtxaV/PBCQsFMbUOtJ58Lkm1UiJVSCFN7uuWEs20kFyMwMQ
JgHiC4y3zKBDxQM3uDCYUCx2gdmKR6vFDlRFKFLBxhA+ulPEu26Q3Mwf9FQhIRb2fjzjxPPH
Exdjyduusz/7NA7EyEhVm15QiuTGyz79bz344BIxABnLtPjvhmdXD6uT7zjriS2S17pfh8eP
vJ6soMqDoKKgvWODd6ZFuoSLti93gFYz4plEHNeZ59AHhP0Bgb4MGd9ccEMRrtsu9Zmce+Gb
xU5BLJMWzweeuITqBD4P43fHIDrkXxXM8k715OAEYFfnUCJou8t9cSAKPOCYJo673x94cizv
8X9344yl/DbQpvvOZ4vHowY3VHewx+G/HBHoBpO5unkPjjGU6Q281sldb4zH/dS5e0J64REJ
oYJowq3zjz1wyxj9lsw1mRPjjxjoAFp2k7L944SQpScnOTBnMrhr65kRqgGS426HefmQ0iDW
VUbZMfvKzJwD0GDSVDwfJvXGialZbEhfDHNswZ4cwkBVzcATuTL4zshNiRilCeEx52a1Jbrg
FAKkGTXee+FxgD4EAyzOt9ZxavUmigcvR1g7zvxwUhUxgE+KIJmJWrxojBYDkhNU7Z6nAVYs
tjQJSXDUzyqLTOOKUUBdXk3QRJgpREgIXVeXgpiaIIkhVRLTiFqCHygoHljA04WYtkKOWnAz
RTRwBFcPa+Uu4LwChAMUGC1QCjGY4WRhJsZyZMMytjnchHJRogg+3beMLRNmR0SbZex74uhC
WIA5Bgh9I8u6WAc5Azia8bL2PMdVY4JMW51Nm+7wqiQoRNOAmMmXMyjy0MEqkXrX3N+5wq2T
qP7v+/HEwaPC+2/xs+eFEQhHsun7Zjxp47EIuSktK7Nt4KiYsoSuwkX7nnti9cuRAIQHOunr
fH4ykSYRWAYas3uce0ASnAtKHbi9TgczEC14tGU9d+eQAzKBEcsWj/vHHBwgmu2PN/588fFQ
zYvX/M/+cyAogoSwwa1bZOSxgYlegNzdvreeIDHbV7XDqfnjScMqZMkz3oNHnfImSDKmcmfu
XRgftqAiFFAJrzM4h12Zl2xixl1d514+HimjLGm13V+Mg9ScbEoGIhBSodDezfA5Xtg5ARCL
V11wn1CJEYEEzC8ssEP0FDRVC4XAYvhBECiQgDJKyY4tFT8iiUByRkBSKpV2UCEBl3L8NJxm
DSnAPvWD7zzCDGlRcUh4d+tccbOSGutsvXcHgbT5HJQF0zW/vfExl2zS32B/D64skcjFdS4/
5em55kPu7ZJhytNmD98PWcw4uaR8oa64ZXUEljzql7dmI3J1SVbiNdDTybx7U+HrUDpcHA86
SBWS7NUoQuOJj7qGEqJ0frXJbAMV4agpiw78cWq02cySp+YW55g8ByfPal0LcuLtqjmQKW2M
82b4htVOMBa0wx38ckxrPDkWGIRH7zsACFCV2dHiX+hnCyEvg8LGQxt9rwZUcg4wrD2Y/lqR
oJMa9CXf61OUYQKzFr5Jc8Bc483z+9f7HKkTMyOT9fz9YCEpHaUzFF9/+PCuaDjBtD/7dcMA
Jy4DenYXHj44dpEMgoq6PHW51eVA1FcDraQ8TxwuQITYYj9Brr5OGdVNfH6m+YFgQHKJDfv4
4eAIdfGn9v788QZ6NQTZnzn65RH4CrZ2hr88Y5LC6iY+759c7wZiSWLuQ1fWeYXGgOx/HZOs
lvAcFkhqmmtgOL9cS752CmsgHeF2W9AjjQapy08vSnCrApIOssGFhdPemUTAFHVYxceOreDX
2FpMGAEATB+Alch1mZciUcORpYknoLAwqYam+uBjwc3aCtEUoN8m1ygo6zxboDXAwoLLSdqZ
dq51Tx8RlLiBwNNMryITi2gVYlDn5uDgSldoksTq7OB50dSDMhYkTTswZOATqtzGSyqsPhW8
CQKizncAqrqfPEY0AKNBtTkXN74encrBEDDQMi75s0uaA+AlTYMrwxAp7ci6QIJWXiMKsbyS
KgaAfniQaArgcwJUXBNcaJmrjmxAFj1nrgpvr7kBgUw5c3meNK5oT0xgk88YOCRQyfEtgegZ
4egAhOpoBLIjRzzGMs2ICNJhCB1jkmwMG0LIMf164pCDgIUO26fT44EQVwaujNP+a4T4Pec4
s15/2+L0YtF2fVeMffXJkFaMw/ov/wB4UZDEUoaRAFJnPBIF69SgD1sB8eorWqBll6ADz413
yjJVGGAJJlG7THc4YIKjZ4VCL077+8h9qSSEDCJM77xx0DVlTIluwUT2Xd4rmscZHw7+yeZx
I+zgWzsLmEOjjaikZrD83w46OvCEAYh8zx8X5nWqR5QFVlZN+88yNUsBJvAuTI4UeJKkIjFU
qBvDM0f03+BS7WXuOBx7vWDsSbVQap1n5/rl0uQKvs+E89fAWaQ1DnOy73fH2w4hQhWiI5J7
65qpFAycAV+9e3xWsSgphJfS4+D1xGpvBkdpXlFEQ74kS7RkS4gjkR3EnHWPM5pCOAcJnbwF
PFHbAZS8Ob8GJzcPIZZg3tfwcOyjEFVlk4qVaa3wAWThCKp0IMA9M8g+cdXZDuwfo44EgZdg
5d96t+bwpMqOfiaElat6ao9XkZlL4YRbp44e1RpWLCKVVYXjTZQlNHQXshDNNclF/wAHbgKc
SNxxpBmMIBjkg31OOCSN+qgBUoTrPDVclPEzNeIaAZOQtxCY0QMNS6MN4gGykSrQKAp1xddF
x4EJFvG+sXgqVhgeju9uyd0uwAiVGJs0MIv7txONQUBESRQ3i8HJ3LxVDY7Rp9inQ5+OGyaW
gF7bW5vk1tMiJ8LcG+v44YRc433l9++RBE0ZGrvyCnzjgwS0srbfZ8f85Qya9IWTRVd3EvGZ
0AR8KbM6Q8d6EqaUh1MNlU+O98jkqg4Jlm+538TiicQ5NulqZ1Ze5HiNeRBTARLgKpniby6M
S5sPrWnU1zCwQFjzkPMn64TChSjCO2/5XiwHSgpjfvc6eBDT0SFZlXO2mM93jpVtSOWGUvds
vHFSqBoGrHQefHXD0SoFYGQOHimIJhdgcimntzPXEasUueslJs+n88eDsk4i1usfXWeGLue3
j+vzg6uAxm0dlOz698FZh2qZFGWGdn/0j+ZZVantLrnfBP8AehJEmHvlM548D4WkAWbnVM5R
MeV4bZcGtj28J7rAozpYsEfcsgMdECDS7gFxvmdgT0NGSNAp8zk4gMJVSsu9mjBHXD7KoTUh
xKpltZ3wsF6q4M3c8/xyZHGsOLk1QfxrfVvoUWXtE736HEOLQCMgQ3bHs2deXPJQWQAbSMu1
comXHM8JCLR15v8A8zpuL/MGiFoeCv8APDbTMlQYPatz144BvtEAg5sfvCfGuHkDoGLLrvWP
+cGMwJmXCoXxj073wEQrYZnWXS3PVuHg0tWZy3VMZd4P1w5KETvJszk/zxWZURu9XEzr3+M8
WqoXM6cZ13rkJAELg5es/OsfB+INNOyGsrZ65KAkU38zfWuNrNxzaNd/Gt689EKWsXZuf1P7
4uAtGBBnGPnOffL1XXaEuPU8Y/YtsZKXrjPeNY0HfB2yQda+vFNY174892yF2f3j64i8srkB
WY+NTHeuF5Rxl1FUHMq/HCdEg9az9bmOt3HHQFYklGfBjvWPPXKpYLl8+9YnnrjpYWLG0MWd
Y1j3xUA0IsMv17M14CsmDUoDz15P1wQxS5jKwVkvRiXXGksBAPTo07/7c1QQ7YDsbTvUvKKS
IkE70HFPTe+DzhoRd4qNn6cY4JZhVemoOVHXW5wFyEpNBsSbJpB5nSs7AoYQYUdZvF1IPoYT
0QTXU4U/SEaFTIYrSQbottYAiDeuygoqia4Kz3L8TMBmNBxOWq9mXJ51iHQ8dQbCJV7ggetZ
4gF4OS6kBmEuVznhN2CFFKhcIxnrEOAYYcFPKkgbML6lx9IQxUFCtUqwxxlFxYMA5RryCNzQ
35ghwxLSAFNR4PQXsGtRRSxYgczj9hwB4AxRlaw5ZKHIdDMUTOYOjgrpYN4WZYDIjjeZE5tu
kIZQCDBCbCHxUSFkRg9ZyLONoYJbiC5BUzV13xf4eapkhRiRoOJBbmIKBbgaErsOFaxT1tEu
5crLPgTUFpjnDsz/AAnw8TkQsFjrKS2Hp7xwuKQaFaJlvx3nPfEsT0gG5KStXFb+uIASOWQn
1+M+PpED1JFHb/vxx4Cxgxj8Yw9OPxw1kCMyiTIgpDLuy8BXQ1oBR3TB8fHMKCTr4J5SeW3Y
cNu1dSshky3GL0PGwQaZ2ZwX59Pl4V5m5RBhIIZY/cOKgdGDLi119X7wQVCDqkIAJe3bfFpI
rrNVDDQdJvvj4KQaNj1Z49446MwkU7OiePZN53xlGYMFMbyXyeZfjhKa4vArUZTXT+nBlRvW
MYAqYczR4eJpDidHBepPT/5x0CMK7I3hvrWfHEcs2i2ZgnyWe++S8JcY3cmGN/4zSg3XN6IO
mVCSx41LPNIGoRkYIs7Be1KqZVS4DsHbx4XiDCCwgVZqseszhqqPMQE7kuN/XED1iqKRXoBm
n0Xg4EACgYUL67Xj8vWzTlzAsi5zejOJRZ4DhBdk9O+FSJCg4JRoTDQxlOW+V00K4hoAih18
8VRaJsY2BZph08EPKothRICGDaQejlsHYCIpJV8FMQrKVafngUAjNVNaF4tiDAOMhZCkADXm
YeM/QC2yANfXMVGUd2UcByFAJyiSigZRUFeC5kBwcACLNGCLEdDQGd44oWYuCNCCbly/vi3V
AsONBAECSmccGqAkMSM4jT0S64WAxsRZTAgNuY7418yzjsbc5n7vfJ4ijrT3l5xwZ+ziVhEs
koSLGGfE155KdANwGCM/eM+uAsVnugMAdn7zzYLyLEkZh4LCNAjUYuZ+DfFzBcUus41l/wCL
7ccmnyM+49mv54tZUtoSIFJjGeUSRS9g9oa+34Zy2HCFkXAkr4/WeAowJ8kpamXKJZZ8r3Nt
9Fsj4IkvACsFbHkwaLAuscQtHOhqDhcO/wB8PgQ5bIGaKH3l4WtSjxgM+zB8fvhyAFBcESZB
x/3iwLsD9ZEB1rrfwmw6dPNZvurP3wbMAj7D/fzeuLtKAozWNDykCmUtnJjvz/zluKowNwH4
+p/ID75hjD/vyhwhEJuRJPKFrrw8F7sY/wCiSAmgLwElCAhYCYZTIKGeKMffQ1CQynkkeILX
aelHH+vuleRwwHQyHIwfHGKHJqwFucByAKzmRwgzFSmFoOm1yjBWZJ8IZnGsyPHENGZkTQBZ
EKezI8YBZpham0l4bE1gcW3oaIJ3O6evQ+RmQUh4x3OS/djesySA8nscAiCBggua9L+Hnl4e
NgCNJM6rngDeCIBKXAgCTvHH9aQcKzeaAWQeBAl1mEIZCED0cW1p/Vxdiy7OruHE85kgq6Mz
2Z4QXYIbEmCtYUXvgNyUgNKVEq5Dw4kFSYFP0QGNJt4nsFdLNmF+bb5OQjKSNv5p358+eZCF
CmlpfeqmM9Z4slwV00kcm9mv1yVAQPI19d+v1ePkh0vV8mAz74gvO7n78d/PJAy9Ov8Az/Dr
gNUfAMkAfJj1N55EGrE2qg9qkP3kvDltpOuTKHns8eOC4CJkLWXOAzMT98Ygps8UdTq54QzJ
gAETaUL4j2N1rAGVyaI1Ti+uGepgoCmBSThoRodC8jbODvc48hG/13183lQzf4dsJ0O9fXU0
jIoX04mdT9y4wBOBR0x6HPWd9/DgTU6sPvz3P+8WmIcYWRn3iId5OJgiRzI+nOvH/wBCfZPN
SElmaOPxydAELNauOvk4igSgCqYDRhQ11x9D+oRM2oAAUNHEX2cNhLBpaoeE5D4PmQ9BKROt
JxI0aAYwC3NZM/sKA20ulygUljH1zCn/AAkdRnQRSyM4OewQlyQYvBDXXAUvrwhJBBrY8hYc
ywBTb8ijZnj1cb8OzgEiwkDniAoEUIMU5WpyM7BFIpIiiY3q8U58ctbVmiIWjHRp6QgK0XCr
PZSHJqvgIKKGoaIzJwWQ2aNrZi0AzXhawhn3eVFoGIRxl3LBrCq42ZSXkUwAoRMczjb1Hkh1
31MijoB0nZxHmmMyMw0QASmcHrMULghqqhGK3iE1klwzEgmFXtyL4C6TRAoRz83gNxBKUbFd
KZx9o443SRTS5HGLj8R98WApqyBab3EevCcg8RDe3XSp9YxyJVhOnB9en3/HGLwipjemcsd5
1ypgm8vfvP3j44vdlO0K9oHXh4XOdhQywdGcPIkqMGVDG/OdNX74+EkTCFotsXI+NcLSzRUU
EJlh1W/g4UZ4CJIwkzpwHycAsotmUAKuxuc64ilSCDEriXO8db5ShlrzD4Mx+s8BKbsbZlde
8aOQveEYXB3JF+eYbCunMrix/wDMx46nGghEkqB9/Py8QNZBUEdP068ffD09NPSNiu71O+Au
hZiLvDfW7/3mDUCxzS6FWV3xKmCoBZGUMns/nXCNVmi+sNnOGzy8GZUEgjwbm828aW5pQ4gs
wKvzl491NKR7gL1OYCcKFDBZPbrZOZ/3gAhSlQQoUpxDzQ7YnkUQmdV4hDdRgkjBCtXKXl+b
kbM7gI8TGHBnD0q6ThCkx4geIXBMRKPUq6uwPtAVmaSAKaLxKLbrBRFQUmPR3wGxxvKTtCZG
EgThChi+JsNP76txyu3nWXoy5G1huA5LHsfLJFZQascoCf0SSwYkgo0vK1sHhAUGUQiVS3hQ
kIQklHBpgSnfNmsTkpBloXLC98DTKKbayogx4QvDKu/QE5MiYlOSCSOw9mwYg3Ccy8YTBdII
6BXGDgLQBhAIqTSQi4ertrYQc4YzWdQuuuaftAF6Dmr6h1wuFCZjAC4HL17+4ocpLSY95vr/
AJwEmDQFXO8GsQ164c5x7X7JebG4hWFakf6+OKcQNktZ6xE8PEii7jYmM9rPjPc4gUA6wo7w
p/2uuNAuyALRcXNeu8YY8xSqLLEiRTCwhbJwooQVKHISjq48ZOZ2xGRyAxilzt1rlj4QHBCH
ZcmN/fHZXMhExh3j/dThOQ8Ag77z8bQ68cpZMqwU8J3nM6/LxVZRSiPFaE/vfeOALIqihnIr
5+uASIUw4fMs4kBQUAZpkts9fXFpLKBnVKOHHhwYxxdMcqDmp3jPjkhrcoUfHeMfvJjjwqHA
wGUbse/xx3EakHPrzP8A5njWVxIsArHUhc+/YnILQeHogx/s8fyDNdmCeL25eLLABmqw+Sz+
uHClYhnOZAv8dzjmj2G1Oxq+H8cPQkjBna4Nz1+eD2uhU0hjYUsf45Nt2AMUTay/Tvd4CSUC
inOJi5k4TlSC2IxezIenuzmchWjLW657v775WnckWBEHIKA9uMvCkJTRNVYpgF8XbbwoLwcB
xEOxC4I3vHGFPAXIhochlnbwaGrIQjQ/IaxPrkzIMRJZzIZ+LwCCtiDksuTMJOF8Q5wd1ShE
Va7vCVQlFWEtKau/A8XFAEBuPBjWv44GhGRkzYYc3+eXnCCtIU31X/aOhtyAsUBQVVe188oC
LyGJFx29wbyIGfbP3X/eNcm3L+0l79mX8PUPZ0crLjF11rOeEWGMoJBKpUJhu93jCiGDfR0P
t8rrsKSNhNv5mHs7+eOCCgnsAfnf43yTlIZsAfXr/PC7BjTCRHgDOMcUH7IFAKqrUu8XmTNN
WiHWLfjPXJYZ22FkY3sLf3xMTgoAH4D178HhoAjM9UQ6x1198gUEac5b1264OhLnr58HneX7
4C7DQi53r/3z44JStbB1n0/H74+cKCZZefHze/DXdiDxWbzfejgcpCCzFM7W9fBnp0tRjIgv
auf+44QgxSpGxnn3988akIyZmr8d/wB6R1AwUhiN96+uWtQrSexC3Uz73wG1+dEukZNSnp4c
rIkFSR/XCY9yQMPfgb74chIAtt3Ag+7xNgcHTvEeHH+nAW0cySxmK01ZrxwLjg5EMdes5/g5
oCiuTbsfCY5ROR8QWY1fRTxxW2FwsEtdvbD8cABc8MKgbpgjC1nMUsyujVQuus7fuefwDGGJ
jOAq727OOoybKCxkNgUZZnBsjI+BKEWv69b5mNXCqxRgcF164cT5QFXA8DMMY6eGZqMGGx6g
6THia44FYTgmtWDc/wBziQVWgdmob8G8HJR1iCNsYZuhZOpyXE0lYFIHr8a4p4WIKUGyptkG
9HCS/LvsFIIURH74A2wUpd5Fve5WZu0Ew1e5dCuXJf8APCgDVQQyWuzHr+uK0HOZZDAQNiHh
w3gDpAJMgNTiWTOL44lDktHRyTw9zW7vhJ8jKIsp+vy64aEDYFB0DTEK6z9VjEjEJkKoCpS0
bOCuI+EiBbpq5+zhgDFAxAwzo+24eKEM/CsKy25+X44AMiVSD1lQPf8AXFBRFUEdhEx5vrjf
QtbN2qIFT8euIThXMKg5OvzgNXSiTfKHv33nen6UB+xKrehPWr7zxCiHHUUO3z9z74xAKCWz
y97u8cY8hqXvP3gn9cxiQ2CGUkjv3njeGgAegmN/3wEWUHozoOn9fnhDBbO8T5319cYD4Bkm
Vf8A344pnOi5Fz4YOi/OOVIUQGCnyRL7/FO6FKFMBeX5+OGSWZAUr4Hv1646UEgSSuyYuv8A
nEkLBBSb+Z18Y4GsBSKkDoEk/j8cIgDyE35rXdv53C1KBBHXIGIb98mPwTcsAkVd/wB8QVQl
912xfYrr4HyRjBPBBCxg9Gd8w5GwQNW5JB6TrkkEKAOi5iWf93xFUDCAmLqP4/PCwZkWaQAn
ODPfXHRuCQDbYHpoeEpQwIgGbdIDZf55gigwwyHPzv7QhyI4v6R8l1r+d80vhXNyfM7/AJjw
0CIlBkvgHO8/94KYBILNeIO5n+CJjUAWygL3mV/Gufai4i3D31+uSD/JUOhtLpv584Z50E1Y
7ssvfonA1ELUHYNzD4zQ3DcoF8Cr6JjPMhHsY8YvpdPXXJkZjFm9YMzj4xxKIw6NT4PrP1x/
dShLWgROwwK8oLQt0ujnAJjFScQgAORhh5fvvd5OBAIAGwxc9HfrvCaA6WwHQuX+NcgYxK5s
DEXdx451qWWUvU8pwzkIwYv8f7WuVzj0ENf9+fGuGthmDOMvgl85meuPQgkSC/u/3Rhvs7ON
fHLj/wB75Mih7xLndN//AHy8zkOYEXb4C9+9eLyJBQo4WBBs0de+5wN860Le97f7rjApKpZr
w4fvv9XeBAYHXhk7f75ITLTs5znu4T448e4uSrhoF+2Sqb5dkgrSgVKy9uQ1eUJ2xpi71Me0
lzyjQ2iGFsGXJ2zV4GVtyGEHdJgMZLJ9hmpRQpQa7ZoJJ2fY7KVlGBdNbmRnzw/eRZrAgGZj
8YwnGAiQguXOt+Rxx6ltOMeQFEli7+OA3WxMH0wfHz8ca/IhS6GPckxj3yMyEW4ME1Nevs5q
0jS2s8T/AJxGwFJvUhI3wf8AOBZxIAEGEx5nT4jS31IUKFbWMqMBoDg8BkQUpJlmbXzccwUI
rTSZF72++3lw678ilBKpIfPs81orKA4HT858cjrAQrTGTDDtf44NWGBsygWRIvWuGoHY4EUM
m5za+rysEQYBkQgLTDXMe+RP+Uh1ioXOX7T1ZatACidAU0Q/5yYoSGCFD3gjjt6xwUUffLg0
k9atnri31cgJQA7XULnRxRNnJjQoJGBiJhgDZ8RhmB0x12zU4G5kYWjGZ5DxcbzwxBcCj1jA
eZ4/hfMKqKZzkc+Cl/YgOUMhFEIEG+p5w8QPBFjaNAldxgYnfELGW2YpLBDHZi/bzcUoCAZN
GWsUzfy1AQWyyhq6lu/zy18DXIU1XrxeKGFo60Wd4/f0MNE825HVneJ87vGiLFnpTu4l9/3m
OoKUXI16R9uc/YYRhwCJ4xh7vGA4EN5obauZ3845gMZBlCeGj4vvt43FxkQeHx/vjlfaCL2w
Ajz73eZiUNZXyJif7W+BFFhIPWREB3LDOeLOnxZiJIjsTwcR7SocjtlYp+CkwgGEAKIXcm58
m+jikKS7cYzfOA+8y808RukwZxlvVPnHIFdBqOyMCRV8E4EaaUsZBrbp68a5ubdBU1gXLfPw
chECpBAQvS0MGc+eP10uADdFF0It0lcEDsSFkONlKni8S4GCgpS6iz88i+RjG+meP7OAqYLF
Jjj7Y0dnAyzi8McYBQGdHc5jQhcA3bsqd6cdV2nmJSxamlOuKx8BgiaOYQmC4w8Eoe4OIi7k
KJrXB8Z4ygAZAXRwsMcXK7yBFKGESknAyXNgEIggjc5Gl5EMMEDcFE33nf28QqyKiYyb67hp
7AbdI5og0IKnrl7G4hjMLnOcoV1i6DiKUx3fo515Hig7CvkKcFZhnGuWXeQq5LIyBaKDswM2
B2coGtTZ7KdSAB7Irqi1jiYF5t96AjpMM4671cceW2WJNKowpfqHDBaCizi+YO7Kfvg3tSFt
wEyv58fiZFFG8AojnwcOiSSgZsBgDWL5ycZEhwrJDIJMWVghxxBKgZSzDhgfUuXlOQ8NVRhs
nznLzImN/vJ+z/hy9QHF3ir+3X77ODRgw8s735+fXjg1JFd29Au/j74uK5wDOBnevX3w21Q0
wmR42r44ZQ8p7/p+D47aqLfDmvrByktCuM9LLn4P1wGmX0nj84fOXJjkWLNR1506+f8AvIME
7j2d94+k/PH6igWan47/AD344g0xTesf/cax30iSiey5/YP/ALrHKhPEKGXx7v8AjkBqxrcV
PfZ4/XJHEFsSd1Ml++vdgnh4UDEDM+eZXw8VGVkAQr4+uRBBmAo0ZbUmmXDOY51Hx5cfHj74
8ASvbXzrF/w8IMiiS+DGZ2TL88hMkMA1AWC1M/8AlRuCEDwoaTv+rzAylDGjZlTMi776Mc2c
BjEQmGC5D7xJMU7p3nAZ1t7iXS4wTgBdLUmMYnGzlE6VU2CE3asxwZzW6oWmuVyEzh0PMNjC
UASadv6DkdUUMl3FXV+ffGoyoiakWu7RzjHAQaAsgwgqBbAVcFxxIWXQCXvVOlvTjmfyk0F8
JBagvdxy/KUhaQYM+J+sYOYig29GxbxTe+EncZETtctlxHKdvE5AMqNDLAdv+uCmnNbb35dJ
j/7LnDGyT0Y32/rkwI452C+3eNfWEpZQuwtWMX5V96eLzVXOjKoAYDT6OJJA4XsQTMJ7Ps1y
JeeNzjB5nrxrfFgsVjtnfLh35nAK0oqZ24xj6/8AjMQyL1jy/wDnAQwgyIDvNXf4ccN0KojL
sS4do/njUBaHigJ40l4xoDwKAGJ9/wDfgOQlvz6+xf8ATiQwbPQp0LjO9+dcaQgpTJvH2MJv
w3iSqRwNeIHn5nBVZTUHsFidTjQgEjUY7x8R4GKE08iOqPgvl9YvAYMAmN999GTP1xMSCYv3
mb/HFVyZNE3l2bPf1xVSt4BT3PGfyu+UhwtUXWAS07eWq1KhjOhk7bvfN6ihpdqmICw8QOWA
Bx0VLqXwtOHzgqijVwZdSe7jjMyh1d1IqGvX55QhypA+9T8l1+mBJ6ueovTw2bJwIIGZqDl8
ClMOOHBxgeaQimsXrvmaqWWNSinhQxacKK8QFZ7KyUq4vEBzrygoxEUCOE65gpQpQFfEZALG
PalFMT2w6uMAY4OXoZrBAuGplFEThmHEJAqBkwAk83K0Gtk1KlhIZX7OIoVEAqiqycyZ1Ijg
xzCJAJRGC/WjiATolgXKkK9uLdcYaAxgHrP51/yxAvlAoKQ4MQwPMQVkyqgsJstvRrXNUIzc
IgGc9V8T5FRBIrcykuNpj8vGlGy0F2N7z1jPH0xQhE8dtr38/YNXMldr1Lpx/wDOCM2sYavi
3XWfXLK0MbDBHyOn74ABAdQv9eda8cLowSvRmaYKd3rgiZQ0rlt5s/14o2DGR1/H/fxxMydj
QN6XcXq+eIo/RsATL2weO5rpQ+5YGyu1S4O+t8DVZUYV/A1/rixTx/KNZPxrHxonEgXHFoF3
yZAgF7ImJTJ369nGgb305vrZb9cxgSl1bkHDfQ3+OEbS1hN0jluzLf0thHFCadXH/fjitiuB
KmYseY8VkAcwNWdH+78congmgkMlAL95+acEGxVXfq7/AN9SmlZJV6kyeHV4NWUdBPd1jp9d
ciYPAdGLQxnfjcN8VQDCQCjXYY63euhAWFMyjdW/45jaSjBqJqDGAi7+eLKGvBGKj04VwBwS
RwIJA3IDKzXKILqNaLQxao6mN8SuRACEKgMG1NcThc3gOFzTpBlaR42/wmNZUMlJcgzOMquk
oAYrEaPzS1ciuGBRnaAY88hkTdlATQmYFnvDi3bMoEE5brLjHLeqnyCGBwbJGdcN7+4ftEVk
jLsYnFHaCzQRCuUNTPXMEjK4gjmckA/hya6lIGKrTXoTAy6X6WaskmTtpoc8MDuVSkJUnWTZ
kW8pCI3IWQVY38cz08QQ06Jr/Tg6NMINWL26OWwMmEquwayd+sPB2RJRRfCmDRt4pKyrXV+c
2731ZyooAjVKmXGXGf8AY5gmsWg3rEFF/nrjkGyEZnKWd3G5zDYkAGSpZper144xiMEponvd
/wB1RhaRL3i4nQTfGgE0Ok9ODOvmHXNzlTML9Yd8oxkmE95oToz4+OUOwvHQ5cdZ/PrjPIYx
i3DhB+PLwCp2GQboruHX/tWuSoESClBUM8sIIwMWB8/PXCqoC4ww62OzX68IZQFji9m43N8/
mckdCF3pv6nx3yDGBOqT9/8Azd4gWo7MMl6Tx8TkcDCSoeDKOv1rPGZS4XFj1789ZZyMUiEy
Dd88kZ5aBNdMf18fPAAwplUKVIe/XLVUFBggvnE8S9fKJCYQJP8ABu5vWQjexXSSOjuZzrrg
JgQFgSg6Up+LwrZQEhmzuipP3xSNSpLGhUgBTeryUwPXIhhRbp39LiiI5tDlDgdgJjjQ6ycC
UClMfycURebx4lLYNU6QOEE4w1eHpAyLbqwtBCN3NEc3p/OeLXTp0wkxZGY1w3KflJZMEAB/
bhwEEIiShM7rAAAHFZ0IwG5I2aEUxwnf9QQvRUUtJyvAr6uIMVjeFMG+uD5hQoSGdAd59ahw
BkFQjIXo/wBMVocV0wpXrRXHjgHb9VhMjHf8d8WAEYRx2sd/19cJEeX/AM+ejvndctwXtHv1
wb7fh4g/T9Z5VOmbj2+e/wCW3g4ir7T6dYM//DKKWKG3Z2bu+8c1nBIQWgUw1ddvyUYg1RkP
/RwFqlaqphYlf78d3lKzroK6mGmvBwapCCrJxS/588BoRlrOvl71/HLmtVjATELhpvadThEU
a0hpxKeuWCBHAPA9SfP8wQ1MAAMxU0TB+88WSijgPyzHI3iARMkyl8dH/wBdqTILCH3H3/3R
OQVCFHxG+lx+eaoAre7aenmd8FcUJfJOo+fr5c8UbJY1xbDOG64MAC5lMfNxuff3w1rDcLsp
Xw/H9JUg9F62tT8ufZwCO8Cy6A3rRieeCDNsGYVwi2HnPBWBQ1g1MA3fqeTguwB2wckYVHx5
644vtABAsHTTHWtF6CQBglGChOhhnjwCJtltPCX8PKkQOMDJVi3B7Y4HIQCY0iAqFQtxvHuE
8Im+JwDPEbQGjoMgO32dDgF04SdOhSI5pyeC6Sixqe6XvG3bxuVAw0OCQYF5cHHqyv0iBo2B
rLONoB1cpg8FQB6Xm7aXzr12CsFNPEGokVxIx4KSgF5aSHsCEx03vozw7VgrzwwK8h8TjhLU
xhKEIokrz5vF9HAFYwytxgf3xJWAGUD7Lt8cSkrGAczCM9E87vGBJ5lQVtUv3zC015GDCwpk
3jzxzi6yKQQdJoz74KUyyjKYKNPCmiu+LeKCAATRYT6nHQFrkTYy2L+fXFihDHgASgzl67Ti
SDAedPz+nzxNzQQ7LZOs6nn64bvSoota5T1/o8uEBSWszPfXrN5k5kwGJmHJPH5k4VzROidG
a31n64KgSgPDas/XDA2cLCOh5I4cXXHBA0lh1bbHx+uXyncqM+MfPnfzwAI6VsNr35eIzILR
xgPett3OMtjBHKaA8eJv3wAAqIy/+Pzn+FQGVHRu/jHrL8cc+QRTDja569X93hQ3DCzHaV6z
1wHo2RqC4D02HfVnEXJHFvBvx8eX3xaDt8Oq5c99fvPNZly4yk7AtvUvwIEAQHF0cXI0r64t
CO1bOwhtt6nGNTBqARYNFuNnMtMAEPEPBfGjistZ1DSGDNN/sjAUMjABUwKl0I8nsDMK+wAQ
oxrOGrRqjljlJEMa4LEnoGOK5iuQOAVT2hEhYhVBQYY8yqIBIdWsxG5dN41UMpUHAyk7H/Wb
TcNGRhKovT74ZBgPzpVGSqYa4mwd3QfQQtoXlyg0zoI2JWTjjXJgyaKT6PKAphXfHIrwB6MQ
2fHC/IEFwQcBiguTgiBGBCCIguQK9Y/PCbKWUnA4J5c8wdyKDJRhcm7nfEYb6XIHjB/7w2Pl
isBSCtXKPbnliDB4locjLXPfhDgMgbTxvPh8954KtuA8VppylDw8jGnAWp3DJn1zEWAsq6Mi
ePxxxtSRwGD/AMvrriQAjsM3cP8AF88CZi4qFE0zi7/c5U6iXWNlFjHcpxL5Io6RkAYm5/Ga
VBwezDtD/Z4OMJevU6zv/wAuisKSwe7jx+P6424hzoDnRMh/jlPkujX4/XOgVBdAf/f64F7O
hr8ecQzwC4BQTORXXzzuhoCuHx+fub4A0rsnZ+ceP9jY6sjuLvcx/wCHXEGMhc/Pvvv+uZBJ
ACtQSTxox788eMAShyHB3cmpvrhlSkLGazMnWv5zwIVwbKCTGfP88pDsCICXGH+xqwylcdsg
VcV8764zsIUAK8n6z8ObxSAgwJeKrLXfm8FkB7kBCK0HOt55UzzgKAmI7cwO6cd3TlusCOQ0
Azc+AbEcB0jJH8KOe+HBduKlWUUIqbVk5TgmBrN82nWO5MtfpEMgocI6HeK9PBQ8EBtMaIzm
5ocPiVz7ZEMCFTkJJxYtK3SJIQKCMxj2ZFcciQblONss65sEAiQgG7F8cbvHy6BAYGY3AA4i
/HD7UiyElHPE58daDIFhlMA3zGpjW7DbLcQYsDAoeW665cgGQztZrHr++WlLp1f2R99cXn1o
Nv8AuvXCpSmDNP1H/wBxwAkNNC+JDXrZ9cjg3CnQ58eOUCcZ6XtnxPOfe+RaXIMEMJq9Z4pK
VNwM/i/0zTg0yGasMdSs9PjihJaciekdZgbuLwcSABzIvYusQ3PLyIowqFH4Se+FM5AiJtWN
Jfbwpkql7gYsd1ujr542VpyLA/Xj8eTiYBY3SuPsr3+OPIxaKlGXB6bD64OROvYMOp/v0Swq
GTCUSM/9l4YZOigG7O8Smd564hGQBV07n1PV8cJKhchxaH4c+uNAVqZEw6EhywLpXojM73O5
84xeE6ctveP38s4j2GKtaajTOTZnjuRoCQ0MKYYnxx26FbEtTD1cT/vM0BFamM+3U9xx7qZr
IZDfXjq768OSA7KGBB/W/HEC5HEfwMy+33vgE0qFNGDNmlz+wLcE7Om5AMilAf1BVvZXEEjK
FMfinHjCUF7S1HoUF3jlBLUGk0hpGCZXgw6VhGDL0ipvv2MiM3mQ1styHpnCGwSz4AU8Du2x
4nrdGQNLNrBpDxx28mNUCqt7UcbxpZlIAYQB6d3mP3g0Dsq1QHcezrmSfKoEIQ0rg29b4EkR
Q0F0hBnguNtIhBJcukbGWfK8znSCiDJqYlk+ccVE5leSifLtsgZ5TH0ZSltc8zF3jl0ngFSh
VIEjJtOEghXTczAdOu/zyEELqpRsNP8Apl4YQBim2UL1+P75dDeibOhXs/2ahtUxZAHTv7/7
xgWNUmPIQC/O/wCTwhakXb5mDX65014ETBnATPR55cEkoFb2L8S/PAQ00ijcj5N958dVBDIQ
BlM4NlTr4M8jEN2wu5QsfGZrDw5UVyJX8GnrF+cXcDepW+CA3/rwCuimYs05317n1wONuwPg
sa98AYCmrcvxTc/+8vPNybBTGrPF5ZZKVNpVcX14r+eISjvo+p4D75BMjBmYLnedHjmbWxAc
7yAN+MdTXL6ogRtVsg5w4Z+eDiqG44Hq4t/nxxCn2tEVYV7xkp9cvithXS+v1xitTA2ntj/f
HLoN2pBFEFPH5XXIs9HvNovt+eTzkFQ4CCikWxR65KiuEK5gbGtujuXp6VheVgMSOVf55iid
YQ5EAUPS13y+EOFBIQklDOI45gqKF5RAFUUuQrwA00cgQV00teFz4b4wPDahFViOWwBVajaO
DD0cIGmCBNqQpR59S4YwpmDarUQBuFgAtD1gIDHcoYc/sJbJDJThAgbcY3wTLmdASFLT5HHL
u9l9aIitvz5hTEA7GB2USH9wGVuxRAqqkM8dIzCwwiveEWC4DHDAtw47sImWd8DBktiLQPZ6
Ve2x0k6TY0QA7ht6vA1oxlVBm5TQ/GuWktBQoJtes+dfO+SxNhh6xgjlPTw4RCLtFy6E3rJ7
uuUVQ6GOngz9/wBcziJ9fqd+ujzqUwBkFyjNh7nq3mRPkB2Z5TjhO0q9efn5v54JbyhUujr8
9/jgJKToKp9jD0d8qjK6AbxCZk/2YNKpHQiF9f8Ang4H8J1Yscamdp54Dh3GLnG2TWfE49AZ
FLF431da7k4gyz3txjOc/wC+6QgYK3fBYfz8cbMA9F8lfsNcIhIEClu6d+/t4OCCbnkTGM46
4UXKpvvvEz9/OeBxqAr9ouMw19cMCwNZzMe/m/ucjwDI1idY859cOT+bdhd5/wDnXG2MPj95
zPWtcqlJVVAhBHBS3GPjhlz0AaIKZpBO965RV52YszAtFkL45CJQjDEDBUgrjqZ5Ix9l+Tkp
FJ2cMifGgyhpBffdObRAwLu/G5DGLwMbWkMROWhuTndETFU4OjArfPAfZmGIRqQIy4agBxAw
DZK5AVzb0NeqPocRoCU5KmsUn3VCmRywECjQzyZtOnVQcx5daxxYTwPux2x8sAvAcMjlyLdS
gRVZ65LQc20iljD09cQVyuiZRQyy8LngIaAhyLuTGTbmnGy5B/EhJBAtsyY4NDTK8moMClDB
rxoH5QEiHIU3bM65bi0AZOJSDAjPHTmI8b29Ysc5x54JsyhGWkJJUsohNql4KRFAaWeXz898
KPMaK16tfn73vRWwYUrS9EU3P4pwtlvmbAM/fm++KUkB2h7iAJ6x+uGdHpuyLhllx5O+blrB
chcU0Kf+PBgIwW2tOvs/+MQgDZ00fnrfJuq9Sxq135yhknDyHXClSWpj57k5CuVSqi4h8PX4
3xW1FXALTmE23R/fDHakDWkWAxhi/fC9eNCksWnp0fhnTgjeRbFTsdmPsfQFBFpvT2/8xvih
AEajJl20Pf8A6cnbAGQzJXOt/wBZvMFYs5DWzOX5/wCcEaIcEXua+85g/kKNKaguKhZ3U4TA
hoI1UiUt0xbnhsYeFpJMzGv8XhAwdhEGNGEJktPPKzIRM9rEFaho63xMHo7xpQsXYxvfD5x2
xoQMUtmYDhtMwxKVWoCJqyPJu/LoZbETMUITjOftlEMkkKo974TEcoqjXsMa5knE059kRcIz
SUlNATIi9EhSZAG5AOOEFVJhOU0kNarSHR8f9SOxNgRvhYuVyVekEoahvHFaDcTBqMU1SB1W
XeD8wgxjlmkxiopXwIBxYpARgAnFqN/ThrRACphXHBCbhHIREEl7Pg5lz9Z8DytEVHGMikBP
pYt0Cghj2A6gBbSiUxCOMPavCGq+o0hog7TWKSQOLkY3CiyPriPHFIOFtMQIvhnH7alCSDcA
wjvXG76Ik4TMj0xnhTOIgOQAyBh/g4Sd2E0TsBqjdo5JzKHTZo7M+GMs8t4iGfEDXLLZZifI
cBTMvAl3nv8AfqRiJpRByo7by97eLZA4Vj5sY23sZjmIoBkEKFPeaZeiehCwIXJgv2b88QEp
tW9Onzf9ebfLQJjziGE/0vBWi+M768r14+u5RRgL0EWp+X64iszqDsBXtbDX3xE2566HJO/O
PzyGDvplbR5jhevxwcMDOEPiYx/vPBkx4TBZ2yLd/wDeOdtyGQ3ob/tnCpaubGO/3jvJw5Tp
nKp4j1rN5G6pVlE3UZb57ccOE4SalAZG6Y88DHwowM1uj/PAjCHpbTFjNme7xMm0dXFMdDLG
wOV1CQoapPai7XSolsF+3jO10cEVKjRTSKxlm+LyuuASPL6KAk9o8nV56MiEFQxeu7xFgkr6
GSdjg/uVeE1qoQ21MpE4SxcGCh0i4MBvHDQMg4yJwSMExw4MDITUuaTBcJMR4jB3woVAFlWz
PBdmHiBRpLqGvUvM4kMhN2FC3wYnIEXJCJO2tzhpOCAWlCTDYgSRyZHhHZ1BUr0UOMyU4qKc
pEG3oYSnxxDUZdflQm1gaxLy1yzSsy0BmTEtotRsCLC0zlOduhe96OGQKfQz55LuUjFr0AtY
d0nKSVqLgtEieh8aJFvsQEgNgXwXporCoYwBQZuT8Z5HvbdyMqw6Luec54lmFqiYWxyA4jl5
GrKoCLllOkfn54EBkYVmzfUmP/OJwEbbIQhC+vA/PEICVEDDVBnrW+GRALGw0+yjiuuH4ZCa
AWygg1gcX4w87pCGXpAUKbPkQSurHNDu8chpHdcLdZGpQXmAYlxyGLsGT5DmYZXsnBm7MJOk
vhUC0oEZUTcxxzB5kkTUZRknfHCRGMkCoMrlxQFVdShxwoC1hxajsFUDdDAwMGXHOhgoQsSU
Nfdtl4MieQUFKGxFXBNuyTYE4IljqOtvCVKWIVqqNGjn3jPI1oDmyNF78+viI1BJkw2IJu+7
xEQqaEyDGZitMk4XE0O+TEgVwEjqcSnpUSBHAgwZwdqh+QBUSlW4dCZD1xoolzuQCCtCH3hQ
bqbC7HAFxoddriCALRBpKPQdzxw7HxvLBUeQbJGOYqWI1BkwYwYA9Y4ZhAPvaIeDX8jxNTN9
5lGl8G8Qjzo324OYQAJQAHI3ha3TFBWDhKBMTfEgjB6Ozsmy0+WY5YRREoBQZUNpWkxy3C/2
JDFshqQAWaeKsNGgBHIJEwpnK8dSQqMwgug0K4pwoujZhWACKjjHeGFVnAVGuEgU7+GJ4R3B
GAMYEMY3E5Ak6LbsUluQezjYhuMAKe5LUNLbwwNh27rd8tl88JxsqWgdAoAMBAdHHV/iGbmz
5d3+DgTf9IOxBYIeMX3xGKlZrTIZN2q5PxyWAEy6Qc2jZ36vHCsLbSDcAsGOJYz5IwbKzHWb
98Ie+XKO8QuO7/8AOLyzISoRYMBBcLnrjivZl++1AkEClZffyB8GVqBWi8aqfuhUNtIBFXE4
pj4K/wCB1FM8iAqZwuyqpHjFCcivIudiBhYOKSivAjvgNSu3WTDhiRPE/JYqqQUs5J6df0tn
GPki8NhKbPgIaIAow8diyWeM1yUisScuTJADoHQiILh+nilVLooYR1gYjN9+blzgFKWNEO39
3j4woUagiDGQM31xSagSHZEDm4uG7omCYUQWuBZjX8a5BCmjMOqkZfH3LzEnxvW7g6f85Z/j
ABRXAYLBRZ3whVI0js9a3930cODZRasgMpoz++AjAwq0zVPk4ezi81Y1wG5U86v54plJRCQ5
Yqh+P1xUgBYhEOHy9f1xxVJRsDRkqVg4DHGbqYkBqgKXPkxN8qJZAknc818bN+OAMmR5wtAp
FJ6642TyVryMQ9aD54rIQVwQZCEdfz1zDihOQGI51o99444BQhHUZWX6MY9cW0FIyYa0In3f
viAoQD0RQoFox+uuCmII1skohnGhwuzcgyXc1q0bHwy98QowsZSRQAYzjz3XjsONNTL0GJgO
PJ4tZ2Ya3n68zg5xACWeJvZ+J+eQJLQxxnyvWqfV4ZDw6vzPtD/3gQ5QjoVRNTRxZZ5Voxwp
RKCnc32arwCUZGmgNJSuKsGBDdy369OuycCCpSurr3YvAqdAOKtHFETOnPvjF14zx0YbSYRv
GswHDiTHWYay4a+SqersYAyUF4qAP+JfM1ATx4HUYFahoCUJaqaudZsZQqJCIJxDmEOgt0+0
ACeTkXjow5gXVAlUIYXklmLt4qEeI0I8UK/lG+zWcSCqpxIQhOWHIfzCvpickdIGDwaTSUGH
BL+ZYxIaxvKFyt5TGSwnGs/UytjA4qEBhIa3wRShYAINbDhcTP3EgyoZMeZjGf4+OLEV2RcI
mxi93ROT1RnH379d5nfJ0xTBGU3Pc3dnEMIV+xfCM/ro40vOlwLAMmSAJ60cACileBNqCZXt
+DU0cODD5c93x5cOcRWOtdbx5/XjjxLwYmv5vxeuQqkkW5zftMqXPjhBZqkAM0cz8TGeTydI
LMOfA/6e+CQwq7aMQJkbnNLzAoxEjD08SYPtkAJKYQobE72ZwcRDGZwoFXFAMPedmOQUITB3
+v2M88MqVzIj2mVbPrd1xHIoWoq+PU13v44oWApAEes2I9TXTLdYiDEoh+wffnQV755wMZ+p
390BGKvhnZbl9Y5AP6z13/3Of75eyWrNOpjfjX9c6A/1kSPfG5VFJ8Lu4PX/ADluLq9BXv5x
iujj2TtFSwnY+PGHlMwBDzgocVHGN87oI0b4iJv3xVGKoD/rPH/3im05BaDVPRKOuTxFAKK7
p11WkvGLQWw6KipXaJHja1WbxMhINDLJOQz0dXeRtSMe7OIp45ZDJwSq4kcWEz6hbZAusewe
CIvdihc6BPcxwOHyr+TF8CO14772uKwoLBrZa4FW4QiMjIGLShy2qs40JYFCaZByQsEqzJmL
gVA9dcFSVAUkaMMDMHxxXUt1DKZGSpQxjgMZFyGJQIkGAcuTIHkVQVsF6xqY4iMbFOmHO7iv
0k4pnF2UhQ1pfXxOQIod/wCDs2dhpcYxDrldx6NfPiD+OQIVUiJBNNcYhvODhmaQQsolLcF6
xrGLAoKJ61NSec8cDIoWx99LrPn5xxhI1Y1c4z378DePFss3vB1mVfvjsrBen8N+z5x2hqVS
uF8FMJ4kxEyHEAtqUQxFnYbuTPfE3FWnsMY9iz56eYPdhcCYW4Y/bzy+E4kIASTjdmWeOW60
Lc0gg1xMTfzzJBalckqGb6v8+QxAN0ZPLZ3+vrHGSQJcP3m1/X0k4CptED0Eyr/fvzJiqFLH
A4x7tfM9PBGLAwIDSWMqPWeHkTpEYwdqyDnrFOBsXKaKmMCzJj++RE6xRDROU6HPnHAKvx+k
6f8Amt8hHA6tvDeq/vW1tAWmY6Our/C+OPiCOInYFeKeTPCgfcMjQk00CCXQ7hS2MDUwdJZf
1xsblGdZx06de5rlaDiQCJqjI1v/ADgEtaAADVNBIzGMTlFQooKZBWBwE2mpwXqEUg5BV9UD
hOwTL0t0wRUJXDveuFFoTHTFnA/bBZxHYEbXuoAOCFMbvF7UGjQ3ZdBgBkOFoMRAlghrlYTG
N80Spj1UYaZAO04Y8IiYUpGDoVuOIywAQXkVK5y4LtOAhVEwhQQzN6NV74gDah5GhTIDnOT8
cbJsNrvCoMjN/qcnpxMY8YCxhyfW2ihmsYrBtB8XvexmpUbao5z5Xz7z1xgusUoRyCOczM/P
Y9QOQRT9s5qefRZJtQHPEVmTYv8AbeNoIULKxpK6esmdZM24IGZ2qnQM28dYWgElgBckwPLq
gLcvsk/XnGNchG89MX6de/m2cSZELVGd+Yz+G8oOBHR2wnbr/XlZkhTNrrCvf4b6DDUKOKgE
evod9nKD0V9lY1+v86UF6mC5+IJ/38PEIDGrBYBZlMz2/HJwsgEQ+sK46XPm1RAOTSB4S6Pj
JjfBBrFGIy7J+3Nz6sCEd47es/6nzzE6pfm3BBP314vBsDlQFMgwOU6vwT34pRJAwAD0zHK7
yn8wmo1iL0cFdgtFxBSgRgTGOOXIpbIaLAY2Z88SLUMDBgSMAZA91nEFGIlpwnd1OuXbBWAD
ZsxhXz449eiuLojmRmu2nPB4WQiCUKMmY/tONU9lCZGplMazZzJjKlzPAfp/PKrjTsxkwELf
5M8FQgi5W/Uz+B9cNZqnfv8AWev+cUSTBO64wA9HnmWVMYe9dX/euP8ALKSDi7V8HjjsHkPo
vWZn+88xgHazPyf1wWDBfWewcHij/PIA04s18ef3M8ABIQXvx6PqnzzFbKoEe4y6xXrrg/R6
gj20X8/xJgIAXhoUvnqfliQMIUjP+L865jaemQhFpaQp1xYK3CMvkysvczvgygAEDeuuln84
8gcoRiQfz2/zOMRDCK7YAtx1vP64toSU3Dtx39/Rw8oEO0cHuLrx98Y2CUMYBcp8/pJw417r
MK4zfWdPy8nKx2+e9nz/ANeMAnsfnWZ+PnyPMyg2zWJjv8fz4AtAK9MLuGgPfBlAjJ1LnfTD
64DTbC2ApMdCf7OGiVHg+cVu9cdwQrNYu9Hf/ORCpS5wI/scP3XrkFMtNGFiIswyDc+BtVjh
55W/WfC5eOuolbHOgpe1jxzCoLv49/XAyEG5lWuII2Z9kcx4C4bCTJIY015+OPh/KaidDqjz
xBU97nj5jDHLMZEt1FIgU3X+Ovm8et45EErchJhxgDpQAAjKOe1nczxfL/qUFg6uiazszejJ
sucId5xr/vCmrKN2M7kvFRCTQI9Pk2+MkhmgsiwLwwie+K5+YFDlhOdmD6TP1xiSQ6Ud1Etz
pzDlABGoIy6dW5x5xxQLDJFjPvRP875ZWlZcbPk/PrisLTxP3E/ffFIgMAr3GUmu/wDpYkoM
DS6Mr6JnXvgF8oM5N25uZ8+uEwiM2l8Ky/w7+AlV7BfbXD7ufxxYWwZXy4wtt971ldC8YlJk
Rvw8QtwO2/eD4vvXEwmjIZaQUa6S1D74Xki0cBjO3Wx+PCVKEWJghCDFF4UvHpqiRkIjJY5W
DjhJwIKENQkLKZxfTxizOAcrnQD/AAfrmx2DCc9rm6++MpBFiYmiTMusa5GZLmhaFOSsj1h4
bsDYcp3A6Q8IY3yiBVIsqjkY8/HGCYzIWLmLI95wXPCYgmDbMqk8p84cYMzbmEy+D1vvXV4F
MOL1WBW30h52HFroIdOvnHT574UAgADSFNeJ/wB4t+zM3EXIZMYLicVVQ0W7fP8AvfJ71YQD
4QneHZmZvDAMRGiY2si/jHc4SBfkmbuwhvu4jeIpWbDmvYzP74SyE0McVx4/0O+Gpkcgg/Jc
3Imj54RoStgKZ8jE7v1xV6StgDXA22W8vcFJfBMCygb+uLCfpCaMKr12OeL6qopehEgKi4u+
KWZOMCgNppffDNaMBghelgLvf3xQgUDaXCgauWS/wp3QYB2iMo2fSzjO5HAWdQrFM+fvjIgQ
oTC0jBFxzAKucg4fi3++EAupkovVoqHl4iiLMQPpED3MBbeRy3r8rm/7vBysHy42nBkT5PiT
jnPhL3Wz/PPXDhV5jG1wfWe8cSH0d97m+7cH74xdjpHr51zl798IqbEiTPQhXwMeZwOJXIty
50Z6/O7xQMYGDY6iDrPv1i+Lrswl8fPu4vIbIgZWP97n5c5zaAo8Iy+v7xRkEWspRfgs/wCf
PH8/ixp3Qwf53yECIZoluHoxdb9BjgqBEtTMUW94e+AjCdNIRenXv9kMUYJgfWn8/nbwNqLb
joiEbfOJeA9yE7mAUiG0ht4yk5OrraARgz/HGKwCIShpI9i964sIlBazcYHr8Zxwx3AET1xF
eDsxUyvJRI6bP5P7DreeX3Q5Jz29NZPEvshKHcWHxKH+HvgJAwU+HfTfz+OAYtmA16ZbXtiT
PBCar/MHb/b4YaRiKmmXYx+Z65eIIt1325L1/wC8eLj6L+g7T4dbnKYcKOvd/X9zj5JNTe0J
7ePxs4VJhkMgvbinePjhCQHUQBrgRbbR71SSx1YFtP8AF1xYoJkEFncxn+bs1DCV4Nzb7zzB
tZpRWsCu7WzOuOd1qeWFMjMuE52hasGK5AKfx0Y45YlKk47wIniRTo4+XbFAG+32ese+M9EC
FCoCtMVe3Bef/9k=</binary>
</FictionBook>
